‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 34 sur 71 · janvier, arrêt du (Conseil qui homologue une · texte numérisé non relu

janvier, arrêt du (Conseil qui homologue une

25o CHAPITKE XIII ,

transaction passée entre M. Billard , Président du Prcsidial , au nom de sa Compagnie , et M. Pierre Créthe' , Prévôt des Maréchaux, le 29 décembre précèdent. Depuis plusieurs années , il existait entre ces deux autorités une fâcheuse mésintelligence. La ligne séparative de leurs attributions respectives faisait souvent naître des doutes , et dans ces cas , parfois , elle était dépassée de part et d'autre. Ainsi , plusieurs individus arrêtés par ordre du Prévôt avaient été élargis par le Lieutenant criminel ; d'autres décrétés par celui-ci , arrêtés par les Archers et conduits à leur Prévôt , avaient été mis en liberté par lui après les avoir interrogés. Par-là , l'ordre public était ouvertement violé par ceux-là même qui étaient institués pour l'assurer. Ccst sur ces difficultés et beaucoup d'autres , qu'une instance ayant été introduite au Conseil , entre ces deux autorités , elles les prévinrent pour l'avenir, par la transaction du 29 décembre 1 665. V. i666,n. 1.

IL Le 1 2 janvier , M. Martineau de Monjou , Conseiller au Bailliage et Echevin , est arrêté à Paris pour une dette de la ville , qui n'ayant plus qu'à servir les intérêts des capitaux par elle dus , ne pouvait pas même les payer. Il ne sortit de prison qu'en payant les 338 livres pour lesquelles il était arrêté, et se mettant ainsi , et malgré lui , au rang des créanciers de la ville.

III. Le 28 mars , après une longue et dispendieuse procédure , le procès au sujet de l'émeute du 27 octobre 1660 , fut terminé par un arrêt de la Cour des Aydes , qui , déclarant la .Communauté des habitans

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coupable , condamna personnellement et par corps , les sieurs Fcrnier , ancien Maire ; Félix Boucher , Prévôt ; Claude Marie , Macé et Georget , Conseillers au Bailliage; Jean Balthazard et Louis Moreau , Elus ; François Petit , Receveur de la ville ; Louis Ragot et Nicolas Madot , Bourgeois ; Jacques Coulard et Cassin , épiciers ; Joly , Louis , et Gabriel Salle , voituriers par eau ; et Villien, Bailli du Chapitre ; comme principaux habitans , en 2,000 liv. d'amende , 22,000 livres de réparations civiles envers le sieur Bersac , et aux frais montant à 2,200 livres. Toutefois il fut sursis à l'exécution des condamnations durant trois mois , pendant lequel temps elles pourront être reparties sur tous les habitans.

La nouvelle de ce rigoureux arrêt n'arriva que le 6 avril. Aussitôt les habitans furent assembles , et il fut arrêté qu'une taille spéciale serait levée sur tous les habitans sans exception , pour éteindre cette dette , qu'il n'était pas possible d'ajourner comme les autres* Au surplus > M» Bersac n'abusa pas de sa victoire , car il ne fut intégralement payé que le 8 septembre

IV. 7 mai , MM. Fernicr , Maire , et Martineau de Monjou , Echcvin , furent députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 1 6. Ils y renouvelèrent les plaintes déjà émises sur l'énormité du contingent donné au Comté , depuis plusieurs années , dans la répartition des impôts , et cette fois , elles furent prises en considération par les Etats. Il fut ordonné que deux Commissaires , MM. Bcaury et le Comte de Chemilly , feraient la visite de toutes les paroisses du

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Comte , pour en apprécier les facultés , et reconnaître comment s'y faisait la répartition entre les taillabtes. V. n. vin.

V. 3 juin f M. l'Evèquc , consulte par le ministère sur l'état des Grandes-Charités de Stc-Madclcinc t constate que cet hospice est régi par six Religieuses , deux servantes , un Religieux desservant et son clerc , un médecin , un apothicaire, et un chirurgien ; qu'on y soigne au moins vingt pauvres , sans les enfans trouvés et les voyageurs malades ; que l'administration en est confiée à quatre personnes de qualité , tant ecclésiastiques que laïques , élues pour trois ans , dans une assemblée des habitans ; enfin , qu'un Procureur est chargé des affaires contentieuses.

VI. 1er octobre , assemblée des habitans , qui élit M. Claude Billard, Président du Présidial , Maire de la ville. C'est un de ceux qui ont servi les intérêts des habitans avec le plus de zèle , d activité , de courage et de succès. À peine fut-il en place , que la vérification des dettes de la ville , ne marchant , depuis 1662, qu'avec une lenteur désespérante , reçut une vive impulsion , et que prompte ment elle fut conduite à son terme. Secondé par MM. Chapotin , Echevin , Bernicr et Fernicr , Avocats , il mit tous ses soins à recueillir les renscignemens sans lesquels la Commission ne pouvait pas clore ce travail , qui était immense. Y. 1 666 , n. vi.

VII. 3 novembre , publication à son de trompe dans les carrefours , et au prône dans les Eglises , d'une ordonnance du Roi, du i5 juillet , qui « pour » arrêter les désordres que commettent de jeunes li-

*» bertins , se réunissant en grand nombre , sous le » prétexte d'aller en pèlerinage à S.- Jacques , en » Galice , et finissant par encombrer les hôpitaux , » se livrer aux larcins , aux meurtres sur les routes t

• au deshonneur de leurs familles , fait défense d'en- » treprendre de semblables pèlerinages , sans auto- » risation de l'Evèquc diocésain , à peine des galères

• pour les hommes , et pour les femmes d'être rasées » et fouettées ; ordonne aux autorites de les faire » arrêter et condamner. »

VIII. Les Commissaires , charges par les Etats de visiter le Comte , firent cet examen avec beaucoup de zèle et d'amour du bien public. Ils découvrirent et constatèrent une infinité' de désordres et d'abus de pouvoir dans la répartition des impôts. C'est à Auxerre , surtout , qu'ils curent à s'indigner de ce qui s'y pratiquait. Tous les fonctionnaires publics , cotises d'office , ne l'étaient qu'à un taux très-inférieur à leur fortune ; on admettait par faveur des abonnemens , au moyen desquels ceux qui les obtenaient ne payaient presque rien ; non-seulement les membres du Corps municipal profitaient de la cotisation d'office la plus abusive , mais par leurs ordres , tous leurs subalternes, tels que les tambours, Vorlogeur,\i> libraire, l'imprimeur et autres , n'avaient que des cotes ridicules. Dans chaque paroisse, les asse'eurs, renchérissant sur ces prévarications , ne s'imposaient qu'à six deniers. Enfin , les abus s'étaient accumulés à un tel point que , sur 2,33 1 familles taillables , 886 étaient cotisées d'office , et que tout le poids de l'impôt retombait sur la partie la plus malheureuse de la population. Ce

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rapport affligeant , mais impartial , fut de suite transmis au Uoi par le Procureur gênerai des Etats. V. 1667 , n. iv.

I. 7 mars , second arrêt du Conseil entre les Officiers du Prcsidial et ceux de la Maréchaussée. La transaction de 1664 n'avait pas tari la mauvaise humeur de ces Officiers. Le Prévôt se plaignit de nouvelles infractions au règlement commises par ceux du Prcsidial ; il leur reprochait , notamment qu'ayant ordonné aux deux bourreaux de Bourges et d'Issoudun de vuider la ville, ces derniers avaient obtenu du Prcsidial l'autorisation d'y rester encore quelques jours. Le nouvel arrêt fit défense aux parties de contrevenir sur aucun point à la transaction de 1664, sous peine de 1000 livres d'amende, et condamna les Officiers du Prcsidial aux dépens. . II. 17 et 18 mars, service funèbre pour la Reine mère , Anne d'Autriche, morte le 20 janvier. Toutes les boutiques furent fermées le premier jour, depuis midi jusqu'à la nuit , et le lendemain jusqu'à midi. L'oraison funèbre fut prononcée par M. Fernicr , (i rand-Archidiacre.

III. 8 avril , le Maire reçut des lettres patentes du l\oi , établissant à Auxerre la manufacture de points de France. De la lettre d'envoi, écrite de la main de M. Golbert , on peut conclure , comme un fait certain , qu'à cette époque le caractère dominant de la population était une extrême iudolcnce. « Je scais , » dit -il , que les habitans d' Auxerre ne sont pas

» portes au travail , et consomment une partie de » leur vie dans l'oisiveté; j'espère que cette oc- » cupation nouvelle pourra changer leur inclination. » Cet homme supérieur ne se serait pas ainsi exprime , surtout au moment où il donnait au pays la preuve d'une affection particulière , s'il n'avait pas eu de justes raisons de tenir un langage aussi sévère; et malheureusement la suite n'a pu que le confirmer dans son opinion. On s'empressa néanmoins de charger M. Bernicr , l'un des Echcvins , qui était à Paris , de loi témoigner la reconnaissance de la ville , et de l'informer que déjà une grande maison était louée moyennant 260 livres par an , pour y établir la manufacture. C'était celle d'une Dame Marie Soufflot , veuve BeraulL V. n. n. xi.

IV. 6 mai , M. l'Evcquc , qui plusieurs jours auparavant, avait , par un mandement , informé le Diocèse de la canonisation de S. François de Sales , prononcée par le Pape Alexandre VII, le 19 avril i665t va , avec tout le clergé de la Ville, à l'Eglise de la Visitation y (aire lecture de la bulle , et bénir la bannière du nouveau Saint.

V. Le 29 , le procès de la ville pour la jurande des merciers, grossiers et joailliers , fut jugé au Parlement. Malgré l'intervention des Officiers municipaux , les marchands opposans a cette jurande furent condamnés à s'y soumettre , sinon à cesser leur négoce u, et à s'abstenir de trafiquer en public ou en particulier , ni directement ni indirectement , à peine de 1 ,000 lîv.<l'amende. Le monopole que cet arrêt autorisait , devait avoir sur le prix des marchandises t une

si funeste influence , que le Corps municipal se pourvut en cassation au Conseil. V. n. vin.

VI. Le terme des tribulations occasionnées par les dettes de la ville approchait ; le travail des Commissaires charges d'en faire la vérification était termine. Dans l'eut qui en avait été dresse , elles excédaient 4oo,ooo livres , mais plusieurs ne supportèrent pas l'examen, et le montant définitif fut réduit à 367,538 livres 1 2 sols 9 deniers. Pour amortir cet énorme déficit , et le faire payer par les privilégiés , comme par les autres habitans , le Conseil , par un premier arrêt du 27 mai , sur le rapport de M. Colbert , avait octroyé à la ville , pour douze années , i° 20 sols par muid de vin vendu en gros ; 6 livres pour celui vendu par table assise ; 20 sols par muid de vendange menée ailleurs qu'à la ville ; 7 sols par muid de vin passant dessus et dessous le pont ; 5° enfin , 2 deniers par livre de pain blanc. L'arrêt ordonnait que ces droits seraient payés par tous les habiuns , forains , Ecclésiastiques , Gentilshommes , Officiers de Cours souveraines , et autres privilégiés ou non privilégiés. Avant d'arrêter les mesures définitives pour le mode d'amortissement du déficit , il fallut donner au produit variable de ces droits une valeur fixe , et pour cela les affermer. L adjudication en ayant été indiquée au 19 juillet , devant les Elus généraux à Dijon, la ville y envoya MM. Billard , Maire , et Thierriat , Echevin. Tous ces droits furent adjugés au sieur François , pour les percevoir pendant douze années , moyennant 38, 100 livres par chaque année. V. n. vm. VU. Le rr août, pendant que M. Colbert s'oc-

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cupait avec tant de zèle de la prospérité de la ville» en stimulant les individus au travail , et les administrateurs à Tordre et à l'économie , un incendie s'allumait dans ses bois de Seignelay , et procurait aux Auxerrois une déplorable occasion de lui prouver leur reconnaissance. La fumée et la flamme ne furent pas plutôt aperçues , qu'un clan spontané' et général , régularisé par les Officiers municipaux , porta toute la milice bourgeoise , ainsi que le Maire et Echcvins à courir sur la partie de la foret que le feu dévorait avec d'autant plus d'activité , qu on était au milieu de l'été , et que la chaleur était excessive. L'ardeur du secours fut égale à la fureur du fléau, qui, resserré dans la partie qu'il consumait , et isolé du surplus de la forêt par un abatis , fut bientôt vaincu.

VI1L Le 27 du même mois , M. Colbcrt , à son toar , pat aussi satisfaire le sentiment de gratitude que lui avait inspiré le zèle des habitans à lui conserver sa forêt , en terminant définitivement la grande affaire pour l'amortissement de leurs dettes. Sur sou rapport , le Conseil rendit un arrêt , véritable monument de justice , d'ordre et de prévoyance. S'il prescrit des mesures pour réparer les désordres du passé , il en contient aussi de sévères pour empêcher qu'ils ne se renouvellent.

La majeure partie des créances admises se composant de constitutions de rentes , il fut ajouté aux capitaux de celles-ci cinq années d'intérêts.

A l'égard des autres, celles qui furent reconnues évidemment légitimes furent comprises comme devant à l'avenir porter intérêts ; plusieurs , quoique régulières Il 17

quant à la forme des actes , paraissant suspectes dans leur origine , ne furent admises que pour leur capital sans intérêts.

Les moyens de libération exigeant douze années de délai , l'arrêt ajouta au capital les intérêts décroissais , ce qui éleva la somme à 4*8,724 l'™es 12 sols 9 deniers.

Il fallait encore subvenir, pendant les douze années, aux dépenses fixes de l'administration de la ville , elles furent comprises pour 6,838 livres 4 sols par an.

Le produit annuel des octrois ne s'étant élevé qu a 38,!oo livres , et les dépenses du Collège n' ayant pas fait partie de celles de la ville , le Conseil ajouta aux ressources 4» 000 livres à prendre , par chacune des douze années, sur les entrées de Paris , pour être employées , savoir : 3, 000 livres pour le Collège , et 1 ,000 livres pour les charges municipales. La ville avait encore un revenu de 1 53 livres 10 sols en rentes et loyers, et c'est en combinant le montant de toutes ces valeurs avec celui de l'arriéré, les intérêts de ceux qui devaient en produire, et les charges annuelles , que le paiement du tout fut assuré dans la série des douze années. L'ordre même dans lequel les dettes devaient être acquittées fut tracé pour chaque année , suivant la nature et le plus ou moins d'urgence de chacune d'elles.

Pour éviter les frais énormes de la comptabilité devant la Cour des comptes , et attendu la misère où se trouve réduite la ville d1 Aux erre , l'arrêt porte que le compte annuel sera rendu aux Maire , Gouverneurs et Echevins , assistés de huit Bourgeois ayant voix, delibérative , et élus à cet effet tous les ans ; que

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les portes de l'hotcl de ville seront ouvertes , tous les liabitans pouvant en ciUciulrc les détails, et avoir voix fie remontrances ; enfin, que le compte définitif ne sera soumis à la Cour des comptes , qu'après I expiration de la douzième année.

lAelativcment aux dépenses extraordinaires commandées par des événemens majeurs, tels que peste, réparation des fortifications et autres , le Roi veut que les deniers nécessaires soient levés sur toutes personnes de quelque rang et de quelque qualité qu'elles soi en I. L'arrêt contient aussi plusieurs autres dispositions , qui , prévoyant tous les cas possibles , devaient avoir pour résultat certain que , pendant les douze années , l'arriére n'augmenterait pas d'un denier, et serait totalement éteint. C'est un véritable budget , aussi précis et ingénieux qu'on pourrait le faire aujourd'luiî.

Cette première partie de l'arrêt , qui , dissipant les ténèbres dâns lesquelles marchait l'administration depuis cinquante ans , assurait aux habitans que , désormais, ils pourraient sortir de la ville , et même aller à Paris , sans risquer d'être emprisonnes , fut reçue avec une satisfaction générale. Il n'en fut pas de même de la seconde ; elle consterna un grand nombre de familles. En procédant à la vérification des dettes, les Commissaires avaient découvert des abus révoltans. Ils avaient particulièrement remarque que , depuis i6*4ô , les Ofliciers municipaux avaient admis des personnes riches , qui n'avaient aucuns privilèges , à • supporter dans les tailles une somme , qui , presque toujours , était trèsinférieure à celle qu'elles auraient payée. De plus

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grands desordres encore régnaient dans la comptabilité' des deniers •communs. Depuis longues années les comptes du Receveur n'étaient rendus qu'aux Officiers municipaux ; il -en résultait , d'une part , qu'ils ne critiquaient jamais les dépenses qu'ils avaient ordonnées , et , de l'autre , qu'ils faisaient ainsi des revenus de la ville tout ce qui leur convenait , certains qu'aucune autre autorité n'aurait à exercer de censure sur ces comptes. L'arrêt ordonna i° que , sans avoir égard aux abonnemens abusivement accordés à quelques habitans , des Commissaires du Conseil feraient le relevé de ce que ces taillables auraient dû payer, en remontant jusqu'à l'année 1640, et les condamneraient à restituer à la Communauté ce qu'elle se trouverait avoir payé pour eux ; 2° que ces Commissaires procéderaient aussi à la révision des comptes de tous ceux qui , depuis 1 629 , avaient eu , à quelque titre que ce fût , le maniement des deniers communs , et les condamneraient , ou leurs représentais , à la réparation des infidélités reconnues.

Enfin , par cet arrêt , le Roi fit des ebangemens importans dans l'organisation du Corps municipal , ainsi que dans ses attributions. D ordonna i° que le nombre des Echcvins , qui était de doute , serait réduit à quatre , attendu que ce grand nombre apportait plus de confusion que de soulagement à la ville ; que deux de ces Echevtns seraient toujours pris parmi les Magistrats et les Avocats , et deux parmi les Procureurs et les marchands ; que chaque année deux seraient nommés et resteraient deux ans en fonctions ; 2° que tous les ans on élirait le Maire , le Gouver-

ncur laïc du fait commun, et le Procureur-syndic, qui pourraient être reclus deux autres années; 3° que M. Billard, par suite des services par lui rendus , resterait Maire jusqu'au Ier octobre 1 667 , et pourrait être réélu Tannée suivante ; que , dorénavant , les Officions municipaux ne pourraient faire d'emprunts, pour quelque cause et occasion que ce fût, qu'en vertu d'une décision prise en assemblée générale des habitans , approuvée par les Elus généraux de la province , et autorisée par lettres du grand sceau , à peine de répondre* en leur nom de la nullité du contrat et de la perte du- créancier. Dans toutes les dispositions de cet arrêt , on reconnaît l'empreinte de l'esprit d'ordre et de sévérité du célèbre Colbcrt.

VIIéL Le- 2 septembre, il acquit de nouveaux titres à* la reconnaissance des Auxerrois : sur. son rapport , le Conseil rendit deux autres arrêts importans : l'un portant révocation de celui du.6 juillet 1659 , qui attribuait à l'Election de Tonnerre la connaissance des affaires concernant les Aydcs , et renvoi de ces affaires à celle d'Auxerre, sauf, en cas de récusation légitime , à les porter devant les Officiers du Grenier à sel ; l'autre prononçant la cassation de l'arrêt du Parlement do 29 mai, par lequel une jurande pour les merciers:, grossiers et joailliers avait été autorisée. Le Maire et les. Echevins. avaient exposé au Conseil , que les marchands ne désiraient cette jurande , que pour se procurer un monopole à la faveur duquel ils mettraient à leurs marchandises tout le prix qui leur conviendrait; que déjà les habitans éprouvaient les funestes effets de cette odieuse insti-

afo chapitre xrn,

tution , les marchands Tendant , depuis l'arrêt du Parlement , 5o et 55 sols ce qu'ils ne vendaient la veille que 20 suis ; que cette mesure e'tait surtout contraire à l'intention qu'avait eue le Roi dans l'établissement qui venait d'être fait par ses ordres , de plusieurs manufactures ; que si quelques particuliers étaient par là stimulés à se livrer au commerce , ils seraient retenus par la crainte des vexations que les Jurés exerçaient dans tous les pays où il y en avait ; enfin , que les maîtrises étaient toujours à charge au public et à sa liberté. Tous ces motifs , parfaitement conformes aux opinions de M. Colbert , sur la liberté du commerce , sont rappelés dans l'arrêt qui « sans s'ar- >» rêtér aux lettres de maîtrise , ni à l'arrêt du Par- » le ment, maintient les habitans et tous marchands de » la ville d'Auxerre , dans le droit d'y vendre toutes » sortes de marchandises , ainsi qu'ils avaient coutn- - me ; les décharge de l'obligation de faire aucune » déclaration , ni prestation de serment ; faisant dé- » fense aux prétendus gardes et jurés de les y trou- » bler en quelque manière que ce soit , à peine de » 3 tooo livres d'amende. »

IX. De tous ceux que la nouvelle organisation municipale indisposait , les douze Echevins en exercice furent les premiers à manifester leur dépit. Huit d'entre eux , au moins , et peut-être tous devaient, avant un mois, cesser leurs fonctions, et rentrer dans l'obscurité. Pour échappera cet affront, ils firent arrêter par le Corps municipal, le 3 septembre, que dans l'assemblée générale qui allait se tenir pour les élections , remontrances en seraient faites au peuple t dans l'espoir que la ma-

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jorité des habitans réclamant contre cette mesure , elle serait révoquée parle Conseil. Mais ils trouvèrent l'assemblée fort indifférente sur leur proposition ; personne ne l'appuya, on alla jusqu'à rire à leurs dépens , et pour compléter leur désappointement, on fit l'élection, en se renfermant dans les limites posées par l'arrêt. Quatre d'entre eux seulement , MM. Jean Chapotin, Conseiller au Bailliage, Edmc Jodon, Médecin; Claude Huot , Procureur; et Claude Petitfou , marchand , furent réélus ; M. Richer fut continue' dans les fonctions de Procureur du fait commun , sous le nouveau titre de Procureur-syndic , et le sieur Claude Flans conserva l'emploi de Receveur.

X. Malheureusement l'arrêt du 23 août , en défendant aux Magistrats de la ville d'emprunter sans autorisation , ne leur avait pas interdit la faculté de plaider a leur gre'; cette brèche , par laquelle s'échappaient abondamment les deniers communs , resta ouverte, et la manie de plaider , sous les prétextes les plus puérils, continua de posséder le Corps municipal. Ainsi ce Corps assistant au service funèbre pour M. de Loménie , Ministre des affaires étrangères , à la Cathédrale, le i4 novembre , M. Crethé, Prévôt des Ma réchaux , voulut précéder le Maire et les Ëchevins , et même aurait été assez hardi pour se présenter à donner de f eau bénite , avant M. Chapotin , premier Eehevin s contre toutes sortes de régies et du sages. Il fut décidé que le Maire , pour avoir justice de cette inconvenance , ferait toutes les démarches nécessaires , et que ses avances lui seraient remboursées par le Receveur.

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XJ. 19 décembre , M. Gilbert écrit au Maire , et lui annonce que le Roi autorise rétablissement , dans la ville , d'une seconde manufacture pour fabriquer des baracans. V. 1667 , n. II.

XII. Le Maire et les Ecbcvins, ayant aperçu que les armoiries du Duc d'Epernon et de son fils placées , en 1 665 , sur les portes de S.-Sitnon et du pont , étaient désagréables au Prince de Condé , les firent mutiler et remplacer par les siennes.

I. 16 janvier, il y avait à peine i^o ans, que le châtcau des Comtes , devenu Palais de Justice , avait été reconstruit , il fallut cependant y faire des réparations tellement urgentes , que les Officiers du Bailliage demandèrent au Corps municipal de tenir leurs audiences à l'hôtel de ville, qui fut mis à leur disposition. V. 1676 , n. 1.

II. 23 , nouvelle lettre de M. Colbert au Maire , V informant de l'autorisation du Roi pour la fabrique de bas de laine. V. 1669 , n. II.

III. 3 mars , un Officier d'artillerie , porteur d'un ordre du Roi , demande qu'on lui livre tous les canons que la ville possède, et que la paix a rendus inutiles. Ses recherches ne lui en firent découvrir que deux de seize livres de balle ; mais le Maire lui opposa un refus formel , et partit , sur-le-champ , pour Paris , espérant bien faire révoquer cet ordre , par le motif ; que les canons avaient été faits aux frais de la ville ; qu'ils portaient ses armoiries , et

valaient plus de 20,000 livres. Celle résistance fut sans succès, et M. Billard reçut l'injonction formelle de livrer , sans nouvelle hésitation , les deux canons. Il fallut obéir ; mais il en restait trois autres qui avaient échappé aux perquisitions de l'Officier. Aussitôt après son départ , le 29 mars , on les fit enfouir , et pour en conserver le souvenir , on inscrivit leur acte de sépulture sur le registre des délibérations , en ces termes : « pour certaines considérations , trois pièces » d'artillerie , marquées aux armes de la ville , ont » élé enterrées; savoir: Tune , qui est la plus grosse , >• sur la plate-forme qui est entre la porte d'Eglény » et la porte du Temple (1); les deux autres sur la » porte du Temple , du côté qui regarde la porte » Chante-pinot , pour servir à ceux qui en auront » besoin. » V. 1668, n. xvi.

mars , M. Colbert donna encore une preuve de son désir de faire régner dans Auxerre , non-seulement Ja prospérité , mais l'ordre et la justice. Un arrêt du Gonseil , sur son rapport , pour faire cesser les nombreux abus dans la répartition des impôts constates par les deux Commissaires des Etats , en 1 665 , ordonna qu'à l'avenir leur assiette serait faite , non dans les paroisses , mais par vingt prudhommes choisis par elles , et réunis à l'hôtel de ville , en présence du Maire et des Echcvins. ; que ceux-ci n'y auraient pas voix délibérative , et n'y assisteraient que

(1 Il n*y a pas très-long- temps que cet endroit » appelait encore le Canon. On y bâtit, il y a 5o ans, une Loge pour les francs maçons, devenu* depuis la maison de M. Leclerc-Fourolles.

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pour surveiller 1 accomplissement des formalités ; que ces prudhommes imposeraient les taillables , quelque fussent leurs emplois ou leurs fonctions , suivant leurs facultés , sans avoir égard ni aux cotes d'office , ni aux abonnemens ou dispenses , à effet de quoi tous arrêtés , jugemens ou arrêts contraires étaient annules et révoques. H est également ordonné qu'au lieu de trente-cinq collecteurs nommés dans les paroisses pour la levée des tailles , elle serait adjugée au rabais , sinon faite par quatre collecteurs V. 1674» n* n*

V. Les divers arrêts du Conseil qui rétablissaient Tordre dans l'administration et les finances de la ville, réparaient les injustices dans la répartition des impôts, faisaient restituer par les cotisés d'office leurs gains illicites depuis 1 64o , et réviser les comptes de ceux dans les mains desquels avaient passé les deniers communs depuis 1629 ; tous ces arrêts étaient dus au zèle et à l'intelligence de M. Billard. Depuis trois ans qu'il était Maire , il avait préparé les élémens de cette grande réforme , et les avait soumis à M. Colbcrt, à ce Ministre inflexible qui ne demandait qu'à connaître les abus- pour les foudroyer. La conduite courageuse du Maire lui avait mérité l'estime et la confiance du Ministre , ainsi que celles du Prince de Condé ; elle le faisait aussi chérir de la majeure partic de la population , aux dépens de laquelle se commettaient ces abus. Mats la même cause le faisait détester par ceux qui le voyaient , sans cesse , occupe à tarir les sources dans lesquelles ils étaient habitués à puiser. Cet inévitable état de choses avait divise la ville en deux partis très-prononcés. Celui de la ré-

forme était le plus nombreux ; mais celui contraire , forme de presque tous les Magistrats , Administrateurs , employés et gens riches , était le plus puissant. Or le moment arrivait où M. Billard allait cesser ses fonctions , s'il n'était pas réélu ; et si cela arrivait , une grande partie de ce qu'il avait fait pour le bien du public pouvait s'évanouir. Les arrêts n'avaient fait , en quelque sorte , que poser les bases de la réforme ; tout dépendait de la manière dont ils seraient exécutés. D'ailleurs, il restait encore un grand coup à porter: c'était d'obtenir, par l'incorporation du Comté dans la province de Bourgogne , la suppression de l'Election , de cette Magistrature dispendieuse , composée de quatorze Officiers ne vivant que d'additions aux Impôts. Il fallait désarmer ces personnes redoutés, principaux auteurs de toutes les injustices découvertes dans la répartition des tailles. Il fallait enfin foire tomber ce Corps qui , continuellement menacé depuis plus de 60 ans, était encore debout, bravant l'anûnadvcrsîon publique. La prolongation de son existence était duc à la soustraction des pièces du procès porté au Conseil d'Etat à ce sujet , et reste, par ce fait , indécis depuis 4^ans- I>ar un heureux hasard , M. Billard venait de les recouvrer, et mieux que tout autre, il pouvait conduire à bonne fin cette importante affaire. Témoins de ce qui se passe parmi nous dans les élections , lors des crises politiques , nous pouvons nous faiTC une juste idée de l'agitation des esprits à Auxerre , durant les jours qui précédèrent celui où les habitans réunis , en appelant au pouvoir municipal de nouveaux Magistrats, pouvaient rendre inutiles tous

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les efforts de M. Billard. Cette asssemblée se tînt dans les derniers jours de septembre ; mais, au moment où les deux partis allaient se mesurer , le Président , M. Marie , Lieutenant général du Bailliage , reçut une lettre du Prince dcCondé, adressée aux habitans , et leur en donna lecture. Le Prince leur rappelait les preuves de zèle et d'intégrité données par M. Billard , et combien il importait à la ville , dans les conjonctures difficiles où elle se trouvait , de l'avoir pour chef ; il finissait par les inviter à le réélire. Cet incident imprévu déconcerta les ennemis du Maire ; nonseulement il fut réélu , mais le nouveau Gouverneur et les deux Echevins furent aussi choisis parmi les partisans de la réforme.

Cependant , à peine rassemblée était dissoute , que le parti vaincu rentra dans l'hôtel de ville , en y entraînant ces hommes faibles qu'on trouve dans tous les temps prêts à grossir le nombre de ceux qui font le plus de bruit. Dans cette réunion , se qualifiant assemblée des notables , on arrêta de se pourvoir contre l'élection , comme étant le fruit des intrigues et des cabales ; d'en porter plainte à M. le Lieutenant général ; de lui exposer qu'un grand nombre d'habit ans , s'étant trompés , dans leur vote pour M. Billard , s'étaient rétractes; et de le prier d'inr former de toutes ces intrigues. Le lendemain, en effet , la plainte fut portée , et l'information eut lien devant le Lieutenant général , qui avait un parent de son nom parmi les Officiers de l'Election , et paraît n'avoir pas été étranger au parti desappointé par \es choix dont on se plaignait.

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Le 2 octobre, M. Billard et trois Ecbevins portèrent aussi plainte au Lieutenant gênerai de l'illégalité de cette seconde assemblée , ainsi que des intrigues et monopoles qui s'y étaient pratiqués. Ils arrêtèrent que M. Billard se rendrait de suite à Paris , pour informer le Roi , le Prince de Condé , et M. Golbert , de tous ces désordres. Probablement la Cour vit dans l'instruction sur les deux plaintes , que la masse des babitans était tiraillée par deux factions , et qu'il importait de s'assurer du véritable vœu du pays ; ce qui ne serait obtenu que d'une nouvelle assemblée devant un Magistrat étranger aux coteries de la ville. Le i4 , on reçut une lettre du Roi , portant qu'il serait procédé à une nouvelle élection devant M. Bouchu , Intendant de la province.

VI. M. Billard , qui jusqu'aux élections devait continuer ses fonctions , n'en marcha pas moins avec persévérance sur Sa ligne qu'il s'était tracée. Les Etats de Bourgogne étant convoqués à Dijon pour le 4 janvier , il fallait , suivant l'usage , réunir les babitans pour délibérer sur ce qu'il importait de demander à cette assemblée. Il provoqua donc une assemblée générale qui se tint le 2 3 octobre. 11 y fit troif propositions. La première avait pour objet l'addition à la taille de 1668 , des 5, 000 livres promises pour les manufactures , dans la conférence des notables avec M. Colbert , à Seignclay , au mois de juin 1 664» promesse qui n'avait pas encore été exécutée. Cette proposition fut adoptée à l'unanimité.

La seconde était de renouveler le vœu pour l'inscription de la ville dans la roue de Bourgogne , et

l'incorporation du Comte dans cette province. Il rappela les avantages devant en résulter pour le Tiers- Etat du pays ; que n'ayant jamais d'Elu général , îi supportait , dans les impôts , une part excédant , de beaucoup, son contingent légitime. H fit le récit de tout ce qui s'était passé depuis 1602 ; particulièrement de la soustraction des pièces de l'affaire perdues durant 46 années , et fortuitement retrouvées par lui , ajoutant qu'avec ces pièces , se confiant aux promesses qu'on lui avait faites à Paris , lors de son dernier voyage , il était sur qu'avant trois mois, cette importante négociation pourrait être heureuse* ment consommée, si les habitons persistaient dans le vœu déjà émis depuis long-temps. Enfin, il fit observer que MM. les Officiers de l'Election, étant personnellement intéressés , puisqu'il s'agissait , en supprimant leurs offices , d'attribuer aux Elus généraux la répar* tition des impôts dans le Comté , ne pouvaient pas prendre part à la délibération , et devaient se retirer. Il sut rendre si manifeste l'intérêt des habitans à ce nouvel ordre de choses , que personne n'osa le contredire , et que , domptés par ce murmure approbateur qui annonce le succès d'une proposition , les Elus fléchirent devant l'opinion générale. M. Mar* tincau , leur Présidcut , se borna à déclarer que n'étant dans l'assemblée que comme habitans , ils entendaient prendre part à la délibération , mais qu'ils étaient d'avis d'agréer la proposition , et très-disposés à contribuer eux-mêmes au paiement de leur indemnité. A ce moyen , il y eut encore unanimité. I* troisième, concernant l'exécution de

l'arrêt du 3o mars , sur le nouveau mode de la répartition individuelle de la taille par vingt prud'hommes , fut également adoptée.

On reçut bientôt après de M. l'Intendant , Tan- . nonce que f le 4 novembre , il viendrait à Auxerrc , présider l'assemblée des habitans pour la nouvelle élection du Maire et des autres membres du Corps municipal. Elle fut aussitôt convoquée, et sur-lechamp les intrigues et les cabales se renouèrent. En attendant le jour du combat , on fit, suivant l'usage de tous les temps, circuler des propos calomnieux sur les candidats. Un des bruits répandus par les opposansà la reforme , fut que la lettre du Prince de Condc , lue dans rassemblée du mois de septembre , était apocryphe et contraire au désir du Prince. Cette méchanceté servit merveilleusement M. Billard. Il obtint de M. Chapotin , Conseiller et Echevin , Magistrat estimé des deux partis , de se rendre , avant l'assemblée, auprès du Prince de Condé , pour s'assurer de la vérité. Dès le 2 novembre , M. Chapotin était de retour , et rapportait que le Prince lui avait répondu que son billet témoignait de ses int cillions ; quil prenait grande part à ce que M. Billard fui Maire , et que ce qu'il écrivait n était pas des chansons.

Le ^ novembre , l'assemblée se forma , sous la présidence de l'Intendant. Le parti de la réforme l'emporta encore une fois» pour maintenir M. Billard dans ses fonctions , ainsi que pour MM. Lcmuct , Gouverneur du fait commun , Jodon et Huot , Echevins , et Riche r , Procureur syndic. Mais , dans les deux Echcvins , il y eut un Elu , M. Marie , malgré

les efforts de M. Billard et de ses partisans. Le quatrième Echevin fut M. Baudcsson, marchand. V. 1668 , n. 1.

VII. Le 8 décembre , le Prince de Gondé , allant à Dijon , pour les Etats , fut reçu à Regennes par l'Evèque , M . de Broc. Tout le Corps municipal alla lui offrir hommage , bon vin et gibier. Le lendemain matin , toutes les autorites le reçurent à la porte S.-Simon. Il traversa la ville , la milice bourgeoise en armes , bordant toutes les rues sur son passage.

VIII. Recensement des familles taillables dans la ville et les faubourgs; leur nombre s'élève à 2,33 1.

1. 11 parait que M. Billard n'eut pas, dans le nouveau Corps municipal , toute la prépondérance qu'il aurait désirée , car le Ie* jamier , on s'assembla pour élire les deux députes aux Etats , il fut choisi le premier , mais il n'y avait dans le Corps qu'un de ces Elus qu'il repoussait ; on le lui donna pour compagnon de voyage. Il ne s'en découragea pas , et présenta aux Etats la demande des habitans pour l'incorporation du Comté. L avis de l'assemblée lui fut favorable. Elle décréta que le Roi serait prié d'ordonner l'union , aux conditions écrites dans le décret des Elats . de 1 602 , et notamment que le Comté supporterait seul , comme par le passé , ses charges particulières ; que le Duché de Bourgogne rie contribuerait aux frais de remboursement des offices de l'Election supprimée , que pour 72,000 livres ; que le

Dix-aEPTièMt siàcLE. 273 Comte paierait le surplus ; que la ville d'Auxerre serait seule du Comté inscrite autour de la roue , après la ville de Seure , pour avoir voix active et passive , et admise à donner, à son tour , un des Elus généraux; que les quatre autie villes , Seignelay , Cravan , Vermenton et S.-Bris , entreraient alternativement aux Etats, et y auraient voix délibérative. V. n. v.

II. Le 16 février, dans la soirée , un Officier du Duc d'Orléans , frère du Roi , vint avec empressement a l'Hôtel de ville, annoncer que son maître était sur la route de Paris , et désirait coucher à Auxerre ; que surpris par la nuit , dans un chemin qu'il

il demandait qu'on lui envoyât des guides et des flambeaux. Au moment même , une multitude de curieux se précipita au-devant de lui avec des lumières. Les Officiers municipaux, ayant fait mettre la milice bourgeoise sous les armes , allèrent le recevoir à la porte S. -Simon , lui offrirent les clés de la ville , et le conduisirent à une hôtellerie. Le lendcmain matin 1 7 , il prit la route de Bourgogne ; mais , le soir, il envoya , de nouveau , un de ses Officiers au Maire , pour lui annoncer son retour ; et son désir que , comme la veille , des guides et des flambeaux le dirigeassent dans sa route ; qu'on lui envoyât même des chevaux pour mettre à son carossc , les siens étant trop fatigues ; qu'enfin , on lui préparât un logis et des provisions pour son souper. Il reçut les mômes honneurs et les mêmes soins que la veille. Le 18, il reprit le chemin de Paris.

Cette singulière anecdote , qu'attestent deux délibérations du Corps municipal , n'est rapportée ni cxpli- 11 18

cjucc par aucuns des historiens que j'ai pu consulter, pas même par M. Laurentic , dans son histoire des Ducs d'Orléans ; mais je crois qu'en la rapprochant de ce qui se passait alors dans la Franche-Comte , on en aura une explication , au moins très -probable. On sait qu'au milieu de l'hiver de 1 668 , Louis XIV , impatient des lenteurs qu'apportait le Roi d'Epagne à conclure la' paix , prit , tout-à-coup , pour l'y contraindre , le parti de lui enlever la Franche-Comté ; que , le 7 février, le Prince de Condé entra dans Besançon, et que , le 1 4 » le Roi , qui assiégeait lui-même Dôle , depuis quatre jours , s'en fit ouvrir les portes. D est très-probable que le Duc d'Orléans , sans l'assentiment du Roi , et ignorant les succès si rapidement obtenus sur l'Espagne , se rendait à l'armée pour prendre part à ses opérations ; que Louis XIV , prévenu de cette démarche imprudente de son frère , lui envoya , en route , l'ordre de retourner à Paris. Cette explication paraît d'autant mieux fondée , que les archives de la ville contiennent encore un monument qui prouve le secret dans lequel le Roi voulait renfermer ses opérations , jusqu'au 25 février. C'est un ordre du 1 5 , adressé par lui aux Maire et Echcvins , par un courrier extraordinaire arrivé le 19, leur faisant défense de - laisser passer aucuns courriers , autres que ceux ordinaires pariant la valise des dépêches , s'ils n'étaient porteurs de ses ordres , contresignés par son Ministre Louvois , et' même ordre de les empêcher de sortir de la ville jusqu'au a5.

111. Le 24 ♦ le Prince de Condé , retournant à Pacis, après la conquête de la Franche-Comté , fut reçu

DIX-SEPTIÈME SIECLE. 2y5

et complimenté à la porte du pont par les autorités , la milice étant en armes. Il coucha à Régennes , où le Corps de la ville alla , de nouveau , lui présenter les hommages des habitans, et les présens d'usage.

IV. Le 28 , les Officiers municipaux , ayant été prévenus que la ville était désignée pour avoir en garnison une partie des troupes qui avaient fait le siège de Besançon , firent partir le Maire pour Paris , avec vingt pistoles , dans l'espoir de faire révoquer Tordre. V. n. vi.

• V. Le 11 mars , le Corps municipal , s'étant adjoint un grand nombre de notables , prend une délibération portant « que le jour de Quasimodo , il y aura » cent ans que la ville a été délivrée de l'oppression •• des hérétiques ; que chaque année une procession » solennelle en fait à Dieu des actions de grâces ; » mais que la fête centenaire doit être plus magnifi-

* que; qu'en conséquence, 1,000 livres seront em- » ployées en reposoirs , arcs de triomphe et pyrami-

• dos , ainsi qu'à un feu d'artifice qui sera tiré sur » la place S.-Elienne. » Une domination tyrannique fait sur les peuples une impression si profonde , que les générations mêmes qui n'en ont pas éprouvé les maux, aiment à célébrer par des fêtes le bonheur qu'ont eu leurs ancêtres d'en être délivrés.

VI. Le voyage du Maire et ses vingt pistoles ne furent pas tout -à-fait inutiles. Du i*r avril au 8, trois compagnies d'infanterie vinrent pour tenir garnison , mais le 17 , elles reçurent l'ordre de quitter la ville.

Vli Le 1 1 , les trois Ordres du Comté furent as-

semblés pour donner leur avis au sujet du décret des Etats de Bourgogne , sur l'incorporation du pays à cette province , suivant Tordre donné par le Roi le 16 avril. Le Clergé se réunit au Palais épiscopal , la Noblesse à celui de Justice , et le Tiers-Etat à l'Hôtel de ville. Il y eut ensuite réunion générale au Palais épiscopal. Leur décision fut , en tout point, conforme au désir de la ville , et aux conditions imposées par les Etats. Chaque Ordre nomma ensuite deux députés pour passer l'acte d'adhésion. Ceux du Cierge' furent MM. Pierre Basse , Doyen du Chapitre de S.« Etienne , et Guillaume Pussel , Chanoine ; ceux de la Noblesse , MM. Colbert , Ministre , et de la Rivière , Bailli d'Epée ; ceux du Tiers-Etat , MM. Billard , Maire , et Jodon , Echevin. L'acte d'adhésion fut passé , le 1 3 juin , devant Lcfouyn , notaire à Paris. V. n. xi.

VIII. Le 18 juin, un convoi considérable de canons et de munitions de guerre , tiré par 220 chcvaux , et venant d'Auxonne , s'arrôta à Auxerre. Le Commissaire chargé de cette conduite , renvoya les charretiers et les chevaux , après avoir payé leur dépense , et laissa les canons et les munitions à la garde de la ville jusqu'au 20 août.

IX. Le i5 juillet, publication de la paix conclue avec le Roi d'Espagne , le 29 juin , à Aix-la-Chapelle.

X. Le 27 , le Maire reçut un arrêt du Conseil , du 18 juin, faisant défense aux Magistrats des villes d'ordonner des voyages , soit par eux , soit par tout autre , sous quelques prétextes que ce soit , tans l'au-

torisalion de l'Intendant , si ce n'est pour le cas où le député déclarerait ne rien exiger de ses frais de voyage et de séjour. Le jour même de la réception de cet arrêt , il fallut le faire publier à son de trompe , et afficher dans toute la ville. Il dut faire sensation sur les hahitans , habitués à voir presque toujours quelques-uns de leurs Magistrats en route.

XI. Au mois d'août , enfin , un édit du Roi prononça l'incorporation du Comté à la Bourgogne , aux conditions prescrites par les Etats , et consenties par les trois Ordres du Comté. Par ce même édit , il supprima l'Election d'Auxerre , et créa quatre Conseillers de plus au Bailliage , pour connaître des différons soumis jusque là à l'Election. V. 1 670 , n* m.

XII. Depuis la nouvelle organisation du Corps de ville t réduit à huit Officiers laïcs , les marchands , voyant , avec chagrin , qu'à peine un seul d'entre eux y était appelé , et que tous les autres emplois étaient déférés aux hommes de robe , intriguèrent pour en avoir, au moins , trois ; et le 17 septembre , ils obtinrent , en effet , un arrêt du Conseil , portant qu'à 1 avenir le Gouverneur du fait commun , et deux des Echevins seraient nécessairement choisis dans le commerce. V. n. xiv.

XIII. Le Ier octobre , M. Colbcrt venant d'arriver à Seignelay , le Corps de ville chargea M. Baudcsson f Gouverneur du fait commun , de /aire perquisition dans toute la ville d'une feuillette du meilleur vin du vignoble , et autres choses plus rares et plus exquises , et de louer chevaux et carrosses pour le voyage. C'est ainsi que ces Magistrats se présentèrent chez le

Ministre , pour lui exprimer la reconnaissance des habitans.

XIV. Le 7 octobre , assemblée générale. Les marchands y présentèrent l'arrêt qu'ils avaient obtenu. Les autres classes des Bourgeois s'y soumirent , mais en murmurant , et avec réserve de se pourvoir. On nomma M. Thomas Marie , Conseiller , Maire , M. Jehan Robinet l'aîné , marchand » Gouverneur du fait commun , et MM. Elie Bargedé , Conseiller , et Gaspard Moreau, marchand , Echevins. V. 1675 , n. 11.

XV. Le premier acte de cette nouvelle administration fut de satisfaire au vœu général des habitans qui, depuis environ 19 ans > n'avaient d'eau qu'en allant la chercher aux fontaines S. -Germain , d'Amont , ou de S.-Amatre. Le déplorable résultat qu'avait eu , en 1647, l'entreprise de D'Indinville , éloigna la pensée d'une nouvelle tentative sur les eaux de Valla n. On ne pouvait pas , alors , deviner la cause qui avait fait échouer cet entrepreneur, comme on le peut aujourd'hui , et le même sort était à craindre. On se borna donc à prier les Capucins de partager avec ies habitans le modique produit de la fontaine Ste-Geneviève, dédaignée en 161 1 et 1646. Les Capucins, à qui les eaux de cette fontaine avaient été abandonnées , comme on Ta vu en 1612 , auraient pu résister à cette demande , ayant obtenu des Religieux de S.- Eusèbc , propriétaires du terrain où surgit la source , un acte du mois de juin 1647 » 9U' ^es *Ya>t confirmés dans leur jouissance ; mais , vivant des aumônes des habitans , la prière de ceux-ci fut pour eux , un ordre

DIX-SEPTIÈME SIECLE. i^o,

auquel il fallut obtempérer. D fut convenu que la ville aurait les deux tiers des eaux, à la charge par elle d'entretenir l'aqueduc depuis la source ; de construire un regard au point de partage , et d'en donner une clé aux Capucins, pour surveiller leur contingent. On se promettait dans la ville tant d'avantages de cet arrangement, que, de toutes parts, on promit des sacrifices volontaires suftisans pour la dépense à faire , et que les Magistrats , se dispensant de remplir les formalités nécessaires , chargèrent le Gouverneur du fait commun de faire faire les travaux. Dès le 22 octobre , il les commença ; avant la fin de l'année , la source était renfermée dans une chambre voûtée, et le regard promis aux Capucins était achevé. V. 166g , n. vi.

XVI. Le i4 octobre , par les soins de M. Colberl, la ville reçut du trésor royal 5g35 livres 10 sols, pour le prix des canons enlevés, le 3 mars 1667 , par le Corn mîssaîre d'artillerie. V. 1669 , n. v.

XVII. Depuis longues années , rAugustimts de Jansénius , Evèque d'Yprcs , était une occasion de troubles dans l'Eglise et dans l'Etat. L'auteur , mort en 1 638 , avait , avant de mourir , soumis la doctrine par lui professée à l'autorité du Pape , dont il reconnaissait expressément la souveraineté en cette madère ; mais ses amis , après avoir mis au jour cet ouvrage , imprimé pour la première fois en 1 64o , entrèrent chaudement en lice avec ceux qui y trouvaient , sur la grâce , des propositions contraires à la loi f soutenant qu'elles n'étaient pas dans son livre , ou qu'on n'en saisissait pas le véritable sens.

l8t) CHAPITRE XIII ,

Celle dispote donna lieu au Souverain Pontife Urbain VIII , en 1642 , de se prononcer. Il défendit la lecture de l'ouvrage , déclarant qu'il renouvelait des propositions déjà condamnées par ses prédécesseurs. La Sorbonne y signala cinq propositions qu'elle censnra. Les amis de Jansénius crurent devoir à sa mémoire de défendre la catholicité de son livre , et allèrent jusqu'à mettre en question , la compétence du Pape à ce sujet. En vain Innocent X , en 1 653 , et Alexandre VII, en i656, réitérèrent les défenses d'Urbain VI 11; en vain les Evôques de France , en grand nombre , joignirent leurs efforts à ceux des Papes , pour arrêter les dissensions qui s'élevaient sur cette thèse , dans tous les Corps et dans tous les Ordres ; la résistance à la Cour de Rome faisait chaque jour des progrès , qui inquiétèrent l'autorité civile, et la déterminèrent à se réunir au pouvoir spirituel pour resserrer les liens de la subordination. Le 10 novembre, un arrêt du Conseil d'Etat , du 23 octobre , ordonnant une entière obéissance aux constitutions du Souverain Pontife , sur les matières religieuses controversées , et faisant défense aux citoyens de se traiter , au sujet du formulaire , hérétiques , Jansénistes et Semi-péiagiens, fut publié à son de trompe, et affiché dans la ville.

Le grand rôle que , phis tard , Auxerre jouera dans cette guerre , d'abord religieuse , puis politique , m'a forcé d'entrer dans ces détails î mais , à cette époque , l'Evoque , M. de Broc , et son clergé étaient soumis , sans réserve , à la Cour de Rome , en sorte que ce qu'on appelait déjà le Jansénisme n'y

avait de partisans qu'en petit nombre , et n'y est devenu puissant que sous l'épiscopat de M. de Caylus.

XVIII. Le 3i décembre , un Cbanoine demanda au Chapitre l'autorisation d'abattre un vieux orme qui était sur la place S.-Etienne ; le Chapitre s'y refusa , attendu que cet arbre était le reste de deux rangées d'ormes qui ombrageaient la place , et qu'il était plus

tTÊûa wi> ■ '

I. Robert Chaponcl , fermier des Aydcs du Comté, prétendant percevoir le vingtième sur le prix de toutes les ventes de bois , de draps et d'animaux à pieds fourchus , fit assigner un marchand de draps à la nouvelle Election. Les autres marchands , ainsi que le Corps municipal , intervinrent et réclamèrent le privilège de la ville contre cette exaction. Sa prétention fut rejetée , mais il appela de ce jugement à la Cour des Aydes. V. 1 67 1 , n. 1.

II. 10 janvier, lettres patentes du Roi qui homologuent un règlement pour les trois manufactures des points de France , de tricot et de serge , façon de Londres , et attribuent au Corps municipal , en première instance , et au Bailliage en cas d'appel , la juridiction sur les contraventions à ce règlement. V. n. ix.

III. Le 10 mars et pendant plusieurs jours , un grand nombre de gens de guerre licenciés arrivèrent par le bateau ordinaire appelé le Coche par eau , et furent diriges sur Chalon , pour être embarqués sur la Saône.

FV. Le i5 , adjudication à Dijon de nouveaux octrois à percevoir , pendant douze années , sur la vente du vin en gros et en détail , ainsi que sur le pain blanc , pour l'établissement et l'entretien des manufactures. Le prix annuel s'éleva à 7,000 livres , dont l'adjudicataire fut tenu d'avancer la première année.

V. Le i5 avril , le Maire reçut une ordonnance de l'Intendant portant que , sur les plaintes faites au Roi par des Officiers de ses troupes , des abus qui se commettaient dans les villes , pour le logement des gens de guerre, les Maires exemptant arbitrairement une grande partie des habitans aises , et ne laissant aux militaires que les maisons des malheureux , il autorise les Officiers t s'ils s'aperçoivent de ces exemptions injustes, à placer eux-mêmes leurs troupes dans les maisons abusivement exemptées. Dans la lettre d'envoi de cette ordonnance , l'Intendant déclare au Maire que les Magistrats d'Auxerrè sont du nombre de ceux à qui cette conduite injuste est reprochée ; qu'il en a reçu des plaintes , et que , s'il en reçoit de nouvelles , il enverra à Auxerre une si forte garnison , qu'elle apprendra à ses Magistrats comment il faut loger des troupes.

VI. Au mois de mai , les travaux de l'aqueduc de Stc-Geneviève étaient fort avancés , mais il n'y avait pas la même activité dans le recouvrement des sommes promises pour les payer ; l^oo Mvres seulement avaient été reçues , et la dépense allait s'élever â plus de 2,000 livres. Heureusement l'emploi des 5,q35 livres 10 sols , provenant du prix des canons , n'avait pas encore été fait , et offrait le moyen de sortir

d'embarras , si l'Intendant voulait y consentir^ H fallut donc remplir les formalités. Dans une assemblée des habitans , tout ce qui avait été fait , à ce sujet , fut approuvé par le Corps municipal , ainsi que relativement à des réparations urgentes que l'horloge avait exigées pour i45o livres , et l'Intendant fut prié d'autoriser l'emploi d'une partie de ces fonds au paiement des travaux. Ils n'en furent pas moins continués , et , le i4 juillet, les grandes fontaines méritèrent encore une fois leur nom. V. n. vm.

VBL i er octobre , assemblée des habitans ; MM. Florentin Prévost , Avocat , et Antoine Mérat , Procureur , sont nommés Echevins , en remplacement de MM. Marie et Baudcsson.

VIII. ig novembre, l'Intendant, s'étant assuré de l'utilité des travaux entrepris pour les grandes fontaines, et de l'économie qu'y avait apportée M. Robinet , accueillit pour leur paiement la demande des habitans. Il en fut de même pour les réparations de l'horloge , mais il fit défense au Corps municipal de faire à l'avenir de semblables dépenses , sans y être préalablcmcrt autorisé.

IX. Le 20 , une lettre de M. Colbcrt invita les Officiers municipaux à nommer un d'entre eux pour être spécialement chargé de surveiller les trois manufactures , et de tenir la main à ce que les gratifications promises aux ouvriers et ouvrières , leur fussent exactement payées. Cette commission fut confiée à M. Prévost , l'un des Echevins.

X. Les quatre Conseillers , créés pour les tailles , par l'Edit du mois d'août 1 668 , prétendirent , lors

de la confection des rôles pour la taille de 1 670 , avoir les mêmes attributions que les anciens Elus qu'ils remplaçaient , et percevoir les mêmes droits , ce qui aurait ramené' les mêmes abus. Prévoyant qu'ils éprouveraient des contradictions , ils avaient obtenu sur requête au Conseil , un arrêt conforme à leur prétention. Mais il y fut forme' opposition par le Corps municipal. V. 1672 , n. 11.

I. 29 juin , Te Deum et feux de joie au sujet de l'avènement de Clément X au Souverain Pontificat.

II. 19 août, M. Marie est députe' à Paris pour complimenter , au nom des babitans , M. le Duc d'Enguien , nomme' Gouverneur de Bourgogne , sur la démission de M. le Prince de Condé , son père.

III. J septembe , arrêt du Parlement , confirmatif d'une sentence du Châtelet de Paris , qui prononce de graves condamnations contre un grand nombre de Bourgeois d'Auxerre , par suite d'infractions à l'arrêt du 10 mai 1642. L'obligation qu'il imposait aux babitans de ne vendre leurs grains qu'au marche' , et d'y payer le minage dû à l'hôpital des cent filles de Paris , était si facile à éluder , qu'ils y contrevenaient chaque jour. V. 1691 , n. m.

IV. Le 7 , les Elus généraux préviennent le Corps municipal que l'Edit , les lettres patentes et l'arrêt du Conseil , concernant l'incorporation du Comté au Duché , leur ont été adressés par le Ministre pour les exécuter, mais qu'il reste *4,ooo livres à payer aux

DIX-SEPTILMR SIECLE. 285

Officiers de l'Election supprimée , et que jusqu'au paiement intégral de cette somme, le Comté ne jouira pas des avantages de cette union. V. 1679 , n. y.

V. Le fermier des Aydes , renouvelant les prétentions jugées en 1614 et 1621 t contre les fermiers ses prédécesseurs , voulut , comme eux , que le privilège des habitans , à l'égard de l'exemption du droit de gros , ne pût s'entendre que pour les vins par eux récoltes dans le Comté , et non pour ceux provenant des vignes qu'ils possédaient hors du Comté , à Vallan , Vaux , etc. Son interprétation fiscale n'ayant pas été écoutée , à l'ouverture des vendanges , le 5 octobre , ses commis , armés d'épées et de pistolets , allèrent exiger le paiement du droit de ceux qui , récoltant sur les finages hors du Comté , les faisaient conduire à la ville. Sur le refus de ces derniers , de nombreux procès-verbaux furent dressés , des violences même furent exercées. Le Corps municipal , prenant le fait et cause des habitans , porta plainte au Bailliage. Ce différend fut terminé le 3 décembre , par une transaction dans laquelle le fermier reconnut que le privilège était attaché à la personne de 1 habitant d'Auxerrc propriétaire de vigne , et non au territoire sur lequel il les possédait ; mais aussi , comme il était prouvé que plusieurs habitans voulaient porter leurs privilèges jusque sur les vendanges qu'ils achetaient dans les pays de gros , les Officiers municipaux reconnurent que cette extension n'était pas admissible.

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