‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 35 sur 71 · VI. La révision de tous les comptes de la ville, pour · texte numérisé non relu

VI. La révision de tous les comptes de la ville, pour

les 37 années antérieures à 1666 , ordonnée par l'arrêt

du Conseil du 27 août de la môme année , avait jeté »

comme on l'a vu , l'alarme dans un grand nombre de familles. L'arrêt leur avait donne quatre années pour faire la recherche des documens nécessaires , mais . après l'expiration de ce délai , le 27 septembre 1670, les Commissaires , chargés de procéder à cette importante opération, avaient écrit au Maire qu'ils seraient à Auxcrre , le 10 octobre , et que , le |3 , les comptables ou leurs représentans devraient se présenter devant eux à l'hôtel de ville ; qu'il fallait les prévenir , ainsi que le public, par publication au prône des paroisses , et par cri public , à son de trompe , dans les carrefours. Le Maire fit faire les publications ordonnées , avec l'annonce que , pendant l'examen et la discussion des pièces produites , les portes de la salle resteraient ouvertes, afin que tous ceux qui voudraient y assister pussent y présenter leurs observations , soit verbalement , soit par écrit. B avait aussi , par ordre des Commissaires , préparé la liste de tous les Receveurs des deniers communs depuis 1 629 , ainsi que des Maires , Gouverneurs et Echcvins qui avaient ordonnancé des payemens ; et pour ceux dcccdcs , les noms de leurs veuves , héritiers ou ayant cause. Indépendamment des annonces publiques , des assi gnations avaient été données aux personnes intéressées.

Les Commissaires arrivèrent au jour par eux indiqué , examinèrent pendant trois jours les pièces produites , et le 1 3 , à huit heures du matin , les portes de l'hôtel de ville ayant été ouvertes , ils reçurent les nouvelles productions, continuèrent leur examen, et entendirent les observations. Leur opération dura

jusqu'au 18 novembre ; mais la plupart de ceux qu'elle menaçait prétendaient , les uns n'être pas héritiers du comptable, les autres avoir renonce' à sa succession , quelques-uns ne l'avoir acceptée que sous bénéfice d'inventaire. Beaucoup d'entre eux disaient ne plus avoir leurs pièces , les ayant déjà produites dans d'autres instances et vérifications. Il fut , effectivement reconnu que, notamment en 1 637 et i638, les pièces relatives aux comptes des années antérieures avaient été remises à M. Claude Lcclcrc , Greffier d'une Commission formée à Dijon , et qu'il les avait envoyées à cette Commission. M. Jacques Chrétien , Procureur-syndic , se joignit aux réclamans pour demander un nouveau délai qui donnât la faculté de faire cesser ces difficultés. Les Commissaires se rendirent à ces considérations , et renvoyèrent la suite de leur opération au iCI mai 167 1. V. n. vu.

VU. i5 novembre, Assemblée générale. M. Claude Chrétien, Seigneur de la Villottc, Conscillcrau Bailliage , est nommé Maire ; M. Pierre Baudesson , marchand, Gouverneur du fait commun; MM. Claude Thierriat, Conseiller, et Edme Daubanton, marchand , Echevins; M. Jacques Chrétien est réélu Procureur-syndic.

VIII. Le 26 , le nouveau Corps municipal , prenant en considération l'affliction dans laquelle la révision des tenait une grande partie des habitans, députa ftien , Maire , et Prévost , Echevin , auprès de M. Colbert, pour le prier de faire obtenir aux héritiers des comptables un délai plus étendu que celui accordé par les Commissaires. V. 1672, n. vm.

IX. M.l'Evêquc, de Broc , publie , avec un mandement , une nouvelle édition du br.éviaire diocésain. Sous le pontificat de M. de Donadieu, un savant Archidiacre de la Cathédrale , Rcgnaut Martin , s'était occupé de la correction du bréviaire, alors en usage, mais il ne put pas achever ce travail. L'Evêquc, Gilles de Souvré , qui , dans son séjour à Rome, avait su apprécier la liturgie de cette Capitale du monde chrétien , fut aussi frappe des imperfections de l'ancien bréviaire , et demanda au Chapitre des commissaires pour en terminer la correction. Le Chantre , Gaspard Bargedé, l'un de ces commissaires , reprit le travail de Martin. Pierre Levenier, Pénitencier , y ajouta plusieurs Hymnes , et M. de Broc , adoptant tous ces travaux , put livrer la nouvelle édition à son clergé. V. i725,n. m.

I. 8 janvier , arrêt de la Cour des Aydes qui rejette l'appel du fermier des Aydes de la sentence des nouveaux Elus , au sujet du vingtième qu'il prétendait sur la vente des bois , des draps et des animaux à pied fourchu.

II. 28 mars , le Maire reçoit un ordre du Roi qui permet aux Augusttns de quêter publiquement , comme dans les autres villes , afin qu'ils puissent vivre , et être en assez grand nombre pour célébrer habituellement l'office divin.

III. Le 3i avril, le Corps municipal, informé que M. le Duc d'Enguien , qui est à Seignelay , chez

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M . Colbcrt , vient à Auxcrrc passer vingt - quatre heures auprès de M. de Broc , envoie à Scignclay la compagnie des garçons organisée en cavalerie , pour recevoir ses ordres , et l'escorter dans son voyage. Il est reçu et reconduit le lendemain avec les mêmes

IV. 7 juillet , décès de ML de Broc , âge' de 8 1 ans , après 32 années d'c'piscopat. Le lendemain, suivant ses désirs , son corps fut apporte' de Régennes à Auxcrrc , reçu à la porte S.-Simon par le clergé de la ville , et inhume' dans l'église S.-Eticnnc. Tous les Corps assistèrent à ce service , ainsi qu'à son Oraison funèbre, prononcée , le 7 août , dans la même église , par le P. Gauthier, Jacobin du couvent de la ville. Cet Evêquc aimait passionnément la musique , et par suite les musiciens. Ayant entendu toucher très-habilement de l'orgue dans la Cathédrale d'Arras , il prit l'organiste à son service , et le conserva toute sa vie. Annibal Gautez , Prêtre de Marseille , qui l'avait charmé par son chant et son savoir , devint Chanoine semi-prébendé de S.-Eticnnc , et Maître des enfans de chœur; ce dernier, pour lui en témoigner sa reconnaissance, lui dédia un livre sur la musique, qu'il fit imprimer, avec une préface, dans laquelle il assure que le Prélat estimait tellement les musiciens , que presque toute sa maison en était composée.

Le jour même de la mort de l'Evêque , M. Marie, Lieutenant général du Bailliage, apposa les scellés dans les appartenons du Palais , malgré la réclama tion des Officiers du Chapitre , qui se fondaient sur une possession immémoriale. H ne voulut y avoir 11. 19

aucun égard ; on verbalisa de part et d'autre , et il en fui référé au Parlement. V. 1672, n. vm.

V. Le 9 août, le Maire reçut la nouvelle que le Uoi venait de transférer M. Nicolas Colbert, frère du Ministre, de l'Evêché de Luçpn, à celui d'Auxerre. Sur-le-champ, il fut envoyé à Paris pour présenter au nouvel Evoque les hommages des hahitans. Dans le même temps , des Bourgeois d'Auxerre , ayant eu occasion de consulter le célèbre casuiste Samtc-Beuve, apprirent de hit que M. Colbert , place' , depuis dix années, sur le siège de Luçon, s'y était fait connaître par les plus éminentes qualités , et un dévouement entier à son ministère. H finit son éloge par ce mot , enfin , Messieurs , vous avez un Evêque ; mot qui relevait beaucoup M. Colbert , mais un peu aux dépens de son prédécesseur. On attendit donc à Auxcrre , avec impatience , l'instant où Ton posséderait un Prélat dont on disait que les moindres mérites étaient une humilité sincère , et une charité inépuisable pour les pauvres.

VI. Le i«r octobre, assemblée générale ; MM. Edme Fermer et Pierre Goureau sont nommés Echevins.

VU. Exemple d'une correction municipale. Le 1 2 novembre, M. Daubanton, Echevin, faisant le logement des gens de guerre , envoya un sergent à Pierre Gendot. Ce dernier alla chez lui , le lendemain , lui en faire des reproches , avec des menaces, des blasphèmes et des injures ; le traitant de J5... d Echevin , B... de Jripon, mineur de ville. Tel fut le rapport qu'en fit M. Daubanton au Corps municipal , qui , le dimanche 1 5 , fit arrêter Gendot par le Sergent

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de la compagnie «le service. Amène de suite à l'Hôtel de ville, Gcndot avoua ses torts , et témoigna un repentir sincère. Néanmoins , il fat condamné è demander pardon, à genoux et tête nue, et à déclarer à M, Daubanton que c'était témérairement, malicieusement , indiscrètement, insolemment et contre la vérité, qu'il avait proféré les paroles rapportées par M. Daubanton. Il fut , en outre, condamné en cinq livres d'amende. 11 satisfit , sur-le-cbamp , à toutes ces condamnations.

Vifl. Cette années celle où M. Colbert, fatigué de stimuler inutilement les habitans à faire prospérer les manufactures établies en 1 664 , cessa de s'en occuper. Dix lettres de lut , conservées aux arebives attestent son zèle , mais aussi l'insouciance des Magistrats et des babitans sur cette branebe de prospérité. On voit dans ces lettres , adressées au Maire , que plusieurs étaient même restées sans réponse, et que les Dames détournaient les jeunes ouvrières d'aller travailler dans les manufactures , pour les employer chez elles. Ces manufactures se soutinrent cependant encore quelques années. Celle des points de France existait même en 1686 ; le règlement des dépenses de cette année comprend 3oo livres pour le loyer des bâtimens ; mais depuis il n'en est plus

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