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Lie 27 janvier était le jour où la ville devait

recevoir un Evèquc qui y était aimé avant qu'on

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l'eût vu , et qui y fut ensuite chéri. Pour lui , ort ne se renferma pas dans le cérémonial accoutume. Six Chanoines allèrent au-devant de lui , jusqu'à Joigny. Le Corps municipal et toute la Bourgeoisie en armes , l'attendirent à la limite du territoire , où le Maire le complimenta. Ses armoiries , avec celles du Roi et du Duc d'Enguien , étaient sur la porte S.-Simon , et sur celle de l'Hôtel de ville. Elles étaient aussi , mais seules , sur la porte de l'Evêché. Ne voulant pas se faire porter par les Barons , on le conduisit à son Palais. Au moment où il y entra , tous les canons qui , places sur la plate-forme de la porte S.-Simon, avaient été tires aussitôt qu'on l'avait aperçu, ramenés sur la place S. -Etienne, furent tires une seconde fois. L'enthousiasme était gênerai; une fontaine de vin coula pendant plusieurs heures , et la journée se termina par des feux de joie. On peut facilement concevoir tout ce que gagnait le pays dans l'acquisition d'un Pontife qui , riche de son patrimoine , riche de la dotation considérable de son Evêché , mettait la représentation et la splendeur au rang des embarras de sa position , et ne connaissait de jouissances qu'à rechercher et soulager les infortunes ; qui , ayant toujours les bras ouverts pour les pauvres , disait à l'approche des grands : de necessitaiibus meis cripe me Domine. Tel M. Colbert était attendu à Auxerrc , tel il s'y est montré pendant son trop court épiscopat. Le lendemain de son arrivée , il fut intronisé par le clergé. Ayant reçu les visites de tous les Corps et des Notables , il les rendit avec empressement : toutefois, contre l'usage, il ne

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donna pas de festins , mais lorsqu'on sut que tout ce qu'il aurait dépense à cette occasion avait été distribué aux pauvres , l'éloge desarma la censure.

H. 26 mars , arrêt du Conseil sur l'opposition des habitans à celui obtenu, en 1669, parles Conseillers sur le (ait des tailles , qui révoque cet arrêt , réduisant la compétence de ces Conseillers à la connaissance des plaintes sur les taxes , et des instances entre les contribuables.

DL 22 avril, publication et affiche de la déclaration de guerre à la Hollande. Cette guerre qui finit par embraser les deux tiers de l'Europe, pendant six années, et qui valut à la France la Franche-Comté, eut, dit-on, pour un des motifs déterminans une médaille sur laquelle Louis XIV, sous l'emblème du soleil, était arrêté par la Hollande représentée par Josué.

IV. Le 3o , la civilisation fait un grand pas. Affiche et publication d'un arrêt du Conseil d'Etat , qui ordonne l'élargissement de tous les accuses de magie et de sorcellerie , s'ils ne sont pas prévenus d'autres déKts^ \..

V. Un des premiers soins du nouvel Evêquc fut de réaliser le projet de son prédécesseur, en établissant un Séminaire , comme l'avait prescrit le Concile de Trente. Provisoirement il l'établit dans son palais , fit les frais de l'ameublement , et le 5 mai , publia un mandement pour y appeler tous ceux qui se disposaient à l'état ecclésiastique. V. 1673 , n. v. Sa grande pie'te' ne le détourna pas du soin de conserver les prérogatives de son siège. Depuis que

François de Dintevillc , en sa qualité d'Evôquc d'An xerre , avait , sous le règne d'Henri D , préside la Chambre du Cierge des Etats de Bourgogne , et quoique , sur la roue de ces Etats , l'Evcque d'Auxerrc fût inscrit au second rang de ceux de la province , aucun des successeurs de François de DintevilJc n'ayant paru aux Etats , leur droit paraissait frappé de prescription, là. Colbert mit d'autant plus d'empressement à le recouvrer, que, dans son admission aux Etats, où se faisait la répartition des impôts, il apercevait l'occasion de servir ses Diocésains. Aidé du pouvoir de son frère le Ministre ^ il ne lui fut pas difficile d'obtenir ce qui, sans injustice, ne pouvait pas lui être refusé , et le pays eut aux Etats un puissant et zélé protecteur.

Il ne tarda pas, en effet, à se convaincre que le Comté supportait dans les impôts de la province un contingent excessif, comparativement aux autres pays du ressort. S sollicita et obtint des Elus généraux l'envoi d'un Commissaire, qui visita la contrée, et reconnut l'exactitude de ses plaintes. Sur son rapport, les Elus prononcèrent une décharge considérable des impôts dont les Auxerrois étaient accables. (Lcbeuf, t. i. , p. 722.)

VI. Le 28 mai , M. Bouchu , Intendant de la province, vint à Auxerrc prendre connaissance de deux affaires très-importantes, et présider l'assemblée générale dans laquelle elles devaient être examinées. Voici l'objet de la première. Le bail des octrois crées en 1666, pour éteindre les deUes de la ville , produisait annuellement 38, 100 livres, et déjà la moitié de ces

dettes était acquittée. Mais , par fois , le remède qui guérit un mal en occasionne un autre ; Auxerre l'éprouva dans cette circonstance. L'énormité du péage sur les vins passant dessus et dessous le pont diminua de beaucoup les passages de ces vins. Auparavant , c'était au port d'Auxerre qu'étaient amenés tous ceux

pour être embarques sur l'Yonne , conduits a Paris et dans la Normandie; c'est ce qui rendait jadis la mai Auxerrois nombreuse et florissante. Le droit sur chaque muid de vm, donna l'idée des nouvelles routes de Chablis et de Tonnerre pour atteindre l'Yonne au-dessous d'Auxerre, et Ton créa les ports de Bonnard et du Crot-aux-moines. Le

ce péage, prétendit que ces nouvelles voies de communication avec Paris lui enlevaient, au moins, 3,ooo muids, et demanda qu'elles fussent interdites , ou que son bail fût résilié. De l'avis de l'Intendant , adopté par les babitans , le Corps municipal et le fermier transigèrent. Le prix du bail fut réduit à 23,ioo livres par an, et afin d'obtenir tout oc qu'il devait produire pour solder la dette, o» ajouta deux années à sa durée. V. 1679 , n» vu»

Le second motif du voyage de l'Intendant était une créance fort considérable que la ville avait à exercer sur les communes de Cravan , Coulange-la-Vineuse , Merry-Sec et Migé, provenant de charges imposées au Comté , dont la ville avait payé seule la totalité. Les Commissaires pour la vérification des dettes des communes , avaient été d'avis de réduire celte créance à

60,000 livres, et qu'attendu Total de misère dans lequel étaient tombés les habitans de ces petites villes, l'Etat se chargeât de leur dette envers celle d'Auxcrrc. Ils y avaient mis pour condition , que sur les 60,000 livres, 20,000 seulement seraient employées aux réparations des fortifications, et que les 4°t°oo livres le seraient à créer un Hôpital général, servant d'asile tant à des mendians valides , qu'à des orphelins indigens , et placé sous la direction de l'Evêque. On ne peut pas douter que ces conditions , qui excédaient les attributions des Commissaires , ne leur aient été dictées par le Ministre Golbert, à la sollicitation de son frère, TEvèquc d'Auxerre. Quoi qu'il en soit , la ville obtenant un établissement précieux, toutes les propositions des Commissaires furent adoptées par les habitans. Cet arrangement , ainsi que la transaction passée avec le sieur Cbaponel , furent homologués par deux arrêts du Conseil , l'un du 3o août , l'autre du 6 septembre , sur le rapport de M. Colbcrt.

VII. 14 juillet , grandes solennités religieuses dans l'Eglise du Collège, au sujet de la canonisation de S. François de Borgia , qui , Duc de Gandic , Vice- Roi de Catalogne, et l'un des grands officiers de l'Empereur Charles-Quint , avait échangé toutes ces illustrations pour l'habit et les devoirs d'un Moine , dans la compagnie de Jésus. Ces solennités furent ouvertes par une procession générale, à laquelle l'Evèque officia , et toutes les autorités assistèrent.

VIII. 28 juillet , ordonnance de M. Rougneaux , Conseiller à la Grand 'Chambre du Parlement , sur le référé auquel les scellés après le décès de M. de

Broc avaient donne lieu. Il est décide que ces scellés ont été apposes sans droit par M. le Lieutenant général, qu'ils seront levés, et qu'au même instant ils seront réapposcs par les Officiers du Chapitre.

IX. 28 août, depuis 34 ans, aucune maladie contagieuse nes'étant manifestée dans la ville, les Officiers municipaux louèrent les bâtimens de l'hôpital S.-Roch au sieur Nigot , fermier des coches deau et de terre.

X. 2 octobre, assemblée des habitans. M. André Billard , ancien Maire, est réélu. M. Nigot est nommé Gouverneur du fait commun; MM. Claude Marie, Conseiller , et François Deschamps , marchand , nouveaux Echcvins; M. Daulmay , Notaire , Procureursyndic.

XI. Le 16, jubilation générale dans la ville. Le Maire reçut, et fit publier aussitôt, un arrêt du Conseil d'Etat, du 3i août, qui déchargeait tous les représentai des anciens comptables de la révision de leurs comptes , révoquant , à cet égard , les dispositions de celui du 27 août 1666. M. Colbert, en lisant le procès- verbal dressé à l'Hôtel de ville , dans le mois d'octobre 1670, par les Commissaires chargés de cette révision , avait été frappé des grands moyens de considération , qu'avaient fait valoir les représentais des comptables , afin d'obtenir un délai de six mois pour faire la recherche des pièces qui leur manquaient ; mais , en homme d'Etat , il reconnut que ces moyens devaient conduire à une plus juste conséquence; qu'il fallait renoncer à la revision môme ; qu'il n'était pas possible de rectifier une comptabilité remontant à 63 ans , sans s'exposer à commettre des injustices, un

grand nombre de pièces justificatives ayant puse perdre. MM. Chrétien et Prévost , députes auprès de lui , avaient aussi représente' l'anxiété des familles qu'inquiétait cette opération , ci les innombrables procès qui en sortiraient , la plupart des intéresses ayant à exercer des recours en garantie contre ceux que la révision devait atteindre plus directement. Sa première réponse , en 1670 , avait été une autorisation aux Commissaires de suspendre leurs opérations jusqu'à de nouveaux ordres. Enfin , le 3o août , il avait fait lui-même au Conseil le rapport de cette affaire , et déterminé l'arrêt définitif qui rendit la paix à une grande partie de la population.

I. Le i5 janvier, M. Nigot, Gouverneur du fait commun , fut chargé d'aller à Dijon , recevoir les 7,000 livres destinées à l'encouragement des manufactures , et de les distribuer ensuite aux ouvriers , suivant qu'ils y auraient droit par leur aptitude au travail. Le 1 2 mars , il retourna à Dijon recevoir les 10,000 livres à compte sur la somme consacrée à la création de l'Hôpital-général. Ce riche et généreux négociant , voulant que ces sommes votées pour des pauvres leur parvinssent entières , fit la remise des frais de ces deux voyages. Les 1 0,000 livres pour l'Hopital-général furent remises à l'abbé Moreau , Doyen de la Cathédrale , et Grand-Vicaire de l'Evêquc t ce Prélat devant seul prendre les mesures convenables pour la création de l'établissement.

11. 11 parafi qu'à l'époque où le commerce étendit ses relations dans les Indes , et que le sucre , le riz ci autres productions étrangères commencèrent à être un objet de négoce , mais rare , ils furent regardes comme substances médicinales , dont le débit ne devait être confie qu'aux apothicaires ; que cette attribution exclusive s'étendait même à toutes les compositions dans lesquelles le sucre était môle : mais , depuis long temps» ces réglemens étaient tombes en désue'tude. Cependant , au mois de mars , les apothicaires Voulurent les remettre en vigueur , et traduisirent «levant le Bailliage tous ceux des autres marchands qui vendaient du riz , du sucre , des dragées , des amandes , des confitures et des pruneaux. Ce monopole , qui tendait à renchérir des choses utiles et agréables , dont l'usage était déjà très-répandu , souleva contre eux toute la ville , et le 1 6 mars , les Officiers municipaux se décidèrent à intervenir dans l'instance, « attendu que ce serait une servitude que les apothi- » caires introduiraient contre la liberté , le droit com- » mua , l'usage du pays et la possession immémoriale » en laquelle tous les marchands d'Auxcrrc sont in- » •différemment do vendre ces marchandises. »» Ils s'appuyaient aussi sur l'arrêt du 2 septembre 1 666 : leur intervention fut admise , et les apothicaires réduits à ne vendre que leurs drogues alors fort ameres.

IîL Au mois d'août , les administrateurs de l'Hôpital de la Madeleine curent à donner à la chambre établie pour la reformation générale des Hôpitaux , dont le Grand-Aumonicr était le Président, des détails sur cet Hospice , ainsi que sur la Léproserie , qui

y était unie depuis 1624. Ils firent attester par deux Notaires qu'il y avait à l'Hôpital dix-huit lits pour les hommes et seize pour les femmes , la plupart occupes par deux malades , neuf Religieuses , trois aspirantes , un chapelain , deux médecins , un chirurgien , un apothicaire, deux servantes et un valet; qu'il y avait en outre seize enfans trouves , mis en nourrice.

Quant à la Léproserie , comme il paraissait que , la supposant inutile, on voulait disposer des biens qui en dépendaient ; que cependant elle était encore habitée par des lépreux, et conséquemment indispensable ; les administrateurs firent procéder à une enquête devant le Lieutenant général , et obtinrent des attestations de M. Damy , Grand- Vicaire du Grand- Aumônier, et de M. Jodon , médecin. De tous ces documens , il résulta que , pendant les trente dernières années , il y avait toujours eu , au moins cinq à six hommes ou femmes affectés de lèpre , entretenus par r Hôtel-Dieu ; que M. Jodon les soignait comme médecin ; que M. Damy leur donnait les secours spirituels , et enterrait leurs morts dans la chapelle. Par suite de cette instruction , les choses restèrent dans l'état où elles étaient , et lorsque la lèpre disparut de la contrée , sur la fin du 1 7e siècle , le peu de biens attachés à la Léproserie continua d'appartenir à l'Hôtel-Dicu.

IV. ier octobre , assemblée des habitans pour l'élection des Echevins. M. Goureau , marchand , devant sortir de l'Echevinage , on lui donna pour successeur M. Roch Froment , Contrôleur des Greffes. Le lendemain , le Corps des marchands se réunit à l'Hôtel

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des Consuls , et voyant dans cette élection une infraction à l'arrêt du Conseil d'Etat de 1668 , qui voulait que deux des Echevins fussent toujours pris parmi les marchands , chargea M. Girard de former opposition h l'installation du sieur Froment , et M. Nigot , d'aller sur-le-champ à Paris , se pourvoir au Conseil en cassation de l'élection. Le 29 du même mois , en effet , un arrêt du Conseil annula l'acte d'assemblée du 1", ordonna qu'il fût procédé à une nouvelle élection , dans laquelle un marchand serait élu pour succéder au sieur Gourcau , à peine , par l'Officier du Bailliage qui présiderait l'assemblée , d'en répondre en son privé nom , et que l'arrêt de 1 668 serait lu à toutes les assemblées convoquées pour les élections , afin que personne n'en ignorât les dispositions , v. 1675 , n. 11. Quelques jours après , une nouvelle assemblée nomma Echcvin M. Pierre Trébuchet , marchand, alors Juge-Consul.

V. Le i3 juin , M. Colbert acheta de M. Baudesson et autres héritiers de M. Camus, ancien Grand- Bailli d'Àuxcrrc , une vaste maison , dans la rue du Champ , et y fit construire , à ses frais, les bâtimens et la chapelle de son Séminaire , tel qu'il existait en 1790.

I. Cest de cette année que date l'état d'infortune et de misère dans lequel tombèrent les habitans , et dont ils souffraient encore en 1 680 , ainsi qu'on le lit dans leur requête au Conseil du Roi , sur laquelle est

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intervenu l'arrêt dit 24 février de cette dernière année. L'intempérie des saisons n'en était pas la seule cause : durant cette fatale période , la plupart dos jeunes hommes étaient enlevés à l'agriculture , et entraînés à la guerre que le Roi soutenait seul contre la plus grande partie des puissances de l'Europe. Les mouvemens continuels des troupes achevaient la ruine de* pays qu'elles parcouraient , et l'Auxerrois fut , celle année , un de ceux qui curent le plus à en supporter , par le passage et le retour de l'armée victorieuse de la Franche-Comté. Aussi Louis XTV qui y passa au mois de juillet, revenant de faire celle conquête en personne , avait-il fait écrire , dès le 23 avril , aux Officiers municipaux , qu'il ne voulait ni harangues , ni aucun cérémonial pouvant donner Heu à la moindre dépense. 11 fut reçu au palais épiscopal par M. lEvêquc , et lui dit gracieusement : « il faut >» Lien , M. d'Auxerrc , venir vous voir, puisqu'on » ne vous voit point à la Cour. »

II. Jusqu'à cette année , la disposition de l'arrêt du 3o mars 1667, voulant que la collecte de la taille fût adjugée au rabais , sinon que quatre collecteurs , nommés dans une assemblée des habitans , fussent chargés de la faire et d'en répondre , n'avait pas été exécutée. Vainement avait-on voulu l'adjuger au rabais ; personne ne s'était présenté , et au lieu d'imposer une charge aussi effrayante à quatre habitans , on avait continué à faire lever la taille , comme auparavant , par trente-cinq collecteurs choisis dans les douze paroisses , et pour le ressort de chacune d'elles. Mais ce grand nombre de personnes appelées chaque

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année à faire la collecte , ramenait si souvent sur les mêmes celte charge fatigante et ruineuse , qu'on se décida à exécuter l'arrêt. V. 1 680 , n. 11.

111. M. FEvêque, satisfait de l'instruction que reccraient les jeunes filles des dames de la Providence , qui , dès i658 , s'étaient établies dans la ville , voulut donner à cette maison une existence régulière , et la faire autoriser par le Roi. Il se fit représenter leurs statuts, les approuva, et demanda lui-même des lettres patentes* V. 1678 , n. i.

1. Par des lettres patentes du mois de mars , le Roi approuve l'établissement de l'Hôpital général. Il en fixe la destination à recevoir et élever les orphelins des deux sexes, ainsi qu'à tenir enfermés et appliquer au travail les mendians valides. La direction en est attribuée à TEvcque, et dans les temps de son absence, à l'un de ses Grands-Vicaires. Le bureau administratif dont l'Evoque est Président , doit être composé du Lieutenant général du Bailliage, du Maire et de cinq personnes choisies par l'Evêque parmi les Avocats et les Bourgeois. Cet établissement, qui, comme on Ta vu, avait été créé en 1672 , fut, d abord , placé économiquement dans une maison peu étendue , près le pont , la ville ne pouvant alors compter, pour l'appropriation du local et sa dotation, que sur le fonds de 4o,ooo liv. accorde à ce sujet , par l'arrêt du Conseil du G septembre 1672; mais les largesses sans bornes de l'Evêque firent qu'on put acheter le grand local actuel , dans lequel était une chapelle , sous l'invocation de

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Nutrc-Damc-dc-I^orcltc t et y construire les principaux batimens qui le composent , l'Eglise seule étant beaucoup plus récente. Ce Prélat , tant qu'il vécut , fournit la maison de blé, de pois et de vin ; sachant néanmoins qu'elle n'avait été fondée que pour les orphelins et les mendians de la ville , il avait soin , s'il y faisait entrer des pauvres de la campagne , d'en faire très-exactement payer la pension.

II. 6 octobre, assemblée des habitans; M. Joachim Fernier, Lieutenant particulier du Bailliage, est nommé Maire. Dans cette même assemblée , on remarqna plus qu'on ne l'avait fait jusqu'alors , que , depuis l'arrêt du 1 7 septembre 1 668 , attribuant exclusivement au commerce trois des huit places dans le Corps municipal , le petit nombre des marchands capables de les remplir, faisait que les seuls qu'on pouvait y appeler s'y perpétuaient en quelque sorte ; on se détermina, en conséquence, à demander la rc vocation de cet arrêt au Conseil, « attendu qu'il n'y avait pas dans la » ville huit marchands considérables. » Cette révocation a été probablement obtenue , car , depuis ce moment , on ne voit plus que deux marchands parmi les Officiers municipaux.

III. 1 1 novembre , audience solennelle du Bailliage pour la réception de M. André de la Rivière , Grand Bailli remplaçant M. Charles de la Rivière.

1. L'état de dégradation qui , en 1 667 , avait fait déserter le Palais de Justice par les Magistrats , con-

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traints tic se réfugier à 1* hôtel de ville pour y tenir leurs audiences , subsistait encore. 11 était tellement ruineux , que , le 4 mars , sur la réquisition du Procureur du Roi , le Lieutenant particulier, M. Joachim Fermier , le fit visiter par quatre prudhommes. On voit dans leur rapport que , pour arriver aux salles , il y avait une montée de bois, en forme d'échelle, tout en ruine, en sorte quil y avait péril à y monter; que le couvert du vcstihulc était en si mauvais état , que les eaux pluviales passaient au travers ; qu'il en était de même du cabinet de la chambre du Conseil , qui menaçait de tomber sur les maisons delà Boucherie; enfin que la couverture en ardoise était également si délabrée que 70 toises devaient être refaites à neuf. La réparation de tous ces desastres fut estimée 3,35o livres par les prudhommes. Le Domaine étant alors chargé des grosses réparations des Palais de Justice, ce fut au sieur Rcgnard, Receveur de ce Domaine , que le procès-verbal fut notifié; et, peu de temps après , le Palais fut mis en bon état.

II. Le 5 septembre , M. Colhert , à la suite d'une visite diocésaine , succombant aux fatigues qu'il y avait éprouvées, mourut à Varzy, âgé seulement de 48 ans, La cinquième année de son épiscopat n'éla't pas accomplie , et déjà il avait procuré à son Diocèse un grand Séminaire ; à la ville une diminution trèsimportante sur la taille , ainsi qu'un Hôpital , refuge des orphelins et des mendians. Par son testament , eut les deux tiers du prix de sa vaisselle ; l'autre tiers fut pour l'Hôlel-Dicu.

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Le il, son corps , ainsi qu'il l'avait prescrit , fut apporte à Auxcrrc. Tout le Cierge de la ville alla processionncllemcnt au-devant du convoi. L'inhumation se fit dans le sanctuaire de la Cathédrale , et le même jour un Docteur de Paris , depuis quelque temps attache à M. Colhcrt , prononça son éloge funèbre.

Le 22, un second service solennel fut célèbre à la Cathédrale , en présence de tous les Corps et des Notables. Les vertus du défunt et les regrets du Diocèse y furent , de nouveau , le sujet d'un discours prononce par le Trésorier.

111. Dès le i5, le Maire avait été informe que M. André Colbcrt, parent et élève de l'Evcquc si généralement regretté , avait été nommé par le Roi pour lui succéder. 11 était né à Reims , en 1 647 , de Charles Colbert , Président du Bailliage de cette ville, et avait été reçu Docteur de Sorbonne, en 1669. L'Evcquc d'Auxcrre, pour l'avoir auprès de lui , lui avait donné un canonicat à la collégiale d'Appoigny , et l'avait fait Archiprètrc.

I. 5 janvier, depuis plusieurs jours , un froid excessif avait suspendu toute espèce de travail ; et privant la classe laborieuse de ses moyens d'existence, la mettait à la merci des Bourgeois. Ces derniers , à qui la rareté et la cherté des grains , ainsi que de tous les autres comestibles , imposaient déjà de grands sacrifices , n'en furent pas moins sensibles au cri des pauvres , et se prêtèrent a toutes les mesures prises par

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I Wwioisrration pour secourir le peuple clans sa nirscre. Après avoir règle ce service à l'égard des Bourgrois , les Officiers municipaux s'adressèrent au Chapitre de S.-Fàictme , administrant le Diocèse , à cause de la vacance du siège , et l'invitèrent à provoquer la bienveillance ordinaire du cierge, envers ceux qui dans Auxerre manquaient de pain , dont ils assurèrent que le nombre s élevait à 2,000. Le même jour , le Gjapitrc ayant convoque à l'Evèchc' les ecclésiastiques de la ville et des faubourgs , ils se soumirent , sans hésiter, à toutes les obligations contractées par les Bourgeois. Le froid extraordinaire , cause principale de cette calamité , dura 35 joors consécutifs.

11. 1 1 juillet, installation des nouveaux Magistrats de la ville , MM. Claude Billard , élu Maire pour la 4e fois ; Claude Chrétien , Chanoine , Gouverneur ecclésiastique ; Edmc Daubanton , marchand , Gouverneur civil; Joseph de la Chasse, Conseiller ; Laurent Thierriat, Receveur des décimes; Alexandre Thomas , Procureur , et François Ragot , marchand, Echcvins ; Pierre Leclerc , Procureur , Procureur-syndic.

Le 29, M. Billard, reprenant, après deux années d'intervalle , les fonctions de Maire , se plaignit hautement , lors de la réunion des nouveaux Officiers municipaux , des nombreuses injustices commises dans l'assiette de la taille. 11 leur fit remarquer que les prudhommes n'avaient pas craint de réduire leurs cotes , ainsi que celles de leurs parens ; que beaucoup de gens s'étaient fait passer pour insolvables , en mettant leurs biens sous des noms empruntés. Il en conclut qu'il était urgent de demander une assemblée

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des habitans , pour aviser aux moyens d'extirper c«* abus. Sa proposition fut adoptée.

Le 8 août , rassemblée eut lieu. Le Maire y renouvela ses plaintes contre la conduite des pmdhommes. Il fit observer que l'arrêt du 3i mars 1 667 , en portant à vingt le nombre des personnes à qui cette importante distribution était confiée , avait multiplie en proportion celui des parens et amis qu'ils pouvaient favoriser ; il se plaignit aussi de ce que les Conseillers du Bailliage , sur le fait des Aydes et tailles , se permettaient , au mépris de l'arrêt de 1 666 , de faire des abonnemens par lesquels la cote d'un taillablc ne pouvait pas être augmentée» tant qu'il ne serait pas prouvé que sa fortune s'était agrandie. Enfin , il proposa de demander au Roi 1* que quatre asséetirs seulement fussent chargés de répartir la taille ; qu'ils fussent nommés» chaque année» dans l'assemblée générale ; choisis dans les quatre principaux quartiers de la ville , et pris, le premier parmi les Officiers du Bailliage , le second parmi les Avocats ou Procureurs ; le troisième dans le Corps des marchands ; et le quatrième dans celui des artisans ; que ces asséeurs ne pussent , ainsi que leurs parens jusqu'au 4e degré , avoir une cote moindre que celle des deux années précédentes ; 4° cnml » «F'il fû* fait défense aux Conseillers . sur le fait des Aydes et tailles , d'admettre aucun abonnement. La décision de rassemblée sur tous les points fut conforme à son avis.

Le 1 8 septembre , il put en conférer avec M. Colbert , qu'il visita , ainsi que tout le Corps municipal , à Scignelay ; c'est effectivement sur le rapport de ce

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Ministre, que, le 25 du même mois, un arrêt du Conseil fit de ses quatre propositions une loi pour le pays.

h Au mois de janvier , des lettres patentes du Roi confirmèrent rétablissement de la maison de la Providence.

II. Tandis que les Officiers municipaux faisaient la guerre aux asséeurs et aux Conseillers , l'Intendant examinait leur propre conduite , et ne la trouvait pas sans reproche. Le 28 janvier 9 il leur adressa une ordonnance dans laquelle , après leur avoir rappelé' les seuls cas où il soit licite d'exempter un habitant du logement des gens de guerre , il leur reproche d'accabler les pauvres de cette charge , pour en exempter leurs parens et leurs amis t et même de ménager les riches par des considérations d'intérêts ; ajoutant qu'il sait que , pour cacher ces injustices , ils ne tiennent , à ce sujet , aucun registre ni contrôle. 11 ordonne que les logemens soient faits proportionnellement à la cote de taille de chaque habitant ; en sorte que celui qui ne paie que deux livres , ne loge qu'une fois , pendant que celui qui paie vingt livres logera dix fois. Il veut qu'il soit tenu de chaque logement , un contrôle exact , pour lui être représenté , quand il le demandera. Il déclare les Officiers municipaux responsables des dommages et intérêts des habitans surchargés , autorisant ceux-ci à les prendre à partie , et à les traduire devant lui. Enfin , il

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exige que son ordonnance soit publiée au prune dans les paroisses , affichée et publiée , à son de trompe , dans les rues et les carrefours ; ce qu'il fallut faire, (i)

III. Un autre abus , vingt fois réprimé et toujours renaissant , fut aussi l'objet d'une sévère censure de la part du Conseil d'Etat. Sous les prétextes les plus frivoles , les Officiers municipaux multipliaient les députations, et s'en gratifiaient successivement , pour aller, soit à Paris , soit ailleurs , et sans la permission de l'Intendant. Cette fois le Conseil , en renouvelant les défenses précédentes , ajouta que , lorsque ces députations seraient indispensables , elles seraient déférées à tout autre habitant que les membres du Corps municipal. Le Conseil , comme l'Intendant , exigea que son arrêt fût lu au prône des paroisses , publié et affiché dans la ville.

IV. 1 6 juin , M. Billard , Maire , est député , avec le Receveur de la ville , aux Etats convoques à Dijon pour le 25.

V. 4 juillet, assemblée des habitans ; MM. Charles Chapotin , Avocat , et Claude Daulmay , Procureur , sont les nouveaux Echevins.

VI. 3 septembre , réception de M. André Colbert, nouvel Evcquc. Les propriétaires des quatre Baronies de rEveché , charges de porter le Prélat de S.-Germain à S.-Etienne , ayant été prévenus par le Chapi-

^i) Cn r« jirutlics Je l*liileiiJji»l ne puiivarnU pa.« >'aJrrs>cr à M llilhnl , ni aux «rpt niîrr* OOir irr« «jui , n riaîrnl m pb, « .jue iK»l>ui»le m juillet. » •

tre , le fonde de pouvoir du Roi , comme Comte d'Auxerre , se présenta , ainsi que celui du Duc de Nevers , à cause de sa Baronic de S.-Vcrain , et celui de M. Gilbert , pour la Baronie de Seignclay. Mais Madame de Ventadour , Baronne de Toucy , crut pouvoir s'en dispenser. Les Officiers de l'Evêquc voulaient qu'il la poursuivît ; il fut plus prudent , ne se dissimulant pas que ces devoirs , dont jadis la dc'votion avait suggère' les premiers actes , commençaient à paraître ridicules. 11 regrettait même que , sans le consulter , Madame de Ventadour eut été invitée t sachant qu'elle avait fait de cette invitation le sujet d'une plaisanterie à la Cour ; et avait dit au Hoi avec une maligne ingénuité , qu'il était étonnant que M. d'Auxerrc voulût qu'elle le portât.

VII. i3 octobre , publication de la paix conclue avec la Hollande le 10 août , et avec l'Espagne le 17 septembre.

VIII. Dès le icr de ce mois, le bail des octrois crées en 1666, pour le paiement des dettes de la ville , était expiré, et leur perception avait cesse; néanmoins , les Officiers municipaux firent publier , le 24 , un arrêt du Conseil du 24 septembre , qui supprimait tous les octrois de la ville , à l'exception de celui de trois deniers sur la livre de pain blanc , dont le produit , avec les 4^ sols sur les entrées de Paris , devait suffire à acquitter les dépenses ordinaires et annuelles , fixées à 5,998 livres 4 sols.

IX. 6 novembre, affiche et publication d'une ordonnance du Hoi portant que S, M. est informée des abus fréquemment commis au sujet des étapes ; que les

3lf! CHAPITRE XIII ,

Maires et Echcvîns composent , parfois , avec les Officiers qui conduisent des troupes , et leur donnent des attestations mensongères , constatant plus d'hommes qu'il n'y en a ; que ces desordres venant probablement de la modicité des peines prononcées jusqu'alors, S. M. veut qu'à l'avenir les coupables soient , indépendamment des peines déjà établies , condamnés au bannissement , pendant dix années , hors du royaume.

1. Il était passé en usage, de temps immémorial , et les autorités supérieures le souffraient, que tous les membres du Corps municipal fussent exempts de logement de gens de guerre , et ne fussent cotisés à la taille que pour vingt sols ; usage qui avait son motif, ou son excuse , dans les sacrifices que semblait faire celui qui remplissait ces fonctions. Mais il arrivait souvent que les nouveaux Officiers se vengeaient des actes de leurs prédécesseurs , en les faisant surcharger de taille et de logement. On peut croire que M. Billard , qui s'était fait beaucoup d'ennemis par ses réformes , craignait d'éprouver ces vengeances , car sous sa présidence , le 1 3 avril , le Corps municipal arrêta que, pour mettre les Magistrats chargés de distribuer les logemens des gens de guerre , dans uue position telle qu'ils pussent le faire justement et sans redouter que, quand ils seraient hors de charge , on ne se vengeât d'eux , en leur envoyant à l'excès des gens de guerre , et les surchargeant de taille , à l'avenir ceux qui auraient exercé les charges de Maire ,

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Gouverneur , Ecbevin et Procureur-syndic , seraient , pendant leur vie , exempts de logement de gens de guerre, et cotises à la taille pour vingt sols seulement. On voit que la sévérité de M. Billard s'émoussait devant les abus dont il profitait.

IL 1 8 avril, assemblée synodale du Cierge du Diocèse , au Palais épiscopal , et pre'sidc'c par l'Evequc. On y arrêta les bases d'un règlement sur la conduite que devaient tenir les Cures , Dcsservans et Vicaires dans l'administration des sacremens. V. 1 695 , n. v.

III. 1 2 mai , publication de la paix conclue , le 5 février , avec l'Empereur et les Princes d'Allemagne.

IV. 6 juillet , les babitans réunis élisent M. François Descbamps , mareband , Gouverneur du fait commun , MM. Nicolas Bargedé , Conseiller et Jean Drinot, mareband, Ecbcvins , et M. Claude Merat, Procureur , Procureur-syndic.

V. 27 , MM. Billard , Maire , et Bargedé , Ecbevin , sont députes aux Etats convoques à Dijon , pour le 4 août. M. L'Evêquc , qui y fit partie de la Cbambre du Cierge , y fut nomme l'Elu gênerai de cet

VI. 28 août , passage de M. le Duc d'Enguicn , Etats. La milice bourgeoise étant sous

i , François Foureau tira son fusil qu'il croyait n'être charge qu'à poudre , et blessa Gilles Roblot , tonnelier. Il fut si sincèrement désolé de son imprudence , et indemnisa Roblot si généreusement , 4jw'il' ne fui puni que d'une très-modique amende.

iur Oiaponel , fermier des octrois pour

l'extinction de la dette , tomba en faillite , débiteur envers la ville de 26,000 livres. Landri et Lcgcndrc , ses cautions , prétendirent n'être pas tenus de ce reliquat , qui faisait partie des deux années durant lesquelles le bail avait été proroge , sans leur concours » par la transaction du 28 mai 1672. Lei Officiers municipaux les traduisirent devant l'Intendant , et conclurent à leur condamnation , en se fondant sur rc que cette transaction , loin d'avoir aggrave' le sort de Chaponcl , avait réduit ses obligations de 1 1 ,000 liv. sur chacune des six dernières années. L'Intendant, par ce motif, prononça, conformément à leur demande , le 24 novembre. Landri et Lcgcndrc en appelèrent au Conseil d'Etat. V. 1682 , n. 1.

I. Le parti pris en 1 674 , de faire lever les tailles par quatre collecteurs seulement , avait produit des effets imprévus et déplorables. Ces quatre individus, tout en négligeant les travaux de leur profession , ne pouvaient arriver dans chaque quartier, qu'après de longs intervalles ; quand ils y arrivaient , beaucoup de contribuables avaient ou vendu , ou cache' leurs meubles ; les insolvabilités réelles ou feintes se multipliaient ; il en résultait d'énormes rejets sur l'année suivante , qui grossissaient l'impôt. Le mal était arrivé à un tel excès, qu'une partie des habit ans quittaient la ville, et allaient s établir dans les villages ; en sorte que plus la charge à supporter s'accroissait , plus le nombre de ceux qui devaient l'acquitter diminuait. Ces détails aflligeans

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furent exposes par M. Bargede', Echcvin , dans une assemblée des habitans qui se tint le icr février. 11 proposa, en conséquence, que l'ancien mode de collecte fût rétabli ; que 35 collecteurs , choisis proportionnellement dans les douze paroisses , fussent chargés de recevoir la taille , et en fussent responsables , dans Fétenduc de leur paroisse seulement. Sa proposition ne fut contestée par personne , et le Maire , M. Billard , mit tant de diligence dans ses démarches auprès du Conseil , que , dès le 24 du même mois , un arrêt autorisa le retour à l'ancien mode.

II. Le 24 mai , le sieur Legras vint , dfe la part de M. Colbcrt , inspecter les manufactures. H fut accompagne dans cette visite par M. Deschamps , Gouverneur du fait commun. Son rapport constate qu'il y a trouvé peu d'ouvriers , peu de marchandises , mais beaucoup de pauvreté et d'indigence.

III. i3 juillet , assemblée des habhans. M. Joachim Fernicr, est nommé Maire, pour la secondé fois. Les nouveaux Echcvins sont MM. Gaspard Daulmay, Avocat , et Jean Thomas , Procureur. Il fut ensuite proposé , à l'exemple récemment donné par la capitale et plusieurs autres villes , de faire nettoyer périodique» nient le pavé des rues, qui disparaissait sous les boues. Mais comme cette proposition tendait à ajouter 800 livres aux charges annuelles , les artisans et les vignerons , redoutant, moins la boue qu'un surcroit d'impôt, et formant les trois quarts de l'assemblée , repoussèrent fortement toute augmentation des charges. Les autres classes reconnurent que ; dans cette circonstance , les faveurs du privilège devaient être

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pour les moins fortunes II fut donc arrête que celle charge serait l'objet d'un rôle spécial , sur lequel seraient portés tous les habit ans même privilégies , sans autre exception que celle des personnes ne payant pas plus de 10 livres de taille.

IV. 3o juillet, traité entre l'Eveque, M. Colbert , et la Congrégation de S. -Lazare , par lequel elle se charge de la direction du Séminaire , et l'Evêque assure le traitement du Supérieur et des Professeurs sur les décimes du Diocèse.

^ . Lors des vendanges , le sieur Nottin , fermier des Aydes de l'Election de Tonnerre , malgré les défaites de ses prédécesseurs en 1611, 1614 et 1621, voulut , comme eux , exiger des habitans le droit de gros sur les vendanges provenant des vignes qu'ils possédaient à Vaux , Vallan et autres villages dépendons de cette Ejection. Sur leur refus , de nombreux procès-verbaux furent rédigés , constatant la quantité acs venaan^e^ récoltées , et suivis oc citations devant les Elus de Tonnerre , pour en faire prononcer la confiscation. MM. Disson , Médecin , Chapotin , Avocat, et son frère, Officier du Koi , étaient à la tête des nombreux opposans , et furent soutenus dans leur refus par le Corps municipal , qui intervint dans l'instance. V. i68i,n. n.

L Au mois d'avril , les directeurs des manufactures établirent leur foulon dans le moulin de Preuilly. H. Le 12 août, sans considérer les innombrables

litres , traites et arrêts établissant la franchise des habitons à l'égard du droit de gros , sur toutes les vendanges par eux recueillies dans des vignes leur appartenant , même hors du Comté , les Elus de Tonnerre prononcèrent la confiscation de toutes celles saisies, et , en outre , d'énormes amendes contre les propriétaires. Ceux-ci , ainsi que les Officiers municipaux , interjetèrent appel à la Cour des Aydcs. V. 1682, n. 111.

III. 22 juin , assemblée générale. Nouveaux Echevins, MM. Germain Lcclcrc , Conseiller au Bailliage, ci Etienne Morcau , marchand. Nouveau Procureursyndic , M. Claude Préaudcau , Procureur.

IV. 7 septembre , seconde assemblée des habitans. Les Administrateurs de l'Hôpital gênerai , qui , avant que tous les bâtimens projetés fussent achevés , y avaient admis plus de mendians et d'orphelins que le local ne pouvait en contenir , demandèrent qu'on mît à leur disposition celui de l'Hôpital S.-Roch , dont le fermier des coches avait cesse' de se servir. On le leur abandonna , à la charge de l'entretenir en bon état , et de le rendre à sa destination , si de nouvelles maladies contagieuses venaient affliger le pays. Ces deux Hospices restèrent unis. V. 1686 , n. il , et 1787 , n. 111.

V. Le 5 novembre, les Administrateurs de l'Hôpital général reçurent les 9,000 livres restant des 4°i°o° destinées à la fondation de cet Hospice.

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