‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 39 sur 71 · II. 6 avril , encore une tentative d'un fermier des · texte numérisé non relu

II. 6 avril , encore une tentative d'un fermier des

Aydes , pour exercer sur les marchands de bois , de draps et d'animaux à pied fourchu , la perception du 20e du prix de leurs ventes. Celui-ci , Letcllier , avait obtenu sur requête deux arrêts du Conseil qui l'autorisaient dans son exaction ; mais l'opposition des marchands et du Corps municipal , justifiée par l'arrêt de 1671 , et la transaction de 1 683, fit révoquer ces arrêts.

III. Au mois de juin, les bâtimens de l'Hôpital général , commences en 1672, furent enfin arlievés. De concert avec les administrateurs et les Officiers municipaux , on orna la grande porte des armoiries de M. Nicolas Colbcrt , Evôque , qui, plus que per sonne , avait , par ses dons , fait prospérer cet établissement; et de celles de M. le Duc d'Enguien , alors Gouverneur de la province, dont les largesses y avaient également contribue. Néanmoins , sur le haut de cette porte , on plaça une insrription portant : Hôpital général fondé par la ville d Auxerrt.

IV. io juin , assemblée des habitans ; M. André Marie , Baron d'Avigneau , Lieutenant général du Bailliage, est nomme Maire. MM. Etienne Ligcr , Avocat , et Claude Mérat , Procureur , sont nommes Echevins.

V. 20 juillet, notification au Corps municipal d'une ordonnance de M. Bigolcy , Intendant , par laquelle sont déclares déchus du droit de réclamer leurs créances sur la ville , ceux des créanciers qui , nonobstant les

Dix-septième siècle. 333 avcrtissemens multipliés à eux donnes , en exécution de l'arrêt du 1er juillet 1684, n'ont pas fait les démarches nécessaires pour obtenir leur paiement; et fait défense aux Magistrats et aux Receveurs de les acquitter , sauf , en cas d'exemption légitime, le recours à l'Intendant.

VI. 1 5 septembre , Te Deum pour la naissance du second fils du Dauphin , le Duc de Berry.

VIL Malgré les arrêts de i6o3, 1 606 et les poursuites de 1607 , les habitans s'étaient maintenus dans la possession de chasser sur les territoires voisins , avec des bâtons , le jour de S. Hubert ; mais cette année , plusieurs chasseurs s'armèrent de fusils , et il en coûta la vie à l'un d'eux , par l'imprudence d'un de ses compagnons. Des plaintes en furent portées au Roi ; et par une ordonnance du 2 octobre , prenant en considération l'abus qu'ils avaient fait de leur droit > il en prononça l'abolition , leur fit défense de chasser , soit avec des bâtons , soit autrement , sur le territoire d'autrui , sans son consentement , à peine de 5 00 livres d'amende , enjoignant au Marquis de Scignelay (M. Colbert fils) , alors Capitaine des chasses du Comté , d'y tenir la main.

I. Réduire les exemptions de la taille à leurs moin* dres termes , était l'objet constant des études des asséeurs. L'un d'eux , M. Chacheré , Conseiller au Bailliage , conçut l'heureuse idée de soumettre au Procureur général de la Cour des Aydcs plusieurs questions sur les Officiers des maisons royales , les Ecclé-

334 cHAPithE xm >

siastiqucs et les Archers de là maréchaussée ; il en obtint , le 2 janvier, une réponse très-salutaire pour le pays. Suivant ce Magistrat , sur les 60 Officiers des maisons royales , exempts par leurs charges , les huit plus anciens seulement , eu égard à la population de la ville , pouvaient jouir de leur privilège ; les Ecclésiastiques , exempts pour les biens de leurs bénéfices , devaient être imposés pour ceux leur appartenant en propre ; enfin , chacun des 1 2 Archers n'avait droit qu'à une réduction de cinq livres sur la cote qu'il devait supporter. Les avis du Procureur général furent suivis pour la taille de l'année ; il en résulta une forte diminution sur les cotes des autres contribuables , et personne n'osa, d'abord , attaque* l'opération. V. 1689, n, 1.

II. 8 juin , le premier rôle de la taille négociale sur tous les domicilies sans exception , et montant , à cause des frais d'assiette et de collecte , à 4,768 livres 9 sols 1 denier , est mis en recouvrement.

III. 24, élection de M. Etienne Billctou, marchand , Gouverneur du fait commun , et de MM. Nizon , Conseiller, Edme Liger , marchand , Echcvins , et Edme Caillât , Procureur- syndic.

IV. Dans le cours du mois de décembre , le sieur Seguin , Inspecteur des manufactures de la province , se présenta chez les marchands , pour visiter les c'toffes tenues dans leurs boutiques et leurs magasins. Tous s'y opposèrent , en donnant pour motif que «on inspection ne pouvait avoir lieu que dans les fabriques , et non quand les étoffes étaient livrées au commerce. Séguin rédigea des procès- verbaux , et se pourvut au Conseil. V. l'année qui suit , n. 11.

Dix- septième siècle. 335

I. 6 mai , MM. Marie , Maire , et Nizon , Echcvin , sont députes aux Etats convoques à Dijon pour le i5.

II. Le 3 avril, sur le pourvoi du sieur Séguin, contre 1 opposition des marchands à l'examen de leurs marchandises, le Conseil ordonna i° que les étoffes fabriquées à Auxcrrc seraient visitées au sortir du foulon, par des Gardes-Jurés , que les marchands éliraient ; et par eux marquées , si elles avaient les qualités requises , sinon saisies ; qu'à cet effet, il serait établi un bureau pour le dépôt de ces étoffes ; qu'un second bureau serait également établi pour la visite des étoffes foraines ; 39 que les Inspecteurs auraient aussi le droit de visiter, quand ils le jugeraient convenable, les boutiques et les magasins des marchands , à peine par ceux-ci , en cas de refus , de 5oo livres d'amende.

Le 24 , en exécution de cet arrêt , les marchands furent assemblés devant le Maire , et choisirent entre eux pour Gardes-Jurés , MM. Disson et Jean Rémond. Le même jour , en présence du sieur Séguin , ils visitèrent les boutiques et les magasins des marchands, dont cinq furent trouvés en contravention. Ces derniers ayant été traduits devant les Officiers municipaux , à qui les régleroens attribuaient la juridiction sur cette partie de la police , ces Officiers se bornèrent à leur enjoindre de se conformer à l'avenir aux réglemens ; délaissant au Conseil à prononcer sur le passé. V. n. iv.

II. 3 juillet , nouveau Gouverneur du lait commun, M. Etienne Moreau , marchand ; nouveaux Echevins , MM. Thomas Marie , Avocat , et Gabriel Salomon , marchand,

III. Le i5 décembre, les prudhommes faisant l'assiette de la taille pour Tannée 1690 , furent intimides par les condamnations prononcées en faveur des Officiers commensaux contre les asséeurs des trois années précédentes , et se refusèrent à les imposer ; mais les Officiers municipaux, convaincus du succès qu'ils devaient obtenir sur leur appel , les forcèrent à continuer l'œuvre de leurs prédécesseurs, constituant la ville dans l'obligation de prendre leur fait et cause , s'ils étaient poursuivis, et de les indemniser s'ils étaient condamnés. Très-certainement la Cour des Aydcs fit bonne justice de cette intrigue. Je n'ai pas pu découvrir l'arrêt: mais la démarche faite par les Officiers commensaux auprès de l'Intendant , en 1690' , fait voir qu'ils étaient rentrés dans les rangs des taillablcs, dont ils s'efforçaient de sortir. V. 1 696 , n. 1.

I. Au mois de mai , les Cordcliers de la province s'assemblèrent , en Chapitre général , dans le couvent d'Auxerre. Aidés dans leurs dépenses par le Chapitre de S.-Etienne et par le Corps municipal , en témoignage de leur reconnaissance, ils invitèrent tous les Corps religieux et laïcs à une thèse que soutint solennellement un de leurs jeunes Docteurs.

Page 1