V. 7 août , installation de M. Germain Prévôt
Substitut du Procureur du Roi de la ville.
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VI. La récolte des gros grains fut presque nulle, mais celle des orges et des avoines fut très-abondaute. Les pluies de février et de mars qui avaient été la cause indirecte de la perte des blés, avaient , au contraire, parfaitement disposé la terre pour l'ensemencement des menus grains. Mais ce qui remplissait les cœurs d'effroi sur l'avenir , ce fut l'impossibilité dans laquelle se trouvèrent la plupart des laboureurs , de se procurer des semences , et presque toutes les terres cultivées pendant l'été , restèrent dans cet état jusqu'au printemps. On trouve des traces de cette déplorable prolongation des maux dans une délibération du Chapitre de S. -Etienne , du i janvier 1710. Ses revenus consistaient principalement en blés de fermages et de dixmes ; il ne put pas néanmoins en donner à ses fermiers : et convaincu que ( eux-ci n'avaient pas pu ensemencer leurs terres , parce qu'ils avaient
< onsommé pour vivre le peu de blé de leur recuite , .tinta qu'ils ne lui devraient pour le fermage de 1710
3c)2 CHAPITRE XIV ,
que le tiers «te cè qu'ils auraient semé au printemps t de quelque espèce de grain que ceint.
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1, Le 9 janvier , deux adininisUatcnrs de l'Hôtel- Dieu vinrent exposer au Corps municipal l'état depuis sèment dans-jeane! la misère du peuple avait fait tomber cet Hospice. D(*( malades, et des enfan* prives de leurs parens ou abandonnes par eux , s'y étaient réfugies en si grand nombre , que pouf les faire subsister , et ne pouvant pas en renvoyer un seul , sans le livrer à la mort , les administrateurs avaient consommé y indépendamment des rcvemis , une partie de deux capitaux; de rente dont ils avaient reçu le remboursement; et comme la calamité augmentait chaque jour, ils demandèrent, non-seulement que cet emploi fut approuvé * mais qu'ils fussent autorisés à disposer de ce qui restait des- 5, 5oo livres , montant de ces capitaux , pour faire vivre |a multitude qui encorna brait l'Hospice; et même à aliéner des autres biens jusqu'à concurrence de 12,000 livres , y compris ces 5,5oo livres. Le Corps municipal, dont tous les moyens suffisaient à peine à secourir le surplus de la population , n'hésita pas à Jour accorder tout ce qu'ils demandaient; tant étaient notoires et impérieuses les circonstances qui commandaient ce sacrifice* Pour en apprécier toute l'étendue , il faut considérer que le prix ordinaire du froment , avant et après cette calamité , était de 35 à 4<> sols , c'est-à-dire^ au tiers de son prix actuel ; d'où l'on doit conclure que ce qui
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«lors a été distrait de la dotation de 1* Hôtel-Dieu , vaudrait aujourd'hui 36,ooo livres. > » . >
Cependant des deux fléaux qui , l'hiver précèdent , avaient été si funestes , un seul , la disette , exerça encore ses rigueurs. Mais l'expérience acquise dans les maux passés , et l'avertissement trop certain que les autorites elles personnes aisées avaient eu, de bonne heure, de ce défaut de subsistances , avaient fait prendre des précautions , qui adoucirent ces rigueurs. La juste étendue des besoins était connue ; des approvisionnement proportionnés avaient été faits , avec d'autant plus de facilité que la Déclaration du Roi , du 27 avril , avait fait connaître tout ce qui restait de ressources à la France, On put aussi mettre plus
dente , par le Clergé et les Bourgeois ; mais on put se rendre un plus juste compte des facultés de chacun. Aussi n'eut-on à déplorer aucun des brigandages dont on avait eu à gémir ; et quoiqu'il y eut dans le royaume beaucoup moins de blé qu'en 1 709 , puisque la dernière récolte avait été presque nulle , le prix du froment baissa d'un onzième. A Paris , le setier descendit de 55 livres à 5o.
II. 27 avril , Te Deum pour la naissance du Duc d'Anjou , depuis Louis XV.
III. 24 juin, élection de M. Claude Martineau , Conseiller , Echevin.
IV. 24 octobre , affiche et publication d'une Décla ration du Roi , du i4 , qui établit la perception d'un
dixième1 sur le revenu de tous lés biens , rentes et autres droits annuels . pour être payé par leurs possesseur* , nobles et roturiers , privilégiés et non privilégiés , apanagistes et échangistes ; laquelle perception cessera trois mois après la péx. V. 1717 , n. k
-mi.
I. 6 mai , service funèbre à la Cathédrale , pour M. le Dauphin , mort le 14 avril , de la petite vérole, à l'âge de 5o ans. Son titre à la Cour était Monseigneur ; mais , en parlant de lui , on disait dans tout le royaume le Grand Dauphin. La douceur de son caractère , jointe à un esprit supérieur et à de vastes connaissances , lui avaient mérité ce second titre. Sa mort imprévue consterna le royaume. Les grandes
Qualités de son fils , le Duc de Bourgogne , âgé déjà c 3o ans , furent un motif de consolation, qui devait bientôt s'évanouir. V. 1 7 1 2 , n. 1.
II. *4 jum ♦ élection de MM. Edmc Petit , marchand , Gouverneur du fait commun ; Octave Seurat ,
Avocat , Jean Gramain , Procureur , et Pierre Du-
rand , marchand , Echcvins.
III. 11 octobre , le Corps municipal f les administrateurs de THotel-Dieu , et ceux de L'Hôpital général , se réunissent sous la présidence de M. l'fivéque, et dans son Palais , pour le règlement des comptes de ces deux Hospices : l'Abbé Morean , Doyen du Chapitre, etVun des administrateurs de l'Hôtel Dieu, veut y prendre place avant le Maire \ M. Baudeason,
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qui s'y refuse. De part et d'autre, on proteste , un verbalise. V. 171* , n. il
I. 7 avril , service funèbre , aux frais de la ville , à S.-Germam, poufc M. 1» Doc et M- la Ducbcasc dé Bourgogne , morts tous deux victimes de la rougeole , la Duchesse le 12 février, et le Duc six jours aprèsi En perdant le Duc de Bourgogne , toute la France , dit deLarrey, crut perdre en lui un Roi juste, tendre pour les pauvres, appliqué aux affairés et capable d'en approfondir les détails. 1
Il La prétention de l'Abbé Moréau de prend** le pas avant le Maire, donna l'idée d'examiner les Rapports qui devaient exister entre l'administration de l'Hôtel-Dieu et le Corps municipal. On reconnut que, depuis environ 20* ans , cette administration s'était émancipée de la tutelle qu'exerçait auparavant sur ses opérations celle de la ville ; que des bâtimens avaient été détruits , et d'antres construits ; que des emprunts avaient été faits r- de nouvelles Religieuses reçues , des dons et. legs acceptés , des Médecins , Chirurgiens, Notaires, Procureurs et Receveurs admis , sans le concours de l'autorité municipale. Un procès grave allait s'ensuivre , lorsque M. de Caylus mit tons ses soins à l'empécber. Les deux administrations ayant promis de sé soumettre au règlement qu'il feur donnerait , il ne lè fit pas attendre ; il décida que les administrateurs de V Hôtel-Dieu pourraient se dispenser du concours des Officiers municipaux pour les
Jy6 CHAPITRE XIV ,
démolitions , constructions de bâtimens , emprunts et acceptations de dons et legs , quand les valeurs de ces opérations seraient au-dessous de i ,000 liv. ; qu'il en serait de même pour la réception des Religieuses dont la dot serait supérieure à 1 ,800 livres ; que dans les cas où le concours serait nécessaire , le Corps municipal enverrait deux de ses membres à l'Hôtel-Dieu , délibérer avec les administrateurs ; que lorsqu'il s'agirait de nommer des Médecins ou autres Officiers de l'Hospice , le enoix en serait fait par les deux administrations réunies à l'Hôtel de ville , et présidées par le Maire. De part et d'autre , on se soumît à ce règlement.
III. 22 mai , installation de M. Germain Robinet de Ghicon , Commissaire aux Revues , en remplacement de son père.
IV. Nouvelle scène de l'Abbé Moreau. Le Maire , assistant à la séance de l'Hôtel-Dieu , prit , suivant l'usage , le fauteuil de la présidence. L'Abbé qui , jusque là , ne s'y était pas opposé , prétendît qu'il avait eu tort ; qu'en sa qualité de Doyen du Chapitre, il représentait l'Evêque , et devait présider. En même temps il tira le Maire par sa robe , pour le retirer du fauteuil , mais le Maire résista , et l'Abbé Moreau courroucé, s'éloigna, annonçant un procès-verbal. A la séance suivante , le Maire revînt avec les autres administrateurs , mais la porte du bureau se trouva fermée , et ils apprirent que l'Abbé Moreau , Tenu avant eux » avait emporté la clé. Os se rendirent à l'Evècbc , où M. de Caylus leur donna une salle pour délibérer , et parvint encore à assoupir cette misera-
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Me contestation ; d'autant plus facilement que cet Abbé, qui avait été' élu deux fois par le Chapitre, sans intervalle , ne pouvait plus l'être, suivant les anciens réglcmens , et devait être remplace pour le ier octobre.
V. 1 8 septembre , publication et affiche d'une suspension d'armes entre la France , l'Espagne et l'Angleterre.
VI. iM octobre , l'espoir des Officiers municipaux d'être débarrassés de l'Abbé Moreau ne se réalisa pas. Le Chapitre n'eut égard ni aux réglemcns , ni aux hostilités existantes , et continua cet Abbé dans les fonctions d'Administrateur. Envain le Corps municipal se pourvut devant le Bailliage , en nullité de cette élection; die y fut maintenue, par sentence du 10 novembre. Mais il y eut appel au Parlement. V. 1 7 1 3 , n. v.
I. Le S juin , les administrateurs de THôtel-Dieu furent autorises à faire démolir l'ancienne et grande chapelle de la Léproserie de Ste-Margucrite , à la condition d'en reconstruire une plus petite. Cette dernière a été vendue et détruite en 1791»
II. 19 t publication de k paix avec le Portugal , la Prusse ♦ la Savoie et les Provinces-unies.
III. Le même jour, arrivée d'Officiers allemands , pris au siège de Landau , et mis à la garde de la milice bourgeoise.
IV. 24 ♦ élection du Gouverneur du fait commun , M. André Potel , marchand , et de deux Echevins ,
.lytS CHAPITRE XIV ,
MM. Edtne-Jean Baudesson , Avocat , et Loois Lbonv me , Procureur. -t
V. Le Ier août , la cause eqtre la ville , le Chapitre et l'Abbé Moreau , sur l'appel de la sentence du Bailliage, fut portée à l'audience de la Grand'Chambrc du Parlement. Trois Avocats la plaidèrent pendant deux jours ; enfin intervint arrêt qui f en réformant la sentence du Bailliage , déclara qu'il y avait abus dans l'acte capitulaire par lequel l'Abbé Moréau avait été , pour la troisième fois et sans intervalle , nomme administrateur de THôtel-Diea , et condamna l'Abbé Moreau aux dépens.
VI. Au mois de septembre, la Bulle Unigemius , qui condamna cent une propositions extraites des Réflexions morales du JP, Quesnel , et qui devait lrientot être un sujet d'agitation dans Auxerre , autant et plus que dans toute autre ville de France , fut proclamée à Rome , adressée par le souverain Pontife au Roi , et par le Roi aux Evequcs. Celui d' Auxerre étant alors à Paris, fut invité a une réunion de Prélats eues l'Archevêque , M. de Noaîlles. 14 y fut du nombre des quarante qui acceptèrent la Bulle. Sa conduite postérieure ayant été tris-contraire à cette acceptation , \\ s*cn excuse dans ses écrits , en disant qu*il fut entraîné par la crainte de déplaire au Roi , et dans l'espoir que le Pape donnerait des explications qui conserveraient la saine doctrine et k paix de l'Eglise. Il s'empressa , en, effet , de donner à son Diocèse une instruction pastorale qui mitigeait les dispositions sévères de la Bulle. V. 1717 , n. m. '11
Ml. Dans cette année , un médecin en grande ré-
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putation , Ahdry , publia un traite sur les aliment du carême; dans lequel, ti a:, p. 3a i, il dit que le vin d' Au* erre est un des meilleurs vins de Bourgogne? et il le préposa seul avec celui de Beaime , à ceux qui voulaient prendre un Véritable soin de leur santé'. Son suffrage était d'autant moins suspect, qu'il était étranger au pays. Il était dè Lyon et habitait Paris.
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I. Le prix ècs grains qui, en 1713, s'était élevé au triple de son cours ordinaire , s'accrut encore jusqu'au quadruple , pendant l'hiver , et augmenta la misère du peuple. Encore épouvanté des maux de 1 709 , M. jde Caylus , pour les combattre , s'ils devaient reparaître , institua l'aumône générale. Une commission composée de plusièurs Chanoines , Curés, Conseillers et Officiers municipaux , fut chargée de prendre de* renseignemens exacts sur les besoins des
pauvres , surtout à l'égard de ceux oui souffraient en secret ; de fanre des quêtes pour en employer le produit , d'abord à soulager ces pauvres honteux de leur infortune , en ménageant leur délicatesse ; et 'distribuer aux autres le surplus. Ce précieux établissement à subsisté jusqu'à la révolution ; les quêtes se faisaient, chaque, année , quelques jours1 avant les quatre grandes fêtes.
II. 18 mat , publication dé la paix avec l'Empereur , et renvoi des prisonniers de la garnison de Landau.