‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 6 sur 71 · ADMINISTRATION DES PAROISSES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DES PAROISSES

Pour avoir une juste idée des mœurs et des habitudes de ce temps , il faut reconnaître l'importance

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qu'avait alors cette administration. Chaque paraisse formait , en quelque sorte , une communauté indépendante de la communauté' générale des habitans. Elle avait ses biens , ses administrateurs et ses assemblées générales. Elle avait à acquitter des charges parfois considérables. C'était elle qui entretenait le mobilier de l'église , faisait à la nef les réparations nécessaires; et quand il fallait la reconstruire , c'était à ses frais ; le Seigneur ne devant l'entretien et la reconstruction que du chœur et du sanctuaire. Cette nef n'était pas seulement le temple de la prière , elle était encore l'hôtel commun des paroissiens. Us s'y assemblaient pour délibérer sur leurs intérêts communs; pour y élire leurs Marguillicrs , les asséeurs et les collecteurs de la taille de la ville , répartie par des rôles particuliers sur chaque paroisse. Ds y élisaient aussi les Officiers de la milice bourgeoise , également organisée par paroisse. Celte communauté d'intérêts religieux et civils les réunissait nécessairement tous et fréquemment. Celui que la religion trouvait indifférent , ne l'était pas sur les charges qu'il avait à supporter , encore moins sur les marques de considération auxquelles , dans tous les temps , le commun des hommes aspire ; et c'en était alors une grande, que d'être Marguillier , ou Officier de la milice ! On peut donc dire qu'à cette époque , la paroisse était la patrie au premier degré.

La population se subdivisait encore en autant de corps ou Communautés qu'il y avait de professions , d'arts et de métiers ; Communautés qui avaient survécu à la suppression des Confréries , prononcée en 1 53g ; d'où vient encore ce lien moral entre les individus

d'une même profession, qu'ils rappellent eux-mêmes , en se traitant de confrères.

Le Clergé avait pour chef l'Evêque. Ce corps nombreux , riche et puissant, s'assemblait à l'Evèche', sous la présidence de l'Evêque, ou duDoyen de la cathédrale. Il supportait des contributions particulières , appelées décimes et dons gratuits , qui , souvent , égalaient la taille du Tiers-Etat ; et élisait , chaque année , une Commission de cinq membres , sous le nom de Chambre-ecclésiastique , qui , avec l'Evèque , en faisait l'assiette , et surveillait la recette. Ce corps envoyait des Députés aux Etats de la province , à l'assemblée provinciale de la métropole, ainsi qu'à l'assemblée générale du Clergé à Paris ; il était aussi représenté dans le Corps municipal par un Gouverneur du fait commun, pris dans son sein ; et dans le gouvernement de l'hospice des Grandes-Charités , par un administrateur de son choix.

La compagnie du Bailliage avait pour chef le Bailli ;

Celle de l'Election, son Lieutenant-civil;

L'ordre des Avocats , son Bâtonnier ;

La chambre des Notaires , un Syndic ,

Celle des Procureurs , également un Syndic ;

La Communauté des Chirurgiens, qui étaient en même temps Barbiers , avec enseigne et boutique ouverte , v. 1 627 , n. vii , avait un chef appelé Prévôt de la santé.

Les commerçons , dont les principaux étaient les apothicaires , orfèvres , épiciers, drapiers, merciers, grossiers, joailliers , voituriers par eau , marchands de

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marée, et couraliers de'vtns ; avaient , pour chaque espèce de négoce, une Communauté gouvernée par des Syndics.

U en était de même pour chacun des arts et métiers.

Ces Communautés de marchands , artisans et gens de métier, n'avaient aucune des prérogatives inquisitoriales des maîtrises et jurandes établies dans d'autres villes. Celle d'Auxerre mettait , au contraire, la liberté du commerce au rang de ses franchises. On la verra »\>pposer avec persévérance , et aussi long - temps qu'elle l'a pu , à l'admission du monopole , chaque fois qu'il a voulu y accaparer une branche de négoce ou il industrie V. 1 658 , n. m.

Knfin les marchands , indépendamment de leurs Communautés séparées , en formaient une générale, depuis l'érection de la juridiction consulaire , en i ~>(>i|. Ayant leur hôtel , qu'on appelait la place commune tles marchands , (i) ils s'y assemblaient souvent, y délibéraient sur leurs intérêts particuliers , parfois eu opposition avec ceux des autres habitans. Tous les an* , ils y élisaient un Juge*président et deux Consuls, qui pillaient serment entre les mains de ceux de l'an -

(i) Il riait situé entre Ici rue* d'Egléuy , des Noble» et celle

avait son entre'e. L'aequi-

«|.ptlr« depuis, des Consul*, parce qu'il y aeai •tlluii an a elrf faite , le a6 septembre i5fi5, de

ih.M'm , |.*r ei«.| marchands , au nom de toi», du sieur de la Porte.

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I.mm .01 de W> lie. équivalente à loooof. de la monnaie actuelle,

U,\ «M|MifU« par tous les marchands , suivant la répjriitiou faite par , f 4e«lr« , .lus dam l«ir asaemblce , a fbdltl de TiHe , le «5

DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. I l

née précédente (i) ; et dans le même hôtel jugeaient toutes les instances commerciales, non-seulement entre les marchands , pour leur négoce , mais entre les artisans et gens de métier , à raison de leur industrie , quoique ces derniers ne participassent jamais ni à ces fonctions judiciaires , ni même au choix de ceux qui les remplissaient. Aussi , les lettres pour l'établissement de cette juridiction dans Auxerre , n'avai en t- elles ete' enregistrées au Bailliage, que sur le vu du consentement donne par les Communautés d'arts et métiers, par procurations notariées.

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