IV. 24 juin , élection dw Gouverneur du fait corn
5l6 CHÀPITHÉ XIV ,
inun , M. Lazare Goudard , marchand , et de quatre Echevins, MM. Claude Billctou , Conseiller, Jacques Carouge d'Orgcl , marchand , Thomas Coullard r Avocat , et Laurent-Barthélémy Me'rat , Procureur.
V. 18 juillet , publication et affiche d'une Déclaration du Roi , du 1 3 , qui accorde aux Conseillers des Présidiaux et des Bailliages l'exemption de la taille.
VI. 20 , tous les Officiers municipaux , en robe et à cheval , escortés des soldats de ville et précédés de nombreux fifres et tambours , parcourent la ville et les faubourgs , pour y publier le traité de paix conclu entre la France , l'Angleterre et le Portugal.
VII. 6 octobre , MM. Baudesson , Maire , et Bi7letou , premier Echevin , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 2 1 novembre.
VI II. Le 9 , les habitans furent de nouveau réunis, pour nommer l'Elu général du Tiers-Etat , devant faire partie de l'administration supérieure de la province pendant trois ans. Ce brillant emploi , que 1* ville ne pouvait donner , comme on Ta vu en 1691 et 1 727 , qu'une fois en 36* ans , était fort envié ; mais toutes les ambitions cédèrent à la lecture d'une lettre du Prince de Condé , adressée aux habitans , par laquelle il les invitait à fixer leur choix sur le Maire , M. Baudesson ; l'assemblée se conforma au vœu du Prince.
IX. 10 novembre, lettres patentes qui confirment rétablissement du Collège. Leurs dispositions réglementaires étaient si ingénieusement conçues, que , sans Caire le procès à ceux qui le dirigeaient , elles les en expulsaient tous, à l'exception du Principal. Le degré de
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maîtrise ès-arts à l'université de Paris était déclaré indispensable pour y être admis à renseignement ; ce qui en excluait le professeur de rhétorique , et tous ceux des classes inférieures. Ceux de physique et de logique avaient le grade exigé, mais leurs chaires étaient supprimées , comme inutiles à Auxcrre ; il en était de même pour le Sous-principal , et par le même motif. Ces dispositions avaient si évidemment pour but de briser le concordat qui avait contrarié les vues de M. de Cice' , qu'on ne douta pas qu'elles ne fussent dues qn'à sa faveur auprès du Ministre. Mais une dernière clause renvoyait l'exécution de ces lettres au icr octobre 1764 » ce qui donnait le temps d'aviser aux moyens de s'y soustraire. V. 1 764 » n* ,v-
X. Affiche et publication d'une Déclaration du Roi du 21 novembre , qui supprime le troisième vingtième. V. 1782.
1. Le 19 février , le Maire reçoit de M. de Lavcrdy , Contrôleur général , une lettre du 1 6 , dans laquelle il déclare qu'il est informé qu'à Auxerre , l'assiette de la taille se fait très-injustement; il recommande au Maire de surveiller celle qui va être faite pour l'année , de lui en rendre compte , et de prévenir les Asséeurs que, s'il s'aperçoit de nouvelles injustices , il enverra , à leurs frais , des Commissaires pour recommencer la répartition. Il paraît que cette lettre sévère produisit son effet , il n'y eut pas de réclamations.
H. Dès le printemps , des travaux considérables furent commences par ordre des Elus généraux , sur la
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roule de Paris , depuis la porte S.- Simon jusqu'au pont de pierre. La route qui décrivait , à gauche de sa ligne actuelle , une courbe fort considérable , (dont témoigne encore l'allignement de l'Eglise de l'Hôpital général) , reçut sa nouvelle direction. La pente des deux montagnes fut infiniment adoucie , en descendant les terres de leurs cimes dans les vallées , et les y amoncelant en forme de chaussée. On construisit aussi un quai sur le port St-Nicolas. Tous ces ouvrages , mis en adjudication , furent exécutés par les sieurs Machureau et Brune t. Le contingent de la ville dans cette dépense fut de 8,910 livres , et fut fourni par une addition au marc la livre , sur les cotes de taille des corvéables , conformément à une délibération des babitans , pour éviter la corvée en nature. V. 1 767 , n. vi.
III. Le 10 août , le bureau du Collège, dans lequel M. de Cicé n'avait pas encore la majorité, s'assembla en apparence pour satisfaire aux dispositions des lettres patentes du 10 novembre , et en réalité pour les éluder; ce qu'on fit avec une adresse remarquable. Les lettres supprimaient le Sous-principal par économie ; le Principal déclara qu'il le conserverait à ses frais. Les traitemens des professeurs de physique et de logique étaient répartis sur les cinq autres professeurs; ceux-ci déclarèrent renoncer a cette améliora tion de leur sort , pour conserver à la ville les deux classes dont elle serait privée. À l'égard de la disposition qui exigeait que tous les professeurs fussent gradués dans l'université de Paris , on supposa qu'elle ne statuait que pour l'avenir , et ne s'appliquait pas aux professeurs en place ; on déclara donc qu'on s'y
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conformerait lorsque dos chaires viendraient à vaquer. Par là , toutes les espérances de M. l'Ëvôquc étaient fort adroitement trompées. Mais il était si manifeste que cette exécution des lettres patentes n'était qu'une résistance étudiée , que M. de Cicé la fit facilement improuver par le Ministre. Dix jours après, une Déclaration du Roi annula la délibération du bureau , et ordonna que , dans la huitaine de son enregistrement au Parlement , il serait procédé au remplacement de tous les professeurs qui n'étaient pas gradués à l'université de Paris.
Si M. de Gicé avait l'oreille du Ministre , les administrateurs du Collège avaient de puissans protecteurs dans le Parlement. Prévoyant le coup d'autorité dont le Ministre pourrait user , ils n'avaient pas craint de lui résister , même à l'égard de ce redoutable pouwir , en priant le Parlement de se mettre en garde contre tout ce que le Ministre pourrait faire à ce sujet ; et leur démarche eut un plein succès. Lorsque la Déclaration du 10 août fut présentée au Parlement pour l'enregistrer , il reconnut que son unique objet était ^'éloigner du Collège tous ceux qui déplaisaient à i'Ë vêque , et députa au Roi le premier-Président , M. de Maupeou , pour lui faire des remontrances à ce sujet. H parait que les précautions de M. de Cicé n'avaient pas pu aller plus haut que le cabinet du Ministre ; car le Roi répondit que les observations du bureau étaient justes , et qu'il voulait que les maîtres es-arts de l'uui- Tersité de Paris ne fussent nécessaires dans le Collège d'Aoxerre, que lorsqu'il s'agirait de nommer aux chaires devenues vacantes. En conséquence , la Déclaration du
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io août ne fui enregistrée qu'avec cette modification: en exprimant , dans l'arrêt du 4 septembre , qu'elle était conforme à la volonté du Roi.
Ce succès n'empêcha pas l'Abbé Magne de donner sa démission , en la motivant sur les difficultés et les tracasseries qu'il avait éprouvées depuis qu'il était Principal. Elle fut acceptée le i5 septembre, par le bureau , avec mention des regrets et de la reconaiss a fi ce de l'administration pour fout le bien qu'il avait fait au Collège par ses soins et son zèle. Dans la même séance , le bureau le remplaça par l'Abbé Lcroi , Chanoine. 11 est dit dans ces deux délibérations que le bureau , compose de sept membres , ne les a prises qu a la majorité des deux tiers des voix. Ainsi , M. de Cicé y avait déjà quelques personnes votant dans son sens. V. 1772 , n. vu.
IV. 3 décembre , assemblée publique de la Société îles sciences , en présence de M. de Cicé. Après la lecture de divers mémoires , M. de S.-Georges prononça l'éloge de l'Abbé Dulérains , que la mort venait d'enlever à cette Société.
V. La garde des héritages se faisait , depuis quelques années , au moyen d'un impôt spécial , auquel tout propriétaire , quelle que fût sa qualité , était cotisé dans la proportion dé ses propriétés. M. Camelin . Procureur du Roi du Bailliage , en ce qui concernait les aydes et les tailles , crut que l'exemption de tailles dont il jouissait , devait s'étendre jusqu'à cet impôt , et comme les Officiers municipaux n'eurent aucun égard à sa singulière prétention , il en écrivit au Contrôleur général ; accusant ces Officiers de commettre ,
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à ce sujet , toutes sortes de vexations , très-prejudiciabUs au recouvrement des deniers royaux , qui Joui craindre les suites les plus fâcheuses. Copie de cette lettre ayant été envoyée par le Ministre au Subdélégué de l'Intendant , pour être communiquée aux Officiers municipaux , ceux ci , te 3o décembre , répondirent par un mémoire dans lequel ils expliquèrent leur conduite , et accusèrent M • Camelin de calomnie , en priant le Ministre de faire déposer la lettre au greffe du Parlement , pour qu'ils pussent se pourvoir en réparation. V. 1 765 , n. îv.
I. 29 janvier , arrêt du Parlement qui envoyé le Collège en possession définitive de tous les biens et droits détaillés au mémoire et à la délibération du 2 1 décembre 1 761 , ainsi que de la bibliothèque et de tous les effets mobiliers trouvés lors de la sortie des Jésuites ; à la charge tle faire état aux créanciers de leur Société de 6,000 livres : faisant réserve à la Grand* - Chambre de statuer sur les droits de ces créanciers , ainsi que sur l'effet des fondations faites au Collège en 1 7 19 et 1 7 23 , pour des missions.
II. i3 février , décès de M. Marie d'Avigneau , Lieutenant général , et Grand -Bailli.
III. 14 mars , les Officiers municipaux furent informés par l'Intendant qu'une seconde lettre de M. Camelin avait été , le 26 décembre , adressée au Ministre , et qu'elle contenait contre eux des imputations tellement graves , que le Ministre en avait référé au
5vl2 chapitre xrv ,
Parlement. L'Intendant ajoutait qu'ils se devaient à eux-mêmes , s'ils n'avaient rien à se reprocher , de le poursuivre personnellement. Us le traduisirent , en effet , au Bailliage criminel , demandant réparation de ses calomnies. Il fut d'abord frappé d'un décret d'ajournement personnel , par l'effet duquel il se trouva suspendu de ses fonctions. Mais probablement les Officiers municipaux , dans les mémoires par eux fournis au Ministre , avaient exagère' les faits et employé des expressions injurieuses , car le a mai , le Bailliage mit les parties hors de cause t compensa les dépens , et renvoya M. Camelin dans ses fonctions. Le lendemain , les deux parties appelèrent de cette sentence. J'ignore le résultat de l'appel ; je présume môme que , de part et d'autre , on l'abandonna. V. 1 766 , n. v.
IV. 24 mai , arrêt du Conseil d Etat qui , par suite de l'exemption de taille accordée aux Officiers du Bailliage, par la Déclaration du Roi du i3 août 1763, ordonne qu'ils cesseront de coopérer à l'assiette de cet impôt , ainsi qu'ils avaient continué de le faire pour 1 764 ; et que cette répartition , a l'avenir , sera faite par un Avocat , un Notaire , un Procureur , un marchand , un artisan et un vigneron.
V. 3i , Edit qui établit une nouvelle organisation municipale. Il enlève au peuple l'élection directe de ses Magistrats , et réduit son droit à élire quatorze Notables, à qui est dévolue l'élection de quatre Echevins , et de six Conseillers de ville , lesquels avec un Maire nommé par le Roi , sur trois candidats présentés par les Notables , doivent composer l'administration municipale. Ces Notables sont encore investis f
conjointement avec les Echevins et les Conseillers de ville , du droit de représenter les habitons dans tous les cas où leur autorisation était nécessaire , .comme pour imposer de nouvelles charges à la Communauté' , aliéner , plaider , etc.
Jusqu'alors, le parti Latin (i), forme par M. de Caylus , et conservant encore une grande majorité dans le Corps municipal , ainsi que dans le Bailliage , avait été tout-puissant dans la ville , malgré les efforts de M. de Condorcet , de M. de Gcc , et de leurs partisans. Cependant ceux-ci , dont le nombre augmentait chaque jour , crurent entrevoir dans les dispositions de l'Edit la possibilité de débusquer enfin de l'Hôtel de ville ce parti , qui s'y perpétuait , comme dans un poste patrimonial. Q suffisait , pour cela , d'avoir plus de la moitié des quatorze Notables , puisque c'était par eux que tous les autres Officiers étaient nommés. Maïs la même réflexion avait frappé les La • tins » et cet Edit fut dans les deux partis un coup de tambour qui appelait au combat. On courut aux armes ; c'est-à-dire que la ville fut inondée de chansons et de pamphlets , de médisances et de calomnies > d'où sont
(i) Pour etposer avec clarté les graves érénemens dont J'ai a parler, je sois obligé de désigner ces partis par les dénominations qu'ils se donnèrent. Tant crue les dispute* n'avaient agité nue le Clergé, il n'y avait eu que des Jansénistes et des Muimistes ; mais depuis que le Bol avait voulu comprimer ces mouvemens, ils avaient pris une couleur politique , par l'opposition que le Prince avait éprouvée de la part des Parlement Alors tous les nommes un peu instruits s'étaient rangés sous une des deux bannières; cl particulièrement à Auxerre, onapptiail Latins 1rs partisans de> Parlemens, et Gras cénxduHoi.
524 CH1PITBE XIV,
nées dans les familles des haines personnelles , qui , à la révolution de 1789 , n'étaient pas encore éteintes.
Le 24 juin , rassemblée générale des habitans se forma sous la présidence de M. Jean-Baptiste-Thomas Boucher de la Rupelle , Lieutenant général. Ton* tes les forces étaient réunies ; la lutte fut longue , mais les espérances des Grecs s'évanouirent , les Latins l'emportèrent. Auxerre eut pour Notables MM. Etienne Housset , Chanoine ; Claude Lallement , Curé ; Leblanc , Procureur du Roi des eaux et forêts ; Ducrot , Avocat ; Millot , Médecin ; Faultrier , Bourgeois ; Dufaur , Noble ; Garnier , Notaire ; Sautereau , Marchand ; Chardon-Evrat , Marchand ; Robinet de Pontagny , Conseiller; Lcsseré , Chirurgien ; Sanglé , pâtissier ; Robeau , menuisier.
Ces Notables se réunirent le 1" juillet , et nommèrent les quatre Echevins , qui furent MM. Etienne Despâtvs de Chazcuil, Conseiller; Etienne-Edmc Busstère , Avocat ; Claude Leclcrc , Procureur ; et Etienne Moreau , commissionnaire de vins. On s'empressa de les installer le même jour. Le lendemain , ils commencèrent l'élection des 6 Conseillers de ville ; elle ne fut achevée que le 7 , et sur-le-champ furent installés en cette qualité , MM. Seurat , Conseiller ; Coullard, Avocat; Chardon, Notaire; Nizon , Bourgeois ; Louis Desœuvres , Procureur ; et Mérat , Apothicaire. Ils nommèrent encore M. Deschamps , Receveur, et M. Faultrier -Brinville , Secrétaire-Greffier.
Probablement , dans ce coup d'essai , il s'était glissé de graves irrégularités ; car les Grecs désappointés , mais non découragés, se pourvurent au Parlement,
DlX-HtlTltMK SIÈCLE. J25
qui , malgré la faveur avec laquelle il accueillait habituellement les prétentions des Latins , annula toutes les élections , et ordonna , par deux arrêts des 2 1 août et 27 septembre , qu'elles seraient recommencées. Il fallut donc qu après trois mois d'administration , tous ces Elus quittassent l'Hôtel de ville , où revinrent les anciens Magistrats.
Le 1 6 octobre, l'assemblée des habitans se reforma ; îl y eut les mêmes eiforts et le même résultat ; la victoire se rangea encore du côté des Latins : le succès fut même plus complet » car quelques noms de la première élection , qui disparurent dans la seconde , se retrouveront dans celle que , plus tard , le parti Grec fournira à son tour. Dans cette seconde élection , il n'y eut de conservé de la première que MM. Housset , Chanoine ; Robinet de Pontagny , Conseiller ; Leblanc , Procureur du Roi des eaux et forets ; Millot , Médecin; Chardon -Evrat , Marchand; et Lesseré Vafné , Chirurgien Les huit autres furent remplaces par MM. Chauchet , Prieur de S.-Amatre ; Ronde , Chevalier d'honneur au Bailliage; Pasqucau, Avocat ; Daubenton , Officier commensal ; Mérat , Procureur ; Martin , tailleur , et Dcmeaux , cordonnier. Le lendemain ces Notables se réunirent , et donnèrent à la ville absolument les mêmes Echevins et les mêmes Conseillers que les premiers. La nouvelle administration reprit donc le pouvoir municipal , non sans crainte de le perdre encore une fois ; car il y eut sur-le champ pourvoi en nullité par des Chanoines , des Bourgeois et des Marchands, au nombre de neuf. Les Elus, cette fois , dans la crainte d'une seconde chute , dépu-
tèreut , aux frai* de la Tille , l' Avocat Guenot à Paris, pour veiller à leurs intérêts. V. i -66 , n. u et v.
VI. Au mois de novembre, les habitons partagèrent avec la France entière la désolation qu'y répandit la nouvelle du danger imminent dans lequel était la vie de M. le Dauphin. Ce prince , âgé seulement de 36 ans , était généralement chéri. Les historiens s'aecordent à rapporter qu'à tous les genres de savoir , il joignait toutes les vertus , et qu'on ne lut connaissait aucun défaut. On peut juger des sentimens des Auxerrois à son égard , par l'abondance des prières qui furent faites spontanément. Le 29 , on les commença à la Cathédrale pendant une neuvaine. Elles furent ensuite continuées dans la même Eglise , pendant le même temps , sur la demande des Officiers du Bailliage. Le 1 1 décembre , le Corps municipal fit commencer une troisième neuvaine dans l'Eglise des Cordeliers ; enfin , le Corps des marchands en obtint , le 14 , un* quatrième dans l'Eglise des Petits-Pères. Ces prières ne furent pas exaucées ; le Dauphin exp'ra le 20 du même mois.
i. i5 janvier , service funèbre pour M. le DaupJim dans la Cathédrale. M. de Cicc y avait invité tous les Corps. Le 21 , semblable service à S.- Germain sur Vmvitation du Corps municipal.
H. Les démarches et les sollicitations de M. Gtienot pour les Magistrats élus le 1 6 octobre , furent vaines ; il eut la douleur d'entendre prononcer l'arrêt
DIX- HUITIÈME SIECLE. ^l'J
du 29 janvier , qui annula tontes les nominations , et condamna ceux qui en avaient soutenu la validité personnellement aux dépens , sans répétition, 11 fallut encore rendre la place aux anciens Officiers. Le 27 février , nouvelle assemblée générale ; mais , cette fois , les Latins furent défaits et les Grecs vainqueurs. De ces quatorze Notables éphémères élus le 1 6 octobre , il n'en resta pas un. Tous furent pris dans le parti Grec ; savoir : MM. Daymard , Grand- Vicaire de VEveque ; Colombct , Chanoine ; Dufaur , Noble ; Godot , Conseiller ; Raffin , Assesseur ; Ducrot , Avocat ; Housset , Médecin ; Faultrier , Bourgeois ; Garnier , Notaire ; Sautereau , Marchand ; Viot , Commissionnaire de vins ; Lcsseré , Chirurgien ; Nombret , pâtissier , et Roheau , menuisier.
Ces nouveaux Notables se réunirent le lendemain, et fidèles à leur origine , ils ne rappelèrent pas un seul des Ecbcvîns ni des Conseillers qui venaient de se retirer. Les quatre Echevins furent MM. Raffm , Conseiller ; Marie de S. Georges , Avocat ; Paradis , Marchand , et Gaboré , Procureur. Pour Conseillers de ville , ils nommèrent MM. Ducrot , Procureur ; Potheratde Pressurot , Conseiller ; Leclerc deChampmartia » Officier commensal ; Duplcssîs , Notaire; BUletou de Guilbaudon , Lieutenant des eaux et forêts ; Henri , Chirurgien. Pour Syndic-Receveur , ils firent choix de M. Bézanger. Le Secrétaire-Greffier , M. Faulteier-Brinville , fut le seul qu ils conservèrent. On, mit tant de soins , dans ces élections , à éviter les vices qui avaient mit annuler les premières , que cellesci. ne furent pas môme attaquées ; et de ce moment
5«5 CHAPITRE Xit ,
M. de Cicé , fort d'an nombreux Corps municipal compose dans son sens , commença à avoir dans b ville toute l'influence à laquelle il aspirait.
Le 24 juin , les Notables s'assemblèrent à l'effet de nommer deux députes aux Etats de la province , convoques à Dijon pour le 1 4 juillet. M. Baudcsson , qui appartenait au parti Latin , et s'abstenait de ses fonctions depuis la conquête de l'Hôtel de ville par le parti contraire , reclama le droit consacre' en sa faveur par une longue possession , d'être un de ces députes. On n'osa pas encore lut contester son titre de Maire , et il fut député avec M. Raffin , premier Ecbcvin. V. n. iv.
III. i4 juillet , assemblée générale des Officiers de ville. Un mémoire fort étendu leur fut présenté sur un projet alors annoncé , de faire passer par Gravai» une route devant servir de communication entre l'Orléanais et la Bourgogne. Suivant ce mémoire , en b faisant passer par Auxerre , il y aurait eu une économie de 436,ooo livres; il fut accueilli par les Notables , qui l'adressèrent aux Elus généraux ; mais ces Magistrats en jugèrent autrement , et la route s ouvrit par Cravan.
IV. Le 3o juillet , de nouvelles réflexions portèrent le Corps municipal à penser que l'Edit de 1 76S , qui attribuait aux Notables l'élection de trois candidats . pour l'un d'eux tire investi paT le Roi du titre et des fonctions de Maire t faisait cesser le titre que M. Baudesson ne tenait que des Elus généraux de la province ; et qu'il fallait profiter de son absence , et le remplacer. Fin conséquence , les Notables, sans avoir égard aux représentations de M. Grasset , Procureur
Dix-huitième siècle. 5^9 du Hoi , nommèrent MM. Ilaflin , Marie de S. Georges et Billetou. M. Baudesson , instruit de celte élection , y forma opposition. M. de Lavcrdy , Contrôleur gênerai , consulté par les Echevins sur cette opposition , leur repondit , le 3 septembre , que M. Baudesson n'y c'tait pas fonde ; et que, s'il ne s'en désistait pas, ils devaient le traduire en justice. Deux députés lui furent envoyés pour lui communiquer cette lettre , et l'inviter à ne pas insister; mais il se refusa à donner le désistement qu'on lui demandait , et le 9 les Notables réunis de nouveau autorisèrent les Echevins à introduire l'instance. Cependant on n'en fit rien. Le Ministre lui-même hésita à nommer un Maire dans une province où les Elus généraux étaient en possession de le faire. De son côté , M. Baudesson , informé qu'un mémoire avait été adressé contre lui à ce Ministre , après lui avoir fait parvenir sa justification t garda le silence , et pendant plusieurs années , le Corps municipal ne fut présidé que par le premier Echcvin. V. 1772 , n. iv.
V. Le 11 du même mois et le 1e1 octobre , les Notables, réunis au Corps municipal , portèrent des coups plus violens au parti vaincu. Ayant à régler les comptes de 1764 et 1765, ils rejetèrent de la dépense , i* 1164 livres montant des frais faits dans une instance suivie par les anciens Officiers municipaux , sans autorisation , contre les Officiers des Eaux et forêts ; 20 1 1 86 livres 10 sols pour les frais de celle contre M. Camelin , également . suivie sans autorisation ; 3* enfin 1 ,5oo livres reçues par M. Guenot , pour ses dépenses dans le procès au Parlement , au sujfct des 11 34
53o CHAPITRE XIV ,
élections. Leur délibération autorisa le Receveur à exercer son recours contre ceux qui, sans droit, avaient reçu ces sommes ; en sorte que ces derniers payèrent un peu cher les courts inslans pendant lesquels ils avaient eu les honneurs municipaux.
1. La ville éprouva cette année des maux que , depuis long-temps , elle avait cesse' de ressentir , même dans les hivers où la cherté du pain augmentait la misère du peuple. A peine la rigueur de la saison avaitelle interdit les travaux de la campagne , que des vols furent audacieusement commis dans les maisons , et que des Bourgeois y furent assassinés. L'effroi fut si général , qu'un cri unanime fit reprendre à la milice bourgeoise la garde de nuit, dont elle avait perdu Vhabitude. Informé de cette prise d'armes , le Commandant de la province , M. de la Tour-du-Pin , l'approuva et l'encouragea par ses lettres des 27 et 3o jan vicr. On continua donc ce service. Aux premières ombres de la nuit , et jusqu'au point du jour , toutes les rues , qu'éclairaient des lumières sur les fenêtres des maisons , étaient parcourues en silence par de fortes et nombreuses patrouilles. A cette attitude de la force publique , les crimes cessèrent ; mais le zèle le plus ardent , quand c'est la peur qui le donne , est bientôt éteint. Après quelques nuits ainsi passées à comprimer la malveillance , le calme revint , et avec lui le relâchement. Les prétentions à l'exemption se multiplièrent. D'abord les Médecins firent valoir l'intérêt de leurs malades ; lés Avocats se prévalurent de la libéralité de
leurs professions ; puis les Notaires de l'importance des leurs ; enfin, les Procureurs, de la nécessite de leur ministère pour que le cours de la justice ne fût pas suspendu. Ce fut à M. de la Tour-du-Pin qu'ils adressèrent tous leurs réclamations. En les contraignant p rovisoirement au service , il en refera au Vice-Chancelier M. de Maupeou. On ne reçut la décision de ce Magistrat que le 3 mars , et dès le premier , la milice avait été licenciée. Le Vice-Chancelier rejeta toutes les exemptions réclamées , ajoutant seulement , à l'égard des Médecins et Avotats , qu'ils pourraient se faire remplacer par des Bourgeois , à l'exception des cas où la milice en masse serait appelée au service.
II. 5 mars , séance ordinaire de la Société des sciences. M. Mignot y proposa l'admission , comme associés correspondant, de MM. Hérissant frères, jeunes; mais ayant déjà un rang honorable parmi les hommes de lettres, M. de S. Georges fit observer que M. l'Evêque désirait que la Société ne décidât rien d'important , et surtout une admission de nouveaux membres , sans s'être concertée avec lui. La notice retenue par le Secrétaire , à ce sujet , fait connaître que le désir de M. de Cicé ne fut pas favorablement accueilli: elle porte que , sur la proposition de MM. Hérissant , on remet pur émeut et simplement à quinzaine , sans rien /aire de plus que ce qui a été pratiqué Jusqu'à présent. Le 9 avril , en effet , MM. Hérissant furent admis , sans que M. de Gcé eût été consulté.
Il était difficile qu'il y eût harmonie entre lui et une Société dans laquelle étaient encore des Chanoines de M. de Caylus , qui , avec des Laïcs du parti Latin , y
532 CHAPITHE XIV ,
étaient en large majorité'. Aussi , malgré ses brillantes promesses de 1761 , six années s'étaient elles écoulées sans que M. de Cicé eût rien fait pour lui procurer les lettres patentes qu'elle désirait. De son côte , la Société déjà fatiguée du poids de ce protectorat , et même inquiète sur son avenir, crut devoir chercher un autre appui. Quelques membres qui avaient des relations avec M. de Livry , premier Commis du Ministère de la maison du Roi , lui firent pressentir que , s'il voulait faire la moindre démarche pour être associé correspondant, la Société serait très -flattée de l'admettre. V. n. v.
III. Jusqu'alors les voitures arrivant par la porte du pont , et conduisant des marchandises au port , n'y parvenaient qu'en entrant dans la ville , et parcourant les rues de la Chcvrerie , des Tanneurs et de Sous- Mur , ce qui rendait fort dispendieux l'entretien du pavé. On conçut l'idée d'ouvrir , vers la fontaine des teinturiers , une porte par laquelle ces voitures , après un trajet de quelques toises seulement dans la ville , en sortiraient , et se rendraient au port en suivant le bord de la rivière ; mais ce bord n'ayant pas la largeur suffisante , il fallait , pour la lui donner , détruire \a plus grande partie des murs et des tours qui le longeaient en cette partie , comme la ville y était autorisée par le brevet du Roi , du 12 septembre iy58. Il fallait aussi démolir plusieurs tanneries et amidonneries qu'en 1 720 et ij'Si , le Corps municipal avait permis d'y établir , moyennant des rentes modiques , et avec la réserve du droit de révoquer ces concessions si l'intérêt de la ville l'exigeait. Il fallait encore construire une arcade sur le ruissau de la fontaine. Toutes ce»
propositions furent accueillies par les habitans dans une assemblée qui eut lieu le 1 4 niai ; mais les démarches du Corps municipal , pour obtenir l'autorisation du Ministère , furent entravées par les possesseurs des tanneries. L'instance administrative subsistait encore en 177 1 , quand les Ingénieurs de la province s'emparèrent de ce projet , pour faire passer la grande route dans le même endroit. V. 1771 , n. vi.
IV. 23 juin , assemblée des Notables. 11 s'agissait de renouveler par moitié les quatre Echevins et les six Conseillers de ville. L'Edit défendait de réélire les mêmes sujets , sans un intervalle de deux années , mais son texte ne s'opposait pas à ce que d'un des deux postes on passât à l'autre ; en conséquence , et pour conserver le pouvoir municipal dans les mêmes mains , sans qu'un seul Latin pût se glisser dans les rangs , on prit les deux nouveaux Echevins , MM. Billctou de Guilbaudon et Duplessis , dans les Conseillers de ville ; et MM. Dufaur , Ducrôt et Garnier, de Notables qu'ils étaient , furent faits Conseillers de ville.
V. i3 août , M. de Livry , sur sa demande , est admis par la Société des sciences au nombre de ses associes correspondans. V. 1 769 , n. 11.
VI. Le 1 6 du même mois , la ville acheva de payer son contingent dans le prix des immenses travaux que, depuis 1764, les Ingénieurs de la province faisaient exécuter sur la route de Paris , entre la ville et le pont de pierre. Jusqu'alors , l'accès de la ville de ce côté , avait été très-difficile et redouté des voyageurs ; sur tout dans le vallon de Ste-Marguerite , où le pont actuel fut construit.
I. Au mois de mars , les marchands de bois , pour l'approvisionnement de Paris, renouvelèrent sur les sinuosités de l'Yonne devant Régennes , les entreprises commencées en 1731 , et réprimées par l'arrêt du Conseil de 17 38. Le 28 mars, le Corps municipal, convaincu , comme on l'avait été à cette époque , que la rupture de ces sinuosités serait très-préjudiciable à la navigation de l'Yonne , les traduisit également devant le Conseil. Le 4 Avril , informes qu'un Commissaire du bureau de la ville était sur les lieux pour donner son avis, MM. RafHn, Echevin , Leclerc de Champmartin , Conseiller de ville , et Pasqueau , Procureur , y furent envoyés. Ils y donnèrent les motifs de l'opposition de la ville , et obtinrent la suspension des travaux. Cette tentative des marchands ne réussit pas plus que la première.
II. 10 avril , dimanche de Quasimodo , ce jour correspondant à celui de la délivrance de la ville , après la tyrannie que les Calvinistes y avaient exercée deux siècles auparavant , la procession générale , qui se faisait tous les ans à pareil jour , en mémoire de cet heureux événement , fut faite , comme en 1668 , avec une plus grande solennité. Le même cérémonial , dont j'ai donné les détails , y fut ponctuellement observé. On y ajouta , après le feu d'artifice , un souper de personnes à l'Hôtel de ville , parmi lesquelles le public remarqua un grand Seigneur Suédois , le Comte de Spare , Maréchal-dc-camp et Grand-Croix , qui fixait
sa demeure à Auxerre (i). Pendant ce repas , le Chapitre faisait distribuer 800 livres de pain aux pauvres. Cette procession ayant été annoncée long-temps à l'avance , il y eut un concours immense des pays environnans. Une note consignée dans les registres du Corps municipal porte qu'il y était arrive , au moins , vingt mille personnes , et qu'on n'eut pas à déplorer le moindre désordre. Combien 65 années peuvent apporter de changement dans les mœurs d'un pays; cette année ( 1 833) la procession de la Fête-Dieu n'a pas ose franchir la porte des Eglises !
UL Peu de jours après , le Chapitre fît démolir la prodigieuse statue de S. Christophe , qu'un Chanoine, Jean Olivier , avait fait construire vers i54o , le long du premier pilier à droite , en entrant dans la Cathédrale. Elle s'élevait depuis le pavé jusqu'au chapiteau du pilier , et n'avait pas d'autre mérite que d'être de toutes les statues du même genre , la plus colossale. Sous ce rapport , elle était un objet de curiosité pour les étrangers , et si généralement connue , que sa destruction fut le sujet d'un afltjcle dans le Journal de Verdun , août 1768 , p. 1 iû.
IV. Dans le même temps , on supprima les piliers de bois de la place de la Fanerie , et les pierres de S. Christophe suffirent pour construire , en grande partie , la façade des deux premières maisons qui sont à gauche en sortant de la rue S.-Eusèbe.
(i)Cest dan* la même année, qu'ayant acheté plusieurs jardins contigus dans le faubourg S.~Gcnrats, il y fit balir la jolie maison qui embellit ce faubourg.
V. 27 juin , assemblée générale des Officiers de Tille. MM. Ducrot , Avocat , et Henri , Chirurgien , cessent d'être Conseillers de ville pour ôtre Echcvins ; leurs places de Conseillers de ville sont données à deux Notables , MM. Colombet et Raflîn. M. Duché est élu aussi Conseiller de ville.
VI. 25 juillet , se'ance publique de la Socie'te' des sciences. M. Me'rat y fit lecture d'un mémoire historique sur les eaux de la ville.
VJI. 11 août , service funèbre à la Cathédrale pour la Reine , Marie Leczinka , née Princesse de Pologne, morte le 24 juin. Tous les Corps et la milice bourgeoise en armes y assistèrent.
I. 1 o janvier, séance publique de la Société des sciences. M. Pasumot , professeur de physique au Collège , y fait lecture d'un mémoire dans lequel , par suite de nombreuses observations , il croit pouvoir fixer la hauteur du mercure dans le baromètre , à 27 pouces et demi pour les quartiers élevés de la ville , ce qui indique 63 toises au-dessus du niveau de la mer ; et à 29 pouces pour les quartiers bas.
II. Le 4 avril , M. de Livry , qtii , depuis son affiliation à cette Société , s'occupait à lui procurer le seul titre qui pût en régulariser et consolider l'existence ; lui écrit qu'enfin il est parvenu à obtenir pour elle des lettres patentes du Roi qui lui donnent le titre $ Académie royale des sciences et belles lettres , et dont il envoyé une copie. H annonce qu'elles ne seront scellées que sur le vu des statuts et de la liste des membres qui
DIX-HL'ITlfc.ME SIÈCLE. 55j
composcronr celte Académie , le tout devant être mis sous le contre-sccl des lettres. Dès le surlendemain, les statuts et la liste furent rédiges et portes par le Directeur et le Secrétaire à M. l'Evcque , qui était à Régennes. Il demanda quelques changemens , et pour les arrêter , désira que des commissaires fussent nommes à l'effet d'en conférer avec lui, à Auxcrrc. Le 8 , la Société nomma pour ses commissaires , le Directeur et le Secrétaire , avec MM. Mignot , Potel , de Pontagny , de Monbaron et Pasumot. La conférence eut lieu le 9 ; et le 10 t les commissaires annoncèrent à la Société « qu'on s'était parfaitement entendu sur » tous les articles , excepté sur un seul d'un intérêt » très-grand , dont ils croyaient ne pas devoir rendre » compte à l'assemblée, dans l'espoir que M. l'Evè- » que se rendrait à de nouvelles observations. » Le 18 , toutes les pièces furent adressées à M. de Livry , en le priant « de concilier par sa recommandation , et » ses bons offices auprès de M. de Cicé , tout ce qu'il » pouvait y avoir encore de difficultés à applanir. » V. n. v.
III. 27 juin , assemblée générale des Officiers de ville. MM. Raffin et Garnier passent du rang des Conseillers de ville , dans celui des Echevins ; et MM. Briand de Fortbois , Tbomas et Badin , Notables , sont nommés Conseillers de ville.
IV. 3o septembre , MM. Ducrot et Raffin , Echevins , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 20 novembre. Le Corps municipal , par une délibération du 1 2 novembre , chargea ces députés de demander aux Etats la prolongation de plusieurs routes
de second ordre , telles que celle de Coul ange-su r- Yonne jusqu'à Clamecy , et celle de Villefargcau jusqu'à Toucy. Mais il leur e'tait particulièrement reconv mande de solliciter des Etats que la province fût chargée de la dépense du pave' de la ville , depuis la porte de Paris jusqu'à celle du pont , attendu que , toutes les rues sur cette ligne formant la grande route , l'entretien en e'tait infiniment dispendieux. Depuis on regretta vivement à Auxerrc que cette dernière demande eût été hasardée sans en avoir prévu les conséquences. V. 1 77 1 , n. vu.
V. 18 novembre , passage de M. le Prince de Coudé , se rendant aux Etats. La Société des sciences f alla , ainsi que tous les autres Corps , lui présenter ses hommages. Le Directeur , M. de la Coudre , dans son compliment , lui demanda ses bons offices auprès du Roi , gui suspend , lui dit-il , un bienfait quil Hait disposé à accorder à la Société. Huit mois s'étaient écoulés depuis que M. de Livry avait toutes les pièces nécessaires pour faire sceller les lettres patentes ; mais le crédit de M. de Cicé remportait sur le sien. V. 1772, n. 1.
VI. 25 novembre , ouverture , par le sieur Milon, du premier café-billard , à l'imitation de ceux de Paris, dans la rue du Temple.
VII. Cette année vit achever la conversion du vieux château-fort des Evèqucs d'Auxerre à Régennes , en une superbe maison de plaisance.