COMMERCE
Enfin, nous abordons aussi l'étude des relations commerciales dans l'ancien forum^ l'ancien emporium des Carnutes ; dans cette ville où nous avons vu un port d'arrivée, un avenum, se peupler de marchands, de matelots, de portefaix et de tout le personnel nécessaire à une navigation active, à un entrepôt considérable de marchandises.
Nous trouverons les renseignements les plus précieux pour accomplir cette partie de notre tâche dans l'ouvrage de M. Mantellier (1867), alors l'un des membres président de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, intitulé : Histoire de la communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle.
Dans le premier chapitre : Les bateliers de la LoirCy Nautœ ligerici, il examine l'origine et le développement de cette grande et utile association fondée sous l'empire romain ; dans le chapitre II, il rend compte de ce qu'elle devint après la chute de l'empire.
Nous devons nous arrêter, dès à présent, à ce qu'il nous dit pour la dernière période de la vallée de la Loire.
€ Elle était, dit-il, le cœur de l'empire franc et l'un des foyers du christianisme ; les grandes abbayes de Saint-Benoist, de Saint-Mesmin, de Marmoiitiers, de Saint-Florent s'étaient élevées le long du fleuve ; la ville commerçante d'Orléans, après avoir été la capitale du royaume mérovingien, avait vu son importance s'élever sous les rois de la seconde race, par l'importance de son église et de ses écoles. »
(1) L'auteur de cette préface et de la publication de ce manuscrit, appartenant à la bibliothèque du Vatican, est M. de Certain, habitant alors Orléans.
Les invasions des Normands, rétablissement de la féodalité
changèreut cette situation.
L*auteur signale, avec une grande justesse d'observation, l'immense dilTérenee qui s'est manifestée entre le règne de Charlemagne et les règnes des rois «le sa race.
« A des lois générales — il s'agit des capitulaires — se substituèrent les exigences capricieuses de chaque baron sur sa terre, et alors, plus de police ; les routes cessent d'être entretenues et surveillées; les péages illicites se umltiplient, les entraves, les vexations, le pillage atttendent à chaque pas le trafiquant voyageur. »
L'autenr continue : < De ces abus naquit la résistance, ils donnèrent lieu à des associations qui devinrent assez puissantes pour, en se plaçant sous la protection royale, organiser une navigation réglementée qui put assurer les voyages et les convois de bateaux, par des traités avec les seigneurs riverains des fleuves et des rivières navigables. »
Voilà certes un exposé très remarquablement judicieux de la marche progressive de ces grandes entreprises, et nous n'aurions qu'à les reproduire sans réserve, si nous n'y remarquions une appréciation par trop prématurée de l'état des routes à cette époque n^culée, que M. Mantellier nous représentent comme ayant cessé dètro entretenues et surveillées, taudis que ces voies de communication, pour la vicinalité, n'ont commencé à être tracées qu'au commencement de ce siècle, et (jue l'entretien des routes proprement dites ne date non plus (jue de cette épocjuc, (»îi elles ont été classées en routes rovales, inij)ériales ou nationales, suivant les formes de gouvernement qui se sont succédé, et en routes départementales.
Mais ces traités, cette organisation régulière ne remontent pour la Somme, la Garonne, le Rhône, hi Sacuie, la Seine et la Loire cpie du xm*" siècle et particulièrement, pour la Loire, du xi\'* siècle.
Ainsi donc, toutes les institutions de l'ordre légal et de l'ordre économi(iue ont été suspendues pendant les règnes de Henri F, de Philippe I" et même de Louis le Gros.
Cependant ces règnes ont été marqués par des événements de telle importance et dont l'influence a été telle sur la destinée des populations, qu'il est indispensable de dire dans quelle proportion la ville d'Orléans y a pris part.