MONUMENTS. — ART CHRÉTIEN A ORLÉANS
Parvenu à l'époque de la transformation de Tari qui, depuis le commencement de la monarchie n'était guère appliqué qu'aux monummts consacrés fi la religion, il importe i\ l'histoire d'une antique cité, d'éliidi(»r la part qu'elle a prise à cette partie des travaux de rintelligenco unie aux sentiments de l'âme.
(1) Malheureusement le texte n'est pas reproduit par son habile traducteur.
Nous n'ontendous pas nous livrer h im travail archéologique Approfonrli, noos devons nous borner à un exam**ii rapide de la fomie donnée à ce» monuments, en les suivant depuis leur fondation dans les transformations que le temps et les êveneuements leur ont fait stilu'r, sans dopasser le cicle ouvert à leur origine et elos à t'époque (jue nos reeherches ont atteint.
La plus anrifune de ces églises la prf'mièr^ de exiles qui ont clé fondées à Orléans est celle «|ui fut dédiée à saint Etienne.
Nous nous sommes suffisamment expliqué à son sujet pour qu'il soit inutile d*insister et cela av«^e d'autant plus de raison^ que les vestiges qui restent de ce monument ne permettent pas de le faire remonter au delà du xi' siècle.
On ne voit plus de ce qui faisait parti de son ensemble qu'une porte ogivale à contre courbe et plusieurs n reeaux,
Lorsque nous avons parlé de réglîsc de Sainte-Croix nous avons dit qu'elle avait été construite par saint Euverte au IV* siècle.
Nous avons rapporté le miracle qui aurait consacré Tédifieation de cettr église par t apparition d'une main sortant d*nn nuage lumineux au moment où l'évéque célébrant la messe élevait rhostie, main qui aurait béni l'église en traçant le signe de la croix dans Tespaee.
Nous ne revenons sur re fait que parée qu*il a été eonsidéré eonmiP un nioyrn d»* rrrotiunilre îps ani*îeunrs tmces dp rv monument»
t Quant à la structure de î église, dit Synipiiorien Guyon, elle est à présent, une des plus belles 'qu'on voie (1647) dans toute I Europe. Elle fut bï\tie par saint Euverte ; de cette première structure restent encore quelques vestiges ; au portail qui est au bas de la tour dans laquelle sont les cloches on voit, d*un ouvrage fort îuitique, une main rp]>réscïjtée avec trois dfiigtji étendus pour bénir l'église, «1 1rs plus experts architectes croieuf qu** ce [inrtail a été bàli en rr temps de saint Euverte. »
La crédulité, peut être systématique de cet écrivain qui rengage à voir au xvn" siéele, 1*^ caractère arclii tectonique d'une église construite au iv* siècle, nous parait excessive ; mais elle
3^y» Ikwh» liMiit H. 4i^ k»vti\mtkifr^ ii^ ^Uin^iiiiAi i eiâmr : il pikr^t /fw^. pr^ir l>i^»tBUMk ^ *» MHvr<l èfifi» le
4e eiler p«i»^ il peél«*d «fie t^mt» k»» Hk>vt« 4e9 \ tfm «TjMenl ^msus»^, /fo^iiiiié de boi». avei^ mmfkr€ \ Ipnwe, et juitrp^ malier^ «^^MiËMeHiM^ tsmKi iaviSes. ci qalk i« ymtml mkmt psM j m^HUt le feu.
A peiae le odme <H;ûM) rereoa. <|b aa éré^fae. Af»ol|iiHB {lùwmh}. fxmmcnk sa fortMie à U reeonstrKtkMi de la Çjiàkàr drde.
Celle iMtnie élait n»«flfeuuiie. Dieu Isi enroya «n Ircaor qa'9 dée^yvrrH iDir»eiileo!iemeiil ; Srmpiionett Gnroii allrilive à la prérojruiee dXoTerte le dépôt do tirivyr pour le eas m m de «es sHi^y^e^aenr^ ^n ;inr%il b^otn : mai.^ îi Oi^ déienniAe pas Tf^rdre archîU^^l/^^niqnft d^ ^♦>tli> r««^»v,n.'^tni#rtion et il est Irêa diffieîle d(<ï le re^oon^itre d;%n5> ^e qni a «<^happé aox mines de eelle égli:fte renouvelée au tvr .*ié*tle.
Et qnoiqtje ï'^ archéologues 1^ plar» éi^Uirés aient em reco»nailfe dawi qnelqne^ ve»ti<re<i le caractère de ?»on architeetore. lea eonsidérationâ aox r|aelle^ il.'* .-^^^^nt livré?^ à cet égard nous aemhlent tellement incertaines que noii<^ ne pouvons nous j arrêter.
Une olMervation nous engage à pa.^<ïer outre, M. de Bozodnîère avance que te chœur ji>5^t agrandi dans le un* siècle d'une partie du jardin de révéchê. ahandonné par le prélat Robert de (>>urtenay. f>çciipant aion» le siéce épif^!opal d'Orléans.
H est vrai qu'on lit, dans la Saussaie ad ampHaiionem fabricœ ul de areâ et peinte i^ eiûscopatus sumerent quantum opuê e$$et, liàeraliter çonçessit, hoç habenl litterœ apudMHC-
lim Agylum anno 1278; ce queSymphorien Guyoïiénumérant dons de Robert de Gourtenay pour la reconstruction de {église, traduit ainsi : pour ramplifiealioa de la nouvelle structure de ladite église, il donna aussi libéralement tout autant de place qu*il en faudrait prendre sur la cour de la maison Bpiscopale et sur les rues qui en dépeudaient, ™^ Or* on verra, bientôt, par les diflicuités que levt^ché eut avec le chapitre, combien la topographie respective du cloître Bt des bâtiments de la tour de la fauconnerie, du xnf siècle et même depuis, s'opposent à ce qu'il en put être ainsi.
Nous préférons concentrer notre attention sur Tordre de rarchitecture auquel l église d'Orléans appartenait, cet ordre ne put être que le roman ou roman Byzantin par une raison bien simple, c est que ces deux ordres étaient les seuls qui fussent alors en usage.
L'église était encore toute romaine ; la Basilique était le
fialais des Empereurs, le palais où se rendait la justice, où les vocale donnaient leurs consultations, le lieu d'où partaient et ou s'exêcuUient les ordres de la persécution, elle devait être le temple de la religion chrétienne si longtemps opprimée par les grands rlu monde cl les ponlifts dont elle avait pris la place et du paganisme qu'elle avait renversé,
tLp roman et le byzantin étaient réunis dans un accord time et presque unifiées depuis que le siège de l'empire avait é transporté de Rome à Constantinople, Mais avec le temps, Fesprit proviticinl avait reparu, la papauté était déchirée par le schisme, son autorité était affaiblie et le symbolisme architectonique devait s'affranchir et se produire dans une forme qui lui fut propre.
D'ailleurs les constructeurs n'étaient plus ceux de Rome et de Bizance : la Franc maçonnerie, dès le xn*' siècle leur avait opposé une ardente rivalité.
Constitué en une ghilde ou association de solidarité dans l'assemblée de Ratisbonne en Cannée 1450, ces compagnies étaient déjà depuis longtemps à l'èlat de fait accompli.
L*art Roman disparut et logive le supplanta presque unîver- .versellemeut.
Cet ordre nouveau, vraiment admirable, unissant la grandeur à la simplicité donnant de la légèreté aux masses les plus imposantes et la solidité à ce qui eflraye pour rélération et la hardiesse, cet ordre se répandit dans toute la chrétienté.
Obligé de resserrer le cadre déjà trop vaste qui s'oorre devant nous pour ne nous occuper que des monuments religieux de la ville d'Orléans et plus particulièrement de sa cathédrale, nous retracerons le premier ordre auquel appartenait ce monument.
Lorsque I evéque Amoult voulut relever l'élise détruite par l'incendie de 999, il ne dut adopter d'autre ordre architectural que le Roman,
Mais on affirme qu*à peine TédifK'e fut-il terminé qu'il menaçait ruine ; il fallut même le démolir.
Ce fut sous Tcpiscopat de Robert de Courtenay et an cours des années 1239 et 1383, que cette restauration eut lieu.
Quand les ressources personnelles du Prélat furent épuisées les rois, les princes el les habitants d'Orléans lui vinrent enjaide, et cependant, il fut contraint de laisser l'exécution de ses plans à son successeur Gilles Patay.
Les ressources de cet évéque furent toutes employées à ces dépenses et il semble qu'on allait être dans Timpossibilité de continuer, mais une poule et ses poussins en grattant la terre dans le jardin d'un des chanoines de la cathédrale découvrirent un vase rempli d'anciennes pièces d'or ; Tassistance de Dieu qui se manifeste par les moyens les plus solennels ne dédaigne pas. on le voit, les moyens les plus humbles.
Nous avons eu déjà occasion de nous expliquer sur ce mode de secours donne à la religion ; mais il faut en convenir, celuici est d'une telle naïveté il respire un si doux parfum de confiance en la prolection de Dieu pour son église qu'on ne saurait trop le conserver dans sa gracieuse expression.
Le chanoine qui dans cette circonstance mérite le nom de bienfaiteur de l'église, en remettant ce trésor à l'évêque mit cependant une contlilion à l'emploi que ce dernier devait en faire ; il exigea qu'on suspendit à la voûte d'une des chapelles de la Cathédrale une poule et six poussins d'argent doré.
Nous n'entrerons pas dans les détails qui oat été conservés et reproduits dans des termes techniiques pour décrire Taspect inténeur et extérieur de Fégïise, noos nous attacherons seulement à l'éloquente description qu'en fait Fauteur de Thistoire architecturale de la ville d'Orléans, en suivant ce magnifique monument dans toutes ses phases alternatives jusqu'à rannée 1479, et celle que lui inspirent les restes qui ont triomphé de la dévastation et de l'incendie dont cette église cathédrale aété victime en Tannée 1562,
€ Voyez la porte de Tévèque, les chapelles du rond point, comme ces eolonnettes groupées en faisceaux sont sveltes, sans maigreur! comme elles s'élancent, vers la voûtCi majestueuses et légères I que cette double couronne de feuillage frisé qui orne leurs chapiteaux repose agréablement les regards» à la naissance des nervures I quelle pureté dans les ogives, et comme les courbes qui décrivent leurs arceaux s'entrelacent, se groupent, se divisent toujours harmonieusement, suivant des combinaisons perspectives qui varient à chaque pas. »
€ On peut juger par cet admirable spécimen des beautés de lout Tédiflce, *
L'auteur entre, ensuite, dans Ténumération des objets d'art qui ornaient le monument, nous ne mentionnerons que les plus saillants.
Un buffet d'orgues posé eu l'année 1470 accompagnait les chanta religieux ; la statue de sainte Hélène tenant les clous de Notre Seigneur ornait Tun des piliers du transept ; on remarquait, dans le sanctuaire, le tombeau de Philippe de France, premier duc d'Orléans.
On a retrouvé des peintures polychromes, on y voit encore de belles verrières qui, dit l'auteur, étaient une des gloires de la cathédrale.
Près du Ghàtelel^ c'est-à-dire près de l'église de Saint-Hilaire que nous avons vue être fondée par le roi Ftobert, Louis Vil en fonda une autre sous le vocable des saints Donatien et Rogatien.
On raconte beaucoup de choses au sujet de l'origine de cette église, mai» non seulement elles sont incertaines, elles sont contradictoires.
M. Vergnaud-Romagnesi attribue la construction de l'église de Saint-Donatien (on ne la connaît plus que par ce nom) à Louis VI, et la fait remonter à Tannée 1133.
Elle existe encore, elle vient d*étre augmentée d'une belle chapelle de catéchisme, et a été l'objet d'une restauration intelligente ; elle ouvre par la rue portant le nom du saint, sous l'invocation duquel elle a été placée et, par conséquent, à très peu de distance de l'église de Saint-Hilaire.
Ce qu'il y aurait de très remarquable si ce fait était très certainement justifié, c'est que Louis VI l'aurait donnée à un évéque de Nantes nommé Brice, ainsi que ses dépendances situées in pago axirelianemis.
M. Vergnaud élève un doute ; à ce sujet il fait observer qu'il n'existe aucune partie du territoire Orléanais où le nom de saint Donatien soit exprimé, d'où il conclut qu'il est à peu près certain que l'église de Saint-Donatien existait dès cette époque.
Cette considération que nous sommes loin d'adopter lui fait considérer la ville d'Orléans comme étant le pagus (1) où devait être placée l'église donnée à l'évéquc de Nantes.
Indépendamment de cette bizarre donation d'une église située dans le plus obscur et le plus pauvre quartier d'une ville située aussi loin de la ville de Nantes ; aucun avantage utile ne pouvant résulter de cot acte, on est surpris de voir Louis VII, la donner peu de temps après à un prêtre nommé Henri, qui lui-même la donne à l'abbaye de Saint Euverte, en 1183 Philippe-Auguste confirmer cette donation (2).
Tous ces actes qui semblent s'accumuler pour se contredire font naître un grand doute sur la véritable date de la fondation et sur le véritable fondateur de ce modeste édifice.
Nous n'essaierons pas à résoudre la question que ces actes font naître surtout en ce moment où nous ne nous plaçons qu'au point de vue architectural.
(1) Jamais lo mot Pagus n*a été employé pour exprimer une ville fermée ou même un gros bourg.
(2) On dit que l'éveque et lo chapitre do Sainte-Croix approuvèrent Tacte royal l'année suivante en exigeant un past ou goûter que saint Donatien donnerait au chapitre; aux rogations do chaque année.
Ce qu'il y a de certain, e/est que son aspect actuel fait remonter sa structure à ce temps de transition qui s est manifesté chez les conatructeura au moment transitoire où Togive tendait à se substituer au plein cintre*
A moins qu'on n'attribue les mélanges qui se remarquent entre le plein cintre et l'ogive dans les dispositions de l'église, aux restauraLions dont elle a été Fobjet après le siège de 1429 dont elle a eu beaucoup à soufîrir.
- L*église de Saint-Maurice, devenue Saint-Éloi, présentait aussi un caractère arcLitectural digne d'attention ; mais, presque absolument détruite pendant les guerres du \\f siècle, nous remettrons ce que nous avons à en dire après qu'elle eut été restaurée dans le goût de la Renaissance.
Enfin, nous arrivons au bijou appelé la chapelle Saint-Jacques, construite auprès de l'ancien pont et adossée à l'ancienne muraille de clôture de la ville gallo-romaine.
On attribue la constryetion de ce channant objet d'art sculptural à Louis Vil, qui habitait le Châteîet à loccasion de son mariage avec Constance de Castîlle (1) et où il forma le projet de faire un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Ces voyages qui ne se faisaient niors (mais à cet égard les temps sont bien changés) que lentt^ment, dans le recueillement et en s'imposant, par esprit de pénitence, les fatigues du voyage qu'on allait même jusqu'à augmenter par les privations impo* sées au corps, donnaient lieu à de fréquentes stations.
Aussi le roi eut soin de faire construire de distance en distance, sur le chemin qu'il devait suivre, des chapelles qui lui rappelaient le but dévolîeuxde son voyage et le séparaient des distractions qu'il devait y rencontrer*
Il commen^ja par la chapelle dédiée à saint Jacques dans ta ville d'Orléans.
11 nous semble inutile de reproduire ici tout ce qui rendait cet oratoire Tobjet de l'admiration de ceux qui, même comme nous, n'ont pu le voir que dégradé jusqu'à rabjection.
Ses ruines pieusement recueillies, tout dernièrement, par lei
(1) Noui avoEi diicuté ea ton heu cette circonttft&oe hittoriqu^