ITO
soins de radministration municipale et par la sollieitade de la Société archéologique de TOrléanais révèlent encore le charme et la beauté de son ensemble.
Nous n'essaierons pas de décrire ce monument tel que ses débris permettent de le figurer quand il était dans ses plus beaux jours, ce serait porter une certaine atteinte à l'intérêt et aux regrets qu'il inspire.
Nous devons nous borner à exprimer le sentiment de reconnaissance auquel a droit le Maire de la ville, sous l'administration et par les soins éclairés duquel ces ruines ont été si parfaitement conservées et réunies qu'elles peuvent encore reproduire le charme artistique et religieux de leur ensemble, alors qu'il se montrait intact et récemment abandonné par le ciseau du sculpteur (1).
Nous ne prolongerons pas l'examen do ces monuments qui, d'ailleurs, semblent n'avoir aucune part aux avantages de l'heureuse révolution artistique qui a éclaté au xi" siècle : et nous aborderons des sujets d'un intérêt moins spécial.
Mais cependant nous ne pouvons quitter cet intéressant sujet sans rappeler ici que le chef-d'œuvre ogival, Notre-Dame de Paris, s'il n'est la création d'un enfant de la ville d'Orléans, est au moins celle d'un enfant du diocèse, et par conséquent du territoire de cette ville.
C'est de Sully-sur-Loire, alors un assez misérable bourg, aujourd'hui une petite ville florissante par rélégance de sa construction, considérable par ses souvenirs historiques, par son magnifique château qui a abrité tant d'illustrations et notamment le grand ministre de Henri IV, auquel ce bourg a donné son nom, c'est de Sully qu'est sorti l'humble enfant nommé Maurice et dont le nom de ce village est devenu comme il l'est devenu depuis aux Béthune spn appellation historique.
(1) On les voit ornant le square de la mairie d'Orléans ; on y a rattaché les ruines d'un calvaire en pierres qui ornait l'une des travées de son intérieur; cette pièce, composée de Jésus-Christ en croix et des deux larrons, malgré les mutilations qui lui enlèvent son principal intérêt, laisse voir le mérite de cette belle composition, et nous donne une heureuse idée de la perspective que présentait l'intérieur de oette chapelle»
On peut se représenter un pauvre jeune homme souffreteux misérable à ce point que pour quitter sa famille et son pays et se rendre à Paris, il n'avait d'autre ressource que la charité qu'il sollicitait de ceux auprès desquels il passait, et qui en arrivant usa du môme moyen pour vivre.
Mais il portait en lui un autre secours : le génie, il pressentait son élévation prochaine, et deviné par un de ceux sur lequel il comptait, il s'entendit adressf^r cette proposition de recevoir, bien avant qu'il parvint au saceixioce, un bienfait à condition qu'il renonçât à cette haute fonction.
Il bravait l'indigence par l'étude et ses progrès furent tels que bientôt il put enseigner.
Bientôt aussi après son entrée dans l'ordre ecclésiastique, sa science fut reconnue, elle lui valut un canonicat à Bourges d'où il fut appelé au siège épiscopal de Paris.
Ce fut, en 1160 qu'il ,fut promu à ce siège qu'il occupa jusqu'à sa mort arrivée en l'année 1195.
£t ce fut pendant cette période de sa vie qu'il dressa les plans de l'église qui jusque-là modeste et sans éclat avait porté le vocable de Sainte-Marie.
Les plans laborieusement étudiés dès avant commencèrent à être mis à exécution en l'année 1163 ; mais leur auteur ne put assez prolonger sa vie pour jouir de son immortel ouvrage, et son successeur Odon qui aussi portait le nom de Sully, mais cette fois par droit naissance et parent du roi Philippe Auguste, bien différent du pauvre mendiant du bourg de son fief, poursuivit l'achèvement de la construction de cette basilique véritable chef d'œuvre de l'esprit artistique et religieux.
Enfin nous devons placer ici, l'existence d'une autre petite église que Symphorien Guyon mentionne sous le vocable de Saint-Jean- Baptiste et bâtie le long des fossés de la ville non loin du monastère des frères prêcheurs ou dominicains depuis appelés Jacobins auxquels on la donna, lorsqu'ils vinrent s'y établir en Tannée 1218.
Cette église a disparu et il n'en est parlé qu'à cette date, et sa présence à cet endroit c'est-à-dire à rorientation nord de la ville, rend inexplicable la construction d'une autre église à ce n 12
lieu même sous le vocable de Saint-Germain des fossés en mémoire de la visite que ce saint prélat fit à Saint-Aignan, visite qui donna lieu, ainsi que nous Tavons dit, à deux églises, dans l'incertitude du lieu où les deux saints évéques se sont rencontrés Tun allant au devant Tautre,
Et enfin, une autre petite chapelle que Tévéque Robert de Courtenay fit élever dans les constructions élevées au devant de l'ancien grand cimetière aujourd'hui ancienne halle Saint- Louis.
Cet oratoire était placé sous le double vocable de Notre* Dame et de saint Vrain.
Il ne parait pas que son architecture ait offert le moindre intérêt.