‹ Histoire de la ville d'OrleansChapitre 3 sur 59 · IT · texte numérisé non relu

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aujourd'hui appelée Orléans, et il n'en est qu'une qui est Genabum, il est certain qu'on signale un point tellement central de la vaste contrée arrosée par la Loire que, dans le langage familier des écrivains du moyen âge, on le désignait par les mots : Umbilicus Ligeris (1).

On comprend, en se reportant à l'état des voies de communication de ces temps, que, pendant la paix, ce point devait être l'entrepôt de toutes les branches du commerce, et que, pendant la guerre, la place devait être l'objet de toutes les convoitises des armées belligérantes.

Cette proposition est d'autant plus incontestable que la ville, toute centrale qu'elle fût, était, en même temps, place frontière.

Ce caractère était absolu au temps où la Gaule était divisée en une multitude de tribus, et où la Loire était la ligne séparative des populations du Nord et du Midi, les unes parfaitement autonomes et sans mélanges avec d'autres peuples, les autres depuis longtemps mélangées et soumises à la loi et à l'administration romaine, avant la conquête des Romains.

La ville conserva ce caractère, même après la conquête, en conservant ses coutumes et son culte et en observant, autant que possible, toutes ses pratiques, encore aujourd'hui assez apparentes dans les campagnes ; et telle est la puissance de la nature des choses et de la tradition, que ce double caractère de ville centrale et de ville frontière lui appartient encore.

Cette appréciation, pour le pa3sé, est justifiée par les témoignages historiques les plus incontestables (2); pour le

(1) In Orliens quasi oeil' umbilico del Reame di Francia. (Davila,cité par Mgr le ducd'Aumale, Histoire des princes de Condé^ t. I*',p. 129.)

(2) Dans les guerres du xvi" siècle, les deux partis cherchaient à s'assurer d'Orléans ; que sa situation géographiqne faisait juger, après Paris, la plus importante place du royaume. (Hist. des princes de Condé, t I", p. 126.)

présent et pour l'avenir, par les dispositions de la viabilité stratégique et par la concentration d'une puissante artillerie que, sous Tinfluence de cette préoccupation, le gouvernement vient d'y établir.

La ville d'Orléans est donc restée Tune des plus célèbres et des plus nationales de la Gaule celtique, de la Gaule firanque et de la France.

La domination de l'Empire s'est établie sur les ruines de Genahum.

C'est par son attitude que, même sous cette dernière domination, s'est maintenue la nationalité gauloise.

Cette nationalité s'est conservée sous le grand évêque Anianus, qui, après avoir entretenu la vaillance des habitants, est allé jusqu'à Arles hâter l'arrivée des derniers secours que, sous la conduite d'Aétius, son dernier général, le dernier débris des légions romaines pouvait lui donner.

Cest la ville d'Orléans qui l'a sauvée une troisième fois, par sa persévérante résistance, aux efforts des Anglais pour occuper cette place le jour, à jamais béni, où l'armée ennemie a rencontré, sur le pont, la jeune fille gauloise dont l'ignorance a déjoué la science des plus grands capitaines de son temps et dont le courage a chassé du territoire une armée jusque-là triomphante.

C'est à Orléans que s'est arrêtée l'invasion des puissaùces de l'Europe, coalisées contre Napoléon I", lorsqu'on 1815, le pont, miné et barricadé à son point milieu, était occupé, du côté de la rive gauche du fleuve, par les héroïques débris de la grande armée qualifiés, avec l'injustice et la maladresse qui distinguent les partis politiques en France, de brigands de la Loire.

C'est cette ville qui, peu de temps après l'expansion du christianisme, a reçu le premier évêque chargé de l'enseigner dans cette contrée, et qui est restée le siège de l'épis-

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copal, où 8'6st perpétuée une suite de prélats presque tous les plus illustres par leur courage, leur piété et leurs lumières.

Qui, sous le titre générique de conciles, a regu, en Tannée 511, la première de ces grandes assemblées, plus digne qu'aucune autre de celles qui ont été appelées états généraux de prendre cette glorieuse qualification, puisque là, et sur le questionnaire rédigé par Glovis, a été décrété : le modus vivendi, la grande Charte de la Gaule romaine devenue la Gaule franque, établi entre les deux peuples encore jiuvtaposés.

C'est de cette ville que, bien avant la domination romaine, par ses druides, depuis par les rhéteurs et les grammairiens romains, et, depuis encore, par ses écoles épiscopale, cathédrale et presbytérale, se sont répandues, dans toute rétendue du territoire gaulois et jusque dans les Etats étrangers les plus lointains, la science religieuse, la science classique, telles qu'elles étaient alors enseignées et comprises.

C'est dans son enceinte que, de ces grands éléments de civilisation, est né, comme une conséquence nécessaire» pour se développer avec eux par l'étude du droit canonique et du droit romain, le bienfait de la liberté civile, précurseur du bienfait de Funité nationale par Tunité de la loi.

C'est là'qu'ont fleuri les grandes justices royale et seigneuriales, prévoté, bailliages, bailliage présidial, châtelet, justice consulaire, confiés aux jurisconsultes et aux hommes de loi les plus éminents, qui, par l'application de leurs études théoriques, ont sauvegardé les classes inférieures des villes et, plus particulièrement, les classes laborieuses des campagnes, des violences de l'institution féodale, et coopéré à la formation de cette cUss.e intermédJAire appelée le tiers état.

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Le coAcoum de toutes ces parties de la population a singulièrement favorisé la fondation des centres d^enseignemeni restés célèbres, établis à Fleury, ou Saint- Benoît-sur-Loire, dans la petite ville de Meung-sur-Loire, à la collégiale de Saint-Aignan d'Orléans et, au xiv' siècle, de rUniversité.

Ce sont ces établissements qui ont conservé, développé les germes de la science et des lettres, et révélé aux populations le sentiment artistique dont les œuvres frappent et charment Tattention la plus indifférente des visiteurs des vieux quartiers de la Ville.

Ils y rencontrent les diminutifs du donjon féodal, où, même dans la paix de la famille, il fallait se protéger contre la haine, la cupidité ou la fureur des partis, à Taide de portes à cintre surbaissé, d'issues sombres et étroites, d'escaliers se repliant sur eux-mêmes, appelés noyau ou à vis 9 permettant à peine le passage d'une seule personne, mais accidentés de paliers assez larges pour en contenir plusieurs, et ainsi propres à repousser l'attaque et à protéger la défense.

Les autres habitations, aux baies plus larges et plus élevées, abondamment garnies d'ornementations et de figurines donnant, les unes, au bois et à la pierre, le moelleux des tissus les plus légers, aux autres, les formes les plus énergiques ou les plus gracieuses et^ quelquefois aussi, les plus bizarres, les plus railleuses et les plus rabelaisiennes.

Enfin, c'est dans cette cité que se sont perpétuées ces familles patriarcales composées de cette noblesse urbaine : s'élevant, par le respect des anciennes traditions, au-dessus de la noblesse de la conquête, batailleuse, turbulente, et sortie, depuis peu seulement, de l'isolement où la maintenait le culte de ses souvenirs.

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La seconde question, relative à la valeur désœuvrés publiées par les écrivains qui ont traité ce sujet, convie également à reconnaître Topportunité de la publication d'une nouvelle histoire.

Sept écrivains se présentent, en même temps, à la pensée.

Le premier et le plus illustre est, certainement, César, le vainqueur de la Gaule, le seul qui nous ait fait connaître la situation de la ville celtique appelée Gen-ab^ la religion, les institutions et les mœurs de ce vaste territoire qui allait être réduit à l'état de province romaine ; mais œuvre tellement rapide qu'on ne peut s'y arrêter que comme à la préface de celle qui doit la terminer.

Le second est Charles de La Saussaie, doyen du chapitre de l'église d'Orléans qui, en l'année 1615, a publié l'ouvrage intitulé : Annales ecclesiœ aurelianensis,

Lejugement le plus judicieux et le plus impartial porté sur cette œuvre historique se rencontre dans la préface d'une autre publication : U Histoire de Véglise^ diocèse^ mile et université d^ Orléans^ par Symphorien Guyon, curé de la paroisse de Notre-Dame-des-Ormes-Saint- Victor, détruite depuis la Révolution de 1789 ; préface de Jacques Guyon, frère de l'auteur. — Il s'exprime ainsi :

« n est vrai que quelques-uns ont écrit de cette noble ville; mais ça été si succinctement et en si petits ouvrages qu'ils ne méritent d'être nommés historiens. J'avoue que M. Charles de La Saussaie, de bonne mémoire, doyen d'Orléans, a écrit et donné son livre : Des Annales de Véglise d'Orléans, où il a fait entrer tout ce qu'il a pu recueillir de l'histoire de son diocèse; mais, il faut le confesser, il n'a pas entièrement satisfait la curiosité, tant à cause que son livre est composé en latin, que parce que beaucoup de choses ont encore échappé à ses soins et diligentes recherches qui eussent grossi et fort honoré les annales, i

Jacques Guy on fait honpeur à son frère Symphonen du complément dont les annales de La Saussaie avaient besoin.

Le troisième est François Lemaire, auteur de Y Histoire et antiquités de la ville et duché dVrléans, « avec les noms des rois, ducs, comtes, vicomtes» gouverneurs, baillîfs, lieutenants généraux, maires, échevins et autres officiers; fondation de l'université et plusieurs choses mémorables.

» Etisemble : le tome ecclésiastique contenant rorigine et le nombre des églises, monastères, histoire et vie des évèques d'Orléans. >

On le voit, cet ouvrage doit contenir les documents les plus nombreux pour faire connaître tout ce qui constitue Thisloire de la ville.

Mais les richesses qu'il possède ne s'opposent pas à ce qu'on y remarque, presque à chaque page, des erreurs résultant de Vétat de la science à cette époque et, même, des préjugés répandus alors dans les classes les plus éclairées et, particulièrement, l'absence absolue de méthode et de la liberté entière d^exprimer un sentiment ou une opinion dans toute leur étendue.

En outre, il faut prendre en considération la date de la publication de l'ouvrage; de Fannée 1645. Jusqu'à l'année 1789, alors même qu'un s'arrêterait à ce millésime, s'ouvre une lacune qu'il est important de combler.

Le 4uatrième est Symphorien Guyon, dont il vient d'être parlé, auquel est due : Y Histoire de Véglise, diocèse^ ville et université d'Orléans, «contenant l'histoire d'Orléans, sous la loi de nature et durant douze siècles de la loi de grâce, sous la conduite de Septante, évèque. t

Cette œuvre, publiée en Tannée 1647, est très remarquable par Tarapleur de son programme; la partie, V Eglise et le Diocèse^ y est traitée avec le plus grand développement ; mais il laisse beaucoup à désirer dans sa partie consacrée à Y Universités

Quant à ce qui a précédé ravénement dn Christ et que l'auteur appelle Vère de la loi de nature, Touvrage ne contient que des théories indignes de figurer dans une teuvre historique.

Il est impossible d'accepter les noms de Oallus» âls de Qomer, comme étant la racine des mots Gaule, Oaulois.

Non plus que les noms de Geltus et de Galate, compagnons d'Hercule, comme la racine des mots Celtes et Oaêls.

Ou bien de faire descendre le mot Franc de Francus, ce Troyen qui serait venu avec le pieux Enée, ptits JEneas, après la ruine du royaume de Priam, fonder la ville de Troyes, en Champagne ; et le nom de l'ancienne Lutèce, aujourd'hui Paris, du fils de ce Francus, nommé Paris, représenté comme le fondateur de cette célèbre cité.

Il est plus conforme aux données historiques d'accepter les druides comme étant les fondateurs de la ville de Oen-ab; mais on ne peut admettre que leur religion ait eu pour fondateur < Goroer, âls de Japhet, défendant de n'adorer qu'un seul Dieu ; de ne point commettre l'homicide; de se garder de l'inceste et des conjonctions illicites; > et qu'ils eussent, comme le dit textuellement Guy on, c fondé, sur la prévarication à ces prescriplions religieuses et législatives, leur justice civile et criminelle, i

Il est non moins difricile d'admettre, avec cet auteur* que c les classes des écoliers nobles, dans les écoles des druides, fussent tapissées de miroirs dans lesquels ceux qui étaient de quelque grâce et beauté corporelle étaient advertis de se rendre plus beaux par les biens de l'esprit, les biens du corps n'étant que biens passagers; tandis que ceux qui avaient quelque tache, laideur ou difTormîté, étaient instruits de couvrir les défauts de la 'teture par vie vertueuse et actions héroïques. »

On ne peut admettre qutles Mterllees hmiMiiiis, doiii U

loi des dnjides est accusée, âoient une calomnie de César et Teffet de la jalousie que les Romains avaient de la gloire le la nation gauloise, c de laquelle ils tâchaient de ternir la splendeur; ces prêtres qui* suivant le témoignage de

[.César, étaient tiès dévotieux, n'eussent pas voulu brûler

^eurs images, » car la loi des druides consacrait plusieurs modes de supplices autres que celui de Tincinération» dont la cruauté et la diversité n'eussent pas Qoinâ porté atteinte à ce sentiment de respect pour :

HUmage des dieux^ que le premier.

Si, de ceUe étude de renseignement de Symphorien Guyon, intéressant la religion des druides et les annales celtiques, on passe à Tétude de l'enseignement intéres^sant Torigine et l'évolution du christianisme dans les Gaules, on y rencontre des récits empruntés aux croyances des

(elasses populaires les plus primitives, ce n'est que récits de miracles, de possessions, de sortilèges, de magie et d'incantations.

Les hérésies, les schismes, les jnifs, la réforme, sont le sujet, de la part de Tauteur, de manifestations rappelant les souvenirs, les plus sombres» des auto-dà-fa de Finqui* âitiOD.

U est inutile de rapporter leç textes, la main s'y refuse; on doit se borner à taire remarquer qu'il est impossible que les appréciations sur les faits et les personnes ne se ressentent pas de la conviction et du zèle passionnés de l'auteur, et que son œuvre ne soit remplie des erreurs auxquelles cette disposition de Tesprit entraîne*

Cependant, si on pouvait dégager Y Histoire de rÉglise^

: Diocèse et Université dOriéatis de ces excès de crédulité,

rde ces violences et de resprit de 3ystème qui la gâtent, on se trouverait en présence d*un plan et d'un texte mar* quant, avec une véritable distinction, une époque de tran-

iiil4an d«ns l'art dÂerii» rbistoire; annonçant, pour mu

arèfiir prochain, l'aTènement de la méthode et du style des écrivains du xviii' siècle.

Il est juste d'ajouter au nom de Symphorien Ouyon celui de son frère Jacques, dont il a été parlé plus haut : ecclésiastique comrae lui, l'auteur de la Pré face au leC' leur placée en tête de V Histoire de t Église, Diocèse et Unipersitè d* Orléans,

Dans cette longue et belle préface , Jacques Guyon résume avec clarté et correction l'histoire proprement dite de la ville.

Cïtte notice n'est pas, il est vrai, exempte de propositions erronées, tuais elle en contient, en plus grand nombre, certaines autres plus conformes au sentiment historique; le calme de Texpression de la pensée fait regretter que Jacques Guyon n'ait pas remplacé son frère dans la tâche que celui-ci a entreprise et terminée.

Cette nomenclature, assez restreinte, d'écrivains qui ont traité de l'histoire générale de la ville d'Orléans se ter* mine par les noms de quatre auteurs et par la mention de deux ouvrages.

Le premier île ces auteurs est Daniel Polluche, exerçant le commerce k Orléans, où il est né en Tannée 1689, et où il est mort en Tannée 1768.

Le second est Beau vais de Préaux, médecin, aussi né à Orléans, le !•' août de Tannée 1745; mort à Montpellier, où il s'était retiré à la suite des événements de la Révolution de 1789, à laquelle il prit une part très ardente.

On les confond, ici, parce que leurs œuvres se confOD dent et que les deux auteurs, k vrai dire, n*en font qu'un.

Les oeuvres de Polluche se réduisent à de nombreuses et importantes notes, encore, aujourd'hui, éparses dans la bibliothèque d'Orléans et dans Tune de celles de Paris, recueillies en grande partie par Beau vais de Préaux, au cours de Tannée 1778, sous le titre d'Essais historiques

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sur Orléans y qu'il a eu, d'ailleurs, la modestie de présenter comme n'étant qu'une édition des recherches de PoUuche, auxquelles il n'aurait fait que quelques additions.

Cet ouvrage est remarquable par sa mise en ordre* et la clarté de l'exposition et des renseignements qu'elle contient.

Le troisième est M. Vergnaud, exerçant le commerce à Orléans, où il est né le 20 mai 1785, et où il est mort le 20 décembre 1870.

M. Vergnaud, qui a ajouté à son nom celui de Romagnési, famille dans laquelle il est entré par son mariage, a publié, eii l'année 1830, d'abord sous le titre d'Indicateur orléanaiSj et ensuite sous le titre à! Histoire de la ville d Orléans, de ses édifices, monuments publics, etc..., 2* édition de V Indicateur Orléanais, de nombreux et précieux matériaux pour servir à une œuvre plus étendue et plus achevée.

Cet ouvrage, en un petit volume de 672 pages, est d'un haut intérêt.

Non content de ces deux titres, l'auteur a ajouté à sa première partie celui-ci : Topographie, établissements anciens et modernes, enceintes et accrues; il a divisé le tout en fragments placés sous différents titres, dans chacun desquels il observe Tordre alphabétique.

Emprunté, en très grande partie, aux notes laissées par un savant ecclésiastique, M. Tabbé Dubois, cet ouvrage se distingue par une disposition qui donne une grande facilité aux recherches ; mais il n'a pu ainsi échapper à Tinexactitude et à l'insuffisance.

D'ailleurs, pour qu'une œuvre, quelque sujet qu'elle traite, soit complète, il faut lui donner la forme appartenant à sa propre nature, surtout lorsqu'il s'agit de l'histoire dont toutes les parties procèdent les unes des autres.

L'œuvre de Vergnaud, indépendamment des incerti-

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tudes et âes api^râdations has&fdétds 4u^^n êst éH drtftt d» lui feptocher» appartiendra toujours, avec distinction, il est vrai, à la classe industrielle des Indicateurs, à laquelle elle a été» dés son origine, destinée.

Le quatrième est M. Denis Lottin.

Né à Orléans, où son père exerçait la profession de cou* télier, et lui celle de maître de violon, il a publié, en 1836, Les recherches historiques sur Orléans et ses environs, ou Table chronologique des principaux événements et faits qui se sont passés en France depuis Aurélien, 38' empereur romain. Fan de J.-C. 274.

Cet ouvrage est dédié, par l'auteur, à ses concitoyens; non-seulement ses concitoyens, mais le monde érudit, lui ont fait le meilleur accueil.

Gomme il le dit lui-même, son œuvre est surtout une table chronologique; elle participe du défaut qui dis* tingue ces ouvrages : Tesprit historique lui manque absolument; et si on peut, à l'aide Je ces détails sans lien entre eux, sans ensemble, suivre la destinée d'Orléans pendant cette longue suite de siècles, c'est en l'observant par accidents, et en se livrant soi-même au travail de rhistorien, pour rattacher les uns aux autres les événements qui se succèdent.

Une justice doit lui être rendue : l'entreprise de M. Lot» tin, commencée, suivie et terminée, en obéissant à un seul mobile: l'utilité publique, sans autre direction que celle d'une patience dépassant toutes les qualifications laudatives qui peuvent être données à cette précieuse faculté intellectuelle, est digne de la gratitude de tous ceux qui s'occupent des travaux de l'érudition et des amis des travaux historiques.

On peut, cependant, sans manquer à ce sentiment, dire que, à ce défaut propre à tous les travaux chronologiques, et, à plus forte raison, propre à tous les auteurs qu'une

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éducation littéraire n'éclairait pas et ne guidait pas dans les obscurités d'aussi abondantes recherches, s'ajoute le défaut de fréquentes erreurs et de nombreuses lacunes.

On ne doit parler que pour mémoire des écrivains Orléanais qui ont précédé les écrivains dont les noms précèdent.

François Lemaire a réuni, dans un volume publié en Tannée 1646, les œuvres de Léon Tripault, conseiller au Présidial ; Pyrrhus d'Angleberme, docteur-régent de l'Université ; Raymond de Massac, docteur en médecine; Raoul Boutraie, avocat au grand Conseil, tous ayant écrit sous l'inspiration d'un très vif panégyrisme.

La première pièce de ce recueil est intitulée : Silvula antiquttatum auy^elianarum, Lugdo Tripuiio, in Aurelianensi Prœsidatu consiliariOy auctore^ 1573.

Ce titre indique suffisamment que l'œuvre appartient exclusivement au panégyrisme ; le volume ne dépasse pas trois feuilles moyen in-S".

La seconde est tout simplement intitulée : Panegyricus Aureliœ urbis clarissimœ, auctore Pyrrho AngleberrneOy legum prof essore aureliano, anno 1517.

Vient ensuite ï Aurélia de Rodolphe Boutraie ; son texte se prolongeant en 724 vers, ne peut être considéré comme une œuvre historique.

Tous ces ouvrages sont écrits en latin ; ils appaniennent bien plus au langage classique qu'au langage historique.

Cependant ces écrits, et particulièrement celui de Boutraie, peuvent être consultés avec fruit dans quelques-unes de leurs parties, telles que celles qui intéressent les hommes de la science, de la jurisprudence et des lettres ; les monuments, la distribution intérieure de la ville, son aspect et ses environs.

Il faut arrêter ici cette énumération et lai^s^r de côté, quoiqu'elles ne soient pas sans importance, les œuvres restées manuscrites et que possède notre bibliothèque, et

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aatre« opuscules, tous en assez grand nombre, ainsi que celles de nos contemporains qui honorent nos Sociétàa fitTantes, auxquelles on doit souTent avoir recours ; deux observations suffisent.

Après cet examen critique fait sans aucune préoccupation autre que celle de juger et de faire connaître le caractère des travaux historiques dus à nos devanciers, on peut dire que la ville d'Orléans n'a pas d'histoire digne de son antiquité, de sa célébrité et de son importance.

L'entreprise sera d'autant plus attrayante, que les œavres des auteurs anciens, quelque justes que soient les appréciations auxquelles on vient de les soumettre, n'en sont pas moins reconnues être dignes d'une véritable estime.

Cette entreprise sera d'une exécution d'autant plus facile, qu'à ces précieux auxiliaires viennent se réunir les archives, tant celles de la Préfecture que celles de la Ville et de la Cour d'appel, rangées depuis les œuvres antérieures avec le plus grand soin et confiées aux gardiens les plus éclairés.

De sorte qu'en traitant ce sujet spécial, il n'est pas nécessaire d'insister sur la troisième question posée plus haut : Quelle est la nature des documents dont on peut disposer? On voit qu'ils sont aussi précieux qu'abondants.

Ces conditions réalisées, on peut se mettre à l'œuvre en tâchant de remplir avec exactitude le cadre suivant, composé de quatre divisions qui, toutes distinctes qu'eUes soient, se réuniront pour former un tout indivisible.

La première comprendra une étude rapide de la tribu celtique connue sous le nom de Camutes, et cela jusqu'à la conquête des Romains, en l'appliquant plus spécialement à la situation de la ville pendant la guerre et en la suivant sous l'administration de l'Empire, jusqu'à la prise depossesgion de la Gaule par les Francs.

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La seconde aura pour objet l'étude de la situation de la Tille au moment de la conquête des Francs, c'est-à-dire à ce moment où la nationalité gauloise perd sa qualification de Gallo-Romaine pour prendre celle de Gallo-Franque ; elle s'étendra jusqu'à l'époque où les institutions de TEglise et Je la monarchie permettent de donner à la nation Gallo- Franque le nom de France, c'est-à-dire depuis le règne de Clovis jusqu'à l'avènement des Capétiens.

La troisième, toujours en se renfermant dans le cercle de l'histoire locale de ce règne , s'arrêtera à celui de François I".

Et la quatrième, de ce règne à la fin du règne de Louis XVI, époque à laquelle l'unité de la loi et de l'administration publique, et surtout sa centralisation transportée au siège du gouvernement , la facilité et la rapidité de la viabilité ont enlevé aux villes leur caractère propre, leur individualité, et fait disparaître la diversité des institutions et de la législation, et, par conséquent, la diversité des mœurs et même des vêtements, et, avec le temps, celle des intérêts et des préjugés.

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