ÉTAT MATÉRIEI, DE LA VILLE. — SA PREMIÈRE ACCRUE
11 nous semble utile de mettre rétat iiiatcriel et la distribution de la ville, en présence de l'état indéterminé de ses institutions, afin de faire mieux comprendre l'harmonie qui régnait entre leur situation respective et, par conséquent, quelles étaient leurs rapports.
L'état transitoire leur était commun; l'institution de la justice, l'administration proprement dite, et môme celle de l'enseignement public étaient vagues et incertains ; la vieille ville elle-même se sentait à l'étroit dans ses murailles romaines.
La ville dans sa forme extérieure n'avait pas changé, elle était encore entourée de ses puissantes murailles éperonnées de ses tours, et fermée de ses guichets et lc ses trois portes armées de fortes défenses.
Elle était encore garantie par ses larges fossés à l'est, et par
la tour neuve, par la tour blanche que l'on dit être une construction postérieure au x* siècle, la tour dite d'Aval Ion construite dans cette orientation, pr6s de la rue des Africains, Ifr tour de Saint-Flou, cnnsLniite près de TégH^e de rc nom, la Porte Bourgogne, (lanquêe de deux tours fort élev<^H}s. la tour Saint-Etienne, près de TégUse de ce nom» une autre tour dite du champ Egron, près de celle de Saint-Etienne, la tour dite AubliUj dont on a changé le nom en celui : des Baudca dont on voyait naguère encore les ruines près du jardin de révécbé ; et enfin la Lour de la Fauconnerie, aujourd'hui le palais épiseopal.
On voit combien nous avons eu raison de faire remarquer déjà à quel point le sentiment de la défense de la ville était dirigé vers le côté de Vcsty lorque nous !e signalions d'une manière exacte, en nous plaçant au point de vue de Tétat primitif de la ville, et combien ce sentiment a persévéré à mesure que les temps ont marché, pendant lesquels ces mojens de défense se sont multipliés de ce coté.
Si nous continuons à examiner l'investissement de la ville au moment de Tadjonction du bourg iVÂvenum à son enceinte romaine, nouâ voyons qu'au nord, la rue actuelle de Tévéché était un large fossé, se prolongeant juaqu*à l'oratoire de Saint- Pierre en sentelé ou du martroy.
Ce fossé était accompagné au nord comme celui remplacé par la rue du Bourdon-Blanc à Test, d'une forte muraille qui ne s'arrêtait qu'à la hauteur^ aujourd'hui de la porte du Lycée ouvrant sur la rue Saint-Pierre; e'est-à-dire que cette muraille venait se relier à la porte Saint-Samson.
Chemin faisant elle avait rencontré la porte Parisis qui était pratiquée où se trouve anjourd'huî le monument dit l'institut musical, cette porte, nous l'avons dit déjà était flanquée de deux tours.
Et maintenant si nous considérons la nouvelle enceinte renfermant le bourg d'Avenum, nous aurons une idée exacte du nouvel état de la ville, et de cehii dans lequel Farmée anglaise qui bientôt va la menacer, tlevra la trouver, et (jui va être décrite.
Nous avoûs constaté la tendance qui B'cf»t manifËstéd dëji < Tannée 1091 ^ de la part de la population urbaine^ à s*élendre du crtté de Toueât jusqu'aux dernières Umitoii du bourg d*ave* nura, et que cette initiative était due au clerj<è.
Il ue pouvait i^Ui'n* (*n être autrement; le elergê représenté par l'tWAque et les éUili lisse nient» religieux pOî*sédaient toule«i l#»s parties du territoire urbain et suburbain ; eux seuls pouvaient «lonc en disposer,
Nous les avons vus le faire en reculant les limites de la ville au delà de ses murailles, ji touest en ecMi-brant une solennité qui suivant les rites de lu religion ne pouvait être que de Test h Touest et qui a consisté h reculer successivement la pose de la croix buisée, du coin maugars à la place du marché de la l*orte Henard, et do ce lieu au carrefour de la croix Morin.
Mais lu lenteur était la régie de conduite de ce temps, et ecB manifestations, ces entreprises commencées au xi* siècle, attendirent jusqu'à la fin du xnf pour s* accomplir.
Ou commença prol»abîemcntt car celte date est contestée, en Tannée 1300, les travaux qui devaient ajouter le bourg d*Ave num à ta ville,
Déjà nous avons constaté à l'aidn d*un renseignement inuirect, mais sérieux *jue Ir hourj (rAvonnrn était pnitéL^é ï»ar des murailles.
On dit aussi que les travaux de lu nouvelle enceinte lurent terminés en Tannée 1329,
Nos prédécesseur historiens de la ville en ont donné une description très détaillée»
Ils tirent une ligne de la tour Saint-Samson, c'esl-à'din% aujourd'hui, Je la (lorle d'entrée du lycée ouvrant sur la rue Sttint-Pierre du martro)% jusqu'à la hauteur de la rue aujourd'hui appelée de !a Vieille-Poterie.
Là un bâtit une tour à laquelle on donna le nom de Michau-Quaulau,
Cette muraille dirigée de Test à Touest, fut dirigée du nord au midi, jusqu'à la place dite marché de la porte Renard, et do lf\jusqu*au milieu de la place encore appelée, cloître Saint-
su
■Patil où dit-on se trouvait la tour dite de Teschifif (1) SaÎDt-Paulf sur les londalioasde laquelle qq a bàli celle servant, encore de Blochep à celte église.
On prolongea cette muraille, de ce point jusqu'à la Loire, et, alors le bourg d'Aven uni fut clos même de ce côté de son
tnceinte partie de la clôture nord de la ville, venant la rejoindre la porte du ehiiLelet* Cette nouvelle nuiraille, nous Tavons dit était accidentée de [>urs de défense, celle désignée par le nom de Michau quin ou 4uaintau, la Porte-Renard étont elle-même flanquée de tours, venait ensuite la tour de SainL-Paul, et enfin, à peu de distance 1^ de la Loire !a tour ronde,
^ft Cette addition d'un quartier très important à la ville, attes- ^■tant un accroissement considérable de sa population, nous en- ^Pgage à faire connaître en le décrivant une plus ancienne augmentation d'habitations qui s'est opérée dans Tenceinte même tde la ville.
La quaiilicatiou, le caractère donnés et attribuas à ce quartier qui a conservé presque sans altération son aspect d'antiquité et de moyen âge, a déjà été Tobjet d'une attention particulière.
11 a été question dans la nomenclature des établissements religieux et des églises de la ville, du baptistère de Saint-Pierre le Puellier, Sancttis Pelrus Puellarum par opposition au bapti- [stère de Saint-Pierre des hommes Sanctus Peirm virorum.
Ce baptistère semble avoir été construit dans un lieu vague
[et dépendant deslortiOcations qui défendaient la ville à Test et
lijrenfermée entre les murailles eomposaui l'angle sortant des
i devenus la rue de la Tour-Neuve et la muraille s'éten-
dant de rextrémilù sud de cette rue, le long du fleuve, jusqu'à
ila porte du Chàtelet ouvrant sur le terre plein du pont. Cette appréciation est eu tièrement justifiée par un texte de (1) Ce mot est écrit eschiffre par M, de Buzonnière qui nous en dODoe cette liéfiEitioo, les raurailloa n'étaient appuyées d'à ucun terr«8aement; elles s'élevaient entre deux fossés, on moauit à leur «omiûet ttar un esculier volant nommé eschiffre.
de «aînt Eiidii^r, Tim «Jrs «*v«Mjiii*8 d Orle»iirw, A la chute iic^ Irt mec Mcr(Hfiiigi**niK% lorswja'on y \avr\i* *\t* ce wàinl moaa8ii*n; tic cr* ^inli*.^ fi 11»*» iini se fatJKnieni rtnîuin[iit*r par leur» vertu» <ÏN te vifi* »iMi^ »lrtn« c**lr:tnhliî«s«^motil, ïilors, «li sèment ce texte, siliiè /jfr<** de fa vifte in cœnobio juxia urbem aurelianemem (Gai lia ehri«tianii}t
Ces mot» Hont justifiés fiar \v^ flcte« tic rmitcMÎtc r**vale inlerTeiius en Tan iOOO, h roccasiun des proijigca qui m mni accomplis dans t'églij^ do monastèro do Saint-Kcrn? \t Puollier*
Nous avons parlé» diaprés tous les histartenSf de la ti»iTCur rpi inspirait à toutes les p>opu1atioiiî) de. la chrétienté et cela mal(<ré kfi efforts du clergé el xie^ Hup^rîeura dea ordres mon{Ukliqiie«^ pour les rassurer et les dissuader de cette folle croyance*
Nous avons» surtout,, insiste sur ce qui s*ôtait passé à Orléans dant* régliBC de Saint PiciTc*le*I*uellier,
Ce jour redouté passé paisibleraent» ne laissa pas moins tin long; souvenir dans les esprits et les merveilles de Ti^ise de Saint-Pierre-ïe-Puellier^ phn parttcutièrenieot que celle« rcrnarqrièca dauK ré^liiic Sainte-Croix, sur lesquelles nou« ne reviendroD)^ pu^^t invilêrent le roi en Tannée lOISt en niémoiro de ce qui s*y était (rnssê quatorze ans auparavant, à donner au chapitre de Sniul-Pierrc-le-puellier, Irausrormé, députai It? x" siècle, d*un ètahlinseuicnt religieux des llUes en un établissement religieux irhommcs, le territoire sur lequel cet éiablis- «emeiil était coustruiL
(jC territoire étendu était donc vague et inhabité : et cette charte royale justifie pleinement, les termes que nous venons de citer, empruntés à la me de Saint- Eucher.
Bientôt la régularisatioa de Tadministration de la justice rendue dan» le monument appelé le chatelet^ Pinstitution de TirniverHité, rùtahliâsement des bénédictins, dans le monasltVre de bonne nouvelle, la coiice.Hsinn du terrain fait à titre d'asile sous le uoin de Saint- Benoit a Tordre des reUgieux de cell congrégation établis à Fleury, occasionDcrent la coDStnicUon de ce terrain, et les rues se formèrent, entre autres celles qui
aboutissaient sous le nom de la rue de la Charpeuterie et cell% soQs le Qom de ce aaiot, à l*égliâe placée sous riovocation de Saijit-FIou.
Celte rue fut alors divisée eu deux parties : la première, plus près de Téglise, couserva ce doqi; la seconde, appartenant à la circouseriplion de réglise de Saiot-Pierre-le-Piiellier, divisée, elle-uiénu% eu deux jïarties^ prit deux noms appU«^ués ù chacuuc d'elles, Tune celui de la rue du Jeu de Pauline^ et l'autre du Petit Bel Ebat.
Ces deux dérioniinâ lions constatent que les rues formant uft assez long parcours étaient à peu près désertes et que dans Tune ou pouvait laacer la balle avec le poing ou avec des raquettes, et diia^ Tautre était un cabaret où les amis de la joie pouvaient s ébattre^ îie réjouir eu toute liberté; et enfin, a l'appréciation de Tétat de ces rues, vient s'enjoindre une autre qui la jualiCe : où rappelait de rebouche pénil ^ mot dont le sens ne nous est pas connu d*iîne manière certaine, intiis qui nous semble désigner un beu de libertinage et de grossières débauches.
C*est à ce quartier qii'apparU:!nait la rue Froidure et des Bouchers.
On destina aussi dans la suite, à la corporation des imagiers, la rue dont nous avons parlé déjà, une autre fut appelée : des sept donnants, qui rappelle la légende des sept dormants d'Ephése, dont le sommeil se prolongea à peu près deux eenU ans ; Les saints dormeurs revîtirent, un moment à la vie active, et rendirent ainsi, témoiguage do la résurrection des morts.
L'église se trouva adossée h une rue étroite et les éperons qui poutièinu^nt son entrée principale aujourd'hui conilamnée, suggérèrent au peuple de ce quartier de ilonner à cet étroit passage le nom de la rue des PiilierSj ce qui a autorisé le langage populaire, à eorrnmpre le mot de Saint-Pierre le Puellier en celui de Sainl-Pierre Pilliers; erreur partagée par plusieurs écrivains du moyen-àge.
On remarque encore la rue du Gros-Anneau, qui, jadis, était appelée la rue de Malmusse, d*un savant docteur de
d^univcrsitft dont 1^ nom patronlmique était Gaitts et qui appnrienait h ttcilit (ainille la plus ancietine de In haute botirgoiBic d'Orlciins; et Tune des plus rcipectables.
A répoi|ue où ce territotrc était juxla urbem aurelianen iètn, Coïnn de Malmussc en possédait une très f^rand»* partie mt rattachant d'un côté au doltrc Saint- Pierre-Ie-PuI lier, de Tautro à la rue dite Saiut-Gillef , dans une de si*s parties la plus rapprochée de la Loire, du puy Montberri, et qui» avec le temps^ prit le nom qu'elle porte encore : des Grandes Fxolea ou de VVmver^ite.
M. de MalmuHse en fit donation aux habitants de la paroisse de Saint-Pierre-Ie-Pucllier qui donnèrent h, la me construite sur ces terrains \n nom du flocteur, mais tes générations qui sai%'i* rent oublièrent ce dernier et cette rue s'appelle aujourdltui cl depuis longtemps : la me du Gros- Anneau.
En traversant de lu rue du Gros-Anneau se dirigeant vera Test, la petite place appelée : cloUre Saint-Pierre-lc-Pueliier^ on trouve la rue des Africains, ou dos Albanais ou de la Muftiquc Ronde.
On a recherché Torigine <b* ce« noms, on a cru la trouver dans les mémoires de Joirnill»* où se lisent ces mots : turs affYiquains^ désignant ainsi les Sarrasins que les croisés allaient combîdtre ; on a ftup|»os4> qus des prisonniers lîe cette nation avuieiil êlé unienès a Orléans et qu on leur avait donné U rue qui a pris ce nom, pour lieu de résidence.
On rîi[ï[udait, aussi, la rue des Albanais correspondant au moi Auhiîut, consacré par les lois anciennes etmoderne« pour déteigïier les étrangers : Alibi nali.
Enfin ces mots se réunissent au mot : Aubaine exprimant 00 droit barbare consistant à s'emparer des biens des élrmi- ^rs mortH sur le territoire de la moaarcln'e, ou de toutes le* richesses que le naufrage jetaient sur le rivage de la tuer ou des fleuves.
Le nom de Musique Honde (ortine loriginc do celui d'Africains synonyme alors de Sarrasins, car il rappelle Tintroduction dans rOccideat du tambour cl des ei m baies, due aux guerres des crniHudeg: il e^t prolwible que ces étrangers char*
Pîît les ennuis do la cnptiviié et de l'exil par rhanuofùe de eesiusirumenls de leur musique nationale.
Tout ce qui vient crt^ire dit reçoit un coroiktre de quelques détiiils que nous emjirunioos a un usage qui, rt^monlant h ces temps reculés, s'est prolongé jusqu'au xvij'^ siècle, nous rempruntons ?t Finvenlaire des maisons du domaine du chapiire (de Sainl-Pierre-lc-Puêllier ) , composant la ceiïsive d'Orléans tant à cens, rentes, droits de refus affurements el vi-
Hûes.
*Nous
fous n'insisterons pas sur la déllniiiou de ces mois qui appartiennejit ati droit frodal, ce qui nous eiitraînerail bien loin, et ce que nous avons fait d'ailleurs dans le mémoire» spécialeraenl consacré à la justice de ce chapitre de Saint-Pierre-le- Puellier (lom. 4, des mémoires de la Société archéologique de rOiléanais), nous croyons devoir nous borner, ici, uégligeant les droits et redevances dont cerlaines maisons tUakut grevées au profil du chapitre, a donner les noms par lesquels chacune d'elles onl été désignées jusqu'au jour où ce mode de désignaa été remplacé par des chiffres.
e ne fui qu*en Tannée 1738 que les maisons de Paris onl été numérotées, el on n'a dû que plus lard adopter cet usage, dans les villes de province; la rue des Images ne compiait que lro)s maisons sujettes à une redevance censueîle ; Elles portaient les enseignes suivantes : îa Pomme liouge, la Bihîiothèque des Atlemands, les écolicjs de la nation germanique étudiant k runivtrsité émient les seuls qui ont eu une bibliothèque ; la Tête de Loup,
La rue des Sepl-Dormants en compiait six: la Lamproie, Saint-Bridel y les Fouhîi.'i, le Ci (nid el le Petit SainhGiiies, Y Èpéf d'Argent, Vulcain.
Dans la rue de Malmusse, on cite quatre maisons appelées la liobire, les Fieitrs, les Trois Couronnes^ VUniversité.
Dans la rue du jeu de Paulmes Tune des divisions de la rue Sainl-Flou, le chapitre n'en possédait que deux : te Saint-Nom deJésus^ Sainî'Crespin.
La rue des Tanneurs, dix-huit: fe Héron, VAne bridé, les
Noc4'4,hJeu Gillan (i), les Plaim, le Grand PuiU^ la Jf ais^ii Jacob, les Moulins^ le Fournil, le Saumon^ le Guichet^ le Pieuû^ la Cour aux Balles^ le Saint-Sacremenlr la Tajinm^ les Mamreê, la Graue-Pierre,
Le passage des Porleaux, qui met en communication la rue des Pilliers avec la rue Froidure ou des Bouchers, en avait quatre ; les Portaux, le Boulevard, la Citadelle, le Grand Four,
La rue des Bouchers n'en comptait qu'une: le Taureau,
Le cloître Saint-Pierre-le-Puellier comptait quinze de ces maisons accensées par le chapitre : la Rochelle, VAutruche, le Grand Monlargis, le Petit Montargis, la Croix-Blanche, les Commis noirs^ Saint-La:Mre, la Tête Noire, le Périgord, Saint-Michel, le Drago n, le Carillon^ ta Grille d"Or, la Poterie.
La rue de la Tour ou des Pilliers, en comptait quatorze : le Chapelain, le Petit Saint-André^ la Cygogne, le Cygne, la Tour, le Chêne-Vert j le Grand Corps de Logis, le Renard, les Quatre-Ècus, les Brodeurs, la Porte-Jaune, le Faucon^ ta Ca^e Rouge,
Dans la rue des Africains ou des Albanais ou de la Musique Ronde, on comptait quatorze de ces maisons : la Croix Noire, le Pé?rïf Sant^fu, TJ/^dnaîs, le Kio/on f/\4r(;en<, le Pélican, Saint-Denis, Saint-Avit, la Fontaine Ronde, Prieuré Saint- Flou, Saint-Jean, Saint-Jean-Baptiste, le RéveiK Notre-Dame, le Petit-Puits,
Enfin dans la rue de la Folie, se trouvait vingt maisons âccensùes : Saini-Hubert, la iî^i'^^nÏTc, la Maison presbyte^ raie, VOrme Saint-André, le Grand Saint-André, le Jêu Gillon, ÏÈcu de France, les Barbets, la Fo/!>, le Héron, Saint- Pierre et Saint-Pau!, Sainte-Barbe, la Moustache, le Banquet, la Fauconnerie , le Monnaie^ la Griffon, le Cruci^x, la Grande Folie, Saint'Aignan.
Comme on le voit, nos pfires avaient adopté un mode de
(I) Jeu du Casse pot et casse bouteille, Gik Lugena, pot« bouteille.
désîgnf^r leur flpfnourr' bîpn autrement prncîetix quR crliii qui lui a été Bubâtitué, d'autant mieux i|ue ces désignations ne s'en tenaient pas au langage et qur' cerlaineuienl, eHos se manilestaient \\nr des signes sensibl-^s exposés au regard des passants par la peinture plus ou moins vulgaire» il est vrai, mais même par In sculpture en hois au en pierre.
Nous pouvons encore en reeueillir les précieux spécimens el tout derniêremf^nl ilans une rue qui vient d'être démolie et qui taisait partie, sous le nom de Vf^crevisse, de ees bas et primitifs quartier-i, on a rencontré une sculpture en pierre beaucoup trop saillante oITrani un sujet de la plus grossière e* même de la plus odieuse indécence; indication manifeste de la destination d'une maison au-dessus de la porte de laquelle, cet objet d'art était attaché.
Nous sommes entré dans ce détail (larce rpt'il ronipnrti^ un double aspect des mouirs de ces populations dans ces temps reculés.
Nnus pf 'lisons qu'a Ih'léans. l'intlirution drs fialuinhiths pnr chilTres ru^ sVst praLi(piée qu'après la révohitiiiu de I78*J, elbs ne Tont été, h Paris, qu*en 17i8, et les détails que nous reproduisons ici. sur les habit tions de la ville d'Orléans, sont emprujités, runsi *|Ue nous ravcuis dit à l'ijiventaire des eensîves de Saiul-Pierre-loPuellîrr, dépensé aux iirchivi's du ili^tricl lorsque li^s institutions de muin morte luit été détruites (1).
Nous croyons devoir laisser un tu ornent le vieil Orléans dans cette sfln;*tiiu» eueon* rnipreintr de la bniharie de ses
(1) M. VergDaad RemagDêay au mot : numéros dvx mai^ons^ rpavoie au texte où du c roi rjAit qu'il va traiter ce «ujct; il ne aou?» parle que tré:i sommairement de l'usage sur lequel dous venons do nous étendre plus longuGin*>nt rprd ne le fait, mais il do Bxo piS PéjHXjuc à IjJijuelle les minjéros iiuniierit été une mesure almiuii^trotivp: nous croyons iju*t?lio date de ré[io<[UQ qiio noui* venons de livcr et noua ajoutons nn<> cette mesure a été assox longtemps u ae régnlariser,
Le« BÎgnoa ancicn^î ont été i objet d'un boaj travail loutâ la Uiis littéraire ot artisiirpio, fous le titre lc3 onsei^nes oiublémes et insriptloDs du vieil Orléms, dû X b plume du ducleur l'atAy, et au barn tl<* M. Da vouât (Herlnison, Ortéans^ 1878)
premiers âges ; on doit se le représenter facilement, assombri par ses hautes marailles, par l'étroitesse de ses mes, sans pavés, tortueuses, bâti de maisons en bois ou en manyaise eL grossière maçonnerie, impropres à la circulation en voiture ? ofù ne pouvaient pénétrer que les chevaux, les mulets, un à un, ob le petit commerce de détail et d'objets les plus vulgaires, de consommation, se pratiquait en les portant sur ses épaul< dans des crochets, ou attachés au col^ ce qui donnait à pauvres débitants les noms de eroeheieurs ou de eolporieurs^ ou lorsqu'ils prirent un peu plus d'extension et qu'il y eut des marchands en gros, et des marchands circulant dans les rues,, les noms de grossiers et de placiers.
Séparons-nous un instant de cette triste cité, obstruée la boue et les débris de la consommation matérielle, dont la malpropreté, Thumidité engendraient les maladies contagieuses et mortelles, où l'absence de tout hygiène et de tous soins scientiflques décimait la population, où il n'existait aucun pouvoir public, aucune police veillant à la sécurité individuelle, contre l'avidité, la misère et la haine.
Où la nuit avait un commencement efflciel, même au foyer domestique, et passé lequel la liberté de sortir, îuterdite par les règlements émanés des ofliciers du roi, était plus uue mesure de défiance qu'une mesure de protection.
Abordons, sans plus tarder, les grauds laits, qui, pour n'être (|ue ceux de la propre histoire, sont aussi ceux de la monarchie et de la nation tout entière.