‹ Histoire de la ville d'OrleansChapitre 33 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Orléans sous les règnes du roi Jean I<^, de Charles V et de CSharles VI. — Les trois premiers ducs apanagistes d'Orléans.

PROGRÈS DE l'institution MUNICIPALE ET DE L*ORDRE JUDICIAIRE.

Nous sommes parvenu à cette époque mémorable où la ville d'Orléans va devenir la dépositaire et le salut de la nationalité Française.

Mezerai et, de nos jours Henri Martin commencent l'histoire des règnes de Philippe VI et de Jean le Bon en appelant d'une manière toute particulière et même solennelle, l'attention sur la grandeur des événements qui se sont accomplis dès le premier de ces règnes.

Nous avons à dessein réuni pour les reproduire le plus sommairement possible, les deux premières phases de cette conflagration élevée entre les deux peuples, qui devaient résoudre la grande question de cette prétendue disposition delà loi salique en ifi ferre safir/ffe^ nuUe jtorlion derhênklitê ne luendra aux femef/es.

Et quoique les premiers élénieiils de cette longue guerre, remontent au règne de IMiilippe IV, nous avons cru devoir les grouper au moment où elle allait éclater.

Cette partie de l'histoire d'Orléans est tellement celle de la France tout entière qu'il est indispensable de rappeler, ici, les circonstances diverses (|ui ont précédé ce qui s'est passé sur le territoire de la ville, sous le règne de Jean le Bon, quoicju'elles appartiennent au règne de Philippe de Valois.

Mais pour bien comprendre cette guerre qui dura un siècle, de 1137 à 1437, il faut même se reporter à une alliance

contractée entre nnp pnn€e«s<* ite la maisoii ro^la de Ff cl un prince cJp U mnUfMi royale ifAQgleterrepeodMitle

de Philippe ÏV

Ce prince avait, enlr'autres enfantât une fille nommée Is;il»e1le; en Tannée i!l96, lui doooimt la Goienne pour dot il l'avait mariée à Edouard III.

De plus il avait trois lils, Louis dit le llutin ou le Lutin, Philippe «piî fut Philippe V dît le Long, et Charles dit le Bel.

Louis te Hutin lui succéda en 1314. mai» il mourut en 1316^ ne laissant qu'une tille légitime, mariée à Philippe comte d'Evreux.

Philippe le Loofî, son frère, le remplaça sur le trône, et ne vécut que jusqu'à Tannée 1318, à laquelle il mourut ne Inissant qifuiie fille mariée h Eudes, duc de Bourgogne.

Son frère Charles I\\ dit le Bel, après avotr régné, de Tannée iSii mourut en Tannée 1328.

Le mi n'avait eu que deux Qlles pendant le cours de son marifi^c% mais In reine <**tîiitencï'inle au jour do sa mort.

Philippe VL [K'Lit fiJH de Philippe \v haiuli, né du mariage de Charles comte de Valois avec Jeanne de Bourgogne, devint ainsi, le chof de celle branche collatérale à la hranche de saint Louis, connue sfnis le nom de branche des Valois.

Kn celle i|uah*lù il fut iinmmé tutf^ur (l<* IVnfant dont on atleoflnii la naissance; «rel erifanL lut unr lille.

L«^ comte t\r Valois par cetLf» nnissance, fut appelé au

tiVuKN

^laÎH la fille de Pliihppc le Bi'l avait un fils, Edouard III» rni fl 'Angleterre.

Elle éisit la sœur de Philip|ie le Long et de Charles le^ Bel

Son [ils Edouard 111, riaii piiit (tïs de Pfiilîppe le Bel et' luneij iff's deux rois Piiili|)pe V et Charles IV,

Il était en présence d'un sceptre Lonibé eu quenouille, comme on disait dans (*es teuips.

(jette siLuaLîou inspira à Isabelle île France, mère du roi d*Augleterrp, sans égard pour la tradition de la monarchie française, i|u'e[le connaissait cfrtaînemenU de revendiquer

lui

appartenant France.

it le droit horédilaire, la

comme ronne i

La cour d'Angleterre envoya donc une magnifique ambassade pour obtenir des états, alors assemblés h Paris la régence du royaume que ces étals se disposaient à donner et qu'ils ont donné h Philippe de Valois.

Cetie ambassade dépensa beaucoup de science et discuta avec une très grande puissance de dialectique, la question de droit public née du texte que nous avons cité et qui, alors, d'ailleurs dans ce temps n'était pas en France, l'objet d'un doute, pour les seigneurs de la conquête.

Cependant, les barons français hésitaient; un as^ez grand nombre séduits par la richesse et la générosité que déployaient le l'oi et les grands de T Angleterre, penchaient pour la jonc lion des deux monarchies»

D ailleurs, rencharUeiir Merlin, ce fameun [irophéte , uvait distinctemeut marqué dans ses prédictions : « qu'à ce temps, même, les lys et les léopards, seraient utiis dans un champ, et que les nobles du royauuic de France et de l'Angleterre, n'auraient pîus qu'un même monarque. ^

Les ambassadeurs ajoutaient : « Ce bienheureux jour est arrivé, et après cinq siècles la très illustre race des rois de France et celle des rois d'Angleterre, toutes deux sorties du même sein et d'une même maison, mais qui s'étaient éloignées, se rejoindront, suivant cette prophétie, en un même trône, »

a Le vaillant Witikind , disaient-ils, encore, souche des princes français eï Raoul le juste (Rollon), lige des anglais, descendent, tous deux, en ligne directe et masculine, de la maison de Danemarck.

Il est inutile de continuer ce singulier et très remarquable factum ; mais il nous a paru nécessaire de l'introduire dans l'histoire d*Or!éans oii va venir, après cent ans de combats, pour le irioraphe de la Monarchie et de la nationalité française, aboutir la consécration du droit public attribué à une loi qui n'en dit rien, mais transformée eî] un brocart qui s'est imposé depuis ce temps.

El, cependant, les rois y contrevenaient eux-mêmes, puisque

le roi d'Anf^leierre |jossédait la Guyeime couiiijl* U leoaiti litre de dol constituée k Isabelle de France, sa femme, devenue reine d'Âiigleierre ; f-L cela d*uiie nianicre si inconleslalde que les ambassadeurs du roi Kdtruard, dans le cas où on Paurail fait roi de France s^engageail» pour lui, h en rendre radmiuislralfoti U Fauiorite française : les français, disaienl-ilSf seront seigneurs en Guyenne et en Angleterre.

De ce refus, par le parlement, d'accorder aux nklamations du roi d'Angleterre la couronne de France, et de la persiîMancc de cette illustre assenibîte dans le principe de la loi saliqne, date le coraniencemenl de la guerre de cent ans.

Nous ne suivrons pus la maiche h leur origine, des hos^tilités engagées eîttre les deux nations et qui se sont produite*, d'abord dans la Picardie el dans les KLindres, quoiqu'elles aient eu pour résultat après la guerre déclarée par rAnglclorre en J337, de mettre entre ses mains : la flotte française, de ravager tour à lour, la Bretagne el la Guyenne, et de conduire Tarmée d'Edouard aux [lorles de l'aris.. el enfin de faire de Calais, uuc ville anglaise, après le désastre Je Crecy,

Sans doute, ces fails d'arnïes ont ou le siège d'Orléans pour résultats, mais ils se sont passés loin de celle ville, et après avoir, comme nous Tavons fail, mis en lumière ce qui e&l nécessaire, pour ua grand nombre, le point de départ cl la cause motive de celte guerre, nous croyons pouvoir ne nous en occupe i- qnr iorsqn'ere se rapprochera tellement du cenire de la Monarchie, qu'elle reviendra le snjei d'une juste imiuiélude pour rOrléanais, et pour la ville d*Orléans et, surt^uU, lorsque celle-ci sera robieclif de Tarmée anglaise.

r/esi ainsi que nous passerons des règnes qui ont pr»'céd«* celui du roi Jean, à ce régtie, lui-même, comuiencé depuis Tannée I3a6, el que nous ne nous occuperons de cette guerris quVn nous plaçant au cours de cette même année,

La perle de la balailtede Crécy qui fui la dernière ([ue livra la noblesse de la conquête^ dans laquelle ses restes disparurent pour faire place h une noblesse nouvelle recrutée dans une classe née de Tabus qu*on fil de rinslilulion dite ; la chevalerie, et la prise de Calais, rendirent nécessaire un temps de

repos pour Fiirmée française et meniez pcrnr Tarmée anglaise,

« L'Angleterre était épuisée par le terrible effort iju'elle venait de faire et rraspirait i|u'à se reposer, quant au roi Philippe (ces événements de la guerre remontent à l'année 1346), il baissait sous les coups de la fortune, sa tête humiliée, et le découragement avait chez hu\ succédé à la soif de la vengeance. »

C'est ce qui explique la suspension d'armes, depuis cette limée 1346 jusqu*à Tannée 1350.

La guerre recouimeoce avec sa première vivacité en Tannée 1356 ; cette fois, ce fut dans le midi que l'Angleterre dirigea 8e8 forces.

Edouard 111, comprit qu'il avait un point d'appui considérable dans la Guyenne dont la priucipaiité avait été donnée à sa mère ; et prenant, sans doute en considération, la nuance qui séparait les populations centrales des populations méridionales de la Monarchie, il pensait trouver dans ces contrées, une puissante diversion à la nécessité, pour le mi de France, de protéger les provinces du nord envahies par la prise de Calais.

D'ailleurs, la noblesse de la Guyenne anglaise qui prenait

.goûta piller ses voisins tVant^ais, appela le prince de Galles

qui vint à Bordeaux avec une armée peu redoutable, par le

Dombre, mais dont le recrutement devait s*accroitre en France,

contre la France.

Cette tactique réussit et le roi Jean qui chevauchait en Normandie, apprit (I'i5ti), que le prince de Galles se dirigeait vers la Loire poi^r le rejoindre par laTouraine,

Bientôt, en effet ce chef de guerre entra dans le Berri, s'avança jusqu'à Bourges dont il incendia les faubourgs.

11 continua sa marche sur Vierzon et sur Romorantin, et il serait, bientôt, arrivé devant Orléans si Tarmée royale ne Tavait contraint à rebrousser chemin par la crainte d'être tournée par elle, qui envahissait l'Anjou, la Touraine, le Blaisois et l'Orléanais, en passant la Loire à Saumur, h Tours, à Blois, à Meung et a Orléans.

Cette tâche est d'autant plus impérieuse que cette partie de l'histoire de la guerre de cent ans est restée confondue arec les éléments de cette phase de sa marche, et qu'elle ne peut être connue que par des documents appartenant aux annales et aux chroniques de cette ville.

Nous avons eu occasion d'indiquer la situation de la ville d'Orléans, en traitant de ses églises suburbaines et particulier ment, de celle de Saint-Euverte (1*" volume), nous devons y reyenir, avec plus d'étendue.

A la reprise des hostilités, de la part du roi d'Angleterre, indépendamment de sa personne, on voit apparaître un autre chef de guerre du nom de Robert de Kanoll, véritable chef de routiers ou de pirates.

Nous lisons dans Syipphorien Guyon, rapportant les actes de l'épiscopat de Jean VI de Montmorency, quatre-vingt-neuvième évêque d'Orléans, à propos de son entrée solennelle dans sa ville diocésaine au jour de sa prise de possession de son siège épiscopal : t Après la per.te de la bataille de Poitiers en laquelle notre duc d'Orléans, Philippe eut l'arrière garde et se comporta, généreusement, mais par la grande déroute de notre armée, il fut contraint de se retirer avec son neveu Charles, dauphin de France, lequel il assista beaucoup depuis les troubles du royaume et durant la captivité du roi, et la désolation fut si grande, en ce temps par la France, que les anglais faisant diverses courses et causant plusieurs ravages, jusqu'au pays d'Orléans, cela fut cause que notre évêque Jean de Montmorency voulant faire son entrée épiscopale en son église d'Orléans, désira se dispenser d'une partie des cérémonies usitées en telle occasion, à cause du grand danger qu'il y aurait à sortir de la ville. >

Ceci se passait en 13o8, mais arrivé à l'an 1359 le même auteur, dans la même biographie du même évêque ajoute : € Tan du salut 1359, le prince de Galles continuant ses courses par la France, vint jusqu'aux faubourgs d'Orléans et les ravagea, puis se retira, sans faire autre chose. >

€ En ce ravage plusieurs églises des faubourgs furent endommagées. »

L'église paroissiale de Saint-Pierre en sentelée, qui était for^ proche de la poterne Saint-Samson, dont nous avons amplement parlé, fut ruinée en telle sorte que le curé se retira dans la ville, avec ses paroissiens et fit Toffice divin dans Téglise de Sainte-Catherine.

Ainsi Fauteur a le tort de ne parler que des faubourgs ravagés, il aurait dû dire, ce qui, d'ailleurs, se montre avec évidence, que les anglais, dès l'année 1359, avaient été près d'entrer dans Orléans, puisqu'ils s'étaient avancés jusqu'à une église appuyée sur les murailles, et attenant à l'une de ses portes principales.

Ce fut alors que les habitants se résolurent au sacrifice de de toutes les églises et de toutes les institutions religieuses existant hors des murs.

L'évéque pratiqua ce qui a, toujours, été pratiqué en semblables circonstances, il fit apporter dans sa demeure, les reliques de Saint-Loup.

M. Lottin ajoute : l'église de Saint-Pierre en sentelée, ayant été détruite, pour l'empêcher de l'être par les troupes du prince de Galles, l'évéque Hugues de Montmorency qui en 1360, succéda à Jean de Montmorency, son oncle, repartit les paroisses entre la chapelle de Sainte-Catherine et celle de Saint-Jacques près le Chàtelet.

On voit, ici, une difTérence entre le récit de l'annaliste Symphorien Guyon et celui de M. Lottin; le premier ne parle que d'iiu dommage considérable causé à l'église que l'autre représoiite comme détruite par les soldats anglais.

M. Lottiu invoque, en ce lieu, un document intitulé : Ilistoux au vrai du siège d'Orléans, que nous devons, dès à présent signaler comme ne méritant pas une confiance cMitière.

Aussi est-ce, ce nous semble, avec une véritable exagération, que cet auteur considère cette marche des anglais comme une tentative de s'emparer de la ville, et qu'il attribue à l'attitude des habitants, le parti que ces hommes d'armes avaient pris de se retirer ; nous pensons qu'il ne faut considérer ces apparitions passagères de troupes qu'à la composition des armées

de ces temps, réunions, de ribauds ei de routiers indisciplinés qui ne coulaient les pays que pour le pillage, leur seule solde.

C/esi bien ainsi que Symphorien Guyon appréciait les attaques dont le territoire Orléanais et la ville, elle-même, toui^ mentée dans Tinlervalle qui sépara la capiiviié du roi Jean du traité de Brétigny, racontant rentrée de Hugues de Fay, successeur médiat de Jean de Montmorency et successeur immédiat de Hugues de Montmorency, qui eut lieu au cours de Tannée 1364, lorsqu il nous dépeint cette cérémonie, comme ayant été triste, car : *c comme les larronneaux d'Angleterre, sous la conduite de Robert de Kanoll, capitaine anglais, faisaient plusieurs courses et voleries et venaient même jusqu'aux faubourgs d'Orléans, plutôt en guise de brigands que comme soldats, révoque considérant qu*il n'était pas à propos d'exposer cette multitude de peuple à ce manifeste danger s'il se transportait k Saini-Euverie, fit trouver bon que son entrée se fit avec moins de cérémonie. *)

Alors il ne s'agissait, pour T Angle terre, que d'effrayer les populations de la Monarchie, afin d'obtenir leur adhésion au traité de Brétigny, et noi^ de pousser les choses à leur dernière extrémité, par la prise d'une ville aussi cûnsidèrable et aussi voisine de Paris.

L'Angleterre avait, par ce traité, exigé de la France qu'elle lui donnât des otages, répondant de Texécution du traité; ils devaient au nombre de vingt-quatre grands seigneurs, à la lête desquels était le duc d'Orléans c'est-à-dire qu'indépendamment des dommages que ce traité imposait à la Monarchie et à la nationalité française, elle lui enlevait les derniers restes des chefs de la chevalerie que lui avait laissé le désastre de Crécy,

A ces grands seigneurs, le traité ajoutait les quelques bourgeoië des villes suivantes: Paris, Rouen, Rheims, Caen, Sens, Bourges, Orléans, Tours, Lyon, Troies, Amiens, Beauvais, Arras, Tournay, Sainl-Omer, Lille et Douai, deux ou trois de chacune de ces villes» nous dit Mézeray qui rapporte le texte de

M traité.

ji 1»

Il ptratt qu'Orléans n^en devait donner que deux.

Ces deui habitanls de la ville étaient MM, Gédoin de la Guelle et ArnouU Regayer.

ici nous devons relever une grave erreur dans laquelle on serait induit ii on adoptait la version publiée par M. Loltin.

On lit dans son ouvrage, au railléâime : 1351. « Deux habilants d'Orléans sont envoyés en otage en Angleterre pour remplacer ie duc (TOrtéanSy qui revint en France, à Tarrivée de ces deux Orléanais. «

Au premier abord il n'est personne qui ne se refuse à croire que deux bourgeois aient pu être acceptés cooime otage de Texécution d'un traité aussi considérable que celui de Bréiiguyi et pour remplacer un otage d'un rang politique tel que celui d'un prince du sang royal.

Cep^ndaul, M. Loilin cautionne ce qu'il dit, ici, du témoignage dcii comptes de la ville, attestant qu'une somme de 6ÛQ tV. était allouée chaque année de leur séjour, exk Angleterre, sur les deniers communs, pour subvenir à rexisience de ces deux otages.

On voit par le texte du traité que reproduit, eu son entier, Mézeray, rinattention avec laquelle ce passage a été écrit par notre annaliste.

Ces habitants d'Orléans évidemment des plus notables, partageaient le sort des bourgeois des autres villes désignées au traité.

S'ils n'avaient pas l'honneur de remplacer le fils putnè di^ roi de France, ils avaient celui de représenter leur propre ville, dont rindépendance était menacée, dans leurs personnes.

Vn autre acte appartenant à celte période de la guerre de cent ans, mérite de prendre place ici*

Cet acte consiste dans des lettres de sauve-garde délivrées par le roi d'Angleterre sous les dates suivantes ;

« Le 21 d'avril, Fan de notre régne vingt 1" et d'Angleterre M (1).

(Ij tl faui se reporter a la date de la praclamation du roi Edouard IU«

ft Edward, par la grûce de Dieu, roi de France el d'Engleterre, et seigneur d'Irlande, a ioivi non subgiz foialx et obéislUz que ces lettres verrons, saluz, savoir vous fesons que pour nsidÎTation el honorable et religieux hoiae noire chier el foiaU fabbé de Clugtiy, et aussi pour cause que nous avons bien cliier que clergie se continue pnrtout, cl clers par qi prudance el doclrine des lemps de poes (paix) et de guerres se goveruenl fe plus pfiisiblemenl el seuremenl entendent à leur doclrine qils se senieni plus asseurez, nous avons prins et prenons fc et mettons en nostre sauvegarde el espéciale protection lous ^■es docteurs mesires n'^geots el non régents» clers étudiants el ^Hrays écoliers de quelconque faculté, runiversillé d'Orltcns ^^h'èi»eolâ el avenir, el leur douons aussi nostre seur et sauf ^condnyl el à chest-nn de eux alantz desarmez k pié ou à cheval de la cité d'Orliens par le royaalrue de France vers leur paiis, demeuranlz illecques el retornanl h la dicte citée pour cause d*esludïer illecques.

» Ce fut alors que, sur des avis que lui donnèrent quelques sages religieux et qu'effrayé par un violent orage qui fondit subitomentsur son armée, que le roi conclut le traité de Bré* ligny. n

On a beaucoup loué ces letlr^s de sauf-conduit : on en a fait honneur à rUniversité d'Orléans en les lui allribuanl comme le fruil du rrspecl qu'elle inspirait, m^me h un ennemi irréconciliable, au moment même où il dévastait toutes les contrées qu'il traversait.

Mais il faut réduire ces admirations k leur véritable vaur.

Le roi d'Angleterre qui voulait séduire les populations par des manifestations pacifiques et surtout, fiure acte de souve-

Dmme roi d^Anglcterrc qui cul lieu le 24 janvier 1327 ; la 3i* année ce règne nous Irapsporle donc au mois d^avriï 1361. Mais comme raiiaèc, alors, ne commençait qu'à Pâques, celle date sort pas de raiinùc 1360.

I Ce prince usurpant le titre de roi de Francr, depuis la captivilé du "oî Jean, se comptait il est vrAi de l'année 1340 au mois d*avn! 136i, nous place, encore à Fannée 1360,

raiîielé, savait mieux que personne combien ces lettres de

sauve-garde étaient vaines et dérisoires.

Ace moment même, ses troupes de mercenaires incendiaient le bourg d'Artenay, se répandaient dans le Gfttinais dont elles détruisaient les bourgs et les métairies ; et s'avançaient, ainsi que nous venons de le dire, jusqu'aux murailles d'Orléans.

Il eut iHo vraiment d'un amour héroïque pour la science de venir, nous ne disons pas des étals voisins, mais, même des parties les pîus rapprochées de la ville d'Orléans, y chercher un enseignement qui certainement» avait cessé de s'y faire entendre.

Le traité de BnHigny, fut donc exécuté, les otages partirent pour rAngleterre depuis la captivité du roi jusqu*à la conclusion du traité de Bréliguy, une trêve avait élé signée, à la poursuite du cardinal du Périgord,

Le roi Jean était revenu, laissant les otages en Angleterre (1360).

Mais bientôt les princes donnés au roi d'Angleterre k ce litre d'otage, les ducs d'Orléans, d'Anjou, de Berry et de Bourbon, s'ennuyant de îa longueur de Imr séjour en Angleteire^ avaient consenti à un irailé par lequel ils s'engageaient à obtenir du roi de nouvelles lettres de renonciation et de lui faire déclarer que le roi d'Angleterre ne serait pas tenu d'indemniser de son trésor, les compagnies qu'il entretenait dans le royaume de France,

Cet engagement leur fit rendre la liberté» ils furent remis sur le rivage de Calais, mais toujours à litre d'otage et sous la garde des Anglais.

Tous y restèrent excepté le duc d* Anjou qui manqua à sa parole en trompant la surveillance de ses gardiens.

Comme on ne parle pas dans cette circonstance des bourgeois des villes qui avaient accompagné ces hauts personnages, il est probable qu*ils rcsièrenl en Angleterre, et c'est ainsi qu'on peut expliquer les expressions des comptes des deniers communs d'Orléans, qui disent que les deux bourgeois, dont nous avons fait connaître les noms, avaient remplacé le duc d*Orléans dans son exil après son retour en France.

?our le roi Jean, il retriyrrià ciUte annVîP mt^mr 13rv3 en Angleterre, pronoai^atit ces bulles paroles : Quand la foî et fassurarice des promesnes semienf bannies du monde ni devraieni-elles fou Jours demeum* dmis ta boiwhe du prince,

Ynineiïiejit,soii fi!s Charlr's<|u'il institua régent du royaume, lui représenta que les Angkiîs avaif'ut vin lu leur pnn»le, en ne vidant pas le royaume de leui-s fjceiis île guerr**, il voulut partir. Cette action tiendrait de Théroïsme antique si la femme ne venait pas s y mêler, et si le rnî Ji*an n'avait pas cru, ainsi que le dit notre Iiisiioien Ij'uiaire, puîivnir adoucir l'aigreur de sa loiit^ue et ennuyeuse i'a[itivilé. nayanl pfujê (a rant-on de cette donàe prisa tt à la tjefJHtè de fa co ut fesse dr Safisburi, femme de fof/icier à ta surDeifianee tfutiut*} if efnif ronflé.

Maintenant que nous avons groupé les grands préliniriiaires de la véritable guerre au eoui's de laquelle a en lieu le siège - clX)riéans et qui a été, on peut le dire, terminée par la levée ^B^de ce siège, préliminaires qui uiit singulièrement intéressé la ^"propre histoire de la ville d'Oi léans, imn seulement dans quel- ^^ ques-unes de ses [principales [jarlirula rites, juais même dans ^■leur caractère générah nnus ilevntis iiuns horuer, jitstpfaux ^^ jours de ces ciunliaJs livrés sur h* leiM-iluin- de la ytlli: et jusque sur ses remparts, nuus cautenti'r de prériser quelques dates.

Nous a-vons vu le nd Jean revi-uir de sa captivité, qui n'a duré que quatre armées ; cette captivité ayant commencé en 1356 et son retnur ayant eu lieu en Tannée 1360, nous le Yoyons, CQ ce momenl, retourner en Angleterre le 3 janvier 1364.

Son nouveau séjour ne lut donc pas de longue durée, et si ou a pu élever un idànie juste et sévère sur la conduite des seigneurs otages en Angleterre, de rexécuLion du traité de Brétigliy,sacriiiant la cause de la nationalité et le sort du roi à Teanui de leur exil sous le ciel brumeux de cette île, on sera tenté de les excuser lorsqu'on verra le roi^ lui-même, exilé et séparé de son royaume démembré, par la mer, se livrera de telles et si nombreuses fêtes royales, ijuc sa santé y succomba, et mourir le 9 avril suivant, c'est-à-dire quelques mois après son retour. Ne nous en étonnons pas outre mesure, les institutions de jx 19.

ces lemps, les côDstitulkms polit[cjUi.*â des empires n*étâient pas celles Ae nos jours; le Tiiéhiuge diN nntiuiiulilés était loin de les avoir réuuies; l<^ If^rritoiri* ne i'(iiiipii?ail pos encore la patrie; ceux-ci, pour les roîseux-nièmesi n'étaient qifune propriété privée et le senlinient rialîurml était inconuii ii ces princes ; ces j^rands jôdîssniriif len iii»s ilv Unu^ liefs, les antres de** royaumes, conime cerlaiiiH prodigues jouKssiînl de leurs fortunes.

De son vMi\ le preniirr pi-ince à|*anapisU' du duclié d*Orlêans. Philippe de Valois, mourait eu l'année 1375.

Déjà et depuis Isi mort du roi Jean {I3G4), le règne de Cil a H es a^^dt eommeueé,

iMais déjà îiussi et dés Tannée 1*3t>9, à la suite d'un traité signé le :^Q uovemlïre de eelte année entre les rois de France et d'Espagne, pour réprimer les entreprises de TAngleterre, cette puissance reionimencait la truerre en France.

Le roi de France, par un manifeste [inblié le i^ janvier de cette année, avait sommé le prince de Galles, en la qualité de son vassal, de venir en sa Ghionlu-e des pair-s pour ouïr drotl, sur les eoniplaioles el ju^riefs éfuus de par Un roi d'Angleterre sur son peuple qui elamait à îtvoir ressort en sa cour.

Ces peuples étaient : jifusieurs préfats^ barons ^ chevaliers, miiversHés, rommufies et crtlféges des marches ei limitations de iiascogne.

Tels sont les actes qui ont suivi les trêves et les traités auxquels U» victoire <!e l*oitiers et la balailled'Azincourt ont donné Heu, el qui ont rallumé cette guerre que ces grèves et ces traitée n*avaient pas même absolument interrompue.

Les Anglais i[ui avatf^nl ennservé Calais lirent une nouvelle irruption en France; taudis «jue les Français se dirigeaient vers le Midi, les Anglais attaquaient le Nord : leur armée était dirigée par ce chef de routiers appelé Konoll dont îl a été déjà fortement question, et qui de cette humble situation militaire s'était élevé à un très haut grade.

On était parvenu à l'année 1371.

11 fallut du temps, on le voit, à larmée anglaise, mali^ré les pertes, les divisions, les révolutions de la cour, la mort rie Charles V, la folie de Charles VI, p<uu' que cette puissance

jà. ^^

d'emparât. pour ainsi dîre.iie Paris, »H de la partie îa pluscen-

- Irale de la France.

H Quand nous disonî* (|ue \n monarctiie anglaise s'était transportée à Paris et s'en était empar«'*e, nous n'exagéruns pas, puisque le Parlement de Paris, a[H*es la prise de Rôiien et de toute la Normandie el de la Pieurdie, rendait la justice au nom du foi d'Angleterre,

Pendant ces temps malheureux, les rois Edouard II el 111 d'Angle! erre (année 1357) moururent, et cet événement donna

B.la courofme à Hiehard, eneore cidant, auquel oui succédé Henri IV i*l Henri V.

Peu de temps après (IHHO), (iliartes V mourut; il laissa à Charles VI le royaume ipï'il avait, cependant, su relever du plus triste abaissement,

Iîl eonfÎM le soin des allai res du royamne à ses deux frères, les tlues de ISerry et de Bourgogjie^ auxquels il adjoignit le duc de Bfuirbon.

A ee monifvnl le durhé irOrléaus était réuni à la courtume. PiiilipjM' de Valois étani mrul sans postérité en l'année l*i7o.

H Charles VI qui avait t ti le maUieur d'épouser, *m l'année 1403, rint'iVme Isaln-au th Bavière, avait un autre frère, Louis, qui tut te second dui; d'thiéans, et qu'il ne comprit pas au nombre de ceux auxquels il cimlia la régence du royaume.

H Nous ne nous engagerons pas dans I étude des grands et

^multiples événements (jui remplirent cet interminable et malheur mix règne.

H Ces événements soni entièrement étrangers au sujet que nous traitons, nous ne auas arrêterons qu'aux dt-rniers jours de cette péri<Mlr lanientalilr dr riiistoire de la monarchie rlans

^R lesquels si* sfuit accomplis li^s derniers actes qui ont ranimé la guerre des Angfffis, suite iuévitabîe des rivalités et des haines qui s'élevèrent entre Ifft princes iIp la famille royale et qui furent Torigine de ces deux factions connues sous la dénomt-

^^ nation de Bourguignons et d'Armagnacs.

^^ Ces querelles, ces fiaines, ces rivalités commencèrent par la division qui éclata entr«* le duc d'Orléans et ,|ean sans Peur, duc r|p Bourgogne, le meurlrc du premier par le second mit le

combli* à ces éléments do troubles et de guerre de ramille, et i'p\n en jïrê.sone*^ de TAngletern* sans epsae menaçante^ et a IjhjiN'Ile les princes fraiiyrtit?. ilan^ leur intérêt personnel, ne LTaignaient pas de recourir loiir à tour.

î)cs Irrves. il est vrai^ se siicçrdrrent : mais lu rupture rie In di'rniiMv lut cnntinuée de IW2 à IH^HcLde 1304 à 1398.

11 y eut duiir rjnelques instants dan.s le parcours du siècle pendant leijuel celte guerre s'est prolongée où on put espérer queli|ue traité dt paix, mais cette espérance disparut et D*cut tFautre suite que la guerre à outrance qui amena Tarmée anglaise devant Orléans,

Ici nous nous Ironvons en plein dans Thistoire de celtf^ ville puisqui^ u*»us iïp[irri*ious son Sfirl, à eeUn époque où elle était la i Jipihile di' 1 np;»nnt:i* du seroinl chef de \n maison royale.

Li- \n'i TMiïirles V avijit |»liisieurs frères, Louis qni, apr«^s t*liilippe de V.dnis, fui iiiv^^sfî de rapaoâge de celui-ci ; Jean rpji i"Ut le iliiehé de Berrv, Plnli[qtc le Hardi qui eul le duché lie Honrgogne el ipii nioinnd en Tau née 1401, laissant un lils, Jean sans l^'ln^

(les jirinr-es se djspidnient la régence pendant les kccês de i!< ineiiee iiu\quids li' rni (Jijri-|eN VI était SUJel,

Uv |diis un dit ipie Louis, [iriuce léger el île mcetirs Taciles, quoiqu'il enl [mur leninic inic [rnricesse belle f*l v^erlneusc, célèbre sons li* nom de Yah-nline île Milîin. courtisail la du* cli<\sse de ItoorL^ogne, qiilt sVu étsut vanté; aussi, à ces deux litres : de rnuibilioa de g* Hiverner sous le nom de son neveu, privé de sa raison» le second de mari jaloux, le duc de Bourgogne le lit mettre h imui.

(le crime Fut eomuiis ilans la inie étroite et sombre appelée Bart>ette, à une heure avancée ih* la soirée» le "Èty novembre de Tannée 1 4(17,

Le duc laissait sa reninie el des lîls.

Les princes de ces temps avnient de singiiliérefe' poésies pour aïlirmer leijt^ alliances, leurs alîections ou leurs haines; ils exfirijoMÎfMil ci's sruliimMits par des devisi's cl des signes svmhidiquês, l'i ntissi p.o' b^s îicles les plus signilicalifs.

Dami celle dennère hypothèse el en signe de réconciliation,

après des actes menaça uts ou de vengearire, ils eomimi riraient ensemble au même autel, ou couiîtiaiciit dans le même lit; dans les premii^rei? hypothèses, et, plus particulièrement celles du défi et du combat, ils avaient recoui*s à ces devise!^ et à ces signes symboliques, bien plus propres à entretenir la division et même k Pirriter qu'à Taire revenir à des senlimenta de concorde et de bienveillance.

Lorsque ces deux princes étaient en rivalité et en antagonisme allant jusrpi'à la plus prohmde haine, ils avaient adopté pour leurs villes et leui's gens d^arines des étendards au bout de leurs lances» surmontéK d*uue devise: celle du duc d*Or* léans était composée d'un bâtoti noueux et portait ces mots, je rennuie^ et ceux du duc de Bourgogne portaient un raboi avec ce mot llamand» hfchoud, je le tiens ; le rabot annonçait au duc crOrléaiis qm* les aspérités de son bâton rjoueux seraient rabotées et détniiles.

Loi-squ'ils Orent h* semblant d'une réconciliation, ils ne semblent pas avoir parlagr le même lit, maîs on tient pour certain qu'ils prireut Thoslie consacrée à la même suinte table.

Cette profanation des choses les plus saintes avait lieu le hituli 22 novemlïre dr launée 1407. et le lendemain après avoir été cusemble saluer la reine qui était au château de Vincennes et pîtrtogé par moitié la taille levée sur le pauvre peuple qui 8*élevait à âOO,000 écus, le duc de Bourgogne Taisait tuer par ses sicaires ce malheureux duc d'Orléans.

Ce erime d'un caractère odieux par sa lâcheté, devînt l'occasion, <!ette fois très légitime, d'une haine irréconciliable entre la maison d^Orléans et la maison de Bourgogne.

La veuve de Louis d'Orléans, Valentine de Milan et ses enfants, Charles?! qui succéda k son père cfunme |>riuee apanagiste d'Orléans, Philippe, comte de Verdun, s'empressèrent de demander au roi justice du meurtre de leur mari et de leur père.

Jean sans Peur aJTectait les manières les plus propres à éloigner de lui les soupeons qui le désignaient comme l'auteur du crime ; mais son hypocrisie ne le sauva pas, et au lieu de se défendre de l'accusation dirigée contre lui, lorsque les sollicitations de Valentine de Milan obtinrent enfin que le Parlement

d<^ Paris fut i^aisi de sa dénoaciulion et de punir Inuteur du crime, il se trouva un religieux de Tordre des Cnrdeliers, doeteur eti Sorboiine, e'esl.-à-dire un t^nviirit théolopîeu et habile dialecticien, nommé l*eUt, qui ne craignit pas de justifier ee crime.

Ce plaidoyer rapport»^ par k^s tiistorien» avait pour objet exclusif de justifier le meurtre et la légitimité du tyraanieide, et eomuie Louis d'Orléans était iiu tyran on a eu le droit el même le devoir de le mettre à mari .

Les princes de ce temps, très intéressés à ce qu^une doctrine de cette nature ne soit pUi^ propagée et justifiée, et d'ailleurs ayant horreur de l'acte de Jean sans Peur, firent entendre une timide et tardive protestation ; Jean sans Peur sortit vainqueur de cette épreuve et la veuve, Valentine de Milan, fut obligée de se retirer au château de Blois; là elle prit, suivant Tusage de ce temps, une devise ^pii était inie chantf* pfenr, ou arrosoir disyiaut des larmes à son orifice, elle avMit fait graver sur ee petit étendani ces mots : soiam sepe seij)snm ^'iolfictinri ,^tt4spirarf*^ que (1), moUs que Lemidre traduit ainsi : seule souvente fois elle était sollicitée et soupirait que rien ne lui était plus et que plus ne lui était rien ; nihif inihi prœterea, prœterca jtihif mihi\

Fjlle ne put, en etfet, obtenir d'autres eonsol allons que celle de faire prononcer un sermon par un P, Bénédictin qui combattit avec vigueur, avec avantage les doctrines anti-chrétiennes et contraires à tous sentiments religieux et humains du flocteur Petit, et le réquisitoire de Guillaume Cou sinot, célèbre avocat, qui formula daus les termes les plus sévères, la réparation que le crime de Jean sans Peur exigeait.

11 demandait que ce prince fut amené au Louvre, et qu'en présence du roi ou du due de Guyenne, des princes et du peuple, sans ceinture {sans courroie), tête découverte (sans chnpernn). et qu'il demandiU pardon, à genoux, à la veuve et aux enlanls du duc d'Orléans ; rpie ses maisons et hôtels fussent démolis, remplacés par une croix expiatoire, et qu'il donnât un million employé en fondations pieuses.

(l ) Ces mots étaient exprimés aur Iti fîole par uo S qu'elle y avait fait mettre. (Sytnphoriea Guy on,) Cô inoi^e symbolique était, comaie dous Tavaita dir, et comnie on le voit, uBité dans toute» occasions à cette époque.

Vains elTorts. le une de Bourgogne répondit à ces réclamatiuns désespérées, en réiini^saïil unt* année qu'il dirigenil vers le pays Liégeois.

dette guerre lîiiil avec l'année 1408 et tlnnua le temps aux resîsentiniéiits de s'apaiser, en l'année 1409 la plus minérable paix était laite entre les tamîlles prîiieiérea, et le déplorable état de la monarchie se prolongeait et allait en s'aggravant.

Tout i-eci se passait et s'accomplissait dans la i\ithédrale de (Miarlres, le 9 mars de cette année 1400.

L^anarehîe s'étendit dans rintêrieur de Paris 4piî devint tm foyer de guerre, de traliison et d'actes cruels.

Les deux partis Arma^-naes et Boui'guiguons se disputaient les faveurs de la populace

La bourgeoisie, le Parlement lui-même Aireot débordés. Alors les Armagnacs (1) occupaient les lia«teui*s de Saint- Cloud : chassés de cette position, ils se replièrent par largeau et Gien, sur la ville de Bourges que leur avait livrée le duc de Berry, Tuii des IVéres de Charles VI, et Tun des régents du royaume, pendant les accès de fob'e île ce dernier.

Ce prince avait adopté la querelle des enfants et de la veuve de Louîs d'Orléans ; et hîi et cenx-cï avaient ajtpelé les Anglais, dtVja maîtres de la ville de Calais, à leur aide (lil:2).

Cette première démarche éelunia, les Biuirguignons f(uî avaient enlevé le roi et le Dauphin^ ayant assiégé la ville de Bourges, contraignirent les Armagnacs, iiou seulement h la quitter, mais encore a accepter de très dures conditions d'uu traité connu dans Thistoin^ sous le nom de traité de Bourges, et <[ui fui signe le 14 juillet de cette année 1412.

Mais le Dauphin, effrayé de rautortté que |U"euait le duc de

(1) Ctiarlosj fils de Louis d'Orlé^ins, avait épousé la fillo de Richard IL ote d'Armag^uac, grand fiéf représenté aiijourdliui par le départenoeat du Gers ; ce comLc aidait son geodro à venger Iji inôrt d© sou père, et do L\ vint qae le parti des enfants de Louis d 'Orléans fut déaigno suu^ 1g nnm d'Artruygnacs, ile paiser à co moment où les Anglais reprennent la gaerre d'invasion qui semble un instant avoir été abandonnée.

Bourgogne qui semblait être le orai roi de Frnnce^^ se fit Orléanaùy c'eit-à-tHre i[ui\ udopla la cause <lcs eufanlâ lie Louis d'Orléans.

lei ijuiis alleignuns nn** parlif du r**gnf dp Charkî* VI, i^tnplie de troubles, de sccor.H «i'aimrohie, de Irtiilés violés aussitôt' que signés, bien i[niU expliquent la reprise de la guerre de$ Anglais, et, qu^ainî^i. ils ne ratlaeheiil à rhistoire du siège d'Orléans, seul sujet dont nuus devions imus occuper en ce moment, et dont ils nouê éloigneraient, à ce point qu'ils oou.s I»' feraient trnp lon^^lf*nips perdre de vue, nous eroyoïis cimve- Jiable d'y revenir.

Ils voyaient, et cela leur était facile, quels résultats devaient avoir ces évéoemeTiis nés de Tauibition de ces princes qui rappelaient, sou* les ilelnirs poni|>eux d'une élégance Sdnifttiietise et théâtrale, les passions et les haines des peuples <*iieore k Tétat sauvage.

Al«ïrs le roi d'Angleterre arriva en Noruiarulie, et celte nouvelle de son entreprise se signale à ratterition de rhistoire par la trop célèbre bataille d'Azincourl {ii oetobi*e 1415),

Après cette bataille où succonilKM'enl les grands tenanciers de la nionarcbie el des pays limitrophes, un grand nombre de seigneurs, el dix mille condiuttaiits, on peut dire cjy'jl ne restait plus, si on reporte son souvenir à la bataille de Crécy el de Poitiers, aucun noble de la conquête, et qu'il fallut pour que le rameau de raristocratie se renouvebU qu il sortit d'une nouvelle couche sociale, il faut bien qu1l en soit ainsi car ce quil se perdit de fiobiesse ne peut se n ombrer.

Cette couche, il nous le sendde, ne pouvait être que celle efrmposant les familles allodiales dont nous avons parlé déjà avec étendue.

Mais poursuivons la marche progressive de cette guen'e, qui n est autre que la marche de cette nation s avauïjant vers notre ville d'Orléans.

Avant tout* jetons un regard sur la race royale à ce moment.

Nous laisserons de côté la brajiche d'Orléans, de Berry et de Bourgogne pour ne nous occuper que de la descendance du roi Charles YL

Il nous esl impossible de ne pas signaler une circonstance considérable de celle bataille d'Axincouii, qui intéressera singulièrement rhisîoire du siège de la ville d'Orléans dont nouH écrivons, en ce moment fa préface.

Le duc Charles d*Orléans fut fait prisonnier et emmené en Angleterre,

Charles Vï eut six fils li'gitimes dont un seul vécol et qui fui Charles VIL

Il eul six filles illégitimes, dont trois seulement doivent figurer ici, par les rapports directs que leurs alliances eurent avec rhisîoire de celte guerre»

L'une Isabelle, épouse en premières noces, Richard 11, d'Angleterre, auquel succédèrent Henri IV et Henri V,

• Mais en secondes noces elle épousa Charles le troisième, duc d'Orléans.

Michelte, mariée à Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, dont elle n'eut point d'enfanl ; aussi ne parlons-nous ici de cette princesse que pour donner une juste idée de rélal de la Monarchie au milieu de ses grands feudalaires aux prises par des coni pétitions d où la naiioiialilé gallo-franke paraissait réduite à l'état de problème.

El enfin Catherine dont nous allons voir la destinée s'accomplir el décider FaclioQ du drame de la guerre des Anglais*

»Sur ces cinq premiers enl'ants mâïes, le premier étant mort en bas âge et les autres sans poslérilé, au cours des années 1415 et >416, il ne reste plus que le dernier qui fut Charles VU ; tel était félal de la famille royale après la bataille d*Azincourl, suivie, il est vrai, de roccupalion par les Anglais de la ville de Rouen et de la Normandie.

Ce fut à ce moment suprême, où loul était perdu pour la

Monarchie que l'Angleterre se rapprocha de la France par une

Bjb'ëve, à la suite de laquelle, cependaal, s'agita la question d'un

traité de pacification entre les ducs d'Orléans et de Bûurg<>gne,

et ce traité eut lieu à Pouilly (1419).

■ On put croire un instant que toutes les forces de ces deur

' princes réunis pour soutenir la royaulè menacée, allaient se

porter contre les Anglais.

. lïà'm fui rietj, len Anglais prirent Pontoise, massacrèrenl les bftbilafilë, Ëi leâ Armagnacs elles Bourguignons ne firent rien pmt kl défense de celle petite villa.

Alots le duc de Bourgogne profllani de réloignemenl da BétrpBhi qui avait gagné la Tou raine s'empara du roi et de la reine et Im emmena à Troyes,

C'est là que se consomma le plus gi'and acte dlniquité que rbistoîre des Monarchies ait placé dans ses fastes.

' Déjë Tune des ïlUes de Charles VI, Isabelle, avait èpous* Richard II, roi d'Angleterre, comme Isabelle, fille de Philippe IV Ç^ Bel^, avait épousé Edouard II, roi d'Angleterre ; ces alliances qui avaienl servi de prétexte à celte guerre et qui auraient dû suffire, furent renouvelées par le traité dont il va éire parlé, comme pour donner une formelle et solennelle adhésion aus prétentions de TÂngleterre.

H eil vrai qu^avanl la signature de ce tniiè un gmnd évéllWieal g*é tait passé î nous voulons parler de 1» mise à mort de le«BH5ans-Peur, par Tanneguy du Châtel, rhomnie d'arme de Ckarles VII, encore Dauphin ou prince royal, sous le gouvernement de Charles VI, dans la conférence qui eut lieu entrt le Dauphin ei Jean-sans-Peur sur le pont de Monlereaufaul-Yonne*

Ce traité de Pouilly semblait à ces princes devoir être comptété e\ le rendez-vous fut pris pour le 10 septembre (I4t9).

L'histoire de cette conférence et de son cruel dénouement €sl trop connu pour que nous nous y arrêtions, Jean-sans-^Péur tomba frappé d'un coup de hache qite lui asséna Tanneguy du Chàtel sur un signe, ont dit les chroniqueurs BourguignoiiSt que li^i fit le Dauphin.

Ainsi, le meurtrier du duc d*Orléans mourut comme celul-cî de la main d'un meurtrier, et une lâche trahison fut ta compen-> sation de sa lâche trahison.

Le duc de Bourgogne avait un SI9, conim soua le 0001.40 Philippe-le-Bon.

Celui-ci jura une haioe ioiplacable à rhérilier de la couronn^î qii*il croyait, avec une graode apparence de raison » le meurtrier de son père ; de son coLé, la reine Isabelle de Bavière, représentée comine adultère marâtre et adonnée à toutes les licences, se détacha de son propre fils, dont, mieux que personne, elle devait connaître le père.

Le licf de Bourgogne, la puissance de la reine qui se prétendait régente du royaume pendant la démence du roi, coalisés avec la puissante Angleterre contre la nationalité française, sourtûut dans ï état déplorable ou l'avaient placée les dissensions des grands feudataîres et la guerre d'essai tentée par les Anglais étaient une menace tellement formidable, qu'il semblait que rien ne pouvait la sauver.

Cet acte honteux et inconnu jusque-là dans les fastes des nations a été consommé à Troyes, ville de la Champagne, le 21 mai de Tannée 1421,

Par ce traité, îa sixième fille de Charles Yl, Catherine, épousait Henri V, roi d*Angleterre.

Les rois Charles VI et son gendre Henri V, flreut leur entrée à Paris, et, dit Mezeray, ce jour-là et les trois ou quatre autres, on ne vit, à Paris, que feux de joie, danses, festins et tables dressées dans les rues, fontaines de vin, d'hypocras, de lait et mille aortes d'allégresses.

L'église, la magistrature, ratifièrent ce traité, cette annulation de Tancienne tradition sur laquelle reposait la transmission de la couronne de France.

Un lit de justice fut tenu à Thotel Saint-Pol, le palais du roi, alors, les évoques, les pairs du royaume, le chancelier composaient cette assemblée présidée par les deux rois assis sur le jnôme banc ; et, sur les réquisitions de Tavocat du roi, Pierre de Marigny, le Dauphin fut banni du royaume de France et déclaré indigne de succéder à la couronne.

Pendant ce temps, le duc d'Orléans, prisonnier du combat d'Azincourt, était en Angleterre et le Dauphin en Touraine.

Et maintenant, on voit ce qui va arriver, Tarmée anglaise u i

re|)reQd l'offçosive doublée da concours de laTcine régente^ da coocoare des populations de la Nonnandie, du clergé de cet contrées, du Parlement de Paris et de l'abandon et de la de? àresse du Dauphin ou prince royal.

Résumons ce qui précède de l'histoire générale par ces WÂH que nous empruntons à^ Mézeray. ^ ^

Voici, ditril, en peu de mots, l'état auquel nous a^piis laîM fa France: , . :: n

c Les Anglais étaient maîtres de toute la Nonnaadie, d'iijO|a bonne partie de la Guyenne, de plus de la moitié de l'Aijoii^^ du Maine, de la capitale du royaume et de plus de yingtrdeiu;^ lieues de pays à l'entour. . .. /^

» Ils s'étaient emparés de plusieurs places dans la Champagoa et dans la Picardie ; et ce qu'ils n'avaient pas de ces deux provinces, le duc de Bourgogne le tenait presque tout.

» Le duc de Bretagne semblait être neutre, et toutefois oé' l'était pas. »

- G'éit ainsi que ce préliminaire nous conduit, nonnsteuleâiént, à comprendre la marche des Anglais vers Orléans, cette ViBé^^ tout à la fois centrale et frontière, destinée, dans tous les temps, à rester la clé de voûte du grand édifice appelé la nationalité française.

Rentrons donc, pour n*en' plus sortir, dans le bassin de la Loire centrale, pour ne plus nous occuper que des grands événements dont ce territoire et quelques-unes de ces cités, vont être le théâtre.

État moral de la ville. — Les institutions municipale et Judiciaire pendant le commencement de la guerre des Anglais, jusqu'au siège d'Orléans.

INSTITUTION HUNiaPALE

Avant d'arriver au jour où la ville d'Orléans va être appelée à déployer un véritable caractère patriotique qui sauvera la Monarchie sur le point de périr, il faut faire connaître le caractère moral de ses habitants.

Ce caractère se manifeste par leurs institutions qui, ellesmÈmes, Taffirment dans chaque cîtù, surtout celle dti droit COuHiniîer, en moiitriiol ce droit dans ses rapports avec ceux de ses habitants.

Cette proportionnalité entre ces institutions et ceux qui ies pratiquent, h. urre époque où rndminislration n'était qu'à fètat de fait et où elle était loin d'être armée à rètal d^insiîtution, se rérvéîa h tous les regards, précîsrmcnt k celte époque ot les cités étaient partagées en communes et en TiHes restées fi'odales, soumises aux officiers de leurs seigneurs.

Ce fut dans les pays ait le comtnerce et fiiidtJsirJe se nionfnti'entles plus actifs que le mouTement communiste se montra le plus énergique et le pins violent.

■ Les Flandres, et dans ces contrées les villes prirent rinitialive des entreprises maritimes de raffranchisscraent communiste et mari lime.

H Le XIII" siècle vit éclater le mouvement populaire des Ghildes Hou de la grande association des villes anséatiques, dans le but ^fiï'assurer la liberté des mers, mais encore Taffranchissement du

droit de oaufrafge, de métne qne les habitants des vîllc** d^s

centres avaient fondé la liberté communale.

Toutes étaient livrées â rindustrîe de la fabrication et du transport des marcharn dises.

Orléans, qui par sa silualîon au milieu du parcours de la ^ Loire ne pouvait élve comprise dans le nombre des villes an- H séaliqoes, c'esl-à-dire au nombre de ces villes fondées sur le H rivage de ces grands golfes, oii anses de la mCr, ou de ses ™ afQuents et qui n'ayant jamais été, à vrai dire, une viUe féodale^ puisqu'elle avait toujours été uiïe ville dit dcrmaine du fin, de Vobëissavee le roî, n'a pu prendre vmè pan aeiivcf à ^ ces grandes associations.

^ Mais cependant elle devait, comme ville d'entrepôt de la * navigation fluviale, participer de ce caractère indépendant qui se manifestait spécialement dans ces grands centres qui t<rtfaient secouer la torpeur des lois de la féodalité.

P Aussi, quoiqu'ils n'aient rien fait de ce dont k$ officiers de Louis YIÎ les avaient accusés, les habitants d'Ofîtens, de

mœms plus douces^ plus libres dans leurs allures et saus la prolection bienfuisanle du pouvoir royal, parvinrent-ils bientôl à oblenir de véritables garanties dans l'ordre adroiDistratif, municipal et dans Tordre judiciaire.

Ces garanties s*acceniuërenl, dans l'ordre administratif, par la constitution de Papanage, et dans Pordro judiciaire, par celle constitution et, ainsi que nous Tavons dit, par rinHuence qui aurait été tacite quand môme elle u'aurait pas éié direcle, de Texislence dans les murs, d'un grand centre de renseignement des double droit

Saisissons ces deux grands éléments d'ordre, de liberté civile et, par conséquent de civilisation h celle époque nu sorinnt des langes de leurs premiers vagissements, elles vont les montrer prêtes k faire leurs premiers pas dans la carrière ouverte devant elles.

L'apanage n'était qu*un gouvernement relatif, une possession indépendante el, cependant à litre précaire, el subordonnée à des conditions de simple usufruit*

De là la nécessité pour le pouvoir royal et pour le priace apanagisle d'un coutrai réglant, non •seulement leurs droits respectifs, mais encore les rapports qui devaient exister entre les habitants du territoire apanage, le roi et le prince apanagiste.

D'un autre côté, les perles à jamais irréparables faites dans les guerres des croisades et les combats, de Poitiers, de Crécy el d'Azincourt par la noblesse de la conquête, imposaient au pouvoir royal, pour combattre Teonemi du dehors, ligué avec les grands feudalaires , Tennemi du dedans, Tobligalion de s'appuyer sur les gens des communes.

Celle nécessité ne fut pas un des moindres motifs qui ont entraîné les ducs de Bourgogne et de Bretagne u abandonner le parti du roi de France, leur véritable suzerain, pour suivre le paru du roi d'Angleterre, qui aurait refoulé la bourgeoisie dans le bas fond social d'où il était devenu indispensable de la faire sortir.

L'initiative municipale prise par le pouvoir royal se manifeste par une ordonnance de l'année 1383, concernant la ville d'Orléans seule.

Si noua en croyons nos anciens annalistes, Tacto royal a été enregistré à la chambre des comptes qui n'était alors qu'un auxiliaire du Parlement.

Au lieu des quatre prud'hommes sans le conseil desquels, ainsi que noua Favonf* vu, le bailli ne devait rien faire en ce qui concernait les intérêts de la ville, Tordonnance permettait aux bourgeors de s'assembler et d'élire douze procureurs, pour administrer la ville, dont Tun, élu par eux, avait la charge de la recette des derniers communs, et celle d'en rendre compte, devant le bailli, ou son lieutenant, et devant le prévôt.

Le roi qui avait besoin d'argent mit k cette institution un prix de 5,000 fr. d'or. Ce qui permet de dire querinslitutiondes prud'hommes, devait être absolunient illusoire, car il est bien probable que si elle eût existé avec quelque avantage, les habitants d'Orléans n'auraient pas conseûti à un échange acheté aussi cher.

Cependant examinons à quelles nécessités sociales rinitiativc royale est dup, indépendamment de Télat des ordres de la population à la suite des pertes que rarislocralie féodale avait faites.

Nous avons signalé les coulumes des halles, les genres de E>mmerce qui s'y exerçaient; TordonnaDce de 1383, nous anvie à nous étendre au de là de co cercle dans lequel, jusqu'à ce millésime, les afl'aires de ville, semblent avoir été renfermées.

Ici se présentent quatre principaux éléments d'administration municipale qui viennent se réunir à celui descoutumes des halles.

En premier lieu, nous savons que la ville était entourée de puiîisanteâ fortilications.

Or, si les grands feiidataires et même le roi, possesseurs de ces villes, avaient intérêt à les protéger, les habitants avaient le môme intérêt.

En second lieu, les villes situées sur un fleuve ou sur un cours d'eau, étaient reliées au rivage opposé, par un pont.

En troisième lieu Tinhumation, quand elle n*avait pas lieu

dans les églises, avait lieu dans des places résenrées auprès de ces monuments.

Le sentiment religieux exigeait que la dépouille tnorlelle d'un fidèle, reposât à l'ombre de l'église; les cimetières étaient toujours placés nu nord et préservés par le monument de l'éclat et des ardeurs du soleil et sous la protection du prêtre,

Et, d'ailleurs, afin de les préserver des profanations auxquelles les tombeaux eussent été exposés à rextérieur des villes, dans ces temps de brigandage qu'aucune institution de police ne pouvait prévenir et punir^ il fallait que les lieux d*înhumation lussent dans l'intérieur des cités.

En quatrième lieu, la ville avait à sa charge, rentretien de quelques voies de commuuicalions autour de ses murailles ; connues sous des dénominations caractéristiques telles que : grandes et petites chaussées, (urcles et levées (1),

EnOo, en ciuquième lieu, les rois, les princes, franchissant les portes des villes, avaient droit à une réception solennelle^ occasion de dépenses plus ou moins considérables.

Tels étaient les éléoienta de radraioistralioQ se résolvant en perceptions de droits connus sous les noms de Péages^ couiumes, et tailles,

Mais ces droits ne pouvaient être même établis qu'avec l'autorisation du roi ; il fallait qu'il Voctroyâtt d'après ce principe qui a duré tant qu a duré l'ancienne Monarchie, que toute commune ou municipalité, était à Tétat d*un mineur dont le roi était le tuteur.

(1) L'étimôlogie de turcieSy n'est donnée d'une manière satiafaisante nulle part.

Ce quo ce mot exprime n'est même pas bien défini ; cependant le suppléaient au Glcssaire de Ûucange dont cotte œuvre ne parle pap, a donné deux étymologiee du mot Turcie, Ttirsia ou Turc h ta ^ qui semblent correspondre au mot Torcbis employé dans Tindustne du bâtiment.

D'où il suit que le mot Turcie exprime un assembla ge de Caiblea branches de boxa garnies de terre formant une espèce de doLson, propre à protéger les basses terres du bord dos cours d'eau, contre leurs invasions.

L^administration de la perception, ayant été mise en régie, a pris le nom de Voctroi; et les limites des villes et de leurs banlieues ont été les circonscriptions dans lesquelles les droits é'ociroif ou de consommations, enfin de la perceplion de Timpot indirect sont encore ainsi appelées.

Nous nous occuperons de ces éléments d'administration quand leur mise en pralifjue se présentera \ ce qui aura fréquemment lieu dans le cours des siècles que nous allons parcourir, ce dont nous devons nous contenter en ce moment, c'est de constater la création définitive, sauf perfectionnement, du système municipaL

Nous avons cependant une observation à ajouter, c'est que radmînistratton financière avait dès cette époque une réglementation officielle.

Les comptes de remploi des deniers communs étaient rendus au bailli du roi.

On appelait cette opération ie compte de sepmaines.

Ce compte nous révèle inexistence de Timpôt progressif en vigueur.

11 est vrai que ce compte rendu à la Toussaint 1393, « ne con- • cerne que la taille mise sur les halles, pour les nécessités et < réparations d'iccllea villes, et que la coutume commence à € avoir coui's h la Toussaint de Tannée 1393. •

Lu taille des sepmaines^ dit le rendant compte, est telle que, le plus riche paie huit blancs et non plus et au-dessous jusqu'à unq denier.

VA le denier bianc, afbu^, était ce qu'on appelait : moneta argentea mùmlio)\ la plus petite monnaie d'argent, paroppofiition au denier noir; denarim tiiger.

La première de ces monnaies était de deux deniers deux grains, elle devait être telle pour être le bon aloi, alias conforme à la loi [probitas monektrum,}

Toutes ces coutumes et toutes ces tailles étaient imposées suivant les termes mêmes de la reddition du compte : par manière de corps de DiUe^ sur tous ceux qui sont de mises ou de prises (1).

(IJ Prinsia^ prinse ou prise, misa mise, exactio^ prmtatio.

Résumons ici tout ce qui précède, nous le ferons dans ce peu de mots : on le voit, les libertés municipales étaient à leur origine et, jusqu^ici, les procureurs de villes étaient, même à Orléans, les commis du roi, plus qu'ils n'étaient les mandataires de leurs concitoyens (1).

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