‹ Histoire de la ville d'OrleansChapitre 44 sur 59 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Orléans sous les règnes de Louis XI et de Charles VIII.

Nous avons parlé de la Praguerie, cette ligue des grands feudataires contre Fautorité du roi, à la tête de laquelle le Dauphin, bientôt Louis XI n'hésita pas à se placer.

Cet acte de révolte se manifesta, aussitôt après la publication de redit du 2 novembre 1439, mettant en pratique les délibérations des états tenus à Orléans.

Cette guerre de peu de durée mais qui doit être mise au nombre des actes politiques de Louis XI, n'a fait qu'effleurer le territoire de la villle d'Orléans, et ne s'est pas avancée jusqu'à ses murailles.

Le Bâtard qui avait contribué à la délivrance de son frère Louis, prince apanagiste, qui avait reçu sa récompense par la donation que celui-ci lui a faite, en l'année 1449 du duché de Dunois, dont il prit le nom, et qui avait, si noblement, soutenu la cause de Charles VII, attacha l'autorité de ce nom et de son courage à la révolte de la Praguerie.

Entraîné par la querelle qu'il avait avec le duc de Richemont, et dans le seul désir de se venger de quelques avantages qu'il reprochait à ce dernier et au roi, lui-même, il s'engagea dans cette ligue et ne craignit pas de s'y rencontrer avec les chefs des écorcheurs, dont cet édit du 2 novembre 1439, avait pour but de délivrer le territoire de la monarchie.

Mais la conséquence de cet édit était de fortifier le pouvoir royal en plaçant, désormais, une armée régulière, permanente et disciplinée à la disposition du roi ; de régler l'administration des finances que les gens de la cour et les hauts officiers de la couronne se partageaient ; pour empêcher l'heureux effet

de ees mesures, les grands tenanciers avaient emprunté ans troubles de la Hongrie, le modèle d^une ligne qni, de son siège dans la ville de Prague, avait pris le nom de Praguerie,

Et le Dauphin, fils unique du roi, dans un intérêt tout per* sonnel : celui de se concilier ces possesseurs des grands fieb qu'il devait, lui-même, bientôt combattre et dont il redoutait la puissance, dont il méditait rabaissement, en haine, aussi, du due de Richemont, s*était mis à la tête du eiMnplot, qu'il avait sans doute, le dessein de diriger à son gré.

Alors le duc de Richemont était à Blois, les conjurés se préparaient à s'emparer de lui, mais il parvint à s*évader et & sa réfugier dans la ville de Beaugency où il trouva une force suffisante pour contraindre ses adversaires à se retirer.

Il ne parait pas que le duc d*Orléans ait pris part à ce mouvement cependant il était mal avec Charles Vil.

Le roi parvint à soumettre les grands feudataires dès l'année 1440 ; le duc d'Orléans paraît oublié jusqu'à la mort da roi ^ui eut lieu en l'année 1461.

En l'année 1464 il s'éleva cette fois contre Louis XI, une nouvelle coalition de ces hauts seigneurs de la monarchie, sous le nom de ligue du 6ie;i /n<Mic, dans laquelle entra le ^dlantf, mais où ne paraît pas avoir figuré Charles d'Orléans qui se préoccupait surtout, de rentrer en possession du duché de Milan, qu'il disait lui appartenir du chef de sa mère.

Mais comme Louis XI s'était allié à Sforza, qui avait, suivant la famille d'Orléans, usurpé le duché de Milan, Charles d'Orléans en connut un profond mécontentement, il crut devoir sinon prendre une part active à cette ligue, au moins y adhérer en sa qualité de prince du sang, considérant cette adhésion comme une manifestation du sentiment que lui inspirait la conduite du roi.

Il se rendit h une assemblée générale des princes réunis dans la ville de Poitiers : en revenant de cette assemblée, il apprit que Louis XI avait, avec une extrême vivacité, exprimé ce qu'il pensait de sa présence dans cette réunion ; le duc connaissait le caractère vindicatif et cruel du roi, il fut tellement effrayé des menaces dont il était Tobjet qu'il mourut à Chatellerault,

le dîrî|Ç(?ant sur Bloîs, le 4 janvier de Tannée 1464, h Fâge de 171 ans.

Son corps fut rament^ par son Ois, Louis XII au château de

îlois (?t enterre danslV-glisecollô^^iale de Saint-Sauveur; mais

lorsque ce prince, de due d Orléans fut le roi Louiâ XII, il fit

|lran5porter les restes de son père dans le tombeau de la famille

londi^ en l'église des Célestins t\ Paris,

Quant au Bâtard, comte de Danois et de Lon^ueville, il mourut : légitimé d'OrUans, en raDn)'!e 14G8, Agé de 66 ans ; son corps a été inhumé dans Téglise de Cléry près Orléans, ou il a fêté retrouvé au cours de Tannée 1856*

Cette heureuse invention a été constatée par une commission de la société archéologique, dans un procès- verbal rédigé le

til décembre de cette année (vol. IV de ses mémoires.) Lapanage du prince Charles passa h Louis II depuis Louis XII*" du nom, lorsqull succéda à la couronne de France par la mort de Charles Vlli ; mais cet ordi'e successif ne doit

Ipas nous occuper, ici, davantage, et nous devons revenir à ce qui intéresse, plus spécialement, la ville d'Orléans. Le roi Louis XI s'empressa de prendre possession de Tautorilé royale et dès le 18 août il se faisait sacrer à Reims; il se rendit à Paris en passant par Orléans, 'au moins^cst-ce ce qu'enseigne, seul il est vrai entre tous les annalistes de la ville» M. LoUin, dans Tœuvre duquel nous lisons; c juillet 1461, Louis XI sueeéde à Clin ries VU à Tâge de 38 ans. 30 septembre il entre à Orléans par la Po?7e nannier, il lut re^ju avec une pompe toute royale ; on remarque dans les frais de ce lie entrée,

■ les artfeles ci-npres: aux enlants de chœur qui avaient apporté unbulTct d'orgue ; ils touchèrent l'orgue sur un échaulTault ; et pour avoir chanté à l'arrivée du roi^XVÏ sous ; payé pour faire échauifault au eoiu Maugas et à la Porte Dunoise, pour faire des personnages, XII sous; payé pour foire deux étoiles de fer blanc doré et un diadème auquel il avait une croix dorée (in; six paires d'ailes d'anges de plume de paon, pour six chefs [d'anges et six hommes et quatre barbes pour faire des pei*sonjnages, XXX livres. »

Ce*î détails r^ndout inexplicable le silence gardé jusqu'à

M. Loltin sur dû încîdenl. cependant assez remarquable, el dont nul autre du méaie genre, n'est négligé.

Dans cette période et sous ce règne, rhistoirc de la yille, à proprenienl parler, subit une remarquable înterrupliou, laul ce qui s y passe se réduit à des détails du plus mince iQt.ër^t ramassés, avec minutie, par M, Lottin seul, qui s'évertue à leur donner quolqu'importance, mais sans y parvenir.

Nous devons» cependant, nous attacher a analyser rètat de la ville et les quelques circonstances s'appUquaut aux changements survenus dans ses institutions, pendant les dernières années du règne de Charles VI II et le court, mais trop long règne de son successeur.

ADMrMSTHATION MUNICfPALE.

Dans le chapitre précédent l'accroissement de rinstilution municipale s'est montrée avec évidence et sa transforination a été signalée dans taules les parties qui pouvaient, alors Jui appartenir.

Il est cependant deux d*^* ces parties qu'à dessein nous avoas négligées, parce que leur véritable caract^^e nous a paru douteux.

Nous avons si^^nalé les proviacurs dcR cimetières, et les fffotnseurs des iurcie^ el hvées ; et nous avons considéré ces institutions comme une émanation de Tadministration mnnicipfde; il en est une troisième qui semble bien avoir ce caractère el cependant avec moins de certitude.

Nous avons vu, et c'est là la cause du doute qui sVst élevé chez quelques annalistes, sur la qualification et Forigine qu'on doit leur attribuer, que la première, celle des proviseurs des cimetières, avait été empruntée à une confrérie religieuse chargée de cette partie importante de Tadministration intérieure de la villCy dont chaque paroisse avait son cimetière, el dans les églises desquelles les inhumations avaient souvent lieu, d'où on a%^ait eu peine à reconnaître, alors même que la commission dite des />roïM'.*ie/o'>î des cimedêî^efi s*e»l sécularî*

aée, qu'elles fussent placées sous rautonté des procureurs de ville.

Il en est de même de rînstitution des proviseurs des ponts ; D0U8 avons, h propos du vocable, de la collégiale de Saînl- Pierre-Empont d'Orléans, parlé de la confrérie des ponliles consacrée, spécialemeot, h la construction de ces voies de communications constituée, d abord, en un ordre tout à la fois relifj'ieux et militaire» dont la mission était de protéger les eonsLructîOïis cuolre la malveîllîmce des habitants des territoires ou tribus qu'on voulait relier par ce moyen, dont les membres devinrent eux-mêmes les constructeurs et les surveillants sans cesser d'être un ordre religieux» et qui» cependant, furent remplacés par cette nouvelle institution appelée provâseurs des pofUs.

On peut dont se demander, comme on Ta fait des /îrau/^ewr^ des cimetières, si cette iustiLution était municipale, même alors que ces derniers fonctionnaires auraient cessé d*appartenir à un ordre relif^ieux; si le pont élait une propriété urbaine, ou bien appartenant au seigneur féodal dans le fief duquel était le eoui's d'eau dont ce pont reliait les deux rives; et à Orléans domnîue du Roi, si i*e pont attenant oux murailles de la ville, dépendant de ce domaine, n*en faisait pas égatement partie.

Ces questions doivent être résolues par les considérations suivantes : le pont n'était pas adhérent aux murailles dont, au contraire, il était séparé; il était indispensable aux habitants et d'une utilité très douteuse pour le Roi, d'où il suit que les proviseurs du pont, n en était pas moins une institution municipale, quand même îa confrérie des pontifes aurait encore été représentée [»ar le petit monastère de Saint- Antoine établi sur son parcours.

Un autre sujet de doute remontant à la fin du i*ègne de rCharïes VU, est le premier monument élevé à Jeanne d'Arc dans la ville d'Orléans.

On le considère, p'néralcmenl, eommc une marque de la reconnaissance de Charles Vît, envers Jeanne d*Are;iHut élevé en Tannée 1458, et il était placé sur le pont, dans la partie la plus voisine de la ville.

Il consistait dans plusieurs pièces ea bronze presque de grandeur nalurcllc : le Christ, la Vierge, Jeanne d'Arc* et l»> Roi, tous les deux à genoux de chaque cûtè.

Cet lïommage rendu à l'héroïne, ti'il lu été par le Roi, lui même» et aussi pou de temps après le retour de la paix, serait un éclatant démenti donné aux reproches dlngraUtnde (|U*oq adresse à ce prince; l'un de ses historiens, celui qui a pris, surtout à tîkhe de le disculper de cette nccuâatîon, ne manque pas de s*aulori8er de cette manifeâtation digne d*uri grand Bol, cependant M. Lotlin s'autorisant de quelques documents par lui rencontrés» dans les archives de la ville et dans quelques manuBcnis ; et particulièrement du témoignage de Tabbé Dubois, après avoir dit que ce monument est le second qui fut fondé en France, ajoute : « qu'on l attribue aux dons que fireni les Orléanais et au produit des bijoux et des i présents faits \mv lt\s dames et les demolâelles de la ville-

Il est impossîbhî de s'associer à celle opinion , le nionumenl cLait trop complexe el d'un trop grand modèle pour qu'il pût être offert par un autre que le Roi, ou par le duc d'Orléans; la | bourgeoisie n'était pas encore arrivée à cette situation qui lui permit de s'associer pour créer et fonder un monument, surtout h ce moment où l'art perdait son caractère faussement] qualifié de Goîliique, pour passera celui qu'il tint de cette époque appelée : Eenaîssarwe.

Ces actes de munificence ne pouvaient appartenir qu'aux] grands du monde ; lout se réunîl pour voir dans rautenr de cô j remarquable monument, le roi Charles YII, lui même, et pourj ne pas rattribuer à une bourgeoisie encore assez mal défi ni 0»! soumise aux lois somptuaires qui interdisaient l'usage dea bijoux aux femmes de cette classe (ordonnances des années 1298, i30â, 1313, ^1506, 1543, 1561, 1583. 1604, 16-29).

Nous avons beaucoup parlé de la collégiale de Saint-Pie rre^* en pont ou Empont, jadis baptistère des hommes, sanefusl petnis vlrorum, par opposition à Saiol-Pierre-le*Pucllierg baptistère des jeunes filles ou des femmes; cette collégiale son église occupaient une place très favorable poin* être le liet où le guet pouvait être placé, ou bien pour recevoir une cloc

quî devint rînstrnment capable travrrtir les habitants de la Ville des êvênenieiits et ngressionâ dont celle-ci pouvait être menacés, ou des sinistres qui exigeaient un prompt secours; et enfin, lorsque Fart de Thorlogerie le permit, pour recevoir un indicateur des heures du jour ou de la nuit, remplaçant avec avantage les crieurà qui se tenaient ordinairement dans une tour ou dans un clocher.

Ces guetteurs ont, en effet, été remplacés par la cloche et celle-ei sous le nom de beiîroy ou elTroy {!), n*a cessé d'exister même après Tusage de Khorloge, de eonner pour annoncer rineendie ou ragressioD par le f.oc.'ffn , ou les fêtes, les réjouissances publiques par un son plus modéré, moins précipité et plus solennel.

La tour de Saint-Pierre-Empont avait reçu les guetteurs, de nuit, elle retint le belTroy, jusqu'au jour ou rhorloge devint l'indicateur de la marche do temps; la cloche proprement dite, colle qui annonçait la réjouissance, et jetait le son d'alarme tour à tour, resta auprès de l'horloge en possession de ces deux destinations.

Ce qui précède nous impose l'obligation de parler avee quelqu'éteodue de ces institutions des guetteurs, du guet et do la cloche du BelTroy.

Dans les premiers temps de la monarchie, la cloche était exclusivement réservée à rêgifse : c'était du clocher que devaient ^^rtîr tous les avertissements des choses qui intéressaient tes sociétés chrétiennes : les heures de la prière, des offices, du lever, du coucher ; et comme ils se pouvaient que fréquemment on dût être averti des événements qu'on devait conjurer et pour que les églises fussent paisibles pendant la nuit, on plaçait des hommes de services appelés guetteurs sur la plate-

(I) On n'est pus d'accord sur le sens du mot bcffrotj ou cffroy; on le compoijo de deux uiota : BAI ût friend^ Cloche des ami^s ou do la paixy cependant comaio on n'en usait ordinaireraont que pour préveoir d'un ôvèuenjont sinistre qui jetait roffrot dans la population et rapj)oler au secours, il est probable que le mot boffroy vient surtout du eeatiment que le son de la elochû devait inspirer,

forme du monument le plus élevé» alin t^u'ils passeot jeter le cri tJ*alarmes et appeler le secours.

Ce fui, pour Orléans, très certaioement, la tour de la collégiale de Saint-Pierro-Empont, comme la plus centrale, qui fut choisie pour cet usage-

II y avait, nous dit M. Lottîn, sur cette tour, une clocbe appelée beffroy ou Veffroy ; elle servait à annoncer le couvre feu, la fermeture des portes de la ville, les réjouissances, Talarme en cas d'incendie.

Cette cloche avait un surnom qui appartient au langage très expressif de ces temps, onrappellait chasse nbaux , M. Lottio donne à ces mots un sens qui ne lui appartient pas» c'est parce que, dit-il, elle avertissait les habitants qui étaient en ribotte dans les cabarets des faubourgs, de rentrer ; mais il perd de vue ce qu'il nous a apprigi lui même : que cette tour servait aux guetteurs de nuit, qu'à cet efTet elle était munie d'une maison uell'î sur sa plate forme servant d*abri à ces guetteurs qui en sonnant appelait les hubitanls de service pendant la nnil, pour le bon ordre et la chasse SLiixMaugars {mauvais garçons)» voleurs et gens de mauvaise vie, aux jibauds^ afin que les habitants de service, se dirigeassent^ du coté de la ville oii se passaient des actions qu'il fallait réprimer.

G est qu'en eflel, les habitants des villes, abandonnés, alors, à leurs propres ressources, entourés des dangers de la guerre de partisans ou des bandes appelées compagnies, composées de pillards, craignant plus les gens d'armes qui sous prétexte de les protéger occuperaient les villes et les opprimeraient, et qui, défendus par de fortes murailles, préléraient se garder eux mêmes, se constituèrent en sorte de garde urbaine.

Il faut donc distinguer, dans la ville d'Orléans, le guet, institution dont le personnel comprenait tous les habitants par compagnie et chacun à son tour et les guetteurs dont il vient d'être parlé.

La première de ces institutions devint bientôt un instrument de police qui affranchit les ha bit an Is de l'obligation de faire le guet ou des patrouilles chaque nuit, mais ce ne fut guère quen l'année 1460, qu*une ordonnance (9 mars) du prince

apanagiste organisa le guet, encore ful-il longleraps k prendre une forme régulière.

Ce fureni des hommes armés et soldéj^ qyî sous raiitorîté d'un capitaine {prœfectus vigilnm) composèrent le guet; les guetteun ncn r esièrcnt pus moins à leur fonction et à leur poste.

En l*annre I59î) nous a|)prennenl les registres des écoliers allemands à l'Université d'Orléans, (la nation germanique) on divisait le goel en deux parties, les guetteurs étaient appelés virgiles nocturnis^ les veilteurs de nnil ; et le guet armé et pour ainsi dire enrégimenté, était désigné collectivement par le mol: vigiles.

Cependant la garde urbaine n'abandonna pas absolument la garde de la ville, elle y concourait dans une certaine mesure en motiiant ia garde aux portes et sur les murailles; mais el!e avait abandonné au guet, les promenades nocturnes désignées dès ce temps par le mot : patrouilla, patrouille.

Les guetteurs continuaient à passer les nuits auprès du bcffroy, toujours prêts h donner Talarme en sonnant le tocsin, mot plus expressif par son intonation que par le sens qu'on a essayé de lai donner et qui n'a jamais été bien précisé.

Ce guet devenu un instrument de police ne tarda pas non plus a êtrerobjetde fanimadversion des classes turbulentes entête desquelles il faut certainement placer les écoliers de rUniversité, aussi voyons-nous à Toccasion d'une rixe survenue entre quelques-uns d'entre eux, que cette jeunesse traitait les soldés ou soldats du guet avec le plus profond mépris et leur adressait les plus grosses injures.

Nous lisons dans l'un des registres de la nation gennanique undique vilis œstimatiouis , ac kvis armaturœ hominiùus sycophantis itidem et ftirciferis calumnia% scilicet împrohissimorum hominum fugandi et pro(!igandi.,.^ Ucîores sive diaboii satellites.

Ainsi donc cette petite troupe était composée d'hommes méprisables, de dénonciateurs, d'espions, de vils coquins, d*hommes sans foi qu'il faut fuir et môme détruire, de licteurs ou satellites de saian.

Celle inslilulioiî ne pouvait eirc uoe dépendance de radmÊDbir«ition municipale : elle relevait excliisiverocnl de la Prévôté qui en môme temps, administraii la justice civile criminelle et de

police.

[/institution des guetteurs par le déplacement de ta cloche du beffroy nous r.onduit à un des progrès de rjostilution municipaîo.

Nous avons vu que les procureurs de ville qui tenaient leurs séances ordinaires dans la lour de Saint-Samson, et quelques séances, a rexlraordinaire, dans Tune des salles du Châlelel, furenl obligés dabandonner ce lieu, en Tannée 1442, lorsqu'à son retour de sa captiviié eu Angleterre, le duc Charles d'Orléans vint visiter la ville principale de son apanage, el qa*a\cc une suile nombreuse il sc'journa au flbâtelet.

Qu'à ce moment les procureurs de \ille, se virent dans la^ nécessité de chercber un refuge ailleurs qu'ils prireol à bail une hôtellerie dite des Créneaux, finirent pas Tacheter, en yj réunisanl plusiuiirs maisons adjacenies près Tèglise Sainte^] Catherine

Nous devons ajouter à ces détails qu'il existait une tour dite des Crr^neaux dont nous avons parlé, et qu'après la construction de Thùtel confie à un architecte du nom de Viard, auieur du charmant hôiel de ville de Beaugency, on suréleva cette petite tour, que Ton y plaça la cloche du beffroy, et que Ton commanda h deux saintiers ou fondeurs: Robin-Boivin de Moulins, et Etienne Bouchard de Tours, une cloche du poids de 9,400 livres.

Les habiles fondeurs ornèrent celle œuvre d*une tige de lys sortant d'un des cœurs de lys qui dislinguent les armes d'Orléans, et y mirent cette inscriplion hoc vernani lilia corde : ce cœur fait fleurir les lys.

Allusion à ces deux vers que nous avons rapporl<*'S déjà :

Non potuit magni caput esse aurelia regni Ergo quod superest, corque animtuquê fuit.

Traduits, ainsi que nous Tavons rapporté, par Jacques Guyon en ces lermes :

Orléans n'ayanl pu êlre le chef êe France. Est demeuré son cœur, sa vie el sa défmice^

On ajoute à celte cloche du bf ffroy, une horloge, œuvre d'un artiste en ce genre nomme : Carrel.

Cette horloge fut payée par la ville la somme de 1,155 livres et

comme ou ne voulut rien négliger pour s'assurer de sa perfeclion,

on la soumit à la vLTiticatioîi d*un autre artiste en horlogerie

[très renommé, Jehan Monyn, qui habitait la ville de Nevers,

auquel on paya 300 livres pour son voyage.

Le toit de la tour était quadrangulaire et au lieu de poinle it portait une lanterne k son sommet qui ne s'allumait que dans des nuits de fèlcs publiques ou dincendies.

Pour préserver le monument de la foudre, on y déposa les reliques de plusieurs saints el au-dessus comme amortmeinent, nous dit M. de Buzonuière» auquel nous empruntons ces précieux détails, s'éleva une statue de saint Miche! terrassant le diable, œuvre en plomb du poids de 459 livres,

AMÉLIORATIONS DE L'aOMINIST RATIO?!, ACCRUE DE LA VILLE,

Ces progrès sensibles dans Télôment municipal sont dus certainemetil aux événements guerriers qui, dans les années du règne de Charles VII el au commencement du règne de Louis XI, venaient de s'accomplir, mais il sont dus aussi au sentiment de la reconnaissance de ces deux rois qui voulurent en donner un gage à une ville, dont la belle contenance, pendant le siège, assura le salut de la monarchie et de la nationalité si près de leur perte.

Il faut les attribuer aussi à la sécurité qui renaissait dans toutes les parties du terri lo ire.

En ce qui concerne Orléans, nous Tavons vue, comme Tavait été la ville de Moniargis, affranchie de tous impôts, pendant lia vie du roi Charles VII; nous pouvons ajouter que, comme

MoDtai^s, elle fut mise au nombre des Tîtles (Tarrèt, c*esi-à-dfa« qu*il lui fiit concédé le droit d*trrêter 1& marchaodl&es et deders des marchands forains, et même de les faire emprisonner, lorsqu'ils manqueraient à leurs eûgagements pris eoTers les habiMils

de b\ille.

Cette franchise, accordée aux mircbuids forains qui aujourd'hui singulière^ était cependant détendue par le droit coutumier.

En se reportant à cette époque où les marchés Q*éUtteiit 8| viaionn6s des choses plus nécessaires que par les fabriques des Fhindres et des états voisins, où ta difficulté de viabilité s'opposait au vovage et aux communications de ville à vîile^ les relations commerciales ne pouvaient être entretenues que par des industriels étrangers aux villes centrales, n'y venant qit^à des époques périodiques ; il éiait d'un haut intérêt et même d*nne nécessité absolue dVocourager leur arrivée aux jours de foires indiqués, par des avantages qui leur donnassent une pleine sécurité pendant leur séjour.

On laissait aux habitants le soin de se défendre de Tastace et même de la mauvaise foi de ces marchands, mais on ne leur donnait pas la protection de la justice.

Pour changer la loi coutumière qui avait consacré ces avantages au commerce du dehors, il fallait une ordonnance royale,

La ville d'Orléans fut donc placée au nombre des ville d'arrêt, se réduisant jusqu^à la guerre des Anglais portée au centre de la France à deux : Paris et Reims, et qui, depuis ce siège, le furent à quatre en ajoutant : Montargis et Orléans.

Mais l'expulsion des Anglais du royaume de France; les mesures prises par suite des délibérations des états d*Orlèan$ qui dissipèrent les bandes de routiers, de pillards qui désolaient les campagnes et les habitations des environs des villes et aU laienl jusqu'à menacer la sécurité de celîes-cî, produisirent une sécurité inconnue jusque-là et qui permit aux villes d'étendre leurs enceintes et de se donner des promenades presque extérieures, et aux habitants Texercice des jeux hygiéniques tels que celui de la paulme^ du mail et de quetqnes autres, faisant

une heureuse diversion avec la monotonie el rimmobilité de leur vie.

A^lors. aussi^ les invasions élrangëres ne sont plus à redouier; les grandes guerres féodales ne se rcnouvelleronl plus; les grands fiefs, ces rivaux redoutables de la couronne s'affaiblissenl et disparaissent ; le principe féodal fléchit devant les progrès toujours croissants de rantorité roynle, df*vanl ceux de la bourgeoisie envahissant les universités^ la magistrature, le barreau et les arts, et s'enrichissant par Taccensenient et le commerce devenu plus sédentaire, les classes populaires elles-mêmes ci le territoire sont préparés h leur affranchissement.

Cette siUialion récente inspira au roi Louis XI on acte considérable, qui fut pour la ville d'Orléans un véritable bienfait.

Nous lisons dans Lemaire, s'occupant des clôtures successives de la ville : « Quant h la clôture de la porte Bourgogne» du côté de Torient, il est sans doute que ce fut le roi Louis XI qui accrut la dite ville de ce côté y renfermant le dit faubourg : le faisant clore de murailles, tours et fossés, Tan liSO ; il y fait aussi bâtir réglise de Saint-Aignao qui avait été abattue du règne de Charles V, Fan 1300, lorsque le prince de Galles avec son armée vint vers i)rléans et prit Beaugency.

Il ajoute que ce Roi qui avait une grande dévotion envers Sainl-Aignaii fil faire au-dessus du portail de la dite porte Bourgogne fimage de Saint-Aignan en bas relief et la sienne étant à genoux, au-dessous desquelles images et statues on lit ces mots qui aembimî un sizain :

Ici voyez le roi portraict,

Louis oniiiènic qui parlaicl,

A Saint-Aignan puis en triefs jours

A clos les murs fossnz ci tours,

Ces Itien faits lui soieiil examen,

Dont bien lui soît, dîtes amen.

Cette clôture semblait devoir s'étendre plus loin que Id rayon dans lequel le roi Louis XI Ta renfermé : on Fagrandit sous l'un de ses successeurs; nous attendrons pour la décrire

que Dous ayons atieini cette époqae defnits Uquelle elle esi resiée ce quelle est encore aujourd'hui, pour la décrire en reproduisani les textes de nos anciens historietis.

Louis XI était venu une première fois à Oriéans, le 17 fèrtier de Tannée 1 466 ; le 90 il visita solenDeUenieDl Téglise de Sainl- Âignan ; on lui présenta le surplis et raamtisse dont il se reT^tii, on y ajouta une bourse où il y arait cinq sous parisis.

Dès les premiers jours de son arrivée il ordonna rétablissement des quais et des abords de la Loire du côiè de la iiille, aûn de protéger l'abord des bateaux chargés de marchandises et mettre celle-ci à Tabri des inondations, et Teihaossisfiieiit des levées du côté des AugusUns (le Porlereau).

Le ÎO décembre, il fit réunir les habitants sous les halles et leur fît part de son intention d'accroître la Tille*

Il ne trouva d'opposition que de la part des chapitres <i^H Sainte-Croix et de Sainl-Pierre-le-Puellier qui se refusaient h cfilH travaux dans lesquels ils devaient faire le sacrifice de quelques maisons leur appartenant, et dont ta destruction entrait dans le plan à exécuter : ces deux chapitres envoyèrent un de leurs membres pour porter leur réclamation ati Roi, qui n'en tint aucun compte et fit commencer les travaux.

En même temps, il ordonna la réédification de Tëglise tl il lui fit des cadeaux magnifiques, entr*autres une châsse d'argent destinée à conserver le corps du saint, et deux autres petites châsses aussi en argent, Tune destinée h recevoir la mentcnnière et l'autre le bras du même saint.

Il fil restaurer l'église de Nolre-Darae-du-Chemîn,

Tous ceë travaux vraiment gigantesques s'accomplire; promptement si nous en croyons Lemaire, ils étaient terminés en Tannée 14S0, et vraiment lorsqu'on les a vus existant encore au commencement du xix" siècle et qu'on a pu apprécier leur beauté et leur solidité, on est surpris que ce court espace de temps ait suffi à leur édification.

Ces travaux se continuèrent les années suivantes.

En Tannée 1477, il fait construire dans le cloître Saint-Aignan, pour son usage personnel, un véritable palais, en briques et encadrures de pierres taillées; on lui donna le nom de ^Vouait

xSyate^ et ce qui nn reste malgré les divisions aux»]uelle3 ce magîiînqnc bâtiment a été soumiB et les dégradations que le temps lui a fait subir, donne encore une haute idée de ce que son ensemble devait être alors qu'il servait d'habitation h un roi et toute sa coor.

En rannée 1480, ce prince lit élever au âud de leglise de Saint-Aignan, une belle esplanade dominant le fleuve et de laquelle on découvrait le cours du fleuve dans un espace fju'»jn peut évaluer à plusieurs kikmi êtres, et formant le coude, la courbure qui a fait nommer la ville élevée à cet endroit ; Gen-ab, et le Val s'étendant de la Loire au Loiret.

Il ordonna que sa consommation de vin soit prise à Orléans.

Dans son institution des Postes aux chevaux ; il plai;a \\n bureau à Orléans, que les courriers allautd'Amboise et de Blois il Paris ne faisaient, jusque là, que traverser et il fit de la ville le point central de sa stratégie postale.

Ses bienfaits ne s'arrêtèrent pas à ces actes grandioses et généreux, ils s'étendirent au loin, dans les environs d^Orléans.

Le Bâtard comte de Danois possédait Téglise deCléry, située à quatre lieues d'Orléans, à quelque distance de la rive gauche de la Loire, où il fui ioliumé ainsi que nous Tavons dit.

Le Roi acheta celte église, de ce grand personnage» dansTinicnlion d'en faire sa chapelle particulière (7 mars 1460).

Cette acquisition donna lieu à de nombreux voyages du Roî à cette basilique d'une belle architecture, et à des actes de munificence tous très profitables à cette partie derOrléanais.

Louis XI donna à réglise de Cléry, une somme de quatre mille écus, pour dire une messe haute et solennelle et deux messes basses, à Tautel de la Vierge,

Il fil construire sur la rive droite de la Loire, et sur le territoire de la petite ville de iMeung, en face du pont qui, à cet endroit, existait et qui communiquaitavecla route conduisant de MeuDg à Cléry, un véritable édifice oh il remisait ses cbevaux, il ae rendait en faisant ces pèlerinages, à pied, de Meung àCléryi séparées par une distance d'une lieue et demie*

Cette maison transformée eu une habitation bourgeoise existe encore; le rez de chaussée est composé de pièces voûtées qui

rappellenl leur^diWiaonspivroièresellciirprciïî

La cour, Irèi va:sV% AêUMid au bas d'uû coU - ^ ^,.vé^

quel on parvient par un escaltrr pliicc dans tuie tiiiUFt ri Anprès de celle maison encore appelée : /« écvries, on remar«iii« quali^ues débris de bètimeaU de déTenses» comme il t^onrenaîl qu'il y en eût auprès d'une babHaUoii, appartenant h un tri roi, à une pareille époque*

Le tableau que nous Tenons d esquisser dêê rapports do roi i Louis XI avec la ville d't)rléiuîs serait incooiplel si on o*«JcHi- . tait pas deux actes résultant de roptnion que ce prince s^élail fait du pouvoir royal.

Dans ses guerroyages» Louis XI s^etoit emparé de la ville d'Evreux, (1467)» les babilaDt^ ayant capitulé. Il exigea comme otage dix des plus riches habitants de cette ville : 0 les Ot tniiiâ> porter à Orléans et impitoyablement enfermer dans la Tour- Neuve f celte tour qui enferma tant d'illustres prisonniers.

Les magistrats de la ville d'Orléans louches de cette dor^lé lea Grent sortir et sur parole, leur donnèrent la ville pour prison.

£n l'année 1477, Louis XI s empara de la ville d*Arras, il la dépeupla, en fit sortir tous les habitants, et pour les remplacer il contraignit quelques familles prises dans quelques autres villes du royaume à s y installer.

D désigna.; pour le contingent de la ville d'Orléans soixante familles qui furent dans Tobligation de se rendre à Arra^* et il ne leur donna d'autre indemnité que raffranchî^^cment des impôts, pendant deux années; il y ajouta dix-sept autres familles.

Déjà le goût des arts, prélude de la J^ennîs^fiiaeer se matufcs* tait d*une manière remarquable, dans la ville d^Orlèans : ce monument élevé à la Pucelle, les belles tapisseries, ceuvre â*un Orléanais, données par la ville au duc d'Orléans, les 4,000 èeus offerts à ce prince, à son retour de la eapti\ilé : la vaisselle de poids de 300 marcs d'argent et du prix de 3,000 fr. offerte à la duchesse d*Orléans, tors de son premier accouchementi de* puis son retour,

Led richeâ reliquaires donnés par Louis XI, à la collégiale de

Sailli- A îgn an ; la magnifique reconstriicLlon de son e^^lise ; les bellessculptures placées au tkssus de la Porte Bourgogne.

Les belles galeries du nouveau cimetière d'Orléans: le doo fait à l'église de Saint-Âignan de plusieurs vases sacrés en argent doré et gravé, reûfermés dans un cofîret de bois sculpté en relief, représentant les principaux actes de la vie du Roi et son couronnement.

La stîulpture de la statue de Notre-Dame des miracles, celle des armes du duc d'Orléans écartelées de celles de Milan, placées au fronton de la Porte-Henard.

Les six colonnes d*airaîn 8ur l^^squelles étaient placées six images vives et enlevées (en relief) de six anges d'un travail admirable données par l'évéque d'Orléans, François de Brilhac (de 1479 à 1504).

Enfin les programmes des fêtes célébrées le 8 mai de chaque année en mémoire de la délivrance d*Orléans, et à l'occasion de l'entrée des rois et des princes, où on voit figurer des fon tâines jetant le vin et le lait, du vm d'iiypocras, breuvage fait avec du sucre, de la canelle, du gérotle, du gingeuabre ; des chanteurs qui faisaient entendre les poésies d*Alain Chartier, né a Orléans ; des înstruuieQtistcs, deux ayant chacun un orgue ; ieux ménestrels jouant du violon, deux tambourineux, sept

litareux, des harpeux.

Ces merveilles <le la mécanique, de la poésie et des arts n*élaieut pas les seules manifestations auxquelles on avait recours dans les solennités; ces spectacles étaient enrichis de danses, dans lesquelles les exécutants apparaissaient sous diverses apparences se livrant aux danses que I on supposait ou que Ton savait être celles des nations qu'ils représentaient; il y eut les danses mauresques, faites par plusieurs compagnons (soldats) les uns en habit aux armes de Monseigneur le duc d*Orléans, les autres armés tout en Idanc, les autres en chemises et les autres tout nus, et autres [ilusieurs manières en bon ordre grande jnyeuselé et sans conlens (sans contention, sans querelles).

Tout cela était, on le voit, signe d*un pas, encore mal assuré et trébuchant, fait dans la voie de la civilisations mais tranchant

déjà d*une manière très salîsDiisanle avec les orj grossièrns des lemps anciens, el peut être appelé raurore du beau jour de la renaissance pr^t à éclairer la terre de France, jusque-là couverte des ténMircs de la barbarie germanique.

Un document que nous avons récemment exploré nous four nit un renseignement préeieuxqui doit élre ajouté au sujet que nous abordons en ce moment ou nous découvrons les premiers essais de la poésie et des arts se maaîfestant dans la ville d'Orléans , nous saisissons avec quelqu'empressement roccasion de le signaler parcequ'il se rattache par un lien très fortement serré à ce qui précède, nous voulons parler de Tart théâtral.

En Tannée 1447 qui est celle à laquelle Tuniversité d^Orîéans reprit la régularité de ses cours, nous rencontrons au registre des docteurs régents, une ordonnance royale publiée sous la forme réglementaire d'un arrêt du Parlement , intitulé : decretmn datum et actum ParisiU in paHainenlo nosiro, annodomini 1447, de detractoriis cornediis.

On comprend comment entr'au très occasions, celle de tourner en ridicule les nations d*écoliers étrangères aux auteurs de ce^ comédies, ou de satisfaire un senttuient de rivalîtét devait êlFQ fréquente, et on ne sera pas surpris que l'ordonnance ait pour objet de réprimer l'abus de ces comédies calomnieuses ou bien outrageantes qui donnaient lieu à des contentions et des querelles violentes : conlcniiones et jurgia ex comediis orhtntur.

Ainsi ces éléments de progrès social réunis composent un tout, établissant une différence sensible entre la fin du règUQ^ de Charles VII, le commencement du règne Louis XI, el les règnes de Jean I" dit le Bon et de Charles Y dit le S<ige.

Tout ce /jui précède nous invite à rapprocher de cet étal de la civilisation à cette époque et sous les règnes qui ne furenl pas sans gloire, renseignement universitaire, etTétat du clergé dans la ville d'Orléans.

Cette étude par la situation de FÉglise, à celte époque, s© trouve commune à rKglise et aux universités françaises el doit, par conséquent, comprendre ces deux grandes institutions.

L'université d'Orléans comptait au nombre des actes de la réglementation un statut remontant à TaDuée 1307, réservaat

au seul recteur lo droit de convoquer, en assemblée pen<!^pale, tout le corps universitaire y compris les nations d 'écoliers représentées par le procureur ou procurateur de chacune d'elles.

Celte assemblée générale devait avoir lieu tous les ans et il n'apparaît d'aucun texte qu'il dut y en avoir d'autre dans ce laps de temps ; mais le droit de convocation et le jour où elle aurait lieu, était laissé, exclusivement, à lappréciafion du recteur; seulement il dcvaitlixer cette assemblée général»» cinq jours avant la célébration de la fôte de saint Euverte, qui a lieu le 7 septembre de chaque année, date qui fait supposer que la réunion tj^énérale devait avoir lieu, peu de temps avant Touverture des vacances.

Les choses à cet égard semblent être restées dans cet état jusqu'au 23 mars de Tannce 140(), ou Charles VI, rendit une ordonnance qui nous apprend que non seulement le recteur avait le droit de faire état (Vuniversité^ e'est-à-dire de convoquer le corps universitaire en assemblée générale, sans doute tuulcs les fois qu'il le jugerait convenable, mais que les docteurs régents et les procureurs des nations d'écoliers le requerraient, et qui, même pourraient faire cette réunion quand même le recteur s'y opposerait.

Cette ordonnance fut rendue en réponse k une requête présentée nu Roi par les écoliers, soîlicitant l'exercice du droit de se réunir en assemblée générale, comme remontant aux anciens iemps^ et cela suivant la déclaration de la (dus grande partie de rilniversité, s'il tie plaist au Moi, ça soit ce que aisi été aifîsi accoustumé faire.

L'ordonnance porte : t Quk la relation du grand Conseil, où sont le patriarche d'Alexandrie» Févêque de Sens, les évèques de Tournay et de Limoges et autres du ConseiL : le recteur sera tenu, lursqu^it ensera rerjuisj par trois procureurs des nations, de faire assemblée générale, et avec ce, que lo dît recteur soit et sera tenu de conclure selon ce qui délibéré, aura esté en i celle congrégation, par la plus grande partie des dictes oations.

« Et au défaut du recteur, les trois procureurs ou un plus

gVand nombre ayant réuni rUniversité en assemblée p^néni!<\ on appellera le plus ancien docteur^ m^ine un des procuneurs qui, sur ce^ sera par culx, ou la plus grande parlie «les drcli^ nations, eu fahsence ou présence tfu dici recteur^ ordonné ri requis les choses ou besognes pour lesifuelles ils sont aâiS4^nihléa conclure et de donner selon les opinions de ta plus cran^J partie. *

€ L*ordonnanee va plus loin. prt'%oyanl le cas où if plus" ancien des docteurs se refuserait à la convocation de rassemblée générale, elle permet au procureur général de TUniversité de la convoquer : et si celui-ci s'y refusait, elle transmet ce droit à l'un des procureurs, élu à cet elTel, par la plus grande partie des nations, et dans ce dernier cas elle donne h rassemblée, pouvoir dlnfliger au recteur ou procureur général refusant et délayant^ telle amende arbitraire comme bon lui semblera. » ,

A coup sûr, une telle ordonnance si contraire à celle de Tannée 1307, h celle de Tannée 1336, qui remettaient toutes le contestations s'élevant entre les membres du corps univ<*rsU taire à la décision de trois arbitres, sollicite la recherche du molif qui la fait rendre.

Nous croyons pouvoir résoudre la question qui se présenta ici, par les circonstances politiques et religieuses et daitô lesquelles la monarchie et le christianisme se trouvaient alors.

La situation politique estsuBlsamment eonnui% il u'eu(^( pas ainsi de la situation religieuse sur laquelle nous croyons devoir insister.

Pour cela, et tout en passant aussi rapidement que possible sur ce sujet, nous croyons devoir exposer quelques faits qui feront comprendre les ménagements dont le pouvoir royal devait user à Têtard des centres d'enseignement alor^ ' sj

d esprits éclairés, remuant, même dans la partie ile^; déjà arrivés à Tâge d'hommes, tous lettrés* appartenant en grande partie à la cléricature, et en tous cas. aux plus hautes familles de la bourgeoisie et même de Tarii^ocratîe.

Ces considérations expliquent comment le pouvoir sur le complications où il se trouvait, a été entraiaê à donner oar--

îère à Tcxpression de la pensée liu plus grand nombre, les corps enseignant lui paraissant l'appuyer dans le parti qii^il désirait prendre.

A ce moin«?nl, in(Ji''pendamment de I*élat de la guerre avec VAngleterre et les tronldes intérieurs^ le pouvoir royal se trouvait en prês^^nre du schisme i|ui divisait l'Eglise entre le pape Clément YII et Urbain VI, le premier : pape d^Avignon, le second : pap^^ <Je Rome.

Il semble incontestable que si le pouvoir royal avait suivi sa propre pensée^ il aurait adopte la papauté d* Avignon, et qu*il se serait bien gardé de 1 alTaibïir par les concessions qu'il crut devoir faire à la papauté de Rome; mais il crut devoir prendre ce parti. Il faut considérer que l'université de Paris, etparticuj lièremenl sa FacuUé de théologie, tout en cédant a riaOuence du pouvoir royal et qu'elle reconnu l Clément \ll pour le vrai pape, voyait, avec douleur, le principe de rÉglise rooiaiiie ébranlé,

■ Cependant, celte grande et célèbre Université qui exerçait une si grande influence sur le Conseil des rois cl sur l'opinion publique se divisa ; elle eut ses adhérents au siège d'Avignon et le parti des neutres.

Cetle'agitation se prolongea jusqu'à la mort d'Urbain Yl, maia elle prit un caractère plus sérieux à la nouvelle de leleclion de Bonifaee IX, à la place d^Urbain YL

Dès avant ces élections, rUniversitc avait suspendu ses leçons ; elle exigeait que le Roi s'opposât à Félectiun d'un nouveau pape ; malgré son adhésion au souverain pqnlificat d'Avignon, jamais son afTection pour le siège de Rome ne se démentit.

L'université de Paris, quoique considérée comme un foyer de science théologique, avait accepté rinlluence qu'exerçait Catherine de Sienne qui s'était déclarée pour le pape de Rome, et elle était parvenue h élever ses opinions à la hauteur d'un dogme religieux.

Cette femme, devenue célèbre par ses extases et Tempire quY'lle prit sur les esprits, s était mise en communication avec un grand nombre d luiiversités, et particulièrement avec celle de Paris,

A ri^lectiou de Bonifâcc IX, roppositioD de rCnirerBilé Paris éclata coiilre ce pape.

Si on suit cette institution depuis le 27 août 1378 où fut éla Clément VII en opposition h L'rbain VI, élu le 7 ami | ' *

jusqu'au 15 juin li08, on fut t'in pape de Rome Alex s .

en remplacement de BoniTace IX, c'est-à-dire pendaDl lui espace de 30 années, on la voit, toujoni-sdansle même sentîmeat^

Cet étal de eboses était tel qu'en rannée 13Ï>S, sous la pre« sîon de rUniversité de Pariis, le Conâeit imposa ati Rot de se soustraire à Tobédience de Renott XIII, élu à la plaee de Clément VIL

Mais Charle? VI, quoique pou$sé dans ses derniers reli ments, oe voulut rien faire sans consulter les UnJTersité« d'Orléans, d'Angers, de Toulouse, de MonlpelUer et mème^ mais cela pour la forme, celle de Paris» dont, mieux que personne, il connaissait les dispositions.

Quoique nos historiens orléanats semblent avoir pris le |>arti de ne pas parler de ce fait, cependant assex coosidéf^ble, du grand schisme d'Occident qui dut troubler le deigé d'Orléans, comme il troubla toutes les pariied du monde chrétien, cependant il est permis, par ce silence même, de supporter que ce clergé en reasenlit les attdntea et que les esprits se divisèreat nn milieu de lui comme ib êtaienl divisés partout ailleurs.

Potir ce qui est de Foniversîté d*Orlêans, on oe fait pas connaître Tavis quelle donna au Roi, en réponse à la qneslîon qnll lui adr^sait, mais la solution pour le prince. Ail qii*il falliUt qu*il se retir&l de^robédience du pape d'AiignnD^

Cette proposition résulte du texte même des leUres pAt^w^t^^ dont la publication suivit la tenue du Conseil, installé à Iliôlel Saint-Pol, alors patats du Roi à Parts, sous la dacs de Berrv, de Boor^gogne et de Bourbon, le Roi i à l'un de ses fm|iienls accès de d^ncnee, acte dans lequel on lit : t Nos dits seigneurs ont onî les opinions i nés el plus et des uivvrsités de Paris, d'Orléaifi, d'AngeiB, i HonlpeUier et de Tonlooset loni examiné el rapporté an B«i;i

pape d^Avignon. >

Mais cette décision ne tînt pas longLemps; les exigences de la

Icour de Rome, avaient singulièrement olTusqué les Rois et ils ne pouvaient pardonner ni même oublier les luttes qu'ils avaient eues à soutenir avec le souverain pontificat, alors qull était tout puissant par Tunité et qu'il aurait eues encore à soutenir; le pouvoir royal pensait, avec une grande, mais facile justesse d'appréciation, qu1l s'anVancliissait de son despotisme et qu'il TatTaiblissait par la présence de deux papes rivaux ; cette situation présentait cependant de graves diflicullés; elle s'aggravetrent par la décision prise en Tannée 1398, Comme la politique et toutes les parties de leconomie sociale étaient intimemeut unies cà rautorité ec€lé3iasti(iueT parle reirait de robédieoce du pape d'Avignon, la France n'ayant pas reconnu le pape de Rome, il se trouvait que TÉglise gallicane était sans chef et même au point de vue de ses rapports politiques, dans un isolement d'autant plus grand que les principales puissances de l'Europe s'étaient ralliées au pape d'Avignon.

Et comme la population tenait à l'existence d'un souverain pontificat, si le mouvement du rouage, non-seulement international, mais même social, n'étiut pas arrêté, il éprouvait au moins un singulier embarras.

■ On le ressentait et on désirait vivement sortir de cette situation pénible et, cependant, on s y maintînt jusqu'au 30 mai ^ de l'année 1403, e'est-à-dire pendant cinq années, H II est vrai qu'on espérait ainsi obîenir le désistement de Tun des deux papes, mais comme ni l'un ni Tautrc ne se souciait de quitter ce poste malgré le dommage qui résultait de leur opiniâtreté, ce jour tlu 30 mai 1403, le conseil du Roi, considé- Brant que la voie qu'il avait suivie pour mettre fin au schisme n'avait pas atteint le but qu*il attendait, il déclare qu'il restitue le royaume a T obédience do pape d Avignon, considéré comme

Iivrai pape.

Cette décision est prise, encore, sur l'avis des Universités consultées. Cependant, il parait que les corps enseignants avaient montré, cette lois, plus d'hésitation ; celui de Toulouse, séparé dès

le conuneDCêmeni, doâ nuLrns, iiavait jaroius dédini TobéclieDC«! du pape de Rome ; il avait persisté dans celLc derciière occQ'^iont à ce point qu'il s'était fait TByer de la liste des Cdivcrsilês consultées.

On était alors en présence du pape de RomCf Bonifacé H, qui mourut en Taunée 1408; cette mort doana lieu, de la paît des carcJinaux qui tenaient pour le pape de Rome et à Rome, à nue nouvelle éleeLion ; elle éleva au Saint-Siège Pierre deCa^ die, qui prît le nom d'Alexandre V, après toutefois qa*iiu autre eût été élu, sous le nom de Grt'jL^oire Xllï, mais cetle élecliofi n'eut pas de suite, ce nouvel élu élant mort au cours de l'année 1410, et avant qu'un concile qu'il avait èonvoc|uê fwor l'année 1412, ait pu statuer sur Tétat de TÉglise.

Cet étal 8C prolongea par Télection d'un autre pape, Balthasar Coffa, qui prit le nom de Jean XXUl ; de sorte que la chrétienté eut trois papes.

La cour de France ne pouvait maintenir rÉglise dans celle situation; il rallail qu'elle optai; elle lavait fait dès Tannée 1407, et quelque fut le pape de Rome, elle résolut de se détacher du pape d'Avignon cl de tout autre prétendu souveram pontife ; et pour s'assurer contre la persistance d'une incertitude devenue insupportable, elle résolut Tcxpulsion de Benoit XJll.

Cette décision fut prise après avoir consulté des universités de Paris, d'Orléans, de Montpellier et d'Angers : la ténacité du Pape exigea la force des armes et, sous la conduite de BoucicauU, en Tannée 1409 , Benoît XIII fut obligé de se retirer en Espagne, où il mourut en Tannée 14^9.

Nous n'avons pas à nous occuper des suites religieuses, politiques et sociales de ces troubles de Téglise, mais nous devions, à notre tour, les signaler dans leurs rapports avec Icseorpscnseignants dont on peut dire de Tuniversité d Orléans : quarum pars magna fuit.

Le rapprochement entre le règlement de Tannée 1406^ qui appelait les écoliers, eu qualité de membres de TUnivei-sité. à prendre part aux délibérations du collège des docteurs autorisés à provoquer les assemblées générales, à les réunir même contre le gré du recteur et du procureur général de TiustituLion,

les graves délibérations auxquelles le Conseil du Roi se tTait et allait se livi'or pour statuer sur Télat de T Église, >usa paru devoir être signalé.

11 seinhle bien évident que le pouvoir royal dans son désir île

iiainlenir la division du Mié^e pontifical et raJTaiblissement de î pouvoir, a cru trouver un appui dans ïa jeunesse des ceoles. L, ainsi, eonlrebalancer lesscnliments des membres titulaires PS chaires des universités plus attachés aux traditions de Rglise, et très dispi)sés h robèdience du souvr-rain pontiiicat JUS le pouvoir «l'un jmpe unique, résidant h Rome. Cette remarque ipti intéresse le clergé d*Orlêans, eomnieelle ^^ûtércsse rUniversité» nous prépare à constater Tétat moral de ^Be clergé à cette époque où les troubles de l'Ëglîâe proté* ^Leaient singniièrcment les idées de réforme s'introduisant ^^aus toutes les provinces catholiques.

Dès Tannée 1380, le monde chrétien était agité par les doctrines de JeaL Wicklelî, qu*avaient adoptées Jérôme de Prague 5t Jean îluss.

Elles donnèrent naissance à tu secte des hussites, et à des aerres longues et meurtrières qui furent dirigées par un çuerrier célèbre : Jean Zischa,

La secte des hussiteâ ne fut éteinte qu'à la mort de ce chef le secte et d'armée, qui arriva en l'année 1424 ; sa mort n'arrêta pas son zèle pour le triomphe de la doctrine qu*il avait lélendue: il ordonna que sa peau fut étendue sur une caisse cylindrique ap[>elée tambour, dont les sons devaient, selon lui, intimider les défenseurs de la fui catholique a ce point de leur faire prendre la fuite.

Il est diflicile, malgré ïa discrétion afTectée à ce sujet, par les anciens historiens de la ville d'Orléans, que ces >réludes des doctrines de Luther el de Calvin n'aient pas, lès ce temps, jeté quelques germes, bientùt développés dans la partie universitaire et môme dans le clergé de la ville d'Or- [léans.

Nous pensons en voir quelque trace se manifester dans TAsemblée que Louis XI convoqua à Orléans, ou elle tint ses caoces le 4 septembre de lanuée 1479,

On snii qti*une première pragmatique sanction est attr h saint Louis, et qu'une isecondc est altribui^e à Charles VIL

Ce n'est pas ici, le lieu de s^étendre sur lc« motifs qui oui pu décider le premier de ces Rois chez lequel le seotiment reli|pjei] s'élevait presque jusque rexallatiuii et le second, pottaeé doutiîà cet acte par la s^itualion vraiment déplorable où selroavait le Saint-Siège et les questions religieuses soulevées, tant h Tétranger qu'en France, qui avaient donné lieu à la réunion du concile de Constance.

Saint Louis publia cet acte placé dans ses étahiissetnents en Tannée 1268 et Charles VU publia cet acte considérable de son règne, à Bourges, en Tannée 1438.

Nous Q*avons pas à nous expliquer sur une doctrine moder née d'une espèce de recrudescence du sentiment unitaire applî-' que à toutes les églises chrétiennes, sans distinction, entre le dogme et la direction du rite et de la discipline de chaque dio* cèac, allant jusqu'à la négation de Texistence de ces deux actes.

Nous devons à ce sujet, nous borner à dire, sans autre conimcntairet que tant qu'on n'aura pas rayé de Thistoire de ta religion et de Thistuirc de la monarchie française : TAssemblée tenue à Orléans sous le règne de Louis XI et le concordat intervenu en Tannée 1315 entre Léon X et François I*', il nous sera impossible de considérer les prcgmatiques sanctions comme des actes purement chimériques, et ces mots comme vides de sens.

Mezeray parlant de celte Assemblée d'Orléans s'exprim*^ ainsi : t H n'y fut rien décidé, on remit la chose à un autre concile provincial qui devait être tenu à Lyon ; on vit bien que Ifî Roi ne Tavaït convoquée que pour faire peur au Pape, »

Il ne fut rien décidé il est vrai» dans cette séance de Tannée 1479> elle semble n'avoir eu lieu que pour cloi*e la querelle qui existait entre le Roi et le Pape ; celui ci avait excommunié la ville de Florence.

Tout s'oppose à ce que nous insistions ici sur Tincideni assez mal défini qui divisa le Pape et le roi de France, à Toccasioti lie ses relalious avec le peuple de Florence, nous û^avoas à

nous occuper que de TAssemblée tenant du concile réuni pîir Louis XI k Orléans, pour y saisir le seiitimenl du clergé Orléanais dans ce lemps de poléraiques religieuses anim/'cs et préludant à la réforme.

La pragmatique sauclion du xiii* et celle du xv* siècle étaient un liire qtie la monarchie s'était dotinée contre le souverain pontificat; dans celle Assemblée d'Orléans, elle eut ses défenseurs.

M D'abord tenue à la fin du mois d'août 1178, le Roi, dit Symphorien Guyon, voulant donner quelque appréhension au pape Sixte IV de vouloir rétablir eit France la pragmatique sanction et par ce moyen obtenir de lui, plus facilement» Tabsolution des Florentins, pria tous les èvéques de son royaume de se trouver k Orléans avec les députés ou principaux docteurs des universités ; pour udviser tous ensemble aux moyens d*empéchcr que tant d'argent du royaume de France n'allât tous les ans à Rome pour les annales des bénéfices. »

Or, dans celte première Assemblée se firent, à divers jours» diverses propositions en faveur de la pragmatique sanction.

Ces préludes produisirent Teffet attendu par le Roi, le Pape effrayé, leva rinterdiciion fulminée contre les Florentins et le synode fut dissout pour ne p«is se renouveler.

L^historien du diocèse dont on connaît resprit, auquel nous empruntons ces détails, ne dit rien de plus ; mais son silence n'en est pas moins éloquent.

Il est expliqué, par ce qu'ajouie le même auteur, qu'aussitôt que le Clergé, le [Parlement et le Procureur général connurent la proposition du Roi d'abolir la pragmalique sanctionnée que le Roi manifestait ou désavouait suivant la nature de ses relations avec la Cour de Rome, ih s'opposèrent à celte abolition.

Au cours de Tannée 1486, le roi Louis XI avait attiré auprès de lui un saint personnage, qui vivait en Calabre : François de Paule, dans T espérance qu'il pourrait, par ses mérites, obtenir la prolongation de ses jours*

François de Paule vint trouver le Roi à la résidence royale de Plessis-les-Tours, il s'arrêta à Orléans où il fut reçu fort charitablemmt.

Louis XI n'en mounil pas moins peu de temps après, à ce cïiAtoau môme, le 30 aoûl 1483; son corps fui inhume dans réglise de Clrry, près Orléans, que nous l'avons vu restaurer avec magnificence, dépenses qu*il renouvela après un violent incendie qui, le 14 mai 1472, se raanifesia dans les combles de la couveriore, où un ouvrier avait laissé un réchaud rempli de charbons ardents.

Il avait faii lui même, préparer son tombeau, dans lequel dilon, il se plaça plusieurs fois pour constater qu'il était à sa taille et que son corps y reposerait à Taise ; Charlotte de Savoie la reine sa femme y fui déposée Tannée suivanle.

Ce tombeau placé dans la grande nef de celle belle église a élè plusieurs fois ruiné et probablement les ossements qu'il contenait ont élé dispersés, une première fois en 15G5, parles proleslanls.

Louis XIII le iil restaurer par un excellmit sculpteur, nomnié Boitrdin, natif de la vilie d'Ork^ans.

Nous pouvons ajouter que ce tombeau a élé également renversé au cours de la révolu lion de 1789; rélabli à la reslâuralion (1815), la statue de ce Roi est représcnléc îi genoux, les mains jointes sur un sajcophagc, le tout en marbre blanc et d'une belle exécution.

CB ARLES VI li.

Le roi Louis XI laissait un fils unique, Charles, âgé seulement de Ireixe ans ; malgré îa faiblesse de cet âge, Louis XI, par le Iraité d 'Arras, oblinl que sou fils épouserait la princesse Marguerite, fille de Mnximilien, duc d'Autriche, qui elie-même n*9vait que trois ans.

Ce traité fut signé à Arras, le 23 décembre 1482.

Nous nous croyons dans la nécessité de rappeler ici, les dpconstances dans lesquelles inlervint celte convention qui semblait devoir apUinir toutes les hostilités depuis plus d'un sii'icle se renouvelant entre la Bourgogne et la Cour de France ; bornonsnous h quelques explications pour TintelUgence de ce qui va suivre.

Le duché de Bourgogne élail réversible au Roi de France en cas de mort de Tun de ses ducs, ne laissant pas d^enfants mâles.

Ce cas se réalisait par la mort de Charles le Téméraire, arrivée à la bataille de Nancy livrée le 5 janvieri477.

Charles le Téméraire avait une fille Marie qui avait épousé Maximilien, archiduc d'Autriche, elle lui avait apporté en dot les possessions de la maison de Bourgogne.

Cette constitution de dot ne s'opposait pas à l'accomplissement de là réversibilité de ces biens, à la couronne de France, pour le cas prévu et réalisé à la mort de Charles le Téméraire.

Louis Xî, revendiqua ces biens et cette revendication devint la cause d'une guerre qui eut des chanc3s avantageuses pour l'Archiduc d'Autriche ; il gagna sur Louis XI la bataille de Guinegate.

Mais Louis XI avait, outre la guerre, un moyen plus sûr de vaincre ; il usa de sa politique aussi cauteleuse qu'habile ; il sut créer à Maximilien d'Autriche un embarras qui mit fin au sien.

Les Gantois, sous l'autorité de l'archiduc, poussés à la révolte secouèrent le joug de son gouvernement tracassier et avaricieux.

Louis XI, envoya le général de Cordes qui eut quelques avantages : et les Gantois après la mort arrivée, dans ce temps, de Marguerite de Bourgogne arc âduchesse d'Autriche, s'emparèrent de ses deux enfants comme otage.

Après quelques autres incidents de guerre aussi menaçants de la part de Louis XI, pour les Gantois que pour Maximilien, un projet de transaction fut proposé par les bourgeois de Gand.

Ce traité devait être cimenté par le mariage de Charles, fils de Louis XI, avec la petite Marguerite d'Autriche, à laquelle Maximilien donnait en dot : la Bourgogne et l'Artois précisément objets de la revendication de Louis XI.

On peut se demander comment des rapports politiques aussi considérables se passant dans dos contrées aussi éloignées du centre de la monarchie ont pu avoir (juclque rapport avec l'histoire de la ville d'Orléans.

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Un extrait do premier dc;^ jo^iâtre§ des proeumteurs d« la naiian germanique^ va rëfciadm h celte fiacsUfin : cio ; reucontre le texte que naos analysons ici : t L*aii 1482, il a éié traité de la paix et de rallîance en Ire le hm 1res ihréU» Louis XI, et ledac de Bourgo^îne et des Fhndres ; et poor assurer à perpétuité cette allmne*?, H in perpefu» federis ftrmitaiCy la très illustre dame Mar^uent^, lUIe du IW^^ jiui^sanl prince et duc d'Autriche Maïcimilien* dti i!ônî4^iileini*iil ûm irtm ordres du royaume : la nol^lus^^^, le clergé cl le p*7uple, a été fiancée au très noble et très glorieux fils de Héroa-lliHiM%a0ar Chartes alors Dauphin, iunc iemporii ielphmù.

9 Notre très illustre Université, afin de transfomer Vàgti de fer en Fftge d'or et la douleur et les querelleSt se renouvi^tfil sans cesse, en joie et en plaisir, envoya l'émineiit seigneur Jeta Gudzon, professeur distingué en l'un et l'autre droit, et Bioi Jean Manse, de Zurich, procureur général de FoniverBilé ifOrléans, avec une suite honorable, à Montarg», afin d*y ratifier les articles du traité, et de pourvoir à ce cpie cet acte qui Sait déjà le Roi «et le duc de Bourgogne rest&t, pour toiyours le fient d'une alliance indissoluble : tout a été terminé le 4 des noues de janvier.

» Le texte continue : enfin l'année suivante le pi*emier jour du mois de juin la très illustre dame Marguerite a fait son entrée à Orléans où elle a été solennellement reçue, ingressa est^ solemniterque, par son très noble époux et par lui très affectueusement saluée, recepta karolo denique sponso nobîlissimo Jucundè prœsoilata ah eodem suaviler ethononiflcé salutaia.

11 est inutile de rien ajouter à ce qui vient d'être écrit, on sait que les noces furent célébrées à Amboise, la même année 1482, et ce qui suivit ce mariage.

Ici, et par ces deriiiei"s mots, nous reproduisons le récit de Mézerai, mais partout, même dans le texte des écoliers allemands, nous voyons qu'il ne s'est agi entre ces deux jeunes prince et princesse que de fiançailles.

Ces écoliers ont donc commis une grande exagération, en se servant des mots : dans la suite odieusement répudiée : pasiea ignominiosè repudiata.

Ces moLs ne peuvc'nls'i?xi»Utiuer que parce que les riançatUes en Allemagne éiaient et sont encore cousi(l»jrôes h la hauteur lu mariage : et Mèzerai en nous dii^ant que le mariage a été Bélébré h Amboise nous semble commettre de soa c6té une çrave erreur.

Pour nous qui ne nous occupons que de produire les faits et les actes historiques qui intéressent la ville d'Orléans, noua rn'avons pns cru devoir négliger celui (jnc nous venons tle rnpporter, et cela parce qu'il est d'une haute importance et qu'il ||ient une grande place dans les actes de la monarchie et peut- »étre plus encore à cause de sa sjnjj^ularité.

Nous avons peine à comprendre comment une assemblée apolitique traitant uu pareil sujets a pu être réunie à Monlarl^is et comment elle a pu passer inaperçue par les plus éminenls lauteurs de THisLoire de France.

Cependant Tapanage avait été transmis de Charles d'Orléans Ià son lîls Louis 11^ et le jeune Roi, ^seulement Agé de treize ans, 'devait régner sous une tutelle qui garantit les droits du Roi ùi ceux du royaume.

Cette charge était roljjet de ranibition de plusieurs et particulièrement du nouveau duc d'Orléans.

Louis XI qui connaissait Tétat des esprits et des affaires de [ son règne y avait pourvu en ronflant son fils et son autorité à Anne de Beaujeu sa 01 le.

Ce choix dont noua n avons pas ici à discuter la convenance et qui d'ailleurs fui justifié par Tadministnition de la régente, déplut aux grands qui entouraient le jeune Roi et surtout à Louis II duc d'Orléans.

Ces mécontentements se résolurent en une ligue des grands du ' royaume de France, et môme en une coalition de ceux-ci et des ducs de Bretngue» elde l'Empereur Maximilien, cet ancien archiduc d'Autriche auquel on avait rendu sa 01 le après Tavoir solennellement fiancée au Dauphin, depuis : Charles VIIL Le duc dïjrléans et son vieil oncle^ le Bâtard, s'engagèrent dans celle espèce de conjuration qui échoua devant la fermeté et Factivité de la régente.

Il nous a semble qu'il était nécessaire de faire connaître

amme nous TaT^ms ffdl et le terom coonaitrei dam la suite, le parti que prirent el que prendroiil tàmmn des pnoe» de la maison royale aoxqoeb le nom d OtlitMi a élé donné.

Ces difficollés n'avaient pas élé arrêi6ei par la déiibémtfoii des états tennsàTonrs depmsle?, î 'rilS4, Jti^|ii*aii 4 man de la même année oii ils furent c ^ ; ces étals sons la pfésid^ice du jenne roi Charles nom !il an eansell de réfênes qui devait être présidé par le Ro'^ le duc de BourboUf le duc d'Orléans ou par le sire de Beau - ^^!. mari d'Ann- î- Fr^n^^ : e'est eette délibération qui donna lieu à la eoafitkMi dont fl vient d'être parlé.

La guerre eommença, et dans un descomlials qui ae livim sa Bretagne, La Trémouille qui commandait raraiée royale, y pift le duc d'Orléans que la régente fit enfermer dans bt loar de Bourges.

La paix fut enfin signée en Tannée 1488, et le dne JtMAsaa rendu à la liberté.

Nous n'avons plus à nous occuper de ce prince que jaaqpi'à la mort de Charles YIII, arrivée à Amboise le 7 avrfl de l'année 1498, il fut roi de France sous le nom de Lonis XII, et nous revenons, sans pins nous en séparer, aux actes qui intéressent spécialement la ville d'Orléans.

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