‹ Histoire de la ville d'OrleansChapitre 48 sur 59 · chapitre · texte numérisé non relu

chapitre

Remarquons, en premier lieu, l'analogie qui existe entre le« mots qui iJésignent: Tua la Picardie est appelée Belgium; Bèaugency, Balgenliacum; mots de la même origine.

Cette uiiite d'origine se manifeste par un autre signe, qui J alors, nvait une grartde signineation : Amiens et Bèaugency^ étaient et sont enenre sous le patronage de saint Firmiii.

[1 est done raisonnable de penser que les habitants de Beailgency sont les descendants d'une eolonie venue de la seconde Belgique, s'implanter, à la suite d\m chef, dans le lien où iln bâtirent la ville de Beaiigency.

Ces migrations étaient fréquentes dans le temps des invasions des peu [des du nord.

Tout peut donc 8*expliquer : Simon, seigneur de Bèaugency, était Picard ; il se trouvait dans un château, pr^s de Saint- Acheul, où le corps de saint Firmin a été retrouvé; il était lépreux, la giiérison se manifeste au moment de Tinvention du corps saint, il lui attribue sa guérisonet ilse fait déclarer vassal de Tévéché et du chapitre d'Amiens.

Ce poinl de dépari fixé, nous n'avons plus qu'à rechercher la transmission du droit de vassalité représenté par la |fiècc (l'or dite ia maille de Florence*

Nous avons vu 4|ue cette donation a été remplacée par un droit de vingt sous, une obole.

Jusqu'à la séparation des deux menses épiscopale et abbatiale, on ne connaît qu'un créancier; après cette séparation, deux créanciers se présentent.

Nous ne devons pas suivre ici les diverses épreuves subies par j cette possession des biens du seigneur de Bcaugcncy entre leaJ mains de Tévêque et du chapitre d'Amiens, réunis, et après leur division, entre les deux ; contentons-nous de dire que celte possession se résolvait en un hommage du seigneur de Bèaugency et que cet hommage se rendait chaque année par l'acquit de la redevance de 20 sous, une obole.

Et ajoutons que, par une raison restée inconnue, Texerdce, par révoque et le chapitre, de ce droit, est resté suspendu, au inoins en ce qui concerne le droit appartenant à Tévêque et se

concentrant sur la mense épiscopale ; et, qu'en Tannée 1118, il fallut renouveler les anciens titres.

Qu'alors le seigneur de Beaugency se reconnaît débiteur du droit de vingt sous une obole, envers l'évêque, auquel il rend foi et hommage ; et que celui-ci lui rend le château de Beaugency, le municipium de la Ville appelé Broytels ou Braytels et ses dépendances, réservant le droit de seigneurie que l'église d'Amiens n'a jamais cessé de posséder sur le château.

Enfin, qu'en l'année 1291, le château de Beaugency ayant passé dans le domaine de Pierre de France, comte d'Alençon, par son mariage avec Jeanne de Chatillon, comte de Blois, les 20 sous une obole furent changés en un cierge du poids de 100 livres offert au nom de la Dame de Blois, d'Alençon et de Beaugency.

Cette partie du droit n'a rien de commun avec celle du chapitre, depuis la séparation des deux menses.

En Tannée 1149, tous les biens qui, dans le domaine de Beaugency, appartiennent au chapitre, sont accensés, moyennant une somme de 19 sous, monnaie d'Orléans, à un prêtre ofOcial de Téglise d'Amiens, nommé Hubert.

Laissant de côté les nombreux détails des biens objets de Taccensement, qui n'intéressent que Thistoire de la ville de Beaugency, nous rechercherons comment cette partie des droits du chapitre sur le domaine dévolu à la mense capitulaire, et représentés par le cens de 19 sous, a pu être transformé en une maille d'or de Florence, et des mains du chapitre ou de son représentant, le prêtre officiai de Téglise d'Amiens, passer en celles qui l'ont remplacé ou, pour le dire sans plus tarder, entre les mains de l'être collectif : les écoliers de la nation de Picardie, étudiant à l'université d'Orléans.

Commençons notre examen par la substitution des écoliers Picards au chapitre d'Amiens.

Le censitaire, Hubert, prêtre et officiai de Téglise d'Amiens, devait faire parvenir sa redevance de 19 sous au chapitre ; mais les difficultés des communications, les guerres, les troubles, inspirèrent au débiteur et aux créanciers un moyen plus commode, au premier de s'acquitter, au second de recevoir. Il 33

Les feolien'de Keardie rtmiii en naUon, h Orléans, état^tit dans cette TÎUe, les représentants nés de relie pruvitice et du ehapitre, d*aotant plus qne, an xn*8ièeii% oti VéccAe d'Orléunâ , Miseignant les dèerétales, était encore sou» b iltrcelton du chapitre cathédral, tons e^ éeoliers, v^insde celle cootrée^api tenaient à la elérieatnre.

U est donc naturel de penser qn*ib eurent mandat de voir comme représentants dv chapitre d*Amiens, le àeaoB qne lui devait le cenmtaire et qne, par la suite des temps, eonfonné*ment à l'esprit provincial et comme moyen de rattadier les écoliers Picards à leur pays, on leur continua oe pouvoir.

Ces observations ne nous font pas, il est- vrai, eonnattre le moment où la sonmie du cens a été bwisformée en une maille d*or appelée : de Florence^ mais elles nouï y conduia^ftt*

On comprend que le droit de recevoir, étant transmis à une association d'écoliers, on dut lui laisser le bénéfice de la redevance, et qu'il vint à l'idée du débiteur comme des créancien, de faire représ^oiter l'accensement par un signe unique d*nèe valeur égale aux 19 sous.

Il parait d'ailleurs que bientôt le censitaire disparut qne les habitants possesseurs des biens donnés par les seigneurs de Beaugency au chapitre d'Amiens, se libérèrent directement, entre les mains des écoliers picards ; et que, pour éviter une contribution entre eux, ils préfèrent donner une maille ou petite médaille, de la valeur de 19 sous qu'ils payaient en commun.

Les signes empreints sur la maille nous font connaître Tépoque à laquelle ce mode de payer la redevance, fut adopté.

Cette petite pièce d'or portait à la face, l'effigie de saint Jean- Baptiste, et au revers, une fleur de lys, avec ce mot : Flo^ rentia.

On a recherché le motif de l'adoption de l'effigie, de ce saint, et de ce mot lui-même et prétendu que cette matï/e, était en parfait rapport avec la monnaie frappée dans la ville de Florence, par Charles d'Anjou.

Cette opinion a été adoptée avec d'autant plus de facilité que

cette monnaie de Florence portait une fleur de lys, ainsi que cette maille à laquelle on avait donné le nom de cette ville.

On a prétendu aussi, que la tète de saint Jean-Baptiste, apportée de Constantinople à Amiens, était déposée à côté des reliques de saint Firmin où elle opérait la guérison miraculeuse de Tépilepsie, appelée mal saint Jean et attribué à cette considération, l'adoption de l'image de saint Jean sur la médaille payée en l'honneur de saint Firmin (voir Lemaire à ce sujet).

Nous croyons devoir proposer un motif bien plus simple.

Le florin qui, originairement portait la tête de saint Jean- Baptiste, est devenu une monnaie courante.

Philippe le Bel a adopté cette monnaie et a voulu qu'on y gravât cette effigie.

Charles V, pendant la captivité du roi Jean, son père, a continué de placer un saint Jean-Baptiste sur la face de la monnaie ; et sous ces deux rois, le revers de la médaille portait une fleur de lys.

On a payé, au chapitre d'Amiens, ou à ses représentants à Orléans, la redevance de Beaugency, avec un florin, et si on y a ajouté le mot Florenlia que ne portait pas le florin, proprement dit, c'est qu'au lieu d'une fleur de lys, signe héraldique des Rois de France, on y a placé un lys de jardin épanoui qui, en termes de blason, exprime cette fleur, in una horum parie ins^ culptus fuit flos lilii undè monelx nomen indictum^ in altéra efflclus sanctus Joannes-Baptista.

Cependant ces signes ont varié sur la maille ; nous voyons que sur le seul registre que les écoliers de la nation picarde nous ont transmis, et sur la première page de ce registre, le dessin de la maille d'or.

La face porte un personnage qui semble plus un Roi qu'un saint, si n'était le nimbe dont sa tête était environnée.

Ce personnage est en pied, couvert d'un manteau royal ; il porte une couronne et un sceptre : l'exergue est composée d'une croix grecque, d'un S et du mot Joannes d'un Z?, enfin d'un signe assez mal défini, mais que iious crevons être une tour] le revers: un lys épanoui et 'exergue se cornoose d une croix grecque et du mot Horenlia. -i

Il luras a iembié qa'oa powiail ftiinborr eeite mcddUe •n repue du Bm Jean, ÎDfiqaé fu^r 1^ {irrMHiDa^t^ de la Ciee, eomme la tour de reiefga<^ iiiJiqtuui In cuptÎTité; loais comme sur les florins frappés par Plillippe le Bcît iti% la légende on lit ces lettres P. JH. €r&. Fra. Bz Iliillpfir, par la gréée de Dien, Roi des Fraocak, il Qotî> a liciiiblc, maïs non sans quelque résistance, qa*fl lalbti abanduntirr lûtes qne ces signes indiquosenl le régne et la capttTîté du lean.

Enfin sons Lonis XII, époque à laquelle le florin n'avaft pfan cours en FrancCi on Toit disparaître rexei|s;ve da revers de la maille, et le mot Flareniia remplacé par cdai de Lmicmkm ce qui montre que, dans l'origine, on ferait à la mailla la cachet monétaire appartenant au florin, et qu'on le lui fsalitnsil lorsque le florin TaTait perdu.

La réception de cette redevance, dévolue aux éedien de la nation picarde, donnait lieu à une cérémonie dont on a eon* serve de nombreux procès^verbaux ; nous les résumons en êa peu de mots :

Le 13 du mois de janvier de chaque jour, annivMvaire da rinventîon des reliques de Saint-Firmin, adopté parles écoliers constituant la nation picarde, comme leur patron, jour qu'ils avaient fixé pour célébrer la fête en Thonneur du martyr (1) et pendant la messe célébrée à Téglise Saint-Pierre-le-Puellier, à la lecture de Tépître, les habitants de Beaugency, détenteurs des biens soumis à la prestation de la maille (2), se présentaient aux procureurs, receveurs et suppôts (lisez écoliers) de la nation de Picardie ; et là en présence des recteurs, docteurs, procureur général, de l'université d'Orléans, ils offraient à la

(1) En cela ces écoliers ne se conformaient pas aux bréviaires de réglise qui indiquent cette fête au 29 décembre, ils avaient préféré placer cette solonnité, accompagnée de bruyantes manifestations. Au jour où rhommage féodal était rendu pour ainsi dire, à la province toute entière entre leurs mains, par une population de l' Ile-de-France.

(2) Cas biens ne peuvent être décrits ici ; ceux situés dans la ville de Beaugency semblent avoir existé sur un territoire traversé par une f ae qui porte encore le nom de ia maille.

dite nation Id maille qui devait être d'or et marquée d'une fleur de lys et du poids de 2 deniers 17 grains.

Les écoliers étaient accompagnés d'un orfèvre qui constatait le poids de la pièce.

Si elle était réfusée comme n'étant pas de poids loyal, ou même si les débiteurs ne]se présentaient pas, séance tenante, un notaire dressait procès- verbal, et tous les écoliers de la nation, leur procureur en tête, avaient le droit de se rendre accompagnés et précédés de la musique, à Beaugency, et d'exiger des débiteurs de la redevance le paiement et celui des frais occasionnés par le voyage et le séjour dans la ville.

Nous avons cru devoir placer ces détails au moment où, pour la première fois, c'est-à-dire le 14 janvier 1416, un acte constate la mise à exécution du contrat d'accensement dont il s'agit, en ce moment.

Nous n'aurons plus à nous occuper de cette prestation que lorsque certains incidents, à l'occasion de son paiement ou bien au regard des personnes qui devront y prendre part, offriront quelque intérêt.

Cette partie de nos recherches nous amène à nous occuper de deux monuments affectés à l'institution de l'Université,

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