DE LA SALLE DES THÈSES ET DU MONUMENT DIT LES GRANDES ÉCOLES
Nous avons vu qu'en l'année 1336, les docteurs avaient exigé des écoliers, pour la promotion aux grades , l'épreuve solennelle et publique remplaçant la collation à ces degrés, jusque là livrée à la volonté de l'officier appelé scholasHsque ou écoUâre,
Que cette institution des examens publics auxquels deux heures partagées entre quatre candidats, devaient être consacrées, avait donné lieu à la recherche des établissements publics dans lesquels ces examens pussent être passés, et que quatre de ces établissements désignés avaient été : les monastères des Frères Mineurs et des Frères Prêcheurs et les églises de Notrc- Dame-Bonne-Nouvelle et de Saint-Pierre-Lentin.
Mais aussi, nous avons dit que cette destination ne pouvait
être que proidboire el qu'en ràHnée IMl, lUtérénitÀ avait acheté un terrain vagae-utué dans la rœ de l*£mrtiierfe, avec rintention d'élever une conetruetion ee qu'dle fit en lui donnant le nom de : Librairie de FUninersiié.
Enfin nous avons fait remarquer que les troubles ei la guerre des Anglais avaient singulièrement retardé la construction du premier de ces monuments, d'où il est difficile de fixer l'époque ft laquelle cette construction a eu lieu.
Il est très probable que ce fut à la fin du règne de Louis XI, ou au commencement du règne de Louis XII.
On a donné plusieurs descriptions de cette sçJle qui a bi^nt^l vu son nom de Librairie^ changé en celui de Salle des Thèses,
Cette salle est située» nous l'avons dit, entre la rue de TEcrivinerie et des Goblets.
Elle était précédée d'une habitation destinée au libraire de l'Université, officier d'un ordre inférieur de cette institution, fusant partie de la corporation des écrivains, chargé de trans* crire les cours des docteurs, les discussions écrites des écoles el leurs thèses lorsqu'ils se présentaient à la liceneiade ou -à la doctorande.
Nous croyons ne devoir reproduire ici d*autre description de ce moDume nt qu'en signalant avec rapidité, ses lignes principales ; pour ce qui concerne son ensemble , contentons nous de dire que depuis sa restauration on est soudainement frappé de son harmonie,
Ses travées sont au -nombre de quatre, ses voûtes s'appuient sur des nervures ogivales retombant, du côté des parois, sur des culs de lampes parfaitement sculptés, se réunissant, dans la ligne séparative des nefs, sur trois piliers octogones, dans la forme desquels elles se confondent.
Deux grandes fenêtres ogivales s'ouvrent dans le pignon qui fait face à la porte d'entrée ; à ce dernier côté, deux autres jours du même style existent de même largeur, mais plus surélevés dans la muraille.
Les culs de lampes qui soutiennent les retombées des nervures se composent de figurines au nombre de douze, toutes savamment travaillées.
Titïis d'enire elles rcprosenlant Dieu Je père: deux autres des enfants ailés soutenus par des nuages.
Dieu se présente sous la forme d'un vieillard, dont la barbe tombe à tlols sur sa poitrine.
Il montre du doigt Tagneau, fignrc mystique de Jésus- Christ, placé sur le bras gauche du père, appuyé sur un laïge volume où on lil ces lettres : ecce agnus Dri,
1/un des anges tient entre ses mains un livre qui doit Être celui de la loi; Tautre un large et long voUimen, représentant, sans doute: rùtude.
Les neuf autres figures offrent k ruiienlion vraiment char- Tuée, les figurines des docteurs dans les postures diverses de rétude, de renseignement, de la démonstration et niéme de la controverse.
Nous croyons ne devoir qu'indiquer ces sujets, véritables objets d*art d'un haut mérite et dont une froide description ne peut donner qu'une idée imparfaite et bien peu digne de leur remarquable exécution.
Cette partie des inslilulions qui ont plus spécialement tleuri à Orléans, nous conduit tout naturellement h Texamcn d'un autre monument consacré, comme Ta été la salle de la librairie, ou des Thèses, au corps universitaire.
ki nous anlicipons un peu sur les dates, mais Toccasion et la concomitiancc de la seconde fondation avec raehèvemenl de la première nous engage h ne pas déférer el k les réunir, d'autant mieux qu*il nous semble que toules les deux s*offrent à raltention pour constaler la véritable é[mquc à laquelle elles ont été mises, défmilivemenl, h la disposition et a Tiisage de rUniversité.
On lit à la page 139 du premier volume de rhistoire architecturale de la ville d'Orléans, un passage intéressant que nous nous empressons d'analyser.
Louis Xll venait de monter sur le trône, un de ses premiers soins a été la réforme de la magistrature ; l'élude des lois devait donc avoir une grande importance à ses yeux, Técole d'Orléans attira, surtout, sou attention.
Ici rauteur attribue îi riosuffisance de la salle dite de la ti-
— sao —
brairie, dont nous venons de décrire los belles di^^ chilectoniques, la nécessité dans laquelle rUniver :ll
posséder lin autre bâtiment pour y faire ses cours, et alors ditil une fiouvelle salle appelée les grande» écoles fut construite, par ordre du roooarque en l'armée 1498.
Comme on le voit, le grave auteur pense que, dès airaot œ dernier millésime, la salle de librairie cl des thèses était cons- Iruile ; et c'est bien, en effeU k cette époque, c'est^-dire après la guerre des Anglais terminée et vers la fin du règne de Charles Vil ou le commencement du régne de Louis XI, ou de celui de Louis XII (I], que ce monument a pu seulement être consul truit ou achevé.
Mais il est impossible d'admettre le motif adopté par M. de Buzoniiièie, pour expliquer la construction du biitiment appelé les grandes écolea^
Jamais la salle de ta librairie ou des thèses n'a été consacrée à la chaire de renseignement du double droit ; celle salle a été exclusivement réservée aux solennités du corps universitaire : d abord réceplion des candidats au grade de bachelier, ensuite
des candidats au grade de licencié, plus tard, encore, au grade de docteur.
Enfin, ce lieu était celui où se passaienl les grandes thèses au doctorat pour obtenir le lilre do docteur régent.
Toutes ces séances éiaienlponr Tobtentioo du grade ordinaire. Bachelier, Licencié, Docteur, Toccasion de discussions orales que déjh nous avons signalées, sous le nom de disputes.
Dans la suite, les candidais pouvaient amcîier leurs parents et' leurs amis à ces tournois de polémique cl d iirgymcntalions.
Les séances se prolongeaient à ce point qu'on prenait des rafraîchissements et même des coUalrons, pendant lesquelles les adversaires quiliaient un inslaiil le sable oh se livrait le combat, car ces chevaliers es lois, dans ces discussions, se comparaient aux chevaliers rompant une lance pour Thonneur et pour montrer leur adresse et leur bravoure.
(IJ Le n'^gTie de Charles VIII ne semble pas comporter une entreprise de celle nalure.
C'esi ce qui frappe l'a Uen lion lorsqu'on se livre ?i rèïiide de celte grande institotion et qu'on entre dans ces dÊtails.
Dans !ine mémor,ible occasion de ce genre où il s'agissait de hi part des membres du corps d»''librrant Je stutycr sur le mérite de plusieurs candidats eu concurreuce pour obtenir one Chaire de renseignement, noos remarquons ces mois : « Quatre d'entre ces co-rivaux ne sont forts m assex robustes pour presler le collets et terrasser en la lutte, un seul seuleraent des autres qui sont descendus sur le sable. »
La saUe de In librairie ou des thèses était aussi le lieu de réunion du collège des docteurs, alors qu'il installait un nouveau docti.^ur régent , ou lorsqu^il s^agiss ait âc se rendre h une réunion publique.
On voit qu'il éiaii impossible d'ôler h ce lieu sa spécialité, et quMl ne pouvait être, chaque jour^ fréquenté par des docteurs et des écoliers se réunissant les uns pour prononcer leur enseignement, les autres pour Tenlendre.
Mais comme les inslitutions tnonastiqties ne pouvaient de leur côté continuer à recevoir ces écoliers, dunt le nombre augmentait dans une proportion considérable; comme l'Université était arrivée à la plus haute élévation de sa célébrité, en même temps qu'on lui donnait une salîe pour ses thèses, on dut lui donner une salle pour sou enseignement.
C'est donc une erreur qui s'est propagée jusqu'à nos jours d'attribuer k la salle de la librairie la destination d*UQe salle d'enseignement-
EUe n'était qu'une salle de Thèse.
Cependant elle a été dès les premiers actes qui ont préparé sa construction appelée: salle de la librairie.
Ce mot a été le sujet de graves polémiques, on a conclu de celte appellation que le corps enseignant avait une bibliothèque ou collection de manuscrits, car, alors Timprimerie n'était pas connue.
Mais tout autorise k penser que le corps universitaire n'avait pas de manuscrits, composant une bibliothèque ou librairie.
Aucune trace de bibliothèque, môme depuis Tinvention de
rimprimerie, n'est restée comme ayant ajiparlPiia au collège des docieurs de TUnivcrsilé ; et cependant, lorsqu'à TaboU lion de toutes les institutions de inaiii morte, par la revalulion de 17S9, toutes les bibliothèques leur appartenant ont cIl* (objet de lit confia cation par TËtat ; on les a réuni toutes ; toutes OQt M' conservi^es, avec leurs cataloguer, et la seule qui ait manquée est celle qui aurait appartenu au corps universitaire.
Tout s*cxi»liquç par l'ensemble de ce monument ; il riait pr»'*cédé* sur la rue de rEcrivinerie, par une habitation» destinée à un membre de la corporation des écrivains, libraire de* l'Uni- Tersité, copiste de tous les irailrs de lois et des cours des pfofesseur>, cl des thèses des écoliers.
La salle de la librairie était gardée par cet industriel, membre lui-mi^me du corps universitnire, car ces écrivains, eu égard a la rareté de la science de la calligraphie, étaient des hommes associés k toutes les branches de la science classique et littéraire.
On comprend donc l'appellation que reçut ce monument, avant nu'me son édification ; mais avec le temiis el T invention de riuïprimerie, k partie affectée ^ la conservation drs textes et des manuscrits perdit de son importance, les examens et les thèses au contraire en prenaient une très grande, el ta salle perdit son nom de librairie, pour prendre celui de salle des thèMs qui a prévalu, el qu'elle porte encore aujourd'hui.
El cependant, le nom de librairie lui appartenait à un double titre ; elle l'ut le premier monument de rbospltalilt'3 que la ville d'Orléans offrit h rimpriraerie.
Celte merveilleuse mélhode de reproduire, de llxcr, d*élertii^r la pensée, a été inventée en rannéc l4Gd; et malgré Ui lenietir aven laquelle tontes les innovations slotroduisaient alont en France, dès Tannée 1191, des caractères mobiles, une presse, étaient installés dans les soubassemeuls delà salle de la liùratrir, de la rue de TEcrivinerie.
Et la corporation des écrivains abritait dans Tasile que Tcvjprit catégorique de ces temps lui donnait, rinveniion nouvelle
qui devait se substituer à ses travaux, à sa science, et les détruire sans retour.
Si nous examinons le monument des grandes écoles nous le trouvons très dissertement décrit dans l'histoire architecturale d'Orléans.
€ 11 présentait un pignon sur la rue ; empreint d'un carac- € tère à la fois religieux et civil, parfaitement en rapport avec € sa destination, t
Nous ne croyons pas devoir insister sur cette description et y employer les expressions techniques et du style purement archéologique dont le savant écrivain fait un usage très approprié à la nature de son œuvre, et cela avec d'autant plus de raison qu'à l'époque où les observations qui nous ont été laissées, le monument était arrivé à un état de dégradation qui ne permettait pas qu'on put apprécier son ensemble et, par conséquent, son état primitif. Contentons-nous pour la saine appréciation du but qu'on s'est proposé en le construisant, de l'examiner dans sa construction intérieure.
Construit en Tannée 1498 dans une rue qui jusque-là s'appe lait : du Puy-Mont-Berry , et à laquelle on donna bientôt, le nom de rue de VUniversUé ou des Grandes-Ecoles^ qui la désignent encore ; l'édifice s'élevait, ainsi qu'on l'a dit en pignon.
Il se composait d'un soubassement fort simple d'environ deux mètres, de hauteur, et de deux étages d'une médiocre élévation éclairés chacun par quatre fenêtres percées avec une parfaite régularité.
L'entrée du bâtiment donnait sur une cour ; à l'intérieur une salle unique occupait toute l'étendue de chaque étage.
Enfin on se fera une idée de l'effet qu'offrait à l'œil cette construction, dans son ensemble, en disant qu'il a été : un dernier et curieux jet du style ogival, appliqué aux constructions civiles.
Cette dernière réflexion que nous empruntons à M. de Buzonnière, lui en suggère une autre que nous croyons d'autant plus opportun de reproduire ici qu'elle révèle la nouvelle destination du monument qui n'existe plus depuis l'année 1829,
raiehitêGte, dil41, elutfgé d'étaM&rsor «qb «ifqplaMHteat'dItf' salles pour les éi*oles ehrétteniies a*a pas souperaoé i|it^ pelip Tait, saosdMniire labfiade, rappM^Mriw à sa lumvdBa 4^^ nation.
Ces détails qui nous ont amené à eonodérerles moanmeati affectés à renseignement dn double droit, dans la fille d'Orléflois, semblent nous eonvier, à nous arrêter «icorê qodqiies instants sur les mœurs et les usages de cette institution data lecours de cette période historique et au moment ottf sans se séparer des anciennes traditicms auxquelles on était «imûlièrement attaché dans ces temps, elle allait comme tous lesautces éléuMnts «ociaux, entrer dans une tchc nouvelle.
Puisque nous avons fait connaître Tintroduction dansTeoedgnement du droit, des grades universitaires, il nous* sendde comrenable de faire connaître le prix originaire de ceë giradea représentés pour ceux qui les oignaient, par un diplôme.
En Tannée 1307 et sous le titre : de doetorandiii le cdUge des docteurs réglait, entr*autres formes celles ft cbBwrret par les écoliers iqirès Tobtention de la doeiùfwide tm du grade 4e docteur.
Le règlement est rendu sous Tinfluence de cette considération que la demande adressée par ceux qui se présentent au doctorat est souvent importune et exagérée, et bien souvent repoussée.
Pour éviter le renouvellement de ces suppliques, le corps des docteurs [désire que dans deux cas alternatifs : celui où le docteur serait appelé à remettre les insignes de docteur à un licencié qu'il aurait eu pour écolier, et même dans le cas où celui-ci aurait été Técolier d'un autre docteur, vel licenciato^ suo extraneo, ce nouveau docteur serait tenu de remettre et fournir au membre du collège des docteurs lui remettant ses insignes, une pièce de drap bon et solide de huit aulnes de large, mesure de Bruxelles, pannum bonum et honesium^ videlicet, octo aulnas de larga mesura Bruxellw,
L'écolier devait y ajouter, une fourrure de petit gris du nord bonne et solide, pour faire un manteau fourré.
A moins que le docteur ne pi*éféràt une bonne fourrure de
gros gris du nord, au lieu d'une fourrure de manteau ; et une autre de gros gris du nord pour la fourrure du surtout : en outre une fourrure quelle qu'elle soit de gros gris du nord, et pour la capuche, une fourrure de petit gris de soixante ventres, et pro capucio forraturam de minulis variis 60 ventres.
Le récipiendaire était tenu de s'acquitter de ce tribut envers le docteur régent, avant que celui-ci lui entremisses insignes ; de son côté le docteur régent devait attendre l'écolier lui apportant ces objets, sur le seuil de sa demeure et en dehors, pro ipsis recipiendis exeal limen domus.
Lorsqu'il y avait plusieurs écoliers reçus le même jour, l'un d'eux seul était tenu de payer ce droit d'admission, en nature ; en tous cas on pouvait transformer ce drap et ces fourrures en une somme de 24 francs de bon or et de poids légal : boni auri, et légitimi pondis.
Cependant on avait égard à l'état de fortune de chacun des écoliers qui n'étaient tenus à ce paiement soit en nature, soit en argent, qu'au prorata de ses facultés, pro suis mrihus.
Nous croyons devoir ajouter ici, un autre mode d'acquitter la dette de l'éducation et du grade universitaire, qui semble bien avoir été encore en vigueur au xiv° siècle, en souvenir évidemment de la qualité de chevalier eques legum^ donnée aux légistes par bulle d'institution de l'université d'Orléans que publia le pape Clément V en l'année 1305.
Comme dans ces temps le collège des docteurs assistaient, à cheval, à toutes les fêtes solennelles, ceux des écoliers qui étaient admis au doctorat, payaient à ceux des docteurs régents dont ils avaient suivi le cours : une selle, un mords, des éperons d'or et des bottes : et in eorum festis solempnibus equitebantur, suis doctoribus, solvebantur videlicet, sella, frenum. calcar ia deauraia cum caligis sente talis.
Un autre mode de la sanction des sentences judiciaires appliqué en matière de répression des actes de révolte et de violences, nous paraît digne d'attention, puisque celui que nous citons ici, intéresse l'histoire morale de l'Université.
Le registre des docteurs, nous apprend que le 29 avril 1382
à nnuiit» il s'ctl élofé daM la tille unecoinaioUau populaire^ eoBtn ki éeoUen, indirtiiielraimt {indimncié).
Celle eounoliiMi dore qoalre henreti où à peu près ; elle eut fien en eoa des Irraipellee el dn loseia, ad pulsatin pmimnÊm ei InAeraMi, $eu Irampeiarum êomiiiÊm.
On eriÊatamariauxéeotiênt 6 vous Ribeob fib de... «lérvfr êncMMt soiiei de la Tille, /brai exeaiU.
D'aalres brisaienl la porte de Jean de Mâeon éL de Piem de Savoie, doeteors en droil civil, celle de Guillanme de Tnri, 3a priraildanssa maison: Miclud d*Orde, elnnantte jeune e8|M^(itnl qn*ils traitèrent odieusement {viUsiimi^ ; ils les condntsInMA^ en péril de mort, dans les priscms de la vflle, in martiêperih eulOt in cercereB dictœ viltmdmsDerunt.
Tons les halntants étaient dans la terrenr, et nos, couverts de leurs houppelandes, ils parcouraient les rues, les mains jointes demandant, suppliant qu'on ne les mit pas à mort ef ne inierfèeerentur^ vinctis manibu$t f>ikun peiebani.
Alors dès le lendemain, les écoliers effrayés se reUrèrenl dans la ville d'Angers, dans celles de Meung et de Jargeau.
Le motif de cette effroyable émeute dont nous abrégeons le récit, qu'aucune autorité Judiciaire, administrative, ou militaire ne s'occupa de prévenir ni de punir, éveilla Tattention du Parlement qui rendit un arrêt avec tant de rapidité que les condamnations n'atteignirent qu'un petit nombre de coupables.
€ Ils furent, à titre d'amende honorable, tenus de marcher, à certain jour désigné par les docteurs de l'université, à trois heures après-midi, nus pieds et tête nue, en chemise, sans ceinture et sans manteau, du Châtelet et par le grand faubourg de la ville, portant chacun d'eux une torche de cire ardente, du poids de quatre livres, jusqu'à l'église de Notre-Dame-de- Bonne-Nouvelle, et étant à genoux, dédire au procureur général, dans rassemblée de l'Université qui devra avoir lieu spécialement, pour cela, ce qu'ils ont fait en provoquant Témeute et demanderont pardon aux écoliers. »
Cette amende honorable devait être renouvelée à la porte de la cathédrale.
De plus les condamnés devaient payer 20 livres tournois au
recteur de TUniversité, employées à faire un tableau, lequel devait être placé auprès du maître autel de Téglise (Notre- Dame-de-Bonne-Nouvelle), dans lequel seraient représentées les figures du recteur, de plusieurs autres personnes au nombre de dix, et celles dés condamnés dans Tétat où ils étaient lorsqu'ils ont été tenus de faire lesdites amendes honorables, in qiue quidem tabula^ rectoris prœdicli et plurimarum personaruniy usque ad numerum decem, imagines et flgurae nec non predictorum (icij les noms des condamnés) in statu predicto.
Yoilà certes un tableau dont, au point de vue de Tart et au point de vue historique, la perte est regrettable : mais il est douteux que les circonstances dans lesquelles la sentence du parlement a été rendue ait permis son exécution.