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COMMERCE DE L EAU

Nous avons vu la grande association des Nantes Ligerici, des mariniers de la Loire, organisée : marini, navicularii succéder, après la conquête des Francs, à ceux qui l'avaient fondée pendant l'administration de l'Empire.

Nous avons représenté, d'après l'œuvre spéciale de Mantellier, cette grande entreprise constituée en une véritable corporation ayant ses règlements et ses privilèges.

Nous ne suivrons pas cette grande industrie établie sur le Uhùne, la Seine et la Loire, et particulièrement sur ce dernier fleuve, depuis la chute de l'Empire, la fondation de la Monarchie franque, les guerres des dynasties mérovingienne et carlovingieune et enfin les invasions dos Normands.

Nous pensons, et cette réflexion frappera tous ceux à qui elle sera présentée (jue, pendant cette longue suite d'événement?, absolument incompatibles avec rexercice du commerce et

(1) Cheruel fait remonter l'institution et la juridiction de l'élection, aux Etats généraux de l'année 1336, mais c'est une erreur évidente de sa part, dans laquelle n'est jms tombé l'historien d'Orléans, Lemaire : les esluts, dit-il, furent instituées quand le Koi Jean fut pris prisonnier par le prince do Galles (1356J, pour la rançon d'iceluy d'autant que les aydes et impositions, n'estant levés qu'à un certain temps, i celles charges ayant été faites ordinaires (permanentes) sous le Roi Charles VII, il fut adviso de créer dos esluts en titre d'office.

notamment du commerce fluvial, cette partie de Tindustrie nationale fut à peu près interrompue.

Elle avait été même, ainsi que nous Tavonsdit, singulièrement contrariée àTongine de Tère féodale, par les prétendus privilèges et les exigences des seigneurs riverains, séculiers ou religieux, des bords du fleuve ; nous devons nous borner à considérer le commerce de Teau pendant la période que nous venons de parcourir, c'est-à-dire depuis Tavénement des Capétiens jusqu'à Tavènement de Louis XII, dans le temps de transition qui a séparé la chute des Carlovingiens, de Tavénement de la Renaissance.

On peut même retarder cette étude jusqu'à la fin du règne de Charles VII, car en tenant, comme on le doit, très grand compte de la guerre de Cent ans, on comprend combien les arrivages durent être peu suivis et peu abondants sur les bords de la Seine pendant les divisions des princes de la maison de Valois et cette guerre de partisans et de grande armée, qui ne dura pas moins d'un siècle.

Prenons donc le commerce de l'eau, au moment où le cours de la Loire, va devenir libre et accessible à l'association dite NatUes Ligerici^

Au XIV* siècle, les exigences des seigneurs riverains furent à peu près aussi excessives et aussi gênantes que dans les temps antérieurs.

L'auteur de l'œuvre très importante que nous consultons se livre à de longs récits , alternant entre les prétentions des uns et les ordonnances de l'autorité royale, protectrice des droits exclusifs reconnus à l'association, de mener, par eux, leurs gens et autres de leur compagnie, leurs bateaux, chalands et marchandises déclarant que celle-ci est pourvue d'antiques franchises et que son action embrasse tous les intérêts se rattachant à la navigation du fleuve, (lettres patentes de l'année 1383).

Après avoir fait remarquer la multiplicité des grands fiefs qui occupaient les rives de la Loire, depuis les montagnes du Forez jusqu'aux rives de la Bretagne, ses dernières limites, augmentées de leurs découpures en fiefs et arrière-fiefs.

Après «voir âèfébul ees rires eovYertes de petites TÎHes murées, rfotsomiagf, gneinrs jostiderB, mattres presque absofa» de noDiatèies posKSBem dedroibiëodsu, r»de«rfûl k qver que le royaiime n*ètait qu'une eonfedératioA.

De là rextiéme diffieiilté ifoD psr Fezerciee de bt justiee, ea cas de violenees de bt piralane Amak.

Fmt <dmer à eette aHaatioii périDesse, des

C*esl ainsi qne, snr ee pareowrs, oà, à de fief rasBOciation élail tnmve jnstiee et protection à (

tarées tiamaées par le ûewt

Cependant les piétestion à lezeraee dn drail de ] droil ifanbaine, rinjvBtiM el la manraiae iM des préposés à la pgrpeption des péages, trodhiaioit sonient les naw^gtftenrs, cf le Eoi htt-mêie dans le parconrs de son doMMine, nwiM dessn anioffilé ponr obtenir de Targenl, par rangntfiÉUlni de ces droits.

La toar de Cepoy 1 1 ) fut cionslraîte an moyeo d'un sabade imposé par Charles VU. sur les deiu>^ et manrbandises qu'on chargeait el déchaînait au pc*nt de Jargeau et pour la recons- ImelioQ des parties du pool d'Orléans, démolies pendant le

Totts ces droits exerces par les seieneurs de ÛH< finirent par être abolis dès le xrr* siècle, et ils furent cc»aâdêfcs comme exclnsÎTen^ent régaliens.

Maïs ces entreprises du p»>uvoir royal mirent de lonnes années à se r^faltser. et d ailleurs le Rot lui-même battait monnaie en donnant des concevions aux setneurs rrrerains du fleuve.

An5^ les péages amoindris ne s'en perpétuèrent pas moins, ^t dans le seul parcours de TOrléanabi depntsGien jasqn à Blots.

[V Boarç àmi p<^ «àt Mo&s&r^î^.

on compte quatorze lieux où les péages étaient perçus, tant pour le Roi que pour les institutions religieuses attribuées de flefs.

Ces lieux où le droit de péage se payait, étaient Gien, Saint- Gondon (alors désigné sous le nom d*Arcole), Sully, Saint- Benoist, Châteauneuf alors appelé (Laiz et Bich), Jargeau, Orléans, Bou, Mardié, Chécy, Saint-Mesmin, Meung et Beaugency.

Ces péages étaient dus pour les chargements suivants : les pèlerins, une noce, le juif, le juif vif, la juive, la juive grosse, le juiveau, l'homme mort, la femme morte, le juif mort, la juive morte.

Ces péages n'étaient dus qu'accidentellement.

Les pèlerins ne payaient qu'à Amboise.

L'épousée et ses gens, qu'à Châteauneuf (Laiz et Bich), les juifs à Arcole (Saint-Gondon), Sully, Laiz et Bich et Amboise.

Les péages étaient variables suivant les coutumes de chaque pays parcouru ; le Juif et le Lombard, à Trévoux et à Montbellet, payaient le péage qui suivait celui exigé pour un porc.

On comprend la gêne, les difficultés et les retards apportés à l'exercice de cette industrie, par tous ces détails, aussi un grand nombre de réclamations s'élevèrent, à cette époque, et le pouvoir royal redoubla d'efforts pour attirer à lui, le droit de péage et lui donner, par conséquent, une seule et unique base de perception.

En l'année 1430, étant à Amboise, sur les plaintes des marchands fréquentant et passant par la rivière de Loire, des très grands excessifs, outrageants et insupportables aides, péages travers subsides et impositions, dont ils étaient chargés, le Roi avait rendu un édit qui abolissait tous les genres de péages, imposés depuis 60 ans, à peine par les seigneurs de fîefs qui y contreviendraient de la confiscation des terres et biens.

Il ne restait plus à percevoir que les péages antérieurs a cette date.

Des commissaires furent nommés pour déterminer ceux qui devraient être perçus, et ceux qui devraient cesser de l'être; leur travail ne fut terminé qu'en 1443, le prononcé de l'arrêt

sur les coûtBâtaiions nées du rapport de cette eommisstoa fiirenl plus lents eocore à être rendus, il estniême probable qae ce^ dil flcultés et coQtesiatïom fureûl si ûombreuses que la Cour du Parlemeiit ne ee prooouça pas et que leseho^s en restèreat là.

Gependaol les sactifices que lesâaîgaeursde Oefs riveraînsde la Loire, et que les destructions que les Anglais avaient opérées dans cette coutrée, donnèreat lieu à de grandes réciajndtion^ et le Roî sentit lui-méine la oéceasilé de réparer ces dévas* talions par une indemnité ^ qull crut pouvoir preadre sur les marchand», passant par la Loire, eu leâ soumettaot à un péage au profit de la ville d'Orléans.

Les habitants jouissaient de ce droit lorsque le décret d'abolition de tous ces péages, rendu à Amboise en l'année 1430, le supprima, comme il supprimait tous les autres.

Mais le Bâtard qui était le lieutenant de son frère naturel, le duc d'Orléans, prince apanagiste, prisonnier en Angleterre, crut pouvoir, au mépris de cet édit d'abolition des droits de péage, rendre une ordonnance par lequel il rétablissait ces droits à exercer sur tous les bateaux qui navigueraient d'Orléans à Blois, et de Blois à Orléans.

Ce droit était d'un dixième de la valeur des denrées transportées ; ainsi sur dix sacs de blé ou de sel on en percevait un.

Cela pouvait aller loin, même dans ce court trajet, où plusieurs villes, bourgs et châteaux et congrégations religieuses se rencontraient.

Les marchands fréquentants, de leur côté avaient beaucoup perdu par la guerre et même ils avaient donné de l'argent au Dauphin de Tannée 1418 à l'année 1422.

Ils avaient même consenti une convention avec le Bâtard auquel ils avaient promis une somme d'argent pour la garde des villes de Meung et de Beaugency, encore menacées par les Anglais après que ceux-ci les eurent abandonnées.

D'ailleurs les péages étaient perçus d'une manière vexatoire, déjà une somme de mille écus d'or était sortie des mains des marchands fréquentants.

Ils se plaignirent, le Roi publia les lettres de révocation de l'ordonnance du Bâtard.

L*édit de révocation avait était publié le 21 mars 1432, et peu de jours après un émissaire du Roi se rendit à Blois, pour le faire mettre à exécution ; mais aussitôt le Bâtard se présenta à son logis qui lui défendit d'être si hardi de faire aucun exploit dans la ville de Blois, non plus qu'en celles de Beaugency et de Meung.

Cet ordre amena le silence des marchands eux mêmes, et le droit continua à être perçu d'Orléans à Blois et de Blois à Orléans.

Le Parlement n'éleva aucune plainte et ne fît rien pour l'exécution de l'édit de révocation qui n'eut pas d'autre suite.

Nous ne pouvons continuer à suivre cette association, ce grand élément de commerce dans tous les rapports avec les riverains du fleuve, le Roi, le prince apanagiste et même la justice régulière dans toutes les réclamations, les plaintes des membres de l'association ; les plaintes, les réclamations, les accusations de fraude et d'actes de mauvaise foi dont réciproquement ils ont été l'objet, ce que nous avons dû prendre en considération comme digne d'être mis en saillie, est la persistance de l'institution, et les services qu'elle a rendus pour le commerce dont Orléans, n'a jamais cessé d'être le centre.

Nous y reviendrons à certaines époques, et nous associerons comme doit l'être le commerce de l'eau aux progrès du commerce intérieur de la ville à mesure qu'il perdra le caractère forain, pour prendre celui de sédentaire, transformation qui fut lente et mit plusieurs siècles h se réaliser.

Hâtons-nous de clore cette période qui, après avoir commencé par l'alliance des principes monarchiques avec la classe nouvelle de la bourgeoisie, due à l'avènement de la race des capétiens, ne peut être mieux terminée que par l'étude de ce que fut la ville d'Orléans sous le règne du bon roi Louis XII, le père du peuple, pour être continuée par l'étude de ce qu'elle a été sous le règne de François 1®', le père des lettres.

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