CHAPITRE III
Robert I, de Dreux, était mort le ii octobre 1188. selon le martyrologe de Notre-Dame de Paris, laissant neuf enfants (2) ; mais il dut, avant de mourir, prendre une part active à !a coalition féodale de trSi, dirigée contre Philippe- Auguste que Louis Yll avait associ6 au trône depuis le 1" novembre 1 179.
Le jeune roi, écrit M. Luchaire « n'attend pas que son pérc soit mort pour exercer le pouvoir dans sa plénitude. Il agfit, à certains égards, comme si Louis VH n'existait plus « (3). Pour échapper à la tutelle de sa mère Adèle et de ses beaux-fréres, les princes Champenois (liés au duc de Bourgogne) il s'allie étroitementaucomtede Flandre, dont il épousa, malgré tous, la nièce, Elisabeth, tille du comte de Hainaut, BaudoinV.Ce fut le signal de la rupture entre Philippe Auguste et sa famille.
(1) Ci-tî
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cette tombe. Le motif ci-drs!
'qUF j'Orléansen 1186 qui mourut le i^i
sire de Coucy.tuéiu siège ci'Acif, en il Jt. en H'fi, mariée à Hugues J[[, seigneu r ou Bisilii, qui mourut le i) juin lîoc
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Or, Robert de Dreux ayait marié son fils aîné — qui prit le nom de Robert II — avec Mahaud de Bourgogne, fille unique de Raymond de Bourgogne et de Agnès de Thiern. Il fallut bien que cette alliance fut dictée par la politique, car Mahaud avait été mariée trois fois (i) ; elle était donc de bien plus âgée que Robert II, de Dreux, qui Tépousa lorsqu'il eût à peine atteint sa majorité (2). L'intérêt politique se devine, d'ailleurs, puisque nous savons que le duc de Bourgogne faisait partie de la coalition féodale dirigée contre Philippe- Auguste. Sans doute Robert I, de Dreux, en voyant son frère Louis VII dépérir et s'éteindre le 19 septembre 1 180, conçutil, sinon pour lui, au moins pour son fils Robert, de nouvelles visées sur la couronne de France. Le manuscrit de Sainte- Geneviève, dont j'ai déjà parlé, le dit en termes explicites : « Robert second, fils aîné de Robert I, comte de Dreux, fit beaucoup de troubles et de fâcheries, prétendant à la couronne et au dit royaume de France. »
Mais, en juillet ii85, Philippe-Auguste avait eu raison de la grande féodalité et, parle traité de Boves ayant réduit les seigneurs à l'état de serviteur dociles, avait afin mé avec éclat la supériorité de la dynastie capétienne. Ce fut, peut-être, plus que toute autre considération ce qui provoqua la nullité du mariage de Robert II avec Mahaud de Bourgogne. Prioux le dit d'ailleurs en propres termes (3). « Le divorce fut prononcé pour lien de parenté prohibé, mais sans doute imposé par d'autres circonstances ». Des raisons de consanguinité furent, en efiet, mises en avant pour justifier la séparation, mais on peut dire que la politique défit ce que la politique avait fait.
Robert II qui avait donné suite aux projets de son père dut, dès cet instant, se soumettre sans arrière pensée à Philippe-Auguste. On en pourrait trouver la preuve dans
(1) Elle était veuve de Eudes !1, seigneur d*fs.>oudun, de Guy I, comte de Ncvcrs, et de Pierre d'Alsace. La maison d'Alsace, par Philippe, s'était engagée dans la coalition dirigée contre le jeune roi de France.
(2) Robert était né vers ii^î-
(3) Monographie Ac l'abhaye de St-Yved à 'Braine (Paris, 1859 in-*"»).
t>E BRIE-COMTK-ROBERT lO/
son second mariag-e. Il n'attendit pas la fin de la lutte engagée entre le roi et les féodaux. Dès 1184, lorsque le comte de Hainaut, beau-père de Philippe-Auguste eut abandonné la coalition, Robert II se maria avec une de ses parentes, une de ses nièces probablement, Yolande de Coucy, (ille de Raoul I, sire de Coucy, et de Agnès de Hainaut.. sa première femme (i) ; il s'allia ainsi à Philippe-Auguste lui-même.
Je ne suivrai Robert II ni au siège et à la prise de la ville de Saint-Jean d'Acre, en 1191, ni dans sa campagne contre les Anglais, ni lors de son intervention dans l'Albigeois pour secourir Simon de Montfort, à la famille duquel il se rattachait. Tous ces faits sortent du cadre de l'histoire de Brie. Ce n'est qu'à partir du commencement du XIII'' siècle que Robert II appartient à notre histoire locale. Devenu par la mort de sa mère, Agnès de Beaudimont, en 1202, seigneur de Bpe, un des premiers actes de son administration fut de résoudre les diflicultés pendantes avec l'évèque de Paris.
jai montré, au chapitre précédent, que l'Eglise de Paris avait été, à une époque difficile à préciser, mise en possession d'une très grande partie, sinon de la totalité du territoire de Brieet,auxdernières lignes de ce même chapitre, jexposais la situation respective des deux parties. On se lend aisément compte des contestations nombreuses qui devaient s'élever entre elles à propos du marché. L'antagonisme entre les deux justices, dont les maisons s'élevaient à une faible distance l'une de l'autre, devait provoquer des contlits de juridiction incessants. Les choses durent en venir iuin point qu'il fallut transiger, pour ne pas laisser s'envenimer la situation. C'est cette transaction qui nous a valu '^charte de 1208. Ce document que nous possédons en son entier a une importance qui n'échappera à personne. M. G. Leroy (2) a dit à ce sujet avec beaucoup d'autorité : « C'est ^n témoignage curieux de la condition des personnes et des
n) Ranul de Coucy épousa en secondes noces une des sœurs de Robert H qui fut ainsi ^n beau-frère et son beau-père.
(2' Les Coûtâmes de Brie-Comte-Robert au XIIl'' siècle (Melun, 1896, plaquette).
Histoire r>l-; i.h vu.iM
[V. le coiUrt sc«u) SrGlLL' COMlTiS KOBERTl DROCENSS-
Au conlrf scou : l'écu Je Drcui (échiquflèd'or et d'amr à la botdurt de gueuleJ. t CONFIRMA HOC 0ËVS.
fCoaûrma ho^ Deui].
Apr+S la mort d'Agnès, le sceau de Robert resta le nr léeeremenl modifiée. Ule porta :
t.' COMiTlS ROBFRTl («MINI DROCARVM HT BRAS'E. (f,K,((™ œmw^ Qo^ffli Domni Z)™..,,,., ., -«..«r.)
Irgende ;
DE r.RIE-COMTE-ROBERT loO
propriétés à Brie-Comte-Robert, au temps de la floraison du système féodal, et, par induction, dans les temps antérieurs, si l'on veut bien observer que le progrès, plein d'activité de nos jours, avait alors un mouvement insensible. Ce qui existait en 1208 ne devait guère différer de ce qui était en vigueur plusieurs siècles auparavant, au temps de Charlesle-Chauve par exemple, à Tépoque de la consécration du principe de l'hérédité des licfs et de l'institution de la fcodalité. »
On conviendra qu'il n'étaitpas possible de ne publier de ce document précieux pour l'histoire de Brie que des extraits. Je le donne ci-après, in-extenso, en m'en tenant à la version publiée par Benjamin Guérard, le savantéditeurdu Cariulaire deNotre-'Djme de Paris (i) et du Polyplique d'Irminon,
DETERRA BRAYE ET DE JUSTITIA SUR LES DROITS ET JURIDICTION QLAM HABET ECCLESIA QUE POSSÈDE L'i-X;LISE DE