‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 17 sur 58 · I-J4 HISTOIRE DE I A VILLE · texte numérisé non relu

I-J4 HISTOIRE DE I A VILLE

chapiteaux de séparation quatre tig-urcs qui semblent reposer sur des nuages assez grossièrement accusées sur les tailloirs. Deux de ces statuettes occupent les places d'honneur et portent des couronnes ; les deux plus éloignées de l'entrée n'ont pas ces insignes. Xe seraient-ce pas là des personnages qui auraient contribué à cette charitable fondation et le comte Robert, tils de France, qui a laissé son nom à la ville ne pourrait-il être dans leur nombre ? L'absence de tout attribut de sainteté nous donnerait à croire que ces représentations ne sont que des témoignages de la reconnaissance publique. »

L'abbé Lebeuf estime que « les figures qu'on voit audessus des quatre colonnades du portail semblent faire allusion à quelque vœu qui aurait été fait dans un naufrage ou à quelque maladie pour laquelle le bain était salutaire », et il ajoute : « A chacun des chapiteaux de trois de ces colonnes est sculpté un homme nu qui est dans l'eau jusqu'au bas-ventre. Dans la quatrième sont tigurés deux jeunes gens habillés, l'un ayant couronne sur la tète et l'autre irm ». L'inexactitude de cette description est flagrante, mais elle laisse subsister l'impression que les bustes paraissent émerger d'un fluide ou d'un liquide.

C'est ce que M. Blondeau appelle « une décoration en gravure, simulant une série de lignes ondulées. » Kn etTet, ces lignes ondulées sont nettement visibles. Pour l'abbé Lebeuf et ses imitateurs (Michelin et Pascal), ces lignes représentent de l'eau. M. Le Grand hésite entre l'eau et les nuages. Verdier et Cattois se prononcent, résolument, pour cetre dernière interprétation.

On peut se demander, par exemple, comment on a vu dans ces statuettes des personnages nus. L'hésitation n'est pas possible en ce qui concerne les deux bustes placés aux deux extrémités les plus él(^ignées(i). Pour toutes les deux — pour celle de droite notamment — les draperies sont parfaitement visibles. L'inspection attentive des deux autres laisse très bien voir également les vêtements que le statuaire a

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voulu reproduirc(i). Cette remarque empêche d'admettre que

ces ligures représentent des persDnnajjessnrtant de l'eau. Il

apparaîtra plus rationnel que, par les « lignes ondulées » qui

ks supporlent, on ait voulu représenter des nuages. L'inten-

liun de l'artiste se révèle alors d'elle-même : <■ Ce sont des

personncsdéfuntes admisesaux félicités du cie! n. C'est, tout

au moins, l'interprétation la plusraisi>nnable et la plus claire.

Dès lors, aussi, on peut entrevoir la signification deces

lijjures bizarres et presque inexplicables. Ne serait-ce pas la

ligfuration des premiers seigneurs capétiens. ? Deux de ces

bustes, ceux placés aux extrémités opposées, ne semblent

ni de la même main, ni de la même pierre, ni delà même

éfwiquc que les deux autres. Chez ceux-ci le trait est plus vif

cli'attitude plus raide. Ceux-là scmt plus mollement traités

et beaucoup moins fouilles. Peut-être les deux premiers

appartiennent-ils à un plus ancien édilice. L'idée serait

TÈTES FOU.M.VNT DL;P.\HT 13E L .MiCLilVOLTE D EXTRE.MITL

alnrs venue de les utiliser pour perpétuer le siiuvenir de Mux dont elles reproduisaient les traits et d'y joindre de nouveaux personnages en usant du même motif d'arnementaiion.

Il serait intéressant de savoir quels sont ces personnages.

grenouille OU un crapaud, et, à droite, un lion, comme si l'intention de l'artiste eût été de rappeler, d'une part, l'eau, de l'autre, la terre, avec leur faune et leur flore respectives. »

Et, de fait, l'examen des chapiteaux semble corroborer cette manière de voir. Tandis que les uns, à gauche, reproduisent des plantes aquatiques, ceux de droite reproduisent des plantes terrestres.

On aura remarqué, dans certains des plans ou croquis, que j'ai donnés, de cette façade, l'existence d'un premier étage, aujourd'hui absent, ainsi qu'en témoigne la photographie reproduite à la page 8i. M. E. Blondeau me parait dire avec raison que ce premier étage — tel qu'il est arrivé à notre connaissance — a dû remplacer une construction primitive car, à son avis, son architecture est bien postérieure au style du rez-de-chaussée (i).

Pendant que s'établissait, avec une recherche d'architecture remarquable, cet établissement hospitalier, à Brie, un autre, d'une fondation peut-être plus ancienne, poursuivait paisiblement et modestement son existence.il est même bon de mettre en parallèle ces deux manifestatir>ns de la bienfaisance publique: l'Hôtel-Dieu, créé par le seigneur, en vue évidemment de secourir et d'abriter les pauvres et les malheureux voyageurs, mais avec l'arriêre-pensée de doter son marché d'une institution qui en accroissait le renom ; la lépn)serie, organisée par les habitants, pour se défendre d'une horrible maladie contagieuse, en donnant aux malheureux qui en étaient atteints les s< ans matériels convenables.

Il n'est pas douteux que la léproserie ne lut l'œuvre de la communauté, c'est-à-dire du peuple.

C^ette réllexioa rappellera, sans nul doute, ce que j'ai déjà

(\ I Ce qui fst singulier, cest que les dessins qui nous ont été conservés de ce premier étage ne sont pas d'accord entre eux. Fichot. dans se$ Monuments de S(ine-et-{Marnc lui donne trois fenêtres. fV. fljr. p. 128.) Verdier et Cattois. dans Yc'./lrchitfctiire civile et domestique, Tont dessine avec quatre fenêtres. « Nous l'avons rétabli, disent-ils. d'après un dessin fait avec exactitude avant la démolition de cette partie ». J'ajoute que le croquis grwsier du iS' siècle, que j'ai reproduit comme venant des archives de l'Hôtel-Dieu (carton de Bernardin 1. indique quatre ouvertures au premier étage exactement placées comme l'indiquent Verdier et Cattois.

Dt: lîRIK-COMTE-ROUEKT l^Çf

dit de la ville-jommunc, c'est-àdire de Tcxistence adminis- Iriitive d'une communauté, avant même le XIH* siècle. La

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