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'OifTE D ENTHl-
^iJ i te ne pnurra que furtifitîr enci>re cette impression, qui ï'-'i 1 lit, bien nette ;! mon avis, des textes étudiés.
*' A une époque que nous ne saurions préciser, écrit M. *-*i« m Le Grand en pariant de la léproserie de lirie-Comte- '^*>bert (-2). mais qui certainement est antérieure au XI1I° ^'<icle, les habitants de Bric avaient fait construire, en dehors
. pagï 81.
i:^<> HÎSTOIRE DE LA VILLE
du bourg, une maison destinée à recueillir les lépreux du pays pour préserv^er de leur contact les personnes saines (i)... Il est presque toujours impossible, dit le même auteur ailleurs, de fixer la date de fondation des léproseries. On a beau recourir aux plus anciens textes parvenus jusqu'à nous, on ne peut généralement que reculer plus ou moins Tépoque à laquelle leur existence est constatée, sans arriver à déterminer leur origine. »
Il en est ainsi pour la léproserie de Brie-Comte-Robert. Le plus ancien document qui en fasse mention est de 1201 ; elle existait donc déjà probablement bien avant cette époque. Ce document publié par Guérard (2), est une ordonnance prise de concert par Pierre, archevêque de Sens, et Eudes, évêque de Paris, concernant les léproseries des chàtellenies de Corbeil et de Melun. Après avoir flétri les actes dissolus des lépreux et les désordres dont ils donnent le spectacle, les deux prélats signalent les dangers que font courir aux habitants les libres sorties que les lépreux se permettaient hors des léproseries. Ils prennent dès lors la résolution, d'après les ordres de la reine Adèle (3), de répartir tous les lépreux des deux chàtellenies (4) dans les maladreries de Corbeil et de Melun, aflectant les hommes à celle de Melun les femmes à celle de Corbeil.
(0 M. Le Grand cite à ce propos le texte suivant emprunte aux Archives nationales X'*" 41,^236 (54 juillet 1594)-
a Cum habitantes ville de Braya comitis « Les habitants de la ville de Brte-Comte
Roberti et matricularii ecclesie sancti Ste- Robert et les marguilliers de leglise de St-
phani ejusdem ville exponi fecissent quod Etienne nous ont fait exposer que depuis
licet pcr habitantes ville predicte dudum longtemps les habitants de la dite ville ont
domus leprosarie prope et extra dictam villam fondé près de celle-ci, mais en dehors, une
existens pro recipiendis ibidem illis de dicta léproserie pour recevoir ceux de 1& dite ville
villa vel ipsius suburbiis, qui morbo lèpre ou des villes voisines qui sont infectés de la
fcrent infccti, fundata et per ipsos compe- maladie de la lèpre ; que cette maison a été
tentibus edificiis pro dictis infirmis ac ma- faite et construite pour abriter convenable-
gistro et administratore domus predicte ment les malades et le maitre et l'adminis-
separatis ab invicem, sub uno tamen circuitu trateur de l'établissement de façon qu'ils
seu pourprisio, facta et constructa fueri, sic soient complètement séparés, bien que
quod non sani a sanis et eorum societate renfermés dans la même enceinte ou pour-
omnino commorari potcrant... » pris, et qu'ainsi les malades demeurent tout
à fait en dehors des personnes saines... d
(2) Guérard. cartul. de N.-D., L 87.
(3) Adèle de Champagne, mère de Philippe-Auguste, morte en juin 1206.
'4' Les maladrrric*; de la chàtellenie de Corbeil étaient : la maison de Gnsy, 'a maison de Montirason.la maison de la Q.ueuo, et la maison de Brie.
nE BRIE-COMTE- ROBERT
« Le service divin devait cependant continuer à être célébré dans les chapelles de ces dilTérentes maladreries, et les revenus ne devaient pas être confondus, afin que chaque maison pût reprendre son individualité, si on venait à renoncer à cette concentration.
Combien de temps cette mesure fut-elle appliquée ? Il est impossible de le dire, mais elle dut être assez viteabandonnée comme nous le verrons par la suite. 11 était indispensable néanmoins de constater l'existence de cet établissement hospitalier d'une façon indiscutable,tout au moins dès la première année du XIII' siècle.
En I2t8, le jourdeslnnocents — ainsi que l'indique sa tombe — Robert II mourut. !1 fut enterré dans l'église de St-Yved. « Robert, en son vivant, fît faire sa tombe de cuivre, moyennement élevée, en laquelle il est en pourtraicture, tenant â la main droite une fleur de lys démontrant d'où il était descendu (i) ».
Le manuscrit auquel j'emprunte ces lignes donne comme il suit la traduction de son épitaphe :
• Cygist, aux pieds de madame sa mère, haut et puissant seigneur, Robert, comte de Brayne, issu du noble sang royal qui, de son temps, fut doulx et
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humain et des loix C)bservatcur, lequel trépassa le jour des Innocents de l'an de grâce mil deux cents XVIII. » A part les formules laudatives interpolées, la traduction est à peu près exacte (i). Klle rend hommage à des qualités que les actes de Robert, en ce qui touche Brie, paraissent justifier. La part qu'il a prise à la fondation de notre Hôtel-Dieu, la charte dont j'ai donné plus haut le texte et dont il est l'auteur, montrent bien que ce seigneur féodal était accessible à certaines idées de justice pour ceux qui, suivant les idées du temps, étaient ses serfs et ses sujets. Il était, à cet égard, manifestement imbu des idées capétiennes, déjà en honneur sous Louis-lc- Gros,et, continuées sous Louis VII et Philippe-Auguste. 11 est impossible de ne pas se souvenir, en écrivant l'histoire de Brie, que ce prince concéda, en quelque sorte, aux habitants de ce pays une certaine liberté en donnant à leur parole, à leur serment, la valeur d'un acte intangible, (tétait créer, d'un mot, des hommes dignes de ce nom, là où il n'y avait auparavant que de malheureux esclaves. Si faible que soit cette lueur d'émancipation, comment ne pas s'émouvoir de ce premier pas fait par les ancêtres vers la conquête de leur propre dignité et de leur indépendance.
Il faut associer à Robert II, sa femme Yolande de Coucy qui prit part à l'o-uvre de son mari, puisque nous l'avons vue contresigner la charte de 1208. Du reste, veuve, elle conserva jusqu'à sa mort la seigneurie de Brie. C'est ce qui résulte d'une charte, signée de Robert (Robert III) et de ses frères Pierre... et Jean (2).
Yolande de (>oucy mourut le 22 mars 1222, et, suivant la coutume adoptée par la famille, se Ht enterrer à Saint-Yved a c<")tédeson mari. Il paraît que sa tombe était en cuivre doré
-i: F.n voici le texte tel quil se déroule autour de la tombe : <* Stirpe satus '^irçu7i plus cuk'dui Li:u'n Hramt 'l{ob.'TUi- siorna hic rtijmsicil opcrtwi et y.uv/ a^nctui situi ad v.'itigdi matm. »»
12' V (OlbiTt.vol. r)2 ('artulaire de Champagne, p. H^.. — <* Reverendse domina? comitess;r t-ecensiN palatiii;e Kobertus primogenitus ('omilis Robrrli Domini Drocarum et Braia: ot fratres e|us. Petru<<. . et joannes, salutem. Ei dilectione novcritis quod nos et Yolenla comiteNï,a kari>î.iina mater nostra ita coniposuimus super dote ejus quod de assensu et volontate nostra qui aUjuxit in integro tcnebit t.-rram Braiic... sicut eam tenuit bona memoria Agnes comitessa temporibus suis... »
UF. ItRm-COMTK-ROUERT | 5?
cr-t enrichie de pkisiciirs ornements qui tc-ntcrcnl la cupidité dtjs soldats cspa^^nols en lOro, Il est certain qu'elle a disparu. Du mariage de Robert II et de Yolande de Colley, sa dernière femme, il était né quatre lils et cinq lilles. Avant de parler des successeurs de Hubert II, il importe derappellerque l'un de scsfrèrcs,(îuillaume (i).
porta pendant quelque temps le titre de seigneur de lirie. Il est ainsi qualilié en iiHi) dans une charte reproduite au cartulaire de St-Maur, et contenant permission donnée à Adam de llritii (-j) de vendre à l'abbaye de Saint-.Maur (.^) des près situés à Ozouer-la-I'"ersa tombe dans l'église
rière. L'abbé Lcba-uf cn.it avoir v de Saint-Ktienne de lîrie.
vu, dit-il, que deux tombes anciennes qui ■ment le marchepied de l'autel du Sauveur, au fond de
!c Kcand dans si notice sur FciulK'>-AUilly fort liirn fait rcs'umr 4: Sc»u ojivi] de 8» milliin.. ii-pdidu à une charte de 1207 :a La comlc&sr deboul. vur de lier, en robe et mintrau ; let deui t S:iilI.L' Y... COMITISSE IX)MINK [)RO(:aR bT bKANt.
Le cor-t-csieiu dt la cor.-.tcjr.c c'.aiî le i;i,';-.:c qut celui it ?.<>'.
ir>4 MistoiRÈ t)E La ville
Taile méridionale. Leurs inscriptions difficiles à lire sont en gothique du XII? siècle. Sur Tune est représenté un militaire dont les armes sont placées à côté de la tête. Ce sont trois billettes. Peut-être est-ce ce Guillaume de Braye, chevalier, qui vivait en 1248. »
Le passage de Guillaume de Dreux à la seigneurie de Brie ne semble pas avoir laissé d'autres souvenirs. Il est vrai que c'est à peine si l'auteur de l'histoire du diocèse de Paris fait mention de Robert III, fils et successeur de Robert II.
Michelin n'en souffle mot et Pascal se borne à cette courte mention : « Robert III, mort en I233. » Ce seigneur a cependant quelque droit de figurer dans l'histoire locale et il est, au moins curieux,qu'il ait été méconnu à ce point. Poursuivant l'œuvre de son père, il apportait aux habitants de Brie une
ROBERT m DE DREUX ^ ^
seigneur de Brie (1) modificatîon profonde dans leur situation. Rouillard (2) dans ses Reliefs foreuses, nous apprend qu'en i23o, au mois de janvier, Robert III, signait une charte d'affranchissement dont, malheureusement, le texte complet n'est pas venu jusqu'à nous. Telle quelle, Rouillard nous en donne un aperçu, dans le langage emphatique du temps :
(1) Cette tête est la reproduction réduite de celle gravée sur la tombe, en pierre, en l'église Saint-Yved de Braine, où Robert 111 est représenté en grandeur naturelle. (L'image de ce seigneur est encadré par le motif dont j'ai donné la moitié page 141).
(4) Sébastien Rouillard est l'auteur d'une histoire de Melun. II était avocat, et il nous a laissé quelques uns de ses plaidoyers en un volume intitulé Reliefs forenses. Cet ouvrage, qui est divisé en deux parties, contient dans la première (p. 257) une plaidoirie prononcée par lui. d«vant la Chambre civile du Châtelet de Paris, pour les habitants de Brie, défendeurs, contre Balthazard Gobelin, seigneur engagiste du lieu. Ce dernier réclamait l'exécution de la charte de 1208, en ce qui touche les corvées.
Au moment où j'écrivais ceci, M. G. Leroy, le distingué continuateur de Rouillard, en ce qui touche l'histoire de Melun, publiait dans le bulletin de la Société d'Archéologie de Brie-Comte- Robert (tome 1, p. 210), une note sur ce procès, sous ce titre : Un procès au sujet des anciennes corvées de Brie -Comte-Robert. 11 y citait naturellement l'œuvre de Rouillard avec cette indication bibliographique : « in 12* de 1800 pages paru à Paris, en 1607, chez Thomas de la Ruelle, au Palais, devant la porte de la Sainte-Chapelle. * j'y ajouterai que l'édition que j'ai pu consulter à notre Bibliothèque nationale porte la date de 1610, ce qui justifie tout le bien que pense M. Leroy de son compatriote, puisque les Reliefs forenses semblent avoir eu plusieurs éditions.
M. Leroy, d'ailleurs, dans la note qu'il consacre à ce procès et à la plaidoirie de Rouillard, fait délicatement ressortir les erreurs historiques considérables qui avaient cours à l'époque, notamment cette fantastique transmission de la seigneurie de Brie, de Robert, premier fils du roi Louis-le-Gros, à son fils, Pierre, qui épousa l'héritière de Bretagne (?)
t)E BRIE-COMTE-ROBERT I ^?>
« Robert, comte de Braye. du consentement de ses sieur pore et mère, par Tavis aussi de son frère, et du conseil des gens de bien, (i)et par une postérieure cogitation, à qui le commun proverbe attribue un surcroit de sagesse, auroit converti toutes les corveez par iuy acquises sur les dictz hontes et justiciables, en la dite estimation à prix d'argent, de six sols huict deniers, afin d'abolir tous les vestiges de ces corveez ou servitudes personnelles, demourez des restes du paganisme, au préjudice de la liberté de la France et du chistianisme établi en icelle. »
Je ne m'arrêterai pas aux commentaires de Rouillard qui
P<'>urraient appeler Tinterruption bien connue : « Avocat,
passez au déluge », je m'arrête seulement au minuscule
Pussage, contenu dans cette longue et broussailleuse plaidoi-
^ic, concernant directement Brie. C'est un court, trop court,
extrait de la charte concédée par Robert III. Voici les termes
^^ préambule de ce document :
« Nous avons quitté, à jamais, nos hostes de Braye, qui ^e sont pas nos serfs, pour toutes choses et maletoltes, ^omme tailles, corveez, reliefs, révocations, aides pour rtiarier filles, pour faire nouveaux gens d'armes et pour P^rison, moyennant sept sols païables mc)itié à laSaint-Remy ^t moitié à Noël. »
Ces sept sols devaient être payés a par chaque feu de maison. »
Rouillard ajoute : « Le dit seigneur quittait les habitants des droits de gros et huitième de vin (2) et même le ban de la forêt qui était une redevance qu'ils lui payaient pour droit de chauffage (3).
Robert III n'avait cependant pas abandonné tous ses droits,
car en l'article de la charte de i23o, nous dit Rouillard, il
était expressément spécifié : « Nous n'avons point quitté les
corveez de charruages qui nous sont dues trois fois Tan. »(4)
Ces corvées sont nettement spécifiées dans la charte de
I; Rouillard, en écrivant ce passage ajoute en parenthèse : a car ce sont les mots du tiltrc ».Ces premières lignes sont donc le texte officiel de la charte de 1230.
(2. On percevait, sous le nom de groi. un sou par livre — et dans l'espèce il s'y ajoutait un huitième — sur le commerce des boissons.
(5;. V. la charte de 1208. ci-dessus.
(4) Mars, mai et juillet.