‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 20 sur 58 · I^X) HISTOIRE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

I^X) HISTOIRE DE LA VILLE

ne savions que Pierre cultiva les lettres. Il est l'auteur de plusieurs pièces de poésie « très estimées et très connues, dit Rioux (i), des personnes qui s'occupent de la littérature du moyen âge ». M. L. Paris enapublié quelques-unes dans son choix de fabliaux. Je lui emprunte les deux strophes suivantes qui mettront en évidence les qualités littéraires de ce seigneur de Brie :

liante chanson de haute estoire Jî\, "De haut renom, de haute au ton té.

Du haut Sei faneur Je qui fattnt merci. Du haut Se{<yneur dont sont tuil mi f^ensè Haute chose est de fcre ton dite ; lîn vainc i^toire ni f>ens, mes en lui Tôt proprement et en sa grant honlj.

''Dame don ciel, qui portastes Jhcsu^ 'I\ir qui le mont Ju tôt rnluminê^ Leritage quAden avoit perdi»

Par son péchiê^ /'ut par l'ous recouvré : De/ fendez-moi que ne soie vaincu ^7\ir l'anemi qu'est fol et desvà.

Pierre Mauclerc ne nous est pas représenté seulement comme doué de qualités littéraires, mais comme animé de passions fougueuses. Kn 1200, étudiant à Paris, il se montre turbulent, tapageur, mêlé à toutes les émeutes dont l'histoire a gardé le souvenir. Son portrait ne nous est seulement pas arrivé perpétué par la gravure funéraire. ( )n nous le d(mne comme « étant d'une taille élancée, ayant une chevelure blonde et llottante, une physionomie d'une douceur extrême et d'une grande noblesse, le nez droit cl lin, de^^ yeux vifs et ouverts, la bouche parfaitement dessinée, ayant les coins un peu relevés expriment la fierté ou l'audace dan^ l'ovale un peu allongé de sa ligure ».

i< C'était le grand homme de la famille, dit par ailleur.^ M. Ch.-V. Langlois (2). Veut d'Alix Çh. Théritière de hi Bretagne française et du comté de Richmond en Angleterre,

Cl : CYonographie de Saint-Yvcd 'op. cit.) 2,. histoire de France, publiée par M. I. avisée (t. III. 2' partie, p. 4\

( V Pierre de Dreux, dit Mauclerc, s'était marié en i2n avec Alix, comtesse do Bretagne fille ainee et héritière de Guy de Thouars. comte dj Bretagn.*, a cause de (instance s; femme ; elle mourut en 1221.

t)E BRIE-COMTE-ROBERT l6l

il a\^it, depuis 1221 , la garde de ces deux fiefs au nom de son fils mineur, Jean le Roux ; il était hautain, hargneux et tenace ; il avait passé son temps, jusque-là, à guerroyer contre le clergé et la noblesse sauvage de Bretagne, et contre ses voisins de Poitou et d'Anjou ; on disait qu'il avait fait murer des fugitifs dans des lieux d'asile consacrés, et enterrer vif un prêtre. Son ambition passait pour être sans 'imites : le bruit courait que Robert, fondateur de la maison ^e Dreux, avait été le premier-né de Louis-le-Gros et que sa race était justement écartée du trône (i). »

Avec Philippe-Auguste, Pierre Mauclerc s était tenu à peu

près tranquille (2). « Philippe-Auguste, écrit M. Luchaire,

'^'^Vant pu amener directement la péninsule, avait donné aux

^ï^etons, depuis 1212, un capétien de la maison de Dreux,

Pierre, qu'il saura tenir dans sa main ». Mais après la dispa-

'"^tion de ce roi, le turbulent ambitieux, dont le portrait nous

^^t dressé, ne contient plus la fougue de son caractère.

C>ès 1225, Pierre Mauclerc s'allie avec le roi d'Angleterre

^1) On retrouve ainsi sous la plume de M. Langlois, le distingué chargé de cours à l'Uni- ^rs£té de Paris, la trace de la formelle assertion que j'»i relevée dans le manuscrit de la *"liothcque Sainte-Geneviève, où se trouve l'histoire des princes de la maison de Dreux ^«r plus haut p. 69 et 86.

. i"^) ♦ Pierre de Dreux, comte de Bretagne, mérita son surnom de Mauclerc (mauvais clerc) :

^ passa sa vie à combattre l'Eglise plus puissante, il est vrai, en Bretagne, que partout

^'-ïleurs. Dans ce pays, le clergé paroissial percevait, outre la dîme, les redevances abusives

^^ tierçage (impôt portant sur le tiers des successions mobilières) et du past nuptial (droit sur

*'^s mariages). Les évéques jouissaient des droits régaliens et prétendaient ne pas reconnaître

•^suzeraineté du comte. Aussi, dès 1217, Pierre de Dreux fait une guerre très vive à l'évé^ue

^e Nantes. Il laisse ses agents piller et brûler les maisons épiscopales, s'emparer des terres et

^es revenus, emprisonner, maltraiter et même torturer des clercs. L'evéque et son chapitre,

obligés de quitter la Bretagne, cherchent asile dans les diocèses voisins.

« Plusieurs fois excommunié' par sa victime, Pierre de Dreux brave même le Pape. Honorius III. en 1218, lui reproche tous ses méfaits et l'engage à s'abstenir de ses œuvres de mort ijui entraîneront, s'il ne se repend pas, sa damnation éternelle ; sa résistance à l'excommunication, qu'il y prenne garde, l'expose au soupçon d'hérésie. En tout cas, s'il persiste dans son attitude, c'est l'autorité apostolique elle-même qui le frappera, et qui en viendra, s'il le faut, à délier ses sujets et ses vassaux du serment de fidélité : « Ouvre les yeux, lui dit le Pape en terminant, et prends garde de mettre les pieds dans un filet tellement dangereux que tu ne pourras plus t'^n retirer. ^ L'excommunication et l'interdit ne furent levés qu'après la pleine soumission du comte, le 28 janvier 1220. Les conditions qu'on lui imposa étaient sévères. Il restituait tout ce q\i'il avait pris, désavouait et promettait de punir lui-même ses agents, indemnisait tous les sujets épiscopaux qui avaient souffert des violences de la guerre, renonçait à recevoir leurs hommages, enfin s'engageait à replacer l'evéque de Nantes et son église dans la même situation qu'ils se trouvaient avant l'ouverture des hostilités. >» (Histoire de Frunee publiée par M. Lavisse, tome III, p. 116, ^17)- Je n'ajouterai qu'un seul mot. Philippe-Auguste n'intervintîl pas pour calmer Pierre Mauclerc et lui imposer sa soumission ?

l62 HISTOIRE DE LA VILLE .

Henri III, fils de Jean-sans-Terre, contre lequel avait combattu Robert III, son frère. Pourprix de cette alHance, Pierre recevait une partie du comté de Richmond et la promesse de faire de sa fille, Yolande, la reine d'Angleterre.

C'était là une première tentative contre Tautorité royale qui n'avait plus comme représentant que Louis VIII. Encore ce prince était-il susceptible de mettre Pierre de Dreux à la raison ; mais il régna si peu ! Sa mort subite, qui autorisa tous les soupçons, laissa le royaume aux mains d'un enfant de douze ans. Toute l'ambition de Pierre fut éveillée. Il fut, dès Ife sacre du jeune roi (2g novembre 1226), Tâme d'une coalition dirigée contre lui. La régente, Blanche de Castille, accompagnée du légat, de Robert de Dreux, seigneur de Brie, marcha contre lui, à la tête d'une armée.

Le 16 mars 1227, Pierre Mauclerc fit sa soumission. L'intervention de son frère, devenu maintenant un de ses adversaires, n'était pas étrangère à cette trêve, qui fut, du reste, de courte durée.

En 1228, nouvelle coalition des seigneurs, à l'instigation de Pierre de Dreux qui vit un de ses châteaux, le châteaufort de Bellème, au Perche, emporté d'assaut par l'armée royale commandée par la reine et le jeune roi, accompagnés de Robert III, de Dreux ; coalition suivie encore, du reste, d'une prompte soumission.

'Ces guerres civiles^ suscitées par une noblesse impatiente de secouer l'autorité royale que l'on croyait faible parce qu'elle était aux mains d'une femme et d'un enfant, eurent leur retentissement jusqu'au portes de Brie, sinon à Brie nicme.

Dans une notice qu'il a publiée sur le château de la Barre et Férolles (i), M. G. Drouin cite un passage emprunté â un cahier manuscrit appartenant au dossier de l'abbaye d'Hivernaux (2), déposé aux Archives Nationales : « Thibaut comte

(1) bulletin d: la Société d'ArchJologi: d: Brie-Comt:-Rob:rt [tome II. p. ^2.)

(2) L'abbaye d'Hivernaux, fondée dans les premières années du XIII» siècle se dressait sur le territoire de Férolles. au bord du Réveillon, à environ 5 kilomètres de Brie -Comte-Robert. Il ne rcite plus aujourd'hui de cette abbaye que quelques bâtiments à usage de ferme.

DE BRIE-œMTE-ROBERT l63

e Champagne, écrit le rédacteur de ce cahier, s'étant révoltjé ontre la reine régente, Blanche de Castille, et se trouvant Sioutenu de Pierre de Dreux, comte de Champagne^ et de Hugues deLusignan, comte de la Marche, leva le masque. Il^a régente Talla attaquer dans ses propres états et la Brie oîevint le théâtre de la guerre. Le peu qu'elle dura ne laissa jpas que de causer quelques incommodités à Tabbaye d'Hivernaux. Elle eut besoin de secours... »

Comme il arrive dans ces échauffourées et ces luttes entre crourtisans ou barons ambitieux, les alliés de la veille deviennent aisément les ennemis du lendemain, au gré de la passion, de la faveur royale, ou des caprices.

En 122g, Thiljaut de Champagne, devenu Tallié de la régente, voyait se diriger contre lui la coalition de tous ses anciens complices. Pierre Mauclerc, à. la tête de ces derniers, prétendait épouser Alix de Chypre, cousine de Thibaut, qui se disait héritière de Champagne. Dans sa rage ambitieuse, il alla faire hommage au roi d'Angleterre de ses domaines et de ceux qu'il visait, faisant notifier à Louis IX qu'il ne se considérait plus comme son vassal. Cette levée de boucliers finit par une trêve (Juillet I23i). Mauclerc s'engagea à ne pas paraître en France pendant trois années. (En France, veut dire, ici, sur le territoire soumis directement à l'autorité royale).

Par un revirement inexpliqué, Mauclerc se rapprocha de Thibaut de Champagne, son adversaire de la veille, au point que ce dernier fut près d'épouser sa fille. « La journée fut prise, lit-on dans Joinville, que le comte de Champagne dût épouser la demoiselle en une abbaye de Prémontré, près de Château-Thierri, que l'on appelle Valsecret. » Le roi empêcha cette union qui pouvait créer à la Couronne les plus graves périls par la réunion dans une même main de la Bretagne, de la Champagne et des comtés de Dreux et de Braine. Joinville nous dit que Louis IX envoya Geoflroi de la Chapelle à Thibaut de Champagne et lui fit tenir ce langage comminatoire : « Le roi vous mande de n'en rien faire,

(du mariage projeté) si vous ne voulez pas perdre tout ce que vous avez au royaume de France, car vous savez que le comte de Bretagne lui a fait pis que nul homme qui vive. »

Par une singulière bizarrerie des choses, Mauclerc continua la lutte contre le pouvoir royal jusqu'au moment où mourut son frère. Définitivement vaincu, en novembre 1284, il s'abandonna « haut çt bas » à la volonté de la reine et du roi de France. Saura-t-on jamais les causes qui jetèrent ainsi les deux frères dans les camps adverses "? Y eut-il réellement quelque corrélation entre la soumission totale de Mauclerc et la mort de son frère; ou bien Pierre s'assagit-il subitement grâce à son deuxième mariage célèbre vers la fin de cette, même année 1234 (i)? Comme à l'époque de la Fronde, avec laquelle la révolte des féodaux du XlIP siècle "offre beaucoup d'analogie, — la remarque n'est pas de mon fait — les causes les plus futiles provoquèrent chez ces seigneurs ambitieux les déterminations les plus inattendues. Quoi qu'il en fût de Pierre de Dreux, ce prince, qui n'avait pas craint d'aller jusqu'à appeler l'Anglais sur le sol national pour servir ses visées et ses rancunes, se montra ensuite, jusqu'à salin, un soldat dévoué de la Couronne de France. Sa mort, à coup sûr, efi'aça en grande partie les trahisons de sajeunesse contre son pays. J'en emprunterai le récit à Joinville, le chroniqueur par excellence de cette époque.

t( 11 (les Sarrazins) nous firent lever de là où nous estions et nous misrent en prison à la sente de la galie ; et cuiddrent moult de nostre gent que il l'eussent fait, pour ce que il ne nous voudroient pas assaillir touz ensemble, mes pour nous tuer lun après 1 autre Céans fumes à tel mcschicf le soir que nous" gisions si a estroit que mes picz cstoicnl endroit le bon conte Perron de Bretuingne. etles siens estoicnt endroit le mien visage... Le samedi devant l'Ascension^ lequel samedi est le lendemain que nous fumes deslivres, vindrent prendre congiô du roi le conte de F'Jandres et le conte de Soissons... En leurs galies montèrent et s'en vindrent en FVance et en amenèrent

(1) Pierre épousa Marguerite, dame de Montagu et de la Garmache en Poitou, veuve, après 1226, de Hugues II, comte de Thouars et fille de Brient, seigneur de Montagu et de la Garmache.

; iMi:

VILl.fC

avec eulz le bon conte Hei

PIERRE DE DHEUX. DIT MAUCIE

Comte dt Bretagne, Seigneur de Bli

{J-dprii la figuri grcWi lur la loi-ii)

de .Bretaingne, qui estoit si malade (r).que il ne vesqui plus que trois semaines et mourut sur mer, ■ (2}

Pierre Mauclerc n'a pas laissé ' à Brie le mcrnc souvenir que son père ou son frère. Ce batailleur et cet ambitieux avait probablement d'autres soucis que de légifOrcr. Tout ce que l'on peut dire de son passage à la seigneurie de Brie, c'est qu'il . se trouva en lutte, au moins pour .une fois, avec le Chapitre de Paris. On sait combien Mau clerc faisait bon marché des agents de l'Eglise et même de de ses dignitaires.; ses représentants devaientnaturellement

imiter et, comme il arrive parfois chez les subordonnés, exagérer l'attitude .du maître pour faire preuve de zèle.

Ce fut vraisemblablement la cause de la contestation qui s'éleva en \-2M) entre les deux pouvoirs qui se' partageaient le terr itoire de Brie. Nous la con- • naissons par une lettre adressée

ir du saint voyage de Jêniulem, paya le deu de

it)b kistoiRÊ DÉ LA Ville

par Guillaume, évêque de Paris, (i) aux curés de Brie et de Cossigny. Elle nous apprend que le bailli de Pierre de Braine, comte de Bretagne (c'était le titre de Pierre Mauclerc) avait violé l'accord de 1208 en arrêtant un homme sur le territoire de l'Eglise et en le retenant indûment dans la prison du seigneur (2). L'évêque ordonne aux deux curés d'excommunier le bailli dans le cas où il ne relâcherait pas aussitôt son prisonnier « sur la terre où il a été appréhendé » ou si le bailli ne venait pas exposer devant le procureur du Chapitre les justes motifs qui avaient provoqué l'arrestation.

Si l'excommunication ne s'adressait pas à Pierre Mauclerc lui-même, elle devait frapper son représentant et Guillaume de Paris le dit nettement. «Vous excommunierez ce chevalier, en sa'qualité de bailli du comte précité et vous publierez en même temps le nom (et la qualité) de l'excommunié. C'était dire que Simon de Cossigny, le bailli en question, n'était ici aux yeuxdel'évêque Guillaume que le comte Pierre lui-même.

nature, dont le corps gyst ici. Dieu tout puissant qui se réjouit par la victoire de sa passion et la conversion du pescheur le veuille mettre en gloire perdurable. y>

L'emphase du tradncteur n'a guère respecté du texte que le portrait rapide que ce monument de la piété filiale nous a laissé de Mauclerc. Il suffirait à lui seul pour nous prouver que ce prince capétien occupa parmi ses contemporains une place considérable.

(i)Ce Guillaume, dit de Paris, appelé aussi Guillanme d Auvergne, était né à Aurîllac, vers 1180. Il ^devint, en 1228, évéque de Paris et mourut en 1249. Il devait peu estimer Pierre Mauclerc, non seulement à cause de ses exactions envers lEglise, mais parce, qu'il fut appelé à surveiller ses agissements en Bretagne. Guillaume présida même l'assemblée d'Ancenis (1250) ou Pierre Mauclerc fut déclaré déchu.

(2) Cette lettre a été reprodute dans le Cartulaire de N.-D. de Paris par Guérard, tome II, p. 262. En voici le texte :

«( Guillelmus, permissione divina, ecclesie Parisiensis ministerindignus, dileëtis in Christo, de Braya et de Coscigniaro presbiteris, salutem in Domino. Cum ad instanciam venerabilium virorum diccani et capituli Béate Marie Parisiensis, moneri fecerimus Symonem de Coscigniaro, militem, ballivum nobilis viri Pétri de Brena, comitis Britannie, ut quendam hominem nuper captum in terra Béate Marie Parisiensis, sita apud Brayam, inqua siquidem terra ecclesie Parisiensis habere dicitur omnem justiciam, quem etiam hominem prefatus Symon. tanquam fcaliivus dicti nobilis, detinere dicitur incarceratum apud Brayam. in prisione dicti nobilis, libcraret et restitueret in eadem terra a qua extractus fuerat, ut dicitur, minus juste ; cum etiam homo cruccsignatus sit, ut dicitur ; alioquin idem miles excommunicaretur, ni>i justam causam allegaverit ; ad quam probandam si pretenderet, mandavimus diem sibi assignaricoram nobisaddiem mercurii post cathedram sancti Pétri ; necidem ballivuseundem hominem Irberavit, ut dicitur, nec die predicta coram nobis comparuit, nec pro se misit, predictam causam, ,si allegasset, ostensurus, scilicet probalurus, coraiu nobis, procuratore prefati capituli contra eum coram nobis expectante, vobis mandamus, in virtute obedi.encie, d istricte precipientts, qu«tinus predictum militem, tanquam ballivum predicti comitis excommunicatis et excommunicatum publiée denuncietis, nisi incontinenti predictum hominem restituerit in predicta terra ; et quid inde feceritis. quilibet vestrum nos certificat per rp'»ers'onem sigilli sui. Datum anno Dommi millesimo ce xxx-octavo, die mercurii predicta.»

bE imife-COMTE-ROBKRT 1(37

Simon de Cossigny (i),nous devons retenir ce nom comme crelui d'un des premiers magistrats connus de Brie, ce magistirat était un soldat, miles, un chevalier, ce qui s'explique aisément par le tempérament guerrier de son maitre. Ce nous ost en même temps une occasion de montrer que si l'Eglise, comme nous l'avons dit, inclinait peu à libérer ses serfs, elle savait, du moins, les défendre contre les abus d'autorité des seigneurs, si puissants et si violents qu'ils fussent. L'arme dont elle se servait nous paraît, à l'heure présente, émoussée, mais, à l'époque, elle était terrible. 11 est pénible de constater que c'était le subordonné qui, cette fois encore, devait être frappé de la sorte, alors que c'était le maitre, le seigneur, qui était visé, mais que, trop haut placé, on n'osait atteindre.

Si j'ai, avec quelques détails, parlé des premiers seigneurs capétiens qui eurent notre ville dans leurs fiefs, c'est que ce sont des personnages historiques ayant, dans leur siècle, occupé une place presque prépondérante. Ce furent, certainement, des hommes remarquables que leur intelligence, leur profonde connaissance des hommes et des choses mirent hors de pair au moins autant que leur situation toute particulière comme membres de la famille royale.

Après eux, la seigneurie de Brie tomba presque en quenouille. Pierre Mauclerc, en mariant son fils, Jean I, avec Blanche de Champagne, fille de Thibaut -— celui-là même avec lequel et contre lequel il guerroya durant la minorité de Louis IX — put croire un instant que sa maison pourrait contrebalancer la maison royale et peut-être la supplanter. Réunir sur la même tête la Bretagne, la Champagne, la Brie champenoise, la Brie française et une partie de l'Ile-de-France était un coup hardiet gros de conséquences pour la monarchie française. Il n'en fut rien cependant et Jean-le-Roux - c'était le surnom donné au fils de Mauclerc —se montra beaucoup

(I) a Ce Simon de Cossigny, nous dit M. Th. Lhuillitr (Almanach de Seine-et-Marne, 1885, p. 96), chevalier, bailli du comte de Bretagne, avait dans son Hef la voirie de Sucy, tenue de lui par Milon de Servon et Pétronille sa lemmeii». Il appartenait sans doute à cette famille dont l'un des membres. Ansel ou Anseau, figure au nombre des chevaliers de la chatellenie de Corbeil, dont j'ai donné la liste.

i()8 Histoire de la Ville

plus paisible que ne Tavait été son père. Sa vie, pas plus que celle de sa femme, n'appartiennent à Brie (i), sinon qu'ils laissèrent, entre autres enfants, une fille Alix de Bretagne, dame de Pontarcy et de Brie-Comte-Robert née le 6 juin 1243.

Alix épousa, par contrat de 1254, c'est-à-dire à l'âge de on^e ans, Jean de Châtillon, premier comte de Blois, qui mourut en 1279.

Durant la vie de ce seigneur se passa un incident rapporté par les Olim (2). Cet incident a pour Brie son importance. Il établit nettement qu'à cette date (i26o]f. Brie n'était pas encore une châtellenie, bien qu'elle eut eu, depuis cent ans, des seigneurs de sang royal. Ceci est clairement dit dans l'enquête menée par Etienne Tasté-Saveur, bailli de Sens, pour savoir comment le comte de Blois doit en user à l'égard d'un voleur et d'un meurtrier arrêtés en dehors des portes de la ville de Brie, sur ses fiefs, sur les chemins qui dépendent de ses fiefs et dans la partie de ses domaines qui dépend de la châtellenie de Corbeil.

« Le comte de Blois, soutenait le prévôt de Corbeil dans cette enquête où il parlait pour le Roi, n'a droit à aucune justice en dehors des portes de Brie ni en dehors de son domaine et, ajoutait-il, il est de notoriété publiJjue dans la châtellenie de Corbeil que la ville de Brie ne possède pas de châtellenie ; bien plus, qu'elle appartient à la châtellenie de Corbeil. « Pour conclure le dit prévôt affirmait que la « saisine de la justice appartenait au comte de Blois en dehors des chemins, extra cheminos, mais que sur les chemins la question restait pendante entre les deux parties. >

C'était, â proprement parler, enlever au seigneur de Brie tout droit de châtelain. Ce droit ne consistait pas seulement, en efiet, à posséder un château ou une maison revêtue de

(I) Jean suivit Louis IX à Tunis et mourut le 8 octobre 1286. Il fut enterre dans Tabbaye de Notre-Dame-des-Pricres. qu'il avait fait bâtir. Blanche, sa femme, qui accompagna son mari en Afrique, mourut à Hédé le mercredi II août 1285 et fut enterrée dans l'abbaye de la

)oie-Notre-Dame, près Mennecy, qu'elle avait fondée.

12} Olin ou Rcgiitn da arrêts du. PcrltTicnt de I2f4à 1^18, publié par Beugnot (1840*1848, J vol. in-4")- — Enquêtes (I, vu, 107) ; Arrêts {\, v, 595).

bP. BRir:-(:oMTE-RonKRT i6ç)

tours et enclose de fossés, il donnait également la Justice sur l<is chemins de la châtellenie. « Celui qui a droit de châtellenie, porte la coutume d'Anjou, est fondé d'avoir châtel grands chemins péageaux, la connaissance des délits faits en iceuxchefnins. acquits, blanchiers, travers, prévôté, etc , etc. » Tout cela' le bailli de Sens le concédait bien au comte de Blois sur son domaine, et dans Brie, mais pas au dehors. Passé les portes de Brie, le seigneur de cette ville perdait tous ces droits.

L'arrêt du conseil royal qui suivit cette enquête n'érigeait

pas encore Brie en châtellenie ; il reconnaissait toutefois au

czomte de Blois — en ce qui touche la terre de Brie, que ad

^psum pertinet racione comitisse uxoris sue, qui lui appartient

^n raison de la comtesse son épouse — le droit de justice sur

ses arrière fiefs tout autant que sur ses fiefs. L'arrêt ne parle

pas des chemins, mais, la question semble vidée d'elle-même.

Le seigneur de Brie avait pleine justice sur les chemins qui

traversaient ses arriêre-fiefs comme il Tavait sur ceux de son

fief personnel, de son domaine. « Determinatum fuit, per

totum consilium, quod sicut habuerat justiciam feodorum

suorum,ita debebat habere justiciam retrofeodorum suorum

ibidem. . »

C'était un acheminement à la reconnaissance des prérogatives du châtelain. Ce point litigieux nous fixe sur la situation de Brie, à cette époque. Elle n'avait pas encore conquis son indépendance judiciaire et administrative. 11 est vrai qu'elle appartenait à la châtellenie royale de Corbeil, et que, même en faveur des princes de sang royal, le Roi devait tenir peu à se dessaisir d'une portion de son autorité.

Cet incident administratif peut être invoqué comme une nouvelle preuve que Brie — comme je l'ai dit — fut, au douziènie siècle, détachée du comté de Corbeil lorsque Louis-le- Gros s'en empara, et remise, sous certaines conditions, à son fils. Mais il semblerait indiquer aussi, précisément à voir la résistance opposée à sa reconnaissance comme châtellenie, la grosse importance que les représentants du Roi attachaient à

iia

HistoiRE DE i.A Ville

conserver ce territoire dans leur ressort. Ne doit-on pas voir là le signe de la prospérité du lieu et du développement économique qu'il avait pris soit au point de vue agricole, soit au point de vue des transactions commerciales >

Le comte de Blois, dont il vient d'être ici question, mourut en 1279 ; sa femme, Alix, après la mort de son mari, lit le voyage de Terre Sainte et mourut à son retour, le 2 août 1288. Tous deux furent enterrés dans Tabbaye de la Guiche qu'ils avaient fondée prés de Blois.

Mais, déjà en I2()3, la terre de Brie avait changé de seigneur. Jeanne, lUIe de Jean de Châtillon, comte de Blois et d'Alix de Bretagne s'était.ù cette date, mariée avec Pierre, cinquième fils de Saint- Louis, qui ajouta ainsi à son titre dccomted'Alençon, celui de comte de Blois et de seigneur de Brie. En cette dernière qualité, il amortit {1282) une dime donnée au monastère de Saint - Pierre -des-Fossés par Marescallus, chevalier de Cen- Dim>d<ar:, teny (1). Enfin, en 1290, Pierrg

(de gr.ndfur) d'Alençon étant mort en I283, sa

veuve, Jeanne, amortit en faveur du trésorier et des frères de l'ordre du Temple, à Paris, moyennant la somme de mille livres parisis, les liefs et arrière-liefs situés à Senteny qui relevaient de la seigneurie de Brie (2).

L'union de Pierre d'Alençon et de Jeanne de Châtillon étant restée stérile, à la mort de cette dernière, la seigneurie de Brie revint à sa nièce, Blanche de Bretagne. Cette dernière qui, par son père Jean II, marié à Béatrix d'Angleterre, était

<i| C(Ht dlmf-uncdimcdc vin i Scnttny - aVïit été donnée au momslèr» de Siint-

bË nRlE-COMTE-ROBÈRt Iji

petite-fille de Jean-le-Roux et par suite arrière-petite-fille de Pierre Mauclerc, se maria avec Philippe d'Artois, fils aîné de Robert II, comte d'Artois, neveu par son père, Robert I, de saint Louis. Avec elle s'ouvre pour Brie le XIV" siôcle qui va suivre.

Il est temps de jeter un coup d'œil sur le territoire dont je viens d'énumérer les seigneurs. Comme nous l'avons vu, à côté d'eux, existait à Brie une autorité fonciêreau moins aussi considérable que la leur et avec laquelle il leur fallait compter. C'était TEglise de Paris dont la charte de 1208 nous a révélé toute la puissance et l'incontestable prééminence.

Mais, à coup sûr, le terroirde Brie n'était pas uniquement la propriété de TEglise et du seigneur capétien. La preuve nous en est restée dans un certain nombre de ventes, donations ou échanges sur lesquels il importe de s'arrêter. Le peu qui nous reste de ces transactions témoigne de leur activité et nous donne déjà un aperçu suftîsant de la vie sociale de Brie au XIIl* siècle. Je ne surprendrai personne en disant que les documents parvenus jusqu'à nous et certainement très i'ncompletsconcernentsurtoutdestransactionsfaites dans un but religieux ou charitable. Il est évident que les contrats entre particuliers ont disparu ; seuls, ou à peu près, possédons-nous ceux qui intéressaient soient l'Eglise, soit les institutions publiques, telles, par exemple, que les hôpitaux En d'autres endroits, on peut y ajouter les actes passés avec les seigneurs et probablement il en existe encore. Malheureusement les documents de cette nature sont devenus la propriété de la famille d'Orléans qui les conserve avec un soin jaloux dans ses archives (i) et n'a guère le souci de les communiquer aux chercheurs (2).

(\) Transportées de la rue de Varennes à Paris à Oreux.

(2) Voici la communication que j'ai reçue des Archives de la famille d'Orléans sous le n"

*... J'ai le regret de vous dire que les autorisations de visiter les archives déposées à Dreux dans une vastegalcrie très jroide (ces deux mots sont soulignés dans le texte) ne sont pas accordées en hiver, sauf les cas spéciaux ou d'urgence, vu l'impossibilité d'y faire du feu.

« Même dans la belle saison, vous auriez à vous pourvoir d'une autorisation que l'administration de la rue de Varenne peut ieuU accorder, >i elle n'y voit aucun inconvénient. »

Je recevais, d'autre part, par une voie officieuse un renseignement de même nature, mais

i'j'l Histoire de la vili>;

Si privilégiée que fût, Bric, TEglise de Paris, elle n'en cherchait pas moins à accroître son domaine. A cet égard la cartulaire de Notre-Dame-de-Paris, dont nous devons Ici précieuse publication à Guérard, nous donne des renseignements fort nets.

Un des premiers actes que Ton y rencontre concernant Brie touche cette famille de Bri ou de Brie dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises dans les chapitres précédents. Il est daté de juin 1204 et a été passé devant Odon, évêque de Paris. Fîcrcandiis de Bris, miles, y ratifie le don que sa grand'mère maternelle, Richolde, avait fait à TEglise de Paris de trois arpents de près situés auprès de Brie.

En r2CX), un certain Milo Parisiensis (Milon le Parisien) miles, abandonne à son lils Barthélémy le fief qu'il tenait, auprès de Brie, d'Odon, archidiacre de Paris, et Barthélémy vend ce lief à l'église de Paris pour le prix.de vingt et une livres. Cet Odon (i) devait être un des gros propriétaires fonciers du territoire, car deux ans après la vente précitée, Emeline, veuve d'Herbert de Belse, avec le consentement de ses enfants, vend à l'Eglise de Paris, pour cent. quarante livres, tout ce qu'elle possédait auprès de Brie, dans, le fief d'Odon, l'archidiacre.

En 1258 (décembre) Nicolas le Charron (2) et sa fe.mme Epiphanie vendent au chapitre de Paris, pour soixante livres parisis, une maison, à Brie, située proche le four. Il faut entendre ici le four banal du Chapitre, dont j'ai déjà parlé et qui donna son nom à un fief voisin.

il était ajouté a que les autorisations ne sont données que très rarement et pour les motifs les plus graves. »

Je publie ces pièces documentaires sans acrimonie, mais uniquement pour appeler sur cet état de choses l'attention du monde lettré. Je comprends que des archives privées demeurent impénétrables aux indiscrets, l.a famille d'Orléans a l'incommensurable honneur d'être historique et conséqucmmcntune partie, au moins, de ses dossiers devrait ctre facilement accesssible aux écrivains.

(1) Ne serait-ce pas le même que celui dont il est parlé plus haut et qui fut évéque de Paris. Dans ce cas, Brie aurait donné à Paris un de ses évéques.

(2) Nom donné probablement à raison de la profession, car à cette époque le changement du nom patronymique était fréquent. On y substituait Vagnomen résultant le plus souvent, d'inc particularité de l'individu. Ainsi Bovart ou Bouard dont il est question quelques lignes plus bas est peut-ctie un surnom. Le Bouart était un gros marteau employé autrefois dans lafabri' cation des monnaies.

DE tîRIE-COMTIi-ROnERT IjS

Lorsque ce n'était pas une vente ou une donation, le Chapitre prenait ses précautions contre les difficultés possibles. De cet ordre est une charte du 2 février 1212, signée de Gilles de Versailles, de Thibaud le Maigre, de Godefroy de la Chapelle, baillis du Roi, dans laquelle Ameline ou Emeline, veuve de Thibaud Bovàrt, et son fils Jean déclarent que la maison qu'ils détiennent à Brie en censive de TEglise de Paris leur vient de cette Eglise et non de quiconque. Cette reconnaissance était peut-être nécessaire pour soutenir un procès, mais' voici une charte plus curieuse encore, car • elle indique, vaguement il est vrai, mais suffisamment l'esprit de résistance à cette extension de la main-morte.

C'est un document qui nous intéresse, bien qu'il vise le territoire d'Egrenay et des environs, dans la paroisse de Combs-la-Ville. 11 met, en effet, en scène un clerc du nom de Jeande Villemencux que nous verrons, ailleurs, qualilié de chantre de l'église de Melun, et son neveu, Simon. Exacte nous dit '^que ces deux personnages sont les premiers sei- . gneursdù fief ; il en nomme également deux autres, Pierre d'Egrenay et Thomas de Vignely (>), tous deux hommes d'armes, mais qui sont déclarés être l'un second seigneur, l'autre troisième. 11 parait que la vente consentie par Simon d'Aulheuil (r) et sa femme, Agnès, de la dîme en blé et en vin Qu'ils avaient le droit de percevoir à Egrenay n'avait pas 'assentiment de Thomas de Vignely. Les précautions sont prises, en elTet, pour le cas où ce troisième seigneur cher- ^'îierait noise au chapitre et à son doyen. Les donateurs, les ^*^%neur^, premiers et seconds, s'engagent formellement à l^'s garantir, à les défendre au cas où le fait se produirait et l^ur promesse solennelle est ratifiée par des témoins dont le nombre et la qualité paraissent devoir lui donner plus de force.,Çe sont d'abord deux hommes d'armes : Adam Bolié ^'t Guillaume de la Grange ; un personnage qui n'est pas qualilié, mais qui devait être un homme important ou tout

'') Authcuil est un hnmcau de l.i comr.iunc de Prc>les .'arronJ. de Mclun, cant. de Tournau). •

au moins jouissant d'une haute réputation, on rappelle maître Jean de Teralle (i) ; puis viennent un neveu du donateur, Jean de Cossigny (2), Drogon et Symon d'Autheuil, frères du donateur (3).

Ces deux derniers nous intéressent tout particulièrement ; cai' l'acte les qualifie « burgenses de Braya et manentes in eadem villa; bourgeois de Brie demeurant dans cette ville. >

L'apparition de bourgeois de Brie n'est pas un fait isolé. Antérieurement à l'acte précédent, qui est daté de mars I235, en 1224, nous trouvons également deux bourgeois de Bric, Pierre et Thibault, ainsi nommés dans un acte qui concerne l'abbaye de Saint-Victor; il s'agit du don d'une vigne.

« Petrus et Theobaldus, burgenses de Braia et uxores eis, scilicet Avelina et Margarita, sorores, Adan presbiteri ferunt donationem vinee quam idem Adam presbyter, ferit ecclesie Sancti Victoris parisiensis (4) ».

Dans un autre acte, contemporain des deux premiers (mars I235), ce ne sont plus des bourgeois isolés, dont il est question, c'est du corps des bourgeois « in nostra presencia constituti burgenses de Braya, et precipue procuratores ecclesie Braiensis » et particulièrement les procureurs de l'église de Brie.

J'aurai à reparler de cet acte, mais je le retiens ici parce que je le considère, à l'égal des deux précédents, comme une preuve nouvelle de ce que j'avançais au sujet de la villecommune à propos de la charte de 1208. Il est la démonstration indéniable que le droit de bourgeoisie était acquis à un certain nombre d'habitants de Brie et cela, dès les premières années du xiir siècle tout au moins (5).

(i) N'y a-t-il pas là une inversion et ne faudrait-il pas lire ; Maitrcjean de Retalle ; Retal est un hameau de la commune de Liverdy.

(2) Cossigny était une paroisse voisine d'Autheuil. II est orthographie dans l'acte : Coissi gniaco, ce qui à prendre cette dénomination comme origine étymologique nous écarterait singulièrement du Gallo Ranain Cosinius, imaginé par l'abbé Lebeuf.

(^) Il n'était pas rare que le même prénom fût donné à deux frères.

(5) On peut dire que l'avènement de la bourgeoisie date de l'apparition des communes. Les bourgeois n'étaient pas la totalité des habitants d'une ville mais ceux qui étaient susceptibles de l'adminisitrcr. Brie fut-elle commune libre ou compiune franche ? Il est plus probable

Un des bienfaiteurs du Chapitre de Paris — qui le fut

également de l'abbaye d'Yerres et de celle d'Yvcrneaux —

Raoul de Chevry, devenu évêque d'Evreux, lui donna toute

la dime quMl avait acquise soit dans la paroisse de Brie, soit

dans les territoires et lieux circumvoisins, tant en terres,

qu'en vignes el autres propriétés. Cette donation fut l'objet

de deux contrats, l'un du 2 avril 1240, l'autre de juin 1263.

Dans le premier, l'évaluation du don est fixée à environ cinq

muids et deux septiers,tant en blé qu'en avoine; il est vrai

qu'il fallait en distraire deux septiers et un muid, ce dernier

devant être servi, notamment, à l'abbaye d'Yerres. Le second

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