acte se borne à dire que le don est fait en échange du service
anniversaire pour lui et ses parents et à la célébration de la
fête de Sainte-Marie-Egyptienne, instituée par le donateur.
Mais la valeur de ce don nous est en quelque sorte connue
puisque un acte antérieur (octobre 1257) établit que Raoul
de Chevry a acheté à Henri de Aubert Villers (1) sa dîme de
Brie pour deux cents livres parisis, dont quatre-vingt à
donner à l'abbaye d'Yerres.
Ces documents m'ont amené à faire une constatation. Certes, il n'est personne qui doute que Brie fût une paroisse et possédât son église ; mais la trace de son existence ne remontait guère, document en mains, qu'à I2-|8. L'abbé Lebeuf a brièvement rapporté le fait. « L'église d'un tel lieu que Brie, dit-il, qui appartient à des princes de sang royal fut dotée dans les temps qu'on la bâtit. Dès l'an 1248, elle
<îuclle crait commune libre, c'est-à-dire lice au seigneur par une ou plusieurs chartes dont «■elle de 1250, qui a été rappoitée plus haut, peut nous oflTiir le type. Il est cependant douteux que le priviic^e de la commune s'étenc'.it aux habitants vivai.t sur la terre de i"E§lise.
") Cette famille des Hauberviliiers (il existe encore sur le territoire de la commune de '^^'■olles-Attilly deux fermes, le grand et le petit Bcrvillers. qui occupent l'emplacement de 'ancien fief) paraît s'être livrée à des opérations de vente et d'achat de terres ou de droits lerritoriaux. M. G. Drouin dans son étude sur Férolles-Attilly {'Bulletin de la Société Archlolog'^u: de Bn:-Comt:-Robsrt) nous la montre vendant ou cédant à l'abbaye de Saint-Pierre-les- '"O'^sès des héritages dans ou auprès de Férolles, pendant que, d'autre part, un de ses mem- "''^S| Henri, le mime que dessus, acheté de Simon dit Baraz, écuyer, et de sa femme Marguerite tous leurs droits à la dîme de Brie (124S). En 1257, H^nri de Haubervillers revend ces Q'oits à Raoul di Cli.'vry, en moine de Paris, depuis évêque élu d'Evreux, qui donna, dès ^^h tout ce qu'il avait de la dime de Brie à l'Eglise de Paris.
176 HISTOIRE 1)1-: LA VJLLE
avait été en état de prêter à Raoul dWttilly, homme d'armes, une somme de (3') livres pour laquelle il engagea envers cette église 2 muids de blé dont fut caution Guillaume de Brave, chevalier. » A part une légère erreur sur le nom du garant qui est Jean de Brave et non Guillaume, et celui du principal intéressé qui est Henri, ce que dit Tabbé Lebeuf est exact. Mais ce qui a passé inaperçu à Tauteur de Y Histoire , du diocèse de Paris, c'est l'existence, dès cette époque, de ; deux curés à Brie, bien qu'il ne soit question que d'une église . paroissiale. Cette singularité a bien été mise en lumière par l'abbé Lebeuf, mais au XIV' siècle seulement,à propos dw testament de la reine Jeanne d'Evreux en iSyi). . .
Il est hors de doutç que le fait existait au XIIP siècle. ^Le ■ passage de la charte de 1248 relatif à l'engagement d'HeDrï d*Attilly, au sujet de la paroisse de Brie et de ses curés (dictis . preshyteris) est significatif. Je conviens toutefois qu'il appelle peu l'attention, mais il est singulièrement fortifié par d'autres documenta de la même époque. 11- en est un, en particulier, qui est, sur ce point d'une nette té. parfaite: c'est une vente faite, le i" mai i235, à l'HOtel-Dieu de. Paris.- II semble bien, à le lire, que cet acte est le.complément de.ceiui que je signalais plus haut, dans lequel apparaissait le corps des boitrireois de Brie. Aussi bien est-il nécessaire de les examiner l'un et l'autre car ils fournissent aussi, tous deux, leur contingent à la topographie locale (i).
Le titre qui porte la date du V mai i235 débute ainsi :
(( Omnibus présentes litteras inspecturis, ofhcialis Johannis ecclesie Parisiensis archidiaconi eternam in Domino salutem. Notum facimus quod ma^islcr Pctrus presbiter et Galterus, curati ecclesie de Bria et Johannes de Capriaco prourator parrochianorum dicte ecclesie, coram nobis recognoverunt se vendidisse et quitasse pro undecim libris parisiensium rcctori et fratribus Domus Dei Parisiensis quaradam pecie terre arabilis site, ut dicitur, apud Brayam in territorio . quod dicitur Rivus Berte.... ».
(I, Archives de IHôtcI-Dieu de Pa:is ^11^7-1500; publiées par Léon Btièle et Tmest Coyeci]ue.
IjS HISTOIRE DE I.A VILLE
« A tous ceux qui verront ces présentes salut éternel, dans 1 Seigneur, de l'official Jean, archidiacre de l'Eglise de Paris. Nou faisons savoir que maître Pierre, prêtre, et Gautier, curés d l'Eglise de Brie et Jean de Chevry, procureur des paroissiens de Is dite Eglise, ont reconnu devant nous avoir vendu, et être payés pai onze livres parisis, au recteur et aux frères de la Maison de Dieu de Paris une certaine pièce de terre arable située, comme il est dit, auprès de Brie, dans le territoire appelé Ru Berte... »
Telle est la traduction littérale. Les deux curés de l'Eglise de Brie sont indiqués, ici, par leur nom, il n'y a pas de contestation possible. Il est à remarquer toutefois que l'un est qualifié : maître et prêtre ; tandis que, seul, le nom de l'autre ligure sans aucune qualité ou titre ; mais, à tous les deux est donnée la désignation de curé.
Rapprochons ce document de celui qui le précède, à la date de mars i235.
Ce dernier est ainsi rédigé dans son préambule :
(( Universis présentes litteras inspecturis, Laurencius, capellanus de Brava, salutem, in Domino. Noveritis quod in nostra presencia constituti burgenses de Braya, et precipue procuratores ecclesie Braiensis,recognoveruntcoram nobis quod gratam etratam habebant venditionemquam Albericus le Klament fecerat fratribus Domus Dei Parisiensis de quodam pecia terre site apud Ru Berte... >
« A tous ceux qui verront ces présentes, Laurent, chapelain de Brie, salut dans le Seigneur. Vous saurez qu'en notre présence comparurent les bourgeois de Brie, et principalement les procureurs de l'Eglise de Brie, qui reconnurent devant nous avoir pour agréable et ratifier la vente que Aubry Le Flament a faite aux frères de la Maison de Dieu de Paris d'une certaine pièce de lerre, sise auprès de Ru berte.. . »
Il résulte de ces deux actes qu'il existait à Brie au \\\V siècle trois autorités ecclésiastiques : deux curés et un chapelain. C^'est à dessein que j'ai mis en parallèle le pluriel employé dans le premier document, et le singulier employé dans le second. (>e dernier exprime fort clairement qu'il y avait à Brie un seul chapelain et non un autre. A mon sens, ce chapelain serait celui du seigneur de la ville de Brie, le
chapelain de la chapelle Saint-Jean, que des documents ultérieurs nous diront être fondée de temps si ancien que les titres de fondation n'existent plus. Quant aux deux curés, leur existence dans la paroisse unique de Brie s'explique plus aisément après ce que nous connaissons de la division du terroir entre deux seigneurs égaux, ou paraissant tels, en autorité, et ce que nous venons de voir de la constitution d'un corps de bourgeois.
Il n'est pas difficile d'imaginer que l'Eglise pour ses liâtes,
pour ses serfs, pour ses sujets en un mot, avait une
chapelle, et, en même temps, que les marchands, la frairie
flui dut, dès l'origine, se constituer autour du marché, en
avaient une autre. Que cette dernière fut devenue Téglise
paroissiale, cela ne peut paraître surprenant. Soutenue,
administrée par des habitants riches, s'entendant en affaires
et étroitement unis dans une pensée de jalouse indépendance,
cette Eglise devait primer l'autre bien plus faite pour les
serfs agricoles du Chapitre de Paris, réduits, par leur état
s^^cial même, à une vie miséreuse et à la pauvreté. Delà la
Pï'êciominence d'une Eglise sur l'autre, qui devait se terminer
P^^ la décadence, l'effacement de cette dernière jusqu'à son
absorption par la paroisse triomphante. Nous verrons alors,
P*^s tard, les deux curés se partageant la nef de l'Eglise prin-
^^Pale, devenue l'unique Eglise du lieu, en dexire et en
^^nestre portion ; nous verrons le temporel de la portion
^^présentant l'antique chapelle réduit à une portion si con-
S'ï^Vie qu'il faut confier au titulaire l'administration de la cure
^^ Grégy ; nous verrons, enfin, cette dernière portion s'éva-
^^uir totalement et les deux cures n'en plus ftiire qu'une
^^ulc.
Mais ce qu'il y a lieu de retenir à l'époque où nous sommes
^e cette histoire, c'est que, dans la paroisse, deux lieux de
tarières existaient ayant chacun leur curé, car il n'est point
encore question ni é^dextre ni de senestre portion, et que,
cJans la tour Saint-Jean, il y avait une chapelle seigneuriale,
desservie par un chapelain. Les faits nous ramènent ainsi
l80 HISTOIRE DE LA VILLE
aux déductions que Ton a pu lire dans le premier chapitre^ leur apportant une démonstration plus solide que le raison nement.
Il importe maintenant de revenir aux deux actes précité qui vont nous fournir un éclaircissement sur la topographi locale.
. Les deux pièces de terre dont il est question sont, nous est-il dit, situées au rû ou rue Berte. Ces deux pièces n'en formaient évidemment auparavant qu'une seule. L'acte de vente du i" mai I235 dit, en effet :
(( Cujus terre medietas ad dictos curatos nomine presbiterii sui et alla medietas ad fabricam dicte ecclesie (Braiensis) ex testamen:o Ilerbertis militis spectabat... b
♦ De laquelle terre la moitié appartient aux dits curés à cause de leur presbytère et l'autre moitié à la fabrique de l'Eglise (de Brie) par le testament d'Herbert, homme d'armes... »
Dans l'acte de mars rj35, on lit :
«... Quam peciam defunctus, Ilerbertus, chevaliers ad opus fabrice ecclesie Brayensis misericorditererogavit. . . b
»/... Laquelle pièce défunt Herbert, chevalier, légua pieusement aux œuvres de la fabrique de l'Egiise de Brie... »
II est évident que la pièce vendue le r' mai I235 est celle qu'Herbert donna, par testament, aux deux presbytères, représentés par les deux curés et celle, vendue en mars de la même année, provient du don testamentaire fait par le même Herbert à la fabrique. L'une et l'autre devaient être d'égale valeur puisque le défunt avait partagé sa propriété par moitié entre les deux ayants droits après sa mort. Je i*emarquerai que l'une, celle des curés, se vend onze livres parisis, et que l'autre, celle de la fabrique, est achetée cent dix sols parisis (r). D'où il faudrait conclure, d'après l'éga-
(l) La quittance de cette somme est du samedi vei'le du Jour des Rameaux, 51 mars I2îs. Elle fut reçue par Guillaume, dit de Mescrille, et Aubry le Flamand. Tous deux s'engageaient à restituer la somme si le prêtre et les paroissiens de Bric ne ratifiaient pas la vente avant l'Ascension. Il semblerait d'anrès ce qui est dit ici que des deux curés de Brie, il n'y avait quun prêtre ; l'autre ne devait être qu'un administrateur, un chargé de soins, un curatus. C>st ce que j'ai fait lemarquer plus haut.
bP. nRlE-COMTÈ-ROBÈRt l8l
lité d'étendue et de valeur, que la livre parisis valait, à cette époque, dix sous parisis.
Il reste encore un point sur lequel j'appellerai l'attention. Beaucoup se demandent aujourd'hui quelle est l'origine de l'appellation Rubcrtin donnée à ce coin du territoire briard. Il semble que les actes ci-dessus en expliquent l'étymologie. Rue ou Ru Berte, écrivait-on au XIIP siècle, avec cette observation qu'il faut prononcer Derté. Dans d'autres actes Ju même temps, nous trouvons le même mot orthographié « Huberteim, Rubertain » probablement résultat de la prononciation locale de Berté, en allongeant sur Vé final. Je ^'errais assez bien dans Ru Berté, Ru Herberte, la première '\^"'Iabe ayant disparu simplement par euphonie. Le chevalier ^'c^rbert dont il vient d'être parlé devait avoir une certaine "*'»toriété. Sa libéralité envers l'Eglise et les curés justifierait assez qu'on ait donné son nom au ruisseau qui coule à travers la dépression de terrain où étaient ses propriétés.
l^ans les documents analysés ci-dessus, une particularité " ^Ura pas échappé au lecteur. C'est l'intrusion de l'Hôtel- ^ieu de Paris dans les propriétés foncières de Brie. Ce ^*>Uvement est sans doute antérieur au XIIP siècle et ^ explique assez par les possessions du Chapitre de Paris ^^r le territoire briard. Il indique d'autre part quelle devait ^^î'e la richesse du pays, tant au point de vue agricole qu'au P^'^int de vue commercial, puisque, du dehors, des adminis- ^^utions, généralement jalouses de leurs intérêts, comme le ^ -hapitrc et l'Hôtel Dieu, y venaient apporter leurs capitaux. L'Hôtel-Dieu de Paris constitua d'ailleurs les éléments d'un ^uubourg qui prit le nom de l'hôpital parisien : Saint Christophe. II avait là une maison, dite la maison de Saint <i2lirislophe ; la ferme actuelle qui porte ce nom occupe probablement l'emplacement de cette maison. Autour de cet immeuble il y en avait d'autres, appartenant à divers propriétaires ; quelques-uns étaient même mitoyens avec la maison de l'Hôtel-Dieu. De cela le sentiment se dégagera aisément en lisant un acte tel, par exemple, que le suivant •
l82 HISTOIRE DE LA VILLÈ
Une difficulté s'était élevée entre le maître et les frères la maison de Dieu de Paris, située devant l'église majeure, ( ^ et Herbert le Couturier, de Brie « inter magistrum et fratr^ Domus Dei Parisiensis site ante majorem ecclesiam Herbertum Costurarium, de Braya. d
Idem Ilerbertus dicebat quod gutta cujusdam domus qua magisteret fraires edificaverant apud Brayam cadebat super quanBdam domum dicti Ilerberti contiguam mûris dictorum magistri et fralrum in ipsius Ilerberti prejudicium et gravamen. ..
if € Ledit Herbert disait que les eaux qui tombaient d'une maison,
que le maître et les frères de TMôtel-Dieu avaient construite auprès de Brie, tombaient sur une maison appartenant au dit Herbert, contigtke à la précédente, lui causant préjudice et incommodité ».
L'acte, après avoir exposé les griefs d'Herbert, énonce l'explication des administrateurs de l'Hôtel -Dieu. Il en résulte que la maison de l'Hôtel-Dieu était construite avant celle du préopinant, et que les eaux de cette maison tombaient alors sur une borne placée contre les murs de l'Hôtel-Dieu. Herbert a fait bâtir sa maison à la place de cette borne ; c'est à ses risques et périls. C'est devant l'ofticial de la curie de Paris que les deux adversaires exposaient leur dire. L'aflaire se termine par une transaction. Heureux temps où les questions de mur mitoyen ne soulevaient pas d'âpres colères et de vindicatives, en même temps que très coûteuses, procédures ! Et l'acte nous donne tout au long cette transaction que je rapporterai dans toute sa saveur.
« Predictus Ilerbertus vult et concedit quod gutta dicte domus cadat super domum suam in perpetuum quam habet ibi modo, et etiam super alias domos, si alias ibi editicaverit, de novo cadat gutta dicte domus et aliarum domuum, si quas ibi edificare voluerint dicti fratres... »
« Ledit Herbert veut et accorde que les eaux de la dite maison de riIôtel-Dieu continuent à tomber i perpétuité sur la demeure qu'il a en ce lieu ; et même s'il fait élever au môme endroit d'autres maisons,
(I) On sait que l'hôpital Saint Christophe, à Paris, était en face l'église Notre-Dame.
DE BUIE-COMTE-ROBERT l83
il consent à ce que celles-ci reçoivent toutes les eaux qui tomberaient de toutes les maisons que les frères de 1 IIôtel-Dieu pourraient s aviser de construire ! . . . »
On n'est pas de meilleure composition, et Ton ne saurait reprocher à Herbert le Couturier de s'être montré intraitable. Cepondant THôtel-Dieu veut bien lui faire à son tour une concession :
« A^lagister et fratres concedunt quod liceat ipsi Herbcrto crescere domxxm suam quando voluerit edificare juxla murosdomus sueusque 3d V i sm^ ita quod nec lapsis aliquis nec aliquid lignum domus quam ipse cditicaverit ponatur in domus dictorum (ratrorum, nec ipsa donrà VIS excédât guttam domus ipsorum fratrorum... »
• Le maître et les frères (de TIIôtel-Dieu) accordent audit Herbert 1 au tiorisalion d accroître sa maison quand il voudra construire contre les rriurs de sa maison jusqu'à la voie publique, mais de façon que m >A r^e pierre, ni une pièce de bois, soit engagée dans le mur de 'a n^a*5^on des dits frères, ni que la maison ainsi construite dépasse la chiit^ des eaux delà maison des dits frères... »
^-^n appréciera, peut-être, que les concessions obtenues P^^ Herbert le Couturier étaient de minime importance, "^^^is il s'en contenta, à ce que nous dit l'acte et peut-être en cel^X lit-il preuve de sagesse. X'eut-il pas risqué en allant P^'-^ 5S loin de voir sa maison réduite à la borne, dont les frères ^^ 1 "Hôtel-Dieu signalaient l'existence avant que leur voisin ^'^t songé à édifier son immeuble.
-^\. en juger par les actes qui nous restent, ce coin de Brie ^^"^^ait être particulièrement animé. La maison d'Herbert le ^^^Vjturier n'était pas la seule qui s'élevîit à côté de celle de l'Hotel-Dieu.
Var son testament de 1271, Marotte de Rrie, dite la
^* >viquesse — c'est-à-dire fille ou femme d'un nommé Bouqué
^^U Bouquet — légua à l'Hôtel-Dieu de Paris une maison et
^n arpent et demi de terre à Brie « tenant d'un côté à la
t^aison et aux terres de f Hôtel-Dieu et d'autre part à la
maison d'Héloïse la Pichonarde(i). 11 semble cependant que
ce legs fut l'objet d'une contestation entre l'Hôtel-Dieu et
[l'j La Pichonarde rappelle le mot languedocien pichoune, pour exprimer la petite filU.
lilbTulltE DE L.\ VILLE
■tlE imiE-COMTE-ROnEIiT
, jra ni p l p.
l86 HISTOIRE DE LA VILLE
probablement les fils de cette Marotte. Un acte de 1283 nous apprend, en effet, que « Pierrot et Jean not Bouquet se sont désistés de leurs prétentions sur une maison appartenant à THôtel-Dieu, située à Brie, rue Chantepie, joignant d^ine part à la maison appelée Saint Christophe, qui est à V Hôtel- Dieu et d'autre part à la Pichonarde, en la censive de Jean de Laval. »
Ce dernier acte a pour nous son importance puisque non seulement il prouve, commeceux qui précédent et ceux qui vont suivre, l'existence d'une agglomération d'habitations sur ce point mais il contribue à fixer l'emplacement de la maison de l'Hôtel-Dieu — qui a gardé son nom de Saint- Christophe jusqu'à aujourd'hui, et nous fournit la dénomination de la voie le long de laquelle étaient bâtis ces immeubles. La rue actuelle de Saint-Christophe portait au XIII' siècle le nom de rue de Chantepie (i). Nous y trouvons, déplus, le nom d'un autre magistrat de Brie ; la menace d'excommunication, lancée par l'évêque de Paris et que j'ai rapportée plus haut, nous avait donné celui de Simon de Cossigny, bailli, en I23c); l'acte précité dit qu'il fut passé devant Baudouin de Villiers, garde du baillage de Brie (2).
Citons encore dans l'agglomération de Saint-Christophe, une autre maison qui fut la propriété de Raoul Cochet et que sa fille, Erembourg, nous dit un acte de février 1242, vendit à l'Hôtel-Dieu de Paris pour soixante sous parisis. Puis, la grange de l'Hôtel-Dieu contre laquelle était bâtie une masure et ses dépendances qui appartenaient à Raoul Bienvenu. Son fils, également nommé Raoul et sa femme Pétronille vendirent le tout, en décembre 1248, à l'Hôtel- Dieu de Paris pour treize livres parisis. Mais, par le même
(1) Dans le Cartulaire de N.-D. de Paris, il est question d'une famille de Chantepie. En iloj, on trouve : Maria et Petrus de Chantepie ; en juin 1258 ; Robertus de Chantepie et Houdoninus de Chantepie ; Mathilde, veuve de Dyonisius de Chantepie, vend le 29 juillet 1277, à l'Eglise de Paris, une maison proche Saint-Cloud. Cette dernière circonstance laisse supposer qu'il ne s'agit pas des Chantepie, de Brie. Le nom de lieu, Chantepie, est du reste assez commun en France.
(2) Ce Baudouin de Villiers est peut-être le successeur de Simon de Cossigny, car ce dernier, vivant encore en 1261, ratifiait le don fait par Marguerite de Brie, sœur de l'Hôtel-Dieu de Paris, audit Hôtel-Dieu de sept arpents et demi de terre.
DE BRIE-COMTË-ROBÈRt 187
iacte, ils s'engageaient, au cas où quelqu'un viendrait à faire valoir des droits sur la dite masure et ses dépendances, à rembourser au maître et aux frères de l'Hôtel-Dieu soixante sous parisis, c'est-à-dire, au décompte que nous avons eu l'occasion de faire plus haut, un peu moins de la moitié de ce qu'ils avaient reçu ! La singularité de cette clause laisserait supposer que les vendeurs avaient, d'un autre côté, fait d'abondantes aumônes à la maison hospitalière.
Il serait presque inutile de parler d'une autre maison,
contiguë, elle aussi, à la maison de FHôtel-Dieu pour prouver
l'existence et l'étendue du faubourg de St-Christophe à cette
époque, si l'acte qui en fait mention ne présentait pas une
particularité à noter. L'immeuble dont il s'agit avait été légué
à riIôtel-Dieu par un certain Manessier (i), avec plusieurs
arpents de terre. Un document de février 1287 dit, en elTet,
que Jean de Brie, forgeron, Anseau de la Borde, Raoul
Borobtre et Jean Baillane reconnaissent que Manessier de
Brie a légué à l'Hôtel-Dieu trois arpents de terre labourable,
situés au terroir de Brie, au lieu dit Niverin (il m'a été
impossible d'identifier ce nom de lieu) et la moitié d'une
maison située à Brie, contiguë à la maison appartenant à
THôtel Dieu. Il ne faudrait pas, toutefois, supposer que les
choses se soient passées aussi placidement. Si, en 1287, les
personnages cités semblent d'accord avec l'Hôtel-Dieu, deux
ans auparavant ils semblaient l'être moins. Une contestation
assez bizarre p'éleva entre eux d'une part, le frère Baudouin,
de l'Hôtel-Dieu de Paris, et le curé de Brie, de l'autre (2).
C'est, du moins ce que nous dit une charte du 6 février I235
(I ) Manessier ou Manassé, nom juif assez commun à l'époque.
(2) .... et le curé de 'Brie, de l'autre. Cette expression "n'enlève rien à ce que je disais plus haut de Texistence avérée de deux curé* à Biie. J'ai déjà fait remarquer qu'on donnait à l'un le titre de maître et la qualité de presbiter (prêtre), tandis que le nom de l'autre n'était ni précédé, ni suivi d'aucun titre ou qualité ; tous les deux toutefois étaient avoués comme curati, curés, Ue l'église de Brie. Cette désignation devait s'entendre, Je l'ai dit, dans le sens d'administrateur. Il n'y avait qu'une paroisse et conséquemment un seul curé, prêtre, ayant le spirituel et le temporel de la paroisse. L'autre, curatus, n'avait que le temporel d'une partie de la paroisse. Plus tard, et peut-être dès cette époque, ce dernier fura fus fut un ecclésiastique, un clerc, comme on disaft alors, ce qui a établi 'a confusion dans laquelle est tombée l'abbé Lebejf qui voyait lorsqu'il n'y eut plus qu'un seul curé, au commencement du XVI« siècle, la fusian de deux paroisses en une seule.
iSH HIStOIRi: DE LA VlLLÈ
qui nous rapporte, avec une concision et sous une form( dignes de remarque, l'objet de la contestation. J'en donne, ici, la traduction, aussi littérale que possible.
€ Devant ddus (l'acte ne dit pas de quelle autorité il s*agit, mais c'est vraisemblablement l'official de Paris, juge ordinaire de ce; causes) est venu le procès pendant entre le prêtre de Bric (presbiterum de Braia) et le frère Baudouin de la maison de Dieu de Paris^ -^. d'une part et Raoul Boz Odite (i), Anseau des Bordes (2) et Jean l^^ e Fèvre (Johannem Fabrum^ (3), d'autre part, l'an du Seigneur miU deux cent trente quatre le jour de Mars après la purification de l; bienheureuse Marie, assigné aux parties pour être statué sur leui différend, le dit jour, les. deux parties étant présentes devant h tribunal et chacun des sus nommés ayant prêté serment, les susdit* Baudouin et le prêtre soutinrent que défunt Manessier ordonna ei voulut par son testament que, de huit arpents de terre situés aupré* de Brie qu'il disait avoir achetés, deux arpents devaient être venduî et que la somme résultant de cette vente devait être distribuée poui lui, Manessier, aux pauvres par les mains dudit Baudouin et dudil prêtre.
Interrogés sur ce point, lesdits Raoul, Anseau et Jean ont répondu, qu'ils croyaient cette affirmation exacte.
Alors lesdits Baudouin et prêtre ont déclaré que leurs adversaires voulaient empêcher la vente de ces deux arpents, ce que Raoul^ Anseau et Jehan reconnurent vrai. »
L'acte pose ainsi la question mais reste muet sur les raisons que pouvaient avoir les trois Briards à s'opposer à la vente susdite. Furent-ils même admis à les développer > Le jugement n'en suit pas moins et — j'allais écrire : naturellement — il condamne Raoul, Anseau et Jean auxquels « défense est faite d'empêcher la vente projetée ».
S'il eut été intéressant de connaître les motifs qui dictaient l'opposition des trois Briards, il ne nous en reste pas moins un monument de la justice du XIII* siècle pris sur le vif.
(1) Dans l'acte, cite avant celui-ci ce Raoul Boz Odite est appelé Raoul Borobtre. Je m'en tiens là-dessus a la traduction et à la reproduction de l'un et de l'autre acte telles que les donnent Léon Briéle et Ernest Coyecque (Op. cit.)
(2) Sous la réserve de la note qui précède j'observe que cet Anseau des Cordes est aussi appelé Anseau de la Borde.
,? C'est évidemment le même que celui désigne dans l'acte de 1237 par l'appellation Jean de Brie, le forgeron.
bË BRIE-COMTE-ROBERT iH)
On peut dire que chacun des raies actes de ce temps qui nous sont parvenus apportent quelques renseignements intéressants sur l'époque. Telle est la charte qui enregistre la vente faite à l'Hôtel-Dieu de Paris, au mois de février I233, par Guillaume Morins et Alix sa femme, du consentement de Pierre Morins, de Jean xMorins et sa femme Ameline, frères de Guillaume. Il y aura lieu de rappeler cette vente lorsque, dans les chapitres suivants, j'aurai à parler des Kordes-Morin, dont une est devenue la Borde-Fournier encore existante.
Cette vente nous livre en outre le nom du prévôt de Brie à
'^'Poque ; il se nommait René de Brie. C'est devant lui que
^comparurent les parties et leurs témoins qui furent : le frère
'^^udouin, dont il est déjà question dans l'acte précédent ;
Guillaume de (îrégy, clerc ; Terric, chapelain ; Guiard
^^rdiers, avec ses fils Mensier et Herbert ; enfin Reynaud
^^ r^icrre, les propres fils du prévôt. Ce dernier — remarque à
'aipQ -«était assisté de maître Pierre et du seigneur Philippe,
P''^tresde Brie « magister Pctrus et dominus Philippus,
P^'^sbiteri de Braia ». Il n'est pas douteux que ce maître
i i^rre, prêtre, soit le même que celui dont il est parlé dans
'^'^^ vente précédente et qui est qualifié de curé, en compa-
P^ied'un nommé Gautier. D'où cette conclusion, en rappro-
^•^eint les actes, que Pierre aurait été appelé à la cure de Brie
^r^rês février 1*233 et avant le i" mai I23.S.
l^e territoire vendu parl'actc précité contenait trois arpents
^Ui furent cédés pour la somme de quarante livres parisis.
^l était situé « versus bordam leprosorum de Braia » vers la
^orde (1) des lépreux de Brie, autrement dit aux alentours
^c Saint-Lazare, au lieu dit Vilers ou Villiers.
Arrêtons-nous un moment sur cette appellation de terroir qui n'existe plus aujourd'hui ; peut-être se retrouve-telle dans le nom de lieu Saulx ou Sau 1 ces-la- T/V/V/c^ qui est situé dans ces parages. Mais, en nous souvenant, que quelques lignes plus haut, nous avons rencontré un Baudouin
(I Le nom de borde était donne aux maisons isolées.
ICp HISTOIRE DE LA VILLE
de Villiers, bailli de Brie, il nous faut retenir encore ce nom de Villiers, car nous y reviendrons au XV* siècle, dans des circonstances toute particulières. Ajoutons enfin que cette vente fut ratifiée par Pierre de Brie (i), chevalier, moyennant douze deniers de cens annuel.
Ce sera également par plusieurs donations ou ventes à THôtel-Dieu de Paris que nous aurons connaissance d'un fief totalement disparu depuis longtemps, dont le nom e remplacement sont à peu près inconnus à beaucoup aujour d'hui, et qui n'existait plus qu'à letat de masure au XVIII siècle. Le fief du Breuil —celui dont il s agit — doit remonte à une date très ancienne.
Nous relevons dans deux actes, datés Tun de mai I23? Tautre de janvier i236(2) la mention suivante à propos d(^^ pièces de terre : « siiam, in parrochia de Braia, apud viaii^^ que dicitiir vêtus via ^î'olii » ou « sitam in veieri via Brolii »
Il existait donc, dès cette époque, un vieux chemin, unancien chemin du Breuil (3). Quant au fief lui-même dont l'existence ancienne est ainsi prouvée, il était à la date indi-
(I ) Je dois mentionner certains documents dans lesquels figurent des individus appartenant probablement à la même famille.
Tout d'abord une lettre adressée par Alfonse, comte de Poitiers, à ses exécuteurs testamentaires ; au nombre de ceux-ci figurait un l^etrus de^'Braya, canonicusparisiensis. (J. I02. Poitou III, n* 4 original scellé). Cette lettre est datée d'août 1249, à Aiguesmortes
Alphonse, comte de Poitiers, frère de Saint Louis, résidait souvent à Corbeil, ce qui expliquerait assez ses relations avec la famille de Brie.
Dans deux autres documents, l'un du II mai 1258, l'autre du 12 mai de la même année, tous les deux datés de Corbeil. apparaît un Anselme on Anseau de Brie, évidemment le même personnage. Le premier de ces documents est l'instrument de paix entre Saint Louis, roi de France, et Jacob, roi d'Aragon (J. 389 Aragon II n» 5, original scellé). Parmi les témoins de l'acte, je relève Anselme de Brie. Le second est le contrat de mariage entre Philippe, fils du roi de France, et Isabelle, fille du roi d'Aragon (J. 787. Aragon I. n" 8, original scellé — J. 19^ Champagne III, n" 99, copie ancienne). Un des témoins de cet acte est Anscllus de Braia, Anselmuset Ansellus de Braia sont tous deux qualifiés, miU$.
(2) Le premier de ces actes concerne une donation faite par Jean de Chevry et sa femme Gile à l'Hôtel-Dieu de Paris. Ils avaient acheté cette terre à Adam dit le Marchand.
Le second acte enregistre la vente faite par Thibaud de Noyer et Héloîse sa femme, Herbert dit Corberans et sa femme Haïse, d'un arpent de terre, mesuré à la mesure de BnV.pour la somme de sept livres parisis. Héloîse et Haïse étaient deux sœurs et l'arpent vendu provenait de leur patrimoine. Les témoins de cette vente étaient, entre autres, Herbert li Maçons de Portes Odon li Bourreliers.
Il est à remarquer que la vente fut faite devant Godefroy et Lambert qualifiés, tous le* deux, de prêtres de Brie « presbiteri de Braia. »
(3) Breuil, Broïlum, viendrait d'un mot bas latin, celte corrompu BrajUum^ (?) signifiant bois entouré d'une haie, peut-être un lieu éc chasse.
cquée la propriété de Richaude ou Richeut de Moncellet. Tout au moins possédait-elle les terres avoisinant le manoir, dont il n'est d'ailleurs fait qu'une vague mention dans les documents que j'analyse.
Richeut de Moncellet disait- posséder, « in parrochia de Braia versus "Bî'otlum », dans la paroisse de Brie, vers le Breuil (ce qui peut signifier du côté du manoir du Breuil), huit arpents de terre arable et « circa dictum Brolium > viM/oz/rdudit Breuil, quinze sous de menus cens en terres arables, à cause de son domaine, sur lesquelles terres elle avait toute justice, comme dame du domaine, et touslecasuel et revenus qui pouvaient, avec la totalité du domaine, lui revenir à raison de la seigneurie. C'est là ce qui me laisse supposer que le manoir était en sa possession.
La dame du Breuil donnait un cinquième des biens précités à rH<^tel-Dieu de Paris, à titre d'aumône et lui vendait le restant pour quarante sept livres parisis. La donation et la vente étaient faites du consentement de ses fils Adam, Jean, Reynaud, Thibaud, Marie de Bellancourt, Edouarde de Villiers et de Martin, mari de cette dernière. Elle eut pour parant Thibaud de Saint port (Sacro portu) — aujourd'hui Seine-Port — chevalier.
La dame du Breuil avait déjà donnéà l'Hôtel-Dieu de Paris à titre d'aumcme, ses droits sur la dîme d'un demi arpent de pré, mouvant du même lief. Mais un de ses fils, Reynaud, et son gendre Martin , se refusèrent à approuver cette donation.
Cependant Richeut de Moncellet était en puissance féodale. Il nous est ainsi donné d'apprendre que le Breuil était mouvant de Gile de Rctalle. C'est à ce titre que Gile amortit pour quinze livres parisis, la vente et donation de sa vassale. La dame de Retalle agissait en cette circonstance pour ses Cîafants mineurs Simon et Anceau avec le consentement de ses i'.utres enfants, Jean, Pierre et Jeanne, celle-ci mariée avec un nommé Jean. Tous deux déclarèrent avoir reçu, sur les quinze livres, montant de l'amortissement, la somme de cent sous.
U)2 niSTOlUK DE LA VILLK
Au dessus de Gile de Retalle, enfin, étaient placés féodalement Robert de Servigny (i), chevalier, et sa femme Cécile, qualifiés premier seigneurs du fief. Ils amortirent la vente et donation pour neuf livres parisis.
On saisit ainsi sur le fait le mécanisme foncier féodal. Sur la même terre, un seigneur dominant, un vassal, un arrière vassal ont des droits et l'acquéreur n'est quitte que lorsque les uns et les autres sont désintéressés. Dans l'espèce, ici. nous voyons qu'une vente consentie primitivement pour quarante sept livres s'est élevée successivement à 71 livres, soit presque So p. ux) en sus du prix primitif.
On se rend compte, également, de l'inextricable réseau administratif, financier et judiciaire dans lequel se trouvait enveloppé le territoire. A côté de l'Eglise, du seigneur, hauts justiciers, grands propriétaires indépendants, sinon en querelle, entre eux, se trouvent les féodaux de plus mince envergure, comme cet Herbert de Ruberte, cette Richeut de Monsellet, cette Gile de Retalle, et tant d'autres. Ce n'est pas tout. Sur le territoire même de Brie, des seigneurs du dehors ont des prétentions à faire valoir, une autorité à exercer. La réciproque est naturellement vraie. Si un Robert de Servigny, si un Pierre de Huinsele (2) ou Buisnele ont des vassaux briards, des seigneurs de Brie en possèdent hors des limites du sol de Brie. Témoin, par exemple, cette famille de l^rie dont j'ai eu l'occasion déparier déjà, (^'est ainsi que par actes de 12.48, Guillaume de Brie chevalier, et sa femme Marguerite, qualifiée nobilis millier, noble femme, Jean de Brie et sa femme Jeanne — probablement les deux frères — ratifient la donation faite par un Renaud-Polin à l'Hôtel- Dieu de la mr)itié d'une grange, appelée Apollinais, située à Vert-le-(jrand.
(\) Servigny est peut-i"tre dans la paroisse de Lieusaint. 11 existe encore là une ferme de ce nom dans la commune.
2) En 1234, au mois de mars, Raoul de la Foret ou du Bois {de Nemore), chevalier et son frère Adam donnèrent à rHôtel-Dieu- de Paris deux arpents de terre à Bric, au terroir de Morvilliers. L'amortissement fut consenti par Jean de Buinsele, écuyer, probablement marie a Isabelle de Lissy. car, en 1249, pour le même acte, intervient Pierre de Buinsele fils d'Isabelle de Lissy et Jeanne sa femme. Peut-être, comme cria a été propo>c. faudrait-il voir d;ins la Burelle, hameau de Soignolles. une corruption de Buisnele.
En synthétisant tous les actes que je viens d'énuméreret de citer, il est une remarque qui doit être faite : c'est que tous visent des terres ou immeubles, situés d'abord au dehors de la ville même de Brie ensuite sur la partie nord du territoire de Saint-Lazare à Rubertin. Nul ne vise cette partie de la plaine qui s'étend de la route de Périgny et de la rive droite du Cornillot à TYcrres. Ce n'est pas là évidemment le liiit du hasard. Puisque ni l'Eglise, ni l'Hôtel-Dieu de Paris n'acquéraient rien de ce côté soit par don, soit par vente, c'est qu'ils étaient — et surtout l'Eglise de Paris — déjà propriétaires du sol. Cette remarque vient corroborer ce que j'aiditdéjà de remplacement de la terre de «la Bienheureuse •Marie » dont parle la charte de 1208 et qui appartenait au ^-hapitre de Notre-Dame de Paris. Cette terre s'étendait au sud de la ville dans la direction de Villemcneuxet vers Grégy. ^^y nous savons que, sur cette terre, existaient des hôtes de ' %lise puisque la charte de 1208 stipule plusieurs réserves ^1 leur égard. Où étaient ces hôtes > Nous verrons plus tard ^^ ils formaient eux aussi une agglomération comme THôtel- '^U de Paris en avait formé une autour de sa maison de ^^nt-Christophe. J'ai, du reste, dans un chapitre précédent ^*ssé pressentir l'existence de ce faubourg. ^ï ne faudrait pas croire que l'Hôtel-Dieu et l'Eglise de ^ï^is fussent seuls à s'étendre sur le territoire de Brie. Les ^^lig-ieux de Saint-Martin des Champs s'efforçaient euxaussi ^ rnordre à cette riche et belle contrée. Ceux-ci, déjà en ^'-^î^session de Limoges, grâce à Etienne de Senlis, évêquede *^vis(ii33), de Fourches, par le roi Louis VII (1187), delà ^irrie de Grégy (i i5o) travaillaient à arrondir leurs domaines ^^ côté de Brie. Ils Unirent par prendre pied sur son terri- ^<~>ire dès 1 194, sous l'épiscopat de Manassé, évéque de Paris. *^ cette date Milon de Courtery et son lils engagèrent à l'abbaye de Saint-Martin des Champs, pour 120 livres parisis par an, la dîme qu'il avait à Brie. Cet engagement fut, peu après, transformé en vente déllnitive, en i itp (i), faite par Milon, fils, à l'abbaye de St-Victor.