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conséquent son fils, ne pouvait par coutume succéder ^^^ royaume de France. » C'était du même coup ouvrir Tacc^ ^" sion au trône à Philippe de Valois, fils de Charles de Valoi ^' neveu de Philippe-le-Bel et cousin-germain des trois derni^ ^^ rois décédés. Philippe fut proclamé régent.
Le Vendredi-Saint, i" avril i328, (nouveau style), Jean r^^ c d'Evreux, veuve de Charles IV, accouchait à ChâteauneuJ '• près d'Orléans, d'une fille qui reçut le nom de Blanche. DeuJ ^
mois après, le 29 mai, le régent était couronné à Reims. E ^
règne de Philippe VI, de Valois, commençait.
Le nouveau roi était deux fois le cousin germain de Jeann ^^ d'Evreux, fille de son frère Louis et femme de Charles IV, I ^ Bel, fils de son autre frère Philippe-le-Bel. Son premier soin ^ en prenant le sceptre, fut de donner à la maison d'Evreux: ^ qui avait failli faire souche de rois, un dédommagement ^ Jeanne, comtesse d'Evreux : à Philippe, son mari, il aban^ donna le royaume de Navarre d'où nous verrons sortir, sou^ peu, Charles-le-Mauvais, roi de Navarre ; à Jeanne d'Evreux^ sœur de Philippe et veuve du roi défunt, il donna les comtés d'Angoulême, de Mortain et quelques rentes. (i) Un document: nous dit qu'il fit plus. C'est « la confirmation, par Philippe de Valois, de la promesse faite à Marie et à Blanche, filles de Charles-le-Bel de mille livres tournois et d'une rente de mille livres, en exécution de l'arrangement pris avec la reine Jeanne, veuve de Charles-le-Bel, relativement à la succession du royaume de Navarre (2). » Ces compensations accordées, Philippe annexa définitivement à la couronne de France la Champagne et la Brie (3).
(1) Le douaire de Jeanne d'Evreux montait à 16.000 livres tournois de rente annuelle. Une partie était assise sur Château-Thierry et sur d'autres domaines compris dans le Valois (A. N. — K. 41 n» 2).
M J. Viard, dans son ouvrage Us Journaux du Trésor de Thilîppe VI, de 'Valois (Paris, 189g, p. 29 j publie le fragment de compte suivant : « Cepimus super Regem, sic : Decanus Parisiensis, dominus Amisius de Aureliensis, pro expensis per eum factis pro eundo in Briam, pro assisia dolis domine Johanne de Ebroycis, per Xll dies, pro harnesio preparando et locagio equorum, partes in cedula curie, 24 1. 18 s. p. et tradidit compt. 55 1. 2 s. p. (Juillet IÎ29). » M. Viard ajoute en note : « Voir sur Amis d'Orléans: GalUa Christiana t. VII col. 208-209 î «t sur sa commission avec Philippes de Passelières pour l'assiette du douaire dejeanne d'Evreux : A. N. — KK. 3, fol. 8. >>
(2) Cette pièce est aux Arch. Nat. K, 42, n» 27 (vidimus de 1350}. Elle est datée du Moncel 18 Juillet 1^4-
(î) Il s'agit ici de la Brie Champenoise et non de la Brie Française. La première avait pour ville principale Provins; la seconde, Brie-Comte-Robert.
-X peine Jeanne d'Évreux fut-elle couronnée reine dô France
^ï^'une assez grosse difficulté s'éleva entre elle et l'évéque
^^ Paris, au sujet de la terre de Brie-Gomte-Robert. J'ai déjà
^r^guement parlé des droits féodaux que le Cha()itre de
^^'T'is avait sur cette terre, et, cherchant à remonter à leur
^^igine, nientionné le testament d'un comte carloVingien,
'^'^ "tienne, qui aurait pu — je crois même qu'on peut être plus
^* t irmatif — transmettre au Chapitre de Paris tous sâs droits
^^ suzeraineté sur ce coin de la Brie. Il est certain que tous
*^s seigneurs de Brie, depuis Robert jusqu'à Jeanne d'Evreux
^He-même, devaient rendre foy et hommage à l'évéque de
ï^^ris. Aucun jusque-là n'avait opposé la moindre objection
^ cette obligation féodale, si humiliante qu'elle fût. Les
^réres ou fils de roi n'avaient, durant les siècles qui venaient
de s'écouler, osé s'insurger. contre cette formalité, une des
bases, d'ailleurs, de la société féodale et des rapports entre
Vassaux et suzerains. Mais lorsque Jeanne monta sur le
trône de France, lorsqu'elle fut ointe par l'Eglise elle-même, elle se considéra comme investie d'un caractère auguste qui ne lui permettait pas d'aller plier le genou devant son suzerain et lui réciter humblenient la formule consacrée. Elle résista.
Fort probablement, tant qu'elle partagea le pouvoir royal sivec son mari Charles IV, l'évéque de Paris n^exigea pas de Jeanne, reine de France et de Navarre, l'aveu qu'elle lui devait comme dame de Brie-Comte-Robert. Mais il dut revendiquer ses droits aussitôt que la mort du roi fit de Jeanne une reine douairière. Celle-ci ne jugea pas que la majesté royale, dont elle n'avait pas cessé d'être investie, pût îiccéder aux demandes de l'évéque. Ce dernier, alors Guillaume de Chanac(i), lînit par consentir à une transaction, dont Guérard, dans le Cariulaire de Notre-Dame de Paris, nous a conservé le monument (2).
C'est tout d'abord une lettre de Jeanne d'Evreux dont suit la teneur :
1) Guillaume de Chanac naquit vers 1249 à Allas^ac '^Corrèze). En 1332, il .'ut appelé à l'évéché de Paris. Il mourut en 1348, à un âge e.xtrémement avancé, comme on voit. (2) T. III, p. 313.
HlSÎOlRE DR 1.A VlLLK
DK BPIE-COMTE-ROBERT 221
Jehanne, par la grâce de Dieu, royne de France et de Navarre à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme question ou débat feust meuz entre Nous, d'une part, sur ce que ycelui evesque requérait, ou nom et pour lesglise de Paris, avoir hommaige de nous pour raison de nostrechastel et chastellenie de Braye-Comte- Robert, et que nous li feissions le dit hommaige en nostre propre personne, si comme nostre très cher seigneur et père que Diex absoille,et nostre cher et amé frère, roi de Navarre et comte d Evreux, et nos prédécesseurs l'avoient faict,au temps qu'ils estoient seigneurs du chastel et chastellenie dessus dicts, nous disans et opposans que pour cause de la dignité et majesté royale, nous nestions tenue à faire ledict hommaige en nostre propre personne, mais à bailler homme seulement lequel nous lui avions offert piéça et offrons encore à bailler; saichent que pour bien et paix et pour eschever plais et contens, avons, sur ce, traité et accordé ensemble en la forme et manière qui s'ensuit : c'est assavoir que Nous, par la teneur de ces présentes lettres, confessons et recognoissons que nostre dict chastel et chastellenie de Braye sont tenus en foy et hommaige du dit evesque de I^aris, pour raison du dit evesché, et que nos hoirs et successeurs qui auront, doresnavant, au temps à venir, la seigneurie du dit chastel et chastellenie de Braye, seront tenus à faire le dict hommaige au dict evesque et à ses successeurs evesques de Paris Et, parmi cesi accord, le dict evesque, ou uom et pour cause de la dicte esglise de Paris, comme dict est, a volu, accordé et se consent que Nous, en Nostre personne, ne faisions hommaige pour la cause dessus dicte ; ainçois li avons baillé homme, au nom de Nous et pour Nous, pour faire le dict hommaige et autres devoirs es quiex les seigneurs de Braye seroient tenus à faire de raison. Lequel homme le dictevesque a reçeu pour bien de pais, sans que ce présent accord puisse porter préjudice au dict evesque, ne à sa dicte esglise ne.â nous aussi au f:mps à venir ou autre cas. Lequel accord nous volons et octroyons et promettons tenir loyalement et en bonne ioy et non venir encontre ne faire venir taisiblemcnt (i) ou en appert (2) pour quelque cause que ce soit dores en avant au temps à venir. En tesmoing de ce nous avons faict mettre Nostre scel à ces présentes lettres. Donné à Braye-
Comte-Robert le XXV'« jour du moys (en blanc (3), lan de grâce mil CGC trente trois.
A cette lettre qui révèle nettement que le litige était pendant depuis longtemps, d'où la preuve de ce que j'avançais
I , Vieux mot qui signifie : silencieusement ; à cause du mot qui suit et par antithèse pourrait exprimer : par voie détournée.
2) Autre vieux mot qui s'écrivait plus judicieusement apert, d& aperiuf, ou\èrt; veut dire ici : d'ur.c façon ouverte.
(3) Probablement le mois d'avril, écrit Guérard.
plus haut à cet égard, et qui montre aussi les tentatives de conciliation faites précédemment par la reine, Guillaume de Chanac réponditle 27 avril r334 par une acceptation pure et simple.
Guillaume, par la misération divine, évesque de Paris, à tous ceulx qui ces présentes verront, salut... Nous consentons que nostre dicte dame ne nous fera mie en sa personne le dict hommaige pour la cause dessus dicte. Ainçois nous a baillé homme es nom de luy et pour luy. C'est assavoir Monseigneur Jehan de Soisy, chevalier, seigneur de Brunoy, pour faire le dict hommaige.
Ce petit incident nous fixe bien sur l'état social de Tépoque. Le sentiment religieux, très vivace, n'empêche pas de parler avec fermeté, voire avec autorité, aux dignitaires ecclésiastiques. Le pouvoir civil a le sentiment de sa force et sait le faire prévaloir. Nous sommes loin du temps, évoqué plus haut à propos de Robert 1 de Dreux, où des moines se plaignaient au roi de ce que son frère mangeât de la viande lors de ^on séjour dans les maisons de l'abbaye. Cependant, les fondatic)ns pieuses étaient toujours aussi nombreuses. Jeanne d'Evreux, par exemple, au moment où elle s'opposait, comme reine, à des obligations qui ne lui paraissaient pas dignes de la majesté royale, posait en i326 la première pierre de la chapelle de Saint-Jacques-l'Hôpital à Paris (4), chapelle qu'elle gratifia d'un « doigt de l'apôtre saint Jacques ». Nous aurons d'ailleurs l'occasion de parler de donations faites par elle à d'autres établissements religieux.
Jeanne d'Evreux appartient, plus peut-être que tous les seigneurs qui l'ont précédée, à l'histoire locale. Sans doute nous n'avons pas d'elle les chartes que souscrivirent Robert II et Robert m, de Dreux, mais il nous reste de son administration des traces précieuses, quoique malheureusement incomplètes. Tels qu'ils sont, ces documents dont j'ai parlé déjà dans les pages précédentes, en les désignant sous le nom de Comptes de la reine Jeanne, nous fournissent des renseignements qu'il importe de recueillir et d'examiner à loisir.
(4) Cette chapelle a disparu en 182?. Sur son emplacement $'clèvent 4ts constructions paiticulieres.
Le premier de ces comptes remonte à Tannée où Jeanne d'Évreux venait de perdre son mari Charles IV. En voici l'intitulé :
C'est (i) le compte des recepteset des mises de la terre de Brave Conte Robert et des appartenances dicelle, dès le jour de la Chandeleur, l'an CCCXXVII, jusques a la Chandeleur, l'an XXVIII exclus, tant par Jehan le Cordier, de Braye, receveur d'illeuc par certain timps. comme par Odart de Laigny, receveur, a présent de très haute, noble et puissant dame. Madame Jehannc d Evreux, Roinede France et de Navarre; et compte Ten en recepte le terme de la Chandeleur l'an mil CCCXXVU et non celui de la Chandeleur l'an mil CCCXXVIII (2).
Charles IV étant mort le i" février 1828 (nouveau style), c'est-à-dire le i" février de Tannée 1827 d'après l'ancienne notation, le compte commence au jour où Jeanne d'Évreux est devenue veuve, ce qui explique son point de départ, et l 'intitulé dit en somme qu'il va du 2 février 1828 (n. s.) inclus au 2 février i32g (n. s.) exclusivement.
Le détail de la recette spéciale à Brie est ainsi établi :
Recepte
Des fours de Braye amoisonnez a Jehan Tirechape de la S. Jehan, Tan XXVIl a deux ans, pour Ixx livres parisis chascun an a III paiemenz par an, la Chandeleur, l'Ascension et la Touz Sains : pour ce, au terme de la Chandeleur, Tan XXVII, par Jehan le Cordier xxiij livres, vj sols, viij deniers parisis, et tout ce qui s'ensuit a parisis.
Item desdiz fours, pour les termes de l'Ascension, ei de la Touz Sains l'an XXVIII, xlvj livres, xiij solz, iiij deniers.
Des tonliuz, estalages et pressouer d'itleuc, ad.noisonnez a Raoul Barat, de la dicte S. Jehan a II ans, pour ex livres chascun an, a III p<iiemenz par an : pour ce, au terme de la Chandeleur, l'an XXVII, par le dit Jehan le Cordier, xxvj livres, xiij sols, iiij deniers ;
Item dou dit Raoul Barat, pour les diz tonliuz, estalages et pressouer, aus termes de l'Ascension et de la Touz Sains, l'an XXV^III, Ixxiij livres, vj solz, viij deniers.
Des moulins d'illeuc, tant a yaue comme a vent, bailliez a ferme a Estienne Rougel et a Jehan Le Vannier, de la dicte S. Jehan a II ans pour c livres chascun an, pour le terme de la Chandeleu**, l'an
(1) A. N. — KK. 3, f- 17 r.
(2) Une simple observation pour ceux qui ne seraient pas familiarises avec la notation du temps, à l'époque. L'année commençait alors à Pâques. La Chandeleur (2 février) 1327, de répoque, était au 2 février 1328 (nouveau style). De même le 2 février 132S est ici pour le 2 février 1329 (nouveau style).
XX Vil, par Jehan le Cordier. xxxiij livres, vj solz. viij deniers pour les termes de l'Ascension et de la Touz Sains Tan XXVIII, Ix^ livres, xiij solz, iiij deniers.
De la value de xlix arpenz que prez que terres, séans a Brave e^^^^ des corvées d illec. admoisonnez a Adam Le Cordier, dePasques Ta^v: ^ XXVII à IX ans pour liiij livres chascun an : pour la Chandeleu. -•'^
Tan XX\'II, par le dit Jehan Le Cordier, xviij livres, et pour FAscen^ -•"
sion et la Touz Sains, l'an XXX'III, xxxvj livres.
De (i) Tescripture et du scel de Brave, bailliez a ferme a Perrin d^^ *^ Chastres, de la S. Jehan, l'an XX\'1I, a II ans, pour xxij livres, chas — •=^"
cun an : pour la Chandeleur, l'an XX\'ll, par le dit Jehan Le Cor "
dier, vij livres, vj solz. viij (deniers); et pour l'Ascçnsion et la Touzïs^- ^^ Sains. Tan XX\'11I, xiiij livres, xiij solz, iiij deniers.
De la value des champars, droitures, ventes et environ xxxiij solz:^^ ^' de menu cens qui fu Monseigneur Guy de \'er, tout ce admoisonné^^ -*' a Perrin de Chastres et a Jehan Clichier, de la S. Jehan, Tan XXVll I ^ a 1 an, pour c livres Tan : pour ce. aus termes de la Chandeleur. VanMTM. XX\'1I, et de l'Ascension, Tan XXVI 11, sccont et darrenier tiers, Ixvj i ^--^ livres, xiij solz, iiij deniers. Et sont ces choses, exceptez les dizcens, .^ ^^ admoissonnée de novel avec le baston de la prévosté.
De la despoillede v arpenz et demi de prez,seanz a Braye, pour la fennoison, l'an XXVIl, au terme de la dicte Chandeleur, vendue a pluseurs personnes, par le dit Jehan Le Cordier, ex solz ;
hem, de la despoille de iiij arpenz de préz illeuc, louez à Pierre de Bonbon, chastelain de Braye, pour la dicte fennoison, fan XXVll, par le dit Jehan Le Cordier, a ce terme, Ixiiij solz;
[2) lient, de la value des diz préz, pour la fennoison. Tan XXV^III : néant cy, quar il ont esté levé et despensé par Madame.
De la value de v quariierà, que pré que terre, séanz vers le moulin de Cornilleau admoisonnez a Julien Leberchier; a ce terme, pour l'an, par le dii Jehan Le Cordier, xxiiij solz.
De la value de Tyaue aus foulons a ce terme, pour l'an, par le dit Jehan Le Cordier, xx solz.
Dou louage du cémelire que fu aus juys, a Braye, et d'une mésonete qui est dedenz. que tenoit JehanninGramillet seur(3)ran feni a la Saint Remv CCCXXVIII, xxiv solz.
^0 A. N. — KK, 5 f 17 V.
f2)lci se trouve dans le manuscrit, en note marg'nale, l'indication suivante : « De cetero reddimus in precio et recuperantur in misia. »
(î) Peut être faudrait-il lire sieur pour scieur. 11 se pourrait, puisque nous sommes dans un
pays agricole, que ce Jehannin Gramillet fut un scieur de blés. Pour cette defnière profession.
on disait simplement scieur.
Ni le scieur ne va taillant
Tant de moissons, lorsque nous sommes
En este, aue toi bataillant
Tailleras ae chevaux et d'hommes.
(Ronsard, Œuvres, 446 éd. in-fol. XVl- s.)
Des cens receus a Braye, a la Saint Remy, l'an XXVIII, Ixviij livres, xj sols, x deniers.
Des cens d*illeuc qui fu Monseigneur Guy de Ver, a ce jour, xxxiv solz, vij deniers.
Des cens d'illeuc. Tandemain de Noôl, Tan XXVIII, xxxiv livres, xiij solz, viij deniers pog(ois).
Des los et ventes des diz cens, dont les parties s'ensuient, vj livres, iiij solz, iiij deniers. C'est assavoir : primo, de Hébert llermant, pour les sostes (i) d'unne meson partie entre lui etPerrin aus Brebiz, son serourge, (2) qui montèrent xiiij livres, pour ce xxiij solz,iij deniers; de Jehan Judas, pour demi quartier de terre acheté de Aliaume le fil Preudecorps le pris de xlv solz, vente de ce, iij sols vij deniers; ilem par la main Estienne Rogel. iiij livres, xvij solz, vj deniers.
Des esploiz de la prévosté de Braye, par la main Estienne Rogel, garde d'icelle, depuis la Chandeleur l'an XXVII jusques a la S. Jehan Baptiste fan XXVIII, vj livres, iij solz, iij deniers.
De la vendue d'un torel qui estoit de la Maison-Dieu, fourfait pour ce que il vouloient queil feustbancierfsi'cjliquiexfu condampnez par l'agent de Madame, vendu par ledit Estienne Rogel a Estienne Thibaut, Ix solz.
//em, de la value de la dicte prévosté, ensemble la value deschampars, des droitures, ventes menuz. l'eaue le Conte dicte Verrenelles, tout ce admoisonné a Jehan Gerboust le juenne, de la dicte S. Jehan l'an XXVIII jusques a II ans, pour viij»" x livres chascun an a III paiemenz : pour le premier tiers dou premier an, au terme de la Touz Sains l'an XXVIII, Ivj livres, xiij solz. iiij deniers.
Des cens des terres qui furent Alain de Lembale, a la Saint-Rémi, iiij solz.
Delà value de la tuilerie Madame, pour Tan X.W'llI, 1'^ de luiile, pour ce XX solz.
Summa de Braye : vj*^ xiij livres iiij deniers poug(ois).
Despense
sur la dicte recepte de Braye et ses appartenances. Primo, A Braye, Rentes a héritage pour le dit temps : Aus chanoines de Saint-Thomas dou Louvre de Paris pour leur
rente aus termes de l'Ascension, de la Saint-Remi et de NoCl, xxxv
livres (3).
(0 J'ai scrupuleusement respecté l'orthographe, les abréviations et signes de ce compte, me réservant de reproduire les autres en Tangage moderne; les sortes veut dire peut-être: les hôtes, c'est-à-dire, les locataires.
(2) Beau-frère.
fV J'ai dit. plus haut, que Robert I, de Dreux, avait fondé l'église et chapitre de Saint- Thomas du Louvre, en leur constituant des rentes sur la dime de Brie. Cette rente fut amortie par Robert 11, de Dreux, et sa femme. Yolande de Couci. ainsi que cela résulte d'un vidimus de la chambre des comptes de Blois de 1400. Un arrêt du Parlement du A février 1453 fixe bien à 35 livres parisis le chiffre de la rente allouée au dit chapitre, mais Ta partage en deux termes (20 I. a Sainl-Rcini et 15 à Noël) au lieu des trois que blipulcnt les lom, lc> de la reine Jeanne,
2'2b HISTOIRE DE LA VILLE
Aux dames de TAmour Dieu, de Croissy, pour leur rente au terme de la S. Remv Tan XXVIII, 1 livres.
Aus moines de la Ville Nueve, en Bretaigne. pour le terme de NoCl de l'an XXVlll, iiij«« livres.
Aux Cordeliers de Saint-Marcel de lez Paris, pour leur rente au terme de la S. Jehan Baptiste (l'an XXV^III), xij livres.
A Denise dou Noier, pour le cens dou jardin assis lez le vielz gué (i), pour la S. Remy l'an XXVIII, iij deniers obole.
A Simon de Laval, pour le cens du dit jardin, à ce jour, iij deniers obole.
A Jehan Chevry, pour le cens dou moulin de Cornilleau, à ce jour, iij solz, vj deniers.
A Saint Ladre de Braye, à ce jour, iij solz, vj deniers.
Summa : viiij"" xvij livres, vij solz, vij deniers.
Charges a vie
A Pierre de Bonbon, escuier, qui fu chastelain de Braie, qui prant par an xxiiij livres à lïl termes : pour ce, aus termes de la Chandeleur 1 an XXVII, par Jehan le Cordier. de l'Ascension et de la Touz Sains, l'an XXVIII, par Odart de Laingny, xxùij livres.
Ouvrages a Braye
Pour réparacions faites en l'ostel de Braye par Jehan le Cordier, dont li diz Jehan a rendu les parties oies et examinées, par devant Madame et nos seigneurs oyens lez comptes, cxix livres, vj solz, viij deniers.
flem, pour I*^ de tuille prinze en la tuilerie de Braye par monsieur Jehan Lange, convertie en la couverture de l'ostel de Braie, xx solz par la relacion doudit monsieur Jehan.
lient, pour réparacion faite es fours de Braye et ou pressouer dont les parties s*ensuient, vj livres, viij solz. vj deniers. C'est assavoir : premièrement pour vij setiers de plâtre ach(etés) de Colin des Préaux, converti en la réfection des cheminées des diz fours, et a afaitier yceus, pour setier iiij solz : xxxiij solz ; — item^ pour salaire de Jehannin Oudet, maçon, a ce faire entasché, (2) xiij solz; — i7em, pour I'*^ mille (sic) de tuille et vj noes ach(etées) de Jehan Chalibert, a recouvrir les diz fours, xxvij solz; — lient, pour II1<^ et demi de
(1) Il n'est pas douteux que ce jardin fût situé à Brie, bien que cela ne soit pas explicitement dit. Reste à savoir ou était le vUl gué, par opposition évidemment avec le nouveau. Ce dernier doit-il s'entendre liu gué qui a donné son nom à la rue appelée aujourd'hui rue Gambctta ? J'incline a le croire. Ce gué dut être ménagé ou approprié pour permettre l'accès direct de la place du Marché, en passant sous les murs du château. Le vieux gué devait être plus bas, soit sur la rue de la Grenouillère, soit sur la rue des Tanneries. A mon sens, je crois que le gué neuf (xxX. créé ou aménagé lorsque se firent les murs de la ville. J'y reviendrai en parlant de la construction de ces derniers.
(2) Pris à la tache.
late à ce ach (été) de Robin TEspicier, vij solz ; — i/ew, pour II** et demi de clou a late a ce ach(etès) de Pierre le Page, chascun mille v solz : xijsolz, vj deniers; — i7em, pour mestre en euvre la dicte tuille à recouvrir les diz fours et recerchier, par Jehan Poincart entasché, xix solz : tout ce fait par Jehan Tirechape, fermier des diz fours.
Item^ pour faire une escroe nueve au dit pressouei et appareillier la viz dicelui par Régnant Traquant et Jehannin Briquet, charpentiers, par III jours, pour chascun iiij solz pour journée et despens, valent xvj solz. (sic) ii).
//ew, pour le merrien a faire la dicte escroe, acheté de Jehan de Mendres, iiij solz.
//em, pour II bandes de fer a lier la dicte escroe, ij solz.
Summa : vj" vj livres, xv solz, ij deniers.
Autre despense
Pour le louier de la granche que Robert Le Cordier tient, qui est devant le chastel, retenue pour Madame, pour faire estables, pour demi an commençant à l'Ascension, CCCXXVIII, xx solz.
Le compte contient en outre la recette provenant des domaines et seigneuries « rccepte du fié de la terre de la Queue en Brie mouvent du chastel de Braye (2) et la Despense à la Queue. » Commencé au folio 17 recto, il se termine au folio 18 verso du registre grand in-folio (parchemin), comme il suit.
Pour argent que doit Jehan Le Cordier seur la recepte et despenses faites par lui en la terre de Braye par certain temps, de toute laquelle recepte le diz receveur se charge cy dessus, et les a compté par devant noz seigneurs li diz Jehan Le Cordier pour plus reccu que despendu par le dict Cordier : Ixxiiij livres, viij solz, vj deniers.
Ces comptes furent oiz et clos le xxvj« jour de may l'an
(1) Il y a la une erreur matérielle de compte qui a échappé aux vérificateurs de la reine Jeanne et que certainement le rédacteur ne s'imaginait pas devoir être relevée cinq cent soixante-treize ans après. Chacun des ouvriers recevant pour son salaire Journalier 4 sols, la dépense totale pour les trois journées de travail devait être de 24 sols ou une livre quatre sols. Il est à croire que le rédacteur a inscrit à tort III journées de travail au lieu de II.
Remarquons, en passant. le salaire d'un ouvrier charpentier qui est de 4 sols par jour.
(2) Table du transcrit des dénombrements des fiefs tenus de Jeanne Roine de France et de Navarre a cause de son cha.>tel de Brie Conte Robert commencé en l'année 1343 et finie en l'année 1351 (d'après la fête de la Penthecète 154?). [A. N. K, 1058.]
Corquetaine, dit la Grand'Cour; La Bortie Fournier ; La Queue en Brie; Grisy et la cha-
r telle Saint-Martm ; ville de SouignoIIes ; ville de Mendres; Leschielle de la Queue; Brulays es Corquetaine; les Bordes Maulavèes; ville de Champigois; Nandy et Bohay; Courbéart; la Grosse Borne au tenoir de > andy : Montreuil près le bois de Vincennes; la Grange de Pontaux: Roisy; Grisy et Rétale* la Noue de Friadel ; Mendres; Pontaux ; Chcvcnier et autres: Susey, forest de Rouget; Pompisteul; Villers-le-Rigault; Maupertuis ; Charenton ; Cully ; Bonneul; Dambevoille.
228 lIISTOIUt: l)l£ L\ VII.I.E
CCCXXIX à Béquoisel en la présence Madame la Roine monsieur de Bouville, monsieur Jehan de S. Just maistre Simon de S Clost, monsieur Jehan Lange et maisire Menry de Dompierre, Michiel Pasmé et Gautier deBiau.(i)Et ainsis sera trouva escript de la main maistre Henry de Dompierre ou roule retenu par devers la court pour Madame.
Nous avons ainsi, pris sur le vif, un exemple de la comptabilité d'un domaine aussi considérable que celui de Brie- Comte-Robert. 11 n'y manque même pas un changement de comptable. 11 est, en ellVt, facile de voir que Jehan LeCordier cessa ses fonctions entre le mois de février et rAscension ; nous savons, même, d'après ce qui précède, qu'il lui restait en caisse soixante-quatorze livres, huit sols et six deniers, somme dont son successeur prend la charjje. Quant à Tapuratinn du compte annuel, elle ne se fait point attendre. L'exercice, — c'est l'expression dont nous nous servons aujourd'hui — clos le premier février inclus, est examiné le 20 mai suivant, en une séance S(»lennelle, que ne dédaignait pas de présider la reine elle-même, tenue dans une des résidences favorites de Jeanne d'Évreux, à Hecoisel ou Becoi-
seau (•2).
L'intérêt de cette comptabilité en ce qui touche Brie
n'échappera à personne. Les éléments constitutifs de la recette y sont nettement établis. Ce sont : les fours (les fours banaux), les tonlieux (;>), les étalages (4), le pressoir (pressoir banal), les moulins (tant à eau comme à vent), les terres et prés, l'écriture — nous dirions le yrcH'e — et le scel — ce qui pourrait s'appeler l'enreg-istrement — les champars (5),
I ■ II existe à Sentcny, village ile Seinc-et-Oise, à S kil. de Bric-Comte-Robort. un écart qui s'appelle le hameau' de BiaVi.
'2, Hecoiseau, hameau et château appartenant à M. Jos-^eau. situé sur le territoire de la commune de Mortccrf canton de Rozoy-cn-Brie;. « L'édification du château de Bécoiseau e>t attribuée a la reine Blanche, mère de saint Louis... devenu château royal par le mariage de Jeanne de Navarre avec Philippe le Bel. Bécoiseau reçut en mai, en juillet et en octobre 150S. puis du 17 au 20 novembre 1508. la visite du roi de France... Jeanne d'Evreux, veuve de (Charles IV, de 1^38 à ij^h vint résider à i-écoiscau et data de ce château des lettres et des titres... » Promenade à travers la vdllcc du Grand-zMorin, par M. Georges Husson, Paris, l89>, in-8^
O) Droit de place sur le marché.
4 Le mot s'explique de lui-même : c'est le droit perçu bur les marchandises étalées devant le.s echopes.
S) il i*i>ut entendre ici le champart seigneurial, c'est-a-dire une sorte de surcens donnant au seij;neur di{)it sur une partie dc> fruits de la terre.
IXTÉKIKL'R DE LECIISE DE BRIF-COMTE-ROSKRT (Nef Inlérale mCriciioOiile )
/^^vtures (i), ventes, cens (2) et menu cens, l'eau aux foulons, ^^cien cimetière des Juifs, les exploits — nous dirions, dans ^^ certaine mesure, les amendes — de la prévôté, les lods ^^ Ventes (3), Veau le Conte dite Verrenelles,
J"ai souligné à dessein les objets de cette assiette fiscale, ^P^éciaux à Brie ; les autres sont de perception générale dans ^* >utcs les seigneuries et châtellenies. Dans les pages précédantes, nous avons vu ce qu'il fallait entendre de Teau aux foulons, de l'ancien cimetière des Juifs et même de l'eau le Conte, dite Vernelles. Il n'y a pas lieu d'y revenir. Il va sans dire que les recettes ainsi eflectuées étaient essentiellement Variables. Le compte de Tannée i329-i33o (nouveau style) nous apprend, par exemple, que les fours affermés à Jehan Tirechape pour soixante-dix livres le furent ensuite à Jehan Le Vanier et à Jehan Gale pour cent dix livres.
Le fermage des tonlieux, tout en restant dans les mains de Raoul Barat, au renouvellement du bail, fut porté de cent dix livres à cent vingt-cinq.
Le fermage des moulins passa de cent à cent quarante livres.
Par contre, la valeur de récriture et du scel descendit de vingt-deux livres à dix-huit.
Ces variations s'expliquent assez facilement par ellesmêmes ; nous verrons plus tard, tant pour les recettes que pour les dépenses, d'autres variations se produire par l'altération des monnaies.
Mais aux recettes de fond, il s'en ajoutait d'autres. J'enregistrerai, de ce chef, dans le compte de 1 829- i33o l'article suivant :
De Jehan le V annier, de Braye, pour une amende d'un appel dont il dechci contre Jehan Chevalier, Ixs(ols).
Pareillement dans le compte de l'année i33o-i33i, je relève les articles ci-après :
d] Redevance en nature ou en espèces due par le tenancier à son seigneur. (2) Redevance en nature ou en argent due par le roturier à son seigneur.
(5; Ces deux mots inséparables représentent les droits seigneuriaux perçus sur les mutations foncières.