‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 27 sur 58 · HISTOIRE 1)1-: LA VILLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE 1)1-: LA VILLE

On se rend compte déjà, par Taperçu qui précède, du mécanisme judiciaire de l'époque. La juridiction première est celle du prévôt. Au-dessus est celle du bailli qui a connaissance des appels contre les jugements de première instance, qui prononce sur l'application des droits féodaux « i » et sur les causes civiles qui lui sont soumises. Le prévôt répondait en conséquence au juge de paix de nos jours. Aussi ne trouvera-t-on pas mauvais que je reproduise quelques-unes des affaires qui s'y jugeaient. J'en emprunte le détail au compte de l'an « feny à la Chandeleur

C(:cxxxin.2))).

De Pierre llanncqucl, commis du receveur à lever certains esplez de la prevosté de Hrayc, du temps Jehan Chevry, j:idii garde de la dicte prôvosté, que li diz Jehan deust avoir esploitiéz à son temps, dont les parties sont escriptes cy après : xxiij livres iij deniers, valent tournois xxviij livres xv sols iij deniers ob oie) poug eoisi.

Ce sont les parties des esplez de la prévosté de Braye par Jehan (>hevry. garde d ycelle depuis la Chandeleur l'an XXII (3) jusques à la Saint Jehan ensuivant dont mcncion est faite cy devant.

■ I ; Hn voici un nouvel exemple tiré des mêmes comptes et qui, pour ne pas toucher directement à Brie mérite cependant d'être rapporté. Dans les rachas et (juins deniers de 1353. on lit .

I)e Artus de l'ommeuse nous aurons occasion de parler de ce personnage à propos de Villemeneux), escuier. pour la finence du rachat de U terre de Nandy, qui venue est et descendue a Perrot de Poency. escuier. fil jadiz tVu Guillaume de Poency par la mort et succession de !a mère dou dit I*errot, sœur du dit Artus, douqucl Perrot li diz Artus a le bail ou la garde, fine par le baillif Madame ex sols.

De Denise Le Mire, p«ur le quint denier de la terre qu'il a achetée de la demoiselle de La Tour de Boullancy, séant a Beauvcoir en Moucien (Multien';, et est tout en terre arable, le pris de ix ^^ vj livres, vj sols tournois . pour le quint denier de ce xlvj livres, xj sols vj deniers tojrnois valent à paris s xxxvij livres vj sols ij deniers obole. (Cet exemple prouve que. au moins pour la se gneurie de Brie, le quint était calculé sur la valeur de la livre parists. mais payable au fisc seigneurial er. monnaie tournois.)

De Jehan Moinart qui pour le rachat denviron viij livrées apar de terre assise à

Namdy que il tient à cause de demoiselle Jeanne, famé jadiz de feu Regnaut de Konville, escuier, faine a présent du dit Jehan Moinart, devait xij livres, qua', pour ce que li diz Jehans n'est mie noble, li rachat est ticrciéz. si comme le bailliz de Madame dit: receu de ce viij livres et du seurplus néant a présent, quar ou roulle du baillif des finances des rachaz et quins deniers finez par lui est contenu et dit que li diz Jehans ne soit contraint des iiij livres jusques l'en ait parlé a .Madame et de la volonté Madame suz ce n'a depuis li bailliz rieii certifié au receveur. Si en soit oïdené et commandé ce qu'il plaira qu'il en soit fait, quar li receveur n'en peut riens lever pour la cause dessus dicte se il n'en a commandement de Madame ou certification dou baillii. » Voila un point de droit féodal qu'il était intéressant de relever.

:2) A. N. — KK ^ f iSi.

i?) L'original porte bien XXII. Si ce n'est pas la une erreur pour XXXll, il faudrait admettre que Jehan de Chevry, prévôt de Brie, n'aurait rendu ses comptes que dix ans après, puisque la mention n'en est faite qu'au détail des recettes de l'année finissant à la Chandeleur XXXill. Si c'est une erreur, le mot jadis s'explique diflicilement.

DE URIE-COMTIMIOBEKT 23()

T^rimo. De Pierre Iloquerel. pour defr(aut) de gagetnent et une amende de fausse clameur pour Marguerite La Quionne qui val (oient) X sols, receu de ce vij sols.

De Gilei Langles. de Mandres. qui devoit xvj sols de ij amendes, l'unne de defT(aut) de gagement et 1 autre de nit ataint, receu de ce ix sols.

De Ancelet de Magdelene qui devoit vij sols vj deniers parisis pour deffaut de gagement pour Jehan Le Crespe, receu de ce iij sols.

De Simon D qui devoit xv sols pour ij amendes pour Per''in

Fendicet, l'unne pour main mise à la famé du dit Perrin et l'autre d'un ny ataint. receu sus ce viij sols.

De Perrin Monceron qui devoit xv sols pour 1 homme de hors, pour main mise et pour I ny ataint ; receu de ce vij sols vj deniers.

De Gilet le Bergier qui devoit vij sols vj deniers pour deiïaut de prueuve contre Jehan de Chastres, receu sus ce iiij sols j denier.

Dou maire de Monsterel (i)pour amendes quil avoit receues en la dicte ville, xx sols.

D un homme de Monsterel pour certain héritage avenu à iMadame par aventure de nouvel, qu'il tient à rente ou à cens, v sols.

D un homme estrainge qui avoit fait semondrc Guillaume Morel, qui se dôlessa de sa prueuve et ne vost rien prouver et devoit pour ce ij sols vj deniers. Receu de ce ix deniers.

Dou vallet Jehannin Cordier pour ij niz aconsuiz, xv sols.

De Olivier Le Breton pour I fausse clameur pour Perrin Labbé, ij sols vj deniers.

De Perrot Mellée. de Varennes,(2)pour deffautde prueuveet fausse clameur contre Jehannin Le Mercier, x sols.

Dou vallet Simon de Laval qui devoit vij sols vj deniers pour main mise à I vallet de Ferriéres. Receu de ce vj sols iij deni'^rs.

De Jehannin Carin qui devoit pour main mise à Loys Le Cavec(ier) et pour I ny ataint xv sols. Receu de ce xij sols vj deniers.

De Pierre \'arée. qui devoit xxx sols pour iiij amendes pour deffaut de gagement. Receu de ce xxviij sols.

Item. De Jehannin Monceron pour deffaut de gagement envers Jehan de Grantviller vij sols vj deniers.

De Auberi de Pontillois pour II gagemenz irespasséz envers Jehan Chevalier et Jehan de S. Omer, xv sois.

De Hébert Rive pour I ny aconsui contre Jehan Lescot, dont l'amende vaut vij sols vj deniers Receu de ce iv sols.

Dou serourge Perrin Monceron qui devoit vij sols vj deniers pour main mise à 1 homme de hors Receu suz ce vj sols.

(I) Montreuil-sous-Bois (Seine).

(2; Varcnncs, village de Scinc-et-Oise, à 5 kilomètres de Bric-Comtc-Robcrt.

240 IIISTOIKI; DB LA VIl.LK

De Gilebert Caquier pour fausse clameur contre Teveoin Hasart, ij sols vj deoiers.

De BeloD le Ribaude. d'une Tausse clameur pour Gilebert Caquier, xjsols vj deoiers.

II n'est pas entré dans ma pensée, en reproduisant ces divers documents, d'étudier l'orpanisation judiciaire de l'époque. L'n tel travail a été abordé maintes fois et, d'ailleurs, sfirtirait du cadre de celle histoire. Je n'ai eu d'autre but que de permettre au ktleur de jeter un coup d'œil sur

PLAN DE [.EMI'LACEMENT

occupé aujourd'hui par la Place Gauthier les prétoires de la seigneurie de Brie-Comte-Robcrt. sur les causes et les alïaires qui s'y jugeaient et en même temps de se rendre compte de la sévérité des condamnations et de la bienveillance avec laquelle, en général, étaient traités les délinquants.

Ceci dit, je reprends l'examen des comptes de la reine Jeanne en ce qui touche beaucoup plus directement la ville et SCS habitants.

Je n'insisterai pas sur les articles de recettes que j'appel-

lerai Je fondation. Tels ils sont exposés dans le compte de Tannée kv28 que j'ai reproduit ci-dessus, tels nous les retrouvons dans les années subséquentes. Mais à ces articles s'en joignaient d'autres qu'il nous faut mettre en lumière parce que nous y retrouvons des renseif^nements utiles.

Ainsi dans le compte de kv2()-i33(), se trouve sous la rubrique u Rachaz à Brave » la mention suivante :

De Simon de Vernoil, escuier, pour le rachat de la terre qui fu au Hrelon de Brave, à lui appartenant à cause de demoiselle Marguerite la Bretonne, sa famé, la finance de ce faite en quaresme CCCXXIX auz gens de Madame, si comfme) il appert par lettres de Madame, données le i" jour de mars CCCXXIX, viij livres, ij sols parisis, moienne monnoie courant ou dit temps, et viij muis, iij mines de grain, à la mesure de Braye, les ij pars froment, la tierce avoinne, tant pour le marc d'argent comme pour autres choses, vendu le froment au pris de ix sols parisis moienne monnoie. le setier, et l'avoinne ix sols vj deniers parisis, fort monnoie. chascun setier : vaut pour tout le dit rachat, tant en argent comme en grain, avaluô à argent sur les parties dessus dictes, la moienne monnoie avaluée à fo t, pour ce et pour tout xl livres, vj sols, ix deniers fort monnoie; senz ix livres sur iiij arrière fiez, lesquelles ix livres Madame li a quiliez de grâce especial par la ditte lettre.

J'aurai, en parlant des liefs, à m'occuper du Simon de Verneuil dont il est question et je rappelerai le passage qui le concerne. Retenons le prix du setier de froment, à la mesure de Brie, ainsi que celui de l'avoine. Le premier valait, nous est-il dit, 9 sols parisis, moienne monnoie; la seconde 9 sols, G deniers, fort monnoie, 11 nous faut, ici, ouvrir une parenthèse pour expliquer ces expressions, et en même temps d'autres déjà rencontrées dans les évaluations moné laires qui précèdent. J'ai déjà dit que Philippe-le-Bel avait essayé de trouver une source de revenus pour grossir le Trésor roval, à sec. dans rallérali<»n des mcmnaies. Ses lils ne manquèrent pas à la tradition paternelle ; ce moyen de gouvernement fiU plus cyniquement encore employé plus tard par les \'alois.

(]e n'est ici ni le lieu, ni le moment de faire un historique

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