‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 29 sur 58 · SCEAUX DE LA REINE JEANNE O'EVREUX · texte numérisé non relu

SCEAUX DE LA REINE JEANNE O'EVREUX

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Iletn. Pour refondre et reforgier le grand fer du dit moulin par le dit Le Fdvre. Ix sols.

llem. Pour chômage du dit moulin par II mois qu*il a esté oiseus pour les ouvrages et reparacions dessus dictes, par lequel temps il peust avoir gaingnié pour les fermiers d*icelui, I mui de bl6 selonc leur ferme et selonc se que trouve a esté par le receveur, en soy enf jurmant, de ce : pour ce, Ixxij sols.

Au compte de i332, nous trouvons également la mention suivante :

Pour I rouet tout neuf mis au moulin à vent de Brave pour ce que li viez estoit usez et despéciéz. baillié en tasche à faire à Jehan Briquet de Braye et livrer au sien merrien, à ce et tout quérir par lui et rendre tournant, viij livres.

Il n'était pas inutile de reproduire les détails de ces réparations. D'abord, ils apportent leur contingent de renseignements sur la vie de l'époque et fournissent, comme ceux qui ont précédé et ceux qui suivront, des indications précieuses sur le prix des choses courantes du temps, sur les salaires, sur les dénominations techniques. Ils nous disent ensuite l'état des lieux, nous permettant de sonder le passé des ins. lallations d'utilité générale et d'en déduire, en quelque sorte, le degré de prospérité et d'importance du pays. De ces foulons, dont il est parlé même brièvement, de ces moulins, comme des halles que nous allons voir, du pressoir dont il va être question, de toutes ces choses disparues, oubliées presque, se dégage inévitablement le sentiment que Brie était sinon la capitale de la Brie française, comme on l'a écrit, au moins son centre économique incontesté, comme elle était son centre judiciaire et seigneurial. Il n'est pas trop des documents que j'examine ici pour établir cette aflirmation, si on ne voit cette ville qu'à travers sa situation présente.

Le laconisme, si excessif qu'il soit, des comptes que je reproduis, nous initie aussi aux vicissitudes que traversa la région à l'époque où en est arrivée cette histoire. Nous en retrouverons d'autres preuves au cours du récit, mais j'en recueille une, à propos des moulins, et je l'enregistre aussitôt.

Quelques mots sont cependant néessaires. Sans vouloir faire un cours d'histoire générale, il importe de dire que le XIV® siècle vit commencer l'interminable et néfaste période qu'on a appelé la guerre de Cent ans. De i337 à 1453, la France s'est débattue contre l'étranger et contre elle-même, secouée par des dissenssions intestines et des luttes sociales. Est-il besoin de dire que la guerre contre les Anglais, comme les guerres civiles, acquirent plus d'intensité autour de la capitale du royaume, accumulant dans ses environs toutes les hideurs qui sont, hélas! Tenvers funeste de la gloire militaire r Xous aurons plus d'une fois à parler de ces faits ; constatons déjà, par les comptes de la reine Jeanne, l'état profondément troublé du pays. La sécurité était si précaire, à quelques cents mètres des murailles, qu'on ne put, même, en plusieurs circonstances, se servir des moulins dont je viens d'énumérer les réparations. Si peu éloignés qu'ils fussent de la ville, celle-ci se trouva, plusieurs fois, nous en avons la preuve, dans la nécessité de rompre toutes communications avec eux ; il y avait danger à aller aux moulins à eau, distants de quinze cents mètres à peine, comme au moulin à vent situé à moins de mille mètres. Il fallut, en effet, pour suppléer aux moulins de l'extérieur créer un moulin dans l'enceinte même des murailles. Deux lignes d'un compte nous le disent, mais avec éloquence !

C'est ainsi qu'on lit ce qui suit (i) :

Autre recepte a Braye du molin à chevaux.

De la value du molin à chevaux qui a esté faiz à Brave pour les g^uerres. assiz dedans le viez moustier. Nient ce qui est louéavecques les autres molins et si ne faict nient que a besoing.

Donc création spéciale nécessitée par les guerres et fonctionnement intermittent, quand le besoin oblige de recourir à ce moulin de fortune. A cette constatation, il faut en ajouter une autre dont l'intérêt ne saurait échapper.

C'est dans le riez moustier, c'est-à-dire dans la vieille église, que fut établi le moulin à chevaux. Pour la première

I ) A. N — K K, 4 f» 56 verso.

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fois, un document établit nettement l'existence de ce lieu de prières dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises ; il y a lieu de considérer qu'il nous est indiqué, ici, comme étant déjà ancien, bien qu'on puisse, dans une certaine mesure, regarder cette expression riez moustier, comme loirique, pour distinguer ce monument de l'église voisine qui était, dès lors, le moiistier neuf; cette remarque trouvera sa place lorsque je m'occuperai de l'église Saint-Eti-enne.

Nous observerons que, pour l'intérêt public, on n'hésitait pas, dès cette époque, à désaffecter un édifice religieux, car, de toute évidence, le vîez moustier ne put servir au culte pendant cette période. Il fut cependant plus tard, rendu à sa destination, comme nous le verrons par la suite. Quant à la situation du viez moustier nous pouvons la préciser. Cette église, indifleremment appelée la vieille ou la petite église (i), était dédiée à Notre-Dame. Elle s'élevait, comme

(i) <t ...Item unes autres lettres faictes et passées sous le scel du dit Bray le deuxiesme jour du moy de février lan mil quatre cens soixante et sept signées J. de Laval, en quoy appert Marguerite femme de feu Alain Lenfant, en son vivant vigneron, demeurant au dit Bray os nom et comme exécuteresse du testament du dit Alain Lenfant, avoir ceddé transporté et promis garantir à la dite Eglise (l'église St-Etienne) la somme de trente deux sols parisis de rente annuelle perpétuelle à prendre et percevoir par chascun au an jour de Saint Martin diver (sic) sur une maison couverte de chaulme, assis devant la pttite égide du dit Bray tenant d'une part la grand rue et d'autre part aux murs de la fortiffication de la ville du dit Bray. »

« A tous ceulx qui ces présentes verront, Jehan de Villeneur prévost de Biyc-Conte-Robert et Michel de Buz garde du scel de la dite prévosté, salut. Scavoir faisons que par devant nous, garde du dit scel des sus nommé de par monseigneur le duc d'Orléans, de Milan et de Valois, conte de Bloys, de Paris et de Beaumont, seigneur d'Ast et de Coucy, vint et fut présent en sa personne Jehan de la Forge, tonnelier, demeurant k Grisyl equel âc bonne volonté à ce non contrainct recogneut et confessa avoir renoncé et renonce par ces présentes à tout et tel droit portion, nom, raison, action, cens, saisine, seigneurie, propriété, possession et autre droit généralement quelconque que icelly Jehan de la Forge a et peut avoir, peut ou pourrait demander et réclamer ores et pour le temps a venir et ce sur une maison couverte de chaume, court, aisance, lieu, pourprins et accint ainsi que le tout se comporte séant au dit Braye en la rue aux frappiers droit et à l'oppositc (en face) du petit moustier du dit lieu de Uraye, tenant d'une part à la dite rue aux frappiers et d'autre part aux murs de la fortiffication de la dise ville de Braye. aboutissant d'un bout à Jehan Aubin à cause de sa femme et et d'autre bout à une place et maison qui fut Jehan de Courdon, mouvant de mondit seigneur le duc d'Orléans...» (28 août 1483). Le 19 décembre 1484, a Jehan Serbonne l'aisné, vigneron, demeurant au dit Braye-Conte-Robert... gonfesse avoir pris et retenu à tiltre de cens... de Michel Maillet ou nom et comme mareglier de l'église parochial Mons. Saint-Estienne du dit Braye... une maison contenant deux travées... séant au dit Braye devant le Boulery, qui naguère fut à Jehan de la Forge et paravant à Alain Lenfant, depuis appartenant à ladite fabrice, tenant d'une part à la rue aux frapiers, d'autre part aux murs et fortifficacion de la ville, aboutissant d'un bout à Jehan Aubin à cause de sa femme paravant femme de feu Alain

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rindique le plan que Ton trouvera plus loin, sur la place appelée aujourd'hui place Gauthier, parallèlement à l'église Saint-Etienne et tenant par son chevet aux maisons dans l'une desquelle se trouvait l'école, de là le nom de place de r ancienne école, qui fut donné à ce coin de la ville lorsque fut démolie l'église Notre-Dame et disparut le cimetière attenant.

Il est singulier que l'abbé Lebeuf, d'ordinaire mieux renseigné, ait pu écrire à ce sujet : « Les anciens prétendent avoir «»uï dire à leurs ancêtres que dans la place qui est au couchant devant lagrande église d'aujourd'hui, (ce qui est inexact car cette place serait alors le parvis Saint-Etienne et non la place Gauthier) il y avait autrefois une autre église paroissiale avec un cimetière contigu. Ils ont vu l'un des deux pignons encore existant, avec une maison aliénant dile Vancienne école,.. Des titres, anciens déjà d'un siècle, parlent de maison tenant à l'ancienne église, une ruelle entre deux... On ne se souvient pas de quel saint cette vieille église portait le nom. L'abbé Chastelain (Voyages 7nanuscrils) marque dans le détail qu'il fait des églises de cette petite ville : Une 1res ancienne chapelle ruinée, près le cimetière qui joint la paroisse. »

Cette tradition, à laquelle l'abbé Lebeuf fait une simple allusion était cependant bien vivace puisque, vingt-cinq ans après lui, je la retrouve, fort nette, dans un inventaire des titres, papiers, etc., appartenant à l'église Saint-Etienne,

I. enfant et d'autre bout aux hoirs feu Jean de Courdon, mouvant de mons'le duc d'Orléans. *♦

Archivei communales de Brie-Comte-Robcrt). 11 s'agit évidemment, dans ces trois docu-

rn:rnts de la même maison que l'on désigne tantôt comme placée en face de la petite église

1j petit moustier , tantôt devant le Boulery. D'où cette conclusion que le Boulery touchait

1 I petite église, comme l'inilique le plan, page 240.

hntin le ig décembre 1579. Jean de Beaurouvre, clerc de la prévôté de Brie-Comte-Robert. rw"(;oit des lettres passées par w Regnault de Bréban exécuteur testamentaire de feu Godefroy lie Faignëres, jadi> escuier. délaissant .i la dite Eglise (St-Etienne) demi arpent de terre pou»" foniposicion faite aux marriglier «t paroissiens de la dite église et fabricc du dit braye de la tbusse et enterrement d'ycelluy Godefroy qui seroit inhumé au pttit moustier, devant lostcl (Àc) Notre Dame. » *

D'autre part, on lit dans les archives de letat-civil de Brie-Comte-Robert, à la date du 4 octobre 1565 : a ...Geneviève Duchemin, femme de François Flanche, veut être inhumé au p^'tit cymetière de la petite église (?<Qotre-^ame. »

Nous voyons, par ces citations diverses, que le \iei et le petit moustier. la petite église et lVçli>e Notre-Dame sont une seule et même chose.

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