U HISTOIRE DE LA VILLE
Item. Pour J lire II fours à rentrée du jardin (i) MaJame far darriery pour faire une cloison autour le puis^ pour faire I pestrin^é autres choses appartenans aux diz four s ^ et paur faire une cheminée en la fruiterie et pour plusieurs fenestrages et huisseries : xx livra panais. :
Item. Pour faire une escriptouère (2) pour Thibant Dostun, pour i une chambre nécessaire (3) en la chambre au fisicien (4) respmidant (5) à une autre chambre aup(re's «6) pour faire le mur d'autour le prael (7) au tisicien et pour faire plusieurs huis et fenes- : très (8) : viij 1. xiij s. ij d. p.
Item. Pour faire une garde robe et unes chambres aysiécf amprôs (9) 'a tour quarrée devers la ville ' 10) : xxx livres parisis.
Item. Pour faite les aires (11) dessouz la chambre au conlessear et de la chambre Thibaut Dostun : pour ce, xl sois parisis.
Item. Pour faire les menguères où les chevaux au mestres de l'ostel furent hesbergiéz : xxxij sols parisis.
/tem. Pour faire unes chambres nécessaires nueves faites suz les fosséz pour le commun (12) : vj 1. p.
(1) Ce Jardin doit élre, à mon sens, regardé comme distinct des jardins dont il sera parlé d plus loin. Dans un document du XVII* siècle nous savons que l'on appelait jardin la baa4e ^ de terrain entre les fossés et les murs du château De même, on donnait aussi ce nom àM i terrain situé ûu de là da foisés, entre ces derniers et les murs de la ville dans la partie attenant au jardin de la ferme actuellement occupée par M. Derroubaix. On trouve, en effet. dans • le tableau indicatif des rues de Brie-Comte-Robert dressé en I7?<> cette mention ; « Uae maison et une cour commune attenant à la maison anciennement appelée la Trinité) et un jardiu tenant au mur de la ville i/u'on dit être dépendant du château, b
(2) ('abinet d'étude.
(5) Une garde-robe, cabinet d'aisance.
(4) Le médecin.
iS) Qui correspond, qui desiert aus»i. .
(6. J'avais lu une première fois (V. Le Château de Hne-Comte-Robert. liM>, in-8»; auprès, c'est" à-dire chambre voisine de la première, une seconde lecture me fait voir que le rcdactcir écrit ampti probablement pour umpres. Dans ce cas, on pourrait voir dans ce mot une comqK tion de amples venant d'amplius, ce qui signifiait une chambre plus grande que celle, votsne, dont il est parlé. Cependant on lit plus bas le même mot et le sens de la phrase laisserait j entendre que ampres est la pour auprès.
(7) Le poë e (appareil de chauflage). |
(8) Déjà à l'article précédent, il est question de huisseries et fenestrages. II est doutettit que dans le compte du maitre maçon, il puis.*^e être que.stion des bois employés pour ers fermetures, d'autant qu'on les retrouvera dan^ le mémoire du charpentier,. 11 s'ag;it. très i certainement, du percement, de l'encadrement, des montants et lintaux de ces ouvertures \ fait s à nouveau.
(9) Voir la note h précédente. 1 < 10) La tour carrée en opposition avec la tour Saint-Jean qui était aussi carrée. On l'appelait tour de Brie ou tour de la v lie. (^est celle dont il reste encore l'arcade ogivale dont Ic^ pied-daiits sont 'd'ailleurs à moitié enterrés. J'ai donné une vue photographique de cettt ruine comme frontispice du chapitre 11. p. S7.
Mij Faire les aires, doit, je crois s'entendre par la confection de l'endroit servant de plancher ou pouvant recevoir un plancher.
(12) Je conserve cet article dans la liste des travaux exécutés pour le château, bien qu'il semble que l'édicule dont on parle no le touchât pas, parce que on peut le considérer comme la conséquence de l'agrandissement du manoir.
Item. Pour les tuiliaux achetez pour les contrecuers (i)et les fours: xlvviij sols parisis.
Item. Pour faire une nécessaire en l'escripture meslre Henry, une sur les créniaux pour les chapelains et pour curer tous les nécessaires : xj livres x sols.
Item. Pour yraingnes (2) de fer mises en la tour devers la ville, pour voires mis illeuc (3) et pour autres ouvrages fgiz es aumaires (4) de la dite tour : pour tout ce xxij livres jcix sols x deniers parisis.
Item. Pour poindre (5) la chambre noz dames (6), le garde-robe, la sa/e et la chapelle et en plusieurs autres lieux de Vostel (7) Iviij livres xix sols vj deniers.
Item. Pour plusieurs ouvrages faiz à journées ou dit chastel c'est assavoir d'assouère (sic) tout le pavement des alées des créniaux, pour mieux tenir le plomb ; enduire de piastre la chapelle par en haut et par en bas. enduire de piastre la galerie Madame devers la court, et de enduire toutes les chambres pointes dou dit hostel (8) pour faire I portail de taille (9) (devant) la cuisine, faire contrecuers à cheminée et plusieurs autres menues choses, pour piastre chaux, sablonet pour tout : vj»» x livres, xvij sols ij deniers parisis.
\tem. Pour onvrages faiz^ contenuz en I compte rendu par Godefroy
(i) Contreciun, contre-cœurs, partie de la cheminée qui est entre les deux jambes, entre l'atrc et le tuyau.
(2) Probablemeut châssis destinés à recevoir des vitres (v. la note ci-après).
(3) Le mémoire doit, ici, mentionner une modification dans l'éclairage de la tour. Peutêtre, auparavant, cetse modification avait été faite à la tonrht-jean.ll semble que jusques là es fenêtres de cette tour n'étaient point munies de verres à vitre. Ce n'est qu'en 1330. c'est-à-dire au moment où ces réparations sont faites, que Philippe VI donna l'autorisation de créer à Bézu, en Normandie, la première fabrique de verre. Peut-être cherchait-on, en haut lieu, à encourager les débuts de cette industrie nouvelle en France.
(4) Armoiies. Ne faudrait-il pas voir dans ce terme les armoires contenant les archives et papiers du domaine.
(5) Peindre.
(6) 11 serait presque à croire que Jeanne d'Evreux et ses filles n'avaient qu'une chambre lorsqu'el'es venaient à Brie. 11 est vrai qu'à cette époque (1334-1 536) les enfants de Jeanne avaient à peine 6 et 8 ans.
(7) J'insiste à nouveau sur cette expression. L'ostel est bien ainsi la demeure propre de la dame du lieu ; l'ostrl était ainsi compris dans le chastel (v. l'article suivant du mémoire^.
(8) 11 est impossible de se méprendre à cette partie des travaux. Le maçon manque là la terminaison logique des constructions neuves qu'il avait faites antérieurement. Du reste, à un article ultérieur, il dit qu'il a fait la « fourme de la chapelle > dont il enduit les murs. Ce sont les agrandissements exécutés durant les années précédentes auxquelles le maçon met la dernière main. Il est à remarquer que c'est lui qui est chargé de la peinture des appartements- Ne les peint-il pas uniquement à un lait de chaux ?
(9) Je suppose qu'il faut entendre eette expression par portai] f n pierres de tailles. Elle ne me satisfait cepcdant qu'à moitié, mais je l'enregistre faute d'autse explication. Peutêtre faudralt-ii lire de cailU .'
de Fenières, pour faire la cave des jardins (/) viij^^ x vil sols ^ xj deniers (2).
lient, ^our la f^alerie nneve (j) des jardins Madame, tant pour tasches comme journées, chaux et piastre à et : cxviij livres iiij sols vj deniet^ parisis .
Item. Pour la fourme de la chapelle (4) tant poui achat de pierres comme pour voitures tasches et journées d'ouvriers : ij*^ xxv livres iiij sols, X deniers parisis.
Item. Pour III^ LXIX toises de mur fai:^ autour les jardins Mada-
(l) Le rédacteur veut évidemment parler, da» s cet article et ceux qui suivront mis en italique, des grands jardins du château, aujourd'hui la propriété de M. Orsat.Dans la carte hors texte qui accompagne ce travail, ces jardins sont nettement indiqués, fis étaient limités au midi par les Bergeries (qui peut-être en faisaient précédemment partie), à l'Est par le Cygne ou les carrières, au Nord par des masures faisant le côté droit du chemin de Lagny. le long du Tubœuf. A l'ouest, le plan les limite par la route de Paris, mais au XIV» siècle cette route passait plus haut entre le Cygne et Saint-Martin. Les jardins du château venaient jusqu'au fossé de la ville formant la suite des jardins aménagés le long des murs de la ville entre ceux-ci et les fossés du château. Une poterne percée dans ces murs et défendue par deux tourelles — dont lessubstructions se retrouvent dans les sous-sols de la maison de M. Paillard — mettait en communication le château et les grands jardins, en franchissant les dciix fossés parallèles.
(2) J'attire l'pttention du lecteur sur la rédaction de cet article. Les travaux exécutés font, nous est-il dit, l'objet d'un compte- rendu séparé fait par God^froy de Fenières, lequel était châtelain de Brie. Os travaux ont une certaine importance puisqu'ils se soldent par 177 livres 9 sols II deniers. A entendre le rédacteur du compte, il ne s'agirait, en l'espèce, que de terrassements, car il me serait /mpossible de comproiidre autrement le mot faire la cave. c'est-à-dire creuser. Quel est donc ce travail, grossier en lui-même, qui fait l'objet d'un compte-rendu spécial? Ne faudrait-il pas croire qu'il s'agit d'un souterrain creusé dans la longueur des jardins, et ^e dirigeant vers le Cygne ou les carrières jusqu'à la route de. Paris, ou plus loin, vers bois du Parc. On trouve précisément tl.insle terrain, qu'occupe M. Orsat aujourd'hui, des traces d'une voûte suivant cette direction. Pcut-otrc le compte-rendu spécial avait-il pour but de dissimuler l'existence de ce souterrain, d'en cacher l'étendue et l'orientation. On se bornait à c'iUt pour mémoire la dépense pour les registres de comptabilité, pour la balance des recettes et des dépenses, et le châtelain savait seul, dans l'entourage du seigneur, où se trouvaient ces souterrains et le parti qu'on en pouvait tirer. Cétait en somme une partie de la défense qu'il importait de tenir aussi secrète que possible.
(5 Y a-til quelque corrélation entre cet article et l'article précé»lent et faudrait-il entendre le mot galeaie dns le sens de voûte souterraine r I a chose pourrait être, mais cependant j'hésite a l'admettre. L'architecture de l'époque utilisait fréquemment la disposition en galerie. Nous avons dit plus haut que le maçon Piquart avait construit, à neuf, la galerie de la chambre de la reine, du côté de la cour. La galerie était un passage pour se rendre d'un point de l'habitation à l'autre. Peut-être existait-li une construction de ce g-nre pour aller du château aux jardins. Il aurait fallu alors que ci'tte construction partit de la porte du château sous la tour St-)ean et. dans ce 'cas. celle-ci n'aurait plus servi qu'au passage du seigneur, lacces de l'intérieur du château ayant lieu par la tour opposée, dite de la vilUe. Ou bien s'agit-il d'un refuge destiné à abriter les promeneurs dans le jardin en cas de mau vais temps. Quoiquil en soit, il semblerait qu'il existait déjà une galerie dans ces jardins puisque celle dont on parle ici est appelée galerie neuve.
(4) C'est évidemment de la chapelle Saint-Denis, tondée peu auporavant par la reine Jeanne, dont il est question ici. j'y reviendrai plus loin.
tne(i)j pour pierres^ voitures j chaux ^ piastre^ maçonnage et couverture : iiif xxij livres viij solsij deniers.
Item, ^our voires mis es fenêtres des dictes galeries Ci) : cxj sols ij deniers ob.par.
Item, ^our faire I pan des meurs es jardins (Madame [y] devers la ville : Iv sols pari sis.
Item. Pour faire rappareiller une maison que les busches (^) de la gai nison avoient despéciée et pour faire le cou (^) au milieu de la court et plusieurs autres choses nueves : xiiij livres xvij so/s, ij deniers ob. par.
(i; En donnant. plu« haut, la limite des Jardins, j'ai exprimé ]l'opinion que, peut-être, à l'origine, les ^ergeria en faisaient partie. En effet, si on jette un coup d'oeil sur le plan-carte on peut se rendre compte que cette longueur — 379 toises — correspond, presque mètre pour mètre, au périmètre des Grands Jardins et des Bergeriev réunis, en ne tenant pas compte du côté qui venait s'appuyer au rû ou fossé de la ville. 379 toises, donnent, en chiffres ronds, 740 mètres (738.67); or, lepérimétre sus-indiquémesure,en partant des fossés, 37 centim. ce qui, à l'échelle, accuse 740 mètres, la coïncidence est au moins curieuse. D'aurre part, à l'inspection seule du plan, il semble presque logique que le terrain des bergeries ait fait partie des grands jardins du château. Ces jardms avaient certainement une entrée sur le rû, des Ecorcheries, alors le chemin de Tournan, et, en face, sur la rue conduisant à la route de Paris et rejoignant cette dernière à l'EpinelIe. Cette rue avait à peu près la direction de la route actuelle qu'elle a déterminée.
f2) Si, comme je le suppose et comme cela est très vraisemblable, le rédacteur a voulu désigner ici la galeries du jardin, l'ancienne et la neuve, puisqu'il parle lui-même de la galerie neuve qu'il vient d'exécuter, on voit que j'étais fondé à attribuer au mot galerie un sens autre que celui de souterrain. 11 apparaît bien que les galeries, en question, lieu de passage ou abri, sont des constructions extérieures. Peut-être dans cette désignation /« dictet galeries faut-il comprendre la galerie des jardins et celle de la chambre de la reine.
(3) Cet article viserait la portion des murs des grands jaadins bordant le fossé de la ville (rû de Tubœuf). Cette portion était d'étendue très restreinte. J'y reviendrai plus loin à propos du mémoire du charpentier, Jehan de Mandres.
(4, Busches me paraît être écrit ici pour brisches. Mais si cette lecture est exacte je n'en reste pas moins embarrassé pour interpréter cet article. Brische ou briche est un vieux mot français qui signifie engin et particulièrement un engin de guerre qui s'appelait la bricole. Celle-ci semble avoir été une sorte de catapulte ou de baliste lançant des pierres ou des balles de plomb. Un passage de Froissard pourrait laisser cependant entendre que la bricole lançait aussi des traits : <k Et nous logerons au plus prez de la ville que nous porrons, hors du tr4it de leurs bricolles. » je crois que l'expression hors du trait coit être interprêtée hors de la portée. Mais si les brisches.dont parle le compte du maître maçon de la reine )eanne,sont les balistes de la garnison, il faudrait supposer que leur maniement causa des dégtâs à une maison voisine. Or. comme en 1 334-1 336, on étaii en pleine paix et qu'il n'est pas question d'une opération de guerre à Brie ou dans ses environs, force serait d'admettre que ces dégâts sont la suite ^exercices militairet. Je ne vois pas d'autre explication plausible si particulière que soit la conclusion à laquelle on arrive.
(5) Je lis bien cou, mais il y a peut-être fou. Godefroy ne donne pas le sens de mot. J'ivancc, avec beaucoup d hésitation cependant, qu'on pourrait peut-être interpréter ce mot dans le sens de puits perdu et supposer un argument en faveur de ma thèse. La disposition des maisons, jardins et autres constructions qui encombraient la vieille enceinte de 1208, la construction des nouveaux bâtiments, régulièrement distribués le long de cette enceinte, laissant sur leur milieu une cour, avaient dû nécessiter un système pour l'écoulement des eaux pluviales* Pour les pentes de la toiture regardant l'extérieur, ce n'était pas une difficulté, mais pour les autres } Il avait fallu songer à leur résnion d'abord, à leur absorption ensuite, ce qui devait se faire par un puits perdu, un trou situé naturellement au milieu de la cour.