‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 39 sur 58 · HISTOIRE DE I.A VILLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE I.A VILLE

appendances... revendront ei recouvreront de plein doit (sic) au Roy nostie dit seigneur et à ses diz successeurs et leur aians cause. ccssans tous empeschtmens, comme à vrais seigneurs et propriétaires et seigneurs de ce. ;Et sera son dit usufruit liny. coofuz ci adjoint en la propriété d'icclles saoi ce que les héritiers de la dite madame la duchesse, oc aunes, le puissent débattre ny demander en quelque manière avoir ou réclamer aucun droit pour quelque demeure , longue teneure et possession qu'elle ea teroit, ne autrement, par droit usage ou coustume. Es mains desquel X notaires, apréi tout ce fait, ycclic madame la duchesse de tout ce qui meut et peut mouvoir du Roy nosire dit seigneur ou d'autres des dtssusdities possessions et revenues se demi st et, par cei présentes, se démet du tout en saisine et propriétii en quittant le dit seigneur et autres de la foy et hommage en quoy elle pour ce est et puct eslri; envers eulx. Avecquei ce, en la présence des diz notaire?, bc démisi du lout ds mains de rivérend père en Dieu monsieur l'évesque de Pjtis, prirent à ce, et recepvaat icellc

. .0)(".' >"au est «appnJu à b pr«;ntcdonalinn. Par !■ photognphie qui «r reproduite ICI, nn ïûii ijue U duchrwe cit reprcaentir. .lehout dans une niche principale, accompainéi de deui aulfcsoii dï» anilf s ^ou^u■nnp^^. adtxtn-ct a «neslre un ecu parti d'OrlMniei* Krante. l.êEeiidr : S. BLAMCHK. FIMK FR ANCIE HT NAVARRE DVGSSÉ AVRELIAVEVSIS.

Ontrr sceau : Un parti d'Orléans et di- Krancr. n

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û»tre sceau : 1. «u d Orkaiis dans une ro.ac.' : t COTRE SIGILLV PHIL<,tl'Pl FlLtl REGIS FRACORV DVCiE AVRELlANHÏ.

DE BRIÊ-CiOMTË-RÔBERt 3?9

démission de la foy et hommage en quoy elle estoit et povoit estre envers lui pour raison des choses dessus dittes par elle baillées, voult consentit et accorda expre^^sément que le Roy nostre dit seigneur, par lui baillant ces présentes en soit et demeure saisy, vray propriétaire et seigneur et aussi que ledit monsieur l'évesque le recepte ou auir:î pour lui en sa foy et hommage pour tout comme il luy pourra appartenir, (i) Avecques ce voult, consentit et accorda que les nutres seigneurs desquiex aucunes parties d'icelles possessions et de leurs appartenances mouvroient et seroient tenues, le recepvent paisiblement ou autre pour lui au lieu d elle et en son absence, chascun au droit soy. de tout ce qui sera mouvant d'eulx et s'en mettent en leur foy hommage ou souffrance ou son commandement, sans nulz reffus. Et encore la dite madame la duchesse, pour greigneur confirmation de ces choses, fit, constitua et establit, par devant les diz notaires, ses procureurs, et certains messages espéciaulx. sans rappel, monsieur Adam de Guillonnel chevalier et chambellan (2). monsieur Nicolas Bracque. chvalier etconseillier (3) et maistre Jehan Pastourel conseiller du Roy nostre dit seigneur... En tesmoing de ce. à la relaciondesdiz notaires, avons mis à ces lettres le sceel delà Prévosté de Paris avecques le sceel de madame la duchesse, mis par le commandement d'elle pour greigneuret confirmacion de ces présentes, en la présence d iceulx notaires. Ce fut fait et passé le mardi vint trois jours du moys de septembre l'an de grâce mil trois cens soixante, et seze.

(Signés :) Fourquant P. de Montigny.

Comme sa mère, mais peut-être avec moins d'autorité, Blanche participa aux affaires du temps. Je signalerai, à ce propos, les quelques lignes par lesquelles le religieux de Saint-Denis signale son intervention au cours de la terrible

(1)11 ne faut pas oublier que, féodalement, la terre de Brie-Comte-Robert était vassale de l'Evéque de Paris. 11 n'y a à ce sujet qu'à se reporter à ce qui a été dit p. 219 et suivantes. Mais une fois entre les mains du Roi, cette obligation féodale n'existait plus. A ce propos, il est à observer que la famille de '^ric, comme on le verra par la suite, rendait foi et honimage, pour ses biens à Brie-Comte-Robert au seigneur de cette terre et non à l'évéque de Paris. Cette famille avait été par conséquent investie des fiefs qu'elle occupait à Brie par le seigneur de Brie, dans l'espèce par Robert I, de Dreux. Oette remarque détruit l'hypothèse d'une cession ou vente faite par un seigneur autochtone de Brie à Robert I, d'une partie de ses biens. Si cela eût été, ses descendants auraient dû rendre hommage à rdvéquc de Paris. Il faut bien que /a seigneurie de Brie fut ou bien achetée par Louis VI au Chapitre de Paris, ou confisquée sur un seigneur de la comté deCorbeil, vassal du Chapitre. Ceci donnerait plus de force à ce quej'ai avancé p. 84 et 85.

(2) On verra plus tard qu'une descendante de cet Adam de Guillonnel posséda un fief de Brie : le Colombier. Sa famille avait la seigneurie de Brunoy. M. Th. Lhuillier signale, dans sa notice sur BUnche de France dam la Brie ( Almanach Le Blondel, (1872, p. l yg) une a suerjacqueleine de Galloniel » (pobablement Gaillonnel) abbesse du Pont-aux-Dames. On sait tous les bienfaits q jcjeanne d'Evreux et sa fille accordèrent à cette abbaye,

(3) Nicolas Bracque que l'on a quelquefois qualifié de « financier véreux « fut un des conseiller; les plus influents de Jean le Bon et de Charles V.

36o HISTOIRE DE LA ViLLÈ

répression qui suivit la révolte des Parisiens (i) contre Charles VI, (ils et successeur de Charles V (2), en i383.

« Le second samedi du mois de février, écrit le chroniqueur (3), la duchesse d'Orléans arriva à Paris. Par ses douces paroles et ses instantes prières, elle essaya de calmer le courroux du roi et des princes 14), mais le temps de la miséricorde n'était pas encore venu. Tout ce qu'elle put obtenir, ce fut que l'on différât, jusqu'à la semaine suivante, l'exécution de sept malfaiteurs qu'on conduisait au supplice. »

Le même chroniqueur s'exprime ainsi au sujet de la mort de la duchesse d'Orléans :

«Depuis le mois de janvier 1392 (1393, n. s.), madame Blanche, d'illustre et pieuse mémoire, duchesse d'Orléans, comtesse de Beaumont et de Brie, et fille du feu roi de France, Charles, fils de Philippe-le-Bel et de l'auguste reine Jeanne d'Evreux, était atteinte d'une longue et douloureuse maladie. Quand cette princesse qui était d'un âge avancé vit que le mal empirait et qu'on n'avait plus d'espoir de la gruérir et que sa fin était prochaine, elle fit appeler en toute hâte des ecclésiastiques. Elle rendit le dernier soupir en leur présence le 7 février. »

Juvenal des Ursins (5) dit que Blanche « estoit de bonne, honneste et saincte vie, grande aumonière en sa vie, distribuant tous ses biens meubles aux pauvres, tellement qu'on y trouva comme rien. » Il ajoute qu'après sa mort «disait-on merveille de biens d'elle, et partout prières et oraisons se

(i) On lui donna le nom de révolte des maillotins parce que les Parisiens s'étaient, en cette circonstance, armés de maillets.

(2) Charles V était mort le 15 juillet 1380, à l'âge de 43 ans.

{}) Chroniques de Charles VI par les religieux de Saint-Denis (trad. Belluguet. I p. 239;.

(4) Charles VI et ses oncles parmi lesquels le duc de Bourgogne, Philippc-le-Hardi, si souvent, nou5 l'avons vu. l'hôte du château de Brie-Comte-Robert (v. p. 342. 343, 344).

(3) J«an juvenal ou plutôt Jouvenel des Ursins, historien, était le fils du célèbre Jean Juvenal des Ursins né à Troyes vers 1560. On a de lui une Histo'.re de Charles VI, d'où sont extraits les deux passages ci-dessus concernant Blanche, duchesse d'Orléans.

Cette famille possédait à Brie-Comte-Robert, des droits seigneuriaux ; nous trouvons, en effet, dans un Inventaire des titres de l'Eglise Siint-Etienne, conservé aux Archives communales, les artick'î. suivants :

a l.ectres faictcs et passées sous le •>ccl du dit Brayc le dix huictiesme jour du moys de décembre mil quatre cens soixante et sept, en quoy appert : Messire Jean Laumosnier. prebtre, comme procureur de noble homme Michel Juvenal des Ursins, escuicr. seigneur de la Chapelle messire Gauthier ;la Cl apelle-Gauthier. canton de Mornant) tvoir quicté et

bE BRiE-COMTE-ROBERt

faisaient pour le salut de son âme. » L'historien de Charles VI rapporte d'elle un mot qui peint le caractère de la fille de Jeanne d'Evreux : « Et disent aucuns que ce fut à cette duchesse d'Orléans, surnommée Blanche l'ancienne (i) (en 13921 que le roy Philippe de Valoys ou le roy Jean, son fils, parla un jour aigrement et elle luy respondit que si elle eust été homme, il ne luy eust osé dire ce qu'il lui disoit. >

Du long testament (2) que dicta la duchesse d'Orléans le 21 mai i3c)2, je n'ai à citer que deux lignes concernant Brie- Comte-Robert. Elle donne « aus curez et à l'œuvre de Braye- (>)mte Robert, à départir par moitié entre eulx, cinquante sols. » C'est tout ; il est vrai que, par la cession de iSyô,

promis faire tenir quicte Pierte Delaistre. marriglier de la dicte Eglise, du relief et rachapt de quatre arpents et demy de terre appartenans à icelle église, moavam en fief du dit escuierf assis terrouer du dit Braye, au lieu dit de Laval en allant aux mollit s le comte (la rue du Martinet aujourd'hi) moyennant la somme de soixante solz que pour ce il en avoit confessé avoir eu et receu.

a Lectics faictes soubz le scel armoyé des armes Jean Juvénal des Ursins, escuier, en quoy appert. Michel de Bui, comme homme vivant et mourant baille et présente par les marrigliers de la dicte Eglise avoir fait les foy et hommage que estoit tenu de faire pour icelle Eglise à cause de la terre dessus déclairèe, tenue et mouvant en fief du dit escuier à quoy avoit esté receu après le payement du proufRct de rtlief, rachapt, quindemeret indempnité pour ce deubz en quoy aussy appert que le trentiesme jour du moys de novembre mil quatre cens quatre vingts et huict, Michel Maillet, comme marriglier de la dicte Eglise avoir advoué a tenir a une seulle foy et hommaige du dict des Ursins à cause de sa seigneurie de Mornant, quatre arpens de terre ou environ séans près les mouUins banniers en deux pièces applain déclairées es dictes lettres.

<« Lectres faictes sous le scel armoyé des armes du dict des Ursins et signées de son seing le dix huictiesme Jour du moys de mars lan mil cinq cens et sept en quoy appert : Gabriel! le .V.açon, escuier, ou ncm et comme homme vivant et mourant baillé et présenté par les marrigliers de !a dicte Eglise avoir faict pour icelle les foys et hommaiges au dit des Ursins pour les dictes terres de luy tenues en fief à cause de sa seigneurie de Mormanl, ensemble le rcpice de l'adveu et dénombrement pour ce baillé à icel uy des Ursins escuier, par Sébastien Richard, marreglier de la dicte Eglise, ausquelz lectres sont attachées une quictance faicte et passée par devant Estienne Delaistre, tabellion du dict Braye, le dix huictiesme mars ou dict an en quoy appert le dict des Ursins, escuier, avoir receu du dict Richard, es dict nom, la somme de cin» quante six sols parisis pour le prouffict et relief qui estoit deu au dict escuier à cause de \.\ terre dessus déclairèe, ensemble huict sols parisis pour le chambellaige baillé â son homme.» Il semble résulter des dates de ces lettres que Jean Juvénal des Ursins, dont il est parlé, serait le fils lie l'historien.

(1) On la nommait ainsi pour la distinguer de Valentine de Milan qui venait, récemment d'épouser Louis, deuxième duc d'Orléans, et frère de Charles VI. (V., à ce sujet, ce que j'ai dit des deux duchesses d'Orléans, p. 357).

(2) Ce document a été pubMé in extenso par M. Gaston Vignat dans sa Note sur une des chapelles absidales di Sainte-Croix-d'Orléans (Orléans 1865, inS"). <* Cette pièce, dit M. Vignat, est formée de quatre feuilles de parchemins, collées autrefois à la suite les unes des autres et p:'éscnt.int réunies une laiig;.eur de i m. 90. La signature de l'un des notaires a été apposée sur les deux marges au point de jonction, ainsi qu'un sceau (sans doute celui de la Prévôté de Paris), pendant sur des lacs de soie verte. Tous les sceaux ont disparu. »

302 Histoire de la vili f1

Brie-Comte-Robert ne lui appartenait plus et qu'elle ne laissait pas dans cette ville les intérêts qu'y avait sa mère (i).

Charles VI donna, en apanage, à son frère Louis les domaines que possédait le précédent duc d'Orléans, mari de Blanche de France. Les habitants d''*Jrléans protestèrent contre cette nouvelle séparation de la couronne de France par l'organe de leur évèque Jean Xicot. Deux cents ans plus tard nous retrouvons un autre Jean Xicot, curé de Brie-Comte- Robert. Le nouveau duc d'Orléans se maria, à Melun, le 17 août rjS-) avec Valentine Visconti, de Milan. Les nouveaux seigneurs de Brie ne prirent possession dudomainequ'après la mort de Blanche de France (2), c'est-à-dire en iSgS. On peut donc considérer l'action de cette nouvelle famille seigneuriale à Brie comme appartenant au XV'' siècle, bien qu'elle apparaisse dans les toutes dernières années du XIV'. Par suite, je m'en occuperai au chapitre suivant.

(1) Cependant je relève, dans ce testament des libéralités dont mention doit être faite ici. Un article laisse à a damoiselle Jehanne de Gaillonnel, sa damoiselle, son bréviaire qui fut Yolente de Ptgoine, damoiselle ds sa ml*re (la reine Jehanne) » et dans un autre article elle laissa « à chacune des damoiselles de la ditte Madame la duchesse, c'est assavoir Jehanne de Gaillonnel, etc.. à chacune d'icelles vingt livres parisis avecques une des robes entières de ia ditte dame, c'est assavoir à la ditte... Jehanne de Gaillonnel et..., les trois meilleurs... excepté toutefois ses robes fourrées de pennes d'ermine. d

Jeanne de Gaillonnel. fille du baron de Gaillonnel et de Jeanne de Melun, était mariée à un seigneur de Brie, Arthur de Brayc, seigneur de Villemain et du Colombier, dont J'ai déjà parlé (v. p. 75, note) et dont il sera parlé plus loin.

Blanche laissait également à a messire Martin Cordier, son secrétaire, quarante livres parisis, avecques son cotidian de drap d'or sur soie azurée, fourni des choses qui en déppendent, avec une touaille brodée de lis et à rosettes, un corporailler, l'aumusse, rochet et surpliz où le prélat a accoustumé de chanter par devers elle. » Ce Cordier peut fort bien avoir appartenu a cette famille briarde dont nous avons vu plusieurs membres, Adam, |ehan» Robert, etc., occuper des fonctions de confiance auprès de la reine Jeanne d'Evreux.

(2) Blanche, duchesse d'Orléans, fut, suivant ses dernières volontés, inhumée dans l'abbaye de Saint-Denis, mais son cœur fut transporté à Sainte-Croix-d'Orléans et ses entrailles à l'abbaye du Pont-aux-Dames. a Dans l'église abbatiale du Pont-aux-Dames, dit M. Lhuillier (Almanach Le Blondel. 1872, p. i6l), la tombe qu'on lui avait consacrée se trouvait au milieu de la nef, près de la sépulture de trois autres enfants du roi Charles-le-Bel et de Jeanne (d'Evreux). Sur un marbre noir, la figure de Blanche ressortait en marbre blanc ; cette sculpture a disparu comme le couvent et l'église en 1793 ; elle fut recueillie pourtant, avec plusieurs autres tombes gravées, par un ancien notaire de Quincy, nommé Picard, qui les possédait encore à Lagny en 1819 et qui offrit alors de les céder, à vil prix, à l'administration. L'offre ne fut pas accueillie. Nous ignorons ce que sont dev mus, aujourd'hui, ces intéressants monuments funéraires. De la sépulture de Blanche dans la Brie, il ne reste plus qu'une trace ; c'est le dessin conserve dans la collection Gaignières (t. XV, f'"''j2, 73). &

hE lîlUli-COMTE- ROBERT

PIERRE TOMBALE Conservée dans l'Eglise Sainl-Elienne (1}

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