‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 45 sur 58 · PRUNAY · texte numérisé non relu

PRUNAY

Ileni. Le troisyéme fie tenu de moy arrière fie à ma dite dame la royne lequel lient mons Jehan de Cosigny. chantre en l'église Notre- Dame de Corbeil. cest assavoir : environ treize livres sept sols parisis de cens, portant ventes qui deus luy sont par an à la Saint-Iean et à Noël Dour certains héritages que plusieurs personnes tiennent de luy à cens assis en la paroisse et finage de prunoy en la chastelenie dEstampes les quieux héritages tiennent dun costé aux ceosives philippc de Mouraille escuier, anciennement dit des Murs durans

jusqu s aux champs en haut et de laustre costé de la ville de Vuns le chastel jusques à la rivière /tem. Un quart de droitnie par an et telle justice comme le dit mons Jehan a eu dit lieu.

1) Ne serait-ce pas un proche parent de ce Jean de Champs et de la famille du même nom dont il est question à propos d'amendes dues «pour plusieurs excès ». (V. p. 232 et 253).

(2) Viry-sur-Seine est une commune de l'arrondissement de Corbeil (Scine-et-Oise). La po>session de ce fief entre les mains de la famille de Brie serait un argument à ajouter à crux que je fais valoir p. 72.

{}) V. ce que je dis à ce sujet p. 73.

3q4 histoire de la ville

Un fief a Brie-Comte Robert ( i )

Ilem. Le quatrième fie tenu de moy arrière fie à ma dite dame la royne lequel lient Geoffroy le flament, bourgeois de Paris, cesl assavoir : trente et un arpens de terre ou environ et trois arpcns de préz ou environ, deuxsolz de menus cens, sept droitures, champars sur trente arpens de terre ou environ séans les choses ci -dessus dites et divisées à braye comte robert et ou finage dicelle ville et fut le fie dit Robert de Moullanc et ce plus y avoii trouvé ou dit fie ou es arrière fief en adveue le dit Simon (de Verneuil) à tenir de ma très haute e puissante dame madame la royne Jehannc. Kn tesmoings de ce je scelles ces lettres de mon propre s^el lan mil trois cens quarante trois le dimanche jour l'octave Jehan

Que l'on veuille bien se reporter à Tarticle des comptes (recettes) de la reine Jeanne (2) que j'ai donné plus haut et on y verra que « Simon de Vernoil, escuier, (est taxé) pour le rachat de la terre qui fu au Breton de braye, à lui appartenant à cause de damoiselle iMarguerite la Bretonne, sa lame.... » Je disais, même, en citant in extenso cet article que j'aurais à m'occuper de Simon de Verneuil, en parlant des tiefs. De ce qui précède — et je suis aise d'avoir donné, dans toute sa teneur, l'aveu ci-dessus, un des plus anciens, sinon le plus ancien que nous possédions, aussi clair et détaillé, en ce qui touche Brie- (^mte-Robert — on peut déduire que la terre de la Borde-Fournier vint aux mains des Verneuil par le mariage de Simon avec Marguerite de Brie. Nous voyons, en elTet, que le 7 janvier iSby « devant Liénart Pioche et Jean de • ospital, prévost de Melun. damoiselle Marguerite de Braye. dame de Verneuil-en-Brie, avoue tenir de la royne Jehanne cinquante cinq arpens de terre arables au lieu dit la Borde-Fournier, tenant d'une part au bois du parc de la dite

(i) Dans un aveu subrcquent du 31 mai 1452, rendu par damoiselle Marie Laugucr, veuve de feu Nicolas Bernart, escuier de cuisine du duc d'Orléans, il est dit que les objets ênumérés ci-après sont situés de la façon suivante : Les trente et un arpents de terre, en plusieurs pièces, savoir : <* 7 arpens ou environ séanz au thuebœuf : 5 arpens de terre ou environ au chemin du parcq . 4 arpens de terre ou environ aux préz le Roy ". 3 arpens de terres ou environ en la vallée de Gaingot ; 3 arpens séans a Monteguin ; 4 arpens au marchés de Randost ; I arpent tenant aux héritiers Simon Morin : 7 quar iers séans au moulin ; 2 arpens et demi (trois arpents) de prez aux préz le Roy. ». A cet égard il faudrait ne pas oublier, je crois, qu'en 1235, un Auby le Ramant vend à l'Hôtel-Dieu de Paris certames terres situées à Rubertin. (^'est a Rubertin qu'étaient les près le Roi (V. p. 178) et c'est au même lieu que Geoffroy le Flamant possède un fief en 1543. Ne serait-ce pas la même famille ?

DÉ BRIE-COMTE-ROBERT SgS

madame la royne, aboutissant sur les terres du brueil (le Breuil) et sur les prés de la dite demoizelle ; onze arpens de terre en une pièce séans devant la Borde-Morin, tenant d'une part aux terres du Brueil ; deux arpens de terre séans audit lieu tenant au chemin des Bordes à Braye, etc., etc. » et le ir) juillet 1070, Symon de Verneil, escuier (i) rend foy et hommage pour la Borde-Fournier « qu'il tient par la mort et trespassement de damoiselle Marguerite de braye sa

mère »

Nous avons ainsi la certitude que Simon de Vernenil (2) est devenu propriétaire de la Borde-Fournier par son mariage avec Marguerite de Braye, fillt du Breton de Braye. Et de tout ce qui précède, comme de ce qui va suivre, nous tirons également cette conclusion que la famille de Brie ou de Braye possédait tout le nord du terroir de Brie-Comte-Robert, allant de Villemain à la Borde-Fournier, y compris le Co ombier. II nous faut également remarquer que le fief de la Borde- Fournier consistait, en ce moment, uniquement en terres sises devant les Bordes. Il n'est pas question, en effet, ni en i343, ni en 1370 de maisons, manoir ou habitation élevés en ce lieu, et cependant la Borde implique une construction quelconque, si misérable fût-elle, couverte de chaume, de joncs. 11 faudrait donc admettre qu'au 14* siècle, la Borde dénommée Fournier, n'existait plus ou était en ruines. Ce sont probablement les ruines que Ton signalait au 17" siècle aux abords de la mare pierreuse. Nous aurions ainsi une date approximative de la construction de la Borde-Fournie^*, la où elle est placée aujourd'hui. L'aveu du 3i mai 1462 ne parle pas enc re de manoir. 1 e lieu est ainsi spécifié : « Une motte de terre enclose à fossez, communément appelée la Borde-Fournier. » Ce n'est que dans un aveu du 16 août i55o que je relève l'aflirmation de bâtiments élevés sur ce point. La déclaration de cette époque est libellée comme suit : «L'hostel, fief, terre, etseig eurie nommée et appelée la

(1) Evidemment fils du précédent. C'était dans certaines familles, de conserver la tradition de génération en génération, le même prénom donné généralement à l'aîné. On avait ainsi des Jean 1, des Jean II... des Jean X, par exemple, comme une dynastie régnante désigne ses chefs.

(2) Verneuil-l'Etang, cemmune du canton de Mormant.

3g6 HISTOîRË DE !-A VII.Î.È

Borde-Fournier en brye, ainsy comme le tout se comporte enclos de fossez avesques le jardin joignant clos de hayes. » Par contre, dans ces derniers aveux, il n'est plus question des Bordes. Par ailleurs, le2C) janvier i5o5 1 1), il est question de la Borde Morin et de la Borde Fournier. dans le texte suivant : « Les maisons, maisures, granches, bergeries. estables et lieu de La Borde Morin (2) assis entre le dit Brave et Ferrolles, tenant, d'une part, au chemin, et d'autre part, aux religieuses de Jercy (3), aboutissant, d'un bout sur les terres de la Borde-F'ournier. ». Il reste enfin, à souligner ce fait que de la Borde, c'est-à-dire de la famille de Brie, relevaient des lief^ situés autour de la Ferté-Aleps. J'avais fait cette constatation déjà en parlant de»^ Brie dont Texistence au i3« siècle était authentiquemcnt prouvée.

A lire les aveux qui précèdent, il semble que cette famille de Brie eut au milieu du 14* siècle sur le territoire un seul représentant,Jean de Brie(4).Nous venons de le voir tenantle lief de Villemain mouvant de la Borde. En la même qualité, il rend l'aveu suivant pour sa propriété du Colombier :

Cy après est esclarci le ht que tient de moy (la reine Jeanne) Jehan de brave escuier (5).

Ce sont les choses que. Jehan de braye, escuier, seigneur de V^illememain, adveue a tenir en fie a une foy et hommage de très haute, noble et très puissante dame madame la royne Jehanne. royne de France et de Navarre, premièrement : ma meson de braye, appelée le Coulombier, la granche et les jardins avec toute la contenance d'icelle. Item. Environ cinquante et quatre arpens que pré- que terres, séans ou terrouer de braye en plusieurs pièces et vault l'arpent vij solz ou environ de rente par an. //ew, en la dite ville, sept

(i; Archives communales de Brie-Comte-Robert.

• 2) A la page 189, j'ai fait mention d'une vente faite à l'Hôtel-Dieu de Paris par Guillaume Morin et sa femme Alix, du consentement de son père Jean et d'^melina, femme de cedernier. de i'ierre Morins. et avec l'agrément de Pierre de Brie. Il est hors de doute que l'une des bordes de Brie prit le nom de Borde Morins du nom de cette famille.

I 3) On a vu plus haut que Artus de Pommeuse avait acquis des terres touchant aux Borde^ et qu'il les avait données à l'abbaye de Jarcy.

i4 II a été dit plus haut dans l'aveu de la Borde-Fournier qu'un Thomas de Brie était posse.sseur du fief de la Grange-de-Brie. près la Ferté-Aleps.

(S) Dans 1 imbroglio des droits féodaux se glissèrent des erreurs ou des prétentions qui modifiaient parfois les mouvances. C'est ainsi que plus tard le Colombier fut avoué comme rele. vant de la Borde Fournier en plein fief.

houstises et la seigaoirie et justice de vavassoir. Item, les forages du vin qui est vendu en la dite ville au détail... (L'an 1343 avant la Saint-Thomas, apôtre).

J'ai plusieurs fois cité, tant au 12'^ qu'au iS*' siècle, des seigneurs portant le nom de J5r/e, mais sans qu'il fut possible de les relier entre eux. Au 14" siècle, ce travail présente moins de difficultés. Il existait sûrement au commencement de ce siècle un Jean de Brie ; il a été donné plus haut description de son sceau, d'après Clairambault (i). Il est appendu à une quittance de gages, en date du 29 mars i3i5. Je crois devoir en rappeler ici la description : « Sceau rond de 18 millimètres. h^at à deux haches adossées en pal. »

Dans une note sur le fief du Colombier, dont j'ai eu la faveur d'avoir les bonnes pages, M. Mottheau, de Brunoy, cite des « lettres royaux ' > , par lesquelles Philippe-le-Bel autorisait, en 1297. Miles de Noyers, chevalier, et Jeanne de Montbôliard, sa femme, à acquérir, dans ses propres domaines, cent livrées de terre et de les donner cunorties à GeolTroy du Plessis, notaire de l'Eglise de Rome 0. M. Mottheau ajoute que GeoflVoy céda à l'abbaye de Jarcy-en Brie, de ces mêmes biens, soixante arpens de bois, au-dessus de Quincy , que Jean de Brie, seigneur de Villememain et gruyer de Sénart, amortit moyennant six vingts livres parisis. Il peut se faire que ce Jean de Brie, seigneur de Villememain, fut le même que celui dont je relève faveu ci-dessus, en 1343, le même que celui dont j'ai rappelé la quittance de gages, datée de i3iS. U se peut également que ce même prénom, Jean, désigne deux individus difTérents, mais, à coup sûr alors, l'un fils de l'autre ou appartenant par des liens très rapprochés à la même famille.

M. Mottheau dit dans son travail : « Son fils (le fils de Jean de Brie i, Thomas, épousa l'une des héritières de la seigneurie de Brunoy qui lui apporta les fiefs de la Voulte et de Voisins dont mouvaient les Glaisières de Villecresnes et le petit lief de Paradis et d'Enfer de Mandres. Il en fit hommage et aveu

I ; V. notf p. 75.

(2; Archives départementales de Scinc-et-Oise (cote citée par M, Motheau).

SgS HISTOIRE DE LA VILLE

au roi en 1364. » C'est évidemment de ce même Thomasdtî Brie dont il est question dans les comptes de l'Hôtel au \4fA] au ib" Siècle: « Saussevert, messagier de pied, envoie dti Paris à Braye-Comte-Robert, porter lettres de par le Royà' messire Thomas de Brie, dymanche xxiiij jours de mm (i38()), le roy disner à Corbeuil, giste à Meleun, argent vnj sols parisis. »

Pierre de Brie, dont Clérambault signale le sceau exact^ ment semblable à celui de Jean, au bas d'une quittancede gages du 7 novembre i3(j6, était certainement le fils de Thomas. M. Motthcau reproduit, du même, une quittancede gages du (j août i3()6, où Pierre se qualilie de « grruyerdela forêt de Sénart », titre que possédait Jean de Brie, son aïeul. Il sera question au siècle suivant de son fils, Artus, dont j'ai déjà donné, d'après Clérambault, une quittancede gagesde 141?.

M. Alottheau, qui s'est demanda lui aussi, quelle pouvait bien être l'origine de cette famille, cite Drouin de Brie('!226), Herbert de Brie (i235), Albéric de Brie (1245), inscrits au cartulaire de Tabbave d'IIverrcs parmi les bienfaiteurs de Tabbaye et les considère, avec quelque apparence de raisc»n, comme des représentants de la famille de Brie, demeurant à Brie. Il y ajoute également, non sans logique, Agnès de Braye « qui succéda, comme abbesse, à Marguerite de Courtenay » (i3r2-i3i7). M. Mottheau n'est pas éloigné d'admettre que certains bienfaiteurs désignés sous le nom générique de Briard, dont le premier, Odon, apparaît en ii5o, appartiennent à la famille de Brie, bien qu'il n'ait pu saisir les liens de parenté.

A la vérité, il est extrêmement diùicile de rien savoir au juste sur les commencements de cette famille. La (]hesnave-Dosbois et Badier disent que cette famille est, en etïet, une de ces anciennes maisons dont on ne peut fixer l'origine (i). Ils enregistrent que <' dans un ancien Iléraidl d'armes de l>rc. ta</nc, il est fait mention d'un Noël de Brie, comte de Nantes. du temps d'Hugues Capet. X'est-il pas curieux, à ce propos,

1 l'uiionnaiic de U tiobiene, loinc IV. p. 117.

"-de rappeler au'on a pu voir ci-dessus, le tief de la Borde- ^ Fournier avoir été la propriété de Breton de Brie, et sa lille - appelée Marguerite la Bretonne. La Chesnaye et feadier, ": continuant leur énumération, parlent d'un Anseau de Brie, ^•favoride Fouques, comte d'Anjou et roi de Jérusalem, en i^ .1102. J'ai eu également à citer un Anseau de Brie (i), mais vivant à une date bien postérieure (i258) et signant des .: contrats datés de Corbeil.

La Chjsnaye semble faire découler des Brie, ci-dessus, d'un : J^an 1 de Brie, marié à Marguerite de Goulaine et vivant en ,. i3o3. Nous avons eu à constater qu'un Jean de Brie, seigneur -. de Villememain, existait, lui aussi, au commencement du . 14*' siècle.

De ce Jean I de Brie, La Chesnaye fait descendre, probablement, un Jean II qui se marie avec Françoise de Serrant (d'où la maison Brie de Serrant) (2) et qui meurt à la bataille de Poitiers, le i3 septembre i356. (3) Ne serait-ce pas un frère du Thomas de Brie, ci-dessus signalé.

Mais, La Chesnaye signale un autre membre de cette famille, Louis de Brie, seigneur de Sablonnières ctdeGeville en Beauvoisis, qui épousa Jeanne de Boulainvillers, lille de Perceval, seigneur de Boulainvillers et de Jeanne de Gournay.

(l) Il est à peu près probabk que c'est de ce même Anseau de Brie dont il est question à maintes reprises dans la Chronique de l'Ile de Chypre (coUect. des documents inédits sur l'Histoire de France, mélanges historiques, tome V.) et qui fut le héros d'un duel avec un certain Arnaury Barlas, duel qui est narré, dans ses moindres détails, par le chroniqueur. Ce dernier nous a même conservé le portrait d'Anseau dont il se plait d'ailleurs à raconter les diverses prouesses.

(i Ansian era giovane, membruto, e ben fatto, vigoroso, bianco, biondo, e de una bella cicra. et perché era giovane, non troppo experimentato nella battaglia li suoi parenti et tra gli altri Gioan d'ibliii, il quale era germano di suo padre, l'haveva avertito di moite cos:? chc dovera farc combattendo.... »

« Anseau ctait jeune, solidement bâti et bien fait, vigoureux, blanc, blond et d'une belle stature et. parce qu'il était jeune, assez peu expérimenté à se battre, ses parents et parmi eux Jean d'Iblin. lequel était le frère (germain; de son père, l'avait averti de tout ce qu'il avait à ^aire en eombattant. n

Ce duel eut lieu en 1227, et puisqu'Anseau nous est représenté, à cette époque, comme jeune de corps et d'expérience, il n'y a rien d'extraordinaire à admettre qu'il signa en 12^ les actes publics que j'ai cités, p. 190. (note). La même Chronique mentionne, en IÎ07, un Jean de Brie, un Thomas de Brie, un Gui de Brie, en 1310, un Jean de Bric, fils de Boémond.

ij Serrant, en Anjou. Ce sont les Brie d'Anjou.

(3) Rapprochement curieux. Le fils de Jean 1', de Brie, Jean lU, épousa Jeanne de Dreux, une des filles de Robert 111, de Dreux, qui fut seigneur de Bric-Comtc-Robcrt.

Les armes de Louis de Bric sont : cVai^ur, à deux haches d'armes adossées en pal, c'est-à-dire identiquement celles des Brie, habitant Brie-Comte-Robert et qualifiés de seigneurs de Villemain et du Colombier. C'est évidemment ce même Louis de Brie (i) qui est qualifié de seigneur de Boissy-le-Ghâlel (2) et de Sablonniêres (3) (i48()) lequel était propriétaire « du tîef de La Noue, (4) le long" du vieux grand chemin qui va de Pont a Leuge à Resbetz. »

(Juant à la seigneurie de Boiilainvillers, dont PercevaK beau-père de Louis de Brie est seigneur, j'y verrai plutôt Boulivillers, aujourd'hui ferme de la commune de Rebais et cela me conduit à parler ici un aveu du 24 mai i5o4, dont M. Mottheau reproduit quelques extraits et duquel je détache le suivant : « Un autre lief, tenu en plein tief du molin de Bescherelle et en arrière fief des dits escuiers que le dict Bourinvilliers occupe de présent et fust à feu Pierre de Brye. .. d

Bourinvillicrs, Boulainvillers, Boulivillers, me paraissent le mjme nom, diversem^int orthographié ce qui me ramène à dire que Louis de Brie appartient à la famille qui nous occupe. On se rend compte à cette courte et sèche énumération des obscurités ou, pour être plus exact, des diflicultés du problème, relatif à cette famille, singulièrement intéressant cependant, puisqu'elle r)ccupait, selon toute apparence, le sol briard bien avant le comte Robert lui-même.

11 était, enlin, un dernier lief, mouvant du château de Brie- Comte-Robert et de récente création au XIV** siècle. 11 prit le nom de tief Saint-Denis. C'est à son sujet que fut rendu Larrêt de Servon en 1G6G, arrêt dont j'ai déjà parlé et dont j'aurai à reparler encore.

J'ai reproduit plus haut (5) une donation faite par Jeanne d'Evreux aux religieux de l'abbaye Saint-Denis, où il était spécilié entre autres choses que la reine donnait : « quatre vingt quatorze livres trois sols neuf deniers tournois de rente

(1) Alnianach Le Blondel 1878, p. 1^4.

(2) Coniinunc du canton de Coulomniier>.

(51 Commune du carton de Rebais, arrond de t^oulomniicrï..

(4; Ferme de la commune de Sablonniêres.. (5: V. p. 214. 21Î et 217, notes.

L« FUf de Saint-Denis

A.pnrtcduMousticr

B. rur drs Fripiers ou Madcicin

I). ï^diM ^'int'Ëticnne.

E. riic Dii>»r»sc.

K, coin (jM>nt[R.

G. rue du Puits Sillé.

H. lïpuils Salit.

N. Four binil âr Siint-Ocnit,

S, rue du Mourtiir (de TEglisel.

T. les fours binnirn du Ollteiu.

à prendre par les religieux de Saint Denis sur la châtellenie de Brie-Comte-Robert que la dite dame royne leur a donnée jusqu'à ce qu'elle leur ait donné un autre fond de pareille valeur bien et dûment amorti. »

Pour amortir cette donation, Blanche de France, par lettres patentes en forme de donation, de décembre iSyô, céda aux religieux de Saint-Denis généralement tous les droits qui lui appartiennent dans Brie-Comte Robert, comme venant des doyen et chapitre de Notre-Dame de Paris. On doit se souvenir que Jeanne d'Evreux avait échangé ses propriétés à Dampmartavec celles que le chapitre de Paris possédait encore à Brie-Comte-Robert. Ce contrat d'échange a été publié dans un chapitre précédent, (i)

Ce furent ces propriétés qui, à dater de iSyS, appartinrent aux religieux de Saint-Denis. Elles constituaient un fief avec son prévôt, et ce droit de justice était jalousement défendu par les religieux (2.) contre les entreprises du prévôt du dr)maine. Les deux juridictions se touchaient puisque le prévôt du Seigneur de Brie avaitdroit jusqu'au coin Quentin, c'est-à-dire à l'intersection de la rue de l'Eglise et de la rue des Halles. Au delà, du côte de la place de riIôtel-de-Ville, s'étendait le ressort du prévôt de Saint-Denis. 11 est facile de comprendre que dans de telles conditions les empiétements d'une justice sur l'autre et les conflits en résultant devaient être incessants.

Le tlef Saint-Denis se composait surtout de la place de l'IIôtcl-de-Ville qui était, ainsi que j'ai eu maintes fois l'occasion de le dire, le lieu où se tenait le marché appartenant à l'Eglise de Paris. Cette place portait anciennement le nom de place du Marché aux pourceaux et prit après celui de place royale qu'elle a conservé jusqu'au nf siècle pour recevoir ensuite celui qu'elle porte aujourd'hui.

Si peu étendu qu'il fut. ce fief constituait un revenu appré-

\\) V. p. ly-i et 2y).

i2) Hn 1416. en 1448, en 1472. notamment, ou trouve des lettres royaux obtenues parles religieux contre le prévôt de la justice du duc d'Orléans lequel entreprenait sur leur justice.

ciable puisque, dans l'acte d'échange de ^^46, il est évalue à 55 livres parisis.

Kn outre des droits de justice et de marché, le lief possédait également un four bannier, situé sur la place même. Il était dans la troisième maison à gauche, en sortant de la petite porte de l'église. Le plan de lySG l'indique comme suit : « A la V'^^ Nicolas Cochard, une maison bâtiment et une petite cour tenant à Louis Patron, et sur la place royale où était le four banal du lief Saint-Denis. » Mais, primitivement, il occupait un autre immeuble non loin de là. En 1612, le sieur Portas échangea une maison qu'il avait sur la place aux pourceaulx (place royale) avec une maison des religieux de Saint-Denis, sise sur la même place, « à charge par lui de faire faire un four bannal en la maison par lui transportée au lieu de celui qui était dans l'ancienne maison, (i) » (>ette ancienne maison peut s'identifier au moins en partie avec celle qui appartient aujourd'hui à la famille Boucreux. ('2)

Je ne serai pas éloigné de croire que la « justice » du lief fut alors située au même endroit. Au siècle dernier on la trouve occupant l'emplacement sur lequel sont aujourd'hui le hangar des pompes il incendie, une partie de l'école maternelle, les chambres d'hospitalité municipales. Sur le plan de 1736, ce lieu est ainsi désigné : « A la V^^ Antoine des Agneaux (3), une maison et cour, tenant au S'Guillot et sur la place royale, appelée la maison des trois piliers où se tenait la justice du lief de Saint-Denis. » Or, au XV*' siècle cette maison appartenait à des particuliers. Elle est mentionnée comme suit dans un registre conservé aux Archives communales, registre

(I l.a situation de la maison que François Portas reçut, en échange, des religieux de Saint- Denis, est indiquée par les tenants et aboutissants d'immeubles spécifiés dans certains actes conservés aux archives notariales de M. Camus a Brie-Comte-Robert et dressés par Doguet, notamment le I9juillet \b^) et le 51 mai 1649.

(2) Les caves de cette maison sont particulièrement intéressantes. En les visitant, on se rend compte qu'elles ont dû servir de sous-sol à un immeuble important. Si, ce qui est à peu prés certain, elles appartenaient à l'ancien four banal de Saint-Denis, elles furent auparavant la propriété du chapitre de Paris, comme il a été expliqué ci-dessus, et c'est lui qui fit construire ces solides voûtes aux arêtes bien dégagées, aux arcs soigneusement établis et aux piliers caractéristiques.

(5) Les Agneaux, château situé sur U commune d'Ozoir-la-Ferriére, canton de Tournan, arrond. de Mçlun,

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