X) HISTOIRE DE LA VILLE
des titres de Véglise Saint-Etienne (i), dont je parlerai en son lieu, sous forme de Lettres dont voici la teneur :
f. étires Je la déJicasse et les pardons et indulgences de la dicte église
données par notre satnct père.
Item unes lectres faictes et passées sous le scei de la prévosté dn dit brave le mercredi vingt deuxiesme jour du mots dt febvrier mil trois cens soixante et dix neuf signées J. Bonté, ea quoy appert Racal Picart ei Gillette sa femme, bourgois du dit braye, à nous recognat comme feu GodcfTroy Piquart, père du dit Raoul, meu de dévocion cust faict dédier la dite église mons. Sainct Estienne et fait constituer en la dite église, confrarie de la Dédicacion en Ihoaneur de Dieu, de sa benoiste mère et mons. Sainct Estienne patron de la dite église, et icelle confrarie, le dit Godeffroy Piquart cust voulu fonder et dooer la some de quatre livres parisis de rente à tousjours. selon certaine institucion et ordonance faicte par le dit Godeffroy rédigez es dictes lettres en quoy aussi appert que les pardons et indulg-ences dessus declairez donées par le Pappe Innocent sur larticle inventorié U) furent publiées en la dite église mons. Sninct Estienne par Messire Jehan de Meullanc. evesque de Pais, par levesque de Carpentras, son vicaire, lan mil trois cens soixante et trois le dimanche de •5\fwr/co;(fij tA;/;///// (j), auquel jour la dite église fui dédiée et ordona icelle dédication estre célébrée au dit jour et dona quarante jours de vray pardon et lict les ordonances cl con*^titution dicelle confrarie à linstancc du dit Ciodciïroy applain declairez estre lettres en quoy, entre aultres choses, appert que les curez de la dicte église le lendemain de la feste de la dcdicacion feront cellebrer une messe de 'hiejjuirm pour le salut de lame messire Estienne de la Fontaine, jadiz curé du dit braye. qui les dits pardons et indulgences impétra du dit
(1) Conservé aux Archives commun.Tics de Brie-Comte-Robert.
(2) Larticle inventorié dont il est parlé ici est celui qui. dans Y Inventaire, précède immédiatement \*"> Lettrei de la didiiace. Il e^t ainsi conçu : « Letlrc^ des pardons tt induls^ences donees pcr notre sainct père le pape. — Item unes lettre> et bulles donées en Avignon sous les sceaulx du saint siet;e apostolique, en quoy appert le pape Innocent avoir donné et relâché à tous vrav> confis et reppent;«ns qui visiteront dévotement la dicte église mons. Sainct Estienne de Brave (2omte Robert et donneront de leurs biens, le jour de la Nativité Nostre Seigneur, de la Circoncision, le jour des Roys. de lApparition. delà glorieuse résurrection, de la sumption delà Penthecoste, toutes les Testes de Nostre Dame, de Sainct Michel, de Sainct Jehan baptiste de Sainct Pierre et Samct Pol. de Sainct Jehan appostre et évangélistc. de Sainct Jacques de Sainct Hstienne. de Samct Marc, de Sainct Martial, de Sainct Nicolas, de Sainct Liénard de la dedicas»ie de la dicte église, de la teste de Toussains et le jour du grand vendredi un" an et quarante jours de leurs p-nitences enjoinctes par chascun jour des dictes festes.
fV Mtscncord'a domini sont les premiers mots de Vlntroït de la messe du dimanche après (luasimodo. On sait ijue les dimanches qui précédent et suivent ceux de la Passion et de Pâques «ou a n>i désignes.. Le dimanche avant la Passion est Latare ; celui qui le précède OcvlU c?lui qu suit Pâques Qit.nirrxodo, etc.. etc. Misericordia domini est donc \c second dimanche «près Pa ]ies.
papp: Innocent, son maistre (i), et aussy pour les âmes des frères et conseurs de la dite confrarie trespassez. En quoy aussy appert le dit GodefTroy avoir ordonné une messe estrc cellebrée chascune sepmaine au jour du lundi à perppétuité au grant autel de la dite esglise pour le salut de son âme, de ses père et mère, des confrères et des conseurs de la dite confrarie laquelle messe seroit et est fondée de quatre livres parisis de rente annuelle et perpétuelle à prendre chascun an, cest assavoir tant sur une meson assise de les la dicte esglise tenant dune p.irt à la meson feu Arnoul Foulcher, chargée de quatre deniers parisis de cens et de quatre livres parisis de rente, decquelz quatre livres les maistres et proviseurs de la dite confrérie en pourront prendre vingt solz après le dit fons de terre, comme sur dix arpens de terre scituez et assis de les le chemin qui tend du dit brave conte robert au Breil (2) tenant dune part aux terres maistre Jehan de Beaurouvre, clerc, et aux terres Symon de Verneil, escuier, lesquelz dix arpens de terre le dit Godefroy avoit faict admortir lesquelz furent prisiez à pris de terre à la valleur de soixante solz parisis par an et que iceu'x dix arpens seroient baillez par les maistres et proviseurs de la dite confrarie po ar et ou prouffict dicelle comme au plus offrant et dernier enchérisseur, et lesquelz dix arpe s, après le décès du dit Godeffroy Picquart, avoient esté délaissés à la dite confrarie par le dit Raoul Picquart pour la dite somme de soixante solz parisis en as-iette de terre, par lesquelles lettres aussy appert avoir esté ordoné que les maistres et proviseurs de la dite confrarie rendront compte aux confrères et conseurs dicelle des debtes et estât de la confrarie et que sil y a aulcun résidu quil sera converty et employé an prouffict de la dite église.
Nous avons, par le document qui précède, la date certaine de la dédicace, au moins quant à l'année. L'inventaire de 1774, auquel j'ai déjà fait des emprunts, prétend que cette
' i) Il sagit, ici. du pape Innocent VI qui fut élu pape, a Avignon. le 18 décembre 13^2. Il s'appelait Ftienne Aubert, et était né â Beissac, prés de Pompadour, dans le Limousin. II occupait avant son élévation au pontificat, la chaire de droit civil à Toulouse, puis l'évéché de Noyon et c lui de Clennont. Il mourut « consumé de vieillesse et de maladie », le 12 septembre i^i2. Il protégea les gens de lettres et favorisa quelques uns de ses parents qui, du moins, honorèrent son choix. Os reiLseignements nous permettent d'établir que Etienne de la Fontaine était mort, curé de Brie, entre 13^2 et 1562. Il n'y aurait rien d'impossible, aussi, à ce qu'ttienne de U Fontaine .ippartint à la famille d'où sortit, trois siècles plus tard, l'illustre fabuliste. On sait que ce dernier était de Château-Thierry. Si Etienne de la Fontame était originaire de ce pays, il se pourrait fort bien qu'il ait pu être remarqué, encouragé par Etienne Aubert. alors évéquc de Noyon. Peut-être, ce dernier lui servit-il de parrain.
1,2) C'est le chemin qu'on appelait au XIII« siècle l'ancien chemin du Breiul (V. p. 190) et qui nous est resté, à peu près, sous le nom de chemin de Lagny ou de Ferrolles. C'est là, en effet, que se trouvait le fonds de terre appelé la Dédicace ou la dianti de Gloriette (à la cure), entre le chemin de Lagay et celui de Lasigny.
cérémonie eut lieu le dimanche des rameaux, au lieu du deuxième dimanche après Pâques. Voici, du reste, comment il s'exprime : « liem un vieil inventaire qui n'a ny commencement ni fin et qui constate néantmoins que lan i363 le dimanche de mars jour des Rameaux fut fait la dédicace de Téglise de Brie-Gomte-Robert par Mgr Jean de Meulan, évêque de Paris et Mgr l'évêque de Carpentras son grand vicaire auquel jour furent publiées des indulgences accordées à la ditte Eglise en faveur de la ditte dédicace et en Ihonneur des apôtres pour laquelle confrérie fut donné quatre livres parisis de rente et les dittes indulgences accordées par le pape Innocent VI à Rome lan 1451 le douze juillet. » A vrai dire, les assertions de cet inventaire me paraissent entachées d'erreur. D'abord les lettres datées du 12 juillet 1451, dont je parlerai par la suite, sont indiquées dans l'inventaire de i5o7 comme ayant été délivrées par « plusieurs cardinaux ». D'autre part, les indulgences délivrées en 1451 ne pouvaient être signées par Innocent VI, ce pape étant mort en i362.Il ne saurait y avoir erreur sur le millésime, car si une erreur avait fait lire 14^1 pour i3?i, les lettres de pardon susvisées ne sauraient être attribuées à Innocent VI qui ne fut élevé à la tiare qu'en i352. Le rédacteur de l'inventaire de 1774 a évidemment mal lu et mal rapporté le document qu'il avait sous les yeux et qui, d'ailleurs, ala peinturequ'il nous en lait devait être en très mauvais état et incomplet. C'est peut-être à une erreur semblable qu'il faut attribuer l'assertion qui place le dédicace de TEglise de Brie au jour des Rameaux. Je m'en tiens, p(jur ma part, au jour que j'ai indiqué pour deux raisons : la première est que l'introït du deuxième dimanche après Pâques (rituel romain.) commence bien par ces mots Misericordia divini que nous rapporte l'inventaire de ixj'j : la seconde est que le jour ainsi désigné est précisément celui auquel on célébrait l'anniversaire de la dédicace, â ce que nous aftirme l'abbé Lcbœuf, qui sur de tels points était parfaitement renseigné.
Au surplus, j'estime, malgré la difficulté que je signalais plus haut, qu'il n'est pas impossible de déterminer, à un très petit nombre d'années près, l'époque â laquelle fut décide
et commencé l'agrandissement de l'ancienne église Saint- Etienne. Selon moi, il faudrait placer ce fait vers 1249. C'est encore Y Inventaire, ci-dessus visé, (i) qui me permet d'énoncer cette hypothèse. J'y trouve, en effet, l'article suivant, le premier d'ailleurs du document, qui est présenté sous ce titre : « Ung messel auquel est contenu la déclaration des saincles reliques de cette église. »
Et premièrement, ung viel et ancien messel, couvert de cuir blanc lequel se comence ou premier fueillet dominus vobiscum, et puis après liber generalionis et finissant qiiod unquam deseras lue genlis amen en la prose gaiide sion ouquel messel mesmes ou calendrier dicelluy ou moys de janvier sur la marge estoit escript ce qui après ensuit.
He sunt reliquie quos attulit fraie r Robertus de Braye ordinis fratro^ rum minorum parisiensis atris marinis part^bus et dédit ecclesie de Braya. Ce sont les reliques que Robert de Brie de l'ordre des frères mineurs du diocèse de Paris apporta des lointaines régions marines (2) et qu'il donna à l'église de Brie.
Quamdam spinam de corona domini et de herba de qua Juit ligaia corona domini. Une épine de la couronne du Seigneur et de l'herbe avec laquelle fut liée cette couronne.
De ligno dominice crucis. Du bois de la croix du Seigneur.
De vestimento Sancle Virginis, (Un morceau) du vêtement de la Sainte Vierge
De cingulo ejus. De sa ceinture (de la Sainte Vierge).
De unguibus Sancti Francisai. Des ongles de Saint François.
Pars maxillare Sancti Slephani cum una dente. Une portion de la mâchoire de Saint Etienne avec une dent.
De osse Sancte Catherine. Des ossements de Sainte Catherine.
De oleo quod manat de corpore ejus. De l'huile qui déco.ule du corps (de Sainte Catherine).
De Sancto Simone, appostolo. (Des reliques) de Saint Simon, apôtre.
( I ) Cet inventaire, qui nous fournira d'utiles renseignements, est un manuscrit in-quarto sur parchemin, relié. On lit, à la fin du volume la note suivante :
a Le présent manuscrit a été donné à la fabrique de la Paroisse Saint-Etienne de Brie-Comtc- Robert par M" Laborie qui en étaient les propriétaires par l'adjudication judiciaire qui leur en a été faite à l'inventaire de M. Guéret, curé de Saint-Paul. » (à Paris). A la suite de cette note sont les deux lignes suivantes :
a Manuscrit appartenant à M. Pascal, docteur médecin à Brie-Comte-Robert, b
{2) Ce passage ne saurait étonner. On sait que François d'Assise — de son vrai nom Jean Bernardone — fonda l'ordre des Frères mineurs, connu aussi sous le nom de Franciscains ou de Cordeliers, vers 12 lo. mais qui ne tut définitivement approuvé par bulle papale que le 29 novembre 1223. François d'Assise envoyait les frères en mission jusque dans les pays les plus lointains. Robert de Brie revenait probablement d'une mission semblable quand il rapporta tes reliques dont il est question.
De Sanc'o Thomas, appostolo. (Des reliques) de Saint Thomas, apôtre.
De Sanclo "Philippo^ appostolo. (Des reliques) de Saint Philippe, apôtre.
De Sancto Dionisio. (Des reliques) de Saint Denis.
De captte Sanctt Blasii. De la tête de Saint Biaise.
De Sancta Mena^ martire. (Des reliques) de Sainte Madeldne (i) (>) martyre.
De Sancta Anasthazia^ virgine et martire. (Des reliques) de Sainte Anaslasie. vierge et martyre.
De rupe uhi sedet ritbens in qiin appantit Dominus Moisy, De la roche où était le buisson ardent au milieu duquel le Seigneur apparut à Moïse.
Has omnes reliquas dédit et concedit frater Robertiis anno T>omino i2jfr^ circa festam piirificationis béate marie. Le frère Robert donna et concéda ces reliques (à l'église) l'an du Seigaeur 1249 vers la fête de la purification de la Vierge (2 février).
L'importance et le nombre de ces reliques laissent, je crois, l'impression qu'elles étaient destinées à une église importante. On peut les considérer comme le fonds du sanctuaire, restauré, agrandi, établi enfin sur des proportions nouvelles. Et je ne m'étonne pas de trouver, ici, comme donateur de ces restes précieux pour les âmes religieuses, trésors qui devaient, dans sa pensée, donner un éclat et une illustration singuliers à Saint-Etienne, Robert de Brie, appartenant, évidemment, à cette vieille famille autochtone que nous retrouvons toujours, à travers les siècles. Il est donc logique de supposer que, dès celte époque ' 12491, l'église Saint- Etienne était en voie de reconstruction.
( !) Je traduis Mena par MadaUna. d'après le r igné abréviatif qui surmonte le nom de la Sainte. Il s'agirait alors de Sainte Marie-Vadoléne dont parle l'Evangile. Quelques auteurs grecs du 7* siècle la font aller à hphese après l'Ascension de Jésus-Christ et assurent qu'elle y mourut et fut enterrée en l'an 90. L'empereur I.éon-lc-Philosophe fît transporter ses reliques à Constantinople. Fn 1216. le pape Hononus III. qui les tenait vraisemblablement des croisés les fît enfermer a Saint-Jean-de-l.atran à Rome. Cette Madelene ne serait autre que la fameuse pécheresse de l'Hvangile. 11 est a remarquer que l'inventaire ne lui donne pas le titre de a. viereeet martyre » comme à Sainte Anastasic. qui suit. J'avoue, d'ailleurs, que le titre de martyre accordé, ici, a Sainte Madelene me déroute un peu. Je ne crois pas qu'elle ait été niartvrisée. car sa fête aux .Missels est inscrite au 22 juillet sous la rubrique : .S. Maria MagdaUnée Pétnit. 11 faut bien se dire aussi qu'.i cette époque tout saint ou sainte était considéré comme ayant soufieit le ni.iilyr p.nr le commun des fidèles. Combien de ceux-ci. même de nos jours, sont renseignés sur ces points d'exégèse religieuse r
bÈ Bl^IÈ-COMTE-ROBERT 45S
S'il reste encore quelques incertitudes sur ce sujet, il n'en saurait être de même pour la fondation de deux chapelles, les plus anciennes certainement de toutes celles qui furent, à leur instar, construites en addition du mur de clôture des bas-côtés. Il est à remarquer que toutes deux se faisaient vis-à-vis, en face la première travée du chœur, ainsi que l'indique un plan de distribution annexé à un Inventaire de l'église du 28 octobre 1774. La première en date, dédiée à Sainte Marguerite, était située dans le bas-côté septentrional, la seconde, dédiée à Saint Jean, dans le bas-côté méridional.
La plus ancienne fait l'objet d'un diplôme de Charles IV qui venait d'épouser, en troisièmes noces, Jeanne d'Evreux, dame de Brie-Comte-Robert. Guérard a mentionné ce diplôme ainsi que les lettres d'amortissement et de donation dans le Cartulaire de N.-D. de Paris (i).
« Charles IV, roi de France et de Navarre, confirme, sur la demande d'Agnès la Vannière, dame de Bien-Assise (2), la fondation par elle faite d'une certaine chapelle dans l'église de Brie et dit que les biens situés sur le territoire de cetie ville, aflectés par la fondatrice au chapelain de la dite chapelle seront possédés gratuitement par celui-ci en mainmorte. Ce diplôme est daté de Paris, du mois de janvier i326 (i327 n. s.).
« Le i3 février de la même année (vendredi après l'octave de la Chandeleur) Agnès la Vanière, dame de Bien-Assise, emploie à la fondation d'une chapelle « dédiée à la Vierge (3i » dans l'église de Braie les immeubles et rentes amortis, plus d'autres immeubles situés en territoire de Braie d'un revenu de sept livres parisis. »
(1) Op. cit. t. 111. pp. 185. 186.
(2) Il s'est établi, parfois, quelque confusion entre Bien-Assise et Belle-Assise. Celui-ci est le fief sis à Villemeneux dont j'ai parle plus haut ; lautre a '»partient à la commune de Jossigny (cant. de Lagny, arrond. de Meaux). o Dans les écarts de cette paroisse (Jossigny;, écrit l'abbé Lebccuf. le lieu qui paraît le premier connu est Belle-Assise, où il y a un château sur une éminence, suppose qu'il soit le même que Bien-Assise, ce que je crois, puisqu'on le prononce Bien-Assise. Ce qui dénote l'antiquité de Bien-Assise est qu'une dame de ce lieu fonda en 1526 une chapelle de Sainte Marguerite a Brie-Comte-Robert, donnant pour cela des biens situés aux environs, à Centeny, etc.. »
(3) 11 y a là une erreur difficile à s'expliquer. La chapelle Sainte-Marguerite est bien la plus ancienne fondée dans l'église de Brie-Comte-Robert.
Les immeubles et rentes précédemment donnés avaient été amortis ainsi qu'en témoigne l'acte suivant, cité par Guérard :
« Frère Lyénard de Thibaites, visiteur général de ça les monts de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, amortit au profit d'Agnès, veuve de Henri le Vanier, chevalier, moyennant vingt sols parisis de cens annuel et perpétuel, onze arpens trois quarts de terre labourables, demi arpent de vigne, un arpent et demi de pré et onze sols de rente que la dite dame possédait dans la censive de la Commanderie de Genteny, appartenant autrefois à l'Ordre du Temple. . . Donné à Paris en notre général chapitre le mercredi après la fête de Saint-Barnabe, apôtre, Tan i326 (juin). »
La fondation de la chapelle Sainte-Marguerite remonterait donc au premier quart du XIY* siècle, et comme elle fut construite en perçant la maçonnerie qui formait la clôture des bascôtés, il faut bien admettre que cette clôture existait à ce moment. 11 n'est pas possible, en effet, de croire un seul instant, que la baie d'éclairage de la chapelle en question soit contemporaine du mur de clôture ; je parle ici uniquement au point de vue de la construction qui atteste, tant dans l'exécution que dans les matériaux employés pour le mur de l'église et pour celui de la chapelle, une différence notable. Cette observation corrobore ce que dit M. Blondeau au sujet des bas-côtés
« Primitivement clos par une maçonnerie percée dans chaque travée d'une petite baie en ogive, la décoration de ces bas-côtés a été ordonnée de la manière suivante. En face de chacun des piliers de la nef, et adossé au parement du mur intérieur, est un accouplement de colonnes jumelées avec bases et chapiteaux sculptés, recevant la retombée des nervures d'arêtes et d'arcs doubleaux soutenant les voûtes. Ces dernières (colonnes) daîis le style du XIIP siècle seraient encore probablement conservées presque intactes sans l'addition postérieure des chapelles latérales. »
Ainsi, d'une part, l'observation architecturale, de l'autre, la preuve documentaire établissent avec certitude que l'enceinte, sinon le vaisseau, de l'église Saint-Etienne existait au commencement du XIV* siècle. Le don de reliques, fait en
1249 par Robert de Brie, laisse parfaitement supposer qu'à cette date, l'église Saint-Etienne était en voie de considérable accroissement. Il n'y aurait donc aucune difficulté à admettre que la première pierre de la nouvelle église ait été posée sous Robert II, de Dreux, dans les dernières années de sa vie, ou sous Robert III, son fils, qui donna aux bourgeois de Brie leur première charte.
Tels sont les enseignements que l'on peut retirer de la fondation de la chapelle Sainte-Marguerite Quant à sa description elle est tout entière renfermée dans ces quelques lignes empruntées à un article que publiait, en 1867, M. C. Bernardin dans un journal de Melun.
ce L'église Saint-Etienne de Brie-Comte-^obert est un des monuments historiques les plus importants de notre département. Cet édifice remarquable, remontant à une haute antiquité, renferme dix chapelles latérales qui sont presque toutes de fondations particulières, c'est-à-dire qu'elles ont été, en grande partie, construites et pourvues de rentes par plusieurs seigneurs sous certaines conditions ou charges.
a Une de ces chapelles, celle qui se trouve la plus rapprochée de l'autel de la Vierge (i), a été dédiée à Sainte-Marguerite depuis les temps les plus éloignés. Elle avait été érigée en bénéfice par le fondateur qui avait donné onze arpents de terre, situés au terroir de Brie à la charge de six messes par an pour le repos de son âme dans l'église Saint-Etienne de Brie-Comte-Robert. Cette chapelle est bien conservée à Tintérieur. Ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les quatre figurines qui sont en bas des ogives et l'écusson seigneurial,
(I) M. C. Bernardin parle ici du moment présent. La chapelle de la Vierge actuelle se trouve en effet aujourd'hui sous la tour du clocher, l'autel étant adossé au mur oriental de l'église sur l'alignement du maître autel. Le plan, dont j'ai déjà parlé et qui était annexé à V Inventaire de 1774 place la chapelle de la Vierge ou de Notre-Dame, après la chapelle Saint- Jean, dans le bas-côté méridional. Elle était ainsi en face la chapelle des Apôtres, à côté de ce que l'on appelait alors 0 la fausse chapelle » où est aujourd'hui la statue de Saint-Roch. La travée du bas-côté septentrional, sous la tour du clocher, était séparée de l'église. El'e faisait pendant à la travée correspondante du bas-côté méridional qui servait de sacristie. Là où est aujourd'hui la chapelle de la Vierge, on sonnait les cloches. Mais contre le mur qui séparait cette travée de la basse nef septentrionale était adossée une chapelle qui portait le nom de chapelle du Saint-Rosaire. Le banc de Saint-Roch était entre la chapelle Sainte-Marguerite et la chapelle du Saint-Rosaire. Il y a lieu de retenir ces indications pour plus tard.
à demi mutilé, qui se trouve à la clef de voûte. A Textérieur, la fenêtre ogivale et le mur sont en mauvais état... »
Après la chapelle Sainte-Marguerite, fut fondée la chapelle Saint-Jean. Le titre de fondation est accordé par Foulques, évoque de Paris, à Jean Cordier, bourgeois de Brie-Comte- Robert qui voulait élever, dans l'église de Brie-Comte-Robert, une chapelle in honorem deiet frloriose Virginis Marie et beati Johannis baptiste. Trois messes, dont une du Saint-Esprit, une autre de la bienheureuse Marie, devaient être célébrées par semaine dans cette chapelle.
Les Archives nationales (i) nous ont conservé la charte d'amortissement que le fondateur obtint, à propos de cette fondation, de la reine Jeanne.
Jehanne. par la grâce de Dieu, royne de France et de Navarre. savoir faisons à tous présens et à venir que comme nostre am6 Jehan le Cordier (21 maistre bourgeois de braye conte robert et Jchanoe sa femc nous eussent humblement supplié que pour la fondation d'une chappellenie qu'ils avaient devocion de fonder à tousjours et perpétuellement dans lesglise parrochial de Saint-Pticnne de braye pour eulx, pour leurs amis, nous leur vouloissions admortir les terres. droitures, champars, cens et autres choses cidessous spécifiées et devisées en voulant nous et noz filles accompaigner par espécial es messes et biens faiz qui seroient faiz en la dite chapelle et nous voulans savoir quelle grâce nous fcrionz aux diz mariez se nous nous assenti'^ns à leur supplication, eussions commis par noz lettres & Jehan le Tourneur, nostre prévost de braye et à Pierre François, nostre chastellain illec, comme appelez avecques eulx quatre ou trois prudhomes saiges et cognoissans en lelez choses ilz sceussent où les choses que les diz mariez nous rcqueroient estre admorties seoient, la value dicelles, quel dommage nous pourrions avoir se nous nous assentions à ce et de toutes les circonstances à ce appartenans et que ce que treuve en sauroient, nous rapportassent particulièrement, ordenement et par escript afin que sur ce nous peussions taire et ordoner ce qu'il nousplairoit lez quellz nos prévôt et chastellain nous ont fait sur ce relacion et sous leurs seaux et rapporté la value des dites choses et où elles sont assises à la manière qui sensuit :
Et premièrement, que les diz mariez avoient dix arpens de terre