II
(2) Jehan If ('ordier ost cité souvent, comme on a pu le voir, dans les comptes de la reine Jeanne. Il e>t. particulièrement, désigné comme receveur des finances de la reine dans le premier compte que j'ai publié et qui est aflerent à l'année 1328.
bÈ BRIÈ-COMTE-ROBERT 489
^^antès lieux ci après devisez, c'est assavoir : Cinq arpens de lez le ^^ant ourme le lonc le chemin qui va à Fourcilles ( i ) tenant dune part ^ Symon de Laval, dautre part aux terres Saint Ladre (2).
hem, trois arpens de terre, assis en la voie du parc (3) tenant dune part à Symon de Laval, et dautre part aux enfans Colin Fouacier.
//e;«, un arpent de terre assis dautre part de la voie des trois arpens dessus ditz tenant dune part à Symon de Laval et dautre part à la meson Dieu de Paris.
//e/;i, un arpent de terre assis au dessus de Saint-Ladre en la voie de Paris tenant dune part aux terres de Saint-Ladre et dautre part à Jehan le Cordier, bourgois de Paris (4).
Chascun arpent de ces diz arpens dessus ditz prisiez douze sols larpent, valant vj livres parisis de rente.
Derechief, cinq droitures à la mesure de Corbueil, desquelles Guillaume Morvilliers à cause de sa famé en doit deux et demie pour cause dune maison et jardins en Laval (5) et de sept quarts de terre assiz en la haie au leurier et aboutissant ou chemin qui va aus moulins.
//em, une droiture que Jehan Lescot doit pour un arpent de terre jouign:;nt aux dites mesons et jardins du dit Guillaume de Mor-
villers.
Item. Estienne Rougel, demie droiture pour demi arpent de terre tant en saussoie comme, en terre, assis en Laval sur les terres tenant à Jehan Lescot.
//e/r, une droiture que Pierre le Fournier, autrement dit Picquart, doit pour un arpent de terre séant au chemin de Gragi, aboutissant au petit chemin si comme len va es vignes du Petit Val (6) et jouinant à Jehan le Charron.
Chascune droiture prisiée douze sols parisis, valent ces cinq droitures soixante sols parisis de rente.
Derechief les champars de cinq arpens et trois quartiers ou environ de terre desquels Jehan Eschambaut à cause de sa feme en tient
(1) Chemin, dit, aujourd'hui, de Brie à Lésigny.
(2) La léproserie Saint-Lazare.
(?) La voie du Parc, c'est-à-dire le chemin du bois du parc ; il portait au iS» siècle le nom de chcm'n de la Masure et a été supprimé par la route de Tournan.
(4) QujI ne faut pas confondre avec Jehan le Cordier. bourgeois de Brie.
(5) J'ai déjà dit que ce nom était donné à une portion de la rue que nous appelons du Martinet. C'était la rue à l'aval de Brie dans le vallon du Cornillot.
<6) Cette pièce de terre serait, par suite, occupée en partie aujourd'hui par la ferme de M Villeron, cultivateur, U route de Melun et les maisons qui bordant la route, en face de M. ViUeron, touchent à la propriété de M. Thibaut.
arpent et demy séant en rouge terre (i) tenant dune part à Jehan Martin et dautre part à Jehanne de Sansalle (2).
Item, Jehan le Drapier demi arpent assis derrière le marché (3) de Bougny tenant à Guillaume Morel.
//em, Symonnet le Févre, fils de Robert le Fèvre» demi arpent séant sur la voie des minières (4) et de petite fontaine (5), tenant à Lyénard lescuier.
//em, Guillermy le Barbier trois quartz assis en rouge terre tenant dune part à Jehan Belorin et dautre part à Jacques le Févre.
//ew, Jehan Chevry à cause de sa famé trois quartiers séans en Jussy 0).
//em, Mons. Durant, curé de braye, un quartier séant au marchais de beugny (boigny) tenant aux hoirs feu Chevalier.
//em, le dit mons. Durant demy arpent séant en rouge terre.
Prisiez les ditz champars deux sestiers (de grain) de rente par an chascun sestier prisié cinq sels, valent dix solz parisis de rente par an.
//e;;i, vint et deux solz parisis de cens ou environ portant ventes tant seulement et pevent valoir par an pour les ventes qui y peveni escheoir trente solz parisis de rente par an.
Toutes lesquelles choses dessus escriptes nomément sont tenues de nous et font en somme toute onze livres paiisis de rente.
Et nous, veu le rapport à nous fait par escript sur les seaulx de nos ditz prévost et chastellain, considérant la dévocion que les diz mariez ont à la fondation de la dite chappellenie et aussi que nous et nos filles sommes acompaingnées es messes et biens faiz qui faiz seront en la dite chapelle pour le désir que nous avons a laugmentacion et accroissement du service divin de grâce espéciale et certaine
Ci ) Ce lii-u dit existe encore : Terre rouge est entre la plaine de Sansalle et la Vallée des Peiitt:- Fontaines, le long de la route de Coubert. avant d'arriver au ruisseau de la Barbançonne.
(2) ("/est la première fois que dans les documents de l'époque apparaît ce nom qui pourtant était celui dun fief dont j'aurai à m'occupcr dans les chapitres suivants. Ce fief présente cette particularité qu'il commandait le débouché de la route de Bourgogne, laquelle franchissait l'Yerres sur un pont qui existe encore. C'est aujourd'hui une ferme de la commune de Brie. appartenant a M le baron de Cholet et aflermée à M. Orsat-Petit.
; 5) Marché doit s'entendre comme marihaii, c'est-à-dire marais, lieu où l'on cultive des légumes. Apris ce que j'ai dit de Bo'gny ou Bougny. à l'article des fiefs, on pourrait croire que le marchais de Bougny fut situe aux environs de la gendarmerie actuelle, sur la rue Saint- Christophe. Il n'en est rien. Le marchais de Boigny est un lieu dit du territoire de Brie, situé du côté opposé de la ville, à l'angle de l'ai ciennc route de Paris à Provins et de l'ancienne avenue de Meunières — à proximité du pont qui. aujourd'hui, franchit la voie ferrée allant de Brie*
Vcrncuil.
(4; Appelé autrefois aussi avenue de Meunières : Elle conduit a la ferme ^disparue) de .Meunières et à celle du Ménil.
5; C'est-.i-dirc au point où commence la grande avenue de Villemain,
science nous consentons expressément à la fondation de la dite chappellenie et avons octroyé et octroyons que les chappelains qui ores ou ou temps à venir seront instituez en la dite chappelle puissent tenir paisiblement et a tousjours mais perpétuellement toutes les terres, droitures et champars deus et autres ci dessus nommées... Donné à Crécy-en-Brie (i), lan de grâce mil CGC trente huit, ou mois de septembre.
Cette charte d'amortissement nous indique un des genres des libéralités que la reine Jeanne faisait à l'église. Dans Tespéce, elle s'associe à la fondation de Jean le Cordier en amortissant, c'est-à-dire en renonçant à la rente qui lui était due par le dit Cordier pour les terres et biens qu'il donne à la chapelle. L'acte spécifie, du reste, le sacrifice fait par la reine ; il lui coûtait onze livres parisis de rente par an.
On peut reporter à la date de i363 — c'est-à-dire à la célébration de la dédicace de l'église Saint-Etienne — la fondation d'une troisième chapelle, fort ancienne, et au sujet de laquelle l'abbé Lebeuf s'exprime ainsi : « Il y a dans la même église paroissiale une troisième chapelle qu'on nomme des Apôtres et la fabrique jouit actuellement (1740 ou environ) d'un lot de terres, appelé te?'re des apôtres, ce qui fait présumer que ce revenu a été uni à cette fabrique ou plutôt donné à condition de bâtir la chapelle en l'honneur des saints apôtres. »
Or, l'inventaire de 1774 — qui, s'il peut contenir quelques erreurs en reproduisant des extraits de chartes anciennes informes, est à coup sùrexact lorsqu'il fait la topographie de l'église — dit ce qui suit, à propos de la dédicace : « ... (Des indulgences) furent accordées à la ditte Eglise en faveur de la ditle Dédicace et en rhojineur des apôtres pour laquelle confrérie fut donné quatre livres parisis de rente... A laquelle confrérie est actuelletnent une chapelle de ce nom dans la ditte église, désignée singulièrement par les vitrages (2) et une pièce de terre appelée la terre des apôtres... »
(i) Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Meaux.
(2) Cette pariicularité est à signaler au moment où on s'occupe de la restauration des vitraux de l'église Saint-Etienne et particulièrement de ceux des chapelles Saint-Jean et des apôtres.
Il semblerait donc que la chapelle des apôtres et celle de la dédicace fussent une seule et même chose, d'où cette conclusion que la fondation de cette chapelle peut remonter à i363, date de la dédicace. Elle ne saurait remonter plus haut puisque la conlrérie qui l'occupait jouissait exactement de la rente amortie, à cette date, par Godefroy Piquart ainsi que nous l'avons vu plus haut. En réalité, la construction de cette chapelle peut être li.xée vers 1379, lorsque Raoul Piquart lit établir devant la prévôté de Brie la reconnaissance officielle de la fondation de son père. I^ chapelle put prendre le nom des apôtres, à la suite des lettres du 1-2 juillet uri qui accordaient des indulgences à ceux qui visitaient l'église Saint-Etienne, à diverses fêtes et notamment o aux festcs des appostres et quatre evangelistes ».
Cl-F.K DK
niaitrc-iutH dr Saint.biirnnr
11 est fort pn)babk- que, malgré le silence des comptes de sa maison. Jeanne d'Evreux dut venir en aide de plusieurs manières à la construction de l'église. Sa piété, rattachement quelle avait pour Brie-Comte- Robert, les souvenirs de s-in enfance devaient l'inciter â contribuer à l'érection de ce mnnumenl dit à la piété commune. H est plus que probable que la tradilinn, rapportée par Lebeul". repose sur des faits vrais. acquis, dont la trace, perdue, se retrouvera peut-être un jour, et on peut presque soutenir que Jeanne d'Evreu,\tit faire « quelques travées de la voûte de cette église ». On peut
même avancer qu'elle fit construire la partie supérieure du chœur pendant que Agnès la Vanière et Jehan le Cordier élevaient les chapelles dont nous venons de parler.
Une découverte inattendue, dont je ne m'exagère cependant pas rimportance, me paraît devoir justifier cette opinion. Frappé par Taspect tout particulier de la clef de voûte de la dernière travée du chœur, celle qui s'appuie sur le pignon du chevet, j'avais prié un de nos concitoyens, M. Paul Petit, de m'en obtenir une épreuve photographique. L'opération, si difficile qu'elle fût, réussit avec un plein succès et je donnais une reproduction de l'épreuve ainsi recueillie dans le Bulletin de la Société d'Archéologie et d'Histoire de Brie-Comte-Robert, en m'elTorçant d'en tirer une indication sur la date de la construction de l'église et en particulier de l'achèvement du chœur. Il est toujours bon de confesser une erreur, et c'est, ici, mon cas.
Cette clef de voûte est restée, jusqu'à présent énigmatique. Telle qu'elle se présente on y voit deux bustes qui semblent devoir être de grandeur naturelle, à en juger parleurs dimensions apparentes ; opposés l'un à l'autre par la base qui se perd dans un bouquet épanoui de marguerites, leur axe suit Torientation de la nef. L'un, buste de femme, est à l'Ouest, regardant l'Est, l'autre qui est évidemment celui d'un homme est le plus rapproché du chevet. Il occupe la place d'honneur. L'aspect seul de ces deux figures indique, à défaut de la situation privilégiée qu'elles occupent, qu'on a voulu représenter, là, des personnages de marque.
Ecartant Topinion qui avait été émise que ces bustes pouvaient être ceux de Philippe VI de Valois et de Blanche de Navarre, sa deuxième femme, dont les noces furent célébrées à Brie-Comte-Robcrt, j'avais proposé, dans l'étude à laquelle j'ai fait allusion ci-dessus, voir dans ces figures les portraits de Pierre de Dreux et de sa femme Marguerite. Entraîné par cette sorte de vertige qui nous porte trop souvent à attribuer aux restes du passé la plus haute antiquité possible, infiuencé par les marguerites qui forment la partie centrale de ce motif de décoration, j'avais attribué au XIII* siècle ce qui appartient, je le crois maintenant, au XIV** et
proposé pour cette clef de voûte cent ans de plus d'existence qu'elle n'a réellement. Un hasard, du reste, m'a amené à modiller ma première manière de voir.
Le dessin ci-dessus est la reproduction, agrandie trois fois, de l'épreuve photographique que M. Paul Petit voulut bien m'établir.En étudiant attentivement le dessin ainsi développé , je vis, — et le lecteur peut faire comme moi — à droite du buste de femme, une ombre ayant l'aspect régulier d'une inscription. Il ne me fut pas difficile de me rendre compte que mon observation était juste, et je pus lire ces mots écrits sur deux lignes :
A la vérité, dans le dessin, l'X du mot EVREVX n'apparait pas, parce que cette lettre est cachée par la nervure de Tare doubleau, mais lorsqu'on examine, avec une bonne jumelle, ce coin de la voûte, TX apparaît distinctement, plus distinc tement même que les autres. La raison en est simple.
On trouvera aux pages 874 et 38i, la reproduction considérablement ampliliée des deux bustes en question. Si on jette un coup d'œil sur la ligure de la page 874, on verra que le mot JEIIAXXE, de Tinscription, sauf la lettre J est presque en entier elïacé. Dans les mots DEVREVX, les lettres du milieu particulièrement, sont fortement atteintes, tandis que celles de chaque extrémité de la ligne sont beaucoup plus accusées. J'attribue ces singularités fortuites aux couches de badgeon qui ont été données, dans la suite, à Fensembie du monument. Le pinceau de l'ouvrier a été arrêté par la nervure de la voûte d'un côté et par le relief considérable du buste de l'autre. La lecture de l'inscription n'en reste pas moins relativement facile. On a voulu bien nettement indiquer que le buste de femme de la clef de voûte est celui de Jeanne d'Evreux, et que, conséquemment, le buste qui lui est opposé est celui de Charles le Bel.
La toulïe de marguerites qui les sépare s'explique d'ellemême. La mère de Jeanne d'Evreux n'était-elle pas Marguerite d'x\rtois, morte en i3i i r
On pourrait objecter la valeur de l'inscription qui n'a, en réalité, aucun caractère exégétique. Est-elle seulement con. temporaine de la clef de voûte ? Je ne méconnais en rien la force de ces observations, mais cette inscription, certainement très ancienne, — si elle ne date pas du XIV'' siècle, elle peutêtre Tœuvre d'un ouvrier de passage — est tellement d'accord avec la tradition rapportée par Lebeuf que Ton ne saurait, hésiter, à mon sens, à voir, dans les deux bustes de cette clef de voûte, Timage de Jeanne d'Evreux et de son mari Charlesle-Bel. A coup sûr, cette sculpture n'est point l'œuvre d'un artiste. L'ensemble paraît assez grossièrement travaillé sauf cependant la touffe de marguerites qui semble délicatement traitée. Il ne serait pas impossible toutefois que le travail du sculpteur fut plus véridique que les portraits officiels des deux souverains qui décoraient leur tombeau à Saint-Denis.
Si, ce qui paraîtra, à beaucoup, très vraisemblable, cette clef de voûte représente Jeanne d'Evreux et le roi Charles, elle nous indique la date la plus lointaine à laquelle fut terminée cette partie de l'édifice. Ce ne saurait être avant i325, puisque le mariage de Charles et de Jeanne eut lieu au cours de cette année. A moins, toutefois, que l'on n'ait appliqué, rapporté si l'on veut, sur une première clef de voûte, représentant une touffe de marguerites, les deux bustes en question. Cette hypothèse expliquerait la différence manifeste entre la manière dont sont traités les bustes, d'une part, les marguerites, de Tautre. Dans ce cas, cette partie de la voûte aurait été exécutée du vivant de Marguerite d'Artois, c'est-à-dire de 1280 à i3io, ou, après sa mort (i3i i), au moyen de quelques libéralités testamentaires.
Je crois, d'ailleurs, que l'on pourrait peut-être reporter aux environs de Tannée 1842 l'exécution et la mise en place de ce motif de décoration, et cela, parce qu'au mois de juillet 1841 Jeanne faisait donation de vingt livres seize solsparisis de rente à l'église Saint-Etienne en échange d'un service funèbre à célébrer tant pour le repos de l'âme de son époux que pour elle, au jour de sa mort.
Dans Y Inventaire, auquel j'ai emprunté les renseignements
sur la dédicace et les reliques que possédait 1 église, figrurela pièce suivante.
Lettres scelées soubz laz de soye à cire vert données lan de grâce mil trois cens quarante et ung ou moys de juillet, en quoy appert :
Jehanne, par la grâce de Dieu royne de France et de Navarre, pour la dévocion quelle avoit au glorieulx prothomartir mons. Saint Estienne dés piéça avoit ordonné par son testament en leglise mondit seigneur Saint Estienne, fondée ou dit Braye conte Robert, certains services et anniversaires estre faiz chascun moys de lan pour le salut des âmes de nostre très chier seigneur le Roy Charles que Dieu absoille jadiz espoux de la dite dame et ses amys et pour ceste cause avoir donné et ausmoné aux curez (i) de la dite église et autres dénommez esdites lectres, vingt livres seize sols parisis de rente pour les avoir et prendre sur le revenu de la chastellenie de Braye et par espécial sur le prouflict et esmoullumens des fours baniers de la dite ville au temps advenir jusques à ce que leur ait esté baillé et assis autre part de fait tout admorti. Et avoir esté ordoné par la dicte dame la dicte rente estre receue par les marreglicrs de la dicte église à deux termes, c'est assavoir à lascencion et tous saints pur moictié en contraignant par la main diceux marreglicrs de leur auctorilé, sans requérir prévost, sergent ne autres officiers ceulx qui les dits fours tiendront, se défaillans estoient de paier aux termes a coustumez et des paicmens quils en feront audilz marregliers ou noms que dessus, demoureront quictes corne sils avcient paie auz gens de la dicte dame, en voulant que ses recepveurs baillent les diiz fours, en faisant le bail des fermes et marchez dicelle dame, chargez des dictes vingt livres seize solz parisis de rente et que les ditz recepveurs ny puissent aucune chose prétendre, jusques ad ce que les ditz marregliers ayant premièrement et entièrement reccu les dictes vingt livres seize sols parisis pour la fondation de douze services par chascun moys de lan aux jours applain conlenuz au marthologe de la dicte église cest assavoir, à chascun diceulx services, vigillcs des mors à nocle, le landemain commandacions et messe so'empnelle.
Je poursuis ici le dépouillement du même inventaire et je trouve dans le dossier de cette donation, jalousement con-
(l) V. ce que j'ai dit à ce sujet, p. 176 et suiv.
serve dans les archives de l'église jusqua la Révolution (i) les pièces suivantes :
Tout d'abord des « lettres scellées soubz laz de soye et cire vert données à Paris, au moys de septembre lan mil trois cens soixante et quinze, signées sur le repply Ajaillart » par lesquelles Blanche, « lille de roy de France et de Navarre, duchesse d'Orléans, comtesse de Blovs et de Beaulmont », déclare qu'elle approuve la donation de sa mère, la reine Jeanne d'Evreux, et certilie « que, de la linance des dits acquetz et de tout ce qui pour ceste cause en pouvoit estre deu et appartenir à la dite dame, elle en seroit tenue pour contente. »
Nous avons vu que Blanche d'Orléans, dame de Brie- Comte-Robert, avait cédé au roi Charles V cette châtellenie le '2b septembre iSyO (2) et qu'elle mourut le 7 février i3()2 ( 1393 n. s.). Presque immédiatement après, le roi Charles VI donnait à son frère Louis, avec d'autres apanages, la seigneurie de Brie. Aussi, dès le 6 avril, en prenant possession
(i; Si jalousement conserve que dans un inventaire bien postérieur, que j'ai déjà cité, et portant la date du 2Q octobre 1774, ce dossier est inventorié en première ligne.
a Première liasse de sept cottes contenant les titres et pièces des rentes perpétuelles à prendre sur les revenus du Roy.
** Premièrement, huit pièces, attachées ensemble.
a l.a première est une charte ou donation scellée de cire verte avec lacet de soie rouge et verte donnée au mois d'août mil trois cens qvarante un par laquelle Madame la reine, Jeanne d'Hvrcux, épouse jadis et troisième femme de Charles six (sic) dit le Bel, a donné et aumône aux curez, marguillers de la dite église et autres personnes servants à loffice, vingt livres seize sols parisis de rente, valent vingt-six livres tournois, à prendre spécialement sur les fours du dit Brie et a fondé en la dite église douze messes dont sera parlé cy après à l'article des fondations.
« La seconde, huitième et quatrième liasse sont égallement des chartes en parchemin données par la dite reine Jeanne, par le roy Charles, etc., etc. n
Et linventairc porte à la suite de l'énumération d'autres pièces, concernant la même fondation, pièces dont j'aurai à pailer plus tard, la note suivante :
« La tradition nous apprend que cette reine (Jeanne d'Evreux) est morte en son château de Brie-Comte-Robert, et le dictionnaire de Morery qu'elle fut inhumée à Saint-Denis en France environ vers la mye mars 1370. »
L'Inventaire, d'ailleurs, à l'article des fondations (neuvième liasse) dit « qu'il en sera fait • un nécrologe à la suite du présent. ». Malheureusement le lundi v> octobre 1773 il fut interrompu, et quand le 28 octobre 1774, on voulut le reprendre, il fut décidé que « l'inventaire des vases sacrés coutterait beaucoup, que d'ailleurs cet inventaire est inutile puisquon scait ce que U fabrique a d'argenterie et d'autres eftèts, pourquoy le dit inventaire demeurera clos et finy. »
Nous n'aurions pas. de la soi te, le dossier complet de la donation de 1341, si deux marguillers, Jean de Villemeneux, l'aîné, et Pierre Noël, ne se fussent avisés, en 1507, de requérir le lieutenant de bailli de Brie de faire dresser un inventaire complet de ce qui appartenait alor^ à l'église.
(2j V. p. 355 et suiv.
de son nouveau domaine, Louis d^rléans ratifie à son tour la donation de la reine Jeanne (i) par lettres du 6 avril iSgS. Ici, j'emprunterai à une autre source le document susvisé qui est brièvement analyse au cours de VInveniaire dans les termes suivants :
Leclres scellées soubz laaz de soyc et cyre vert données à Paris le sixicbme jour du moys davril mil trois cens quatre vingt et treize, signées sur le reply Ilunigant, en quoy appert :
Loys, fils de roy de FVance et duc d'Orliens et de Valloys par esquelies sont incorporées les dites lectres dessus mencionnées en quoy appert, le dit seigneur, duc d'Orliens et de Valloys, avoir eu pour agréable le don dessus mencionné et admortissement pour ce fait et lavoir loué, gréé, ratiffié et approuvé en tant comme à luy touchoit.
A la suite de cette lettre et d'une autre, en date du 21 novembre iImjS, signée de Louis d*(.)rléans, enjoignant à son receveur de Brie de payer la rente de 26 livres 16 sols parisis aux curés et marguilliers de l'église Saint-Etienne, Vlnventaire ajoute :
Extraict escripi en parchemin contenant deux fueilletz non signés en quoy est applain mencionné la fondacion des ditz services et en la fin du dict extraict cstoit escript :
Cy après ensuit les jours des moys esquelz len doit faire les dits services, cest assavoir : le unziesme aoust. le quatriesme septembre, le dixiesme jour doctobre. le dix huicliesme novembre, le quatriesme décembre, le troisiesmc janvier, le cinquiesme fcbvrier, le treiziesme
f I (lliarles VI avait, déjà, ratifie la dite donation par l'acte suivant reproduit dans T/nirstatre : ^^ Lectres contenant deux peaulx de parchemin scellées du grant scel royal, soubz laz de soye et cire vert, données à Paris le septiesme jour du moys doctobre mil trois cens quatre vingts et onze, sii^nées sur le reply Blancliet, en quoy appert : Philippe (Philippe VI) jaria grâce de Dieu, roy de France, avoir octroyé à ma dame la royne Jehanne, rovne de France et de Navarre, jadiz compaigne de nostre très cher seigreur le roy Charles que Dieuabsoille de grâce espéciale de povoir acquérir es fiefs et arrière tiefs du dit seigneur ju^ques à la somme de cinq cens livrt s de rente annuelle et perpétuelle et que icellc rente elle peut donner et ausinoner, translater et deviser ensemble ou par parties pour le prouffictet salut de same et de ceuh quelley vouldroit a compaigner à quelz conques églises ou personnes dêglise religieux ou autres. Icelluy octroy et auctorité donné à Paris lan de grâce mil trois cens trente îiuitlequinziesmejour du moys de féviier. Par lesquelles aussy appert : Charles (Charles V), par la grâce de Dieu, roy de France que Dieu absoille. avoir loué, gréé, ratiffié et approuvé les grâces et octroiz dessus dicts pour la fondacion des ditz services et que les curez et marregliers de la dite église et fabrique mons. Sainct Fsti» nne puissent tenir la dicte somme de vingt livres seize sols parisis pour la fondacion des ditz services mentionnez en larticle précédent, et pareillement cstre comme admortiz sans estre contraincts les mectre hors de leurs '/»ain$ ne p«ur cç paier aucune finance ou temps advenir, v
bE BRIE-COMTE-ROBÉRT 469
mars, le vingt huictiesme avril, leseiziesme may. le vingt et uoiesme )uin et le sixiesme jour de juillet.
On voit, d'après ce qui précède, que V Inventaire ne fait que mentionner l'existence de deux feuillets en parchemin sans nous donner un mot de leur contenu. Cependant celui-ci nous a été conservé grâce à une expédition faite le 6 août 1668 sur l'original «qui est entre les mains de M. de la Jarrie ». Cette pièce « collationnée» est aux Archives de la famille d'Orléans où Camille Bernardin put, le 27 octobre iBSy, en prendre copie. C'est celle-ci que je transcris, ici., de son manuscrit (i).
Copie collationnée des lettres du duc d'Orléans du 6 avril lyyy qui approuvent la donation faite par la reine Jeanne^ comtesse de Brie- Comte-Robert (2)^ du mois de juillet 1J41, de 20 livres 16 sols parisis de rente faite et ausmonée à l'église de Brie à prendre spécialement sur les fours banaux (3).
Louis, fils de roy de France, duc d'Orléans, comte de Valois et de Beaumont, savoir faisons à tous présents et advenir. Nous avons receu les lettres de notre très chère et améedame la reine Jeanne, dame de Brie, contenant la forme que s'ensuit.
Jeanne, par la grâce de Dieu, reine de France et de Navarre à tous ceux qui ces pré-fentes verront, salut
Comme pour la dévotion que nous avons au glorieux protomartyr Monsieur Saint Estienne, nous avons ordonné par notre testament que, en l'église qui en l'honneur de lui est fondée en notre ville de Braye Conte Robert, des services anniversaires seraient faits chascun mois perpétuellement pour le salut des âmes de notre cher seigneur époux le roi Charles que Dieu absolve, de nous, des amis et de ceux que nous y entendons accompagner en la forme et manière ci-dessous désignée,
Sachent tous que, nous, désirant notre dite ordonnance entretenir et accomplir en notre vivant, avons pour la dicte cause donné et aumosné, donnons et aumosnons par donation entre vifs aux curez de l'église de notre dite ville et aux autres personnes ci-dessous nommées, présent et advenir, vingt livres seize sols parisis de rente
(i) Conserve aux Archives départementales de Seine-et-Marne.
(2) Ces mots ont' été arbitrairement ajoutés par le copiste dans son résumé ; ils ne figurent dans aucun des originaux.
(3) Il est bien entendu que le texte qui va suivre n'a pas respecté l'orthographe du 14* siècle, niinéme certains tours de phrase. Je transcris du reste exactement la copie faite par C. Bernardin.