‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 8 sur 58 · HISTOIUE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

HISTOIUE DE LA VILLE

d'Amaury III* du nom, seigneur de Montfort TAmaury e lille unique d'Anseau de Garlande, sénéchal de France^ comte de Rochefort. Dreux appartenait à la seigneurie de Montfort et Louis-le-Gros érigea ce territoire en comté pour donner à son tils une autorité réelle sur cette partie du domaine royal et assurer ses débouchés sur la Beauce,mais Robert dut apporter en dot autre chose qu'une érection de comté et, à mon sens, Louis-le-Gros lui donna dans Tancien comté de Corbeil quelques seigneuries devenues du domaine royal par le traité de 1112 et notamment celle de Brie. Il mettait ainsi dans la même main, celle de son fils, les clefs des deux greniers de Paris, la Beauce et la Brie ; il lui confiait en quelque sorte une partie des marches de Tllede-France.

Il est possible néanmoins qu'il y ait eu entre la famille de Braia ou de Brai et le roi ou Robert, son tils, des échanges ou des ventes de territoires. La trace, une trace û peine appréciable, de ces transactions se retrouve dans les actes de Louis VII.

Une première fois, en avril 1 1^9, Louis VII, sur la demande de l'abbé Eude, concède à Tabbave de Saint-Denis tout ce qu'il avait reçu à Touri, aujourd'hui Toury, en Beauce d'Herbert, lils de Thomas de Braia. Une seconde fois, en 1 175, le même roi — « comme suzerain de Herbert de Brai, Ois de Thomas, seigneur de la terre de Châtillon — confirme une vente qu'avait approuvée Herbert. »

Ces deux actes, informes quant au fond, nous apprennent qu'Herbert de Brai — personnage jusqu'ici inconnu dons l'histoire de Brie — a donné (vendu ou échangé) des biens à Louis VII, que ce même Herbert est vassal de ce dernier. Ils nous disent aussi que cette famille de Braie avait, ailleurs qu'à Brie, des terres et des revenus. D'une part à Toury (i), non loin du château du Puiset dont Louis-le-Gros lit si longtemps le siège ; de l'autre, à Châtillon (2), terre dont Thomas de Braie était seigneur.

[i) Toury. commune dans le canton dejanvillc i Eure-et-Loir, sur la limite du Loiret.

(2) 11 est difficille ici d'identifier le ("hàtilon dent parlent les actes. 11 semble toutefois

hË BRiË-COMTË-ROBËRt /f

Ces deux documents semblent, on le voit, éloigner l'idée émise par Tabbé Lebœuf, reprise par ceux qui s'inspirèrent de lui en parlant de Brie-Comte-Robert, de seigneurs partial liers à Brie, et en portant le nom. Sans doute il est bien dit dans la charte citée par l'abbé Lebœuf que Thomas de Braia jouissait en i rSy, de dîmes à Brie, mais il n'était point le seul ; nous en trouverons d'autres au cours de cette hii^toire, qui, cependant n'ont jamais été qualifiés seigneurs de Brie. Le fait d'avoir part aux dimes du pays n'implique en rien l'idée d'une seigneurie.il est, d'autre part, très clairement indiqué dans les actes de Louis XII que Thomas de Br-jii était seigneur de Châtillon et que cette famille avait des propriétés en Beauce.

Chose à remarquer — le rapprochement n'a jamais été fait jusqu'ici — un des seigneurs dont Louis-le-Gros se servit dans sa lutte contre Gui-le-Rouge ou Gui-Trousseau et son fils Huguede Crécy, portait le nom de Milon de Brai. Voici c^ que disent, à cet égard, les actes de Louis-le-Gros.

• Pendant la majeure partie du XI*= siècle, partout s'étaient élevés dans les moindres recoins de l'Ile-de-P'rance des lignées de châte- '^*ns illégitimes. Le sol capétien s'était couvert de donjons hostiles, 'léaux redoutables pour la sécurité du commerce et les habitants de ^ campagne. (Pour le roi>, la terre ennemie commençait à deux pas °^ sa capitale. Pendant trente-cinq ans (1101-1135), Louis-le-Gros "**"igea des expéditions militaires contre ces féodaux. Gui-le-Rouge ^^ Son fils Hugues de Crécy comptèrent parmi ses ennemis les plus ^^tifs et les plus irréconciliables. .Mais Louis soutint contre eux leur parents Milon de Brai et llude de Corbeil. Le coup décisif fut porté ^^ ï 1 18 quand on apprit les détails de la mort dramatique de Milon ^^ Brai, étranglé à Chateaufort (i) par son cousin Hugues de Crécy- ^^ dernier battu, poursuivi, se jeta dans un monastère et ses biens tinrent grossir les uns le domaine royal, les autres le patrimoine ^^s frères de Garlande (Tournan, etc.). Louis put dès lors commu-

^^« la vente est confirmée par Louis VII, comme suzerain d'Herbert, agissant comme *«»gneur de Châtillon, par la succession de son père. Ce pourrait être alors Chàtillon (Seine), ^^ mieux Chàtillon-sur-Seinc, ou Viry-Chàtillon, commune de Seine-et-Oise, canton de ^'^'^Sjumeau. Je penche pour cette dernière hypothèse parce que — nous le verrons plus tard — Viry était un arrièrc-fief de la seigneurie de Brie-Comte-Robert. D'ailleurs Robert, irére de Louis VII, était seigneur de Longjumeau.

v'; Lhateaufort, canton de Palaiseau (Seine-et-Oise).

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niqucr plus librement avec les anciennes villes capétiennes de Dreux, Dourdan et Melun. Maître de Corbeil, de Melun, de Moret, il n'avait plus à craindre que les relations entre Paris et Sens fussent interceptées. M

Ce Milon de Brai, frcre de Gui Trousseau et de Gui de Rochefort (mais<»n de Monthlëri-Chateaufort) était vicomte de Trr»yes. Je ne peux m'empêcher dobsener que les actes de Louis VII orthographient le nom d'Herbert de Brai, fils de Thomas. c<»mme les actes deL<iuis-le-Gros orthographient celui de Milon de Brai. D'autre part il est intéressant de constater que le drame fé<Kial qui se joue entre Louis-le- Gros et la famille Rochefort-Mnnthléry a particulièrement pour théâtre ce coin de la Beauce où se dresse la forteresse du Puiset, non loin de laquelle à Toun% Herbert de Brai, lils de Thomas, possédait des biens, et le territoire sur lequel était bâti Monthlér^' â courte distance de Châtillon dont Thomas de Brai était seigneur et deChatcaufort où Milon de Brai était assassiné. Je crois difficile après ces rapprochements de ne pas voir dans Milon de Brai, Herbert de Brai, Thomas de Brai, des personnages de la même famille. Il n'est pas douteux, d'après les bonnes relations qui ont existé entre Louis VU, Thomas et Herbert de'Brai que ces derniers aient autant que Milon prêté leur concours aux rois capétiens dans la lutte sans merci contre les féodaux de ce coin de rile-dc- France. D'où l'on peut conclure que Louis-le-Gros, fort probablement, en récompense de leur zèle, leur accorda, dans le comté de (Corbeil, certaines concessions territoriales.

Quelle était cette tamille ? Il est bien diffice de le dire.

On trouve dans le cartulaire de Xotre-Dame-de-Paris (i) un Robertus de Braya qui, vers 1212, est témoin dans un acte ; un diplôme de Louis-le-Gros, daté de ii22,énumèreles dons faits au monastère de Saint-Martin-des-Champs pour l'église de Gournay par Ansel de (jarlandc, sénéchal, et par Albert de Br)\ Ce dernier donne tout ce qu'il avait dti propre dans le lieu dit Canoilum, savoir l'église avec la dime des

^i) Tome I, p. yfi.

DE Brui>a)MTE-ROiH:RT 73

prés, une terre, un bois, tout cela du consentement du même Ansel de Garlande de qui il le tenait (i). Bien qu'il y ait une dilTércnce sensible entre l'orthographe des noms Thomas dô Braic et Albert de Bry, on est tenté cependant de rapprocher ces deux noms par cela seul que tous deux font un don à la même abbaye de Saint-Martin des-Champs.

A ces remarques, il convient d'ajouter celles qui suivent. Nous verrons plus tard que le territoire de Bric-Comtc- Robert avait d'étroites relations avec celui de la Ferté- Aleps (2). Il existait autout de cette ville des fiefs mouvants, en arrière liefs de Bric-Comte-Robcrtet parmi ces derniers l'un portait le nom de « Grange-de-Brye », orthographe scrupuleusement observée dans divers aveux. Ce fief relevait des seigneurs de Villemain, qui au XV*' siècle orthographiaient leur nom de Braya, mais qui au XIV" siècle s'appelait Brie (3).

La forme Braia et même Bri se rencontre bien dans le cartulaire de Notre-Dame dans des noms tels que Petrus de Braia (1248), Thomam de Braia (1270), Furcandus de Bri (1204) ; mais, en admettant qu'elle s'applique à des représentants d'une seule et même famille, elle ne saurait prévaloir contre l'orthographe ofiicielle, si l'on peut s'exprimer ainsi, que nous fournissent les sceaux. Or, de l'examen des écus de ces sceaux, il ressort bien que Artus de Braye — dont nous trouverons le nom par la suite — appartient bien à la famille qui portait le nom de Brie, et l'on ne saurait douter que cet Artus de Braye eut des biehs à Brie-Comte-Robert.

(l) Hist. du diocèse et de la ville de Paris, par l'abbé Lcbœuf (article Gournay).

(2; Le prévôt de Erîe-('omte-Robert était aussi prévôt de la Fcrté-Alais. Un certain nombre de fiefs autour de la Ferté Alais et dans la vallée d« l'Essonne étaient mouvants, en arrieres-fiefs, de la châtellerie de Bne.

I V; On trouve dans la collection Clérambau't trois sceaux de diverses époques qui sans nul doute appartiennent à la même famille.

L'un est de Jean de Brie, chevalier, — sceau rond de 18 mili. Ecu à deux haches adossées en pal. LigeHde onciale S' lE lE CHEVA.... (quittance de gages du 29 mars ni5).

L'autre est de Pierre de Brie, écuyer. — Sceau rond dé 18 mill. Ecu à deux haches adossées en pal. Légende f S PiERRES DE BillE (quittance de gages du 7 novembre lî9«).).

Le troisième est de Artus de Brie, chevalier - sceau rond de 27 milL Ecu à deux haches en pal aJoisées, penché, timbré d'un heaum: couronné et cime d'une tête de lion. Dans le champ deux cameaux. Légende gothique ARTVS DE BRAYE. ((Quittance de gages donnée à Rouen le 5 octobre 1415.

Il est donc curieux de constater que pendant que le nom de la ville, dont je m'occupe, hésitait tout d'abord entre les formes Bra/a, Bre/j pour s'affirmer ensuite dans celle de Brava ou de /irjje, la famille dans laquelle on a cru voir les seigneurs de Brie, appelée d'abord dans des notes contemporaines 'Urai, se soit dans les siècles suivants affirmée sous le nom de 'Br/e. Il me semble pouvoir en conclure que cette famille, venue du dehors, n'a jamais reçu ou pris son nom de notre ville et que même, elle s'est surtout préoccupée de nettement distinguer ce nom de celui de Brie-Comte-Robert, peut-être pour rappeler ses origines. Si l'on veut à cet égard toute ma pensée, je serais près à croire que les Brai et les Brie sortent de Brie-sur-Marne que l'on trouve, dans le cartulaire de Saint-Germain-les-Fossés, par exemple, orthographiée/^raù, en 1197, 1244, 1264, etc., etc.

D'où je tire cette conclusion opposée à l'hypothèse de l'abbé Lebœuf et aux affimations de ceux qui l'ont suivi que Louis VII n'eut pas à traiter avec un Thomas de Brie ou tout autre homonyme pour donner à son frère Robert en apanage la terre de Brie-Comte-Robert.

Tout d'abord s'il y eut des arrangements territoriaux dans la famille royale au sujet du comté de Corbeil, je m'en tiens au manuscrit de la bibliothèque de Sainte-Geneviève, déjà cité, d'après lequel, ces arrangements furent faits du vivant même de Louis-le-Gros, après la mort de son fils Philippe (1 129) et au moment du couronnement de Louis VII, sacré à Reims le r*" août i i3i. Ils concordent, du reste, avec la date probable du premier mariage de Robert, fils de Louis-le- Gros, avec Agnès de Garlande, fille unique d'Anseau de Garlande.

Le comté de Corbeil devient châtellenie, nous l'avons dit, et cela dès le règne de Louis VI ; on peut dire, presque à coup sûr, que la conséquence de ces arrangements territoriaux fut la création de cette châtellenie.

« Je ne doute pas que pour la formation de cette châtellenie, écrit l'abbé Lebœuf, il n'ait été besoin de traiter quelque-

foii^ avec révêquc de Paris et que de là ne soit venue la redeva.nce du cierge de 20 sols dont le château de Corbeil était te r~i u envers cet évêque. »

^\ mon avis, c'est là qu'il faut chercher le mot de la rcvo- Ili tiun terrienne accomplie à cette époque.

Dans la préface du cartulaire de N.-D. de Paris, il est dit :

« Les fiefs possédés par l'évêque de Paris étaient les châteaux et chatellenies de Tournan, de Montjay (anciennement M«>ntjoie), de Conflans Sainte-Honorine, de Luzarches, de (tourna}', de Chevreuse, de Brie-Comte-Robert ; les châteaux de Corbeit, de Montlhêry, laFerté-Aieps, le bourg St-Marcel ^ Saint-Denis. »

i^e son côté, Tabbé Lebœuf, auquel il faut bien sans cesse '"avenir, a, dans un travail de ce genre, écrit ce qui suit :

* Entre plusieurs corps ecclésiastiques qui ont possédé le princ:ipal lief de la terre de Brie-Comte-Robert ou d'autres llef^^ subalternes, il paraît qu'on doit donner le premier rang à 1 Elgjise de Paris. Elle pouvait tenir le chef-lieu du territoire ^^ <^ uelque évêque qui l'avait gouvernée avant le XII" siècle, en :5>()rte que ce seraient les guerres arrivées en différents terri pj^^ soit celles des Normands, soit celles du X^^etXP siècrles qui auraient fait perdre la connaissance du donateur e^ <^ui soit cause que Ton se souvient seulement que la terre devrait foi et hommage à l'église de Paris. »

^ ous verrons au XV* siècle l'évêque de Paris exiger, au

^^^tn des droits que l'église de Paris avait sur Brie, qu'une

^e\ne de France lui rendit foy et hommage et celle-ci, ne

v^>ulant pas se prêter, en personne, à cette démonstration

humiliante de vassalité, la faire exécuter par un délégué

spécialement désigné à cet effet.

Les droits de l'église de Paris étaient donc incontestables puisqu'ils étaient reconnus. L'abbé Lebœuf en explique l'origine comme nous l'avons vu ci -dessus. Il me semble qu'on pourrait peut-être présenter à ce sujet une opinion plus

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précise. Le savant auteur de l'histoire du diocèse de Paris dit quelque part (i) :

« Un comte de Paris nommé Etienne et Almatrude ou Armantrude, son épouse, donnent (811) aux chanoines de Paris la terre de Sucy,avec l'église St-Martin in loco qui vocatur Sulcianus, par un acte passé à Bonneuil... L'acte (?) par lequel le comte Etienne donne à l'église Notre-Dame, Saint- Etienne et Saint-Germain qui composait ces trois noms et la cathédrale de Paris, tout le bien qu'il avait à Sucy et aux environs est peut-être le plus ancien de cette illustreéglise. Outre Téglise de Saint-Martin de ce lieu qu'il joignit à ce don avec ses dépendances, on y trouve le Mansus inciominicatus qui était le manoir seigneurial, avec les autres maisons, les serfs, les bois, les prés, les moulins, les eaux, sans aucune mention de vignes.

» Lui et sa femme firent encore présent à la même Eglise du manoir seigneurial qu'ils avaient in alio loco, in ipsopago 'Parisiaco, in loco qui vocatur Nocetus, et là il est fait mention de vignes, de bois, de prés et de l'eau qui faisait tourner les moulins.

» La troisième terre qu'ils donnèrent était située dans un lieu, dit \Moulins, sans qu'on indique la situation.

» Et la quatrième dans un lieu, dit Buxidus, avec pareille mention de vignes, bois, prairies, moulins et cours d'eau.

» Ce qui fait que je n'ose pas assurer qu'il s'agit là de Noiseau, ni de Boissy-saint-Léger, qui ne sont pas assez éloignés de Sucy pour qu'on ait pu dire in alio loco, in quarte loco et qui d'ailleurs ne sont pas situés dans un pays propre à bâtir des moulins, en ce temps-là, vu qu'on ne connaissait pas encore les moulins à vent. »

Cette charte, citée par l'abbé Lebeuf et d'autres, a étc étudiée par M. R. deLasteyrie (3). « 11 s'agit, dit-il, d'un acte de 81 1 dressé par un comte nommé Etienne et connu seule-

(il Hist. EccL Paris, (tome I. p. 345).

(z) Ibid. p. 304.

(î; La charte de donation du domaine de Sucy à l'Eglise de Paris, par M. R. de Lasteyrie > Bibl. de l'Ecole des Chartes, année 1882, tome XLIII, pp. 60-78).

ment par des copies dont les plus anciennes sont du XI* siècle. » M. de Lasteyrie donne une de ces copies, celle qu'il considère comme la plus ancienne, et la compare avec deux autres, à peu près contemporaines ou paraissant telles, et fait ressortir ainsi quelques différences de rédaction entre elles. Il établit ainsi que cet acte, «apocryphe, au point de vue diplomatique, a une valeur historique à cause des détails, contemporains de sa rédaction, qui paraissent exacts. »

Ce point acquis, examinons la teneur du document en ce qui touche la troisième terre donnée par le comte Etienne et située dans un lieu, dit Moulins,

« Et in tertio loco, quœdicitur (var. vocatar) ^olinis (var. \Mulinis), manso dominicato, ciim omni inte^ritate, »

(Dans un troisième lieu, la terre, qui est dite ou appelée Moulins, avec le manoir seigneurial et tout cequ'elle comporte intégralement.)

Quelques lignes plus bas l'acte explique ce qu'il entend par cette donation complète.

<f Et quicquid in mancipiis vel terris, vineis, silvis, pratis, pascuis, aquis, aquarum ve decursibus, farinariis {var, aquis, farinariis, decursibus), mobile et immobile, totum etadinte- I^Tum, rem inexquisita (vjr, rem inquisita) litis, libertis, cultis et incultis, servis et ancillis, et omnia mérita colonorum tam ibi (var. inibi) oriundi quamque aliubi translati sunt, quem (var. que)nosante hos dies per jussionem domni imperatoris Karoli, de partibussanctœ Mariœ,et sancti Stephani vel domni Germani de rébus nostris propriisexcamiavimus.»

Le comte Etienne, on le voit, ne fait aucune réserve. Il donne tout ce qui existe dans sa propriété dite Moulins : les terres, les vignes, les bois, les prés, les pâturages, les chutes d'eau, les greniers à farine, tout ce qui est meuble ou immeuble, les serfs, les serviteurs, les récolles des cultivateurs,soit qu'elles naissent là, soit qu'elles soient transportées ailleurs. Il fixe enlin l'origine de sa propriété. « Toutes ces choses, dit-il, proviennent d'échanges accomplis par ordre de l'empereur Charles... »

Je n'examinerai pas ici la discussion ouverte par M. de Lasteyrie sur l'identification de V\jocetus et de Buxidiis. Sur ce point, il ne semble pas être absolument d'accord avec Tabbé Lebeuf. En ce qui touche Moulins, M. de Lasteyrie s'exprime ainsi :

« L'emplacement du lieu nommé Molinis est moins facile à déterminer. Les environs de Sucv et de Noiseau ne contiennent aucun village ou groupe de maisons répondant à ce vocable. Peut-être le retrouverait-on si on possédait la liste des lieux-dits dans un certain ravon autour de Sucv. Kn tout cas, cela ne nous renseignerait pas sur son histoire puisque la donation du comte Etienne est la seule qui en fasse mention. »

Je proposerai de placer cette terre des Moulins à Brie même ou plutôt dans ses alentours.

Les fontaines qui sourdent au fond de la cuvette de Brie, grossies par les rus descendant des plateaux voisins, notamment les rus de Tubeuf et des Ecorcheries, s'épanchent, je l'ai dit, dans la rivière de l'Yères par un ruisseau appelé le Cornillot qui a un cours de quelques cents mètres de longueur. Ce ruisseau court, au fond d'un vallon assez resserré, en deux branches, toutes deux issues des fossés du chciteau et se réunissant à i-nx) mètres environ de là.

En jetant un coup d'œil sur le croquis ci-contre, on se rend aisément compte que de ces deux branches l'une est naturelle

et l'autre est le résultat du travail de l'homme. Cette dernière,

qui porte le nom de rù des Moulins, a été creusée de façon à relever le plan d'eau le plus possible de façon à obtenir, en un point quelconque de son parcours, une chute pouvant aller de 2 à 3 mères environ. Il y avait là une force que ne devaient pas laisser inutilisée des êtres habiles, d'ailleurs, dans les travaux hydrauliques. Cette force devait d'ailleurs, à l'origrine, être considérable et constante. D'une part, en elTet, les sources du Château coulaient plus librement qu'aujourd'hui où les vases et l'exhaussement graduel du sol prénent leur épanchement, de l'autre les rus, venant de la plaine, fournissaientune quantité d'eau plus grande et plusréguliôre que de nos jours, surtout avant les travaux de défrichement qui ont successivement fait disparaître les bois couvrant le versant nord de la cuvette de Brie, et avant les drainages exécutés sur ce point.

Le rû des moulins, qui, dans ces dernières années, était

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