‹ Histoire de la ville de Brie-Comte-RobertChapitre 9 sur 58 · LE GRAND MOULIN · texte numérisé non relu

LE GRAND MOULIN

(D'après un croquis sans date et sans échelle, recueilli par Camille 'Bernardin aux archives de la famille dVrUans.)

8v3 HISTOIRE DE LA VILLE

devenu impuissant à faire marcher le Grand Moulin, (i) devait à cette époque mettre en mouvement non pas un, mais plusieurs moulins à eau. Je n'en veux pour preuve que ce -] passage extrait d'un bail à rente du moulin de Cornillau, en *' date du .■> octobre 1470. Il y est dit très nettement que le " moulin « appelé Moulin de Cr)rnillau est assis lès Brie-Comte- * Robert, ju dessous des moulins â eau de la Ville. » Il existait . donc, en dehors, du moulin de Cornillot, plusieurs moulins à eau (2), ce qui explique d'ailleurs très bien la dénomination de Grand Moulin dot\ï\ù à l'un d'eux et qui, sous ce nom,,. existait encore, il y a quelques années.

Dans une désignation de tenants et d'aboutissants d'un jardin, appartenant à « Jehan Boudeaulx, bourgeois de de Melleun », en date du 6 mars ix)3, il est dit que ce jardin tient d'une part « au long des rus des Moullins ».

Dans les lieux dits, employés en 1438, une vigne est ainsi spécifiée : « Vigne des Moulins » : on y retrouve également le rù des moulins.

Le 3 mars i5?i . « Loys Moteau délaisse six sols parisis de rente à la fabrique sainct Etienne de Braye-Conte-Robert à ' prendre sur ung arpent de vigne assis aux moulins. »

Le lx.> mars iSvj, deux marchands tanneurs. Devis et Jehan du chemin, se disent propriétaires de « granches, maisures, court, jardin... tenant par bas au Grand ^F(u des Mollins. »

Guillaume de Villemeneux, autre marchand tanneur, déclare, le même jour, posséder « une maisure et jardin derrière tenant au /// des nmllins »>. Dans l'aveu de laGrivelle, rendu le lô septembre i?î^r, il est question d'une pièce de terre sise à la tome des moulins, tenant au ru des dits moulins cl au /J//.V ;*//.

Je pourrais multiplier ces citations qui tendent toutes à

I Détruit, depuis, par un incendie,

; V* e>t l'on probable que ce'i moulins ne servaient pas tous à moudre Je la farine. Ils devaient >e'\:r aux tanneries îo't nomi>reu>es sur ce potnt et dont le souvenir s'est conservé dans le nom donne a une rue de la ville. Hn ertet, dins un compte d'Oudart de l^ignv, receveur de la reine leanne. se trouve un article ainsi con^u, en recette : « De la value de Kane aj\ îuUJons » l.e sejj:neur du îjeu pouv,«it en etlet. a son gre. fermer ou ouvrir la \ar..".e d- -- -.'. *::- -"- .il u lirait donc un dro:l de i eau servant ainsi de force motrice.

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cette affirmation légitimée et justifiée par le bail du moulin de Cornillot, ci-dessus reproduit, que soit en dessus, soit en dessous du Grand Moulin, il en existait d'autres.

Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'en plusieurs documents, ces moulins sont désignés ainsi : les moulins le comte.

Dans des lieux dits, de 1467, nous trouvonsla rue, que nous appelons aujourd'hui du Martinet ou des Martinets (i), indiquée comme il suit : Laval ou allant aux moullins le compte (sic).

En 1438, nous trouvons le clos des moulins le conte,

A plusieurs reprises, dans des actes de l'époque se retrouve cette appellation, à tout le moins suggestive.

Dans les comptes de la reine Jeanne, notamment, on relève souvent cette expression : « De la value de Tycaue le conte dite Vrenelles. »

Mais voici qu'un aveu du 28 juillet 1476 nous dit que le fief de Sensalle commence «à la Fosse au Comte au long de la vallée de Suynes » et continuant sa description parle de « toute la rivière attenant à la Fosse au Comte en venant au moulin de Vernelle et du dit moulin, etc., etc. »

Que l'on rapproche ces indications delà chaussée ou levée de terre, faite évidemment de main d'homme (2) sur la rivière d'Yerres, un peu au dessous du confluent de la Barbançonne, en face de Tile, encore visible et semblant dessiner un bief de moulin et le faux-rû subséquent, et on a peut-être l'explication de ce qui précède. Dans tous les cas, nous voyons encore le mot comte associé à un travail hydraulique quelconque touchant à un moulin.

Est-il téméraire de dire d'après ces données venues de sources différentes que le comte Etienne (3) possédait —

(0 II est à remarquer que ce nom de mirtinet est donné à un marteau, mù le plus souvent par la force de l'eau, et qui sert dans les moulins à papier, à tan, k foulon, etc. Ne serait-ce pas là le souvenir des anciens moulins?

(2) La rivière d'Yerres présente en cet endroit plusieurs trous ou fosses qui ont chacune leur nom. Chose singulière le nom de Fosse au comte est totalement inconnu aujourd'hui autant que le moulin dont il est parlé ici.

()) Le comte Etienne dont il est question appartient à cette famille dont je donne la généalogie au commencement de ce chapitre (v. p. 60).

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