‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 10 sur 51 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

vins rendaient ceux-ci entièrement maîtres de la commune et leur permettaient de se perpétuer dans leurs fonctions. Les gens de métier, qui n'intervenaient en aucune manière dans la formation du magistrat, et qui cependant portaient presque tout le poids des impàts, s'indignaient de n'être comptés pour rien , eux qui formaient la grande masse de la population. Depuis longtemps ils n'attendaient qu'une occasion pour se soulever. Cette occasion se présenta bientôt : un ouvrier ayant été blessé par un patricien, U s'ensuivit un tumulte qui se transforma en une émeute terrible. Les cordonniers , les foulons, les teinturiers, les forgerons, les bouchers, les boulangers, les brasseurs ^ s'attroupent et attaquent les patriciens. Refoulés des places qu'ils occupaient, poursuivis de rue en rue, ceux-ci se voient bientôt attaqués dans leurs demeures, dont plusieurs sont complètement détruites. La duchesse voulut en vain arrêter le tumulte; son autorité fut méconnue et les métiers triomphants établirent sur un nouveau pied l'organisation communale. Ils nommèrent d'autres échevins ^ et leur adjoignirent, comme administrateurs, des maîtres de la conunune (probablement deux) et des jurés ^. Victorieux dans l'enceinte qui les protégeait, les métiers avaient encore à faire sanctionner par le souverain les droits qu'ils avaient conquis ; or, Jean II ayait été profondément blessé du peu de respect qu'ils avaient montré pour sa femme, et celle-ci étant venue le rejoindre, il ne cacha plus ses mauvaises dispositions envers le nouveau pouvoir communal. Bientôt, en efiet, il s'engagea envers les lignages à les rétablir dans leurs anciennes prérogatives et à faire régir la ville par son officier, juge ou amman, et par les échevins. U déclara en outre qu'il considérait comme sienne toute guerre ou querelle suscitée aux lignages, et qu'il n'acoor-

* Scoemakere, voire, wevere, ziedere, vleeschoadere , backere, briedere. Brabantsche Yeesten, h. V, c. 0. t. I, p. 429.

Fabri, textores, sutores, tabernarii, lanii, atque omnis illa fax ciTitatis, dît Bak- LANDUS. Les actes de la réaction frappèrent surtout les foulons et les tisserands. Cette sédition, suivant les Brabantêche Yeesten, éclata un peu avant la Chandeleur de Tannée 1305 (1306 N.-S.).

* Les échevins étaient alors Ameiric Hinckaert, Amelric dit Versophien, Henri de Arca, Rodolphe Pipenpoy, Jean Nolten, Hugues Wilthoen et Godefroid Boote; ces deux derniers conservèrent leur emploi ; mais les autres furent remplacés par René Eggloy, Guillaume de Loose, Guillaume Mennen, Jean Van Molenbeke et Gilles Coele, tous patriciens.

s Commoigne Meesterc, GejBwwrefi raedt. Charte du 12 mars citée plus bas; Judicei, icabini, rectores. De Dyt^ter, Chron. mss., t. 11, f 1069.

derait à leurs adversaires ni poix, ni pardon, sans leur assentiment ^ Quelques jours après il leur promit que, s'ils l'aidaient à tirer vengeance des habitants, ceux-ci n'obtiendraient ni trêve, ni merci, ni accommodement quelconque, avant de les avoir indemnisés des pertes qu'ils éprouvaient ^.

L'attitude prise par le duc consterna les bourgeois et les fit pencher vers un rapprochement. Us déclarèrent se soumettre tous à sa décision, promettant de s'y conformer et de la feire exécuter. 11 fut dressé deux aetes de cette déclaration : l'un, émané des sept lignages, des mailres de la commune, des échevius, du conseil juré, des métiers et de la commune entière , fut scellé par les comtes de Gueldre , de Luxembourg, de Juliers, de Los, de Yianden, par les sires d'Ënghien, de Cuyck, de Liedekerke, de Diest, de Berlaer, de Rotselaer, de Berghes, de Wesemael, de Renne (?), deUerstal, de Malines, deDuffel, de Sombreffe, parles chevaliers Othon de Cuyck et Daniel de Bouchout, et par les villes de Louvain, Malines, Anvers, Bois-le-Duc, Tirlemont, Nivelles et Léau^; l'autre, destiné à témoigner en particulier du bon vouloir des gens de métier et scdlé du sceau des échevins, attestait que devant ceux-ci il avait été fait une semblable promesse par les maîtres de la commune et les jurés, ainsi que par tous les métiers, savoir : les teinturiers, les brasseurs d'hydromel, les plumassiers, les brasseurs, les meuniers, les forgerons, les tailleurs, les peintres, les selliers, les fripiers, les &bricants de bas, les bateliers, les paveurs, les fabricants de ceinturons blancs, les tisserands de lin, les fruitiers, les appréteurs de draps, les charpentiers, les merciers, les tailleurs de pierre, les tonneliers, les ébénistes, les tanneurs, les blanchisseurs, les chaudronniers, les bouchers, les poissonniers, les marchands de poisson frais, les boulangers, les gantiers, les cordonniers, les savetiers, les ceinturonniers, les tisserands et les foulons ^.

Ces négociations n'ayant amené aucun résultat, tous les patriciens sortirent de Bruxelles et se rendirent auprès du duc, qui, de Tervueren,

* Acte du 21 février, lundi après le dimanche où l'on chante InvocavU^ 1305 (1506 N.-S.). Luygler van Brabanl, 1« deel, bl. 63.

* Diplôme du 4 mars, vendredi après Reminiseere 1303 (1306 N.-S.)> Luysler vanBrabant, 1. c., bl. 63.

'12 mars, samedi après la mi carême. Luytter, 1. c.

* Acte du même jour que le précédent, JBra6afU«c/ic Yee»tcn, 1. 1, Codex, n*" 1 12, p. 723. — Original aux archives du Royaume.

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s'était porté à Vilvorde. Voulant alors terminer cette lutte, qui entravait son commerce, la commune sortit en armes et s'avança^ bannières déployées, jusque dans les prairies de Yilvorde, où Jean II était campé avec les hommes d*armes qu'il avait pu réunir. Sa chevalerie, à peine rangée en bataille, fut attaquée par cette multitude qui se rua sur elle avec fureur. Le cheval du duc fut tué et lui-même renversé. Maïs s'étant promptement relevé, il se précipita, avec ses guerriers bardés de fer, sur cette infanterie indisciplinée, la mit en déroute, et poursuivant les fuyards l'épée dans les reins, il rentra avec eux dans Bruxelles. Soixante-dix Bruxellois avaient péri dans le combat (1" mai 1306) ^.

De terribles réactions signalèrent la victoire du parti aristocratique. Les tisserands et les foulons furent chassés de l'enceinte de la ville, et il leur fut défendu d'y passer la nuit sous peine de mort et de confiscation de biens. Plusieurs d'entre eux furent enterrés vifs, et la ville dut payer cent livres pour les frais de cette horrible exécution *. Le duc exigea encore de la commune i 500 livres pour les dommages causés par elle à Godefroid de Helbeke*, i600 pour indemniser de leurs pertes Arnoul de Wonkerzeele, Arnoul T'Serhenricx et Jean de Louvain *, 1 00 pour son cheval tué dans la plaine de Vilvorde, et d'autres sonmies variant de 60 à 10 livres pour les chevaux perdus dans la même occasion par Daniel de Bouchout, Guillaume de Mellbroek, Henri de Lyre ou Lierre, Jean Loose, Jean Ette et Jean de Passche ^.

L'administration générale de la ville et celle de la gilde en particulier furent reconstituées sur l'ancien pied. Les gens des métiers durent déposer leurs armes et reçurent défense de s'assembler en commune et de mettre des impositions ou des taxes sur leurs suppôts sans l'autorisation de l'amman et des échevins. Le duc rétablit les familles patriciennes dans les anciens droits et prérogatives dont elles jouissaient, sous son père, sous son aïeul et sous tous ses aïeux. Le même édit a3sura comme

^ Consultez sur ces éyénements : les Brabantsehe Yeesten, L. V, 1. c; Chronicon anonymi, p. 50; Barbus, 1. 1, p. 290; Dit^eus, I. XIH, p. 138; De Dynter, I. c, etc.

' De tcxtoribus et fuUonihus vivis sepuUis,^ Quittance donnée à Guillaume MoU au nom de la ville le 7 juin 1312. A Thymo, I. c, c. 41. — Brabantsehe Yeesteriy Codex, n» 12», p. 730.

3 Seigneur de Beersel. Voy. Messager des Sciences kistoriques^ année 1 811 , p. 445.

* Seigneur de Gaesbeek et de Herskal.

* Quittance cilëe plus haut.

auparavant, aux échevlns sortants, le droit de nommer annuellemeat leurs successeurs, en réservant au duc l*homologation de leurs choix. La direction de l'hôpital Saint-Nîeolas fut confiée aux magistrats avec injonction d'y recevoir des pauvres des lignages ; enfin, le duc déclara que, si quelque nouvelle sédition venait à éclater, l'amman devait p<}rter aide et secours aux membres de ces familles, et que, si cet officier s'y refusait, ou se trouvait dans l'impossibilité de leur prêter mainforte, ils étaient autorisés à recourir à tous les moyens qu'ils jugeraient convenables pour rétablir l'ordre ^

La gilde, qui avait été momentanément soumise , du moins en partie, à l'influence des métiers, fut réorganisée de manière à devenir un nouvel élément de puissance pour les patriciens. Jean II reconnut à la ville et à cette corporation le droit de mesurer l'hydromel et le pastel, de peser la soude, l'alun, le bois, le bois de brésii^, la laine, les grai^nes, le beurre, de publier des ordonnances et des arrêts, d'ordonner des saisies dans toutes contestations au sujet de la fabrication des étoffes de laine. U les autorisa à carder, à filer, à laver et i préparer les laines, à tisser, à fouler, i teindre , h vendre et à exposer les draps sur des châssis (raemen). La nomination des huU fut confiée aux échevins, qui devaient les prendre dans les lignages et élire ensuite avec eux deux doyens de la gUde également patriciens. Ces doyens, de concert avec les huit et les échevins, furent chargés de régler tout ce qui concernait la draperie. Les membres de l'ancienne gilde continuèrent à faire partie de la nouvelle; mais il fut décidé qu'à l'avenir on n'y admettrait que ceux à qui la naissance ouvrait cette corporation ' ou qui payeraient la plus forte taxe imposée par la gilde (c'est-à-dire 50 marcs), et qui ne feraient plus partie d'un métier. Les frères de la gilde avaient seuls le droit de fabriquer des draps éc^plates et des camelots, mais ils ne pouvaient faire aucune autre espèce d'étoffes, et chacun resta libre d'importer de la laine d'Angleterre ou d'autres pays ^.

> Sentence du duc en date du i 2 juin, dimanche après la Saint Barnabe en Bracmaent 1306. Luijster van Brabant, I. c, p. 66. — A Thtiio, 1. c.

* Bien que le Brésil ne fût pas connu à cette époque, on trouve dans cet acte les mols^ra«i7fen houLOn pourrait en conclure que cet empire a reçu son nom du bois de cette espèce, qui se trouvait sur ses côtes.

> Cette clause n'impliquait pas qu'on dût être patricien, mais fils d'un frère de» la gilde.

* Acte du même Jour que le précédent. A Thtmo, 1. c, c. 30. — Brabantsche Veesten, 1. c, n» H3, p. 724. — Archives du royatmie.

Quelques contestations 8*élcvèrent au sujet de rëlection fiiite en i 306 par

les ëchevins ; mais le duc ferma le débat en la confirmant ^.

La seconde moitié du règne de Jean II fut plus paisible «jue la pre* mière ; elle fut toutefois agitée par divers événements qu'on doit attribuer à cet esprit de liberté qui travaillait alors les populations, et se manifestait principalement dans la discussion des questions religieuses. De nouvelles idées s'étaient rapidement propagées dans les masses, et particulièrement dans ces communautés de Bogards, de Lollards, de Béguines, fort peu soumises aux autorités ecclésiastiques. C'est dans le fanatisme ardent qui animait les sectaires qu'on doit trouver l'énigme de certains faits obscurs de cette époque.

En i 308 les populations se ruèrent sur les juifs et pillèrent leurs demeures. Le duc donna aux malheureux Israélites le château de Genappe pour refuge ; une multitude en fureur les y poursuivit, mais tandis qu'elle se consumait en vains efforts contre une forteresse redoutable, le duc accourut avec une troupe bien armée et mit en déroute les assiégeants ^. Une chronique du Brabant cite parmi les plus exaltés les tisserands, les foulons et les savetiers.

Quelques années après la bataille de Courtrai, on vit reparaître tout h coup Jean de Bi^bant, fils de Godefroid, Ârnoul de Crainhem et d'autres guerriers tués dans cette journée. Us expliquaient leur disparition en disant qu'échappés au carnage ils avaient fait vœu de mener pendant sept ans une vie pénitente; Jean fut accueilli avec pompe par les Louvanistes, reconnu par ses vassaux et reçu dans le lit de sa femme; Arnoul fit enlever son écusson placé aux Récollets à Bruxelles. Mais la vérité fut bientôt connue : on sut que les aventuriers qui s'étaient parés de ces noms illustres étaient des LoUardè ou lowint Dieu, et une mort cruelle, amara mors, punit leur audacieuse entreprise (1309) *.

A cette époque brillait à Bruxelles une femme, nommée Bioemardine, dont l'éloquence captivait tous les cœurs et qui , vénérée & l'égal d'une sainte, reçut en don de ses disciples un siège en argent. €e siège, auquel on attribua un pouvoir miraculeux, fut donné, après la mort deBloemar-

^ Acte du 28 juin, mardi avant la fête de tous les Apôtres 1 306. Boeck met den Jlaire.

* De Dtnteb. — Brabantsche Yeeslm, L. V, c. 7, p. 431. — Botkems.

' Ghapeauville, GestapofUif. Leodiens,^ t. Il, p. 350. - De Dynter, M$s., t. Il, f 1069, etc.

dine, à la duchesse de Brabant '. Cette femme remarquable rédigea plusieurs écrits sur Tesprilde liberté et Vamour séraphique. Un jeune prêtre, Jean de Ruysbroeck, ordonné en i 51 8, s'opposa avec énergie aux nou-» velles doctrines, sans pouvoir réussir k les vaincre ^. Son opposition lui attira même Fanimadversion du peuple et il fut le sujet de chansons satyriques qui étaient chantées dans les rues de Bruxelles ^. Il est impossible de méconnaître ici la cause qui détermina le concile de Vienne (1510) à abolir les Bégards et les Béguines , sous prétexte qu'ils vivaient sans règle approuvée, qu'ils n'étaient régis par aucun lien d'obéissance envers les supérieurs ecclésiastiques, et qu'ils se permettaient de discuter sur la Sainte-Trinité ^. Si cette bulle n'atteignit pas les Béguines des Pays-Bas, si plus tard le pape Jean XXII donna des déclarations en faveur de quelques communautés de ce genre, on en trouve le motif dans leur popularité qui y était trop grande pour qu'un arrêt de la cour de Rome pût amener leur dissolution.

Ces sentiments furent cause de l'opposition que rencontra à BruxeUes l'établissement des Dominicains. Les religieux de cet ordre, si ardent contre les hérétiques et si peu aimé en général, avaient obtenu une bulle qui leur concédait l'ancienne maison des frères Saccites. Mais le magistrat refusa de les y laisser entrer et réclama auprès de Clément Y, disant qu'il avait l'intention de transformer ce couvent en h6pital pour les pauvres et les infirmes, et d'y fonder une chapellenie. U ajoutait que, si ces biens étaient mis en vente, ils ne produiraient pas quatre cents florins d'or. Le pape eut égard à cette réclamation et, par un bref qui annulait la première bulle comme subreptice, il céda à la ville la propriété du couvent ^. Pour terminer le différend, plusieurs assemblées eurent lieu au cloitre des Dominicains, dit Val-Duchesse, à Auderghem, en présence des échevins de Louvain; mais le magistrat tint bon et les religieux durent

A Origo monasterii Firidi-FalliSt de quitus dam tnris illuslribus (jusdem. L. Il, c. 5. Mss. de la Bibl. de Bourgogne.

* Sanderi Chorographia sacra Brabantxœ^ t. II, p. 30 et 1 14. — Mastelin, Ne* crologium Firidi-FaUis, caput 6, p. 0!. Ce dernier assigne pour date à cette hérésie les années 4303 à 1309.

> Srellaert, Mémoire sur la poésie flamande.

* Geldolpbe aRtckel, Fita S, Beggœ,^. 383.

^ Bulle da f août 1308, Jour des calendes d'avril, an iv du ponliGcat de Clément V. Opéra Diplom.^t, III, p. i 53.— A Ththo, l. c, c. 33. — Àrehiv. deSainte- Gudulo.

se conteDter de l'autorisation d'envoyer à Bruxelles deux frères de leur ordre, en promettant qu'ils travailleraient ostensiblement et en secret à maintenir la concorde entre le chapitre de Sainte-Gudule et le peuple ^ Le couvent des Saccites devint alors la demeure des prébendaires de Vhi^ pital de Saint-Nicolas, que la ville donna à cens ^.

Dans le même temps aussi les Bruxellois abandonnèrent pour la plupart les écoles du chapitre et, méprisant la juridiction de Técolâtre, ils fondèrent d'autres établissements d'instruction, dirigés par des clercs de leur choix. Pour opérer une réconciliation, il fallut que le chapitre consentit à augmenter le nombre des écoles. 11 y en eut, depuis, onze : une école supérieure et quatre inférieures pour chaque sexe, et en outre une inférieure pour les garçons, à Molenbeek. Chaque élè^^e devait payer une rétribution de 1 2 sous, dont le tiers revenait aux recteurs des grandes écoles ou chefs-recteurs. La nomination des recteurs et des rectrices était réservée à ceux-ci et à l'écolâtre *.

Les succès des familles patriciennes et le raffermissement de leur pouvoir dans les cités du Brabant, ainsi que le désarmement des métiers, donnèrent une nouvelle prépondérance à la puissance des viUes ou du moins de leurs échevins. Cette révolution ne profita guère au prince qui l'avait favorisée; il vit son pouvoir presque annihilé par une aristocratie dont les membres, unis par les liens du sang et par des intérêts communs, disposaient de grands trésors et de bras nombreux.

Le duc prévoyait sa fin prochaine, quand il donna à ses sujets la charte célèbre connue sous le nom de loi de Cortenberg. Par cette charte, datée du 27 septembre 1 5 i 2, il promet de ne plus lever d'aides, ni lui ni ses hoirs, si ce n'est lorsqu'ils seront armés chevalier , se marieront ou seront fait prisonniers ; U s'engage à faire rendre à chacun bonne justice. A cet effet il institue un tribunal composé de quatorze personnes : quatre chevaliers, trois notables de Louvain, trois de Bruxelles, un d'Anvers, un

* 24 mars, veille de l'Annonciation i3i0 (i3U N.-S.). — A Thtmo, I. c, C.37.

s Décision des échevins, en date du l"* septembre, Saint-Gilles, 1323. A Thtmo, 1. c, titre 3, c. 30. Les Terminaires dominicains demeuraient aux environs de Sainte-Marie-Madelaine. Au xv* siècle on parle de la Nutuestraleirue Neuve, aujourd'hui rue de la Bergère, voyez 3<> partie), en face des Prêcheurs. ReddUus capituH B. GudUœ, ann. 4441.

> Diplôme du duc Jean III, du 25 octobre, samedi avant la fête des SS. Simon et Jude 13â0. AThtho, 1. c, litre 4, c. 83.

de Bois-le-Duc, un de Tirlemont et uade Léau, qui se réunira toutes les trois semaines à Gortenberg , pour recevoir les plaintes contre les officiers du duché et y porter remède. Il autorise en outre ses sujets à lui refuser leur service s'Q casse une décision de cette cour, et il enjoint à tout baron, chevalier, banneret ou autre tenant seigneurie, et à tout habitant des villes de s'y soumettre également sous peine d'être déclaré hors la loi (ontcetteeh) et infidèle ^. Presque tous les auteurs, par une erreur inconcevable, ont vu dans cet acte l'origine du conseil de Brabant ^, qui dérive évidemment du conseil privé des ducs, conseil qui a existé depuis les temps les plus reculés; le tribunal de Gortenberg était au contraire destiné k contre-balancer les volontés des jhvoris et confidents du prince, et formait en quelque sorte une députation permanente des états.

Soufrant de la gravelle, Jean II avait fait le voyage de Paris dans l'espoir d'y trouver des médecins habiles et capaUes de le guérir; mais il parait que celui auquel il eut recours ne fit qu'empirer son état. Aussi, à son retour à Tervueren , son physicien ou docteur, qui avait égale^ ment été celui de son père, lui dédara-t-il u qu'en restant en Brabant il » eût quelque peu prolongé ses jours, mais que maintenant on pouvait » le considérer comme mort ^. » Gette prédiction se confirma bientôt : Jean II mourut le 1 7 octobre, et fut enterré dans le chœur de l'église de Sainte-Gudule, ainsi que sa femme Marguerite d'Yorck, qui le suivit au tombeau en 1318.

* Charte scellée par le dac, 58 seigneurs, 18 villes ou franchises, en date du mercredi avant la Saint-Bavon 1312. Luyster^ L c, bl. 60.— A Thtmo.

* Voyez entre autres : Traclattu de eoncilio Brabantiœ ejus^fw origine^ etc.« mictortf HuBERTO Lotens, Mosœ Trajectino^ regio in^eodem Brabantiœ candUo mertUmo {Bruxellœ^ Tffjni F.Foppem^ 1667), p. 76 et suivantes.

s Yam Veltbbm, l. c.

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