TOME T
au moins trois fois six semaines par an, et suivre à la guerre la bannière de la commune; il n'était fait d'exception que pour ceux qui étaient au service du duc ^ Les bourgeois forains furent assujettis en outre à payer une redevance annuelle d'un florin ^. En i 576, ils furent imposés, d'après leur qualité ^, à 5 schellings, une ou deux livres, payables une fois, et il fut stipulé que ceux qui ne séjourneraient pas trois fois six semaines à Bruxelles payeraient par an 2 ou 4 florins d'or de Florence ^, et ne jouiraient plus de l'exemption de tonlîeux ni du droit de loucbe. Dans le proème de cette ordonnance, les magistrats disent que les bourgeois forains ne contribuaient pas à l'accroissement des accises, tandis qu'ils occasionnaient souvent des querelles sérieuses avec des seigneurs puissants ^.
Une grande partie de la population n'appartenait pas h la boui^eoisie. Tous les habitants étaient toutefois, à quelque différence près, traités de la même manière que les bourgeois. Ceux qui n'avaient pas cette qualité n'étaient pas exempts de tonlîeux, et, en cas d'arrestation, la ville ne les réclamait pas. Pour les convaincre en justice, il ne fallait pas non plus le témoignage de bourgeois ®.
La juridiction foncière des échevins s'accrut, en même temps que leur juridiction personnelle, au détriment des cours féodales et de la cour d'Occle; ce fut au point qu'elle anéantit totalement ce tribunal ^, et menaça les autres du même sort. Jean III avait essayé de mettre un terme à ces empiétements, en faisant déclarer par ses nobles que toute cession ou engagère de fiefs serait sans valeur si elle n'était faite devant une cour féodale ^. Mais cet acte n'arrêta guère les représentants de la commune sous les règnes orageux de ses successeurs, et il fallut la main énergique de Philippe-lc-Bon pour sauver l'ancienne hiérarchie nobi-
* Ord. du 16 novembre 1548. A Thtmo, I. c, titre «7, c. 92.
> 26 février 1355 (1556 N.-S.). A Thtmo, titre 4, c. 4. — Conf. Coutumes de Bruxelles, article 211.
3 Deux livres pour un baron oa une femme de baron, une livre pour un chevalier ou une femme de chevalier, cinq schellings pour toute autre personne.
* Quatre florins quand le bourgeois forain était baron ou chevalier, femme de baron ou de chevalier.
» Ord. du 3 mai 1377. Luyster, 1. c, bl. 183. — A Thymo, I. c, c. 72.
^ Ordonnance de 1348 précitée.
7 Voyez l'article 38 de la Joyeuse Entrée de Philippe de Saint-Pol en 1427.
> 16 mars 1341 (1342). Butkens, Supplément aux Trophées de Brabant,
liaire. A Itépoque dont nous noas occupons, mainte fois la possession des plus grandes terres du Brabant fut déterminée par sentence des magistrats de Bruxelles; ce furent eux qui donnèrent la baronnie de Gaesbeek i Sweder d'Apqoude auquel elle était disputée par ses oncles maternels S et la terre de Walbain à Antoine de Glymes ^. On les vit même adjuger à des bourgeois, en payement de dettes, des terres de la plus grande importance. Ainsi, par exemple, après la mort de Gérard, sire de Vorselaer, la terre d'Hooghsti-aten fut vendue, pour dettes, devant eux, au chevalier Nicolas de Swaef , qui la recéda au damoisel Jean de Cuyck, moyennant 15,000 écusd'or (1580)^ Ainsi encore sir Charles d'Immersele fut mis en possession de la terre de Malines ^, en remboursement d'une somme de 100,000 vieux écus, que Mathilde de Gueldre avait hypothéquée sur ce domaine, le 28 juin 1581, |[>ar-devant les échevins de Bruxelles '. II fut solenneUement reconnu, comme loi de la cité, que les en^emts devaient succéder, par parts égales, aux biens de leurs parents : principe en opposition directe avec l'organisation des cours féodales et censales, qui avantageaient celles-là Fainé et celles-ci les enfants mâles ; on stipula en outre que dans le partage seraient compris les biens de toute nature possédés par les parents ®. Dans les temps postérieurs, les cens, les revenus de toute espèce, furent morcelés à l'infini, et celui des héritiers, qui retenait seul une terre, la grevait de rentes au profit des autres. Il existe sur cette matière une quantité de règlements qu'il serait oiseux de mentionner. Nous nous bornerons à citer, comme mesures destinées à éviter les conflits : l'obligation de feire enregistrer endéans l'année, dans le livre du clerc (ou secrétaire) de la ville, toute hypothèque prise sur un bien^, et l'obligation imposée au vendeur d'indiquer à l'acquéreur
< Jugement do 10 octobre 1557. Selectapro sœculo 1300.
* BciTKENs, Suppl,, t. I, p. 3i9.
3 Bdtkens, t. Il, p. 57.
* La terre de Malines, partie du Brabant, ne doit pas être confondue avec h seigneurie de Malines ; elle comprenait la fraction du marquisat d* Anvers qui prit depuis le nom de quartier d'Arckel.
' Original aux Archives du royaume,
* Règlement du â8 septembre, jour de Saint-Micbel 1353. Ghristtx^ Consuetudines BruxelL, édit. J689, p. 285 et suIv.—AThymo, I. c, titre 5, c. 108. D'après une ordonnance de 1403 il paraît qu'on comprenait dans ces partages les ûefs eux-mêmes. Jbid , titre 5, c. 43.
"* Ceuren vanBrusaol, ^ 79.~Gonf. ord. du 20 janvier U17 (U18). A Thymo, partie VI, titre â, c. 10.
les rentes eousUtuées sur le bien, sous peine de pajer une indemnité et
de ftiirc un pèlerinage ^.
On conçoit que Fimportance des fonctions municipales exposait cette charge & de nombreuses intrigues : tantôt, k la demande du souverain, on lui promettait de soutenir ses droits et de choisir pour les emplois communaux des honunes à sa convenance ^; tantôt des bourgeois s'unissaient par promesses de mariage, assurances, conditions secrètes, etc. Ce fut en vain qu'une ordonnance de 1556 interdit sévèrement les actes de cette nature^; dix ans après on en retrouve de nouveaux exemples ^.
L'élection des chefs du magistrat et de la gilde étant une des grandes affaires de la bourgeoisie, on en régla plusieurs fois le mode. Le docu* ment le plus important de cette période est l'acte renouvdant l'organi-* sation des lignages. Pour mettre un terme aux discordes soulevées à chaque instant par les élections, on recourut à la voie du sort. Les dispositions principales du règlement adopté à cet effet sont des plus curieuses. Tout descendant des familles patriciennes, marié et âgé de 28 ans, devait se faire inscrire dans un lignage, en présence de deux échevins, dont l'un appartenait au lignage choisi. Tous promettaient de venir, chaque année, assister à l'assemblée tenue, 1 i jours avant la Saint-Jean- Baptiste , pour l'élection des échevins. Les plus jeunes frères entraient dans le lignage de Tainé. Pour être élu échevin, doyen ou receveur, il fallait être égé de 28 ans au moins, être marié, et assez riche pour ne pas devoir exercer un métier. Tous les ans, le 1 6 juin, les échevins en charge formaient la liste des candidats aptes à les remplacer ; chacun d'eux réunissait ensuite à Bruxelles tous les membres de son lignage, qui prêtaient le serment suivant : «c Je jure par les saints et par les saints Évangiles, n que je ne me suis lié, ni engagé, directement ni indirectement, avec )> personne, et que personne ne s'est lié ni engagé, directement ou indi-
^ Ordonnance du Joar de Tan 1390 (1400 N.-S.). A Tano, partie Y, titre 5, c. 35.
* Promesse de Jean de Coninc et de l'échevin Jean son fils, an doc Jean III > 'i:5 septembre 1348. Brabantsclie Yeesten^ t. I, p. 8i0, Codex, n° âiO.
> Ord. de l'amman Siger de Heetvelde, des échevins, conseil et boargeois, mardi après la Saint-Jean-Baptiste en août 1396. Luyster van Brabant, 1. c, bl. 134.
« Promesses mutuelles des bourgeois Lâbuset Henri d'Ts8che,iuin 1366. /nvmtairo des Chartes de Brabant, n» 1 .
» rectement, avec moi; que je n'ai engagé personne à me choisir ou à » choisir un des miens pour échevtn, pour doyen de la gilde ou pour » d'autres fonctions. Je jure sur mon àme de ne donner ma voix q\Aiu >» meilleur^ au plus sage, au plus apte et au plus attaché à notre sainte » Église, au duc, à la duchesse de Brabant, à la ville de Bruxelles et » aux familles patriciennes, ne consultant, pour mon choix, que ma » conscience et n'agissant que d'après ma conviction. Je jure aussi, sur » mon àme, de ne me laisser influencer ni par mon intérêt particulier, » ni par l'amitié, de ne me laisser entraîner, ni par la haine, ni par la » colère, et de n'avoir aucune pensée de perte ou de gain pour moi ou » pour les miens. Ainsi m'aident Dieu et ses saints. »
Quand tous les membres des lignages avaient prêté ce serment, il étail fait autant de boules de cire, toutes de même forme et de même grandeur, qu'il y avait d'électeurs présents. Dans l'intérieur de quatre de ces boules se trouvait une marque blanche ; il y en avait une cinquième ayant une marque noire. Après que ces boules avaient été bien mêlées , les assistants en prenaient chacun une et la tenaient ostensiblement k la main, sans pouvoir la briser avant la fin de la distribution. Alors elles étaient ouvertes et ceux qui en avaient avec des marques blanches se retiraient en un lieu isolé, où ils choisissaient le candidat qu'ils jugeaient réunir les qualités voulues pour être échevin ; en cas de parité de suffrages, l'électeur, dont la boute portait une marque noire, était appelé à prononcer. Les électeurs ne pouvaient jamais se choisir eux-mêmes. Ces formalités étaient renouvelées trois fois, et les trois personnes élues dans chaque lignage étaient présentées , le jour de la Saint-Jean-Baptîste, au souverain qui choisissait parmi elles les échevins, au nombre de sept sur une liste de vinfft et un candidats. IVul ne pouvait être élu échevin ou doyen de la gildc que par le lignage dans lequel il était inscrit. Si un échevin mourait dans le courant de l'année, son successeur était nommé par ses collègues.
Ce règlement ayant été présenté à l'homologation du duc et de la duchesse, ils y ajoutèrent les articles suivants : 1° le membre des lignages qui contreviendra à ces dispositions ou les enfreindra sera privé de toutes les prérogatives attachées à son rang ; 2** le patricien qui ne se présentera pas au jour fixé pour les élections, refusera de voter ou de pi*êter le serment requis, sera considéré conmie ne faisant plus partie de son lignage ; il lui sera interdit de passer dans un autre , et
il sera déclaré inhabile à toutes fonctions comme faux et parjure ^ En vertu de cette ordonnance, tous les patriciens aspirant à Féchevinage ou au décanat se firent inscrire. Dans une liste de leurs noms qui nous a été conservée, on voit figurer dix chevaliers (ridderen)^ soixantequatre personnes qualifiées de 8ire{heery dominus)^ parce qu'elles avaient rempli les fonctions d*échevin ou de doyen de la gilde, et cent soixante et onze autres candidats à ces dignités ^. En tenant compte des patri*
I Règlement dn iOJuia 1375. Luyêter vanBrabant, 1. c, bl. 175-185.
* Die zyo de ghene van de welgbeboerne lieden die ghecorea bebben sue wat geslechlen zy hen boude willen cm scepen en guldekene te zine.
Erst de Clutinghe , primo heer Jan Vandenbysschopdomme Ridder, item béer Reyneer Glaling zone was Jans Cluting, ilem b. Reyneer Cluling gbebeten de zegbeleer, h . Jacob Timmerraan, b. Gbysbrecbt Pjpenpoy, b. Bernart Vander Spout, b^ Gberem Vandernoet, b. WiUem Gassart gbebeten plaetman, h. Henric zyn broeder, b. Reyneer van Mortenbeke, b. Gîelys de Loeze, Jan Ansem, Loenys Meerte, Jan CraenhaU, Willem Wouters, Jan de Pape zone was Hichiels Pape. Willem Veele gbebeten Rongbeman, Jacob van Coekelberghe, Henric Meerle zone was Henrix Meerte, Peter Vandenbossche die men beet griffoen, Gielys Tserjacobs dien men beet Vandepoele, Vrancke zyn broeder, Jan van Hnldenbergbe, Jan Pynnoc, Gielys Woaters van Halle, Leonys van Wesembeke , Jan vanden Steenwegbe, Joes vanden Steenwegbe zyn broeder, Jacob vanden Roesen, béer Wouter zyn broeder, Henric Gassart, Reyneer Eggloy d'Onde, Amelric van Boutsvoert, Reyneer Eggloy de Jonghe, Gielys gbebeten Wambeke zone vras, Walter op Ring» borg, Jan op Ringborgb Woaters zone.
Item t*Sleus geslechte, primo b. Claes Zvaef Ridder, b. Willem Zvaef, Jan Zvaef, b. Amelric Taye, b. Micbiel Scaelge doude, b. Willem de Glievere zone was Jans Glievers, h. Jan Taye zone was Jans Tays, b. Glaes van Sinte-Goerix, b. Segber van Wolowe, b. Jan de Goutsmet, Bartbelmeus zyn broeder, b. Willem van Sente- Goerix zone was Willems van Sente-Goerix, b. Henric van Scavey. Godevaert van Scavey, Jan Heinckart die men beet Nacke, Godevaert zyn broeder, Jan de Hertogbe zone was Claes Herlogen, Jan van Linckenbeke, Godevaert zyn broeder, Jan de Pape zone was Jans Pajten, Reyneer de Glievere, Wouter Goddyn, b. Micbiel vanden Spiegele, b. Jan vanden Spiegel zyn broeder, Micbiel deGautere, Gberem zyn broeder, Gielys Scotelvoet, Henric Useien, Henric Vanderbellen, Jan van Voelle(?}, Jan de Maerscalc, Amelric de Maerscalc zyn broeder, Jan Labus zone was Henrix Labus, Jan Ingbelrams, Jan vander Goeten, Jan van Buysinghen zone was Willems van Buysingben, Micbiel Scaelge de Jonghe.
Item T'Sweerts gbeslecbte, primo heer Jan gbebeten Lantzelot van Waelbem Ridder, b. Willem van Keslerbeke, h. Jan Gluting zone was b. Jans Glutinx, h. Godevaert Nollen, b. Willem van Pede, Jan van Pede zyn broeder, b. Gielys de Pape, h. Jan Was, b. Willem Was, h. Amelric Was, gbebroederen, b. Zegher vanden Heetvelde, Jan van Beersele, Jan van Garyloe, Jan vander Heect, Alart vander Heect zyn zone, Jan de Poerter, Henric de Poertere zyn broeder, Jan van
ciens trop peu riches ou trop jeunes, des seigneurs alliés ou amis des lignages, et de leurs clients et serviteurs, on évaluera à un millier le
Sassen Henrix zone, Jan van Sassen Willems zone was, Jan de Weert, Willem de Weert zyn broeder, Gielys die Weert, Peter de Vrieze, Jan van Gbeete Jans zone, Amelric de Moenc gheheten Sveyds, Jan Buys Hermans Buys zone was , Reyneer van Rackeliogen, Willem Heerte, Leonys de Crâne» Claes vanden Eynde, Jan de Crâne, Gielys van Helizem. Gielys van Opiiem, Âmelric Andries.
Item van ulen Steenweghe, primo heer Jan van Meldert, h. Willem van Melderi Ridderen, h. Gielys de Mol, h. Jan Esselen, h. Jan t'Serairnls, h. Barthelmeus rSerairnts, h. Everait i*Serairnts, h. Godevaert van Sente-Goerix. h, Godevaert Coniers, Everait zyn broeder, Ingelberl t*Servranx, Vrancke t'Servranz zyn broeder, Willem Halfhuys, Gielys Thoenys, Leonys Tlioenys, Henric van Hoelenbeke, Jan uten Steenweghe die men heet Vandernoei, Jan Neenkenzone ArntsNeenkens, Jan Moers, Jan t*SergoedeQS Arnts t'Servranz zone was, Willem Hermans, Gbeert de Mol b. Gielys Mois zone, Gielys van Hoencourt doude, Willem tServranx, Jan de Neve de Jonghe. Jan van Buysinghen zone was Jans van Buysingben.
Item t'Ser Roelofs gheslechte, primo heer Everart t*SercIaes Ridder, h. Everart Wassaert. b. Jan Serclaes zone was Henrix t'Serclaes, h. Gherem de Hondeloeze, h Willem Hertewyc zone was h. Henrix Hertewyc, h. Gheert de Coeninc, Willem Hertewyc zone was Willems Hertewyc, h. Henric Hertewyc zyn broeder, Jan t*Serclaes h. Reyneers zone was, h. Barthelmeus zyn broeder, Roelof vanden Stalle, Jan t'Serclaes die men heet Everarts, Vrancke Collay, Diederic de Mol, Ywain de Mol, Jan Wassaert die men heet Cunne, Michiel Vanderkeelen, Leonys de Mol, Wonter van Haldeberghe, Everart zyn broeder, Henric de Buys, Gielys vande Wower, Claes t*Serclaes, Jan vander Plast, Willem Hainiuys Jan Crop zone was. Jan Cassaert, Jan Togy, Jan van Brabant, Willem van Brabant, Reynart vanden Hove, Henric de Hertoghe zone was Wouters Hertogen, Jan Collay Jan Collays zone, Henric Collay zyn broeder, Jan de Loeze, Segher melten Schachie, Everart zyn broeder, Everart Wassart die men heet Cunne, Leonys van Huldenberghe zone was Woaters van Huldenberghe.
Item van Roedenbeke, primo b. Segher vanden Heetvelde Ridder, Robbrecht van Scoers (Schorûse) zyn broeder, h. Jan Cluting zone was h. Reyneer Clutings, h. Henric Hertewyc zone was h. Jans Hertewycs Ridders, Robbrecht Hertewyc zyn broeder, b. Jan Mennen, b. Gielys Mennen, h. Henric Fraeybart,h. JanFraeybart, b. Gielys van Woluwe, h. Arnt van Boegharden, Jan de Wytte, Goesen Reeten, Willem van Houthem, Gielys van Hamme, Henric Clnting Vroenleneer, Willem Meerte, Gielys van Woluwe zone was Jacobs van Woluwe, Reyneer t*Smet van Eversberghe .
item van Condenbergbe. Primo heer Henric Estor Ridder, Henric Ester zyn zone, b. Henric van Stalle Ridder, h. Willem Bossaert Ridder, b. Jan Rolibuc doude, h. Vrancke zyn broeder, h. Henric zyn broeder, h. Jan Rolibuc de Jonghe, Jan de Hertoghe h. Goesens zone, Goesen zyn broeder, h. Diederic t*Serhuyghs ane t'VIeescbuys, h. Ymbrecht Vandenhane, Jan Vileyn, Robyn van Stalle doude, Jan t'Serhuyghs, Henric zyn broeder, Gheldolf zyn broeder, Gbysbrecht zyn
nombre d'hommes que cette oligarchie pouvait, en cas d'émeute, réunir
pour sa défense.
Pendant cette période de grandeur pour les lignages, une action lente mais continue augmentait et fortifiait chaque jour le parti de leurs ennemis. Les différentes branches de Tindustrie prenaient à Bruxelles un développement extraordinaire. Heureusement située , au centre d'un pays fertile et populeux, cette ville servait de point intermédiaire entre les florissantes cités de la Flandre, du Brabant et du Hainaut. La décadence de Louvain, d'où Wenceslas avait banni un grand nombre de tisserands, avait considérablement accru sa population ouvrière ; cependant le commerce des draps, cette source de richesses pour la Belgique, entrait alors dans une voie de transition qui n'était pas encore la ruine, mais qui la présageait. Déjà la draperie de Bruxelles perdait sa réputation, par suite, parait-il, de la mauvaise administration et de l'inexpérience des chefs de la gilde et des méfaits des clercs, experts et valets. Pour remédier à cet état de choses, il fut défendu de laisser fouler à Bruxelles des draps provenants d'autres localités, de fabriquer ou de teindre des draps lombards, et de s'associer avec des marchands de cette nation ; enfin, il ne fut plus permis de débiter des draps ailleurs qu'à la halle, ou sans les y avoir préalablement exposés ^ Un règlement très-étcndu détermina le mode de payement des amendes de la gilde, ainsi que le salaire des chefs de cette corporation. Un des articles prescrit aux patriciens choisis pour faire partie des huit, et ayant été échevins, receveurs, ou doyens de la gilde, de rester en fonctions toute Tannée, afin que leur expérience et leurs lumières puissent être utilisées ^. Nonobstant ces mesures, la draperie continuant à déchoir, on nomma en 1577 deux experts [ivaerderders),
broeder, Willem zyn broeder, Diederic zynbroeder, b. Hugbe van Coudenberglie, Willem van Goudeaberghe zone wàs Willems, Hugbe Seat. Jan Gollay zone was Ymbrecbls CoUays, Yngbel Gollay zyn zone, b. Peler Oemen, Reyneer van Loxem, Jan van Loxem, h. Jan vanden Payhuyse, Vrancke van Wynegbem, Jan van Wynegbem zyn zone, Godevaert Taye, Jan van Buyseghem, Henric vanden Slene, Ruelen Oemen, Jan van Goudenberghe in de Gatte, Willem zyn broeder. Wonler Gheval. Jan l'Servrancz, b. Jan de Hertogbe, Jan Storm, Gielys de Herlogbe, Gbysbrechl Taye, Jan Taye zyn broeder, Henric Godenoy, Godevaert de Herloghe, Jan vander Zennen, Jan Joes zone van Prindael, Diederic de Scoene, Robyn van Stalle de Jongbe, Reynaert vander Zennen.
Registre des Archivée de la ville, intitulé : Groote Boecke mette Knoopen,
I Ord. en date du 14 août 1368. ATutmo.
> Ord. du i 1 mai, jour de TAscension 1374. Ibid., I. c., c. 68.
do tissage, pour cnipédier qu'on ne vendh comme dnps de Bruxelles, des (MToduits étrangers ^. Celte fraude était en effet très-usitée dans plusieurs villes, et entre autres k Paris où les marchands exigeaient un prix fort élevé pour œs prétendues productions de notre industrie. En i 5 7 K, le roi Charles V interdit ces spéculations ^, et prit sous sa protection les marchands et sujets brabançons ^* Quelques années après, il renouvela son édit de 1575, ordonnant de le faire crier dans les rues de sa capitale ^, et défendit aux habitants de Moustiervillers d'imiter les draps de Bruxelles et d'en contrefaire les lisières, sous peine d'interdiction de ce métier^. Enfin, des lettres patentes du roi Charles VI accordèrent aux draps de Bruxelles, de Malines et de Lierre, le monopole du marché de Provms*^.
ToutelcMs les guerres continuelles qui désolaient la France, alors le principal déboudié des draps , et les progrès de l'industrie anglaise, portaient de trop rudes coups à la draperie pour qu'elle pût y résister; aosH voyons-^iious, par une ordonnance de 1585, que la gilde était en pleine décadence ^. Possédant la matière première, dont elle prohibait l'exportation, suivent les circonstances, l'Angleterre avait d'immenses ayantages sur nos provinces ; elle pouvait à son gré arrêter les travaux de leura manufactures et réduire à la misère leurs nombreux ouvricra. Elles luttèrent néanmoins longtemps contre cette puissante rivale ; dans la première moitié du xv* siècle, les villes des Pays*Bas ouvrirent entre elles plusieurs congrès pour aviser aux moyens de relever leur industrie ; mais leura efforts ne purent arrêter la marche des choses. Heureusement pour Bruxelles, l'introduction de nouvelles branches d'industrie lui rendit moins sensible le préjudice que devait lui causer la ruine de la draperie. Telles furent la fabrication des toiles de lin, connue en Belgique antérieurement à l'arrivée des Francs, mais si peu importante au moyen âge que les tisserands en lin étaient confondu» avec les tisserands en laine ";
« Ord. du 3 mai 1377. Ibid., 1. c, c. 74.
> Ord. datée du bois de Viocennes, le 35 novembre 1375. JM., c. 70.
> Mandemem en date do 1* avril 1377. Jbid., c. 75.
* Lettres données en Tbôtel lez Saint-Paal, en février 4379 (i3S0 N.-S.) Ibid., c, 83.
• Ibid. datées de MonUrgis, le 2i décembre 4379. Ibid,, 1. e.
» 29 Juillet 1399. Ordonnancée des Roii de France, t. VIII, p. 339.
f Ofd. dn 96 mai 1385. A Tbtiio, 1. c, tit 5, c. 7.
s En 1491 le premier de ces métiers ne put obtenir de la gllde sa séparaUon du
TONB I. 18
Keavoû.
J Pariey a peine perdue.
i Ettay de^Sùninci' S P/xdrie' det B^vi/tet l Irr SoTKrr 6nr«r ûZff/r-àw anPofs^ ù'hftiee dt^Itmp
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DB BRUXELLES. i63
moudre leurs éeorces de chêne aux moulins du souverain ; ils furent déchargés de eette obligation en promettant de payer une redevance de seize deniers par sac d'écorce ^
Les orfèvres, les forgerons et les armuriers s'établirent dans le centre de la ville, où Ton retrouve les traces de leur existence dans les noms de plusieurs rues ^. Le père de saint Boniface, évéque de Lausanne (mort vers i 266), était orfèvre et demeurait, dit la tradition, à la Cantersteen. On assure aussi que Jean III donna à la corporation des orfèvres des privilèges, qui furent brûlés dans l'iucendie de la maison, dite Brandonbourg, auMarché-aux-Charbons, et renouvelés, en i 400, par la duchesse Jeanne ^. Maintes fois les villes voisines achetèrent à Bruxelles les objets précieux qu'elles se proposaient d'ofErir au prince lors de son avènement ^. Les armuriers bruxellois étaient surtout renommés pour la fabrication des cuirasses, qu'on disait être à l'épreuve des flèches. ^ Ils avaient plusieurs moulins h eau qu'ils employaient à aiguiser leurs armes ; on les appelait Slypmolen.
A une époque où la plupart des maisons étaient entièrement en bois et où les habitations des nobles n'avaient souvent qu'une tourelle en pierre, les charpentiers devaient être fort nombreux. A la fin du XIV* siècle, leur corporation comptait cent membres ®. Les nombreux bois des alentours leur fournissaient d'abondants matériaux. Les pierres se tiraient d'ordinaire des carrières de Diedeghem (Dieghem) et d'£ver "^ ; il en venait aussi des coteaux d'Iette, de Berchem-Sainte-Agathe et de Melsbroeck. On cuisait la chaux et les briques dans des fours situés entre la Senne et le chemin de Laeken, en face du Béguinage ^.
* Comptes du dwiaine au quartier de Bruxelles,
* Rae d'Or, rue da Ruisseaa-au-Cuivre (Coperbeke), aujourd*hai rae de Tlmpé- • ratrice, petite rue de TOrfévre, contre la chapelle Sainte-Anne, rue du Geinluron on des Armnriers» rue des Éperonniers, etc.
> RonADT, Bruxelles illustrée, t. Il, p. 240. — Carton contenant diverses chartes accordées à la ville de Bruielles. jérchives du Royaume^
* LoQvain, entre autres, le fit en 1418. Chron. mss. de Louvain, Bibl. de Bourg. » DiVAus, Rerufn Brab. L. XIX. — Christoyal, Fiaje del Principe, f 89. —
GuiCGiARDiN, édit. 1567, p. 58. — De Saint-Martin, Foyage aux Pays-Bas en 1661 , p. 387. — De Reiffenberg, Mémoire sur Vindustrie et le commerce de In Belgique aux xv« et xvi« siècles,
« Ord. du 14 février 1391 (1392 N.-S.). Ord. der Ambachten,
^ Ord. du 1 7 juin 1 384 . A Tbtmo, Utre 5, c. 2 .
* Domibus etfurnisdictisvulgariter Calcoevene prope de Lakenschepoort,1337
16i HISTOIRE
firuxeUes faisait un graad commerce en demrées et en boissons de toute espèce, surtout en vins et en bière* Mais dëj4 on s'ingéniait k frelater le vin en y mêlant de la couperose, du Tif-argent, de la cala* mine. De terribles punitions furent comminëes contre les auteurs de cette spéculation coupable. Celui qui était convaincu decedéiitétaitbnUé vif sur le tonneau renfermant la liqueur \ Le produit des vignobles étran^ gers se vendait par le ministère de facteurs ou courtiers {zameneoapers)^ nommés par les écbevins» On cultivait la vigne en quelques endroits favorablement situés, entre autres, sur la hauteur au-dessus de la rue des Cailles, à l'endroit où est aujourd'hui le Parc, à Ten*Noode, à Saint- Gilles, etc. ^. On brassait à Bruxelles de la waeghbaert^ de la Aoppe', de la coyte ou cuyte, de la bière rouge (rœthier)^ de la bière noire [zwarMer) ; en outre on importait de la bière d'Irlande, de Hambourg, de l'Est ou de la mer Baltique ^.
Le centre de la viUe présentait à cette époque un spectacle curieux : on y voyait des rangées de baraques, placées au milieu des places et des rues et destinées à quelques corporations qui les occupaient alternativement. Ainsi, au marché se trouvaient trente stalles pour les marchands de plomb, huit baraques de marchands de pommes, trois stalles de marchands de gruau, cinq de marchands de noix, dix baraques de marchands de jSgues, dix de oeinturonniers, dix*neuf de merciers, quatre de fai-
Domistadiain cum funiis dictjs de GareeloeTen in opposilo carlisBegfaiDarain, 1 567. Duobas furnis diclis Calcoeven in opposilo pisturac car lis Beghinarum de Vinea, 1393. Elira exteriorem porlam villaeBrux. dictam vulgariterden nuvve Lakepoerte sitis prope farnum quazellorum ibidem silam quo itur versus Laken, 4430. archives de Sainte-Gudule, En 1 328 il y avait déjà en ces lieux un four à chaux (calckhoven). Cartulaire de Caudenberg iux Archives du Royaume, ht 9 mars 1413 (1416 N.-S.), à la demande des béguines, on défendit d'ériger de nouveaux fours à briques ou à chaux, ou de rétablir ceux qui seraient détruits, dans Tespace situé entre la vieille et la petite porte de Laeken. Perkement Boeck metten TcieUm.
^ Die soude men berren op t*vat metten gemaecten wîne. Ord. dut? Juin 1384 A Thtxo, 1. c]
* Voyez la troisième partie, passim.
> C*éiaient des bières blanches; la première se faisait en mêlant 6 setieis de froment, 1 1 seliersd*avoine et 1 8 aimes d*eau; la seconde se composait de moins degrains etde23aimesd*eaa. Ord. du 37 sept. ïA^T.BoeckmettôRooskens^kuxJrd^.delaFiUe,
« Du 3 janvier 1411 (1412 N.-S.) au 23 juin suivant, on importa à Bruxelles 418 mesures HerlanU Biers, 104 mesures et 398 mesures Homborgen Biers, 307 tregelvat (3 tregelvaten équivalaient à une aime) Oe$tbiers. Comptes du dowaine au quartier de Bruxelles,
seiura d'aiguilles, six de gantiers, trois de marchands de serrures, aiguilles et vieux fer, trois de marchands de pots, chaudrons, etc.; quatre baraques de couteliers, trois de marchands de gauiSres (lyfcœken), quatre de marchands de platines, une de marchands de lits. Chaque stalle ou baraque payait au souverain un vieux gros; les marchands de pots de terre et de bettes {waermœs) se plaçaient aussi au marché, mais sans tirer au sort Toccupation des baraques. ^ Le principal de ces métiers, cdui des mercters ou détaillants (meersslieden, mercatores)^ n'avait pas encore de statuts bien qu'il comptât environ soixante-cinq membres; cette lacune fut comblée en i 582 ^«
La place de Saint-Nicolas était une espèce de bazar en plein vent. Le cimetière, séparé du reste de la place par un ruisseau, fut cédé par le domaine à la fabrique de l'ég^ moyennant un cens de 30 sous nouveaux ^. En cet endroit se plaçaient les campagnards qui apportaient en ville du beurre \ des fruits, du gibier, de la volaille, etc. Au dehors du ruisseau on voyait vingt-sept stalles de marchands de vieux habits, sept de marchands de vieilles plumes, neuf de marchands de fromage de Flandre, dix-sept de marchands de fromage de Tirlemont, vingt de cordonniers, et plusieurs emplacements destinés aux tripiers ^. De là viennent les noms de Ruisscau-aux-Souliers (Scoenbeek)^ et de Marchéaux-Tripes {Pynsnierct)^ donnés h la rue qui va de Saint-Nicolas au marché aux Herbes.
Le milieu de ce marché, près duquel on trouvait la boucherie, la rue des Harengs où Ton vendait ce poisson, le Marché-au-Poisson, était occupé par vingt et une stalles de tanneurs et par des marchands qui, sans être du métier des poissonniers, vendaient en cuves le produit de leur pèche®. En i599, on établit quatre syndics {vinders), chargés de surveiller la vente de la viande, du poisson et du gibier. Hs étaient choisis par les échevins, sur une double liste de candidats présentés par les bouchers et les poissonniers ^. En traversant la rue des Éperonniers, on
1 Comptes du domaine au quartier de Bruxelles, stnnées 1403 et suivantes.
> Ord. du dernier mai 1382. Original aux Arckioes du Royaume*
> lÀwres censaux du domaine des aimées 1392 et 1399. ^ De là le nom de rue au Beurre.
' Comptes du domaine, cités.
^ 18 décembre 1399. A Thtmo, I. c, c. 32.
trouvait, au Marché-au-Fromage, quinze baraques pour des marchands de fromage de Flandre et de Tirlemont : sept pour les premiers, huit pour les seconds. Dans le Pondelmerct, aujourd'hui rue du Marais, se plaçaient les petits marchands de grain. Enfin, dans la rue des Foulons ou du Lombard, on vendait le vin en gros.
De temps immémorial il y eut à Bruxelles un marché franc {vrydaghmerct) qui se tenait chaque vendredi. Ce jour-là on pouvait, sans faire partie des métiers, exposer en vente toute espèce de denrées et de marchandises ^ ; semblable tolérance était accordée à toutes les personnes qui avaient du poisson k vendre, les mercredis, vendredis et samedis, ainsi que les jours de jeune et pendant tout le carême ^. Les bouchers forains, entre autres ceux de Ninove, jouissaient du même droit.
Parmi les dispositions en vigueur à cette époque, les principales sont celles qui exigent des membres des métiers la qualité de bourgeois, et qui défendent de travailler ou de vendre les dimanches et les jours de fête '.
Les heures ordinaires de travail étaient :
 partir du lundi après les Rois, de 7 heures du matin à 5 du soir.
i" février
18 mars
10 avril
l*'mai
l** septembre
15 octobre
jour de Saint-Martin
Le travail cessait d'ordinaire à onze heures du matin et reprenait à midi et demi ; les jours de jeune, le repos était de deux heures ^. De$
* Noos îgnoroDs la date de rinstitudon de ce marché qui existait déjà à la fin du xrr et au commencement du xv« siècle passim.
* Ord. du 26 mars 1442. Ordonn, der Jmbachten.
' Une ordonnance générale défendant la vente et le travail les dimanches et jours de fêtes fut publiée le 22 avril 1378; la peine était une amende d*un demimouton. Archivée du Royaume.
* Registre des Archives de Nivelles, cité dans le Messager des Arts et des Sciences, ann. 1855, p. 172.
cloches, placées dans la tour de Saint-Nicolas, annonçaient le commence* ment et la fin des travaux , ainsi que Fouverture des marchés et des halles.
Dans la dernière moitié du xiv* siècle, une quantité considérable de terrains furent enlevés à Fagriculture et convertis en jardins. Le cha-* pitre de Sainte-Gudule, s'étant plaint au magistrat de ce qu'il ne pouvait s'en faire payer la dime, ils furent, en suite d'une convention,^ taxés d'après l'estimation des habitants du quartier ^ Le hameau de Ten- Noode, situé sur le chemin de Louvain, prit un tel accroissement qu'on dut, en 1561, y établir une chapelle ^. Nous n'avons aucun document statistique pour cette époque; mais on peut supposer que la population de la ville et de sa banlieue s'élevait alors de quarante à cinquante mille âmes.
Pendant le xiv** siècle, d'importants travaux d'utilité publique donnèrent à Bruxelles un aspect tout nouveau, et cette partie de l'administration, confiée aux receveurs, prit une grande extension. Le règne de Jean III avait vu s'élever une halle aux draps (1555); celui de Jeanne et Wenceslas fut marqué par la construction de la nouvelle enceinte (4557-1579), la reconstruction partielle du beffiroi de Saint- Nicolas, qu'une violente tempête avait endommagé en 1567, l'agrandissement du marché, pendant les années 1580 et suivantes, la bâtisse de l'hôtel de ville (1401). Lorsque la commune léguait ainsi à l'avenir ces' témoignages de sa puissance, le plus grand des édifices religieux, l'église de Sainte-Gudule, ne s'achevait que fort lentement.
On avait commencé depuis longtemps à paver les rues, afin de les rendre praticables pendant l'hiver et les temps de pluie. Deux bourgeois, nommés pour le terme d'une année et appelés les maîtres des chaussées {cantmde-^neesters), étaient spécialement chargés de la surveillance de cette partie. Pour les indemniser des grandes dépenses qu'ils avaient à supporter, on leur céda successivement le iceggelt, droit de chemin, levé aux portes sur les marchandises en ballots entrant en ville chargées sur des chariots ou des chevaux ; le produit de la grue servant à décharger les objets arrivant par la Senne, et celui de la balance, au poids de la ville,
' Accord en date du 6 juin 1397. A Tanio, 1. c , titre 15. * Notice historique sur la commune de Saint-Josse-ten-Noode, par M Schates. Messager des Sciences historiques, année 4838, p. 435.
où on les pesait ^ ; la redevance de deux florins de Florence payables par tous ceux qui entraient dans la bourgeoisie ^ ; le droit du scellage des draps ^, enfin une rente annuelle de vingt-cinq vieux écus sur Faccise de la rame.» et une autre de 8 florins d'or payables par la gilde, dont ils percevaient les revenus ^. Les travaux marchèrent avec une telle rapidité, que non-seulement les rues de la ville furent pavées, mais que des voies empierrées furent dirigées vers les villages de la banlieue '.
Des dispositions disséminées dans les grands règlements de i542, 1548 et 1562, et dans quelques ordonnances spéciales, prouvent que Ton commençait également à s'occuper de Tenlèvement des boues, des moyens de prévenir les incendies et d'arrêter les maladies contagieuses, dont l'apparition était périodique, ainsi que d'autres mesures de police et d'hygiène. Les incendies étaient assez fréquents : on en voit éclater en 1579, au Warmoesbroeck *; en 1591, dans une même semaine, au couvent de Coudenberg, dont les alentours furent dévorés par les flammes, et dans le quartier près de l'église de Saint-Nicolas ^. 11 avait cependant été défendu, en 1542, de couvrir de chaume les nouvelles maisons, sous peine d'un an de bannissement et d'une amende de dix livres; en 1560, une amende d^une livre fut comminée contre ceux qui^ par négligence, laisseraient brûler la maison qu'ils occupaient en location. La construction de nombreuses fontaines, le percement de puits, Facquisition de propriétés où se trouvaient des sources, attestent l'importance qu'acquéraient les fonctions des édiles bruxellois.
L'ancienne organisation militaire des temps féodaux avait complètement été modifiée par suite du développement des bourgeoisies. A la fin du xiv^ Siècle et au commencement du xv*^, les troupes brabançonnes
* i8 décembre, samedi avant la Saint-Thomas apôtre 1334. A Tutmo, 1. c, lit. 5. Boeck metten haire.
s Kèglement de 4339 déjà cité.
s Ord. du i d arril 1 365. A Thtmo, 1. c, titre 4, e. 4*.
* Ord. du i4 août iZQS,Ibid„ 1. c, c. 47.
s Buiten den Goudenbergschen poorlen aen den Steenwech die van Brussel t*ETseIe gaet te recbt band, 1406. TObbrussele aen den ouden Steenwech beneden de Slypmoien, 1379. Locum diclom den Dongelberch (à Lateken) Juxta Ticam ibidem den Steenwech» 1423. Archives de SanUe- Ondule,
^ La duchesse Jeanne fit donner, le 14 avril, cinq moutons d'or à de pauvres jardiniers dont les habitations avaient disparu dans ce désastre* Comptes des fiefs de 1373-1 379 aux Archives du Royaume,
' Chronique de Rouge-CIottre,
marchaient au combat dans Tordre suivant : Favant^garde était conduite par le maréchal héréditaire sire de Wesanael, suivi des hommes de sa baronnie. Puis venait un corps plus nombreux, escortant le duc et chargé de la première attaque ou du premier assaut : ce poste honorable et périlleux était tour k tour dévolu aux Louvanistes et aux Bruxellois, selon la direction que prenait l'armée et conformément à la convention de 1540» Suivait une cavalerie nombreuse formée par les vassaux du duché, les sires de Gaesbeek, d'Assche, d'Ënghien, de Rotselaer, de H^ verlé, de Diest, de Jauche, de Walhain, de Breda, et une foule d'autres, menant avec eux leurs arrière-vassaux. Les Bruxellois, ou les Louvanistes, formaient le troisième corps ; les milices d'Anvers et du marquisat du saint-empire le quatrième, et celles de Bois-le-Duc le cinquième. Enfin, h l'arrière-garde , marchaient les seigneurs de Grimberghe avec leurs hommes de fief ^
Le commandement en chef, quand le prince ne se le réservait pas, était souvent confié au sénéchal ou drossard. Le maréchal dirigeait la n^irche et assignait à chacun son poste; il avait, en outre, la surveillance des ribauds ainsi que des autres gens attachés k l'armée, et présidait aux jugements militaires. Le maïeur de Louvain, le margrave d'Anvers, le mineur de Boîs-le-Duc, conservaient dans les camps l'autorité sur leurs administrés ; Bruxelles faisait exception k cette règle : le capitaine de ses habitants était le châtelain; l'amman ne venait qu'en second lieu.
Les troupes réunies sous la bannière de saint Michel se composaient des contingents fournis par chaque corporation de la cité, et par six mairies des environs : Assche, Merchtem, Gapelle-au-Bois, Gampenhout, Vilvorde et Rhodes^inte-Genèse. Les habitants de Vilvorde et ceux de Bruxelles marchaient les derniers ^. Gonformément à un règlement de 4559, ces troupes devaient éive accompagnées par quatre échevins , un receveur, un clerc (ou secrétaire), trois valets (ou messagers), et un valet portant la bannière communale. Ils recevaient de la ville un salaire journalier fixé k cinq florins de Florence pour les échevins et les receveurs ; à deux florins pour les secrétaires et le valet portant la bannière, qui avait droit en outre à un cheval pour la durée de la campagne, et à un florin pour les autres valets. Il y avait aussi un prêtre chargé de dire la messe, au même traitement que ces derniers, ainsi que deux trompettes et deux
i De DmtERy L. VI, c. 164, ad ann. 1418. * Boeck metten Haire,
TOVE I. 1.9
i70 HISTOIRE
fifres ^ Les corporations religieuses fournissaient vingt à trente chanots,
servant à transporter les effets des chefs, les tentes, les malades, etc. ^.
Les lignages composaient la cavalerie et les métiers Tinfanterie. Les premiers, issus de chevaliers ou chevaliers eux-mêmes, étaient, ainsi que leurs puissants destriers, bardés de fer. Ils combattaient avec la lance et répée, laissant aux hommes de pied la pique et les armes de trait. La charge du service militaire était supportée, à tour de râle et par la voie du sort, par les membres de chaque corporation: on appelait cela scoten en loten^ tirer et partager ; toutefois les tentes, les armes et les divers objets d'équipement ne cessaient pas d'appartenir aux métiers qui en avaient iait l'acquisition. Ils employaient à ces achats le tiers des amendes infligées pour contraventions à leurs règlements. Souvent des métiers s'armaient et s'équipaient à leurs frais ; alors le magistrat, pour les indemniser, élevait le droit d'entrée dans leur corps. Ce privilège fut accordé, entre autres, aux tonneliers, le 6 octobre 1574, parce que, l'année précédente, ils avaient fait de grands et dispendieux préparatifs pour servir le duc et la ville ; aux graissiers, le 7 novembre i 58G, en récompense des services rendus par eux dans la guerre de Gueldre; aux serruriers, le 17 février 1 5 9 4 ; aux menuisiers, le 9 février 1 3 9 9 ; aux marchands de poisson frais, le i 2 du même mois; etc. ^ Une ordonnance du i 2 septembre 1378, prescrivit d'apporter les plus grands soins dans la conservation des munitions, canons {dmderbussen) et tentes, afin qu'on put s'en servir au premier besoin. Elle défendit sévèrement aussi de donner où de prêter aucun instrument de guerre^.
Un corps particulier, dont il a déjà été fait mention dans les chapitres précédents, brilla, au xiv'' siècle, d'une splendeur particulière. Nous voulons parler de la grande gilde ou gilde des schuUers, tireurs d'arbalète. Les schutters étaient à la solde de la ville et devaient être toujours prêts à donner main-forte aux décisions du magistrat. S'agissait-il d'arrêter un brigand ou un meurtrier, d'assaillir le château d'un seigneur ennemi, c'était à eux qu'on s'adressait. Ils suivaient quelquefois le duc dans des expéditions peu importantes, et, dans ces circonstances, la ville les soldait; mais ils marchaient à leurs frais, lorsque le pays se levait efk
< Luyster, Eerste deel., hl. i07.
* La liste des chariots de la ville se trouve dans ie Boeck metten Haire, 5 Ord. der Ambachten,
* A Thtmo, I. c, lit. 4, c. 79.
DE BRUXELLES. i7i
masse et que le service militaire était obligatoire, ils avaient pour capitaines un chef-doyen, un sous-doyen et quatre jurés, tous annuels.
Le lieu de réunion des arbalétriers était un jardin portant leur nom, de Sehutters Hof, à l'extrémité de la rue Terarken. La chapelle du Sablon, qu'ils avaient fait bâtir, fut toujours l'objet de leurs soins, et l'anniversaire de la dédicace de ce beau temple était leur jour de fête. Après Vommegang, cérémonie dont nous avons raconté l'origine, les confrères élisaient leurs doyens, leurs jurés et quatre maîtres d'église. Ensuite ils prenaient place autour de larges tables, et, le repas fini, ils tiraient le perroquet, placé au sommet du clocher de la chapelle du Sablon. Le vainqueur , proclamé roi aux applaudissements de la multitude, se rendait dans cette chapelle, où U recevait un joyau qu'il devait porter au chaperon d'uniforme. Quand il avait eu ce bonheur trois fois de suite, le roi était proclamé roi perpétuel, et occupait, dans les cérémo^ nies, une place supérieure k celle du roi de l'année. Au lit de mort, les confrères qui avaient été revêtus de ces titres devaient laisser à Notre- Dame du Sablon, les joyaux qu'ils avaient gagnés, leur meflleure arbalète et leur uniforme ^
Il est de la nature des corporations d'être plus ou moins hostiles aux sociétés qui se forment dans un but semblable au leur ; aussi le grand serment arréta-<^il autant que possible le développement de toutes les associations de tireurs. Quelques habitants ayant formé une réunion de ce genre, près de la chapelle de Saintr-Laurent, fondée en 4514 ^, les arbalétriers en conçurent de l'ombrage et obtinrent de Jean III l'abolition de cette société. Les deux corps furent fondus en un seul et la chapelle devint leur propriété commune. Le 4 mai 1581, Wenceslas et Jeanne confirmèrent cet acte de leur père et défendirent d'établir en ville de nouvelles gildes pour tirer l'oiseau. Ces princes reconnurent aux doyens et jurés des arbalétriers le droit déjuger les différends qui s'élevaient entrff^ leurs confrères, lorsque toutefois 0 n'y avait pas effusion de sang ^.
En 1589, on accorda aux membres du gî*and serment la faculté d'entrer dans un métier, en payant seulement la moitié du droit exigé
1 Ordonnance sans date dans le Perkement Boeck tnetten TaeUen. * L'acte de fondalion existe aux Archives du royaume,
» Registre n» 8 des Archives de la cour des comptes, f» 477 v. -- Perkement Boeck metten Taetsen,
k cet effet ; mais, d'un autre côté, il leur fut interdit de sortir de la ville '. Dans le même temps, toutes les nouvelles sociétés qui s'étaient formées malgré l'ordonnance de 138i, furent supprimées. L'ordonnance n'excepta de cette mesure qu'une petite gUde d'arbalétriers et une gilde d'archers, qui s'étaient placées, celle-là, sous l'invocation de saint Georges, celle-ci, sous le patronage de saint Antoine. Le fossé de l'ancienne enceinte près des Bogards, depuis la maison de Henri Gollay, jusqu'à la Steenporte, fut cédé aux premiers, et le magistrat leur assigna une livre de gros par an. Le droit de nommer les capitaines de ces deux serments secondaires resta à la grande gilde, et tous furent tenus d'assister à Yommegang ainsi qu'à quelques autres processions ^.
Les serments des différentes villes adoptèrent à cette époque la coutume de s'inviter à de grandes fêtes, appelées depuis tandjuiveel, ou joyau du pays. Le plus remarquable des concours de ce genre qui eurent lieu au xiv*' siècle, fut celui de Tournai, en 1594. Il y vint des compagnies de quarante-huit villes du Brabant, de la Flandre, du Hainaut et de la France. Les Bruxellois y remportèrent le quatrième prix d'adresse, consistant en deux coupes d'argent doré valant deux marcs et demi '. Il y avait aussi d'ordinaire des prix pour les villes les plus éloignées, pour les plus beaux costumes, etc.
Dans la Germanie inférieure, il n'était pas de cour qui égalit en somptuosité et en licence celle des ducs de Brabant. Jean III, qui rache> tait ses déftuts par des qualités aimables, par une grande bravoure et par son amour pour la poésie, laissa quinze bâtards, dont le grave et savant Butkens nous a conservé les noms et les destinées. Si Wenceslas eut plus de retenue, on ne doit pas en conclure que les odoeurs de sa cour fussent meilleures. Les barons qui l'entouraient et qui formaient ses conseils, les chevaliers, les riches bourgeois, suivaient l'entraînement général. Le peuple seul, c'est-à-dire les hommes sans loisir, les artisans, restait toujours en dehors de ces dérèglements et nous le verrons plus tard pousser jusqu'au rigorisme l'horreur du libertinage.
Le luxe dans les armures, dans les habits et les ameublements, suivit une progression constante, proportionnée au développement du commerce et de l'industrie. On se couvrait d'or, d'étoffes précieuses ; on tenait même
< Ord. des échevins en date da 5 mars 13IS8 (1389 N.-S.). Perkement Bœck.
■ Ord. sans date. Ibid,
» HARiEus, t. F, p. 364. — Meyer, Rcr, Flandr. L. XIV, p, â14.
DE BRUXELLES. i75
h honneur d'habiller à ses Trais une suite ncHnbreuse d'écuyers, de pages et d'hommes d'armes. Gheraux, harnais, tout était orné à profusion. Déjà, k cette époque, les bourgeoises avaient adopté la faille ^ ce vêtement si commode et dont l'usage se perd de plus en plus. Les couronnes de roses étaient des parures fort goûtées ; aussi les jardins dans lesquels on cultivait la reine des fleurs, étaient-ils nombreux k Bruxelles ^.
Les festins étaient fréquents et splendides ; c'était l'accompagnement obligé des cérémonies de toute espèce. A la maison de ville il y en avait à la Saint- Jean, lors de l'élection des échevins; k la Saint-Michel, lors de l'audition des comptes des receveurs, et le jour de la mise à l'enchère des accises. Il y en avait encore un au moment du passage de Yonimegang, Chaque corps, chaque confrérie avait ses jours de réjouissance. On saisissait avec empressement toute occasion de fête; les baptêmes, les prises d'habit, les mariages, les enterrements mêmes, tout y contribuait. Cette mode de prodigalité alla si loin qu'on sentit la nécessité d'y mettre un terme ; il fut défendu de convier d'autres personnes que les plus proches parents, de venir aux fêtes sans y être invité, et l'on restreignit le taux des dons offerts d'ordinaire aux conviés. Ce règlement ne concernait toutefois ni les seigneurs hauts justiciers, ni les dignitaires ecclésiastiques, ni les autres personnes hors du droit de la ville '. Sous le règne de Jean III, les magistrats promulguèrent des lois somptuaires défendant aux bourgeois de faire célébrer des trentaines, octaves et anniversaires, et réglant, d'après le rang du défunt, la quantité de cire à employer à ses funérailles *.
Il y avait à Bruxelles beaucoup de tavernes, et de nombreux établissements de bains, alol^s appelés étuves {gtooven, stuphaé)^. Plusieurs
< Dans une donation, fette par SIger de Heetvelde à Jean van Heerlen , clerc secrétaire de la fille, on parle de twee faUen ; dans une autre, dite par demoiselle Malhllde Vander Meynaertshoven à la fabrique de Sainte-Gudule, on mentionne unam chlamidam dictam faite. LeUres écbevinales du 28 janvier 1301 (i502) et dn 14 mai 1399 aux Archives de Samte-Gtukile,
< En 1515 (1316 N.-S.) Othon Houtmaker s*obligea à fournir tous les jours 2k Catherine, veuve de Gilles Loose, un chapeau de roses rouges, dans la saison de ces fleurs (durante tempore rosarum, videlicët uno die tectum seu capellum rosarum rubiarum). En i382 cette redevance passa au chapitre de Sainte-Gudule. Archives de Sainte-Gudule aux Jrcfiives du royaume,
s Ord. du i8 décembre 1399. A Ththo, L c, titre ii, c. 3i. « Ord. en date du i3* Jour i346 (S janvier 1347). A Ththo, 1. c, tît 5,c. 87. Staîuyt Boeck, etc.
'Stove van de Pollepele by de Piittcrye. Livre Censal de I49i aux Archives
in HISTOIRE
ruelles n'y étaient peuplées que de filles de mauvaise vie ^ Aussi les plus riches patrimoines s'y déyoraient-ils rapidement; à cette époque, les princes mouraient presque tous insolvables, et les grands laissaient leurs biens grevés de dettes énormes. La conduite licencieuse de la jeunesse excita des plaintes tellement graves qu'on dut prendre contre elle des mesures d'une excessive sévérité. Dans chacune des sept portes de la ville, on établit u une bonne et forte prison » pour y enfermer ceux qui se conduiraient mal ou dissiperaient leur fortune. Si un patricien tombait dans des excès de ce genre, ses amis devaient le dénoncer à l'échevin de son lignage, qui, de concert avec les autres échevins, le sommait de renoncera son genre de vie. Lorsque cette réprimande restait sans effet, le coupable était enfermé dans la prison de soulignage, jusqu'à ce qu'il eût promis de s'amender. On en agissait de même à l'égard des autres habitants; mais, pour ceux-ci, le choix de la prison était laissé aux receveurs. En outre, il fut interdit aux jeunes gens de signer des pro-
du royaume. Prope Ârkam ad opposilom de Borrekens-slove, 1422. Cartulde 1%rarken. Op l*Swolfsbeergracht.... tegen over de stOYe van Grimbergen. livre Cerual de 1491. Domistadium et stupham prope forum Garbonum, Cartul. de la Cambre, 1336. SUipba dicta de Platlensteen. archives de Sainte-Gudule, 1495. Hoffslat gebeeten de stove in de Gatten Gouckaert gelegen voere ende buylen den Wicketle Yan de Overmoleo daer men ter Bogaerden weerl geet, 1491. Cartul. de Coud. SkyleD-Stove , près da moulin dil Sandersmolen ou moulin de la Barbe, 1487. Archives des Châtelains. Infra portam dictam de Warmoespoorle inter murum et portam oppîdi B. etbona appellata de Groon quse stupba fore consueveranl, 1472. Domistadium ac domibus et slupba superslanlibus orto, et suis pertinentiis sitis apud Gapellam super altam plateam, 1454. Prope wiketum Leonis inter stupham nuncupatam de Stove onder fGruys, 1415. TPoorlken, en face de la statue de la Vierge placée au lieu où est aujourd'hui le Marché-aux-Poissons; de Slipers Slove, au lieu appelé De gote, près Saint-Géry. Archives de Sainte Gudule. Enfin celles qui ont donné leur nom à la rue de i'Étuve et à la ruelle de rÉtUTe,en face du Béguinage.
' De nombreuses plaintes s*étant élevées contre le scandale que causaient les femmes publiques dans des quartiers habités par des gens honnêtes, il leur fut défendu, sous peine d'un florin couronne de France, d'habiter ou de tenir des maisons de débauche ailleurs qu'aux lieux suivants : à l'héritage de Tamman ou Ammant Hoffstad (rue des Trois-Tètes), et dans le rayon aux alentours où elles étaient tolérées; près du Préaux-Laines; à THoefyser, près la Senne (rue du Gontrôleur); rue de la Mâchoire et de rAiguille; hors de la porte aux Herbes, au Fossé-aux- Loups, en face de la Vigne du Tonnelier, t'Scupers JFyngaert, et rue des Gailles. L'amende devait être répartie par tiers entre le duc, la ville et le cuisinier de l'amman. Zwerthoeck ^n\ Archives de la ville, f* 33.
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messes ou des conventions, et d'aliéner ou de charger leurs biens avant Fâge de 28 ans. Des peines sévères étaient comminées contre ceux qui, pour les dépouiller ensuite, prêtaient de Taisent aux fils de femille '. De tout temps un des principaux objets de l'attention des magistrats, fut le maintien de la tranquillité publique. Le caractère altier de nos aïeux, leur orgueil de race, leurs habitudes désordonnées occasionnaient des rixes fréquentes, et chaque querelle alimentait ces vieilles haines dont nous trouvons de nombreux exemples. Sous le règne de Jean III, la commune fut troublée par une longue inimitié qui éclata entre Gérard Pipenpoy et Jean , fils de sire Guillaume Uy ttensteen wege, et ne fut apaisée qu'en i 5 4 7 par l'arbitrage deWalter Pipenpoy, Gislebert Taye, Henri et Walter Vandernoot ^. Plus tard Walter, fils de Jacques de Glymes, assassina Walter de Jodoigne, son aïeul maternel, avec lequel son père s'était brouillé au sujet de la dot de sa femme. La querelle entre les deux familles et leurs alliés dura jusqu'en i 5 76 ; alors Walter de Glymes et Jean, Guillaume et Walter de Jodoigne, fils de Walter, accompagnés d'un grand nombre de seigneurs, se présentèrent devant les échevins de BruxeUes, déclarant choisir pour médiateurs l'écolàtre Jean d'Yssche et Jean sire de Glymes ^. Un acte de cette époque, dont nous n'avons trouvé qu'un fragment , nous parle encore d'une querelle semblable causée par l'amour. Deux jeunes gens de la famille Vandernoot, Georges, fils du chevalier sire Henri Vandernoot, et de Marie de Serihane, et Walter , fils du chevalier sire Guillaume Vandernoot et d'Agnès de Baesdonc, se disputaient la main d'une noble et belle demoiselle , Gudule , fille de sire Guillaume Vanderzènnen , chevalier. Une haine violente anima bientôt les deux rivaux , et ils en vinrent à une rupture ouverte ; après plusieurs combats singuliers, Georges fut tué par son parent ^. Pierre Van Huffle, chanoine de Saînte-Gudule et secrétaire de la viUe, parvint à apaiser cette affaire ; mais il parait qu'un second crime vengea plus tard le premier : du moins, dans quelques chroniques, on lit qu'un sire Walter Vandernoot fut assassiné en 1573 ou 4374, le il mars, jour de Sainte-Gertrude *. Dans les années suivantes, diverses pénalités furent décrétées contre
« Statut en date da 12 juin 1383. Statuyt-Boeck,
* Selectapro sœculo 1300.
» Selecta pro sœculo 1300.
* Archives de la ville,
3 Chroniqttes du xv« siècle aux /archives duroyaume, ad au. 4375. — Chronique
ceux qui se rendraient coupables de blessures, coups, menaces ou pillages. Le coupable devait, dans le premier cas, indemniser la partie lëséc d'après la taxation des paciGcateurs , et, pour obtenir son pardon de la commune, iaireun pèlerinage à Saint-Jacques de Gompostelle; dans le second cas, le pèlerinage devait se faire à Notre-Dame de Vendôme, et ensuite à Saint-Gilles en Provence; et, dans le troisième cas, k Notre- Dame de Cambrai et h Saint-Louis de Noyon. Il fallait que l'auteur du dëlitpartitendéansun mois et rapportât un témoignage desonobéissance^ En 1594 , les combats dans les rues étant très-fréquents, on déclara : Que toute personne, u quelque grande, riche ou puissante qu'elle fut, n qui la première dégainerait, ou frapperait avec un bâton, serait, ainsi que ses complices, condamnée, en sus de la peine prononcée par la ceure, k un pèlerinage à Milan et aurait à rapporter une attestation du magistrat de cette ville constatant la réalité du voyage. Une amende de dix achellings et le bannissement punissaient celui qui refusait de se conformer au jugement. Un pèlerinage à Vendôme était imposé au coupable qui dépassait d'un jour le délai fixé pour le départ; pour deux jours c'était un pèlerinage à Roquemadour, et pour trois jours c'était un pèlerinage à Saint- Jacques de Gompostelle , outre une amende de cent moutons. Après ce dernier terme, le condamné était emprisonné, et n'était rendu à la liberté qu'après avoir promis de se soumettre au jugement ; s'il n'avait pas d'argent pour payer l'amende , il était banni après avoir été mutilé d'une main ^. Dans la suite, ces dispositions furent rendues encore plus sévères : la non-exécution d'un jugement doublait la peine. En cas de nouveau refus, le récalcitrant était banni, et personne, sous peine de bannissement et d'une amende de cent florins du Rhin , ne pouvait le recevoir ni le loger. Les nouveaux règlements déclaraient punissable d'un pèlerinage à Rome quiconque menacerait un plaignant, et passible de la peine de mort et de confiscation des biens , celui qui le blesserait '.
La rigueur des magistrats s'explique par la turbulence des natures
de Roug€'Cl(4tre,9té an. 1374.— Selon le Nobiliaire des Pays-Bas, Waller aurail élé assassine près de SaiDte-Gudule. G*est de là que vient peat-èlre le Dom de fFilde-fTouter-Straet, rue de Waller- le-Sauvage (Livre Censal de 1081 aux Archives du royaume), dénaturé aujourd'hui en celui de fTild-HaudStraet, roe du Bois-Sauvage, ce qui ne signiEe absolument rien.
< Ord. de Tannée 1384. A Thtmo, titre IS, c. 2.
* Ord. du n septembre 1394. Ibid., c. 21.
3 Ord. du 12 décembre 1401. Ibid , c. 38.
DE BRUXEJXBS. 177
farouches dumoyen âge. En i 3 9 1 , sir Barthélemi TSerdaes (ùt assassiné il Coudenberg ^ et, en i 401, peu de temps avant la promulgation de ces nouveaux règlements, un des chefs de la famille de Heetvelde fut frappé d'un coup mortel sur la Grand'Place ^. Ce dernier événement amena des dissensions qui durèrent plus de vingt années. 11 parait que les Heetvelde, branche bâtarde des seigneurs de Gaesbeek de la famille de Louvain, et possesseurs de fiefs nombreux, excitaient la jalousie des autres patriciens. Quand Thierry ou Siger eut péri de la main de Gérard de Coeckelberghe, on vit cinq lignages s'unir aux meurtriers '. Les fils de la victime, Jean, Guillaume et Walter, accusèrent de sa mort sir Nicolas de Swaef et son neveu Wenceslas de Hertoghe, et plus d'une fois leurs débats ensanglantèrent les rues de Bruxelles. Instruits par une expérience cruellement acquise, les Louvanistes joignirent leurs efforts à ceux des échevins pour apaiser cette querelle; à leur demande, h duchesse Jeanne et son conseil ordonnèrent que tout sujet de plaintes fût mis en oubli , menaçant de la peine de mort, de la confiscation et de la perte des droits de bourgeoisie, quiconque romprait la paix conclue ^. Le pouvoir souverain était alors trop déprécié pour qu'un tel ordre calmât ces sanglants différends; aussi se prolongèrent-ils longtemps encore entre les Heetvelde et leurs implacables ennemis, Jean de Lom* beke et les enfants Yanderstraeten. En i 4i 8, les premiers acceptèrent la médiation de Jean IV, mais sa sentence partiale, dictée par des considé* rations politiques, fut, conmie nous le verrons plus loin, cassée par les étaU^
Toutes les querelles qui n'avaient pas été ensanglantées ou qui ne violaient pas une trêve, étaient soimiises à l'arbitrage des pacificateurs. Les deux parties, citées par ces magistrats, se rendaient, le jeudi suivant, accompagnées chacune de six ou huit amis au moins, aux Récollets, aux Carmes, ou dans une autre église, et, si une satisfection n'était pas
* Chronique de Rouge-CUÀtre,
« Ihid., ad ann. 140 1 . — Chron, du xv* iiècle aux Archivée du Royaume» — HAKiBUS, t. I, p. 369 et 371. — Diyjeus, Rerum Lovan,, acK ann. 1403, etc.
s La chronique n« 18001 (mss. de h bîbl. de Bonrg.) est la seule qui donne à la victime le nom de Siger et non pas de Thierry. Elle paraît avoir raison, car les trois chefs du parti des Heetvelde étaient tons trois fils d*un Siger.
« Bruxelles, 18 janvier, jour de Saint-Pierre (dat hi gestoelt wasj, 1403 (1404 N.-S.). Stad Caren van Brueêele, Cartulaire aux Archivée de la VilU.
* Luyeter van Brabant, 2« deel., bl. 34.
TOXB I. âO
donnée, une nouvelle réunion avait lieu huit jours après ; les pacificateurs prononçaient alors sommairement leur sentence ^
Une des causes les plus fréquentes de disputes et de rixes était la coutume des livrées, sortes de distinctions par lesquelles les seigneurs et les bourgeois opulents affichaient leur puissance et leurs richesses, coutume qui prenait chaque jour plus de force et plus de vogue. En i 5 8 5, on se vit obligé d'interdire pour sept années, toutes les livrées, à l'exception de celles des valets de la ville, des lignages, des métiers, de la grande gilde de l'arbalète et de l'arc, etc. Les prélats, les barons, les chevaliers, ne purent plus donner des vêtements distinctifs, tels que chaperons, vestes, justaucorps, etc., qu'aux personnes vivant dans leurs maisons et à leurs frais ^. Ce règlement, étendu en 1 404 à tout le Brabant ^, fut renouvelé à plusieurs reprises.
St les mœurs de nos ancêtres offraient encore des traces de barbarie, il faut convenir qu'ils rachetaient leur amour du luxe, leur conduite licencieuse, leurs discordes continuelles, par une bienfaisance active. De nombreuses fondations témoignent que l'esprit de charité, si généralement répandu au xui^ siècle, était encore vîvace au x\\". C'est alors qu'on vit s'élever les hospices de Saint-Laurent, de Backx, de Saint^Ghislain, de Saint-Corneille, de SainfrChristophe, des Douze-Apêtres, de la Sainte- Trinité, de Sainte-Elisabeth; quelques couvents d'un ordre inférieur, tels que les Alexiens, qui se dévouaient particulièrement au soin des aliénés, les frères au Fossé ou Bogards, les sœurs Noires, les sœurs Grises, congrégations dont les commencements sont peu connus. Les tisserands, dits Bogards, prirent, en 1359, l'habit et la règle du tiersordre de Saint-François, en restant toutefois sous la juridiction de la ville, de la gilde et du métier des tisserands.
Les écoles, alors si négligées, étaient une cause d'incessantes contestations entre le clergé et la bourgeoisie. Jean III donna le premier règlement sur cette matière et ce règlement fut confirmé, en 1 5 G 1 , par Jeanne et Wenceslas ^. Dans la suite, les recteurs se plaignirent du recteur en chef qui, disaient-ils, augmentait, à leur détriment, le nombre des établissements d'instruction publique. De son côté, celui-ci se récriait contre la conduite
* Groot Boeck mette Knoope.
* Ord. de 1383. A Thymo, I. c, litre 5, c. 8.
5 Ord. datée de Bruxelles, le 14 juin 1404. Ihid., I. c, c. 48.
* 12 avril 1361. A Thtmo, partie V, litre 4, c. 83.
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de ses subordonnés qui ne reconnaissaient pas son autorité et ne lui remettaient passa partdanslesrétributions payées par les élèves. Un accord conclu entre le chapitre de Sainte-Gudule et les échevins, approuvé par le duc et la duchesse, fixa le montant de la rétribution à payer par chaque élève à cinq gros, dont un demi-gros devait revehir au recteur en chef pour son droit de surveillance. Quand il trouvait un instituteur en faute, il devait en iaire son rapport au chapitre, k Fécolâtre et au magistrat qui décidaient de concert. Les accroissements de la ville firent porter à treize le nombre des écoles ^ Pour éviter les contestations on fixa leurs rayons respectifs et elles prirent alors le nom des quartiers dans lesquels elles étaient situées. Dans le xvu^ siècle on les nommait écoles de la Gantersteen , de la Putterie , de la rue de la Montagne, de la rue de la Fourche, de la rue au Lait, de Saint-Jean, de Saint-Géry, du Marché-au- Gharbon, de Sainte-Gatherine, du Marais-aux-Herbes, du Béguinage, de la Ghapelle et du Sablon ^. La plus ancienne fondation particulière pour rinstruction est celle du secrétaire de la ville Pierre Van Huffel, qui, en 4558, donna tous ses biens pour fonder une maison de pauvres écoliers. Dix-neuf ans plus tard Jean TSerclaes , frère du célèbre Éverard , et archidiacre de Févéché de Gambrai , ajouta à ce legs plusieurs revenus et sa maison située rue de Schaerbeek (aujourd'hui rue Notre-Dame-aux-Neiges) '. Ainsi commença la fondation des Bons-Enfants, convertie, enl 46S, en une école pour six pauvres enfants de chœur ^.
Les chambres de rhétorique commençaient k s'organiser. La plus ancienne confrérie de ce genre établie à Bruxelles s'appelait le Livre et fut créée en 1 401 ^. On vit se former, vers le même temps, la Fleur de Blé,, la Violette, la Fleur de Lys, la Branche d'Olivier. Les, confrères s'exerçaient à la déclamation, cultivaient la poésie et représentaient parfois sur les places publiques des mystères ou des facéties. Ils obtinrent des magistrats quelques subsides et quelques avantages, en retour des représentations qu'ils donnaient k certains jours de l'année. Ges compagnies eurent
« 15 février i581 (1382). Ihid,, I. c.
* Ges détails sont tirés d'un recueil de règlements sur les écoles de Bruxelles. Mss. de la bibliothèque de Bourgogne.
s Diplôme da 10 octobre 1577. A Thtmo, I. c, c. 53.— Opéra Diplomat , 1. 1, p. 783.
« Annales mss. S. Gudilœ, titre XI, c. 17.
> Chronique de Rwge-Clottre.
aussi leurs grands concours, mais l'époque de leur splendeur n'était pas
encore venue.
L'hérésie, qui, sous lerègne de Jean II, avait jetéde fortes racines dans le peuple bruxellois, avait encore, dans les premières années du xv* siècle, de nombreux partisans. Pour en arrêter les progrès, les autorités ecelé* siastiques eurent recours aux monastères de chanoines réguliers, alors peuplés de religieux doctes et zélés. L'évéque de Cambrai, Pierre d'Ailly, choisit Henri Selle, prieur de Corsendonck, et Laurent Geroutz, prieur de Rouge-Cloitre, pour combattre les admirateurs de Bloemardine et extirper ce qui restait de la secte des esprits libres ^ Selle, qui s'acquitta avec ardeur de sa tâche, rencontra de vives résistances. On répandit contre lui des pamphlets, et l'on alla même, diton, jusqu'à ^attaquer à main armée, dans le trajet de Bruxelles à Groenendael '. Il devait être difficOe en effet de maintenir une complète orthodoxie dans nos grandes cités, où les idées d'indépendance prenaient chaque jour plus de force , et jetaient du discrédit sur tout autre tribunal que celui de la commune. D'un autre càté, le schisme divisait l'église elle-même et lui enlevait cet ascendant moral qui, dans les siècles précédents, avait fait sa puissance et étendu son pouvoir.
^ Liberorum spirituum hœresii.
* Sanderos, Charograpfiia Sacra Brabantiœ, l. il^P* i^^*