‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 17 sur 51 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

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Le duc ayant cédé à son cousin Philippe le Bon, radministration de la Hollande, de la Zélande et de la Frise, les députés des villes brabançonnes refusèrent d'approuver cet acte, parce que la réunion au Brabant de Heusden et de Gertruidenberg, n'y avait pas été stipulée. Le garde des sceaux, Corneille Proper, ne voulant pas sceller le traité conclu entre les deux princes, Jean IV fit faire un autre sceau que son secrétaire, Pierre Vanderheyden ', y apposa le 4 9 juillet 1425. Jean IV ne pardonna pas à Corneille Proper sa courageuse résistance à ses volontés. L'année suivante, le chancelier fut arrêté dans la forêt de Soigne, près de Groenendael, par quelques hommes armés qui, sous prétexte que le duc leur devait de l'argent, entraînèrent leur captif hors du Brabant, et après l'avoir cruellement torturé, exigèrent de lui une forte rançon. La ville de Bruxelles la paya, mais en déduction de sa taxe , car personne n'ignorait d'où le coup était parti ^.

La révolution de 1421 avait donné une puissante impulsiou à l'organisation militaire de la commune. Le Grand-Serment, corporation où dominait l'élément aristocratique, avait été menacé d'une réforme complète ; mais les magistrats plébéiens lui promirent solennellement le maintien de ses privilèges ^. Toutefois une société rivale vint bientôt participer aux avantages qui avaient été jusqu'alors exclusivement réservés aux arbalétriers. L'usage de l'arc devenant de plus en plus général, la ville céda à la confrérie de Saint-Antoine un vaste emplacement situé à peu de distance de Jéricho (18 novembre 1422), et, quelques années plus tard, en 1 426, elle prit à ses gages quarante archers auxquels elleassigna un subside annuel de 90 couronnes de France pour payer leur habillement, les offrandes à Saint-Antoine et à Notre-Dame de Ruysbroeck, le chaperon du capitaine et les salaires du fifre, du clerc et du valet de la compagnie. Elle leur alloua en outre une livre destinée à couvrir les frais du repas annuel et de l'ommegang, et fixa leur solde aux deux tiers de celle des arbalétriers. Les autres membres de la confrérie eurent à se pourvoir d'un chaperon d'uniforme. Il fut défendu aux bourgeois, à

* C*est évidemment le célèbre Petrui A Thymo, bien que de Dynter traduise ce nom flamand par Petrus A Dumo.

• De Dynter. — Brab. Yeesten,

> 25 Juin 1421. Perkenient Boeck metien Taetsen. Le 20 mai 1422, le magistrat défendit à qui que ce fût, sauf aux bourgeois ayant seigneurie, de former des associations pour le tir. Zwertboeck.

Fexcqption des seigneurs, damoisels on patriciens, d'entrer dans d'autres compagnies d'archers ^.

L'attention de la commune se porta aussi sur l'industrie, et l'on essaya, mais en vain, de ranimer la draperie languissante. Le nombre des mendiants étant fort considérable, il fut défendu aux personnes de i 5 à 60 ans, de mendier, sous peine d'un an de bannissement, et il fut enjoint aux pauvres de cet âge de s'occuper à tisser, à fouler, à filer, ou de faire d'autres métiers analogues ^. Cette ordonnance ne parait guère avoir eu d'efficacité, puisqu'elle eut bientôt besoin d'être renouvelée, et, comme la gilde se plaignait de manquer d'ouvriers, les centeniers furent chargés de faire le relevé des pauvres valides et de leur fournir gratuitement des métiers à tisser et des outils ^.

Divers faits révèlent le préjudice que causait alors à nos provinces la concurrence anglaise. Le 19 septembre 4 424, les députés des cités brabançonnes se réunirent & Bruxelles pour se concerter sur les moyens de la combattre^, et, le i 6 juillet 1 427, une nouvelle assemblée eut lieu dans le même but à Malines, où l'on vit paraître des délégués de toutes les villes du Brabant, de la principauté de Liège, de Malines, d'Âix-la- Chapelle et d'Ënghien ^. Le résultat de ces conférences fut une prohibition des draps anglais, publiée à Louvain, le 2 5 août 1428,' et renouvelée depuis, k plusieurs reprises, mais toujours inutilement ^. La politique ressentit le contre-coup de ces épisodes de l'histoire commerciale. Le Brabant, malgré l'influence croissante de la maison de Bourgogne, qui avait à venger le meurtre de Jean sans Peur, se montra toujours aussi hostile à l'Angleterre que fevorable à la France, menacée alors de la domination étrangère.

On ne peut douter que la corruption et la débauche qui trônaient dans le palais ducal n'aient été une des principales causes des troubles de 1421 ; aussi la magistrature bruxelloise, qui, en se retrempant dans la plèbe, avait pris des mœurs plus sévères , montra-t-elle , en plus d'une occasion, une rigueur salutaire. Des règlements nombreux contre

* Perkement Boeck.

* Règlement daté du 20 Janvier 1421 (14â2). Ztvertboeck. s Règlement du 14 mars 1422 (1423). Prid.

^ Chronique Mss, de Louvain, citée.

> Gtselaer-Thts, Additions et Corrections, t. II, p. 72.

* A Ththo, partie VI, tit. ô, c. 9. — M. Gachard, Rapport du jury sur les produits de Vindustrie belge présentés à Vexposition de 1835, p. 42.

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Tadultàre et la prodigalité montrent l'excèa du mal. Toute espèce de chant fut strictement interdite ^ ; les hommes maries vivant dans le concubinage furent déclarés inhabiles aux emplois et exclus de toute participation aux prérogatives de la bourgeoisie ^. D'autres dispositions, pour la plupart empruntées aux anciennes ordonnances, restreignirent les dépenses des fêtes et la constitution d'hypothèques.

C'est à la susceptibilité des habitants de Bruxelles que Louvain dut de posséder l'université qui a fait sa gloire. Jean IV avait projeté de rétablir dans sa résidence, mais les magistrats l'en dissuadèrent, disant que les étudiants déshonoreraient leurs filles ^. Ce prince semble avoir cherché, vers la fin de son règne, des consolations dans les sciences et dans les lettres, et on le vit à Bruxelles s'affilier à la chambre de rhéthorique, dite Le Livre ^. C'est à cette époque que remonte l'établissement a Bruxelles, du collège des frères de Saint- Jérôme ou de la Vie commune, fondé en 44ââ, dans la rue de la Putterie, par PhUippe de Heetvelde; il fut transféré, vers i 480, près de l'église de Saint-Géry '•

Le droit romain commençait alors à prendre racine en Belgique et, k défaut de dispositions coutunûères, on puisait à cette source. L'histoire et la médecine étaient cultivées avec plus de succès, et Jean IV avait à sa cour plusieurs célébrités, parmi lesquelles nous citerons le docteur Dithmar et l'historien Edmond de Dynter» son secrétaire. En même temps un noble essaim d'hommes de mérite, produit glorieux de l'élan imprimé aux esprits, se groupait autour du magistrat, qui, en 4iâ7, acquit la seigneurie de Crainhem, située à Anderlecht, avee le droit de nommer trois chanoines d'Anderlecht et eut ainsi le moyen de récompenser le zèle et le mérite de ses employés. Alors s'illustrèrent par de remarquables œuvres d'art et de science, l'historien Pierre A Thymo, qui fut le premier pensionnaire de Bruxelles et qui, pendant plus de 50 ans, rendit à la ville d'importants services; l'architecte Jean de Ruysbroeck dit Vandenberghe, qui joua en 4421 un rôle politique, et dirigea successivement les travaux de l'hôtel de ville, de Sainte-

< 14 août i425. Zwertbœck.

s Mai 1429. A Thymo, partie VI, titre 3, c. 13.

' Seggende dat die studente in hindre violeren sondea der liede kiadre. Bra6. Yeesten, — M. De REiFFtafBERG, Mémoire sur le» deux première eièelee de r Univer eité de Louvain.

« De LàSEiçtA-SAifTANDEA, Memwre sur la Bibliothètiue de Bourg.^ t. I, p. 469.

' Voyez la troisième partie.

Gudule, de la cour ; le grand peintre Roger Vander Weyden, que nous croyons être le même que Roger de Bruges, le meilleur élève des Van Eyck; le docteur André de Wesele, qui jouit longtemps d'une grande réputation et qui fut l'aïeul de Vésale, et le sculpteur Jacques de Germes dit de Copei^laeger ou le Batteur de cuivre.

En revenant avec son frère d'une assemblée des États tenue à Lierre, Jean IV tomba malade, entre Vilvorde et BruxeUes; le jour des Rameaux i 437 (1426 V. S.). Ramené à Bruxelles, il y mourut le surlendemain i 4 avril, dans de grands sentiments de piété ; il était âgé de vingt<quatre ans et en avait régné dix. Son corps, après avoir été embaumé, fut transporté, le Sa, à Sainte-Gudule, où l'on chanta les vigiles, et déposé, le iS, à Tervueren, dans le caveau du ehceur.

Après la conquête du Hainaut, le comte de SaintrPol était parti pour Rome, où il demanda l'autorisation de se rendre à Jérusalem; mais le pape Payant détourné de ce projet à cause des dangers attachés à ce pèlerinage, il revint en Brabant, où la mort de son frère lui ouvrit le chemin du trône. Le 35 mai i 427, il jura sa Joyeuse Entrée, dans une assemblée des États, tenue à Vilvorde. Il institua aussitôt après un conseil d'administration et une cour de justice, et il ordonna aux membres du conseil de suivre les avis du sire de Montjoie, dans lequel il avait une grande confiance, confiance fondée sur les services que ce seigneur avait rendus & son père Antoine; Jean Bont, qui avait toiqours rempli d'importantes fonctions, fut nommé chancelier ^.

Une aide ordinaire de 304,000 écus d*or, payable en trois ans, ayant été votée en i 437 ', la ville de BruxeUes mit pour condition à son consentement qu'il ne serait donné à personbe des assignations sur sa quote ni sur celle de l'ammanie, et que les habitants, créanciers du duc, seraient payés avant tous les autres sur ces quotes, pour autant qu'elles s'élèveraient au taux des créances. En outre, pour que le produit des taxes ne fût pas gaspillé, les magistrats déeidèrent, le 1 1 novembre 1437, qu'ils n'accepteraient plus de traites tirées sur la ville par le duc, quel qu'en fût le montant, toute acceptation de pareilles lettres de change étant d'avance déclarée de nulle valeur ^.

* DeDtnter, 1. c, c. 233. — Br<ib, Yeesten. — Chrmi. anonymi, p. 181. — La Joyeuse Entrée da duc Philippe se trouve dans le Lvysier, 1. c, bl. 50.

* Compte» de» aides aux Arehwe» du Royaume, ^ luyster, bl 61.

Un dissentiment sérieux dont nous ignorons les causes, mais qui parait avoir été le résultat d'intrigues de cour, s*éleva, en i 428, entre le due et ses principaux barons , les comtes de Conversan et de Brienne , les sires de Wesemael, de Rotselaer et de Schonvorst. Immédiatement après les Pâques, Philippe convoqua les États à Lierre et envoya deux députés aux mécontents , pour leur reprocher leur conduite ; ceux-ci , tout en se justifiant, coururent, pour plus de sûreté, s'enfermer dans leurs châteaux, et rompirent ainsi ouvertement avec le prince qui en témoigna un grand courroux ; mais lorsque, à la demande des États , il eut donné des explications sur cette affaire, il s'aperçut qu'il ne devait pas compter sur leur appui. En effet, loin d'épouser ses passions, la noblesse et les villes exprimèrent le désir de voir les barons disgraciés rentrer dans son conseil, et, dans une assemblée tenue à Hérenthals, six personnes de la cour furent condamnées à des peines très-graves ^

Vers la même époque, les États votèrent une aide extraordinaire de 325,000 couronnes, destinée à racheter les domaines engagés, à acquitter des rentes hypothéquées sur le domaine et les dettes coatractées par des nobles et par des villes. Cette aide devait être payée en cinq années, entre les mains de six délégués choisis par les villes, moitié dans la noblesse, moitié dans la bourgeoisie. 11 fut stipulé, en outre, que chaque localité élirait ses répartiteurs , qui donneraient lecture de leur travail en public dans l'église , un jour de fête , et en délivreraient copie à tous ceux qui le demanderaient. Sept nobles et sept bourgeois furent chargés de déterminer les dettes particulières qui seraient payées ^.

Le duc ayant nommé échevin de Lierre Pierre Van Aken dit Van Paesschen , bourgeois de Bruxelles , les Lierrois refusèrent de le reconnaître en cette qualité, et il$ obtinrent de Philippe, le 9 juin 1428, un décret portant que nul ne pouvait obtenir l'échevinage de leur ville s'il ny avait droit de bourgeoisie. Mais cet acte, qui avait été contre-signe par les principaux barons, fut tacitement invalidé par les États, qui maintinrent Van Paesschen dans sa charge et envoyèrent, pour l'installer, le comte de Conversan, le chancelier, les sires de Rotselaer et de Witthem, et un secrétaire de chacune des trois principales villes. Lorsque cette députatlon arriva à Lierre, les habitants réunis sur le marché, se répan-

* De Dtmter, 1. c, c. 233. — Ckron. euumymi, p. 182. — Divfus.

* A Thtmo. — De Dt.nter, 1. c, c. 232. C'est Guillaume sire de Bigard qui représenta, dans cette commission, la ville de Bruxelles.

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dirent en menaces contre ses membres , et le tumulte devint si violent que les trois secrétaire^ et l'échevin n'échappèrent à la mort que par une prompte fuite. A la nouvelle de ces désordres, les chefs-villes prirent d*énei^iques mesures pour fah*e respecter leurs privilèges. Après avoir resserré leur alliance (20 juin 4 428) , elles ordonnent Tarrestatlon dans les lieux de leur ressort de tous les habitants de la ville soulevée, exigent du duc que cette mesure soit étendue à tout le pays et maintenue aussi longtemps que Lierre n'aura pas réparé son méfait, abattu les tours, les fortifications, les barrières et enlevé les chaînes dont elle s'est entourée ; aussi longtemps enfin qu'elles ne lui auront pas accordé son pardon. Elles préviennent le duc que , s'il se refuse à accéder à leur demande, elles ne lui feront plus aucun service, et, le même jour (22 juin), elles condamnent à différentes peines les plus fougueux adversaires de Van Paesschen. Guillaume Dries et Bouden Van Buten sont envoyés en pèlerinage à Nicosie en Chypre, et le premier, qui était le grand moteur des troubles, est en outre banni pour un an du Brabant. Les six échevins, qui avaient refusé de recevoir leur collègue, sont déclarés exclus de toute charge publique.

L'autorité souveraine était trop déchue pour que les Lierrois pussent espérer être soutenus par le duc contre ces fières et puissantes cités ; aussi durent-ils bientôt se soumettre (7 janvier 4428 , 4429 , N.-S.). La décision des chefs-villes ne se fit pas attendre. Le 2 février 4 429, elles demandèrent une reconnaissance formelle de Téligibilité de leurs bourgeois à l'échevinage, la remise des privilèges dans lesquels ce droit pourrait être contesté, la punition des 40 ou 42 habitants les plus coupables, l'exécution de 600 pieds de vitraux peints, savoir : 200 pour une fenêtre à Saint-Pierre à Louvain, 200 pour une fenêtre à Sainte-Gudule à Bruxelles , et 200 pour une fenêtre à Notre-Dame d'Anvers. Elles exigèrent aussi que Pierre Van Paesschen fût autorisé à exercer son métier sans empêchement, et, le 4 4 avril, la ville de Lierre déclara que Bruxelles resterait en possession de ses privilèges, aussi longtemps que les prétentions contraires ne seraient pas établies ^

Bruxelles montra bientôt, dans une autre occasion, le peu de prestige que le pouvoir ducal avait alors aux yeux de la bourgeoisie. Le favori de Philippe, l'homme dans lequel il mettait toute sa confiance, le damoisel de Montjoie, s'étant rendu impopulaire par sa conduite et par

* A Ththo, 1. c. , c. i 7. — Bœck tnetten Havre, etc.

ses actes, Tamman, les bourgmestres, les échevins, les receveurs, les jurés des métiers et les centeniers, déclarèrent solennellement, le 4 S juin 4439, que a pour certaines bonnes raisons à eux connues, » il fallait qu'il fut exclu du conseil du duc ou qu'autrement ils n'enverraient plus de députés aux réunions des États. Le 4 6, le large conseil approuva cette résolution en n'y mettant pour réserve que le cas où le salut de la patrie exigerait le maintien de ce seigneur dans ses fonctions. A la suite de cette déclaration, le conseil ducal subit des modifications, et, le 20 juin, le chancelier fut remplacé par Ghislain de Sart ^.

En 4428, un furieux ouragan dévasta plus de 300 maisons à Bruxelles '. L'année suivante, un tournoi magnifique, accompagné de bals, de mascarades^ fit oublier ce désastre ^. Sur ces cntrdaites, on reçut la nouvelle d'une attaque tentée par des soldats bourguignons sur la tour Montorgueil près de Dinant. Le duc de Bourgogne qui assistait à ces fêtes, ainsi que l'évéque de Liège, n'ayant pas nié sa participation à cette tentative, U s'en suivit une violente querelle entre loi et le prélat, qui quitta Bruxelles très-irrité ^.

Pour donner au pays l'espérance de voir se perpétuer la famille ducale et resserrer les liens qui l'unissaient à la France , il fut projeté de marier Philippe à Yolende, fille de Louis, roi de Sicile, duc d'Anjou, et une ambassade , accompagnée d'une forte escorte , partit pour la France au mois de juillet 4 450 ; mais en route les ambassadeurs furent secrètement avertis que le duc était très-malade. Philippe en effet venait d'être atteint d'un mal inconnu , et la fréquence des paroxysmes faisait croire à un empoisonnement. Pour dissiper les rumeurs populaires, tous les docteurs en médecine de l'université de Louvain et des autres villes furent appelés k Bruxelles ; leur avis fut que le duc avait un abcès à Testomac et que le vomissement seul pouvait le sauver. Malgré tous les efforts de la science, il mourut k Louvain le 4 août , et , quatre jours après , les ambassadeurs qui avaient été chargés de négocier son mariage , revinrent pour assister à SCS funérailles, ^a consultation ordonnée par les États n'ayant pas désabusé le peuple, il fut décidé que l'autopsie du cadavre serait feite par sq>t médecins et chirurgiens, et le résultat de leur opération confirma,

• Boeck metten Haire. — A Thymo, c. i 4. — De Dyntbii, c. Î36. « Mss. de la Bibl. de Boarg. n*" 10247.

» MONSTRELET, lîv. II, C 54.

♦ Chr»n. Zantfliet, 1. c, p. 4Î0.

dit-on , le premier pronostic. Après avoir été embaumés , les restes du duc furent déposés au château de Louvain.

En attendant qu'ils eussent discuté les droits respectifs des prétendants au duché , les États maintinrent provisoirement dans leurs fonctions le chancelier et le conseil ducal. Il avait aussi été décidé que Ton continuerait à battre monnaie à FeflSgie du souverain décédé , et que tous les officiers conserveraient provisoirement leurs offices; mais la ville de Bruxelles, le sire de Wesemael et quelques autres seigneurs s'opposèrent à ces résolutions , et la ville fit fermer la chambre des comptes et apposer les scellés sur le lieu de ses séances.

Deux prétendants se présentaient pour recueillir ce brillant héritage : Marguerite de Bourgogne , douairière du Hainaut et tante de Philippe , était la plus proche parente de ce prince ; mais le duc de Bourgogne, était le représentant de la Ugne masculine et de la branche aînée de sa maison. Aussi ses ambassadeurs n'eurenMls pas de peine à l'emporter sur cette princesse, et, abandonnant son armée en France, il se hâta de venir lui-même prendre possession de la succession de son cousin. Le nouveau souverain fut inauguré k Louvain le 5 octobre 1450. Le lendemain, il conduisit le corps de son prédécesseur k Tervueren et, deux jours après, il fit son entrée solennelle k Bruxelles ^.

1 De DTifTBR,c. 238 et saiv. — Brab. Yeesten,

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