‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 18 sur 51 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Philippe le Bon. — Charles le Téméraire. — 4430-1476.

La réunion des proyinces belges entre les mains du puissant duc de Bourgogne , amena un changement complet dans la situation du pays. En Brabant, en Flandre, en Hollande, le pouvoir s'était déplacé. Des concessions sans nombre, les unes acquises k prix d'argent, les autres obtenues à force ouverte, ou en récompense de services rendus, resserraient l'autorité suprême dans des bornes fort étroites. Les magistrats des principales villes voyaient , au contraire , s'étendre chaque jour le cercle de leurs attributions ; ils étaient à la fois conseillers de la couronne , puisque leur consentement était exigé dans les affaires de grande importance; représentants du peuple aux États; législateurs, puisqu'il était en leur pouvoir de modifier les lois locales ; juges au criminel et au civil , en première instance pour leurs concitoyens, en appel pour les habitants d'autres localités ; ils étaient, au besoin, les chefs militaires de leurs concitoyens, et répartissaient sur eux les impôts. Les ressources dont ils pouvaient disposer étaient immenses , tandis que le trésor ducal ne se remplissait souvent qu'à l'aide d'expédients ruineux ou vexatoires.

Le règne de Philippe le Bon ne fut qu'une longue lutte, tantàt patente, tantôt occulte contre la puissance des communes; mais plus adroit et plus prudent que ses prédécesseurs , il sut mener à bonne fin l'entreprise qui leur avait été si fatale. Ses rapports avec la ville de Bruxelles sont curieux à observer. Dans le principe , il n'éleva contre elle aucune prétention, mais il réorganisa toutes les institutions qui pouvaient lutter avec celles de la commune. Ainsi le conseil de Brabant , tribunal suprême du duché, la cour d'Uccle, qui étepdait sa juridiction sur un grand nombre

DIS BRUXELLES. f 55

de yillages et de terres ^, la chambre de» tonlieux , destinée à arrêter les empiétements des particuliers sur le domaine ^, la cour féodale, reçurent de nouvelles prérogatives et une nouvelle force. En 4 441 , il changea de conduite , son langage devint hautain et acerbe , et, de restrictions en restrictions, il arriva, en i 46i , à diminuer considérablement les immunités communales. Il suivit une marche analogue avec la plupart des autres villes, et c'est là la véritable cause de ses sanglants démêlés avec Bruges et avec Gand.

Dans sa Joyeuse Entrée, les Brabançons avaient inséré une clause portant que leur pays ne serait pas engagé dans les guerres d'Angleterre et de Liège '. Par une addition à cette charte, ils demandèrent encore qu'une sévère discipline lût imposée k l'armée ducale, si elle traversait le Brabant, et que le souverain indedmisàt les personnes lésées par ses troupes *.

Le 30 décembre i 430 , naquit au palais de Bruxelles un jeune prince qui reçut le nom d'Antoine ; il fut baptisé à l'église de Goudenberg , le 4 8 janvier suivant, et tenu sur les fonts par le cardinal d'Angleterre, le xîomte de Cilly, l'évéque de Cambrai, Marie de Bourgogne, duchesse de Gueldre, et la comtesse de Namur. Cet enfant mourut le 3 i septembre 4434, et fut enterré à Sainte-Gudule ^. Un second fils d'Isabelle de Portugal, né à Gand, étant mort aussi en bas âge, cette princesse, effrayée de la perte de ses enfants, voua le troisième, Charles, né à Chàlons en 4 434, au Saint Sacrement en l'église de Sainte-Gudule, où, par ordre du duc, on célébra tous les ans, le 8 novembre, une messe pour ce jeune prince •.

Le 37 janvier 4 430 , le duc fit grâce aux nobles bannis en 4 424 , et entre autres à Jean de Grimberghe, sire d'Assche, René Mours, Jean d'Yedeghem, Jean Pipenpoy, Melchior d'Arquennes, Jean Cappe ^. Le 4 2 juin de l'année suivante, il déclara que la ville de Bruxelles ne payerait jamais que sa part dans les aides, alors même que les autres villes feraient

« Édit da li join 145i. Zwertboeck.

* Ibid, du 16 aoùl et du 22 décembre 4437. Martinbz, Recht Domaniael mn BrabatUf tome I.

' Voyez le Luy$ter win Braband, 1. c, bl. 65.

* ibid., L c, bl. 78.

■ Meter, Rerum Flandr. — BARiECis.

* Numéro 203 de Ylmentaire des jèrehiveê de la Cour desCmnpteu '' Lwreê Noir$ aux Arch^œê du Royaume,

valoir leur manque de ressources ^ Eu 1437 (ââ octobre), les magistrato , le conseil et les jurés des métiers décidèrent que la part de la ville dans les impôts généraux , serait dorénavant payée par le trésor de la commune, et qu'on n'içiposerait plus, à cette occasion , les gens des lignages et des métiers '.

Vers la fin de Tété de 4 45 i , arriva à Bruxelles , Nicolas Albei^ti , cardinal de Sainte-Croix , diargé par le pape de réconcilier la France et la Bourgogne, et de travailler à mettre fin à la guerre sanglante qui, depuis vingt années, désolait le royaume des Valois. Son arrivée fut agréable au peuple et les efforts du cardinal eurent pour résultat la paix d'Arras, conclue en 4455 entre le roi Charles VII et le duc Philippe. Un tournoi eut lieu à Bruxelles k cette occasion ^. D'un autre càté, la mort de l'empereur Sigismond ( 1 45 7) qui avait fait revivre ses prétentions sur le duché de Brabant, termina les différends avec TEmpire ^.

La duchesse Isabelle de Portugal marqua les premières années de son règne en Brabant par la fondation d'une communauté de religieuses de l'ordre de Saint^Augustin , à l'endroit nommé Orsendael , où quelques femmes vivaient déjà dans le repos du cloître; elles reçurent une nou* velle règle et adoptèrent pour patrone celle de leur protectrice, sainte ÉUsabeth (145 S) '. En 4454, la duchesse fit célébrer avec pompe à Bruxelles les funérailles de son père, le roi Ferdinand, qui venait de périr dans une bataille contre les Maures^. L'année suivante, Philippe le Bon y tint dans l'église de Sainte-Gudule un chapitre de la Toison d'or. Il n'y eut pas de création de chevaliers , parce qu'aucun de ceux nommés en i 429, lors de l'iostallation de l'ordre, n'était mort.

Un fait remarquable à étudier, c'est l'énei^e, la persévérance que la commune, qui se sentait menacée par le pouvoir souverain , mit alors à défendre ses droits et les immunités de ses habitants. Malheur à celui qui portait siur eux une main téméraire ; ni son rang , ni sa fortune ne pouvaient le sauver du châtiment. Au besoin, une troupe d'archers ou d'arbalétriers forçait à la soumission ceux qui croyaient pouvoir la braver Impunément.

« Luyster, I. c, bl. 85. —« Ibid., bl. 106.

s Gtselaer-Thys, Additions et Correctùms, l. c , p. 85.

« DeDtnter.

" Voyez la troisième partie.

^ C. Zartfliet, 1. c, p. 436.

La querelle avec les Malioois avait recommencé; la chaîne de Heffen avait été tendue de nouveau, et la défense de porter du grain & Matines renouvelée. Pour arrêter ce conflit, le duc chargea quelques députés des états du Brabant et des membres de la Flandre d'examiner cette afiaire , et, en attendant leur avis, il donna ordre au sire d'Uutkerke, son gouverneur à Malines, et au sénéchal de Brabant, Jean de Homes, d'annuler ^utes les mesures hostiles prises par les deux villes (1 4 janvier i 452). 11 se rendit ensuite i Malines , et ordonna aux deux parties de produire leurs titres. Les Mallnois obéirent , mais les députés de Bruxelles et d'Anvers répondirent qu'ils n'avaient pas charge de le faire, et l'enquête ne put être poursuivie. Philippe, dont le pouvoir était alors encore trop limité pour qu'il osât prendre une décision vigoureuse, demanda aux Malinois, le i 6 juUlet 1432, qu'ils laissassent la navigation libre jusqu'au i*' octobre suivant, ajoutant que si, à cette époque, le différend n'était pas terminé, il ne les empêcherait plus de barrer la rivière.

Les deux parties n'ayant rien voulu rabattre de leurs prétentions, les Malinois , à l'expiration du délai fixé par le duc , tendirent la chaîne , et les Brabançons, par représailles , interdirent toute communication avec eux (S octobre 1432). L'exécution de cette dernière ordonnance ayant attiré sur le maire de Campenhout et sur d'autres officiers la colère de Malines qui les condamna à diverses peines, Bruxelles bannit du Brabant les deux commune-maitres et les douze échevinsde la cité ennemie, pour aussi longtemps qu'ils n'auraient pas révoqué leurs sentences et iait un pèlerinage à Rome (14 octobre) ^

Malines, que l'ammanie entourait de tous côtés, vit le prix des grains hausser rajûdement et, pour mieux empêcher toute exportation, la commune bruxelloise plaça des gardes dans les localités circonvoisines. Les Malinois ainsi bloqués ne se laissèrent toutefois pas abattre, ils équipèrent une flottille qui combattit et mit en fuite les bateaux anversois stationnés sur le Rupel ; puis, le 4 décembre , quelques-uns de leurs magistrats, à la tête d'archers et de piquîers, tombèrent à rimproviste sur un détachement bruxellois , qui occupait Ruysbroeck près de W iUebroeCk. Ils emportèrent le village et le cimetière, mais les Bruxellois se retirèrent dans l'église , où ils se défendirent avec opiniâtreté, précipitant sur les assaillants les battants des cloches qui en écrasèrent un grand nombre.

* ff^ Correctie Boeck aux Archivée de la Fille.

La nuit interrompit ce combat acharné, et força les Malinois à la retraite.

Ce n'était plus une simple querelle, c'était une vraie guerre; aussi Philippe s'en montra-t-il vivement irrité. Il annula une seconde fois toutes les mesures prises par ces fières cités et, de concert avec elles, il ordonna que la chaîne d'HeSen fût ôiée en attendant une décision prise à l'amiable (i2 janvier 1453, i453 N.-S.). Cette résolution n'empêcha pas les BruxeUois et les Anversois de maintenir l'arrêt de bannissement qu'ils avaient porté contre les magistrats de Malines. Philippe, que d'urgentes affaires appelaient en Bourgogne , et qui était fort inquiet sur les suites de ce démêlé , ordonna aux habitants des trois villes de vivre en bonne intelligence (1 â mai 1 453), et leur promit de prendre une décision dans les trois semaines après son retour (26 mai). £n effet, en 1454, il revint suivi de 600 cavaliers, et bien déterminé à faire cesser un conflit aussi nuisible aux intérêts du pays que préjudiciable, à son autorité. A sa demande, les Malinois consentirent à laisser provisoirement la rivière libre ^, et il s'en suivit quelques années de calme.

Pendant cet intervalle de paix, Bruxelles obtint un octroi pour élargir et approfondir la Senne jusqu'à Vilvorde, et pour construire sur cette rivière autant d'écluses {spoym ou sluysen)^ qu'il serait nécessaire. La propriété de l'ancien lit lui fut accordée et elle fut autorisée à acheter les terrains qu'il faudrait pour l'exécution de ces travaux (Lille, 24 juillet 1434). C'est alors que fut construite à Neder-Heembeek, une écluse appelée depuis Yécluse dans la prairie. On fixa pour jours d'ouverture des vannes, les mardis, jeudis et samedis; on ordonna que les bateaux qui devaient y passer s'y trouvassent le matin avant onze heures ; le maximum de leur charge fut limité à trois lasts en hiver, et à un et demi en été. La ville acheta aussi un terrain près de l'écluse, appelé m dm Ham ten Iluyskene, où l'on embarquait les pierres extraites des carrières de Dieghem, d'Evere et de Melsbroeck, etc., et convint avec Vilvorde de partager, par moitié, le droit de place {leggeU) qui y était perçu (iO mars 1448, 1449 N.-S.). De temps immémorial, il existait sur la Senne une autre écluse près du moulin de Weerde, situé en aval de Vilvorde, et appartenant à l'abbaye de Grimberghe; en 1424, on avait

* Tons les faits qui précèdent, et pour lesquels nous ne donnons pas de citation particulière, sont empruntés à l'ouvrage de feu Gyselaee-Tets, arciiiviste honoraire de la ville de Malines, Additions et CorrecHom à la Notice wr les Archives de Malines, tome II, p. 85 et suiv.

fait un règlement pour concilier les intérêts du propriétaire et des bateliers. Plus tard, d'autres mesures furent encore prises pour obvier aux dégâts que causaient les inondations. A la suite d'une enquête faite par les jurés du métier des bateliers et par quatre délégués du prince et de la commune, il fut résolu de creuser une dérivation à récluse dans la prairie, d'approfondir en ville le lit de la rivière afin de faciliter aux bateaux l'approche du quai ; il fut défendu d'y jeter de la terre ou des immondices, et l'on chercha les moyens de détourner le sable que les fortes pluies entraînaient avec elles des haut-eurs d'Obbrussel ^.

La ville porta aussi ses regards sur l'amélioration de ses communications avec le Hainaut , car on se plaignait depuis longtemps des grands frais qu'occasionnait le transport, par chariot ou à dos de cheval, des marchandises en destination pour ce comté. Le i9 novembre 1456, Philippe accorda au magistrat l'autorisation d'approfondir la Senne, jusqu'aux frontières du Hainaut, de redresser son lit et de retenir les eaux au moyen d'écluses, à condition que l'entretien de ces ouvrages serait à sa charge et que les bateaux qui navigueraient sur la rivière payeraient les geleyde ou droit d'entrée et de sortie, outre un angelt ou droit de navigation, dont les trois quarts appartiendraient au trésor ducal, et le quart restant à celui de la commune ; les bourgeois seuls devaient être exempts de ce tonlieu ^. Mais ce projet, qui fut souven t repris, ne fut jamais exécuté.

La cherté des grains fit, en 1437, prohiber toute exportation de céréales. Il fut ordonné aussi de tuer tous les chiens qui seraient trouvés la nuit dans les rues; la chasse fut interdite comme préj udiciablc aux récoltes ^ ; on défendit les jeux des couronnes, ceux dits des chapeaux {hœdespel) et les repas de centeniers, et l'on apporta des restrictions à la faculté de brasser \ La première de ces mesures frappant les Malinois qui ne pouvaient qu'à grands frais s'approvisionner hors du Brabant, ils envoyèrent un vaillant archer, nommé Christophe de fierlaer, à la tête de quelques hommes armés, enlever du grain au moulin de Weerde Quelques jours après, ils*le chargèrent de se rendre à Opwyck, en Flandre, avec

1 Perkement Boeck metten Taetsm aux Archives de la Fille,

* Biêtoria aquœducttu Bruœellen»i$, U I, p. 7. Mss. de la Bibl. de Bourg.

s Ord. du 51 août 1457. Zwcrtboeck.

«Ord. du 5 mai 1458. /M*d.

douze archers et une trentaine de volontaires, pour y chercher du blé; mais arrivée k Merchtem, la petite troupe de Christophe fut attaquée par les habitants de cette bourgade, et les archers, abandonnés par les volontaires, furent pris, enfermés dans un châtelet voisin et conduits ensuite, garrottés, à Bruxelles, où on les incarcéra à la Steenporte. Le chef niallnois en se montrant aux soupiraux de son cachot, fut remarqué par une jeune fille, nommée Marie Keysers, qui visitait quelquefois le geôlier. Ce dernier ayant permis aux captib de venir passer quelques instants avec sa famille, Christophe et Marie eurent occasion de se voir et de s'entendre. Celle-ci, décidée à tout braver pour sauver son amant, lui procura le moyen de prendre avec de la cire Tempreinte des clefs de la prison; par son entremise il les fit imiter à Malines et, après douze semaines de captivité, il s'enfuit avec elle, escalada les murs et la con* duisit dans cette ville. Cependant l'ingrat ne se vit pas plus tàt en sûreté qu'il refusa d'épouser sa libératrice, et il ne céda qu'aux représentations des magistrats, qui lui donnèrent une forte somme d'argent et lui assu* rèrent une rente viagère de vingtr-deux florins ^ Ces événements faisaient vivement sentir la nécessité d'un accord final entre Malines et les villes brabançonnes ; le duc ne voyant aucun moyen de décider la question, sans blesser l'une ou l'autre des parties, prolongea successivement le terme fixé pour le prononcé de l'arbitrage jusqu'au i^ janvier 1440, au i 3 juillet 1 441 , et au i 6 août 1 443 ^

La récolte de 1458 fit disparaître la famine; mais, dit un chroniqueur contemporain, le peuple qui s'était passé pour ainsi dire de tout, ne vit pas plus tôt renaître l'abondance qu'il se jeta sur les aliments avec une voracité sans exemple. Il en résulta une mortalité considérable, plusieurs villages restèrent presque déserts et Louvain perdit une grande partie de sa population ^. Pour arrêter les progrès de la maladie, le magistrat de Bruxdles publia un règlement, défendant, entre autres dispositions, de jeter des immondices dans les rues, de vendre, sans autorisation, des meubles ou des effets venant de l'extérieur ou d'une habitation infectée; les maisons où étaient mortes des personnes attaquées de la contagion, devaient rester closes pendant huit semaines ^.

< Gtselaee-Thts, 1. c, p. 124.

• Ibid., p. i49 et tome III, partie I, p. 9. s Impens, Chronic. Bethléem,, L. V, P 206. « Règl. du 7 août 1439. Zwertboeck.

Pendant sa longue lutte contre Malines, Bruxelles eut h combattre

bien d'autres prétentions et bien d'autres attentats à ses libertés. Il nous

suffira d'en citer quelques exemples pour prouver la puissance et l'énergie

de nos ancêtres.

En 4435, Tabbesse de Nivelles ayant nommé à l'échevinage de cette ville deux habitants. Colart Martinal, bourgeois de Louvain, et Baudouin de Four , bourgeois de Bruxelles , les Nivelloîs refusèrent de les reconnaître, à moins qu'ils ne renonçassent à leur affiliation à la bourgeoisie de ces villes, et ils obtinrent de leur dame le remplacement de ces magistrats. Par la même raison ils firent aussi annuler l'élection d'un autre bourgeois de Bruxelles, nommé Pyraet Hebbe, qui avait été nomme juré de son métier. Informées de cette affaire, les deux villes s'adressèrent aussitôt au chancelier de Brabant pour revendiquer le maintien de leurs droits, disant qu'elles n'admettraient pas une pareOle prétention pour mille philippus. Elles obtinrent en effet un arrêt interlocutoire qui consacra leurs prérogatives de cbefe-villes, et les autorisa à poursuivre Nivelles en dommages et intérêts. Cet arrêt fut prononcé au palais de Coudenberg le i4 juin 1434 ^

L'année suivante, des bourgeois de Bruxelles ayant été arrêtés dans cette même ville, le magistrat, auquel se joignit celui de Louvaln, fit prier le maïeur ou maire de Nivelles de les mettre en liberté sous caution. Celui-ci était disposé à accéder à cette demande , lorsqu'un des receveurs communaux, Henri de Willenbroeck , non-seulement déclara s'y opposer, mais refusant d'entendre lecture des lettres des deux villes, et jetant à terre les copies qui lui avaient été adressées, menaça le maire et défendit au sergent {vorster) d'obéir à ce magistrat. Un pareil outrage ne pouvait rester impuni : dès qu'elle en eut connaissance, Bruxelles condamna l'audacieux receveur à deux pèlerinages, l'un à Rome, et l'autre h Saint-Jacques de Compostellc , rachetables chacun pour vingt florins du Rhin au profit des deux chefs-villes insultées, à deux années de bannissement du pays , et à dix années d'exclusion de toutes fonctions publiques (^6 mai 4455). Willenbroeck ne s'étant pas soumis k cette condamnation et continuant à se montrer publiquement à Nivelles, il fut sommé, le 42 juin, d'obéir dans les huit jours, sous peine de bannissement perpétuel, et, comme il n'obtempéra pas encore à celte som-

« Luyster, bl. 9i.

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