‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 19 sur 51 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

mation , le 25 , il lui fut ordonné de partir dans les vingt-quatre heures, sous peine de mort. Il n'est plus fait mention de ce receveur dans les actes postérieurs , et Ton doit supposer qu'il ne poussa pas plus loin la résistance *.

Peu de temps après, Bruxelles eut un autre difiérend avec la même ville. Henri Mostarde , Jean de Tourna , Jean de Traisengniez , Jean le Massart, Ârnt del Rue, Franc des Preis, Pierrart le Bruns, Godefroid de Poillondor et Pierrart Bouda, ayant fait déclarer par les échevins de Nivelles nommés à la Saint-Jean i 458 , qu'ils n'avaient aucune franchise (ou bourgeoisie) autre que celle de cette ville, la. commune bruxelloise les condamna, le 25 juin i 45 9, à un pèlerinage à Bâle, comme coupables d'attentat à ses droite ainsi qu'à ceux du duc et de la ville de Louvain. II leur fut enjoint de partir dans les quarante jours , ou de payer une amende de six florins. Cet ordre fut immédiatement exécuté ^.

Le magistrat ayant chargé un bourgeois nommé Walter de Rybay , d'une missive pour le sire Jean de Bomal , ce seigneur , soit qu'il eût quelque sujet de plainte contre le messager, soit qu'il fût excité par toute autre cause, le reçut, l'injure à la bouche, et, tirant son épée, s'écria : u Otez-vous de mes yeux ! n Loin de calmer cet emportement , son frère Louis et un nommé Jean de la Motte, qui assistaient à cette scène, se jetèrent sur Walter et le blessèrent grièvement. Le sire de Bomal était aussi bourgeois de BruxeUes, mais cette qualité ne pouvait le sauver du châtiment que méritait sa conduite. Il fut condamné à trois pèlerinages : à Sainte-Catherine au Mont-Sina! , à Nicosie dans l'Ile de Chypre , et à Rome, rachetables le premier pour i 50, le second pour 50, et le troisième pour i 5 florins du Rhin ; il dut en outre payer les frais du procès et indemniser le blessé. Quant à ses deux complices,- on leur imposa un pèlerinage à Nicosie, et son fils Jean , qui avait appelé à Louvain les amis de Walter, afin d'arrêter la marche de la procédure, se vit condamner à un pèlerinage à Rome (1 455) ^.

Jeanne de la Leck , dame de Hesewyck , prétendant avoir été volée par un bourgeois nommé Jean Schilder, envoya ses gens pour l'arrêter, et ceux-ci ne l'ayant pas trouvé, elle fit saisir ses biens; cette saisie ayant été levée sur les réclamations des magistrate, dans un accès de colère, elle ordonna h ses officiers de poursuivre le coupable , qui fui

* A^'iY Correctie Boeck aux Archives de la Fille, — « Ibid, — * Ibid.

DE BRUXEEXES. S45

arrêté à Gestd , par récoutète Henri Vosken , amené au château de Hesewyck , torturé et pendu. Gomme Gestel ne ressortissait pas à la juridiction de Hesewyck , et qu'il y avait un tribunal d'échevins dépendant du souverain, Philippe le Bon confisqua les domaines de Jeanne de la Leck, et le magistrat de Bruxelles de son côté saisit les biens de récoutète qu'il bannit à perpétuité; tous ceux qui lui avaient prêté leur concours, les échevins, le receveur et le greffier de Hesewyck, furent bannis du pays pour 'aussi longtemps que leur maîtresse n'aurait pas donné satisfaction au duc et à la ville (26 octobre 1 45 5). Heureusement pour Jeanne de la Leck qu'elle avait de nombreux amis à la cour; par leur intercession elle obtint de pouvoir venir plaider sa cause à Bruxelles , et parvint à calmer le mécontentement du duc. Elle dut toutefois lui restituer le village de Schindel , et la moitié d'un autre (l'acte ne le nomme pas) qu'elle tenait en garantie de sommes qui lui étaient dues par le trésor ducal et dont elle donna quittance. Quant à la ville, elle lui pardonna à condition qu'elle ferait amende honorable et enverrait trois de ses officiers en pèlerinage, ou donnerait i 50 florins à la veuve de Schilder. Elle dut, en outre, payer à la commune 100 ridders pour faire exécuter un grand vitrail au frontispice de Sainte-Gudule, entre les deux nouvelles tours. Le 10 janvier 1456 , l'écoutète de HesewydL ôta publiquement du gibet le corps du supplicié, et le remit à des députés de la ville qui le firent enterrer dans un cimetière; la potence fut abattue et remplacée par une croix en bois. Plus tard, à la demande de récoutète, les députés autorisèrent l'enlèvement de cette croix, et la paix fut scellée entre Jeanne de la Leck et les parents de sa victime (12 février 1456) ^

Le magistrat d'Anvers ayant, en 1457 , condamné à une amende de 150 marcs d'argent son ancien secrétaire, maître Jean Pot, qui était devenu bourgeois de Bruxelles , le magistrat de cette ville invalida la sentence , disant que ses subordonnés n'étaient justiciables que de son tribunal. Les Anversois de leur càté soutinrent que la condamnation de Pot était légale, puisqu'elle était antérieure à son admission dans la bourgeoisie de Bruxelles , et le différend devint assez sérieux pour que le duc, afin de l'apaiser, renonçât, le 2 1 juillet, à sa part dans l'amende ; et pour que la viUe d'Anvers consentit, le 1" août, à annuler le juger

* LuyHer, bL iOO.

ment, en faisant réserve de ses droits ^. Un débat de la même nature ayant encore eu lieu à Toccasion de condamnations prononcées par le magistrat d'Anvers contre quelques bourgeois de Bruxelles , demeurant dans le marquisat, les deux villes nommèrent des députés qui conclurent, le 2i juin i 457 , un accord portant que les bourgeois de Bruxelles ne pourraient être soustraits à la juridiction de leurs magistrats, à Tcxception du cas où ils auraient attaqué les privilèges d'Anvers ou méfait en présence de ses magistrats ^.

Suivant sa politique de temporisation, Philippe lo Bon intervint, dans toutes ces affaires, non comme souverain, mais comme médiateur. Les villes alors avaient encore le langage fier et les allures indépendantes ; Bruxelles , on a dû le remarquer, dans toutes les contestations dont nous venons de parler , vit prévaloir ses droits et Ton ne peut douter qu'en prononçant en sa faveur, le duc cherchait à ménager la plus puissante viUe du Brabant.

En 1458, à la suite d'une émeute occasionnée par le supplice de quelques meurtriers, on défendit aux femmes de venir sur le marché lors des exécutions, sous peine de canfiscatioB de la meiUeure partie de leurs vêtements ^. En i 441 , il leur fut interdit d'aller boire dans les tavernes (ou cabarets) ; les femmes étrangères à la ville et les prennes étaient exceptées de cette mesure ^.

Le 4 mai 1458, il y eut sur le marché un magnifique tournoi, où combattirent le duc lui-même et 255 lances; on n'y avait admis que des nobles ayant quatre quartiers de noblesse. Le prix de vaillance fut donné à Simon de Lalaing '• Ces fêtes brillantes, dans lesquelles Philippe se plaisait à paraître et à étaler le faste de sa maison, donnèrent à Bruxelles un aspect nouveau , et contribuèrent à la rendre digne de devenir la résidence d'un des plus puissants princes de la chrétienté.

La population de Bruxelles à cette époque peut être évaluée à plus de 60,000 âmes. Un recensement de 1455 lui donne 6576 foyers, dont 670 n'étaient pas imposables. Les autres villes étaient loin d'être aussi

« Boeck meilm Cnoope, i^ 300. — * LuyUer, bl. 104.

3 18 juillet 1438. Zwerthoeck. — « 10 mal 1441. /&»</.

" Olivier Van Dixmcde , Mcrkwaerdigc geheurtenUsen (chronique contemporaine publiée par Lambin, archiviste d*Ypres), p. 160. Le Boeck der lyden, p. 200, place ce tournoi en Tan 1430 et porte à 326 le nombre des combattants; Gramaye \Uruxella, p. 4) donne Tan 1441.

peuplées- : ainsi on ne comptait que 5440 foyers à Louvain, 3906 à Anvers, 2885 à Bois-le-Duc, 797 à Lëau, i550 à Lierre, i60i à Tirlemont, 2046 à Dîest et ii48 à Nivelles ^ 11 conste d'une bulle du pape Eugène IV que la paroisse de Saînt^Gudule avait à elle seule 8000 communiants ^. Le quartier de la Chapelle était encore plus populeux, h en juger du moins par les désastres que causa l'incendie de i 405. On voit cependant par trois ordonnances du 2 mal i456 que la population diminuait, que les maisons tombaient en ruine, et que la ville marchait à grands pas vers sa décadence, par suite du peu de commerce qui s'y faisait et des charges énormes qu'elle avait à supporter. La première de ces ordonnances facilita le rachat des cens qui grevaient les propriétés. La seconde autorisa le libre exercice du commerce en gros, en interdisant aux négociants la vente en détail, et les travaux manuels; ceux qui profitaient de cette feculté devaient, en cas de guerre , partager la charge du service avec les membres d'un lignage,ou d'un métier, selon' leur extraction. Il fut résolu aussi de ne plus augmenter les droits de réception à la maîtrise ou h l'apprentissage dans les métiers, parce que leur élévation forçait d^à beaucoup de personnes h quitter la ville pour aller ailleurs apprendre un état. On abolit en même temps plusieurs emplois et l'on réduisit les appointements attachés à diverses places* Par la troisième ordonnance , il fut statué qu'aucun habitant de Bruxelles ne pourrait être saisi , lui ni ses biens, pour les dettes d'un pays, d'une ville ou d'une personne quelconque, à moins qu'il ne se fut personnellement constitué caution ^. L'année suivante, les prélats et tous les ecclésiastiques furent formellement autorisés à acquérir des immeubles en ville pour y demeurer ou y loger d'autres personnes ^.

Nous ne savons jusqu'à quel point il faut admettre les plaintes que faisait entendre l'autorité communale; d'autres témoignages semblent au contraire attester le progrès. A la vérité, la draperie était menacée d'une ruine complète; en vain pour la i^elever rendit-on la vente des

* Voyez Bibliothèque des AntiqtUtds helgiques, par Marshall et Bogabrts, 1^' cahier. — De Reiffenberg, Siatist. ancienne de la Belgique, S<> partie, p. 30. — BrabanUche Yeeslen, édit. Willems.

« Opéra DipUm,, t. IV, p. QQ.

5 fFit Correctie Boeck,

* ii août ii57. Ibid, ~ Boeck metten Haire,

draps facultative à tous ' ; en vain prohiba-ton l'exportation des laines^; en vain astreignit-on les marchands & ne pas vendre plus d'étoSes étrangères que de produits de la ville ^, la guerre entre la France et FAngleterre, en interrompant les communications commerciales, et en la privant de la matière première, tua cette industrie qui, pendant des siècles, avait été une des principales sources de la richesse du pays. Mais, pour Bruxelles, cette perte était compensée par de nombreux avantages et beaucoup d'industries de second ordre étaient alors des plus florissantes.

Quant à la situation financière de laconmiune, des témoignages irrécusables prouvent que ses charges étaient loin de dépasser ses ressources. Si les émoluments des magistrats, des employés, des tireurs à gages, l'entretien des édifices, des fortifications, des rues, des autres propriétés communales, ie payement des intérêts des rentes, les frais extraordinaires pour ambassades et pour fêtes, les aides fournies au duc, en absorbaient une grande partie, il lui en restait suffisamment encore pour entre^ prendre de nouveaux travaux d'embellissement et d'utilité publique. Les accises seules rapportaient plus de i 5,000 livres, savoir : le vin 5000 livres, la bière i50 livres par semaine ou 7800 par an ^, l'hydromel 300, les draps mis aux rames ou séchoirs publics 500, les toiles iOO, le pain 200, le drap vendu en détail 500, les peaux 200, le poisson iOO, le hareng 500, le vinaigre 80, les plumes 80, les. blanchisseries 90, la viande 300. Si l'on y ajoute la taxe levée aux portes, le droit de bourgeoisie, l'affermage des maisons, des caves, des terres, des moulins, des fossés et des remparts appartenant à la ville ainsi que tous les autres produits de moindre importance, on se convaincra que, pour cette époque, les revenus de Bruxelles devaient être considérables.

Philippe le Bon eut bientôt apprécié l'importance de la situation de cette ville, placée au cœur de ses provinces belgiques, entre la France et l'Allemagne. De là son oeil actif et pénétrant dominait le Brabant, surveiUait la Flandre, la Hollande, la Gueldre, le pays de Liège; quelques journées de marche le rapprochaient au besoin de la mer d'Angleterre

* Ord. des magistrats da 5 août 1441 . fFit Correctie Boeck.

* Ord. des villes du Brabant du 24 mars 1456. Zwertboeck. s Ord. du 22 juin 1443. fFit Correctie Boeck,

* Selon un mss. de la Bibl. de Bourg. (n<* 11641), Taccise sur la bière fut en 1444 affermée pour 57,000 florins.

OU des frontières françaises. Aussi en fit^il sa résidence ordinaire, et ce fut pour Bruxelles un nouvel élément de splendeur et de prospérité. Par ses ordres, le palais des ducs de Brabant fut restauré et agrandi ; mais comme sa détermination devait être profitable aux Bruxellois, il eut soin de leur imposer une grande partie des frais occasionnés par ces travaux. Le parc, qui s'était insensiblement agrandi depuis le r^nc de Jean III, reçut, en i 45 1 , de considérables accroissements; à cet effet les prélats brabançons accordèrent un subside de 4000 couronnes ^ et la vOle effectua de nombreux achats de terrain ^. Le parc s'étendit alors depuis l'ancienne porte de Saînte-Gudule , jusqu'aux portes de Louvain et de Coudenberg ; il fut entouré de murs et peuplé de gibier. Philippe le Bon avait chargé, en 1451, son architecte Boucquet de Latre de diriger la reconstruction du palais ^. Quelques années après, la ville fit bâtir, à ses frais, la grande salle et dépensa pour cet objet des sommes considérables; on la vit même, pour conserver la laveur du souverain, se charger de la construction de l'hôtd du sire de Croy, situé vis-à-vis de l'église de Coudenberg ^. La fondation du couvent des Chartreux fut encore une obligation indirectement imposée à Bruxelles pour retenir le duc dans ses murs.

On travaillait alors avec beaucoup d'activité à l'achèvement de Sainte- Gudule, à la reconstruction de la nef de la Chapelle, brûlée en 1 40 5, à la bâtisse de Notre-Dame du Sablon, à l'agrandissement de la plupart des autres édifices religieux. Quelques quartiers s'embellissaient considérablement ; les nobles, les prélats, mettaient à honneur de posséder une habitation élégante dans la capitale; le goût du luxe pénétrait dans la. bourgeoisie, et la voirie recevait, par les soins des magistrats municipaux, de continuelles améliorations. En i 440, on commença la construction du grand bâtiment occupant la face orientale du marché, en même temps que l'on travaillait à l'achèvement de l'hôtel de viUe.

Ce qui perpétue encore à Bruxelles le souvenir de Philippe-le-Bon, c'est la librairie ou bibliothèque, qu'il y fonda. Royale et magnifique entre toutes, la collection de manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne

* Diplôme da duc du 17 octobre 1430. De Dynter, L. V, c. 17.

* Résolution de la commuDe en date du mois de décembre 1430. Livres Noirs aux Archives du Royaume.

> ScHAYEs, Mémoire sur Varchiteciurc ogivale en Belgique, p. 147.

* Perkement Boeck meiteti Taetsen,

montre avec orgueil les tr<Ssors que lui procurèrent les libéralités de celui que les nations appelaient le grand duc d'Occident : ces poëmes de chevalerie, ces traités de morale, ces livres de théologie, copiés k grands frais, traduits souvent par des écrivains à gages, et enluminés par les Van Eyck et les meillciu^s de leurs élèves , ces trésors d'art et d'intelligence, sont aujourd'hui tout ce qui nous reste de la cour la plus brillante de cette époque.

Tout en favorisant le bien-être matériel de Bruxelles, Philippe ne perdait pas de Mie les projets qu'il méditait depuis longtemps contre ses libertés. Ce fut en 1 4 4 i qu'il coomiença son système d'agression contre les immunités communales, système qu'il poursuivit avec fermeté et prudence, mats qui devait préparer bien des embarras à ses successeurs. Les empiétements des villes sur la juridiction féodale furent arrêtés par une ordonnance rédigée en mai 1441, dans une assemblée de ses vassaux brabançons, et renouvelée en i 446 ^. Puis il institua près de son conseil en Brabant un procureur général chargé de faire les poursuites nécessaires sur toutes les causes relatives aux officiers du duché. Sur les représentations des États qui déclarèrent ce nouvel office contraire à leurs privilèges, il en promit l'abolition ^, mais il éluda constamment l'exécution de cette promesse.

Le 5 mars i444, le jeune comte de Gharolais, alors âgé de dix ans, posa la première pierre de la tour de l'hôtel de ville ^, sur laquelle, en i 454, fut placée la statue en cuivre de saint Michel. Le duc, qui était alors occupé à conquérir le Luxembourg, fut, à son retour à Bruxelles, reçu par son fils et d'autres jeunes gens de son âge : Jean de la Trémouille, Philippe de Groy, Guy de Brimeu, Charles de Tcrnant, Philippe de Crèvccœur, Pliilippe de Wavrin, etc., tous montés sur de petits chevaux. Avec cette brillante cavalcade marchaient les magistrats et les métiers qui conduisirent le souverain jusqu'au palais où la duchesse Isabelle lui présenta Catherine de France, fiancée au jeune comte de Gharolais. Aux combats succédèrent les fêtes, et ce ne fut alors que repas, joutes, mascarades et bals ^. En i444, entre autres, il y eut sur la grand'place, qui était ornée d'allées d'arbres fruitiers et où l'on voyait

« Placards de Brabant, t. I, p. 21 1.

^ 22 novembre 1443. Boeck metlen Ilaire.

3 Chronique mss. aux Archives du Royaume.

4 Olivier de la Marche, L. I, c. 13.

DE BRUXELLES. ii9

une statue de femme jetant du vin par le sein, une grande joute dont dnq joyaux d'or furent tes prix ^ Pendant le carême suivant, d'autres joutes eurent lieu a sans t(HHe; sans fiens ou sablon, exi un lieu devant » rhostel du prince que Ton appelle les bailles. » Les fêtes reçurent un nouvel éclat de la présence du comte de Wurtemberg et de Montbéliard qui vint visiter le duc avec une suite de i 00 à 120 chevaux ^ Le 14 juin 1445, la viUe donna un grand tir à l'arc, auquel assistèrent, entre autres, les serments de Malines, qui saisirent cette occasion pour rétablir leurs liaisons avec leurs voisins '.

Cn nommé Jean Molqueman ayant été arrêté dans la forêt de Soigne par les sergents de Tammanie, amené à Bruxelles et mis h mort, le duc considéra cet acte comme un empiétement sur ses droits. Il accusa le magistrat d'avoir acquitté plusieurs personnes mises en jugement par ses officiers pour des crimes pu des délits commis avant leur admission dans la bourgeoisie ; d'employer leurs lettres de transfert à cacher de faux contrats et d'attirer à eux la connaissance de toutes les causes en matière de su(icession. C'est dans ce but, prétendait-il, qu'avait été dressé un nouveau règlement réduisant les frais &un chiffre insignifiant, et prolongeant d'un an à trente, le délai pendant lequel devait être fait, sotis peine de nullité, l'acte d'adhéritance ; c'était pour empiéter sur l'autorité souveraine que la commune n'avait aucun égard aux lettres de grâce qu'il avait accordées h des individus bannis de la ville, u laquelle chose, disait-il, nous semble )) étrange et mal fondée, pourquoi désirons de voir vos privilèges, afin » que nous puissions une fois savoir comment ils (nos officiers) se doi- » vent gouverner avec vous. £n outre , ajoutait^il, quand question s'est » autrefois émue entre vous à cause de vos droits h votre entendement et )» nos officiers , soutenant notre hauteur et seigneurie pour aucun fait » particulier de quelques bourgeois, ou que lesdits officiers niaient point » été de votre avis, obéissants à vos commandements, vous avez corrigé » nosdits officiers par plusieurs fois et de grosses corrections, scmbla- » blement les officiers de nos vassaux et subjets, de quoy sommes assez » émerveillés d'&ù vous peut venir la correction de nos dessus dits officiers, )« vu que icelle n'appartient qu'à nous ou à notre conseil en notre

* Chronique aux Archiva du Royaume.

* Oliviee de la Marche, 1. c.

' GYSELAER-TuTs.t. III, partie I, p. ai.

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