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» absence , considéré aussi qu*cn cette qualité en débattant votre droit » contre le nôtre , vous vous foites juge et partie , vu que icelle même :> autorité de justice dont vous usez vient de nous et non point de vous, >• et quand un bourgeois devient notre officier, Tafiranchissement de sa » bourgeoisie cesse pendant ce temps , et votre autorité de le corriger. ') Que plus est, sommes émerveillés des autorités que vous entreprenez n contre nos ofiiciers ai sub jets que vous allez prendre prisopniers, non- » seulement en votre banlieue ou entre notre ammdnie de Bruxelles, n mais bors d'icelle et par tout le Brabant, sous nous ou sous les terres » des vassaux, sous titre que les prisonniers aient dit ou fait quelque )» chose contre vous , et iceux prisonniers menez prisonniers en notre » ville de Bruxelles et en disposez à votre plaisir, qui est chose étrange » et contre le privilège de l'Entrée, que vous ramentenez à toutes heures. » Car itosez ores qu'il vous fut chose loisible de prendre prisonniers » es lieux et places dessusdits, ce que ne trouvons pas, ce le devriez » laisser. » A cette acerbe admonition le magistrat répondit par la production des privilèges de la commune; mais on les écarta parce qu'ils étendaient sa juridiction au détriment de celle du prince, et l'on demanda à la députation qui était allée trouver le duc à Louvaio , comment il se faisait que le magistrat se permit de dresser des statuts sans la participation de l'amman ; on l'accusa d'appeler au prononcé des jugements les membres du lignage ou du métier de l'accusé , et d'avoir changé le mode de nomination des magistrats plébéiens. Les vues de Philippe étaient manifestes; mais la commune ne voulut pas risquer dans une lutte, inégale du reste, les avantages qu'elle retirait de sa nouvelle position. Elle paya une amende de i 2,000 ridders, et se soumit à la décision que prendraient les commissaires nommés pour examiner ses privilèges. Elle renonça, en outre, à toute juridiction sur la forêt de Soigne, sur le droit forestier et sur les fiefs. A ces conditions, Philippe la reçut en grice; par un acte, daté de Lille le 5 1 mars 1 446 (i 445 V.-S.), il lui pardonna tout ce en quoi elle pouvait avoir méfait , et, le i 0 avril suivant, le magistrat promit de se conformer aux conditions qui lui étaient imposées ^ Déjà, quelques jours auparavant, il s'était engagé à payer, pour le duc, à la duchesse Elisabeth de Gorlitz, une rente viagère de \ 000 florins *.
« Lnystcr, 1. c, bl. n2.
a 20 mars 1445 (1 446 N.-S.). Icrke^ncnt Boeck melten Tactsen,
La mort de Catherine de France, décédée en 1 447. et enterrée avec grande pompe dans Féglise de Sainte-Gudule, répandit quelque tristesse à la cour ; mais le mariage d'une fille naturelle du duc, Marie de Bourgogne, avec le sire de Chauny ^, et un brillant tournoi dans lequel se distingua le Brugeois Adornes (1448) ^, firent oublier la perte de la fiancée du comte de Gharolois.
En i448, Bruxelles obtint du pape l'autorisation de faire dire la messe, en cas d'interdit, sur un autel portatif- dans la maison de ville, en présence des clercs et des valets , mais portes closes et sans sonnerie. Le souverain pontife permit aussi, en pareil cas, l'administration des sacrements aux malades dans la ville et dans l'ammanie , et confirma aux magistrats la direction des hospices, hôpitaux, léproseries, etc '. Un grand nombre de règlements datent de cette époque. C'est alors que furent organisés la Suprême Charité et le conseil des Chefs-Tuteurs, ad* minlstrations composées de quelques membres sortant du magistrat , et destinées, la première à veiller sur les hospices , hôpitaux et fondations pieuses, la seconde à surveiller les tuteurs des orphelins et à gérer gra^ tuitement les affaires des enfants pauvres. On institua aussi un contrôleur des comptes des hôpitaux, hospices et biens des orphelins, aux gages de trois livres *.
Un berger sexagénaire, nommé Pierre d'Âssche, qui habitait Mor* tenbeke, avait, eu i445,plantéunt01eul et deux épines dans, la plaine entre Molenbeek et Anderlecht, au lieu dit Ten Schote, ou Scheut, fameux par la bataille de i556 , et, deux ou trois ans après, il plaça sur un de ces arbres une petite statue de la Vierge , que les passants se plurent h orner de fleurs , de fruits et de cierges. La ferveur religieuse qui se manifestait alors dans les esprits, enfenta bientôt des miracles pour donner à cet endroit une célébrité qu'il conserva longtemps. On prétendit que le jour de la Pentecôte -f 449 , une grande clarté avait environné tout à coup cette statue, et il n'en fallait pas davantage pour attirer à Scheut une afiluence considérable de pieux visitem*s; en huit jours on en compta plus de dix mille, et la multiplicité des offrandes fut telle qu'il