OUTISR DB LA MARCHE, L. I, C
* CusTis, cité dans le Mss. de la Bibl. de Bourg., &« 171^1.
s Bulles des ides d^octobre iAAS.Zwertbœck, ^ 284.— ^nii. B. GwHUb, t. XIII, c. 28. — POTEANUS, p. 99.
* Ord. de 1^40. Bœck meUen Hoirs, f? 148.
fallut plusieurs personnes pour les receyoir. Alors vint une femme, qui prétendit que la Vierge , lui apparaissant en vision , avait déclaré qu'elle voulait être honorée en ce lieu sous le nom de Notre-Dame de Grâce, et Ton ne tarda pas à y voir des aveugles recouvrer la vue, des muets recouvrer la parole, des malades de toute espèce recouvrer la santé. Entraîné par Tentliousiasme général, ou voulant en tirer parti, le magistrat de Bruxelles proposa d'élever à Scheut une chapelle dont les offrandes couvriraient les frais de construction et d'entretien. Il nomma des députés qui s'abouchèrent à cet effet dans le couvent des Carmes, avec des délé* gués du duc et de l'évéque. Ce dernier était d'avis que la statue miraculeuse fut transportée à Anderlecht; mais la proposition du magistrat prévalut, et les autorisations nécessaires ayant été délivrées par le duc, le prélat et le curé d'Anderlecfat, on commença les travaux de cet édifice dont le comte de Charolois posa, en i 450, la première pierre. Le i 6 avril , l'archevêque de Reims accorda des indulgences à ceux qui viendraient y prier; et, pendant quelque temps, la dévotion y fut si grande qu'il devint nécessaire de bâtir dans le voisinage des auberges , qui furent abattues dans la suite ; la cherté des denrées qui survint et les ravages de la guerre refroidirent cette ardeur, et, d'un autre càté, l'évéque , dont l'avis n'avait pas été suivi , traîna en longueur la consécration de la chapelle ^*
Le prix du grain s'éleva, en 1450, à 12 sous lesetier; la ville en acheta une grande quantité et le revendit à un tiers en moins '•
En i 451 , Nicolas de Cusa, cardinal de Saintr-Pierre es liens, arriva à Bruxelles, venant de l'Allemagne où il avait été envoyé par le pape pour rétablir la discipline monastique. 11 fut reçu en grande pompe par le duc qui alla à sa rencontre à une demi-lieue hors de la porte de Louvain ^.
La même année, Philippe le Bon demanda une aide aux États qui lui accordèrent 1 44,000 philippus ou ridders, et 6000 pour la duchesse, le tout payable en six années; mais il dut s'engager, entre autres choses, à exempter autant que possible le Brabant du passage des gens de guerre ^
* VoET, liber fundalionis Carihusiœ Bmxellensis . — De Wael, Collcctanca rerum gestarumet eventuum Carthusiœ Bruxelleiuis, Hss. de U Bibl. de Bourgogne. — Sanderus, Chorog. sacra Brab. t. II, p. 550.
*Mss.ii«'i7iâ1 et 41641.
' Àmplissima coUectio, t. IV, p. 1222.
« 20 septembre USi . Plac. de Brabant, t. II, p. 2.
Un autre acte régla la levée de la taxe et fixa à 5000 philippus la part des abbayes dans la quote annuelle de l'aide ^, Le duc promit que le pays serait exempt de toute aide nouyelle pendant six années, à moins d'événement extraordinaire, et déclara que, pendant le même laps de temps, le drossard et le maître des garennes n'augmenteraient pas le nombre de leurs subordonnés. H s^eugagea en outre à ne pas permettre aux bannis de rentrer dans le duché, et, comme le marché hebdomadaire deBruxeUes n'était pasassezfourni, ilarréta, leimars i 45S (1451 V.-S.), qull y aurait tous les vendredis un marché franc où les denrées et les marchandises de toute espèce pourraient être apportées ^.
Le comte de Charolais ayant atteint l'âge de 1 8 ans, son père résolut de lui faire accomplir ses premières armes, et, à cet effet, fit crier une joute. A la demande de la duchesse, trois jours avant la fête, le jeune prince s'essaya dans le paro contre Jacques de Lalaing, le bon dievalier. Le tournoi eut lieu sur la Grande Place, le premier dimanche du carême 1452; le comte rompit dix-huit lances, et remporta le prix que les dames lui remirent '•
Bientôt après, le courage du jeune prince fut mis à de plus sérieuses épreuves. Philippe voulant établir en Flandre un împôtsur le sel, les Gantois coururent aux armes et commencèrent cette lutte terrible dans laquelle ils déployèrent une bravoure et une énergie dignes d'un meilleur sort. Plusieurs députations des états de Flandre vinrent à Bruxelles pour essayer de fléchir le duc ; mais toutes leurs tentatives furent inutiles et les atrocités dictées par sa vengeance donnèrent lieu à d'horribles représailles. Touchés des malheurs de cette guerre, les Bruxellois écrivirent aux Gantois pour les exhorterila soumission, en promettant que leurs magistrats et les états du duché feraient tous leurs efforts pour calmer le duc et l'amener à de meilleurs sentiments. Les Gantois les remercièrent et leur demandèrent la continuation de leurs bons ofiîces; mais Philippe fut inexorable et ce ne fut que lorsqu'il eut vu 15,000 de ses sujets égorgés dans les plaines de Cavre qu'il comprit tout l'odieux de sa conduite *.
Le 21 juillet 1455, Bruxelles prêta au duc 16,200 riddcrs et
« Même date. Ibid,, l. IV, p. 588. -Ztiyftor, bl. 120.
* Regiitre des Chartes de la Cour des Comptes marqué 6 . , colé Q* I H . — Diplom. helg,, Mss., t XVL— Boeck metten Cnoope.
s Olivier de la Marche, t. I, c. 22.
* Despars. — Meyer.— Chron, van Vlacndereti.
reçut eu engagère, outre plusieurs redevances qu'elle devait au domaine, le moulin à braie, les deux moulins du Borgval dits TAntérieur et le Postérieur, le Ruysschemolen^ le tiers du moulin dit de Scherrewerremoletij dont elle avait déjà acheté les deux autres tiers, le moufin dit Nieuwmolen à Saint-GiUes avec toutes ses dépendances, le moulin à Ten-Noode, estimés, tous ensemble, 948 livres 3 sous 2 deniers, ou 5054 ridders d'or \ les cens payés pour les denrées et les marchandises exposées en vente sur la Grande Place et dans les rues avoisinantes ^.
Pendant la guerre de Gavre, le magistrat défendit aux jurés des métiers de s'adresser à d'autres qu'à lui lorsqu'Us voudraient obtenir quelque faveur pour leur corporation '. Il divisa la ville en vingt et une sections : onze dans les anciens murs et dix dans la nouvelle enceinte, et établit dans chacune d'elles huit personnes chargées de diriger les secours en cas d'incendie et de le prévenir en cas de trouble ^. Il fut aussi décidé que lorsqu'un des soixante confrères du grand serment de l'arbalète deviendrait incapable de servir activement, il serait pourvu à son remplacement, et l'on rappela les dispositions qui leur prescrivaient d'être domiciliés en ville et leur défendaient de s'absenter sans autorisation ^.
Quelques bourgeois de Liège ayant été arrêtés illégalement par le sire de Haubourdin , bâtard du comte de Saint-Pol, pendant que le duc s'était rendu en Allemagne, Bruxelles intervint en faveur des prisonniers, et les fit non-seulement rendre à la liberté, mais encore remettre en possession des effets qui leur avaient été volés ^*
La ferveur religieuse excitée par la statue de Notre-Dame de Scheut, s'étant ravivée en 1455, on conçut le projet d'y fonder un monastère, et tous les ordres religieux se disputèrent la faveur d'obtenir la propriété de la chapelle. Le magistrat' ne savait à quelle communauté donner la préférence, lorsque l'amman Jean d'£nghien, sire de Kestergat, proposa
1 Expertise faite en 1453. Archwes de la Chambre des Comptes, n^ 437. — Le moulin de Ten-Noode fut immédiatement rendu au duc, qui séjourna à plusieurs reprises dans ce village; les autres furent restitués gratuitement à son fils en 1469.
> Livres Noirs aux Archives du Royaume.
» 15 juin 1453. Luyster, bl. 169.
*' Janvier 1454. Boeck metten Haire,
M8 avril 1453. /6i(i.
« C. Zantfubt, 1. c, p. 436.
les Chartreux, et cette proposition fut appuyée par le secrëtaire Adrien Dullaert qui fit remarquer que $cheut, par son éloignement de la ville, ne convenait à aucun ordre mendiant, et que si l'on y établissait lès frères mineurs de l'observance, 0 en résulterait des querelles entre eux et les récollets. Ces considérations et l'affection que l'on savait portée aux Chartreux par le duc, décidèrent le magistrat. Dullaert, à qui l'on adjoignit le pensionnaire P. Yanderheyden (A. Tbymo), Jean de Mol, Amelric Was, et plus tard l'architecte Gilles Joes, s'aboucha avec les prieurs d'Enghien, de Gand et d'Anvers, délégués par le chapitre de l'ordre, et, le 22 mars i455, le conseil delà commune vota la fondation d'une chartreuse qui serait dotée des biens des Saccites et occupée par sept religieux, jouissant des mêmes libertés et exemptions d'accises que les autres monastères. Les travaux de construction dirigés par Joes commencèrent au mois d'avril suivant, et une députation composée du conseiller ducal Henri Magnus, de l'ammau, du bourgmestre Thierry de Mol, de l'échevin Nicolas de Heetvelde, des receveurs Jean et Siger de Mol, des conseillers Jean Cambier et Godefroid de Bosserc, et du secrétaire Dullaert, alla en demander la consécration à l'évéque qui ne voulut la donner qu'au prix d'une forte somme d'argent. Il en chargea l'évéque de Ross, Denis, suffragant de Liège, qui exécuta cette commission le Sseptembre, etrcçutdela viile,àcette occasion, undonde vingt florins du Rhin et du vin. Comme la peste, les guerres et la cherté des denrées avaient diminué les offrandes, le conseil, malgré l'opposition des receveurs, accorda, le 27 avril 4456, à la Chartreuse, un subside de 500 florins^, et, au mois d'août suivant, il vota encore iOO florins pour acquisition d'outils et de matériaux. Enfin, le 1 4 octobre de la même année, une charte scellée par la ville abandonna aux Chartreux : i* la propriété de la maison des Saccites dans la longue chaussée derrière et à côté de la chapelle de Sainte-Marie-Madelaine, avec toutes ses dépendances ; 2^ tous les meubles, revenus et droits appartenant à ces religieux et rapportant annuellement 4 muids de froment, 8i de seigle, 15 d'avoine, 17 livres 1 sou 6 deniers gros de Brabant; 5° la chapelle de Scheut, ses biens, revenus, maisons, joyaux, meubles, etc. Les religieux ne pouvaient, sans l'autorisation de la commune, dépasser le nombre
A En 1456, le Chapitre des ebartreux ordonna qu'annuellement il serait fait, dans toutes les maisons de l'ordre, une trentaine en mémoire de ce bien&it.
de vingt; il ne leur était pennis d'acquérir des biens dans le quartier de Bruxelles que jusqu*à concurrence de 200 ridders d'or de revenu annuel, et il leur était interdit d'aliéner ou de bâtir aucun édifice important. Les religieux, de leur côté, s'engageaient à entretenir la cbapelle et i y célébrer des messes, à la Pentecdte, en commémoration de la fondation de la Cbartreuse, le jour de la nomination des échevins pour appeler l'aide du Saint-Esprit sur leur administration, la veille de Saint-Jean- Baptiste, pour la prospérité de la ville et le jour de Saint-Hubert pour les habitants décédés \ Une bulle de 1458 et un dipIAmo de l'évéque du 9 août 1456 sanctionnèrent ces dispositions. Le duc, son fils et surtout la duchesse accordèrent à ce nouvel établissement de nombreuses marques de leur libéralité, mais sa fondation fut l'ouvrage exclusif de la ville qui se chargea aussi d'assurer l'existence des sept derniers Sacoites, et leur assigna des revenus sur les hôpitaux ^.
En 1 456 , le duc entra dans l'évéché d*Utrecht à la tète d'une puissante armée pour y introniser son fils naturel David, Lors du siège de Devcnter, Bruxelles, à sa demande, lui envoya cinq maîtres canonniers {donderbusmeesteren) , cinq couleuvriniers ou arquebusiers {cohvmeesteren) et cinq valets; le duc leur alloua par mois, aux canonniers i 3 florins , aux arquebusiers 9 , et aux valets 6 , outre la paie journalière que leur donnait la ville, et qui s'élevait pour les premiers à 1 0 sous, pour les seconds k 7 sous et demi , et pour les troisièmes à 5 sous ^. Les métiers lui fournirent aussi leur contingent en hommes, et, h cette occasion, les barbiers firent de grands frais pour leurs tentes et leurs autres objets d'équipement ^. La disette causée par les ravages de sa propre armée, obligea le duc à lever le siège de Deventer (septembre), mais la guerre ne s'en termina pas moins à son avantage ^. Un nouvel édit, que l'indiscipline de la soldatesque rendait nécessaire, fut publié le 1 8 novembre de l'année suivante , et confia aux officiers du duc et des seigneurs , et à des députés des chefs-vQles, le soin de les surveiller ^.
Cette campagne n'était pas terminée qu'on apprit l'arrivée inattendue
* Boeck mêtten Haire, — Opéra dipL^ l. c, p. 196.
* Opéra dipU 1. c.,p. 154. V. les histoires des Chartreux citées plus haut. s PerkemerU Boeck tuetten Taetsen,
* Ordonn. der Ambachten,
5 Chron, Zantflict, l. c, p. 493.
« Placards de Brabant^ t. IV, p. 392.
du dauphin dans les ëtats du duc de Bourgogne. Il arriva à Bruxelles vers la Saint-Martin de i 456, à huit heures du soir, avec une suite d'environ dix chevaux, et fut reçu, à la porte du palais, par la duchesse qui le conduisit dans la chambre du duc et lui rendit tous les honneurs dus à son rang. Philippe ne rentra à Bruxelles que le i 5 octobre , après avoir informé Charles VU de cet événement ; traitant son hâte en fils de roi , il observa sévèrement à son égard les lois de l'étiquette et lui assigna une rente de 36,000 florins. Louis vécut pendant plusieurs années dans le château de Genappe , entouré de ses fidèles et de gentils^ hommes bourguignons , satisfaisant dans la vaste forêt de Soigne son goût pour la chasse, et remplissant les longues veillées de Fhiver par les plaisirs de la table, le jeu et les récits graveleux. Il venait de temps k autre à Bruxelles, et y tint sur les fonts, en i456, le fils du seigneur de Ravenstein , enfant qui fut depuis le célèbre Philippe de Clèves. 11 fut aussi le parrain de la fille dont la comtesse de Gharolais accoucha en cette ville, le 17 février 1457, et qui fut baptisée k Coudenberg avec Tautorisation du chapitre de Sainte-Gudule ' ; les marraines étaient la duchesse et la dame de Ravenstein. Cette enfant reçut le nom de Marie, en rhonneur de Marie d'Anjou, mère du dauphin ^, u et à porter icelluy n h fons, dit Duclercq, alloit devant, le fils du duc de Gueldres, » nepveu du duc de Bourgoingne, lequel portoit ung bacin; après :» luy alloit Adolf de Clefves, nepveu aussi du duc, lequel portoit une » eouppe d'or; et après alloit le comte d'Estampes, lequel portoit » ung cierge bénit. Après lesquels trois, la duchesse de Bourgoingnc n portoit l'enfant, et à sa dextre estoit le dessusdict dauphin, quy » tenoit sa main sur le chief de l'enfant, en le soutenant; et y )t avoit cinq cents torches ou plus. Et fust au baptême Févesque de » Cambray , frère bastard du duc , et l'évesque de Toul abbé de Sainct » Bertin. »
Pendant tout le temps de son séjour dans les Pays-Bas, Louis fut l'objet des plus délicates attentions et des plus grandes prévenances; en 1457, entre autres, le duc fit différer jusqu'au samedi la sortie de Yommegangf afin qu'il put le voir ^. Mais la présence de ce prince eut
« Annotes nus, B. Gudilœ, Ut. XVI, c. 26.
* Meter, Rerum Fland, — Outier de la Marche. — Pontus HEUTERns, Rerum Burgund. etc.
' Chron. mss., aux Archives du Royaume,
TOHB I. 50
bientôt des suites funestes pour la maison de Bourgogne. De violentes querelles, dont on ne peut douter qu'il ne fût Tinstigateup, éclatèrent entre Philippe et le comte de Charolais qui voyait avec impatience la faveur dont jouissaient les Croy, et s'indignait de leurs liaisons avec le dauphin. En i 457 , à la suite d'une de ces altercations, le duc chassa son fils de son oratoire, lui ordonna de sortir de ses états, et le poursuivit même, dit-on, répée k la main. Isabelle courut, tout éperdue, implorer l'intervention du dauphin pour calmer la colère de son mari ; mais lorsque celui-ci vit l'héritier de France venir lui demander le pardon de son fils, lorsqu'il vit cette plaie mise à nu devant celui qui le dernier aurait dû la sonder, il en éprouva une émotion telle qu'il s'échappa comme un fugitif, s'égara dans la forêt de Soigne , et faillit y périr. Un charbonnier le conduisit à Sept-Fontaines où il rencontra un de ses veneurs; il fut rejoint, le lendemain matin, par ses serviteurs qui avaient passé la nuit dans la plus grande anxiété. Le comte, qui s'était retiré à Tcrmonde, rentra bientôt en grâce auprès de son père; mais le duc ne pardonna pas h Isabelle sa démarche inconsidérée , et il l'exila de sa présence ^
La duchesse, dont la conduite dans ces tristes circonstances fut des plus remarquables, était une princesse d'une douceur angélique, aussi ennemie de la dissipation que son mari en était avide. Malheureuse dans son intérieur, douée d'une sincère piété, elle s'appliqua à rétablir la discipline qui était considérablement tombée dans la plupart des monastères, et elle en fonda plusieurs où furent établies des règles plus rigides. Depuis plusieurs années, les notables de Bruxelles s'indignaient de la conduite des Dames-Blanches ou Victorines de Jéricho , qui étaient accusées de vivre sans règle et sans directeur, et de ne s'imposer d'autre devoir que celui de l'hospitalité qu'elles exerçaient fort largement. Il avait déjà été question d'employer leurs biens à la fondation de la chartreuse de Scheut, lorsque Jean Storm, confesseur des sœurs de Ter-Cluysen , dans la foret de Soigne, près de Braine-l'AUeud, s'efforça d'amener leur suppression et d'obtenir leur maison pour les religieuses de ce couvent. Mais lorsqu'il s'adressa au magistrat, il s'aperçut que les Victorines avaient dans le conseil communal de puissants protecteurs , et il ne parvint à réussir
A H. DE Barahtb. — M. le major Renard, Nouvelles observatiofis historiques à propos du quatrième volume inédit de la grande chronique de Georges Chastellain, Trésor national, t. 111, p. 224, 223.
qu'avec Fappui de la duchesse, qui conduisit elle-même la communauté de Ter-Cluysen dans sa nouvelle demeure ^.
C'est Isabelle aussi qui attira à Bruxelles les Dominicains , qui leur acheta l'hôtel de Rummen et d*autres bâtiments, et qui obtint du pape la bulle nécessaire pour leur établissement. L'exécution de ce projet dut pourtant rencontrer de sérieuses résistances, puisqu'il s'écoula six années (1497-1465) avant qu'on put commencer leur monastère ^. C'est elle encore qui convertit l'ancien ermitage de Bootendael , qu'habitaient quelques récollets, en un couvent de frères mineurs de l'Étroite-Observanoe.
Philippe, qui depuis longtemps ne montrait aux Bruxellois qu'un front sévèi'e , parut vouloir se rapprocher d'eux et leur donna même quelques témoignages de bienveillance. 11 avait conféré à quelques-uns de ses serviteurs des offices qui de tout temps avaient été à la collation du magistrat, tels que ceux de derc des chaussées et de la maison de la balance, de syndics ou inspecteurs des viandes et poissons, de clerc de la draperie , de receveurs de l'hôpital Saint-Jean et du Béguinage , de mesureurs de la chaux, du blé, du sel, des draps, de jaugeur des bières foraines, de peseur du pain , d'annotateur du fer , des bestiaux , de receveur de la myn ou minque et de Ytnnegelt (droit d'entrée sur le poisson). En outre, il avait créé de nouveaux emplois pour la vente à l'enchère des meubles et des châteaux , et pour le mesurage des ates ou biens immeubles. Par un acte daté de Bruges, le 25 mai 1 457, il reconnut ses torts et annula toutes les mesures qu'il avait prises contrairement aux droits de la ville, en se réservant seulement la moitié des profits de la minque et de Ytnnegelt ^.
SonprocureurgénéraI,cetofficierdontl'institutionavaitétévueavec tant de déplaisir, avait cité l'amman et dix-sept personnes de la loi par-devant le grand conseil, comme coupables d'abus dans l'administration de la justice, et avait demandé qu'on les condamnât à une amende de 44,000 lions. Sur les protestations du magistrat qui prétendit n'avoir fait que se conformer aux lois et aux coutumes , Philippe, de l'avis de son conseil , les renvoya de la plainte et Imposa silence à son procureur général, laissant toutefois aux parties qui se prétendaient lésées, le recours en justice ^.
< M. GoETHALS, Zec^jjoui* servir à VHisi, des Sciences, etc., en Belgique, t. H, p. 37 .
> Voy. la troisième pariie.
^Luysier, hl 126.
* Bruges, le 23 mai 1^57. Bœck metten Ilaire.
Une contestation qui s'ëleva entre l'amman et le magistrat (ht plus longue et plus violente. Le premier ayant refuse de faire exécuter diverses condamnations contre des malfaiteurs, le magistrat confia ce soin à un sergent de Tammanie. L'amman, de concert avec le procureur général , se plaignit de cette mesure et prétendit que le privilège dît du lieutenant-amman ne pouvait avoir force de loi, attendu qu'il avait été octroyé en temps de troubles. Les parties finirent pourtant par s'accorder, et il fut statué qu'en cas d'absence de l'amman et du lieutenantamman , ou de refus de leur part de remplir les devoirs de leur charge, le plus ancien sergent leur serait momentanément substitué ; mais la clause du privilège de 1420, qui permettait aux États de choisir un Ruward pour exercer l'autorité suprême, fut annulée \ et c'était là sans doute où l'on avait voulu en venir.
L'extension qu'avait prise depuis un siècle la juridiction des communes était insupportable à Philippe, et tous ses efforts tendirent à en resserrer les bornes. Ainsi, par une déclaration datée de Saînt-Omer le 2 1 mai i 46 i , il restreignit encore celle de la ville de Bruxelles. Cet édit régla la manière d'opérer les beleyden oii transports de biens, et rendit les bourgeois justiciables des magistrats du lieu où ils résidaient pour le cas où le crime aurait été commis alors qu'ils n'étaient pas encore admis dans la bourgeoisie; il fut défendu aux magistrats de Bruxelles de punir les officiers du duc, clause importante, parce que l'augmentation du nombre des bourgeois forains avait surtout pour cause le droit de punition dont jouissait la ville sur les officiers du plat-pays, et il leur fut interdit d'opérer l'arrestation de personnes ou de biens hors de la cité et de sa banlieue, de faire aucun arrêt ou exploit dans la forêt de Soigne, et d'appeler les membres d'un lignage ou d'un métier à assister au jugement de leurs confrères *.
Encouragé probablement par ces dispositions du prince, l'amman éleva alors de nouvelles prétentions; il se plaignit au conseil de Brabant des empiétements de la ville sur les droits domaniaux , et un réquisitoire étayé de vingt-deux griefs fut dressé contre les magistrats , la gilde, les pacificateurs et les métiers. Appelés devant ce tribunal souverain , ces magistrats reçurent communication de cet acte d'accusation en présence des députés des villes de Louvain et d'Anvers, et le chancelier les prévint
< Edit daté de Bruxelles, le 20 janvier 1458(1459). Lwjster, bl. 1^9. « Luyster, bl. 137.
qu'ils devraient indemniser le duc et solliciter leur pardon , b moins que la production de leurs privilèges ne constatât leurs droits. En même temps, Jean dTnghien intrigua si bien auprès du duc , qu'il en obtint pour lui et pour son fils Louis, la jouissance de Tammanie et de ses revenus à titre viager , avec le droit de se donner un successeur révocable à sa volonté, et de se réserver une pension de 400 florins du Rhin. En suite de cette disposition il nomma amman son neveu, Antoine Thonys, qui s'engagea à lui payer tous les ans 400 florins , et à donner un traitement de 54 couronnes hletieê au lieutenant-amman , outre six couronnes pour ses frais d'habillement , et d'un florin de i i sous k chaque sergent de raminanie. Il devait jouir du surplus des émoluments attachés à sa charge, entre autres, de sa part dans les droits de bourgeoisie, de la moitié du bœuf donné par les bouchers de la ville, de la moitié du taureau dû par ceux de Forêt , des draps fournis par la commune et par la gilde, des chaperons offerts par les arbalétriers et par les archers, et des redevances en foin payées par les abbayes de la Cambre et dcBigard. Les autres moitiés de bœuf et de taureau, ainsi que les redevances en foin des monastères d'AfDighem et de Forêt, restaient à la disposition du sire de Kestergat ^. Ce dernier obtint encore du souverain le droit de nommer un lieutenant-amman, et désigna Uenri Vander Eycken pour remplacer dans cet emploi Jacques Van Droogenbroeck.
Ces concessions illimitées indignèrent la bourgeoisie, et le conseil de Brabant lui*même ne les sanctionna qu'après beaucoup de difficultés. Les chefe-villes du duché s'unirent pour en arrêter Fexécution, dans l'intérêt même du domaine auquel elles causeraient un grand préjudice, et le conseO coomiunal , de commun accord avec les doyens et huit de la gilde, les pacificateurs et les jurés des métiers, résolut de s'opposer de tout son pouvoir à ces usurpations , de faire toutes les recherches nécessaires pour se défendre contre les imputations de ses adversaires et de n'épargner , dans ce but, ni soins , ni peines , ni argent , ni démarches ^. 11 parait cependant que leurs efforts furent infructueux, puisque Thonys et Vander Eycken restèrent en fonctions.
Le dauphin séjournait toujours soit à Genappe, où il lui naquit, le
* Antoine Thonys fut nommé le 10 mai 1461. et prêta serment le 16 juillet suiirant ; le 1 7, il jura d'accomplir ce qu*il avait promis à Jean d'Enghien. Voyez SeUeiapro sœculo 1400.
* Luyster^hh 143.
"2 mai i 46i , une fille qui fut nommée Anne, soit au palais de Bruxdles, où sa présence entretenait d'incessantes dissensions entre le duc, qui protégeait les Croy, et le comte de Charolais, qui ne leur cachait pas sa haine. Philippe, dont les facultés commençaient k s'affaiblir, loin de s'apercevoir de l'odieux manège de son hôte, continuait à lui montrer la plus grande déférence. Un jour, Louis étant allé & la chasse avec Charles, s'égara dans la forêt; lorsque le duo vit revenir son fils seul, il entra dans une grande colère et lui défendit de reparaître en sa présence avant d'avoir retrouvé le dauphin. Le comte retourna dans le bois, accompagné de serviteurs portant des flambeaux et passa une partie de la nuit en vaines recherches. Enfin, le dauphin reparut; il était allé jusqu'à huit lieues de Bruxelles, et avait fini par demander à un paysan de le remettre dans son chemin. Le duc donna à cet homme une récompense magnifique ^ L'hospitalité généreuse qu'il accordait à ce prince avait achevé de le brouiller avec le roi de France, qui lui envoya plusieurs fois des ambassadeurs pour lui reprocher sa'conduite, et la guerre fut même à la veille d'éclater. Charles VU étant mort en 1461, Philippe le Bon conduisit Louis à Reims , à la tète d'une armée ; mais il s'aperçut bientôt qu'il n'avait fait que changer d'ennemi , et que le prince qu'il avait si généreusement accueilli n'avait jamais eu qu'un but : la ruine de sa maison.
En 1 461 , on vit arriver à la cour de Bruxelles Fambassade adressée au pape par quelques princes asiatiques et que ce pontife faisait présenter au roi de France et au duc de Bourgogne. Il y avait des envoyés de l'em* pereur de Trébizonde, David Conmène, de Georges, roi de Perse, du Soudan de Mésopotamie, du duc des Géorgiens, du seigneur de la Petite- Arménie. Conduits par le frère Louis, patriarche d'Antioche, ils venaient réclamer des secours contre le redoutable Mahomet II, qui avait, en 14 S5, planté le croissant sur les murs de Constantinople. Des ambassadeurs du pape Pie II , de l'empereur Frédéric III , du roi de Hongrie, Mathias Corvin, d'Alphonse, roi de Portugal, de la république de Venise et de quelques autres princes, essayèrent aussi d'armer contre les Turcs le puissant duc d'Occident; mais Philippe devenait vieux; ses infirmités croissaient avec l'âge, et il était entouré d'embarras de toute espèce ^. Au mois de janvier 1462, il tomba grièvement malade et l'on craignit un
« H. m Baramte, t. II, p. 152. — * ibid., t. II, p. 179.
instant pour ses jours. La duchesse, qui vivait retirée à Termitage de Nieppe, et son fils, alors à Saint-Quentin, accoururent aussi tôt à Bruxelles, et lui prodiguèrent les plus tendres soins. Charles, qui récemment encore avait eu avec lui une altercation des plus violentes au sujet des Croy , passa quatre jours au chevet de son lit sans prendre le moindre repos ; il résista à toutes les instances du duc qui craignait de le voir succomber à la fatigue , et ordonna que , dans toutes les villes de ses états, on fit des processions et des prières publiques. Philippe guérit de cette maladie, mais il resta chauve. Quelques historiens racontent que ses courtisans poussèrent l'esprit de flatterie jusqu'à faire le sacrifice de leur chevelure; mais cette assertion est erronée. Si Ton vit à Bruxelles, en un seul jour, plus de cinq cents gentilshommes se faire raser la tète , c'est que le duc, craignant le ridicule , s'il était le seul u rais et dénué de ses cheveux , » fit un edict que tous les nobles hommes se feroient raire leurs tètes >» comme luy. » Tout noble, qui se présentait au palais sans s'être conformé à cette ordonnance, était traîné, de gré ou de force, près du sire de Hagenbach, mattre d'hôtel et conseiller, qui avait été chargé de la mettre à exécution *.
Vers la fin de l'année i 462, le duc reçut la visite de ses deux sœurs, les duchesses de Bouri>on et de Glèves, et fit célébrer des joutes magnifiques. Les nobles déployèrent à cette occasion un luxe inouï; quelquesuns se montrèrent aux bailles montés sur un grand bateau ; d'autres au sommet d'une montagne factice ; d'autres encore étaient suivis par un éléphant ou par d'autres animaux extraordinaires ^.
La bonne intelligence qui régnait entre le duc et son fils ne fut pas de longue durée. Celui-ci se sentant appuyé par la noblesse de Flandre, de Brabant, de Hollande, osa même convoquer les états généraux à Anvers, pendant que son père les mandait à Bruges. On était parvenu pourtant à les réconcilier lorsque, en mars i4C5 , Philippe étant venu de Lille à Bruxelles , y tomba si grièvement malade, qu'on crut sa mort prochaine.
• Olivier de la Marche, L 34. Foppens, et Tabbé Mann rapportent à cet événement rintrodoclion de la mode des perruques; mais, comme Ta fort bien fait remarquer M. DE Rkiffenberg {édition annotée de M. de Bavante ^ t. Vl, p. 209, note 4), il n'est pas du tout question de perruques dans cette affaire. Le premier octroi délivré dans le pays pour la fabrication des perruques date seulement de lOsiâ. Il se trouve en original à la Bibl. de Bourgogne.
* Chronique manuscrite aux Archives du Royaume»
Le comte aussitôt Iiasarda un coup décisif : il remplaça les Croy dans le gouvernement de toutes les villes que son père leur avait confiées, et il parvint à se faire remettre par le duc, dont la santé s'était améliorée, l'entière administration de ses états. Mais ses ennemis ne perdirent pas courage; lesiredeQuiévrain, leur chef, stimula le zèle de ses partisans qui remplissaient le conseil ducal , et, dès le lendemain, ils obtinrent la révocation de ce décret. A cette nouvelle, le comte éclata; il réunit ses amis, déclara qu'il tenait le sire de Croy , ses parents et ses alliés pour ennemis de sa personne et de l'État , et écrivit à toutes les bonnes villes pour exposer les causes de sa conduite. Quelques-uns de ses chevaliers ayant été signifier au sire de Quiévrain. qu'il eut à quitter la cour et le service du duc , ce seigneur effrayé pria son maître de le laisser partir ; mais Philippe, entrant en fureur, sabit un épieu et descendit jusqu'à la porte du palais , criant qu'il verrait si son fils voulait assassiner ses serviteurs. Ce ne fut qu'après beaucoup de peines que la duchesse de fiourbon , les dames de la cour et le bâtard de Bourgogne parvinrent k le ramener dans son appartement. Cette scène violente parut avoir entièrement abattu le vieux duc ; il ne tarda pas à pardonner à son fils que lui recon* duisirent les chevaliers de la Toison d'Or, et celui-ci, devenu tout-puissant, vit fuir ses ennemis, et se livra sans contrainte à sa haine contre Louis XI. Uni aux grands vassaux de France, il marcha contre ce prince, dont l'habile politique sut bientôt détruire cette ligue formidable. On sait la bravoure que Charles déploya au combat de Monthléry ; séparé des siens, entouré d'ennemis, il allait périr, quand un Bruxellois, Robert Cotereau, fendit la presse, lui fit un rempart de son corps et parvint à le dégager. Ce brave était le fils de Jean Cotereau, médecin de Philippe le Bon ^ Créé chevalier sur le champ de bataille, il commença l'iUustration de sa famille, qui posséda dans la suite le marquisat d'Assche, la baronnie de Jauche et plusieurs autres seigneuries brabançonnes. Le châtelain Daniel de Bouchout périt dans cette journée.
Pendant l'absence du comte de Charolais, son père convoqua à Bruxelles les États de Brabant, de Flandre, d'Artois, de Uainaut, du comté de Namur et de Malines, et les ayant réunis, le 27 avril i465, à cinq heures de l'après-midi, dans la grande salle du palais, il leur demanda, par l'organe de son chancelier Pierre de Goux , sire de Wedcrgraetc , de
« Voyez Meyer, Her. Fland. L. XYI, p. 384.
f econnattre son fils pour son successeur et de lui prêter serment d'obéis* sance et de fidélité. L'abbé d'Afflighem, Goswin Herdinck , au nom des prélats , Jean d*£ngliien sire de Kestergat, au nom des nobles , Henri Vandenbroeck, secrétaire de la ville de Bruxelles, au nom du tiers^état brabançon , et Mathias Groothere, pensionnaire de Gand , au nom des villes des autres provinces, répondirent qu'ils y consentaient de grand cœur, et, le 20 juin, les villes de Bruxelles, Louvain, Anvers, Tirlemont. Nivelles , Bois-Ie-Duc et Léau déclarèrent solennellement qu'elles reconnaissaient le comte pour leur prince, à condition qu'à son avéne-» ment il jurât d'exécuter les dispositions de la Joyeuse Entrée. Par un acte daté du château de Mitry près de Paris, le 5 juillet, Charles promit, par provision, d'observer leurs lois et leurs privilèges ^
Le lieutenant du drossard, Godefroid de Cuyck, ayant fait exécuter un bourgeois nommé Thomas de Wytfliet de Mierle, les magistrats se plaignirent énergiquement au duc de cette infraction à leurs privilèges et exigèrent la punition de oet attentat. Godefi>oid, arrêté et condamné à mort, fut décapité et son corps fut attaché à la potence du Pré-aux- Laines ^. Ce succès de la commune ne fut obtenu qu'à prix d'argent et lui coûta 5000 couronnes de France dépensées en cadeaux faits aux courtisans ^.
Pendant la guen*e de Liège les bonnes villes du Brabant essayèrent mainte fois de réconcilier leurs anciens alliés avec le duc et l'évéque, Louis de Bourbon ; mais leurs démarches restèrent sans résultat et les préparatifs menaçants des Liégeois les forcèrent à une prise d'armes pour protéger la frontière du pays. Plusieurs métiers de Bruxelles, entre autres les barbiers, les meunla*s, les platiniers, les serruriers, les selliers, firent dans cette circonstance de grandes dépenses pour leur équipement ^. La victoire de Montenaken (2 1 octobre) et le prochain retour du vainqueur de Monthléry firent sentir aux Liégeois la nécessité de se soumettre. Dans les derniers jours du mois d'avril 1466, une députation composée d'ecclésiastiques et de notables vint à Bruxelles se prosterner aux pieds du duc et lui demander merci. Mais cette soumission forcée ne fut pas
« Opéra Diplom., t. !I, p. 4348 et 13*9.
* Chronique du xv? siècle, aux Archives du Royaume.
> Résolution du magistrat en date du 4 janvier 1465 (1466 N.-S.). Luystrr, bl. 149.
* Ordonnantie der Àmbachten, passim.