‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 29 sur 51 · FOPPENS · texte numérisé non relu

FOPPENS

s Brusselsche Eertriumphen, — Die Nieuwe Chrmiyckc van Brahandi,

* M. Gaghard, i. c.

DE BRUXELLES. 5i3

des autres consdls, de présidents des conseils provinciaux et d'évéques ; le conseil privé, appelé à traiter « de la suprême hauteur et souveraine » autorité de Sa Majesté, et choses procédant de grâces tant en civil )» qu'en criminel, qui sont par-dessus les termes, train et cours ordi- » naire de justice, sans se mêler d'afhircs qui par leur nature doivent » appartenir aux tribunaux, » et le conseil des finances, dont le nom indique suffisamment les attributions. Le président du conseil privé remplissait les fonctions de grand chancelier, place qui avait été supprimée dans les Pays-Bas, depuis le premier départ de Charles-Quint pour l'Espagne ^ L'empereur ordonna aussi que les coutumes locales fussent mises par écrit et soumises à l'approbation de l'autorité supérieure, mais l'exécution de cette mesure rencontra beaucoup de difficultés. La coutume de Bruxelles ne fut homologuée qu'en 1608.

En I53i, Charles-Quint décida la question de l'étape qui, depuis tant d'années, divisait Malines et Bruxelles. Par sentence du 7 juin, il donna gain de cause à la première, mais, dans des vues de conciliation, il permit k la seconde de conduire de l'avoine, du poisson et du sel par la Senne, sans devoir faire étape à Malines; le sel seulement fut soumis h un léger droit payableà Heffen ^. Ne pouvant se résoudre à cette sujétion, la commune bruxelloise reprit alors le projet de creuser un canal qui, en évitant le territoire des Malinois, irait en ligne directe au Rupel , et elle présenta à cet effet une requête à l'empereur. Sur l'avis de ses conseils et de la chambre des comptes, il confirma, le 7 novembre, les octrois accordés en 1436 par Philippe le Bon, et, en 1477, par Marie de Bourgogne ; mais l'opposition des Malinois retarda de près de vingt ans encore l'exécution de ce grand ouvrage ^.

Les receveurs ayant, sans le consentement des nations, imposé une taxe sur le grain et sur le pain , et augmenté l'impêt sur la bière, cette mesure excita de grands murmures. Le 2 9 septembre, pendant la procession de Saint* Michel, h laquelle assistaient tous les membres de la commune, les métiers s'arrêtèrent tout à coup et ne se remirent en marche qu'après avoir reçu l'assurance que la reine-gouvernante ferait examiner attentivement cette affaire. Ils adressèrent une requête à Tempereur qui, après l'avoir soumise & son conseil, manda au palais les trois membres de la commune et prononça

^ De NéMT« ouvrage cité.

• Archives de V Audience, catt. 1579, n* 2.

' HUtùria Aquœductui Bruxdlensis, Uss.

une sentence ambiguë, en vertu de laquelle Timpât était maintenu avec défense de le lever, à moins 'de grandes nécessités et sans son autorisation ou celle de sa sœur. En même temps, il ordonna & Tamman de poursuivre ceux qui avaient troublé Tordre ^ Les nations se récriaient aussi contre la mauvaise administration des biens de la ville, et disaient que, malgré la présence de la cour, le produit des accises n'augmentait nullement parce qu'il y avait trop peu de receveurs. L'empereur étant parti, le 17 janvier 1552 , pour rAUemagne, la gouvernante chargea des commissaires de vérifier ces allégations ; ceux-oi lui proposèrent de nommer six receveurs, deux patriciens et quatre plébéiens, en laissant au gouvernement le droit de continuer dans leurs fonctions, pour une année , deux de ces fonctionnaires dont un serait pris dans chaque classe. Leur rapport ajoutait que les lignages étaient en pleine décadence et qu'on ne pouvait y trouver vingt et un patriciens capables, pour former la liste des candidats à la magistrature ; ils proposèrent en conséquence de déclarer qu'à l'avenir l'échevinage ne serait plus exclusivement réservé aux membres des lignages, mais qu'il pourrait être conféréàtoute personne noble. L'adoption de ces conclusions (1 6 avril 1 552)^ porta un rude coup aux familles patriciennes, qui virent insensiblement l'autorité souveraine s'emparer de leur part d'influence dans l'administration de la cité.

Cependant le taux élevé du prix des grains et quelques nouveaux règlements sur la vente des céréales , faisaient beaucoup murmurer le peuple, et son mécontentement ne tarda pas à éclater. Le 5 août, vers midi , un rassemblement considérable se forma aux environs de la halle au blé; des enfants, qui jouaient en se jetant leurs bonnets, entrèrent dans la maison du Malinois Jean Morre, désigné comme accapareur , et y furent suivis par la foule qui la dévasta complètement; Jean Morre, arraché de sa demeure, fut traîné jusqu'au cloître des Récollets, accablé d'injures et de coups. Deux ou trois maisons, entre autres celle de maître Berthout, boulanger de la reine, subirent le même sort, sans que les voisins fissent aucun effort pour arrêter les pillards. Réunis & l'hêtelde ville, les magistrats envoyèrent le lieutenant-amman, Jean Van Waelhem, et ses sergents pour dissiper le rassemblement; mais ils ne purent y par-

* 16 octobre 1531. Luyster van Brabanl, l. c, bl. 119, » Lttystcr, 1. c, bl. 125.

venir, et comme il ne faisait qu'augmenter, et qu'on craignait de voir s'y joindre les campagnards, les portes furent fermées elles serments appelés sous les armes. Marie de Hongrie, qui était sortie de la ville pour se livrer au plaisir de la chasse, son amusement favori, apprit à son retour, avec étonnement et indignation, les excès commis en son absence et le peu d'énergie déployé pour les réprimer. Elle invita vainement les magistrats à montrer plus de zèle, le désordre continua toute la nuit; quelques hommes d'armes, qu'elle avait envoyés pour savoir ce qui se passait, rencontrèrent et arrêtèrent un domestique de la cour, chargé de trois sacs dont l'origine n'était pas douteuse. Le lendemain, elle fit con* voquer le large conseil, les métiers, les serments, et, à la tète de ces der* niers, l'amman, sire Henri de Witthem , seigneur de Beersel, marcha contre les factieux, les dispersa et en arrêta quatorze ou quinze qui furent enfermés à l'hôtel de ville. La tranquillité paraissait rétablie, quand arriva le sire de Chavannes, maître des requêtes, et un maître d'hôtel de la gouvernante , pour requérir en son nom la remise des eaptife, coupables de crime de lèse-majesté. Le magistrat consentit k cette demande, mais craignant que le peuple n'y vit un empiétement sur ses privilèges, il demanda un délai jusqu'à deux heures de l'après-midi. A cette nouvelle, la commune s'ameuta de nouveau ; le maître des requêtes et 1^ maître d'hôtel étant venus pour chercher les prisonniers, un bourgeois leur conseilla de s» retirer, attendu que la multitude exigeait que le jugement des pillards restât aux chefs de la cité. Les serments et les métiers se prononcèrent dans le même sens, et il fallut bientôt renoncer à combattre l'émeute. Déjà, en effet, la maison communale avait été envahie, les détenus délivrés, et le sire de Beersel, ainsi que les bourgmestres et les échevins, avait été forcé de se dérober par la fuite à la fureur populaire.

Ces événements firent une profonde impression sur la gouvernante ; elle députa vers la bourgeoisie deux chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, les sifes de Berghes et de Sempy, pour lui exprimer sa douloureuse surprise et lui promettre le redressement de ses griefs. Aux discours de ces seigneurs, les métiers répondirent en exigeant la délivrance du prisonnier détenu à la cour, et ils continuèrent à délibérer tumultueusement. A neuf heures du soir, trois membres des serments se rendirent au palais porteurs de leurs réclamations; ils demandaient la mise en liberté de ce prisonnier, et un acte ordonnant 1^ une nouvelle promulgation du

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