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règlement de 1 509, renouvelé en i 525 ; S* la restitution aux receveurs des pouvoirs qui leur avaient été conférés à cette époque, et Tabolition des offices de second bourgmestre et de conseiller; S"" la réduction du salaire du p^mier bourgmestre et des échevios i Tancien taux (indemnité pour babit et deux blancs par comparution à Thôtcl de ville), avec défense de rien demander pour les affaires de justice ; 4** Tannulation des pénalités contenues dans les ordonnances de 1527 et de 1528, et ^° la mise en vigueur des anciens statuts sur la vente des grains ^ Les délégués étaient accompagnés d'un grand nombre de bourgeois «( armés et embâtonnés, » qui les suivirent jusqu'aux bailles. Admis en présence de la reine, ils la prièrent, tout en protestant du déplaisir que leur causait l'émeute , de leur faire remettre le prisoouier et de prendre leurs autres demandes en considération. Marie éclata d'abord eh reproches, mais, craignant qu'un refus n'eût des suites funestes , pressée par ses ministres mêmes, elle accéda à la première demande, et, quant aux concessions exigées par la commune , elle invita les députés à en faire l'objet d'une requête écrite et à la lui adresser le lendemain. Cette décision fut accueillie avec transport, la foule se dispersa, et, pendant toute la nuit, le calme le plus complet régna dans la ville.
La question pourtant n'était que plus compliquée. Le 7, la commune prit les armes, à sept heures du matin ; les receveurs et les trois députés de la veille dressèrent une requête au nom des bourgeois, « demandant, » dit le rapport officiel de cet événement, leur couronne et autres points )» que nous avons très-contraires au bien public de cette ville et à notre )• hauteur et seigneurie , » et ils la portèrent à la reine , qui en envoya aussitôt une copie à l'empereur. Une longue discussion s'éleva d'abord entre cette princesse et les députés, elle prétendait ne pouvoir, de son autorité privée, prendre une décision sur ces demandes , et se bornait à promettre de les appuyer auprès de son frère ; mais les députés insistèrent si vivement qu'elle finit par céder. Cependant le bruit de cette discussion s'était répandu en ville , et le tumulte avait recommencé. Une troupe de gens sans aveu se jeta sur la maison du lieutenant^amman, et la livra au pillage et à la dévastation ; mais l'acte dépêché par la reine ayant été publié, les compagnies bourgeoises coururent sus aux pillards, et, grâce à leur prompte et énergique intervention, l'ordre fut bientôt
< jircJiives du Royaume,
rétabli. Les centenicrs et les dizeniers, qui avaient repris leurs fonctions, coopérèrent activement à la répression de cette nouvelle tentative d'émeute; aussi une ordonnance du 5 septembre leur enjoignit-elle d'assister au conseil de la ville, et il fut prescrit aux dizeniers et autres bourgeois de leur prêter main-forte ^
Le 8 , les nations prirent possession de leur couronne et, le même jour , vers neuf heures du matin, l'amman et la loi envoyèrent annoncer à la reine qu'ils étaient d'accord pour punir les malfaiteurs, et lui demander remise des peines qu'ils pourraient encourir , si, dans l'exécution, il y avait u blessures ou navrures. » Le pensionnaire étant revenu avec l'agréation de Marie , d'activés recherches furent aussitôt faites pour l'arrestation des coupables, et trente-huit à quarante pillards furent pris ; plusieurs d'entre eux furent condamnés à mort et d'autres au bannissement. En même temps le magistrat fit doubler les postes et en établit en divers endroits afin de réprimer toute tentative de désordre. Le 9 , les portes furent tenues fermées et quelques-uns des condamnés furent exécutés en présence du duc de Torres, des seigneurs de Beveren, de Sempy, et de Molembais, qui avaient été envoyés par la reine à la demande des métiers. La potence resta dressée jusqu'au 4 octobre, et d'autres pillards furent pendus aux bailles ^.
A la nouvelle de ces événements, l'étonnement et la colère de l'empereur furent d'autant plus grands qu'il avait toujours montré plusd*affection h firuxeUes qu'aux autres viUes des Pays-Bas. Il écrivit aussitôt au magistrat pour lui exprimer tout son mécontentement , et il déclara à sa sœur son intention formelle d'annuler toutes les concessions qui lui avaient été arrachées, et de poursuivre sévèrement la commune et principalement les métiers. 11 lui conseilla de lever, autant que possible, des gens de guerre et, au besoin, d'appeler, mais avec prudence, les compagnies du feu sire de Fiennes et celles du marquis d'Aerschot, pour les faire camper autour de la ville ^. Heureusement ces mesures furent inutiles ; un sourd mécontentement régnait encore à Bruxelles et des libelles menaçants furent trouvés affichés en plusieurs endroits, mais la majorité des habitants reconnaissait la nécessité de se soumettre. Au mois de novembre, neuf députés allèrent à Binche, où la reine s'était retirée, la prier
• Geel Correctie Boeck,
* Voyez Die Nieuwe Chronycke van Brabandl.
' Lettre de Tempereur à la reine. Archives du Royaume,
de pardonner aux Bruxellois, et lui offrir un faucon blanc orné d'un cbaperon d'or. Comme ils lui rëitëraient les excuses des magistrats, elle les interrompit d'un ton sévère, et leur dit que lorsque la ville lui en*verrait des députés autorisés à traiter de sa soumission, elle s'interposerait auprès de son frère pour l'engager à la recevoir en grâce. Une nouvelle députation, composée de trois échevins, de deux receveurs, de deux membres du large conseil et de neuf députés des nations, et à laquelle se joignit le pléban de Sainte-Gudule, Martin Cools, lui fut envoyée, le 7 décembre, k Mons, munie de pleins pouvoirs pour traiter de la réconciliation de la commune. Après avoir feit examiner les lettres de créance de ces nouveaux députés, Marie chargea de conférer avec eux, l'archevêque de Palerme , chef du conseil privé, le marquis d'Aerschot, premier chef du conseil d'état, le comte d'Hoogstraten, chef des finances, le sire de Bergbes, chevalier de la Toison d'or, le chancelier de Brabant, Vandemoot, et le sire de Neufville, trésorier général des finances.
Les conférences furent longues, et ce ne fut que le 27 que les délégués de la reine et ceux de la commune purent arrêter un projet de raccommodement. Ce projet ayant été approuvé par la reine, les députés bruxellois retournèrent à Mons, et furent admis en présence de cette princesse, le 5i , à dix heures du matin. S'étant agenouillés devant elle, en présence des chevaliers de la Toison d'or , des membres des conseils, du magistrat de Mons et des seigneurs de la cour, le pensionnaire donna lecture, en leur nom, d'une requête dans laquelle ils demandaient pardon de l'avoir offensée, d'être restés inactife devant l'émeute, d'avoir exigé la délivrance des prisonniers et de lui avoir arraché un privilège. Il lui remit le décret du 7 août qui &t annulé, et promit que ces événements, qui les avaient tous fortement peines, ne se renouvelleraient plus. Peu de jours après, le 8 janvier, la reine fit une entrée solennelle à Bruxelles, ramenant avec elle plusieurs bannis à qui elle avait fait grâce. Un des bourgmestres, deux échevins, deux conseillers, un receveur, dixhuit personnes du large conseil et douze de chaque nation , en tout cent trente-deux députés, allèrent à sa rencontre hors de la porte d'Obbrussel. Depuis cette porte jusqu'à la collégiale, les rues étaient bordées par les bourgeois, pieds nus, tête nue, vêtus de robes noires en signe de deuil, et tenant h la main des torches de cire blanche ^ Lesojr,
* Die Nieuwe Chronycke van Brabandi,
il y eut des feux de joie au marche et, à cette occasion, des prix, coir* sistant en agneaux et en Tin, furent donnes aux métiers et aux serments qui avaient fait les plus beaux feux ^
Le 20 janvier, la ville scella la promesse qu'elle avait faite de reconnattre aux ducs de Brabant et i leurs gouverneurs ou lieutenants, i^'le droit de faire grice entière aux homicides et de les autoriser ii demeurer dans la ville, clause annulant les chartes accordées dans les temps antérieurs par Wenceslas et Antoine, â* la juridiction sur les coupables d'attentat aux droits de la couronne, et S"" le droit de faire grâce aux bannis de la ville. Il fut décidé qu'une enquête déterminerait les prérogatives du gruyer, du maître des forêts et d'autres o£Sciers de l'empereur. En outre, la ville se soumit h payer une amende de 4,000 carolus d'or et renonça à une rente annuelle de 600 écus d'or que lui devait le domaine pour capitaux avancés à Charles le Téméraire en i 472 ^.
Le gouvernement ne pardonna pas aux serments la part qu'ils avaient prise à l'insurrection. Prétendant qu'il y avait beaucoup d'abus dans leur organisation et que des confrères étaient affiliés à plus d'une compagnie, il ordonna leur dissolution, et déclara que, pendant une année, toute personne honnête, notable et reconnue admissible par les commissaires désignés ad hoc, pourrait être reçue dans les nouveUes gUdes en prêtant serment au duc de Brabant et à la ville, en s'engageant à les défendre l'un et l'autre envers et contre tous, et en payant un droit d'entrée et une taxe annuelle de six sous ; la rentrée des anciens membres fut soumise à un examen de leur conduite. Le choix des frères des serments d gages {gesu>oren guldehroeders ou erfschutters)^ qui devaient être brabançons, fut laissé au magistrat, ainsi que la nomination des chefe-doyens annuels ^. Le 5 mai ib55 les nouveaux confrères prêtèrent serment à Fhêtel de yille, en présence du chancelier de firabant, de deux chevaliers de l'ordre, de l'audiencier et du magistrat ^. Vers le
< Geel Correctie Boeck,
• Déclara lioD originale avec sceau, 9^u\ Archives du Royaume» —Relation touchant la mutinerie de BruxeUes en 1532, par après honorablement réparée. Mss. de la Bibl. de Bourgogne. — Sentence de Tempereur, aux archives de la Cour des Comptes, n^ 1 1 0 de rinventaire imprimé. — De^ez , Histoire de la Belgique^ édit. 1828, T. V, p. 214.—Alphor8E Wadters, Épisodes de r Histoire de Bruxelles {Trésor National, T. II, p. 31).
» Édit du i" avril 1332 (1533N -S.). Luyster, I. c, bl. 120.
* Die Nieuufe Chronyeke van Brabandt^ bl. 74.
même temps, les centeniers et les dizeniers, dont l'otilitë avait été reconnue, furent légalement rétablis ; ils conservèrent le droit de commander les sections et de juger les différends de peu d'importance entre les habitants de leurs quartiers ; mais l'accès du conseil communal leur fut interdit ^.
L'émeute de 1 552 fit sentir aussi la nécessité de s'occuper du sort de la classe indigente ; elle s'était augmentée en même temps que la population et s'accroissait considérablement par l'arrivée de pauvres étrangers^ qui comptaient, pour leur existence, sur les aumônes de la reine et de sa cour. Le gouvernement craignait, parait-il, que ces derniers ne répandissent les doctrines d'égalité, qui, depuis quelques années, se propageaient dans les classes inférieures de la société, surtout en Allemagne, et déjà, à plusieurs reprises, on les avait chassés de la ville. Un ordre de la gouvernante, du 6 novembre 1 533, fit appliquer cette mesure h tous ceux qui n'habitaient pas Bruxelles depuis quatre années au moins ^, et, en 1 535, on y fit saisir, ainsi que dans le Hainaut et dans d'autres localités, tous les mendiants valides ; ils furent envoyés à Anvers pour être embarqués sur les galères impériales ^. Cette mesure arbitraire fut renouvelée, trois ans après, sur un ordre de l'empereur, daté du 23 décembre 1538^. Mais, quand la misère prend sa source dans l'organisation sociale, elle ne peut être extirpée qu'au moyen d'une réforme dans la société, et il fallait des siècles encore avant qu'on songeât à recourir à ce moyen. Un édit du 3 janvier i539 (1538 Y. -S.) reconstitua sur de nouvelles bases la Suprême Charité, et étendit les attributions et le pouvoir des chefs {overste) et des maitres [nieesteré] de cette administration. Cet édit renfermait de bonnes dispositions, mais fut^il exécuté ou le fut-il longtemps? Tout porte à répondre négativement. Il défendit de demander l'aumône, ne faisant d'exception que pour les ordres mendiants, les prisonniers et les lépreux , et chargea les membres de la Suprême Charité de fournir, autant que possible, du travail aux indigents. Il fut enjoint aux pauvres qui recevaient des secours, de porter une marque extérieure, et il leur fut recommandé de se bien conduire et d'élever avec soin leurs enfants; enfin, dans chaque église paroissiale, il devait y avqjr un tronc
« Ëdit du 7 avril 1532 (1533 N.-S.). Luysler, bl. 123.
* Geel Correctic Boeck,
' Die Nieuive Chronycke van Brabandt.
* Registre deê chartes de la Chambre des Comptes de Brabant, n» viu, f> 29i v.
destiné à recueillir les aumônes et fermé à plusieurs clefs. Des directeurs de fondations particulières ayant fait opposition à ce décret, l'empereur le confirma, le 24 janvier i 542, ordonnant que tous les mendiants, autorisés à implorer la charité publique, portassent une plaque en cuivre, ayant pour empreinte un saint Michel et la lettre Bj et que les maîtres de la Charité les employassent à enlever les boues, à entretenir les fortifications, à faire mouvoir les moulins à aiguiser, à fouler la laine, etc. '. En 1535, Bruxelles reçut deux hôtes que Tinfortune seule pouvait réunir ; le cardinal Renaud Pôle, poursuivi par la colère de son maitre, Henri VIII, et ne se croyant plus en sûreté en France, depuis qu'il avait appris que le monarque anglais faisait à François T' des offres brillantes pour obtenir son extradition, se réfugia dans les Pays-Bas ; mais prévenu bientôt qu'Henri faisait au conseil privé les mêmes propositions qu'il avait faites au roi de France, il crut prudent de regagner l'Italie ^. Le dey de Tunis, Muley-Hassem, chassé de ses états par le fameux Barberousse, vint également demander un asile à Charles-Quint. 11 fut logé avec ses deux fils dans l'hôtel des seigneurs de Taxis, près le Sablon, et y fut traité magnifiquement ; son hôte, dit l'historiographe de cette maison, lui faisait servir des mets assaisonnés d'ambre gris et d'aromates précieux, lui donnait des concerts et lui fit présent de vêtements du plus grand prix ^* L'année suivante, on célébra au palais les noces de Dorothée, fille de Christiern II, avec le prince palatin Frédéric *. Cet événement menaçait de prolonger la guerre entre les Pays-Bas et le duc de Holstein, que la noblesse de Danemark avait appelé au trône; mais heureusement il n'en fut rien. L'empereur et le duc conclurent à Bruxelles, le 3 mai i537, pour le terme de trois ans, un traité de navigation par lequel il fut statué que les navires ne payeraient que les anciens droits au passage du Sund. Ce traité causa une grande joie dans nos provinces, où le seigle, qui se payait au mois d'avril 3 G florins d'or, descendit, le 14 mai, à 16 florins. Toutes les denrées provenant du Nord éprouvèrent de pareilles réductions de prix ^.
< Placards de Brabantj T. 111, p. 155 et suiv. — Corie aenwyzinge van den oorspronck ende gerechtigheden des broederschap van S» Eloy.
* Chronique de Foppens.
3 PoMTius, Les Marques d'honneur de la famille de Taxis,
* De Wael, 1. c, f 84. — Die Nieuwe Chronycke van BrabandL 5 Die Nieuwe Chronycke van Brabandt,
Le docteur Poeck, qui, par des lettres supposées, avait brouiUëles princes saxons et hessois, ayant été arrêté et conduit à Bruxelles, fut décapité etécartelé le 8 février 1537; les membres de ce malheureux furent exposés aux portes de la ville ^ Le jour de Saint- Antoine, arrivèrent de la Frise en Brabant neuf enseignes commandées par Georges Scbenck ; ces troupes se mutinèrent, réclamant leur solde arriérée, et commirent beaucoup de ravages dans les environs de Bruxelles, dont on fut obligé de tenir les portes fermées pendant plusieurs jours. La gouvernante ne parvint h les éloigner qu*en satisfaisant à leurs réclamations ^.
La guerre contre la France s'était rallumée, et, pour solder les troupes nombreuses que la reine avait levées, il fallut demander de nouveaux sacrifices au pays. Les états généraux ayant été assemblés à Bruxelles, le 14 juin i 556, le chancelier de Brabant leur fit, en présence de Marie, un exposé des derniers événements, et, le lendemain, les députés des provinces , assemblés séparément, reçurent la demande d*une aide de 1,200,000 florins, attendu que les fonds envoyés d'Espagne par Tempereur et s'élevant à 400,000 carolus, étaient loin de suffire aux besoins. I.^ députés, n'ayant voulu accorder .qu'un subside de 300,000 florins, une nouvellesession s'ouvrit le 8 octobre. Après avoir mis sous leurs yeux le détail des dépenses occasionnées par la guerre, dépenses qui montaient à plus de 1,100,000 florins, le chancelier proposa d'autoriser la levée d'un petit impAt sur les bières , ainsi que de taxes sur les vins, les étoffes et le sel. Cette proposition fut accueillie avec peu de faveur et, sur la demande faite par le pensionnaire de Bruxelles, Pierre Stassart, la reine prorogea l'assemblée au 26 octobre. Mais la nouvelle réunion, qui eut lieu, en novembre, à l'hôtel de ville, ne produisit aucun résultat, et ce ne fut qu'au mois de janvier suivant, que les États votèrent enfin les 1,200,000 florins demandés ^. C'était des villes surtout que provenait cette opposition. Le 7 avril 1537, les nations de Bruxelles ayant été convoquées pour donner leiur consentement à un impôt de 20 sous par feu, à lever en déduction de l'aide dans tous les pays de par deçà, elles se récrièrent contre l'injustice de cet impôt qui frappait plutôt le peuple
* Die Nieuwe Chronycke van Brabandt, — • Ihid. — De Wael.
^ M. Gachard, Des anciennes assemblées nationales de la Belgique, et Lettre à MM. les Questeurs de la Chambre sur le projet d'une collection de doeumctUs concernant ces assemblées.
DE BRUXEtXES. 35S
que les riches. Leurs plaintes furent si vives que les receveurs proposèrent de se procurer la quote-part de la ville, s'élevant à 5 7 , 5 i 1 florins du Rhin, au moyen d'une taxe graduée, et ce ne fut qu'après l'avoir changée deux fois, qu'au mois de mai, ils obtinrent le consentement des métiers *.
Le mécontentement devenu général se manifesta bientôt d'une manière plus sérieuse. A la suite de troubles produits par la levée delà taxe, les Gantois emprisonnèrent les magistrats qui étaient en fonctions en 1556. Les prisonniers étant parvenus h s'échapper, et l'un d'eux, René Van Uffel, s'étant retiré à Bruxelles, quatre députes de Gand l'y sui-» virent bientôt ^ et parvinrent à le faire jeter en prison ; mais ils réclamèi ent en vain son extradition. Le magistrat leur offrit de juger Van Uffel d'apràs les coutumes du duché et, sur leur refus , le déclarant déchargé de toute accusation, il le fit mettre en liberté, malgré l'appel interjeté par les Gantois '. Informés de la colère dont l'empereur avait été transporté à la nouvelle de la révolte de Gand , quelques Bruxellois craignirent qu'elle ne devint un prétexte pour restreindre les immunités nationales. On le présumait vivement irrité aussi de l'opposition qu'avait rencontrée la demande d'une aide de douze tonnes d^or faite, au mois de janvier, par la reine régente, le clergé et les nobles l'avaient aa^ordée, à condition que le gouvernement se procurât cette somme en imposant les marchandises exportées , mais les villes l'avaient rejetée en disant que tout le fardeau de l'impôt retomberait sur elles. Deux nouvelles réunions restèrent sans résultat , et ce ne fut que dans une quatrième assemblée ouverte h Bruxelles, le 15 octobre, qu'elles consentirent h voter 50,000 florins une fois donnés, en stipulant que cette somme serait em* ployée à éteindre des rentes ^. Pour prévenir les projets qu'on lui supposait, il fut proposé, dans une réunion des états du duché tenue à Bois-le-Duc, d'envoyer k Charles-Quint un député pour lui adresser des compliments de condoléance sur la mort de l'impératrice *, et de le prier de maintenir les libertés de son pays de Brabant. Les deux premiers membres de la ville, consultés sur cet objet, en juillet 1 559, accueillirent avec faveur cette idée, mais la majorité des nations
* Cleyn Swert Boeck, aax Archives de la Ville,
* M . Gachard. Sur les Troubles de Gand m 1 540 (Mémoires de V Aeaàémie, t. X). > Van Heurne, Historié van ^ Hertogenbosch,
^ Les obsèques de cette princesse eurent lieu à Sainte-Gudule, le 30 mai i539.