‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 40 sur 51 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

de Heze et de Beersele, et généralement tous les dignitaires monastiques, firent convoquer une nouvelle assemblée des États à Bruxelles, où ils comptaient parmi le peuple leurs plus ardents partisans. Us voulaient, disaient-ils, déjouer les projets de don Juan, et lui prouver que toute la nation était unie dans la noble et ferme résolution d'obtenir le renvoi des étrangers et le maintien de ses privilèges, seul moyen de forcer ce prince k abandonner sa politique tortueuse.

Dans cette réunion, tenue dans ]a.grande salle de Thàtel de ville, les États ratifièrent, le 9 janvier 1577, le traité de Gand. Ils déclarèrent qu'ils avaient résolu de s'unir, de s'armer et de s'assister l'un l'autre contre les Espagnols et leurs adhérents, en gardant toutefois l'obéissance due au roi. Cet acte célèbre, connu sous le nom d* Union de Bruxelles, eut pour résultat XÉdit perpétuel signé à Marcho-en-Famenne, le i 2 février 1577 ^ Le 19, les trois membres reçurent lecture de la pacification qui avait été publiée, le dimanche 17, en présence du conseil d'état, des Éta(;s, du magistrat et des ambassadeurs d'Allemagne par l'intervention desquels le traité avait été conclu ^. Bs approuvèrent tout ce qui avait été fait par leurs délégués, et résolurent d'envoyer une députation i don Juan, k l'effet de l'inviter à se rendre dans leur ville '. Le 25 et le 24 avril, tous les employés du gouvernement, les magistrats, gens de loi et officiers, les collèges, les chapitres, les prélats, les vicaires, les notables des villes et des villages, furent requis pour la signature de l'édit perpétuel ^.

François de Halewyn, seigneur de Sweveghem, envoyé par les états généraux en Angleterre, avait obtenu de la reine Elisabeth un prêt de 20,000 livres sterling, sans intérêt, sur lettres d'assurance des États et des villes de Bruxelles , Gand , Bruges, Nieuport, Dunkerque et Middelbourg. Le conseil d'état pria le magistrat de délivrer ces lettres pour lesquelles les États donneraient à la ville un acte d'indemnité, en l'assurant que , suivant le rapport de l'ambassadeur, la reine était disposée à avancer encore d'autres sommes (10 février 1577). Le premier et le

< Placardé de Brabant, T. I, p. ÂSA. — J. G. De Jonghe, De Unie van Brussel desjaan 1577, naer het oorspronkclyke uUgeven; — le même, Byvœgselen en verbeleringen op de Unie van Brussel. — Registres des Chartres de la Chambre des comptes de Brabant^ n' XI, f» 37 ¥•.

« De Potter. — » Resolutie Boeek.

* Registres des Chartres de la Chambre des comptes de Brabant^ ii« XI, ^ 56 ^^,

m BRUXELLES. 451

second membre acquiescèrent à cette demande, mais les nations k rgetèrent. Elles représentèrent qu'il fallait ajourner cet engagement jusqu'à ce que les ennemis fussent hors du pays , que les impôts étaient assez élevés pour suffire à tous les besoins , et que, du reste, la reine pouvait se contenter de l'obligation donnée par les États ; elles firent observer en outre qu'une grande partie des habitants de Bruxelles étant marchands, la délivrance de ces lettres pourrait leur .porter préjudice. Convoquées itérativement, les nations persistèrent dans leur première opinion , et Tune d'elles (Saint-Jean) déclara qu'il n'était plus nécessaire de les consulter sur cet objet, ajoutant que Ton se plaignait beaucoup en ville dès charges publiques, u U n'a dépendu que des seigneurs, dit-elle, » d'empêcher la dévastation d'Ânve^ et de tant de villes et de villages. » Si Ton avait attaqué les Espagnols à Liedekcrke, alors que les paysans » et les renforts venus du Hainaut ne demandaient qu'à combattre, nous » n'aurions pas tant de désastres à déplorer. Mais les seigneurs ne sont » pas aussi disposés que nous à faire leur devoir : tandis que nous avons » consenti tous les impôts, que nous venons encore d'accorder les » moyens généraux pour six mois , bien que nous payions aujourd'hui » plus que du tçmps du duc d'Albe et du commandeur, nous n'avons pas n appris que les nobles et les prélats aient, comme ils l'ont promis, » employé tous leurs joyaux à la défense commune. Du reste , nous ne » comprenons pas où va tout l'argent. Les impôts sont beaucoup plus » élevés que du temps où l'empereur Charles et son fils Philippe avaient » guerre contre de puissants monarques, et cela en présence de cinq ou » six mille ennemis î Oh ! que l'empereur les aurait eu vite mis à. la rai- » son l Que les États montrent donc un peu d'énergie et nous en débar- » rasscnt au plus tôt. » Elle appela ensuite l'attention des États sur les nombreuses levées que des lettres disaient être faites en Allemagne, en Italie et dans la Bourgogne, levées qui sans doute seraient dirigées contre les Pays-Bas. Au mois d'avril, les États prièrent le magistrat de convoquer de nouveau le troisième membre pour cette affaire , et de lui représenter qu^ leur acte d'indemnité couvrirait la ville et que sans cet argent il devenait impossible de solder les troupes; mais cette convocation fut aussi inutile que les précédentes : les nations persistèrent dans leur refus *.

< Oppinie Boeck. Ces iO,000 1. st. valaient 140,000 fl.

Don Juan était arrivé, le 28 février, h Louvaîn où il s'arrêta longtemps, hésitant à se rendre i firaxelles qu'il savait aussi dévouée au parti démocratique que Louvain Tétait & la monarchie. Il demanda à de Heze s'il pouvait assurer que sa personne serait en sûreté à Bruxelles , et que son autorité y serait reconnue. Il soumit aussi & son conseil la question de savoir s'il ne pouvait se faire reconnaître comme gouverneur général à Louvain ; mais ses conseillers lui répondirent que les États, sans aucun doute , ne le reconnaîtraient pas avant qu'il eut hïi son entrée i Bruxelles, et ce projet fut abandonné ^. Le 17 mars, le légat du pape, Philippe de Sega, vint à Bruxelles offrir sa médiation ^. Pressés de le voir dans leurs murs, où sa présence garantirait seule la paix, les trois membres avaient chargé le bourgmestre Quarré, le sire de Goyck, Vander Hert , Hellinck , le pensionnaire et Daelhem , d'aller saluer le prince à Louvain et de recommander leur ville i sa bienveillance '.

Don Juan envoya alors k Bruxelles le marquis d'Havre annoncer au magistrat et aux serments qu'il allait venir dans leur ville, mais non pas comme gouverneur , parce qu'il voulait que le traité de pacification fût préalablement exécuté dans son entier, et il réclama ensuite l'assurance que lui et ses serviteurs y seraient en sûreté, assurance qu'il avait reçue k Namur et.à Louvain. Le magistrat et les serments répondirent verbalement au marquis qu'en ce qui les concernait, ils étaient prêts k donner toute garantie au prince. Cette demande ayant été mise en délibération k l'hôtel de ville , le premier et le deuxième membre l'accueillirent favorablement ; les nations y mirent plusieurs restrictions. « Lorsque l'ar- 1) chiduc voudra venir à Bruxelles, dirent-elles, il y pourra entrer avec » sa cour ordinaire, mais sans troupes, et il ne lui arrivera rien à lui » ni & sa suite. Nous le recevrons comme prince , et il peut compter sur n notre service et notre assistance, à condition toutefois qu'il tienne aussi » les siens en ordre et discipline, afin que les bourgeois n'aient pas à s'en » plaindre, et pourvu qu'il n'amène pas avec lui des personnes suspectes, n telles que Cigoigne, Baptiste de Tassis, le secrétaire Pratz, Chacon, Jean » Mertens, Antoine Camargo, les deux fils mariés de Geoi^es Lievens, » et autres qui ont nui k la prospérité du pays. » Les deux premiers membres se rallièrent à cette opinion ^, et le lieuAenant-amman, avec un

« Lettre d^Escovedo du 6 avril 1S77. Boa, T. I, pr., P 165.

* M. GaOEIf VAM PRINSTERER, T. VI.

> Résolution du 3 mars. RetoMie Boeek, — ^ 2, 3, 4, 5, 9 avril. Oppinie Boeck.

des membres du magistrat, Sailly, porta une réponse rédigée dans ce sens à d'Havre, en le priant de la remettre à don Juan et de l'engager à venir le plus tàt possible à Bruxelles ^

Pressé ainsi par ses conseillers les plus sages et par le magistrat , don Juan se rendit à leurs vœux. Il fit son entrée solennelle à Bruxelles le 1 ** mai, vers six heures du soir, escorté par quatre-vingt-dix hallebardiers que les États lui avaient accordés pour garde, et accompagné « de plus de » mille chevaulx des gouverneurs, nobles, gentilshommes, et aussi » d'aulcuns prélatz du pays , » que précédaient vingt-six enseignes de bourgeois. Il portait un simple manteau de drap vert. A ses côtés étaient le nonce du pape, Philippe de Sega, et Tévéque de Liège, Gérard de Groosbeek, et, a un peu devant, le duc d'Aerschot, vestu d'un collet )» de velours rouge cramoisi brodé d'or, n A la porte de Louvain, le magistrat lui présenta un aigle séché au four. Une brillante cavalcade précédait le cortège; on y voyait, entre autres, un char doré trainé par deux chevaux richement caparaçonnés et portant une jeune fille , allégorie de la Paix, qui avait à ses pieds des tronçons d'armes et à ses cdtés des armes brisées. Siur le char étaient peintes les armoiries des dix -sept provinces. Un vaisseau, dans lequel se trouvaient des Turcs enchaînés, rappelait la victoire de Lépante, et les colonnes d'Hercule, sur un autre char, désignaient le vaste empire de Charles-Quint. Après le Te Deum h Sainte-Gudule, le cortège se rendit au palais. En passant par le marché, don Juan s'arrêta devant l'hôtel de ville, dont un balcon était occupé par les députés des États, qu'il salua d'un air riant, et l'autre, par des dames appartenant aux plus grandes familles du pays, et parmi lesquelles on remarquait les comtesses d'Egmont, de Lalaing et la marquise d'Havre. Une foule immense remplissait les rues couvertes de rameaux et ornées d'arbres. En plusieurs endroits on avait élevé des théâtres, dits HuyskenSy où les membres des sociétés de rhétorique déclamaient dâ dialogues, des pièces de vers, ou représentaient des allégories. Le soir, les serments et plusieurs métiers allumèrent des feux de joie. Celte brillante réception, le son des cloches, la détonation de l'artillerie, les acclamations de la foule et des bourgeois qui, au nombre de six mille, étaient rangés sur son passage , ne purent dissiper les préventions de don Juan , et le sourire qui efileurait ses lèvres cachait difficilement les orages de son cœur '.

* Reiolutic hœck. — • De Potter. ^ Diifor]ro8.-rHAiJni8.~VA!i MBTEREii.--Boa.

Le lendemain, vers dix heures du matin , les députés allèrent saluer le prince. A la harangue du pensionnaire de Bruxelles il répondit que ses concessions prouvaient l'intérêt qu'il portait au pays, pour lequel il avait hérité de l'affection de l'empereur , affection qu'il partageait avec le roi son ft*ère. Il engagea les députés à le seconder de tous leurs efforts pour ramener dans les provinces la paix et le repos dont eUes avaient le plus grand besoin ; il les assura qu'à moins qu'ils ne fussent ingrats, ils reconnaîtraient bientôt ses bonnes intentions. Prononcé avec la grAce qui était naturelle à ce prince, ce discours fit impression sur les assistants et presque tous se retirèrent enchantés de ses manières et prévenus en sa faveur. Le 4 mai, entre dix et onze heures du matin, il exhiba ses lettres patentes de gouverneur et capitaine-général; il prêta le serment exigé par l'édit perpétuel et se rendit avec les députés à la chapelle de la cour où révêque de Boîs-le-Duc, assisté des abbés de Heylissem et de Villers, célébra une messe solennelle et chanta le Je Deum. Le lendemain, cette solennité religieuse fut répétée dans l'église de Saînte-Gudule, et une brUlante procession sortit ensuite. Don Juan, toute sa cour, les États, le magistrat, une foule de nobles l'accompagnèrent le flambeau h la main ^ Trois jours après, mourut Yiglius; la royauté perdait en lui un de ses fidèles serviteurs dans le moment où elle avait le plus grand besoin de conseillers prudents et éclairés. On lui fit , à Sainte- Gudule , de pompeuses funérailles auxquelles assista don Juan , et son corps fut ensuite transporté & Gand ^.

La condescendance de don Juan avait été trop violentée pour qu'il n'eût pas d'arrière-pensée. Outré de devoir partager le gouvernement avec le conseil d'état, de ne pouvoir parvenir au commandement général de l'armée, ni obtenir la distribution des charges et emplois, il avisa aux moyens d'étendre le pouvoir limité qui lui avait été laissé. D'un autre côté le voyant entouré d'étrangers ou de seigneurs belges connus pour leur attachement h l'Espagne, voyant sa maison exclusivement composée d'Espagnols et d'Italiens, les États lui adressèrent des remontrances auxquelles il n'eut, aucun égard ^. Dissimulant ses projets, il chercha à se concilier l'esprit de la multitude, partageant les divertissements du peuple, se mêlant h ses jeux et à ses fiâtes, acceptant des banquets. 11

* Db Potter. — Eytzingeh. — Stroobants, Brtus. eertriumphen, — M. Gacbard, Documenté inédits, etc., T. I, p. 358 et saiv. — * De Kempenaere, p. 181. 3 Justification des États, Boa, T. I, p. ISl. — Dinotbus.

accorda plusieurs subsides à des corporations et reçut dans son intimité les patriciens les plus influents. Ressuscitant une ancienne coutume, tombée en désuétude, le grand serment, à sa demande, alla, le 27 mai, à TeiTueren, disputer le vin aux arbalétriers de Louvain ; les Bruxellois gagnèrent le vin et les Louvanistes k chat ^ Mais le prince d'Orange et le parti démocratique exerçaient une trop grande influence à Bruxelles, et ils avaient semé trop de défiances pour que les avances du vainquair de Lépante ne fussent pas reçues avec froideur, par quelquesHuns même avec dédain. De nombreux libelles travaillaient les esprits et les poussaient au mépris et à la baine de son gouvernement. Ces sentiments s'étaient manifestés dès les premiers jours de son arrivée. Le 9 mai, le magistrat lui avait demandé de vouloir bien, « pour le soulagement de » la ville,^^» faire partir l'enseigne de Pierre Nicod, qui l'avait accompagné ^. En nommant les députés cbargés d'entendre la proposition que le cbancelier devait faire, le 22, relativement à la levée des deniers nécessaires pour le payement et le licenciement des troupes étrangères, les trois membres leur défendirent expressément de rien voter sans leur avoir fait un rapport préalable ^. Le i 9 mai, il y eut un très-bel ommcgang, et, ce qui n'avait pas été fait depuis neuf ans, on tira l'oiseau. Les comtes d'Ëgmont et d'Arenberg furent rois, le premier dp l'arbalète et le second de l'arquebuse ^. Don fumn et les seigneurs de sa suite avaient été invités à venir à l'hôtel de ville voir passer la célèbre procession du Sablon, et ii y agréer un banquet suivi d'un bal. il avait accepté, et tout s'était bien passé, lorsqu'une rixe s'âeva entre le peuple et ses gardes, qui avaient brutalement repoussé un bourgeois de la place qu'il occupait. L'intervention de quelques seigneurs a^'ait apaisé le tumulte, lorsque l'hôte de VÉcu de Hongrie arriva avec environ trois cents bourgeois, désarma les soldats et les chassa du marché. Don Juan irrité retourna seul au palais et exigea qu'on fit justice des coupables. Mais cette demande n'eut d'autre suite que d'augmenter l'animosité des Bruxellois, et son dépit se changea en fureur lorsqu'il apprit que ses domestiques ne pouvaient plus se montrer dans les rues sans y être insultés ^.

Chaque jour vit la mésintelligence grandir. Don Juan demanda que

* De Potter. — * Reiolutie BoecL

' Bésolution du 18 mai. Ces députés étaient le bourgmestre, Becker, Vanderhert, le sire de Goyck et le pensionnaire. Ibid. — * De Potter.

* AzEYEDO, T. IV. •— De Tassis, l. c. p. 264. — Van Metebew, T. VU, p. i50.

les hallebardiers de sa garde fussent remplacés par des mousquetaires, et le refus qu'il éprouva augmenta ses mauvaises dispositions '. Pendant qu'U complotait avec les officiers allemands et plusieurs seigneurs, entre autres les deux fils de Berlaimont ', ses ennemis ne restaient pas inactifs. Dans la nuit du i^ juin, le vicomte de Gand, Maximilien de Boussu, accourut, par un temps affireux, le prévenir que le prince de Chimai avait fait partir d'Anvers les troupes allemandes en leur payant une forte somme; il igouta qu'on voulait lui ôter toute autorité, qu'il avait même été question de le tuer, et il le conjura de quitter au plus tôt Bruxelles. Soit qu'O regardât ces craintes comme exagérées, soR qu'il ne crût pas le moment opportun pour exécuter ces projets, don Juan ne voulut pas suivre cet avis '. Quelques jours après (8 juin), il se plaignit au magistrat des contrariétés qu'il éprouvait & Bruxelles, u Sachant l'afiection que n l'empereur et d'autres princes et princesses ont eue pour cette ville, » j'avais conçu, dit^il, la même aflPection pour elle, et j'y suis venu résider, » espérant y être traité, obéi et assisté comme mes prédécesseurs. Mais }» il en a été tout autrement : bien que je ne sois venu qu'avec quelques n domestiques qui me servent depuis longtemps, on en a renvoyé plun sieurs, et ceux qui sont restés sont menacés dans leur personne, et si » mal vus qu'ils n'osent plus aller dans les rues pour leurs affaires. Dans » une ville où se tiennent la cour et les états généraux, chacun devrait » pouvoir aller et venir sous la surveillance des autorités commises & la » sûreté publique, et les autres ne devraient pas s'en mêler, comme cela )» se fait ici où le premier venu arrête les gens aux portes de la ville et )» leur en interdit l'issue. On m'a remis, il y a deux ou trois jours, une » requête adressée au comte de Lalaing, au nom des bons bourgeois de )> cette ville, et dans laquelle on exige le renvoi des conseils du roi et de » la maison de son gouverneur, de plusieurs personnes portées sur une )» liste qui y est annexée. Ensuite les auteurs de cette requête, qui » prennent le titre de gœde patriotten van dese stadt, demandent qu'on n nomme un prévôt et indiquent comme apte à en remplir les fonctions » Nicolas Gockaert, né Bruxellois, prévôt général sur mer au service » des États, homme très-expérimenté, disent-Us, en fait de justice, » connaissant la plupart des Espagnols ennemis ou suspects et leurs » complices, dont un grand nombre sont sous sa dépendance, comme

« DiNOTHUS. — • Ibid, — » AzEYEDO, T. IV. — Eytsingeb, p. 215.

^ bateliers, nautonniers, soldats, capitaines, etc., qui ont coopéré au N saccagement d'Anvers et sont restés dans le pays nonobstant les édits. » Goekaert, ajoutent-ils, consent à accepter cette place à condition qu'on » lui accorde six sergents à pied et six sergents à cheval, soldés par le » pays. Cette demande est basée sur la Pacification, mais si chacun » l'interprète à sa manière, elle deviendra une source de désordres, » et je suis certain que les trois membres ne l'entendent pas ainsi. » Le i 5 juin, le magistrat avisa qu'il {allait remercier le prince de l'afièction qu'il disait avoir pour la viUe, que l'on devait veiller i ce que ses serviteurs fussent entourés d'égards, et à ce que personne ne se mélAt de la police des portes sans en être chargé. Quant à la requête, dont il n'avait pas connaissance, il proposait de déclarer que la demande relative au prévôt était contraire aux privilèges, que des requêtes ne peuvent être présentées à des seigneurs n'ayant aucune autorité en ville, qu'elles doivent l'être aux jurés des métiers ou à la loi, et qu'il est interdit de s'assembler pour traiter d'afEûres sinon par métier ou nation, sous peine d'être considéré comme séditieux. Le large conseil donna un avis semblable, et cet avis fut partagé par les nations de Saint-Christophe, Saint-Nicolas, Saint^Pierre et Saint*Géry. Mais les cinq autres prirent texte de cette aChire pour soulever de nombreuses réclamations. Saint- Jean dit qu'il fallait avant tout que les nations fussent rétablies dans leur ancienne puissance et leurs anciennes prérogatives; qu'elles devaient former leur opinion k la pluralité des voix et obtenir un acte déclarant qu'on ne les priverait plus de leurs privilèges. Saint-Gilles pensa que la requête, dont se plaignait don Juan, méritait attention. Saint-Jacques censura l'avis des deux premiers membres et demanda que le sire de Heze fuit récompensé de ses grands services et de son active surveillance. Quant à Saint-Laurent et à Notre-Dame, elles déclarèrent qu'elles n'avaient pas pouvoir de leur arrière-conseil pour formuler une opinion sur cette affaire; la première réclama l'abolition des charges résultant pour le peuple des nouvelles lois sur la procédure qui portaient de deux sous h cinq le prix de chaque page de copie. Réunies de nouveau pour cet objet, elles s'animèrent au point de joindre les menaces aux réclamations. Notre-Dame proposa de déléguer deux membres de chaque nation, pour former une opinion sous la couronne comme cela se faisait avant 1 528. Saint^Jean alla plus loin encore et dit que si depuis longtemps on leur avait enlevé la couronne contre tout droit, il était temps qu'on la leur

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rendit, et tout de suite encore {jae tersUmi). Elle ajouta que puisque ce qui était demandé dans la requête remise à don Juan, était bon, fl fallait raccorder. Enfin eUe déclara qu'elle tenait pour nuls tous les consente* ments donnés, attendu que les anciens privilèges avaient été enfi^eints, et que, si les états des dix-sept provinces avaient été convoqués, comme cela avait été résolu en 1566 par lettre scellée et signée par le roi, le pays n'aurait pas été troublé et tant de nobles et « non nobles » n'auraient pas péri. Cependant l'avis des deux premiers membres ayant été adopté par le nombre de nations voulu pour former la majorité, il fut répondu au prince dans ce sens. On lui dit aussi que la nomination d'un prévôt n'était nullement nécessaire, puisque les états de Brabant avaient, avec son consentement, établi un lieutenant du drossard dans chacun des quatre quartiers du duché ^.

Les dispositions d'une grande partie delà population s'étaient clairement manifestées dans cette discussion et chaque jour les rendait plus hostiles. Bientôt poussé à un coup d'état par les ultra-catholiques, effimyé par de sinistres avis, irrité d'apprendre que ses partisans étaient abreuvés d'outrages, don Juan résolut de recourir à la trahison et à la violence pour sortir de cette situation. Il annonça aux États qu'A allait à Malines apaiser quelques démêlés survenus entre leur trésorier et les troupes allemandes, au sujet du payement de leur solde. Mais ses projets ayant été probablement éventés, le i 1 juin, comme il allait quitter la ville, des rassemblements se formèrent k la porte vers laquelle il se dirigeait , dans l'intention de s'opposer à son départ; il changea aussitôt de direction, et, sortant par une autre porte ^, il gagna Yilvorde, puis Malines, d'où il comptait se rendre plus facilement à Anvers, dont la citadelle devait lui être livrée par Louis de Trelon, qui y commandait sous le duc d'Aerschot.

Dès qu'il fut arrivé à Malines, don Juan écrivit à Philippe pour lui donander des troupes, et il s'occupa activement de recruter des partisans, surtout parmi la noblesse. Mais voyant ses projets découverts, le colonel d'Euden battu par les troupes des États, Trelon arrêté, conduit h Bruxelles et enfermé k la Broodhuys ', les colonels Froosberg et Fouberg, qui devaient le seconder, forcés de se retirer, l'un à Breda et l'autre à Berg-op-Zoom, il chercha à amuser les États par des négocia-

* 17,18 juin. Oppinie Boeck,

• DlNOTHUS. — AZETEDO. — DB TÀSSIS. — HAILBUS. ' Dl POTTER. — AZBVBDO.

tions jusqu'au moment où S pourrait éclater. Ceux-ci, qui désiraient ardemment son retour, parce que sa présence à Bruxelles donnait un caractère de légalité à leurs actes, lui députèrent Schets de Grobbendonck, qui nous a laissé de précieux détails sur ses négociations ^. Don Juan exigea d'abord qu'une autre forme de gouvernement fût donnée à Bruxelles, dont le peuple, disait-il, lui était hostile, et que les États fissent annuler toutes les mesures prises contrairement à sa dignité* Le 20, Schets vint leur soumettre les conditions suivantes : 1"* la garde des villes sera confiée aux habitants qui prêteront serment au roi et à son lieutenant; 2^ les corporations s'engageront à aider le magistrat & rendre la justice et à maintenir l'ordre ; 5^ les libcllistes seront sévèrement châtiés ; 4° les États ne recevront dans leur sein que les personnes réunissant toutes les qualités voulues. Ces propositions, dont la première tendait à enlever aux États les troupes qu'ils avaient levées, concernant, pour la plupart, le magistrat, ils les lui envoyèrent en l'engageant à y acquiescer. Celui-ci seconda leurs vues et fit prier l'archiduc de revenir à BruxeUes. De son côté, de Heze paya et licencia ses troupes ; les trois membres lui votèrent des remerciements pour les services qu'U avait rendus à la ville, et accordèrent à ses soldats une gratification de 2,000 florins du Rhin^. Le 5 juillet, don Juan envoya aux États le sire de Rasscnghien, pour leur montrer les copies de deux lettres anonymes qui le prévenaient d'une conspiration ayant pour but de l'arrêter à Bruxelles ou à Malines, et il demanda itérativement le départ de de Heze et la remise du gouvernement militaire de la ville , conditions principales de son retour k Bruxelles ^. Le magistrat l'ayant invité à assister, suivant l'habitude des gouverneurs généraux, à la procession du Saint-Sacrement, il ne put cacher sa mauvaise humeur contre les ^Bruxellois, et répondit u qu'il se » rappelait trop bien les propos tenus à certain banquet et la manière » dont on traitait les juanistes. » Toutefois, après le licenciement des troupes du sire de Heze, il chargea le sire de Grobbendonck d'assurer les États qu'il allait revenir à Bruxelles, disant qu'il n'avait rien plus i cœur que de se trouver au milieu des plus fidèles vassaux du roi. Son retour fut fixé au 1 0 août, et le magistrat décida, qu'à l'avenir et con-

> Comment, de Pace inter Joannem Awtriacum et ordina belgicos^ dans Bor« MANNi Analectaj T. I, p. 22.

* Résolution du 5 juillet. Reèolutie Boeek, s BoR, T. Il, p. 854, 839. — ResoltUie Boeck.

formément au troisième article de l'accord prësentépar lesire de Rassen* ghien, il donnerait seul le mot du guet ^ Tous les obstacles paraissaient levés; mais don Juan écrivait à Philippe précisément le contraire de ce qu'il disait aux États, et c'était pour mieux cacher ses projets qu'il n'avait pas poussé plus loin ses exigences. Sous prétexte de recevoir dignement la reine de Navarre, qui allait prendre les Caux à Spa, il fit transporter de Bruxelles et de Malines à Namur tout ce qu'il avait, et, au moment où Schets s'en retournait à Malines, fl apprit que le prince venait de surprendre le château de Namur (20 juillet), et qu'il appelait à lui divers corps de troupes ^.

Cette conduite excita l'indignation générale et les partisans de don Juan furent menacés de voir retomber sur eux la fureur populaire. Toutefois le premier moment de stupeur passé, le besoin de la paix, univer* Bellement senti, calma les esprits* Le prince de Chimai ayant été insulté par quelques ic malveillants, » le magistrat lui fit offi*ir comme dédommagement une aime de vin du Rhin ou de vin rouge ^. Les États, de leur côté, proposèrent à don Juan de lui donner, s'il voulait revenir à Bruxelles, outre sa garde ordinaire, trois cents arqud>U8iers indigènes, «c ce qui n'avait jamais été pratiqué aux Pays-Bas ^. » On prit néanmdns des mesures contre toute surprise; le 5 août, le bruit s'étapt répandu qu'une attaque allait être dirigée contre la ville, le. magistrat chargea le lieutenant-amman, Clocman et les receveurs, d'envoyer des messagers de tous cdtés pour s'assurer si l'ennemi approchait ^. U fallait que les États fussent bien aveuglés par leur ardent désir de voir le pays pacifié, pour espérer encore d'amener don Juan à un accommodement. En effet, bien que leurs offres dussent le rassurer pour la sûreté de sa personne, il les refusa, « montrant ainsi son éloignement pour tout engagement '• » Le 7 août, il envoya son ulUmatum : il exigeait que Sainte-Âldegonde, Jehan Theron, agent du prince d'Orange, tous ceux, en un mot, « qui ^vail- » laient le peuple au détriment du magistrat, » quittassent immédiate-

* Résolution du â3 juillet. Resolutie Bœek.-- Justification des États, Bon, T. I, pr.p. 155.

* Relaiion des événements de 1577 et 4878, document analysé par H. Gacbard, dans son Rapport sur les Archives de LiUe, — Bon. — Strada. — Van Mets- RBif , etc.

B Résolution ô^ 31 juillet. Resolutie Boeck.

* Relation des événements de 1577 et 1578, 1. c.

* Resolutie Boeck,-^^ Schets.

ment Bruxelles; que le$ états généraux s'assemblassent désormais à Louvain « où ils seraient plus tranquilles , » et que la commune, c'est-à-dire les métiers, « se tinssent désormais plus paisibles, ne s'occupant que de » leur commerce et de leur industrie, » et missent bas les armes, ainsi que tous ceux des autres yilles qui n'étaient pas aux frontières ^ Ces conditions étaient inacceptables et le gant fut définitivement jeté. Dans le même temps, des lettres de don Juan et d'Escovedo, que le roi de Navarre avait interceptées et envoyées au prince d'Orange, découvrirent les perfides intentions de l'archiduc. Ses partisans même rougirent de sa conduite, et il fut abandonné par une grande partie des seigneurs belges qui jusqu'alors avaient chaudement servi sa cause. Le duc d'Aerschot et le marquis d'Havre vinrent anssitdt offrir leurs services aux États. Le duc fut nommé gouverneur de la Flandre et le marquis envoyé en ambassade à la reine d'Angleterre; le roi lui-même fat mécontent de ce brusque dénoûment qui remettait tout en question. Don Juan s'aperçut alors qu'il avait manqué son but; il voulut renouer les négociations, mais à ses propositions devenues humbles les États répondirent avec aigreur^ et tout espoir de conciliation s'évanouit ^.

Apprenant l'arrivée de troupes espagnoles à Mézières, les États craignirent d'être surpris en même temps qu'ils étaient menacés d'une émeute. On disait en effet à Bruxelles , qu'inspiré par cette haine que le gouvernement du roi avait vouée à la ville depuis son refus du dixième denier, don Juan rassemblait des forces pour la détruire et ne voulait pas y laisser pierre sur pierre ^. Pressés par l'imminence du danger, les États se mirent en devoir d'agir. Leurs troupes s'emparèrent de Berg-op- Zoom et d'autres places ; ils ordonnèrent la démolition des citadelles et la formation d'un campa Gembloux. Ils résolurent en outre de demander des secours au prince palatin Casimir, et, le 6 septembre, « malgré le » mauvais vouloir de quelques-uns, » ils appelèrent le prince d'Orange, qui « avait déjà tant gagné le peuple, de quelle religion qu'il fut, que si >• l'on ne se fut condescendu à tant d'instances qu'il avait faites pour le '» faire venir, il l'eut appelé de mauvaise grâce ^. » £n le priant de les aider de sa sagesse et de son expérience , ils lui déclarèrent qu'ils voulaient réunir les provinces aux termes du traité de Gand.

< BoR. — • H. Groen yan Prinsterer, T. VI, p. 121$ et 143.— ' DePotter. « Relation de$ évétiemtmiM de 1877 et 1578, loc. dt BaKaAam Analecta,p. 96.

Le magistrat de Bruxelles ne pouvait rester inactif en présence des passions populaires exaltées par la conduite de don Juan, et on le vit se joindre à la majorité des États qui demandaient le démantellement de la citadelle d'Anvers. Il activa les travaux des fortifications dont il avait confié la direction au sire de la Motte. Les receveurs furent chargés de faire maçonner le trou du canal près du ravelin, ainsi que la porte à côté, et placer au-dessus du canal un pont en bois. Ils durent aussi faire mettre des chaînes aux environs du marché pour la défense de la ville ^ Mais la mesure la plus importante fut l'institution d'un comité chargé de surveiller les travaux de défense et les opérations militaires de la commune. Les nations et les bourgeois demandèrent qu'on établit un capitaine général, auquel tous les habitants prêteraient serment ainsi qu'ils l'avaient fait au sire de Heze, au nom du roi et des états généraux, et un conseil particulier de dix-huit personnes nommées par les trois membres et choisies' sur une double liste de candidats présentée par les nations. Le magistrat répondit que ce conseil devait être institué de concert avec tous les membres de la commune, et il proposa de faire nommer quatre commissaires par chacun des deux premiers membres et deux par chacune des nations; quant à la nomination d'un capitaine général, il annonça que de Heze avait offert la continuation de ses services, ajoutant que, comme il avait bien rempli sa charge pendant plus d'un an , U ne convenait pas de les refuser. Le deuxième membre adopta cette proposition, en réduisant toutefois de moitié le nombre des commissaires extraordinaires; il demanda aussi que de Heze reprit au plus tôt le commandement de la ville. Les nations approuvèrent l'institution du comité telle qu'elle était proposée par le magistrat, et procédèrent immédiatement à la nomination de ses membres. Ce furent Jean Jacops, Adolphe Hujoel, JérAme Vanderheyden, Hubert De Vaddere, Guillaume Cerbo, Guillaume Desmet, Jean Vandenbeempde, maître Jean Vandenbossche, Pierre Vanderborch , brasseur d l'Ane, Charles Van den Horicke, Jean Bout, maître Corneille Vanderstraeten, Hugues Gaillaert, François Beydaels, Denis Jacops, Jean Schot et Jean Hublo. La nation de Saint-Géry dit qu'il fallait consulter des ingénieurs sur l'état des fortifications, et eUe proposa à cet effet l'ingénieur George, demeurant près de l'hôtel d'Egmont. Le premier membre nomma au comité : messire libert

* Résolutions des 21, 38 août et 7 septembre. Ruolutie Bœck.

Vanderdussen, échevin, messire Adolphe de Douvrin, receveur, Nicolas de Beckere et Philippe Boots, et le second : messire Antoine Pipenpoy, Jean De Fraye, Jean Vandenghersmoirtere et Melchior Guebels ^ .

Cette mesure eut de grands résultats pour la commune. Le comité donna une impulsion nouvelle à ses moyens de défense et acquit une influence telle qu'il ne tarda pas à dominer non -seulement le magistrat, mais les états généraux eux-mêmes. Les commissaires choisis par les nations, plus nombreux, plus actifs, plus violents que leurs collègues, les annihilèrent bientôt au point qu'on ne les compta même plus : le peuple, le gouvernement même ne les désignèrent que sous le nom des dix-huiî. Sur leur proposition, les trois membres décidèrent d'employer aux fortifications les revenus du canal destinés au remboursement des rentes , ainsi que le produit du vingtième et du quarantième, et ils invitèrent les métiers à consacrer au même but une partie de leurs revenus. Des ordres furent donnés pour approvisionner la conmiune, et les centeniers furent autorisés à taxer les habitants aisés de leur ressort au payement d'un à six sous par semaine pour rétribuer les pauvres qui seraient employés aux travaux des fortifications. Enfin, tous les établissements religieux, tant de l'ammanie que de la ville, furent imposés en argent, en hommes ou en charrettes pour contribuer à ces travaux '. En donnant

* 25, 24 août, Oppinie Boeek.

* 5, 6, 7 septembre. Noos donnons ici, textuellement traduite, la liste de taxalion arrêtée :

Les récollets mettront tons les jours deux hommes.

Les dominicains » deux »

Les carmes » deux »

Le tiers ordre (Fossé-aux-Loups), deux hommes, deux fois par semaine.

Les bogards, idem.

Les alexiens payeront par semaine 20 sous.

L'abbaye de Coudenberg, » 20 »

La prévoté de la Chapelle, » 30 »

Le couvent de Nazareth, d 20 )>

La Hibrique de Sainte-Gudule, » 3 fl. du Rhin.

Le couvent de Saint-Pierre, » 50 sous.

9 Sainte-Glaire, » 50 »

» Jérico, » 2 fl. du Rhin.

1 Sainte-Elisabeth, » 20 sous.

Le béguinage fournira tous les jours une charrette et un chevaU

Les sœurs noires payeront par semaine, 20 sous.

son consentement à cette proposition, la nation de Saint-Laurent flt remarquer que les prëbendes oucanonicats de la seigneurie de Walcourt à Anderlecht, autrefois concédés par la ville i des personnes instruites, qui, dans certains cas, plaidaient pour elle gratuitement, étaient donnés maintenant , sans consentement des trois membres, à des personnes n'ayant aucune capacité, et qu'il fallait par conséquent les vendre au plus ofirant. Elle revint encore sur cette proposition lorsque, le i 4 septembre, les nations furent appelées à consentir une levée de âO,000 flo* rins du Rbin votée par les deux premiers membres pour acheter d'urgence des grains ^

Le prince d'Orange avait répondu aux États qu'U était charmé de les

Le couvent de Sainte-Gertrude payera par semaine 20 sous.

La chartreuse de Scheut,

2 Û. du Rhin.

L*abbaye de Bigard,

» de DieUghem,

i> d*Afflighem,

0 a. du Rhin.

» de Grimberghe,

Le prieuré de Rouge-Cloltre,

2 fl. du Rhin.

Le couvent d*Auderghem,

Le prieuré de Groenendael,

3 fl. du Rhin.

> de Sept-FonUines,

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