CHAPITRE XL
Seimon des Makontents. — Capitulation de Bruxelles. — 1578-1585.
Les excès auxquels les Gantois s^étaient portés envers les catholiques, avaient fortement ému le pays. Déjà BruxeUes avait envoyé des députés pour les engager à rendre à ceux-ci quelques églises ou chapelles; mais cette demande était restée sans succès ; ils ne voulurent y accéder que pour autant que les Wallons adopteraient (a paix de religion ^. Lorsque l'arrivée de Casimir h Gand (10 octobre) donna une nouvelle impulsion aux réactions calvinistes, les trois membres leur envoyèrent encore des députés pour joindre leurs représentations à celles du prince d'Orange, du duc d'Anjou, du conseil d'état et des états généraux. Dans une lettre, datée du 1 5 novembre, ils leur disaient u que le prince avait » déclaré ne pouvoir préserver le pays des dangers dont il était menacé )» si les Gantois restaient séparés de l'opinion générale ; que jamais la n position n'avait été plus critique, que le salut de la patrie, son propre » honneur, dépendaient d'eux, puisqu'on l'accusait d'avoir secrètement » fomenté ces troubles. » Ils ajoutaient que si le prince tenait aux progrès de la réforme, il ne voulait pas que le zèle intempestif d'une ville mit tout le pays en combustion , et que la réforme fût , par suite de ces excès même, exclue de beaucoup de localités. Ils leur faisaient remarquer que les disputes tbéologiques avaient perdu l'empire romain ; que les guerres intestines étaient funestes, surtout lorsque l'ennemi commun était aux portes, et que les Wallons embrasseraient certainement le parti de l'Espagne, plutôt que de voir porter atteinte à leurs croyances. Us terminaient en déclarant que rien ne pourrait les séparer du prince, ni de la généralité ^. Les députés étaient porteurs d'autres lettres,
* DiROTHus. — Eytzinger. —- « Yan Mete&en, L. IX, f 161.