TOME I
rappelant rancicnne amitié des deux villes et présentant le danger imminent de la patrie. Les séditions des soldats, les dissentiments religieux, y était-il dit , paralysent les forces nationales ; en retenant les derniers votes de la généralité, la Flandre rend impossible tout moyen de recruter l'armée, et si elle ne se remet promptement en campagne , il ne faudra que plus de troupes pour garderies places fortes. Bruxelles, par exemple, a besoin de vingt-huit à trente enseignes, et cette ville est déjà épuisée par Teiitretien, pendant cinq mois, de quarante-sept compagnies de piétons et de 500 chevaux, par la reconstruction de ses fortifications, la désolation de ses campagnes, le refus du payement des rentes, le départ de la cour, et la cessation de tout commerce. Le Hainaut et l'Artois montrent peu de zèle ; la Hollande et les provinces voisines ont besoin d'argent pour l'entretien de leurs digues et ellos ne peuvent guère mettre sur pied que vingt-cinq ou trente enseignes; la Gueldre, la Frise sont de peu d'importance et ont du reste leurs troupes à solder et à entretenir ^. Mais ces remontrances furent inutiles et ne firent qu'irriter les calvinistes , qui poussèrent bientôt leurs adversaires dans un parti extrême. D'un autre côté, le duc d'Anjou congédia ses troupes, le prince palatin partit pour l'Angleterre, et ses soldats découragés et mal payés obtinrent des Espagnols un sauf-conduit pour sir retirer. L'armée des États fut alors livrée & elle-même , sans direction , presque sans chcis. Les Wallons-, dévoués au catholicisme, dominés par l'aristocratie et le clergé, ne dissimulaient plus leur répugnance pour les idées démocratiques, ni leur aversion pour le calvinisme, et ces sentiments étaient rendus plus vifs encore chez leurs chefs, par la jalousie que leur inspirait le prince ^ ^ ^ d'Orange ; bientôt le Hainaut, l'Artois et la Flandre française firent une lî-
(vl > * gue dont le» adhérents, appelés les malcontentSy furent stigmatisés parleurs
^ ^ antagonistes du nom de Valets de Patenôtres (Paternmters Knechtens) ^. Tout à la fois attachés à la liberté et à la religion de leurs ancêtres , les BruxeUois , u qui avaient toujours été fort affectionnés au » bien commun de la patrie ^, » formaient un tiers parti qui voulait moins d'innovations religieuses et plus d'opérations militaires. Le large conseil et les nations gardaient encore rancune des procédés dont on / avait usé envers Champagny, et ils manifestèrent ouvertement leui*s sentiments, l'un en se plaignant de l'envoi des députés à Gaud (29 octobre
» BoR, T. H, p. 7. — « AzEVEDO, T. IV, p. 161. — » Van Meteren, L. IX.
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1578), et les autres en demandant un acte de non-préjudice pour ce qu'avaient fait les commissaires de Farchiduc et des États, sans l'aveu des corps composant la commune (6 et 9 novembre). Le large conseil ayant, sur un bruit vague , supposé que la cour et les États ne venaient pas à Bruxelles parce que la puissance du comité de défense leur inspirait des craintes, avait proposé, le 51 décembre, de les remercier et de remettre la surveillance des fortifications à trois ou quatre députés des trois membres qui agiraient de concert avec les colonels et leurs oi&ciers. Dans la même réunion, ce corps se plaignit de la nomination de Pierre Van Dieven (lliistorien Divœus) aux fonctions de pensionnaire, et déclara ne pas le reconnaître en cette qualité, défendant aux receveurs de lui payer des gages. Lorsque ces réclamations furent portées au magistrat, il répondit qu'il s'attendait & les recevoir, puisque le procureur du conseil de Brabant, Nicolas Schutteput, s'était vanté défaire prendre une pareille décision ;que, du reste, il avait fait poursuivre ce dernier, attendu qu'il prétendait avoir agi à l'instigation du prélat de Sainte-Gertrude, et avait dit qu'il n'était pas agréable aux États que la troupe de yandent3nmpel fut en ville. « Quant à Van Dieven, ajouta le magistrat , il a été nommé conjointement avec G. Vanderhaegen, sur la proposition de cinq nations, qui ont fait sentir la nécessité d'avoir daux pensionnaires, et il y a d'autant plus lieu de s'étonner de ces plaintes, que Van Dieven a déjà fait ses preuves , que l'archiduc, le prince d'Orange, le conseil d'état et les Éiàts l'ont déjà employé mainte fois dans des missions difficiles, telles que celle d'apaiser les Gantois et les Wallons ; mais il est aisé de démêler le nœud de l'intrigue : ou demande la retraite de Van Dieven parce qu'Adrien Schutteput, frère de Nicolas, a vainement sollicité cette place. » Il déclara en outre qu'il ne pouvait continuer ses fonctions sans le concours du comité de défense et de deux pensionnaires. Les nations néanmoins partagèrent l'avis du large conseil, et, le 26 janvier, elles votèrent la dissolution du Z*^ comité et la suppression de l'emploi de Van Dieven, non sans les remercier beaucoup de leurs services ^
Le magistrat écrivît au bourgmestre, au pensionnaire Vanderhaegen, ainsi qu'aux autres députés qui avaient été envoyés à Anvers, pour leur demander des renseignements sur les intentions attribuées à la cour et aux États relativement au comité extraordinaire. Il lui fut répondu que
• Oppinie Boeck.
la supposition du deuxième membre était fausse, mais les députés firent entendre que le retour de l'archiduc et des états généraux dépendait de la publication de la paix de religion. Cet objet ayant été mis en délibération, les deux prenuers membres consentirent à cçtte publication ; les nations, qui avaient différé leurs votes a pour certaines raisons, » dédarërent enfin qu'elles ne voulaient pas de cette paix. Dans les instructions données aux nouveaux députés que la ville allait envoyer k Anvers, elles firent insister sur le retour de l'archiduc et des États, et insérer des plaintes sur l'abandon dans lequel on laissait Bruxelles, « où, disaient- » elles, on était en paix pour la religion (26, 27, 28 janvier). »
Le i 6 février, le conseiller Liesvelt comparut en collège et déclara que <( la ville pouvait être certaine de l'arrivée de Son Altesse, de Son » Excellence, du conseil d'état et des états généraux pour le mois pro- » chain, à condition toutefois que le troisième membre adoptât ro{Hnion » des nobles , des prélats et des deux premiers membres sur la paix » de religion, ajoutant que , s'il s'y refusait, il ne fallait pas espérer » ce retour. » Le premier bourgmestre, récemment arrivé d'Anvers, confirma le fait, et le magistrat déclara qu'il s'employerait à vaincre Fopiniàtreté des nations qui persistaient toujours dans leurs premiers votes. Il mit en effet tout en œuvre pour les amener à une résolution qui, disait-il, était de la plus haute Importance pour la commune. Afin de les entraîner par l'exemple d'autres villes, il leur représenta que la paix de religion avait été acceptée par Anvers et Bois-le-Duc ; afin de lasser leur constance, il les convoqua itérativement : tout fut inutile, elles ne voulurent pas se départir de la pacification de Gand (février) ^.
Dans le même temps, Bruxelles fit une nouvelle tentative pour retenir dans l'union les provinces wallonnes. Le trésorier Guillaume Vanderhecke et le secrétaire Corneille Aerssens partirent, le 28 mars 1579, pour Mons, porteurs de lettres pour le comte de Lalaing, gouverneur, et le magistrat de cette ville. Ils y furent bien reçus : le magistrat leur offrit douze steekennen de vin et le comte les invita à dincr. A ce repas, Lalaing but à la prospérité de Bruxelles, disant, u à la louange de cette » ville, que ses habitants avoient mis à fin quatre dioses notables et >t comme incroyables, à sçavoir, d'avoir fait le canal de Brusselles, d'avoir » résisté au dixième denier, d'avoir chassé les Espagnols, et d'avoir, en
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» si peu de temps, fortifié la ville de si beaux boulevards qui donneroient » assez à faire à toute FEspagne. » Mais ces compliments et ces promesses n'étaient guère sincères. Mal reçus dans les autres villes, menacés même dans leur liberté et dans leur vie par quelques-uns de ceux vers lesquels ils étaient envoyés, les députés revinrent bientôt à Bruxelles, confirmant toutes les appréhensions qu'on y avait conçues sur une rupture, dont le résultat serait de rendre inutiles pour les provinces méridionales, les flots de sang qui avaient coulé et qui allaient couler encore '.
Les concessions du roi d'Espagne au congrès de Cologne avaient achevé de diviser les provinces. Les réformés les rejetaient, ne croyant pas aux promesses qui leur étaient faites; les catholiques, obtenant tout ce qu'ils demandaient, voulaient la paix. Chaque jour les Wallons montraient davantage leur antipathie pour la cause démocratique : les uns s'indignaient de la suprématie acquise par les provinces de Hollande et de Zélande qu'ils taxaient d'arrogance; les autres se récriaient contre les persécutions dont leurs coreligionnaires étaient l'objet à Gandetà Anvers. Cependant on hésitait encore, tant était grande la haine contre les Espagnols, tant était grande l'influence exercée par le génie de Nassau '; mais il y avait dans l'ombre des hommes qui négociaient depuis longtemps avec l'Espagne et qui, ne pouvant plus feculer, ne négligeaient rien pour servir leurs intérêts, au risque de perdre la patrie. Bientdt, en effet, les Wallons se détachèrent et conclurent, avec le prince de Parme, le néfaste traité d'Arras '.
Cette défection mit Bruxelles dans la situation la plus dangereuse, menacée qu'elle était d'un cêté par le prince de Parme qui, poussant en avant, s'était emparé de tout le pays entre la Meuse et l'Escaut, et les malcontents qui tenaient toute la contrée entre la Sambre et la mer. Les Espagnols, qui occupaient Louvain et les autres places voisines de Bruxelles, faisaient sans cesse des courses jusque sous ses murs, emmenant prisonniers les habitants qu'ils trouvaient, les rançonnant M et les tourmentant si fort que plusieurs en moururent. » Ils avaient
^ Le rapport des députés iiit imprimé par ordre du magistrat. Voyez Van Hc- TEHEH, BOR, T. II, p. 24.
• M. Groen van Prinsterer, T. VI, p. 672.
' Le châtelain de Gand et le sire de Câpres qui avaient conduit cette affaire, furent, en récompense de leur trahison, créés, le premier marquis de Roubaix, et le second duc de BoumonviUe.
placé divers corps dans la forêt de Soignes, privant ainsi la commune de bois, et menaçaient de détruire les écluses du canal. A la demande du magistrat, Mathias avait détaché une compagnie d'infanterie pour défendre les écluses, et il avait annoncé que,* pour arrêter les incursions des ennemis, il enverrait & Bruxelles deux ou trois compagnies de ehevaulégers, Vandentympel ayant déclaré qu'avec ces renforts il protégerait les écluses, le magistrat avait proposé d'augmenter d'un sou le prix da passage sur les barques allant à Anvers, droit pour lequel un fermiw offrait à la ville 10 florins du Rhin par jour, et de demander une taxe aux villages qui seraient ainsi également protégés. Consultées sur cet objet, les nations répondirent qu'il valait mieux charger les gens des campagnes de la défense des écluses, et, loin de vouloir recevoir de nouvelles troupes, elles insistèrent pour qu'on délivrât la ville de celles qui s'y trouvaient (51 décembre 1578). Dans leur courageux enthousiasme, elles croyaient pouvoir se défendre elles-mêmes ; dans leur ombrageuse défiance, elles voyaient dans les soldats les ennemis , nés de la liberté. Elles ne pouvaient pas comprendre non plus qu'on tint les troupes disséminées dans les villes alors que l'ennemi tenait la campagne; elles demandaient k grands cris le siège de Louvain, et, le 26 janvier, elles déclai^rent qu'elles n'accorderaient plus de subsides si l'on ne se décidait à attaquer cette place. Des commissaires furent envoyés à Anvers pour presser l'archiduc et les États de donner aux mouvements militaires une impulsion plus active et plus décidée. Danslemême temps, on réorganisa le comité de défense, et, sur la proposition du large conseil, il fut décidé de ne nommer que des bourgeois aux grades de colonel et de capitaine des sections. Cette mesure prévenait l'introduction d'étrangers dans ces grades, et laissait la bourgeoisie indépendantedes influences du dehors (50 janvier 1 S7 9). Le l^février, les nations conscntirentles moyens généraux «cpour trois moiset pas plus longtemps, afin qu'on attaquât Louvain. n Le 9 mars, elles consentirent également, mais aussi pour trois mois seulement, une imposition de deux sous sur le froment, d'un sou sur la gelte de vin, et d'un sou sur les passagers allant à Anvers, ainsi que l'admission en ville de deux compagnies de cavalerie , dont elles demandèrent toutefois l'entretien par la généralité ^
Pour mettre la ville k l'abri de toute surprise et pour remédier aux
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faite de négligence, il fut ordonné aux sections de monter chacune à leur tour la garde à enseigne entière, et on les antorisa a se mettre mutuellement à l'amende en cas d'infraction aux réglemente. Tout garde devait, à la fermeture des portes, se trouver à son poste, et il était enjoint aux cheb de placer des sentinelles. Dans les sections la garde se faisait avec une escouade {rot) entière ; les portes étaient gardées, la nuit, par une enseigne, et, le jour, par une demi-enseigne ; enfin, les capitaines, les centeniers et les autres officiers et sous-officiers ne pouvaient quitter leur poste, ni s'y faire remplacer. Les nations insistèrent pour que des mesures de précaution fussent également prises à l'égard de Vilvorde, et, bien qu'elles se plaignissent des violences commises dans les campagnes par les soldate, elles firent beaucoup de difficultés pour admettre en ville la compagnie du capitaine Bernard du régiment de Vandentympel ^. Elles donnèrent en outre leur assentiment à une levée de i 2,000 florins du Rhin, contre rentes à 5 p. -^f sur les abbayes des environs de Bruxelles, et à une imposition de 5 ou 6 florins sur les funérailles et baptêmes pompeux, de 20 sous sur chaque musicien employé dans les fêtes et noces, ainsi qu'à une taxe sur les jugemente en appel ou en réformation, et k un impàt, pour un an, de 10 sous par cent livres de fromage de Hollande, et de G sous sur le fromage de Flandre (â9 avril et i*" mai). En donnant ces votes, elles avaient réclamé itérativement des mesures énergiques ; aussi la nouvelle du siège de Maestricht les transporta-t-eUc de colère, et elles demandèrent avec force qu'à tout prix on secourût immédiatement cette place (12 mai) '. A la demande du comité de défense, les Étate lui accordèrent trente bonniers de bois de haute futaie pour l'entretien des fortifications , et mirent h sa dispo^ sition des fonds pour fortifier Vilvorde '. Willebroeck fut également fortifié et reçut une garnison. Dans le même temps, un convoi de cinquante chariote, que les malcontente voulaient introduire dans Malines, fut enlevé par les troupes des Étate et amené à Bruxelles ^.
Lors du renouvellement du magistrat, les finances de la ville présentaient un déficit de 70,000 florins, qui s'était accru depuis jusqu'à 97,000 florins, outre 37,214 florins qu'elle devait pour sa part dans les aides de 1576, 1577 et 1578, et 7,000 florins de l'argent des
1 0, 16, 17, 18 mars. Oppinie Boeck. — « Ibid.
s 30 avril 1579. Archivesdela Chambredes Comp(e«, n*l 41, ^ 81 .— «DiifOTUUS.
consignations. Ses charges extraordinaires, loin de diminuer, augmentaient chaque jour, et il devenait indispensable d'établir de nouveaux impôts. Mais les nations étaient trop indignées de Tinaction de Farmée pour consentir encore à des sacrifices ; elles déclarèrent qu'elles ne voteraient pas d'impôt avant qu'on n'eût secouru Maestrlcht ou assiégé Louvain. Elles exigèrent aussi qu'on fît sortir de Vilvorde les Allemands qui y étaient en garnison et qu'on les remplaçât par les paysans des alentours ; quant au château, il ne devait être confié qu'aux bourgeois. Ce ne fiit qu'après qu'on leur eut démontré l'impossibilité d'administrer et de défendre la commune qu'elles consentirent à l'établissement d'un impôt sur le bois '.
Les calvinistes continuaient insensiblement leurs usurpations. La riche chartreuse de Scheut fut pillée et détruite ; ses matériaux, ainsi que ses ornements, furent vendus, et les religieux se virent contraints de se réfugier chez les dominicains de Bruxelles '. Le â mai, les luthériens obtinrent l'église de Saint-Jean au Marais, dont ils firent enlever tous les ornements ; ils ne laissèrent aux sœurs que le couvent où il leur fut permis de faire dire la messe k huis clos '. Cette concession souleva l'indignation des nations ; elles se plaignirent de ce que plusieurs personnes se vantaient d'obtenir bientôt des églises « pour l'exercice d'une religion autre que la catholique, et qui répugnait aux trois membres, » déclarant que si telle chose avait lieu, elles annuleraient leur vote d'impôt. Elles s'élevèrent aussi contre les insultes dont des ecclésiastiques avaient été l'objet , et demandèrent énergiquement qu'on punit les coupables. Le magistrat répondit à la première de ceè plaintes, que la cession des églises aux réformés avait été ordonnée par l'arduduc, et qu'il n'avait pas le droit de s'y opposer. Cette réponse excita leurs murmures et rendit leur opposition plus opiniâtre^. Le 5 1 ,mai, YOmmegang sortit, mais sans pompe aucune; la statue de Notre-Dame, que les serments n'escortaient pas, fit seulement le tour du cimetière du Sablou ^.
Ces dispositions des nations , le mécontentement de la bourgeoisie qui était accablée de logements militaires, et qu'indisposait l'indiscipline des soldats, provenant en grande partie de nouvelles levées faites en Allemagne , inspirèrent aux royalistes l'espoir de s'emparer de cette ville importante. Philippe d'Egmont, bien que resté dans le parti des États,
< iO, 18, 19, 20, 21 mai. Oppinie Boeck, — * Dbwael, T. II, T 282. 3 FoppENS. — * 12 mai. Oppinie Boeck. — « De Potter, f» 48.
n'attendait qu*ane occasion ftvorable pour le quitter. II commandait un régiment d'infanterie ^ et une cornette de cavalerie ; ces troupes étaient cantonnées à peu de distance de Bruxelles, k l'exception de la cavalerie, qui faisait partie de la garnison de cette ville, où Philippe résidait avec ses sœurs. Dans la matinée du 4 juin, dé concert, dit-on, avec le doyen des tanneurs, chef du poste de la porte d'Obbrussel, il fit sortir cette cornette, sous prétexte d'une reconnaissance , et lui-même il resta à la porte, avecquelquescavaliers, afin de fociliter à son régiment l'entrée dans la ville. Cette conduite inspira des soupçons aux gardes; ils voulurent fermer la porte, mais d'Egmont s'y opposa, et il s'ensuivit une rixe dans laquelle plusieurs bourgeois furent tués ou blessés. Sur ces entrefiiites, l'infanterie arriva avec le reste de la cavalerie, et les bowgeois, trop feibles pour leur résister, battirent en retraite. D'Egmont, ayant laissé un détachement pour garder la porte d'Obbrussel et le bastion de Sainte- Glaire , se dirigea vers le marché et s'empara de rhôtel de ville et de la maison du roi. Renforcé par des bourgeois catholiques, il envoya quatrevingts hommes attaquer le palais que gardaient trente soldats calvinistes ; ceux-ci se défendirent avec courage et repoussèrent le^assaillants avec perte jusqu'& la Cantersteen. La garnison n'avait pu se rallier assez tAt pour déjouer cette tentative, parce que beaucoup de bourgeois royalistes retenaient chez eux les soldats qu'ils logeaient , afin de les empêcher de se rendre k leur poste. Toutefois une troupe d'habitants, conduits par le colonel fiomberghcn , François Bets et l'hôte de l'auberge de Saxe, attaqua les troupes qui avaient été laissées k la porte de la ville. Poussant devant eux trois charrettes de foin attachées ensemble, ils obstruèrent le passage, et, derrière cette barricade improvisée , ils dirigèrent une fusillade bien nourrie s]p^ bastion de Sainte-Glaire. Epouvantés de cette furieuse i^ppl^s soldats de d'Egmont n'opposèrent guère de résistance ; dans ^^ir panique, beaucoup se jetèrent du haut du rempart, et le bastion fut repris, ainsi (|ue la porte d'Obbrussel *.
Cependant lia plus grande indécision régnait dans la bourgeoisie , car d'Egmont dédiarait avoir été nommé au commandement de la ville , et Ton ne savait trop encore que penser de cette affaire. Pour faire cesser toute incertitude k cet égard, un exprès avait été enVoyé en poste à
< Hnit compagnies oti enviroa quatorze cents hommes. De PorrEB. « Van Meteren. — Bor. — Har^bus.