‹ Histoire de la ville de Bruxelles (volume 2)Chapitre 7 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Depuis les temps ks plus reculés jusqu'à la fin du règne de Gode froid IIL

II en est des grandes villes comme des grands hommes, on ne s'en occupe qu'au moment où leur importance et leur célébrité fixent l'attention ; aussi leur origine reste-t^elle le plus souvent enveloppée de mystères et de ténèbres, contre lesquels viennent échouer les recherches les plus minutieuses. Qui sait où naquit Homère? On ignora longtemps le lieu qui vit naitre Colomb. Enfant du prestige qui entoure le génie, et de l'admiration pour tout ce qui est grand, l'enthousiasme fescine les yeux et aveugle la raison; l'amour du merveilleux, inné dans le cœur humain si accessible aux mensonges de la fable, dénature la réalité et attribue aux illustrations, quelles qu'elles soient d'ailleurs, une naissance entourée ou précédée de signes et de phénomènes précurseurs de leur célébrité.

Les ténèbres qui environnent les commencements de l'histoire de Bruxelles sont d'autant plus épaisses que les rives de la Senne étaient la partie la plus déserte et la plus sauvage du pays des anciens Belges. Ce canton, longtemps obscur et dédaigné, faisait partie du territoire des Nerviens qui s'étaient concentrés aux environs de Bavai, de Cambrai et

Page 1