‹ Histoire de la ville de BruxellesChapitre 12 sur 47 · TOME il · texte numérisé non relu

TOME il

tombé de 22,000 à 4 5,000; d'après un rapport du préfet du département de la Dylc, il n'était plus, en 1802, que de 9 à 10,000 1 ; aujourd'hui il est infiniment moins considérable encore et la fabrication de la dentelle est concentrée dans quelques manufactures 3. Les imprimeries d'étoffes de cotons, que Chrétien Albrechts, en 1699, et Jean- Baptiste Mccus, en 1726, avaient établies & Bruxelles, s'y multiplièrent pendant la seconde moitié du xvm" siècle , grâce aux encouragements de Charles de Lorraine 3. La fabrique de siamoise, spécialement protégée par le gouvernement, qui lui avait permis de prendre le titre de manufacture impériale et royale, comptait encore, à son déclin, 3 à 400 ouvriers (rapport du magistrat du 27 septembre 1771). D'autres manufactures ne furent pas moins florissantes : telles étaient la fabrique d'étoffes de Reims d'Antoine Baraumont (octroi du 7 février 1752); celle de « pannes » unies et ciselées, » établie par François Baraumont qui avait fait venir des flleuses de Turcoing et des ouvriers d'Amiens (octroi du 1 0 mai 1755); celles de toiles cirées de Corneille T'Kint et de Joseph Turck (octrois du 12 mars 1757 et du 8 novembre 1759), et celle d'étoffes nommées bourres (octroi du 29 janvier 17 57). On vit aussi s'établir successivement ù Bruxelles des fabriques de glaces (octroi accordé à Jean Savonetti,cn 1 G42), de verres et cristaux (octrois du 27 octobre 1695 et du 8 août 1744), de savon commun d'Espagne et de Marseille (octroi du 8 novembre 1751), de faïence (octrois du 18 juillet 1705, du 7 août 1754 et du 16 janvier 1760) *, de bougies (octroi du

» La facilité avec laquelle les Bruxelloises gagnaient de fortes journées, quelquefois deux couronnes par jour, eut des résultats funestes pour la population niâle de la ville, qui se livra à la fainéantise ut a la débauche.

* M. Gachard, Rapport du jury sur l'exposition de l'industrie de 1836, p. 101 et t05.

' M. Gachard, 1. c. — M. Bruvoike, Inventions et perfectionnements dans tindus trie en Belgique , depuis la fin du xvui* siècle , jusqu'à nos jours. — Quand Albrechts commença son établissement à Bruxelles le magistrat lui accorda la bourgeoisie gratuite, la franchise d'accises, de garde et d'autres charges personnelles, a la seule condition de ne pas importer d'étoffes étrangères. Il lui promit des locaux pour ses ateliers et une indemnité annuelle de 200 florins aussitôt qu'il occuperait plus de 100 ouvriers. Résolution du 25 novembre 1699. Archives de la Fille.

* La faïence qui sort des manufactures de Bruxelles, dit M. le préfet de Pontécoulant dans son Mémoire statistique (p. 1 70), est belle , d'un excellent usage el d'un prix modéré; mais ce qui la distingue le plus particulièrement, c'est la qua-

10 mai 1764), de produits chimiques (octroi du 16 décembre 1752), et des raffineries de sucre (octroi du 7 janvier 1756) et de sel Le comte de Cobenzl entreprit d'y faire élever des vers à soie et proposa des prix pour encourager les cultivateurs qui seconderaient ses vues. Il donna la direction de cette partie à l'ancien lieutenant-colonel Rameau, homme fort instruit, qui fit planter dans le parc une pépinière de mûriers; mais la mort du comte le laissa sans protecteur, et, lors de la reconstruction du parc, les mûriers furent déplantés a. On cultivait le tabac dans la banlieue , et même en ville dans les jardins aboutissants aux remparts *.

L'imprimerie qui s'était de bonne heure établie à Bruxelles, s'y soutenait avec honneur ; avantageusement située pour le commerce des livres, cette ville devint, dans les derniers temps, la fabrique et l'entrepôt général de toutes ces brochures, de tous ces écrits éphémères, dont le débit doit être d'autant plus rapide que leur vogue est plus courte. Toutefois ce commerce était alors soumis à trop d'entraves pour qu'il soutînt la concurrence avec la Hollande. Nul ne pouvait exercer l'état de libraire ou d'imprimeur sans une autorisation de l'archevêque de Malines et du conseil de Brabant", il fallait en outre être catholique romain, de bonne vie et de bonnes mœurs et faire conster de sa capacité. Avant d'entrer en fonctions, on prétait serment, entre les mains de l'amman, de n'imprimer et de ne vendre aucun livre qui n'eût été soumis à la censure \ Jusqu'au règne de Marie-Thérèse, le clergé avait apporté, dans

lité de sa couverte, qu'aucun degré de chaleur, aucun frottement ne parvient à détacher.

« Au commencement du xix* siècle, il y avait à Bruxelles cinq raffineries de sel et deux de sucre ; les premières prospéraient, mais les secondes étaient paralysées par la guerre. Voyez les octrois cités dans les Registres de la Chambre des compte* rie Brabant, n"' XVIII et suivants, et le registre de cette chambre intitulé Octroi* concernant le* manufacture* et fabrique*, de 1731 à 1760; aux Archives du Royaume.

* RoMBAtrr, Bruxelles illustrée \ T. I, p. 4. — M. Gacuabo, Rapport cité, p. 92.

1 II est Tait mention pour la première fois de l'existence de cette plante à Bruxelles, dans une ordonnance du 97 octobre 1627.

* La confrérie des imprimeurs et libraires, organisée par les édîts de 1546, du 29 janvier 1610 et du 20 février 1616, reçut de nouveaux statuts le 20 novembre 1662. Pour être imprimeur et libraire, il fallâil avoir été apprenti quatre années ; la moitié de ce terme suffisait quand on ne faisait qu'un seul de ces états ; le droit d'entrée pour les apprentis était de 3 fl. ; pour les maîtres de 40 II. ; pour les

la censure des livres une sévérité qui tenait plus souvent de l'esprit de jwrti que de celui de 1» religion. Cette princesse mit des restrictions à cette censure et la typographie s'en ressentit aussitôt. Mais l'élan, qu'elle commençait à prendre, s'arrêta pendant la domination française, et personne ne prévit alors la place que donnerait un jour à cette industrie les spéculations de nos éditeurs.

De notables embellissements vinrent, dans la dernière moitié du xviii" siècle, changer complètement l'aspect de Bruxelles. La démolition de la Steen porte (1759), de la vieille porte de Coudcnberg et de la Trcurcnborgh (4 7 GO), la construction de plusieurs fontaines, les travaux exécutés au palais d'Orange, devenu le séjour du prince Charles (1758), les changements effectués aux bailles du palais et au parc (1774 et 1775), changements d'où sortirent la place Royale et les rues Royale, de Brabant, Ducale cl de Belle-Vue, la transformation d'une ancienne blanchisserie en une place aussi jolie que régulière, qui reçut le nom du patron de la ville (1775), la construction d'une voûte sur la Senne, h l'endroit dit la Senne ou le quai des Poissonniers (1 772), l'établissement d'un entrepôt (1780), les améliorations apportées dans l'éclairage, le pavage et la propreté des rues, attestèrent le réveil de l'esprit public, et dès lors commença cette série de travaux qui n'a presque jamais été interrompue et a fait de Bruxelles une des plus belles villes de l'Europe.

Le 1 5 octobre 1764, l'impératrice établit à Bruxelles une jointe des administrations et affaires des subsides, dont la direction fut conGéc au baron de Cazicr, membre du conseil d'état et trésorier général des finances. Par lettres patentes du 14 septembre 17G0, elle y avait fondé la loterie impériale et royale qui excita un débordement de caricatures et de pamphlets. Les tirages curent lieu d'abord dans un bâtiment aux bailles, qui en reçut le nom de loto, et ensuite, à partir du 51 mars 17G1, dans la grande salle de l'hôtel de ville '. C'est le 4 avril 1779, qu'on vit, pour la première fois, à Bruxelles, des courses de chevaux. Le duc Charles, toute la cour et une afllucnce considérable de curieux assistèrent à ces courses qui se firent dans l'Allée-Vertc. Trois chevaux seulement concoururent : César, au lord Dillon d'Albcrmale, Contrat, au

aspirants à la maîtrise, fils de maîtres, de 20 0. seulement. Placardi de Brabant, T. IV, p. 18. En 1 78.">, il y avait à Bruxelles 2 fonderies de caractères et 1S imprimeurs-libraires et libraires. Ma**, T. II, p. 161.

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