KON'ENS
lord Greenc, et Pénélope, au baron Onslow. Le premier remporta le prix En 4 779, une dyssenterie étendit ses ravages dans Bruxelles et y régna sans interruption jusqu'en 4 785 2.
Sous le gouvernement paisible de Marie-Thérèse, Bruxelles fut exempte des troubles qui l'avaient souvent ensanglantée. L'impératrice était trop aimée et le duc Charles trop populaire pour que les habitants, au caractère desquels ce prince paraissait avoir façonné le sien, songeassent aux émeutes. Il n'y eut qu'une seule circonstance dans laquelle fut troublée la bonne harmonie qui régnait entre le gouvernement et les nations. En 47 72, les états de Brabant avaient voté, sans la moindre opposition, une somme de 400,000 florins pour la construction de la maison de force de Viivordc. Cette somme n'ayant pas suffi, ils résolurent, en 4 77 b, d'y affecter encore 240,000 florins payables en six ans. Cette proposition ne trouva de défaveur que chez les nations de Bruxelles, qui, le 4 8 mai 4 776, refusèrent toutes d'y donner leur assentiment. Après avoir laissé écouler quelque temps, le magistrat les convoqua de nouveau , et comme elles persistèrent dans leur refus, il crut vaincre leur opposition par des convocations réitérées; il les réunit trente-quatre fois en quarante jours (du 4 2 septembre au 2 4 octobre) et toujours inutilement. On sut alors qu'elles fondaient leur refus sur ce que cet établissement léserait les intérêts des fabriques et des métiers de Bruxelles, si les objets fabriques par les détenus étaient rais en vente. Les ÉtaU leur donnèrent aussitôt, à ce sujet, les assurances les plus péremptoircs, mais elles ne les satisfirent pas. Convoquées de nouveau, le 25 octobre, elles exprimèrent la même résolution. Attribuant celte opiniâtreté aux sentiments des doyens en fonctions, le gouvernement changea, le même jour, le magistral. Dans une convocation des nouveaux doyens, qui eut lieu le 8 novembre. Saint- Nicolas donna son consentement. On espéra que cet exemple entraînerait les autres nations cl elles furent convoquées deux fois le lendemain ; mais toutes les huit maintinrent leur vote négatif. Le 4 4 seulement, la nation de Notre-Dame se joignit à celle de Saint-Nicolas. Les États crurent que quelques concessions lèveraient ces difficultés, et ils déclarèrent qu'il serait loisible aux nations de commettre trois personnes de leur corps pour prendre inspection de rétablissement toutes les fois qu'elles le jugeraient ù propos. Cette concession,
• (îoetviel. — * Brorckx, Hù luire de la médecine belge, p. 116.
pas plus que les trente nouvelles convocations qui furent ordonnées, du 4 3 novembre au 1 7 décembre, ne porta les nations opposantes à accorder la somme demandée. Pressées de faire connaître les motifs de leur refus, elles déclarèrent qu'elles ne voulaient d'aucun accommodement parce que la maison de force serait ruineuse pour le pays aussi bien que pour les métiers. Convoquées derechef les 1 9, 20, 21 et 23 décembre, elles persistèrent dans la même opinion, et dans une nouvelle réunion, qui eut lieu le 7 janvier, elles prétendirent que le changement du magistrat rendait nul le consentement antérieur des deux premiers membres. Leduc Charles, à qui cette prétention fut soumise, l'ayant rejetée formellement, elles exigèrent que l'amman agit à la charge des doyens occupant un emploi de la ville pour qu'ils fussent révoqués, conformément au décret émané de l'électeur de Bavière, en 1698. L'amman s'y refusa. Comptant triompher de cette résistance par la lassitude et l'importunité, le magistrat convoqua encore les nations, sans résultat, les 7, 8, 10, H, 12, 13, 14, 15, 17, 18 et 20 mars. Ces contestations allaient occasionner la perte de toutes les dépenses déjà faites pour la construction de la maison de force, ainsi que des avantages qu'on s'était promis de cet établissement, lorsque le gouvernement crut devoir intervenir. Le 9 janvier 1777, il avait invité les États à l'informer de leur opinion sur les moyens les plus propres à lever ces obstacles, et il réitéra cette demande, lors de l'assemblée générale du mois de février ; après de longues délibérations, les Étals répondirent qu'il fallait que les deux premiers ordres se contentassent du concours du tiers, tel qu'il se trouvait exprimé dans le consentement des villes de Louvain et d'Anvers, ainsi que des deux premiers membres de Bruxelles et de deux des neuf nations formant le troisième membre (21 mars et 10 avril 1777). Ils eurent soin d'insérer dans cette résolution plusieurs considérants pour la justifier aux yeux du public, et empêcher le gouvernement de s'en prévaloir plus tard dans des occasions où il s'agirait de son intérêt exclusif. Cet acte de compréhension ne souleva aucune difficulté; mais, en 1781, h l'expiration de l'octroi, les nations refusèrent leur consentement à la levée des sommes nécessaires pour l'entretien de la maison de force ; elles rejetèrent également la proposition du gigot, et les convocations réitérées auxquelles le magistrat eut recours n'ayaut produit aucun résultat, le gouvernement voulut employer de nouveau le moyen qui lui avait réussi l'année précédente. Craignant le danger de pareils
DE BRUXELLES. 50', antécédents, les États refusèrent positivement de le seconder et la contestation fut déférée alors au conseil de Brabant , seul compétcut pour décider en pareille matière ; conformément aux conclusions du procureur général, cette cour souveraine déclara les nations non fondées dans leur opposition En i 778, les nations se plaignirent aussi de différents abus qui s'étaient introduits dans l'administration de la ville ; elles disaient que, contrairement aux lois et aux coutumes, depuis plusieurs années des offices avaient été conférés à des doyens, et qu'il y en avait même qui avaient été nommés maîtres ouvriers de la ville ; elles ajoutaient que depuis longtemps leurs commissaires avaient demandé une c opie des comptes des moyens de la ville, et qu'elle leur était constamment refusée. Cette réclamation étant restée sans résultat, les nations de Notre-Dame, de Saint-Gilles, deSaint-Géry, de Saint-Jean, de Saint- Jacques et de Saint-Nicolas, refusèrent de donner leur consentement à la levée des neuf mites. Cette démonstration produbit son effet, et, par dépêche du i 6 juin, Charles de Lorraine fit droit à leurs plaintes 3.
La mort du duc Charles de Lorraine arrivée le 4 juillet 1780 vers dix heures du soir, à son château de Tervucren, fut un sujet de deuil pour la Belgique qu'il avait gouvernée pendant plus de 36 ans. Son corps, transporté à Bruxelles, fut exposé sur un lit de parade et une foule immense alla contempler pour la dernière fois ce prince qu'elle devait longtemps regretter. II fut enterré, le 10, à neuf heures du soir, dans le caveau de l'église de Saintc-Gudulc où rci>osent les archiducs Albert et Isabelle. Ses obsèques, auxquelles assistèrent le prince de Starhemberg, chargé ad intérim du gouvernement (lettres patentes du 20 août 1780), et tous les corps de l'état, furent moins remarquables par la pompe qu'on y déploya que par la douleur des assistants. Mais cette douleur ne fut que le prélude de celle qui allait frapper les Pays- Bas : Marie-Thérèse mourut le 29 novembre suivant. Le 7 décembre, cette fatale nouvelle parvint à Bruxelles et y répandit la plus profonde consternation. Aujourd'hui qu'une grande indifférence entoure les tôtes couronnées, on aura de la peine à se figurer cette affliction ; mais on doit penser que les Pays-Bas, malheureux depuis plusieurs siècles, n'avaient eu quelque repos que sous le règne de cette princesse, et, grâce
• Opinie Boeck. — Goetviel. — M. Gachard, Précis du régime municipal.
* UOKTVJEL.
à la sagesse de Charles de Lorraine, on l'aimait comme depuis longtemps on ne s'était pas trouvé dans le cas d'aimer un souverain. Le 23 décembre, les obsèques de l'impératrice furent célébrées dans l'église de Sainte- Gudule. Le cardinal-archevêque de Frankenbcrg y officia. La messe terminée, les hérauts d'armes s'approchèrent de l'autel et le roi d'armes énuméra, à haute voix, tous les titres de la feue majesté; après quoi, tous les hérauts se retournèrent simultanément vers le portrait, qui la représentait ornée de ses insignes, dans tout l'éclat impérial, et l'un d'eux s'écria, d'une voix lugubre : « Elle est morte ! » ce qu'il répéln trots fois en ajoutant : «■ Priez Dieu pour son âme ! » En même temps, il jeta par terre le caducée qu'il tenait à la main, puis il se prosterna, ainsi que les autres hérauts. Alors le clergé entonna le De prof midis, et « un long sanglot se fît entendre sous les murs de l'immense basilique.» Lorsque les obsèques furent finies, les rois et hérauts d'armes vinrent se placer devant l'autel, où le premier rot d'armes, Toison d'or, reprit l'épée de souveraineté, qu'il y avait déposée ; la tenant par la poignée, la pointe en haut, il cria d'une voix forte : « Vive Sa Majesté Joseph II, » notre souverain ! » et le cardinal-archevêque entonna le Te Deum au milieu des fanfares '.
> M. de Gerlache, Introduction à Y Histoire du royaume des Pays-Bas.