‹ Histoire de la ville de BruxellesChapitre 17 sur 47 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Première invasion des Français. — Retour des Autrichiens. — Réunion à la France. — Arrivée des alliés. — Guillaume d' Orange-Nassau. — 1792-1814.

Par dépêche du 8 novembre 1792, les archiducs annoncèrent aux états de Brabant et au magistrat « que les circonstances impérieuses du • moment exigeaient, comme mesure de précaution, que le gouverne- » ment se retirât à Hure monde. » Le même jour, entre onze heures et minuit, ils sortirent du palais par une porte de derrière donnant sur la petite rue des Aveugles, et quittèrent la ville. Dans le même temps, on répandait à profusion un manifeste par lequel Du mouriez annonçait aux Belges que les Français arrivaient comme frères et alliés, et promettait de respecter les propriétés, les personnes et l'indépendance nationale. La trésorerie flt remettre des fusils aux doyens des serments pour qu'ils pussent en faire usage si la bourgeoisie se montrait disposée à défendre Bruxelles, et un corps de grenadiers fut laissé dans le parc pour l'appuyer au besoin; mais loin de songer à épouser la querelle de leur souverain, les patriotes, le clergé lui-même manifestaient ouvertement leurs sympathies pour les Français, dans lesquels les Belges voyaient des libérateurs. Le 15, Dumouriez culbuta à Andcrleeht l'arrière-garde autrichienne, commandée par le prince de Wurtemberg. Le lendemain, il vint établir son quartier général dans la capitale des Pays-Bas. A son approehe, les grenadiers autrichiens laissés dans le parc, s'étaient retirés par la porte de Louvain. Le 1 S, parut une brochure intitulée Adresse des habitants de Bruxelles à Dumouriez : « Notre religion, notre con- » stitution, nos lois, nos privilèges, nos préjuges même, qui, de toute >• ancienneté, ont assisté à notre contentement, à notre heur, y était-il ■ dit, forment les liens de la société pour laquelle nous vivons. Leur » maintien est notre unique désir, et nos pères et nous, en donnant

• l'exemple à toute l'Europe, avons levé l'étendard de la liberté pour le

• témoigner. »> Cette adresse exprimait réellement les vœux de la majorité de la nation, mais celte majorité qui avait abusé de son triomphe, ne devait pas espérer être écoutée par un peuple qui venait renverser nos institutions pour nous imposer les siennes. Aussitôt après l'entrée des Français, les sociétés vonckistes se reconstituèrent et furent envahies par une foule de proscrits qui avaient fui les vengeances du parti des États ou les réactions du gouvernement autrichien. Elles furent bientôt absorbées par le club qui se forma, le 15, chez un certain Bonnard, et prit le nom de Société des Amis de la liberté et de l'égalité. Celle-ci élut pour président un Français nommé d'Espagnac, et pour secrétaires Balza et Verlooy ; quelques jours après, elle adopta le règlement des jacobins de Valcncienncs. Dumouricz se rendit à ce club qui était établi à l'ancien couvent des jésuites, et y prononça un discours sur les avantages de la liberté et de l'égalité. Ce général avait des vues sages sur la Belgique; mais, malgré ses efforts, les démocrates modérés furent bientôt débordés par d'exaltés démagogues qui se mirent en correspondance avec les jacobins de Paris, et se soumirent aveuglément à leur influence.

En attendant que le sort de la Belgique fût décidé, on songea à pourvoir à l'administration des villes conquises, déclarées villes libres. La Convention ayant laissé aux Belges le choix de la forme de gouvernement qu'ils voudraient adopter, la Société des Amis de la liberté et de l'égalité prit l'initiative; le 4 7, elle résolut d'appeler le peuple de Bruxelles à s'assembler le lendemain pour procéder h l'élection de ses représentants, en lui laissant à décider et le mode d'élection et le nombre de députés à nommer. Pour donner la plus grande publicité possible à cette mesure, le jour suivant, à huit heures du matin, vingt membres de (a société, accompagnés de tambours, parcoururent tous les quartiers de la ville, lisant, à chaque carrefour, la proclamation suivante, qui fut également affichée partout :

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