Gviller. episcop. Dans le champ , pax
R. Catalani. civi. Croix cantonnée de deux hesants(l) (Guillaume n , comte de Perche, 1215 à 1225. )
11. Gavfrid. episcop. Dans le champ, le mot pax; au-dessus une espèce de pointe de flèche , au-dessous un besant
R. catalani. civi. Croix cantonnée de deux besants (2).
( Geoffroy ii de Grandpré, 1237 à 1247. )
Après on ne trouve plus de monnaies de nos prélats, bien
(1) De Longpérier , note sur le cabinet Dassy. — Poey d'avant , page 334 , pl. xxi , n° 3.
(2) T. Duby, pl. vm , n° î.
qu’il ait dû en exister puisque nous les voyons figurer jusqu’à la fin du xiii0 siècle dans de nombreux textes (1). Mais il est hors de doute qu’après cette époque l’atelier de Châlons n’existait plus, puisqu’il ne figure pas dans le réglement dressé pour tous les prélats et barons de France, par les maîtres de la Monnaie royale, à Noël 1315. Il y a lieu de croire que ce fut une des premières tentatives faites par le souverain pour dépouiller l’évêque de Châlons de quelques uns de ses privilèges vraiment trop étendus : peut-être cette mesure fut-elle prise à l’occasion du procès intenté à Pierre de Latilly, accusé d’avoir empoisonné Philippe-le-Bcl; dans tous les cas, c’est dans les premières années du xive siècle
(1) Voici les textes que j’ai pu retrouver relativement à la monnaie de Châlons. Ceux marqués d’un astérisque ont déjà été publiés par M. Anatole de Barthélemy , dans son manuel numismatique moderne. (Paris, 1 vol. Roret, 1851, avec Atlas ) :
1110. Le cardinal évêque d’Albane, légat du pape, en consacrant l'abbaye de Cheminon , la met sous la juridiction du Saint-Siège , à charge de payer à l’église Saint- Jean de Latran un cens annuel de 10 sols, monnaie de Châlons.
* 1116. Donation faite à l’abbaye de Cheminon par le doyen de Compiègne et les Chanoines de Saint-Corneille : xi , Solidos Cathalaunensis bonœ monetœ et probatœ.
*1125. Confirmation par Raoul, archevêque de Reims, des possessions de l’abbaye de Saint-Denis de Reims : xxn Libras Cathalaunensis monetœ .
1128. Accord entre l’abbé de Samt-Michel-sur-Meuse et l’abbesse de Joinville , par lequel cette dernière se soumet à un cens de 20 livres , monnaie de Châlons.
*1131. Alberon de Chiny , évêque de Verdun , reconnaissant que sa monnaie était tellement altérée que l’on n’en voulait plus dans le commerce , ordonne que pendant quinze ans on ne se servit dans son diocèse que de la monnaie de Châlons.
* 1136. Confirmation par Geoffroy , évêque de Châlons , des donations faites à l’abbaye de Trois-Fontaines , par l’abbé de Cluny : Sex solidos Cathalaunensis monetœ.
1146. La dixme d’Eeury est cédée à l’abbaye de Huiron, à charge par ce monastère de payer au chantre de la cathédrale de Châlons 15 sols , monnaie de Châlons.
* 1185. Les religieux de Saint-Michel-en-Thiérache, assujettissent les habitants d’un hameau fondé par eux à-ne se servir que de monnaies chàlonnaises.
* Cartulaire de Laon, 1290 : Item onze parisis sur la vigne Watier Chardon deven Bucy. Idem deux Chaalons et une maille Chaalons sur la maison Gilon le boucher. Il faut dire que dès le milieu du xme siècle, on voit la monnaie de Provins d’un très fréquent usage ici. Une charte contenant vente d’un cens par Morelle , chevalier de Porte-Marne aux Templiers, contient ces mots : Census quadragtnta solidorum monetœ cursalis apud Catalaumtm (août 1257 )>
que Ton voit le roi intervenir plus directement dans les affaires de noire, ville, et il est permis de penser 'que la suppression de la monnaie ne fut pas un des derniers moyens mis en usage par le souverain pour renforcer son autorité. Dès le milieu du xnie siècle, on voit la monnaie de Provins d’un usage général à Châlons et ensuite elle y fut presqu’cxclusivement employée. En 1412, l’alelier royal des monnaies établi à Sainte-Ménehould fut à cause des guerres transféré à Châlons et y demeura jusqu’en 1489 (1). Les monnoyers, comme on le sait, formaient en France une puissante corporation, ayant de nombreux privilèges reconnus par le roi et jouissant de certaines libertés et franchises: on les voit vouloir les maintenir pendant leur séjour à Châlons et se mettre bien des fois en opposition avec le Conseil de ville qui, en 1417, dut prendre une décision spéciale pour astreindre les monnoyers au guet et à la garde dont ils se prétendaient dispensés (16 novembre), et il fallut renouveler cet ordre plusieurs fois. Une autre conclusion du Conseil, du 6 mai 1420, nous apprend que le Procureur syndic, Bertrand du Mesnil avait enfin pu parvenir jusqu’à Troyes où se trouvait le roi et obtenir la permission de faire forger à la monnaie de Châlons et au profit de la ville, mille marcs d’argent fin, mais qu’il faudrait donner une fine aumusse à maître Georges de Mart et à Guillaume Gente, secrétaire du roi, ainsi que de l’or et de l’argent pour la peine qu’ils ont eu à écrire la lettre, et encore de fins draps au chancelier de Bourgogne, à l’archevêque de Sens, au vidame de Reims et autres seigneurs qui s’étaient employés à la réussite de l’affaire. Malgré ces efforts l’argent devenait chaque jour plus rare, et une conclusion du Conseil constate, en 1436, le manque absolu d’espèce métallique à Châlons (12 septembre).
Pendant un instant encore Châlons posséda dans ses murs un hôtel des monnaies : au mois d’avril 1589, le roi y trans-
(1) La marque de la monnaie royale frappée à Sainte-Ménehould est un point sous la vingt-et-unième lettre ; pour celle faite à Châlons , ce fut un point sous la vingt-deuxième lettre.
féra la monnaie de Troyes et nous voyons le Conseil de la ville en élire les officiers le 2 juin suivant, savoir: un maître, Charles Le Gorlier; deux gardes, Guillaume de Bar et Jean Daoust ; un graveur, Claude Coulon ; un essayeur, un contregarde, trois ouvriers et trois monnoyers. En 1591 , le maître était Pierre le Boucherat. Cet atelier fut rendu à Troyes dès que la paix fut rétablie dans le royaume, mais en 1591, Henri iv y avait fait frapper la fameuse médaille destinée h perpétuer le souvenir du dévouement des Châlonnais à la cause royale :
12. HENRICVS. IIII. DEI. GRATIA. FRANCIÆ. ET NAVARRÆ. rex., tête du roi.
R. cathalavnensis. fidei. monumentum. Les divers attributs du monnoyer dans le champ et au-dessous æ. ar. a. f. factvm. 1591. (œre, argento, auro, fuit factum.) , c’est à cette même époque qu’il faut rapporter deux jetons assez curieux que j’ai vus dans la collection de M. Loche à Châlons et qui présentent un certain intérêt pour notre ville. Voici leur description :
13. Une Couronne, protectoris : monetoe : catalanecis : écusson aux armes de Champagne dans un champ semé de fleurs de lys et de fleurs. — R. Couronne, vias: tvas : domine : demonstra : Mini : pèlerin marchant un bâton à la main sur un terrain semé de petites fleurs.
IA. -f- 1EIIAN : DE : BERARD : GENERAL : DES : MONN. UH
écusson écartelé aux Ie et Ae de. . . ; à la croix engrelée de. . . ; aux 2eet3°fretté de... et de..., au chef taillé de... chargé d’un soleil de...; sur le tout de... au loup passant de...
R. -f- omnia: cvm: pondéré: et: mensvra : , semé de fleurs de lys.
Ces deux jetons sont absolument semblables pour le travail et l’aspect général et sortent bien certainement de la même fabrique.
Je n’ai pu retrouver jusqu’ici do jetons frappés par des familles de Châlons comme c’était l’usage dans toulela F rance
aux xvne et xvme siècles ; je suis persuadé qu’il doit cependant en exister et que des recherches dirigées dans ce sens auraient les plus heureux résultats.
Les corporations n’ont pas davantage fait frapper de médailles. Enfin on n’a pas de méreaux du chapitre de Saint- Etienne: soit qu’ils se soient perdus, soit, comme je suis plus disposé à le penser que les chanoines n’aient jamais eu que des distributions de pain et de vin.
Il* PARTIE