‹ Histoire de la ville de ChaunyChapitre 2 sur 8 · H1ST0I1I · texte numérisé non relu

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glise particulière , et les habitans dépendaient an spirituel de la paroisse de Viry; ce qui n'auiail point tu lieu, s'ils se fussent trouvés assez nombreux pour pouvoir constituer nue paroisse à eux seuls. An reste » c'est à cette époque seulement que remontent les données certaines sur Chauny dont la connaissance est parvenue jussqu'à nous.

Il est hors de doute que la terre de Chauny faisait origi** naîroment partie du domaine royal. Détachée de ce domaine an 9* siècle pour êlre incorporée au Vermandois, les comles de celte province la donnèrent, dit-on, vers l'an 850, à titre de bénéfice k un seignenir parliculter, qui taisait sa résidraiee dans le château.

Un nommé Bernard occupait ce château en 919 : il y fut assiégé cette année par Albert, comte de Vermandois, pour le punir de ce qu'il tenait le parti de Hugues-le-lUanc, adversaire et compétiteur de Louis-d'Outremer, dont Albert était le partisan et l'allié. Bernard n'obtint de rester dans le château de Chauny qu'à la condition d'en faire hommage aux comtes deVermandois^ et de se reconnaître leur vassal* ' Pendant les deux siècles qui suivirent cet événement, rien ne révèle, dans l'histoire, l'existence de la ville de Chauny, sinon le récit de la translation , en 1066, des reliques de saint Amand , évéque de M aéstrich , où il en est question comme l'une de celle qui traversa \e cortège.

Toutefois, Chauny avait acquis assez d'importance au mi* lieu du iâ* siècle, pour que Philippe d'Alsace, comte de Flandres , auquel le comté de Vermandois venait d'échoir par succession , ait cru avoir besoin de s'allacher les Cbaunois, ses nouveaux sujets, en leur accordant une charte de commune calquée sur celle de Saint-Quentin.

€ Pour que les choses dont nous voulons perpétuer la » mémoire ne soient point eifacées par le vent de l'oubli ,

DE CUAUKiY. 9

» dît le oamte dans le pràmbote de cette eharte, nous

» avoDs cru prudent de les faire mettre par écrit. Moî ,

> Philippe, comte de Fiaudres et de Vermandoia, et Isa* ^ belie (I), moa épouse chérie « nous avons concédé anx » habitans de Channy une commune selon l'usage et • les coutumes de la commune de SaiiU-Queiilin, et Pavons p fait revêtir de Faulorité de notre sceau. Nous déchargeons

> les faabilans de tous les plaids et de toutes les corvées « » sous la condition de nous payer chaque année , et dans

> les vingt jours qui suivent la Nativité du Sauveur, douze )» deniers de Provins par chaque ménage. Quand nous vien- » daons dans cette ville, le mayeur devra nous faire fournir » tous les lits dont nous aurons besoin. Les habitans contî- » Doeroot à s'acquitter de i'ost et de la chevauchée (2), » comme én temps du comte Raoul. Ils répondront à notre » bailli de ceux qui seront traduits en justice, consentant i> d'ailleurs à ce que les petites affaires soieui jugées par le » châtelain. »

On voit à quelles conditions les Chaunois obtinrent une charte de commune: ce fut de payer annuellement h leur

seigneur une rente de douze deniers de Provins par ménage, de le défrayer de couchures lorsqu'il viendrait les visiter, de raccompagner en armes dans ses tournées et de le suivre k In guerre. Il est sans doute des villes qui furent dotées d'iostiiuiions communales à des conditions plus

(1) La charte porta simplement an E comme première lettre dn nom

de réponse du comte de Flandres ; c*cst ]h sans doate une erreur, et il £iut y voir un I , initiale d'Isabelle.

(2) Le droii d osl imposait aux habitans robîipalion de fournir à leur seigneur un certain nombre d'hommes pour aller à la guerre. Par la chcvaticliée , ils étaient tenus de Paceompagner en armes pour lui faire baoneur ttaas les tournées qu'il faisait sur ses doœaines.

iO ' HISTOIRE

libérales; mais il en est aussi d'autres qui ne crurent pas

acheter trop cher ces franchises h des condi lions beaucoup plus onéreuses. On doit toutefois remarquer que« contraire* ment à Fusaga, l'exercice de la jostice ne fut point abandonné aux habîtans de Ghanny, et qu'elle resta lout entière aux mains des ofilciers du comte.

Quant à la charte de Cbauny,qui fut confirmée la même année par le roi de France» le texte en est depuis longlemps perdu , et toutes nos recherches n'ont pu , jusqu^h présent » nous le faire retrouver. Les dispositions n'en sont donc point connues d'une manière certaine. On sait seulement qu'elle donnait aux bourgeois le droit de se garder eux-mêmes en tem[>s de paix comme en temps de guerre, et que le mayeur devenait gouverneur de la ville par le seul fait de son élection. Oo peut en outre présumer qu'elle abolissaii la morte-main, le fora-mariage et autres servitudes féodales dont ne parle pas le préambule que nous avons rapporté plus haut.

Chauny jouissait depuis moins de vingt ans de ces franchises, quand son territoire rentra définitivement dans les

mains du roi. Une révolution de palais en fut la cause principale.

Nous avons vn que les comtes de Flandres, à leurs biens paternels déjà très considérables, avaient joint, par héritage, vers H67, tout le coraté de Vermandois. Ce comté, établi au 0** siècle eu faveur de Pépin , (ils de Bernard , roi d'Italie, ne comprenait originairement Que le petit pays situé entre la forêt d'Arrouaise an nord, cellesdeBouvresse et de Bainc au midi , la Somme k l'ouest , et à l'est une ligne parallèle au cours de l'Oise, mais éloignée de plusieurs li ues de cette rivière. Ce comté s'agrandit bien vite entre les mains des seigneurs puissans qui en étaient délenteurs ,

DE CUAUNY. « li

et 9m iO* siècle « od vit l'on d'eox , le fameux Herbert , si célèbre dans l'histoire par sa turbuicDce et sa mauvaise foi, y adjoindre le comlé de Laoo, et en reculer ainsi les limites jusqu'à la rivière d'Ailetle et aux frontières du Rémois» A l'époque où nous sommes arrivés « le Vermandois n'allait plus, il est vrai, que jusqu*aux rives de l'Oise et de la Somme; mais ajouté aux vastes possessions qui constituaient le comté de Flandres, il formait, fioar les seigneurs de ce nom, une sorte de petit royaume k peu près indépendant, et aussi considérable que celui sur lequel régnait alors le roi de France.

Cette puiMsanee exorbitante devait susciter des ombrages, faire natire des jalousies; c*est ce qui arri?a. Le comte de Ftaudres , depuis i^urtout le mariage de sa nièce avec Philippe-Auguste , était tout puissant k la cour. Rien ne se disait sans ses ordres: c'était véritablement lui qui exerçait la puissance royale. Mais la reine-mère était blessée de sentir son influence sur Tesprit du jeune roi détruite. Les grands seigneurs ne voyaient pas avec moins d'envie l'immense crédit du comte de Flandres* Raoul I**, sire de Coucy, et le comte de Clermont, étaient ceux qui supportaient avec le plus d'impatience l'autorité de Philippe d'Alsace. Ils intriguèrent si bien auprès du jeune roi , qu'ils parvinrent k lui inspirer des méfiances sur les vues et la fidélité de son paissant vassal, et bicnlùt le coiiUe île Flandres , placé sous le coup d'une disgrâce , fut obligé de se retirer dans ses domaines.

Philippe d'Alsace, animé par bi vengeance, réclama aussitôt la suzerainelé. des terres de Marie et dcVcrvins (ni: , autrefois , avaient fait partie du domaine de Vermandois et appartenaient alors an sire de Coucy. Cette prétention , si die eût élé admise , aurait placé Raoul sous la dépendance

13 MISTOIRE

du couiie de Flandres « ce dool l'orgueilleux sire de Coucy ne voulait pas enlendre parier. Aussi poolBsà-t-il le roi à répondre à celte prétention par une antre. Ce dernier, k

son tour, exigea la souveraineté duVermandois tout entier. Les hosUlilés commeDcèrent , et le roi parvint , k ce qu'ii parait, k se saisir de plusieurs places frontières de cette province , parmi lesquelles Chauny tenait le premier rang.

Pendant ce temp^, Eléoapre, (emme du comte de Beaumonteur-Oise, et sœur d'isikbelle, épouse du comte de Flandres, voyant cette dernière sans enfans de son mari , songeait a réclamer à sa mort , qu'oi) prévoyait devoir être prochaine, le comté de Vertnandoiâ .qui provenait de leur père commun* ËUe traita en secret avec le roi de France , et il fnt convenu que celui-ci forcerait le comte de Flandres, après la mort de sa femme, h rendre le Vennundois a Ëiéonore, laquelle lui eu abandonnerait à sou tour la propriété, si elle venait à décéder elle-même sans héritier.

A la mort d'Isabelle , comtesse de Flandres , la guerre se ralluma donc plus vive et plus acharnée. Chauny lut repns par Philippe d'Alsace, les pays d'alentour hrûlés et dévastés. Enfin , après quatre ans d'hostilités incessantes , la paii fut conclue entre Philippe-Auguste et Philippe d'Alsace» le 10 mars 1186. Ce dernier remit le Vermaudois dans les mains du roi, ainsi que la ville de Chauny, gardant seulement en jouissance viagère les viljes de Péronne e.t de Saint-Quentin , avec le titre de comte de Vermandois.

La longue période de tranquillité dont celle paix fut suivie, devint, pour Chauoy, une cause puissante d'agrandissement et de prospérité. Grâce à sa position sur la rivière d'Oise, au point où elle commençait alors à être navigable , il s'y forma un port dont l'importance s'accrut bien

DE CUAtiNY. 15

vite, ^arce qu'il devinî Pe»irepdt de toutes les denrées dn

pays, comme le blé, le foin, la paille, le Ko, le chanvre, les avoioes , el particulièremenl le bois provenant des foréiâ de CoQcj et de La Fère » tons objets qui s'expédiaient sur la Capitale. La population de Channy augmenta dès4on rapidement , et bientôt Ton vit plusieurs faubourgs se former autour de la ville. Le Brouage, les Fàlureaux, le Pissat ^ Seaieoart (I) et le BaUU s'établirent les premiers; le fauboorg de la €kaa$sé$ ne fut bftti qu^après 1313, le long d'une chaussée que Ton cotiiruibil celle année dans les marais pour former uoe entrée au chemin venant de Coucy.

Une église paroissiale avait été , dès le 11* siècle » élevée à Ghaony, et consacrée sous le titre de Notre-Dame ^2).

(!) Le Brouage, quoique portant le nom de faubourg, oiait, à proprement parier, un quartier de la ville ; ii fut même longtemps le plus beau. Il Urait sans doute son nom du voisioage du Brouage , ruisseau qui prend

source auprès de Geolis» el Tient se jeter dans l'Oise k Abbéeourt. On y voyait de belles promenades.

Les Plloreaui tenaient auBronage. C^éhilent, comme leur nom Tin* diqne, des |iêluraf«i et des jardinagea <|ai s*ëtendaient du côté d'Ognes. Là étaient les Tieux^Moulins et les bueries dont II sera lall mention par la suite.

Le Pissol tirait son nom dn l'abondance *ic ses eaux.

Senicourl est le fanhour^ le plus éloigné de Chauny. Il s'étend vers l*Esl et pos«;Ade, de toute ancienriPlé, une église paroissiale sous le vocable de saint Jean - Baptiste. Le peuple donnait jadis à ce saint le nom étrange de saint ^livergoi, mot qui , dit-on , est celtique, el signifie an homme décapité.

On voyait encore aulrefois h Ctiauny un autre faubourg nommé Selegne» 11 était hors de la porte Uamoise vers Genlis. U fut détruit dans le temps des guerres avec son église paroissiale.

(S) Cette égUse existait certainement dès le miliea du ii« siècle, puisqn*Herbert IV» comte de Vermandots, lui donna, en i050, les censés de Flavy «t de Thérigny (Tcrgnicrs )

^ ^ IlISTOmE

£tt6 (lit d'abord desservie par quelques cbanoines; mais celle commuDauté ayanl été plus tard (li2o) transformée en une pelUe abbaye de cbaaoioes réguliers sous la régie de saint Augustin, ces derniers trouvèrent que remplacement de leur maison fournissait peu d'aisances, et que le tumulte et ragilation des liahitalions voisines mettaient obstacle h leur tranquillité. C'est pourquoi ils quittèrent Chauny en 1159» et se retirèrent dans la forêt voisine, au milieu à^une solitude nommée les Fontaines Saint-Eloi, aujourd'hui Commenchon. Dè^lors, la maison de Chauny ne fut plus qu'un simple prieuré dépendant de celte abbaye, à laquelle il fut même définitivement réuni en 1610 (1).

La- seconde église de Chauny, sous le vocable de saint Martin, fui hâlie à la fin du 12*^ siècle pour le faubourg du Brouage ; celui-ci ne fut enfermé dans la ville que vers 1580.

Le roi de France étant , comme nons venons de le dire , rentré en possession de la terre de Channy, ne pouvait faire moins pour les habitans de celle vill« que n'avait fait le comte de Flandres. 11 était même d'une bonne politique de se montrer plus littéral , afin de se les attadier en leur faisant oublier qu'ils devaient la liberté civile k un prince étranger. U moyen le plus sûr d'atteindre ce but, était de leur accorder des franchises plus étendues que celles contenues dans leur première charte de commune ; c'est aussi ce que fit Philippe-Auguste. Il leur octroya, en 1213, une nouvelle charte communale, celte fois encore calquée sur celle de SaintM}uentin , mais quMI avait refondue, complétée et

(1) U paroine de Saint Nicolas fut imtitnée dans le moment même de ee cbangement. Elle élait établie dans Téglise de Notre-Dame, et cornrrenait les frobom^ de la Chaussée et du BailH , ainsi que cette partie de la ville ouirefoib nommée Vile du uni Royal.

D£ GOAUNY. 15 .

ftogneDlëe dès l'année 11^. Ed éehaofie de ces franchises

nouvelles, le roi n'exigea des Chaunois rien de plus que le comte de Flaudres. Ils eurent seulemenl k lui payer, comme ils le faisaient à ce dernier, une redevance annnelie de douze deniers par feu on ménage , k lui fournir les lils uécessaires lorsqu'il viendrait dans leur ville , à prendre les armes toutes les fois qu'ils en seraient requis , et k £iire marcher un certain nombre d'hommes armés k la guerre* L'analyse suivante de la nouvelle charte de Ghauny en fera connaître les dispositions et Fesprit.

Elle commence par consacrer la liberté des personnes et des biens de la commune. Tout homme, excepté les hommes de corps, pouvaient en faire partie, et ne devaient plus rien k leur seigneur, que. le chevage (1). Toute autre personne pouvait également y entrer et y demeurer en sûreté, eUe et le bien qu'elle y apportait^ mais ce qu'elle laissait dans le lieu qu elle quittait, appartenait k son seigneur.

La charte de Ghauny établissait la possession définitive d'un bien, lorsqu'on en avait joui pendant on an et un jour» Celte possession pouvait élre contestée seulement par le mineur et celui qui se trouvait en pajs étranger. Elle réglait en même temps l'ordre de succession : le bien , laissé par un homme en mourant» appartenait de droit k son héritier naturel.

Elle voulait que les réglemens de police et d'administration intérieure fussent laits par le mayeur et les jurés seuls, le roi ne pouvant y intervenir.

(i) Le dimse était un droit de dovse denlen parisis qoi le payait aanuellemeni au seigneur par les bftfards anbaios mariés et établis dans

ses domaines. Les geos assi^eliiâ au clievage , porlaieDt le nom de CAfvagierf.

f6 HISTOIKE

Elle s^oeoupail suf loal de l'administration de la justice. La jnridletien de la comroane ne dépassait pas la banltene.

En cas de différent eniie ie roi et la commune, le jugement en était rerais aux clercs et aux nobles de Cbauoy. Si le différent avait lieu entre }e roi et un particalier, la cause était portée devant le mayeur et les jarés. Quicouque eommettait une foriaiture, devait être traduit devant le maveur. S'il était convaincu, ou refusait de comparaître, on le bannissait de la ville, et il ne pouvait y rentrer sans le cooseiH temeot du majeur et des échevins. Sa maison, si elle était dans la commune , devait être démolie; si elle se trouvait au dehors, et qu'il fût ^nécessaire d'employer la force pour la jeter bas» le roi était tenu de prêter assistance. Le mayeur et les jurés ne devaient aucune réparation pour un jugement vendu dans les formes. Le meurtrier, que mort s'en lût suivie ou non, devait être amené mort ou vif devant le juge royal, et sa maison démolie. Si c'était un bourgeois, tous ses biens devaient être conlisqués au profit du roi. Dans le cas où le coupable ne pouvait être saisi , il était banni à perpétuité. La commune ne pouvait s'opposer à Parrestation, par les officiers du roi , du criminel qui se réfugiait dans la ville. Le banni qui voulait rentrer, devait se conformer aux conditions que lui imposaient le mayeur et les jurés. Aucun honmie de la commune ne pouvait être cité à gage. Le bourgeois coupable de forfoiture ne pouvait être emmené hors de la commune, ni contraint de nourrir ses gardes, ni enchaîné autrement que les fers aux pieds. Le voleur arrêté en flagrant délit» devait être livré au châtelain, qui le faisait mettre au pilori, et le condamnait ensuite. Le prêt fait dans la ville ne pouvait être exigé hors de la ville. Un bourgeois pouvait, sans forfaiture, arrêter son débiteur, et le livrer au juge , ou recevoir un gage de sa créance. Enfin , per-

DE GHAUMY. 17

sonrio ne [imivaii cire cité au dehors de la commune , cl la femme de ceiui qui se rendail coupable de forfaiture , èlre arrêtée, ni ses effets saisis.

Le majeur et les jures avaient encore le droil de faire des levées de deniers sur lous les biens et héritages des bourgeois, d'établir des taxes dans la ville, d'élever « sans forfaiture » des fortiGcalions partout où ifs le jugeaient convenable5. roi s'engageait à iw point aflail>lir lu mouuaie,

ni à en iiilroduire de tiouvelle, à moins d insuilisance. €eU<} dernière , dans ce cas » ne pouvait être d'un litre inférieur à IWîenne (1).

Chacun avait le droit de dresser un élal partout où il le voulait , et les habitans étaient déchargés de tout plaid et de toute corvée-; mais, on impôt, destiné h l'entretien des cliaussces, était établi sur les voilures. Colles h deux roues ferrées payaient un dénier; non ferrées, une obole. Celles k quatre roues ferrées deux deniers; non ferrées, deux oboles. EnÛn, chacun était libre de résider au dehors sans forfaiture pendant un cerlairj os[>ace de temps (2).

La charte communale de Cbauny douoe lieu a quelques remarques. L'une de ses dispositions constate qu'au commencement du 45* siècle, cette ville possédait de» manufactures de laine. Celle disposition est ainsi connue : Le ûleur ou le préparateur qui aura vendu la laine à lui con-

(Ij Ces dispositions concernant la monnaie, ont trompé plusieurs écrifains, en les portant à croire que Channy nnralt autrefois pos.'é«l6 un atelier luonéiaire. 11 n'en e»t rieo : etlâs sêui seulameot rdativea ù li monnaie royale*

(2) Le signe extérieur et matériel de la commune était , comme on Mit , le.b«flriii. Qmnj avait le sien , qui fut démoli en i557. Oa en voit des restes dans la cour de l*h6lel*Diea actuel. Cest une tour cariée et massifir, lAtie en grés, qui ne présente absolument rien d'intéressant.

lilSTOIfiE

liée, sera Icnu de la reslilucr. On y voit aussi que le maycur et les échevjns ne devaient exercer que la moyenne et basse justice, la haute justice restant dans les mains du roi ou de

SCS odiciers.

11 n'est pas non pins hors de propos de faire remarquer

que, bien que la charte de Cliauny consacrât la liberté civile des habilans, trois des faubourgs de cette ville continuèrent à avoir des seigneurs et à former de^ iieis particuliers. Au 45* siècle, et plus tard encore, la seigneurie de Senicourt fut possédée par la maison d'Oigny, maison illustre qui , iigure honorablement dans Thistoire. Elle fut réunie, au 17* siècle, k celle du Pissot, et passa dans les mains d'un sieur de Fricamp. Il y avait et outre, à Seniconrt, deux arrières-licls, dils de Piat {Piatum) et des Goyers-Mareis ou des Cressoniers.

Le fiel de Piat a doiiiié son noui k une ancienne famille connue depuis i5iô. Celui des Cressoniers fut possédé depuis 1556 jusqu'en 1550 par la fomille Grouchet.

Le faubourg de Selegne fuiinnit aussi un fief qui appartenait à l'abbaye de Saiot-Ëloi-Foulaine.

EnGn il y avait un sixième fief nommé Elmonde (Elmandus)^

dontjes chanoines deNoyon furent longtemps propriétaires.

L'élection du mayeur et des échevins de Cbauny avait Heu, chaque année, le jour de la Saint-Jean. Ce jour,

comme on le sait , était jadis fêté par des réjouissances publiques que terminait ordinairement un feu de joie , auquel on donnait le nom de fea de îa SauU'JêotL Les Chaunois ne manquaient pas de faire aussi celle fùic, cl il y en avait pour eux une raison qui n'existait pas pour les autres , puisque c'était, comme nous venons de le dire, le jour où se disait la nomination de leurs officiers municipaux.

D£ COAtNY. 19

Anasit^i T'ëtectioo terminée (1), le nouveau mayeur se

traiisporlait sur la place, précédé de la musique el des va - Jeis de ville porlant des lorches aiiuinées , suivi des jurés el des échevios qui iui formaient cortège. La fouie garnissait cette place au centre de laquelle s'élevait un énorme bûcher. Lh, en présence du peuple, ce fonclionnaire prononçait, sur les évangiles , le serment suivant qui lui était dicté par son prédécesseur:

< Vous jurés , par la figure no$tre Seigneur Jésus-Christ, » que TOUS veez (voyez) icy représentée , par les saîncles » évangiles et les sainctes paroles qui dedans ce livre sont » escrites , par vertu desquelles le corps de nostre Seigneur » Jésus-Clirist est consacré par le Sainct-Sacrenient , que

> l'on a huy (aujourd hui) célébré par toutes les églises , là » où on croit en Dien,8enr vostre part de paradis et seur le 3 péril de vostre asme, que l'olficc de la maircrie de Chauny, » là où vous estes élu pour cesle présente année , vous

> ferès bien et loialement« et sauf les droits du roi, de Té- » glîse et francs hommes de Ghauuy; garderès les droits de

> ladite ville; ferès faire aljournemenl licites el raisonna- » bles; ferès à voslre povoir bous et loyaux rapports et 1 appointemens , ne aggraverès personne pour haine, ne Y allegerès par amour, don ne promesse ; ferès tel droîct 3 au pauvre comme au riche , au riche comme au pauvre ; » cèlerès le conseil ; garderès Tavoir de la ville et ia paix » des compaignons par le conseil des jurés, et rendrès la- » dite maircrie huit ou seize jours, peu plus, peu moius,

(1) Le peuple votait par quartiers. Il était conduit, l)annières «iêploy^ , par les maueurs d enaeignei, ou capitaines Uo quartiers. Ceux-ci élaienl au nombre de cinq , trois pour la mW^ , et deux pour les faubourgs. Leur charge était aonuelie. Ils lurent supprimés en iGC3.

20 IIIST01R&

» devant le ]oar de la fête de la Nativité sainct Jciian Ba^ 9 liste , en la manière accoustumée. »

On voit quelles précautions éiaienl prises pour maintenir le mayeur dans la ligne de ses devoirs. C'est la main sur les évangiles , en engageant la part qui iui revenait dans le paradis, qu'il jurait d'administrer avec équité et dévoue* ment , de rendre justice au petit comme au grand , de répartir également les charges publiques ; enfin, de quiiicr sa charge au bout de son annéo d'exereice , sans chercher «i s^5 perpétuer plus de huit ou quinze jours.

Le mayeur, après ce serment « se tournait vers le peuple, exhortait les habitans à la paix entre eux, n l'obéissance envers les gens du roi. Il leur promettait de voilier à la conservation de leurs priviléges^et leur défendait ^sons peine d'amende , de jouer aux dés dans la ville , car ce jeu était considéré non-seulemenl comme une source de querelles et de batailles, mais encore comme une passion propre ^ détourner le peuple du travail, et li lui faire contracter des habitudes de paresse. Enfin , dans l'intércL de Tordre el de la sécurité publiques, il leur dcl'endait de sortir la nuit sans clarté, après que la cloche avait sonné le couvre-feu. Sai-^ sissant ensuite une torche dans les mains d'un des valets de ville , il mellaii le feu au bûcher dressé devant lui , tandis que les cloches des difiérentes églises de la ville sonnaient à toutè volée.

cortège retournait alors h Tbôlel de ville où il tronvait, préparée pour lui, une collation composée de sucreries , et particulièrement de maquereaux en nombre égal à celui des officiers composant le corps de ville. De Ih est venu que le peuple, dans sa malice, prit coutume de dire : autant de messieurs de ville, auiaul de maquereaux. On remettait eç mcmc temps > au maycnr, comme marque de

DE UiAL.W. 21

M dîgnitét me épéc garate en argenu Quant au poiple, U restait sur la place, dansant en rond autonr du feu de joie,

et meitani h. yroùi ce moment de licence {K>ur se livrer à

mille folies*

Îjb lendemain, le corps de ville était encore dans Tusage d'aller pécher en grande cérémonie sur la rivière d'Oise , depnb Chauny jusqu'il Coodren. Montés sor des bateaux pré|»arés k cet effet , le majeur , les jurés et les échevins parcouraient la rivière le iîlet à la main. Cette cérémonie , qoi constituai! une sorte de prise de possession, a?aii égaûment lieu dans d'autres villes , nolanmenl k Laon.

La charge de mayeur n'était point gratuite , comme on pourtail le croire ; il est bien certain au contraire qu'il tou«* chait une rétribution annuelle sur les revenus communaux ;

mais nous n'avons pu dccouvrir a quel chiilVo s'élevaicui ces émolumens. 11 avait droit en outre k huit lois de vin à ebacune des quatre grandes fêtes de Fannée , et sous la condition de donner à dîner , la veille de ces fêtes , h quel ques-UDs des otiiciers de la mairie , ses collègues.

La charge de mayeur fut simplement annuelle pendant

plus de quatre siècles. Les troubles de la Ligue apportèrent des changemens II cet antique usage, et en 1590 on dé* eida que les mayeurs pourraient être eontinués plus d*un an.

Cet état de choses fut encore changé en Louis XIV ayant alors nn grand besoin dVgent, rendit cette année un (Mlii par lequel il ordonnait que la charge de maire fût désormais perpétuelle à Chauny comme dans beaucoup d'autres villes. En même temps, et c'était là le principal motif de ce changement , il rendit celte charge vénale et la mit aux enchères. A dater de ce jour, elle cessa d'être laissée au choix des citoyens , et elle passa dans les mains

22 liisioiac

de différens particuliers assex riches pour pouveîr Pa-

chcler (1).

Les jurés étaient originairement au nombre de ooze. On satl que ce corps, destiné à aider le majeur dans Padmifiistralion de la cité , présentait un effectif en rapport avec la population de la ville. Ils furent plus lard portés à ireize, sans doute parce que la population s'était augmentée; puis, successivement réduits, de telle sorte qn^on n*en tomplait plus que six en 1659. Cinq ans après, leur nombre fut reporté à huit. Le roi ordonna en même temps qu'ils * lussent désonnais renouvelés par moitié chaque année.

De nouveaux ehangemens dûs h des causes analogues à celles rappoiiées plus haut, furent encore introduits dans cette organisation en 1676. Les jurés se virent alors réduits h quatre , dont deux perpétuels et électife. Ils étaient élus le même jour que le maire, mais avant lui.

Les fonctions des échevins étaient d'aider le mayeur à rendre la justice à tous les hommes de la commune. Dans Torigine, ils étaient aussi les conseillers du juge royal. Leur nombre, comme celui des jurés, était é^^^leIl]eIU en rapport avec la population; maisaucun document ne nous en a révélé le chiffre. Après plusieurs ehangemens dans leur organisation, dont le principal leur enleva rexcrcice de la justice , ils se trouvaient, au commencement du 18" siècle, réduits à cinq, dont deux pour le roi employés aux vests et saisines, et trois pour la ville, chargés de distrihuer des secours aux pauvres.

(î) La ville fui cependant ouiorisce, en 1772, à racheter de ses <)eniers le di'oil de nommer ses ofliciers municipauit ; ce qu'elli; fit im»yenn;inl la somme de 20,000 livres. La charge-dc maire ctail alor» trioniulo ; ccUt:s «k'échevîns duraient deux ans.

0E GHAUKY. 25

Le (Iroii de bourgeoisie s'acquérait de quatre manières : par naissance, par mariage, par emploi public, par requête ou demande. Les enfons n'étaient classés au nombre des citoyens {{irau moment oui ils auci^'naicnt leur majorité « époque où on les admettait à prêter serment. Les veuves gardaient ie«^roit de bourgeoisie aussi longtemps qu'elles ne convolaient pas ensecundes noces avecdesétrangers. Ceux-ci pouvant cire élus aux charges de la commune , acquéraient par le seul foit de leur élection, ce même droit de bourgeoisie, après toutefois en avoir prêté le serment. Pour ob*tenir ce droit par demande ou requête, il fallait être de condition libre, ne de légitime mariage, exempt de lèpre el de procès , possesseur d^un béntage de 00 sous de rente , forte monnaie. Il fallait en outre payer une somme au profit de la commune, laire quelques aumônes aux pauvres, etofTrîr un repas à ses nouveaux concitoyens, ou se racheter de cette obligation par une somme de i> livres.

Le droit de bourgeoisie s'accordait encore gratuitement à ceux qui avaient rendu des services signalés k la commune , quelquefois aussi k la prière de personnes de qualité.

Quand un étranger demandait le droit de bourgeoisie , il devait faire connaiuc le nombre de ses enlans vivans, et déclarer si sa lemme n'était pas enceinte ; car eeui-là seuls qui avaient vu le jour dans la commune, pouvaient réclamer ce droit par naissance.

Tout bourgeois ayant prêté serment , devait contribuer, pour sa part ^ dans les charges publiques. Il éuit tenu de

résider constamment dans la ville ou dans sa banlieue , ne pouvant s'en absenter, sans forfaiture, que depuis la Purification de la Vierge jusqu'il la Un d'avril , pour «on marjr, depuis la Nativité de saint Jean-Bnpiiste jusqu'à la Saint-

Si IIISTOIBE

Martin , pour son août^ c'est-k-dire , durant le temps des semailles et pendant celui de la moisson.

Voici la formule du serment que tout indif ido était tenu de prêler pour obtenir d'éire inscrit sur la liste des citoyens : c Vous jurés par le Dieu qui vous iisl, par ie Saîot- Sacrement qu'on a huy célébié par toutes les églises , là où on croit en Dieu , par la part que entendez h avoir en paradis , ei seur )e péril de la dapnaiion de vostre asme * que l'office de la bourgeoisie de Ghauny, là où tous estes reçu, vous ferès bon et loialement; aiderès à vostre pootr k garder les droicts, libertés et franchises de la boui i^^eoîsie et ville de ChauQ}'; cèlerès le conseil et secret de la ville là ob vous serez appelé; garderès Tavoir de la ville et la paix des compaignons ; ferès votre devoir de prendre gens que verrès combaltans et délinquans, ès termes de la jiiridiciion de la ville , iceux amenerès ès prison d'ieelle ville ; et si aucun bourgeois pour son catel et davrée (I) a prîns auciwi son debteur ( débiteur ) , il vous requiert de détenir icelui debleur, tant comme icelui bourgeois est allé qnerre le justicier et eschevins de Ghauny, ou de aller querre ledit justicier et eschevins , vous ferès Vm on l'autre , ce quel que mieux vous plaira. »

Nous avons vu que la charte de Chauny accordait aux habitans le droit de fortifier leur ville. Ils pensèrent aussiidt à user du seul moyen qui pouvait les mettre à Tabri des attaques du dehors , sans cesse renaissantes à cette époque de troubles continuels. Mais comme^ses dispendieux travaux

(t) Le catit était un objet réputé meuble bien qn*unmeiille de tà nature, comme un mouin, un navire, les froile pendons ]>ar racine, etc. La davre») » noos ne nous trompons, sVntcndail des denrées cl mar«

devaiciU êlrc exécutés h lenrà frais; comme aussi leurs ressonrccsiioancières n'étaient pas grandes, ils se conlentèreni d âbord d'eotonrer leur eilé de fossés iNrofoiids» garais de palissades sdlides, qualifiées de é$ hm. imnu par on ancien liisiorien. Pour donner quelque force à ces forlificalions légères, ils coostruiskeni des tours en maçonnerie de distance ea distance; et aux prineifales entrées de la ville , ils élevèrent des portes également défendues par des tours en pierres. Ces portes , au nombre de quatre , étaient celle des CoréUn^ sitaée vis-^vis Tlidiel-Dieii, devenu depuis rbdtel de ville; eelle i9 HangeU ou de JVoyon au bout de la rue des Juifs, et la porie Bamoise, bàlic à rexUémilé de la rue de ce nom , vers Ham. La quatrième s'élevait au bout du pont, du cété de Coucy. L'une des loun qui flanquai! celte dernière était dite la TwêmeUê, à cause qu'elle servait de prison royale.

Les noottlins et les foui*s de la ville étaient alors banaux^ t'est-intire, que les habitaas devaient y moudre leurs grains et y cuire leur pain , en payant un certain droit au propriétaire de ces usiner Deux rues de Ghauny ont conservé le souvenir de Teinplaeement de ces anciens fours banaux : l'une est celle du Four, Pautre est la rue du Four à la alaie^ aiuài aoiume île ce qii'il se iermail avec une del*.

Les deux moulins de la ville étaient placés au Brouage; ce sont ceux qu'on nomma plus lard les Vieux-Moulibs. Ils

fbrent donnes en 1171, par Philippe U Alsace, comle de Vermandois, k Tabbaye de ^'olre-Dame de Chauoy. Leur banalité s'étendait depuis la rivière d'Oise jusqu'h la pieire Aiguesoire^ et depuis la baie de Youél jusqu'au ruisseau de VaripoQt,.

Ân commencement du 15' siècle., ces moulins ne suffi-

S6 )imomE

saiont plus kViiL besoins de la poputatiou, preuve qu elle s'é* tait beaucoup accrue ëepuîs moios d'an siècle, tes babiuns de Chauny exposèrent au roi cet élat de choses, qui les menaçait de la diselle même dons les temps (Tabondance. Us le sollicitèrent donc de leur accorder rautorisaûoo de faire moudre leur blé là où ils le voudraient » et il» en obtinrent ce droit en 1215. L'abbaye de Notre-Dame, malgré tous ses eiïorts, ne put parer un coup qui devait porter un grand préjudice à ses intérêts; mais elle eut l'adresse d'en amortir beaucoup l'eflet , en entrant en arrangement avec la ville. Elle s'engagea à conslruire à ses frais seuls trois nouveaux moulins, sous la condition que les babitaus moudraient exclusivement k ces moulins » et que les meuniers étrangers ne pourraient venir cliercber de grain en ville, il lut toutefois dit que les Chaunois pourraient faire moudre an dehors de la banlieue, là où ils le voudraient, pourra qu'ils conduisissent eux-mêmes sur des chevaux^ des charrettes ou des barques, leur propre blé, ci non celui des autres. • Ces arrangemens étaient encore en vigueur k Chauny au

commencement du IS* siècle*

Ces usines, dont rétablissement fut sans nul doute avantageux aux religieux de Notre-Dame , leur donnèrent l'idée d'en créer d'autres dont ils n'attendaient pas de moins bons résultats. Ils contruisirent à la même époque quatre nonveanx moulins , dont deux furent destinés à faire du tan et de l'huile , et les deux autres à fabriquer du papier et des draps*

Ce moulin k papier fut probablement le premier construit

dans nos contrées : c'est du moins le premier dont il soit fait mention. Or, comme la fabrication du papier de chanvre et de lin n^a commencé à s'établir en Frauce qu'au i5* siècle , on voit t|ue , dans cette circonstance , notre pns

n^cst pas , plus que dans tout autre , resté eo arrière dn

mouvement indublriel. Soyons assez justes aussi pour constater que, s'il dut l'introdiictiou de celte nouvelle industrie à ane cominnnauté religieuse , il devait dëjh k des corps seniblables , son agriculture , son commerce et ses arts.

Il ne parait pas pourtant que celle du papier ait prospéré Il Chauny , tandis que la fabrication do drap y prit une certaine extension. La ville d'ailleurs favorisa cette dernière indnsiiie de tout 8oii poîivnir, car elfe comprit tous les avantap^es que devait en retirer sa population. Elle prit à cet effet des arrangemens avec Tabbaye de Notre-Dame en i558 : on décida alors que chaque Itabitanl pourrait porter tonte sorte de draps a ce moulin , pour y être lavés , foulés et ti*availlës de la manière qu'il lui plairait, le tout sans payer aucun droit de vijaage « tonlieu ou autres.

Ces établissemens , si avantageux à Clianny, furent \m\heureusement suivis d'une terrible catastrophe. A celle époque , les maisons de cette ville comme celles des autres ettés du pays , n^élaient encore construites qu*en bois , et pour la plupart couvertes en chaume. En Î241, le feu . par suite d'une imprudence , et au bout de peu d'instans , la ville presque toute entière devint la proie des flammes. On avait pourtant sons la main de Peau en abondance; mais comme on ne connaissait point alors l'emploi des machines propres h combattre les incendies « les populations, Impuissantes k maîtriser le feu sans leur secours , ne pouvaient guère que demeurer spectatrices de leurs ravages / s'esiunaat fort heureuses encore si elles parvenaient k sauver leurs meubles et leurs bestiaux.

CJIAPITRË IL

€onleslatimis vm les officiers du roi et kciergé, relsUvement h Venm»

do la Justice municipale. NoQvelIcs ali«^na(ions de la terre de Chauny. Invasion «les Auglai^. Pillage de cello ville. Les liahilans construisent des foniiicaiions soli'Ies. La terre de Cliauny renire au domaine. Elleost encore aliénée an dnc d'Oriéan*» , pui^ conlisquée sur cette famille. Louis d'Orléans s en empare de force. Fondatio» d'un collège et d*un hôtel- Dieu. Maladrcrie. Chauny est pris par les Bourguignons, pois litré ioi Anglais. Démolilieii du diâlefto. Epidémies. Les Impériaui raviigeBC CSttiiny.lsitblissenient h Ghanny des fràres croisés et des Cordelières. Cette ville est de nouveau saccagée par lesimpériaint. Commencement de la réfonne religiense. Les prnteslans pénètrent dans Chatmy. Démoniaque. Bailiiuge royal. — Maîtrise des eaux et forêts.

Des eoniestaiîons s'élevèrent, peu d^années après ^ entre les Cbannois et les officiers ropus. L^établissement de la commiine, nous Pavons vu, avait eoneédé aux premiers une juridiction municipale dont les allribulions cl Tétendae se trouvaient clairement expliquées dans la charie concessîou* naire* Cela n'cmpécba pa$ les officiers du roi d^empiéter insensiblemeiu sur celle juridiclion , et de lui enlever lontà-fait connaissance du smg et des mêlées. On appelait miléu, les rixes qui s*élevaient dans la rue et auxquelles

prenaient pari plusieurs individus , qu'ils fussent ou non de la commuoe. Par sang, on entendait les blessures avec effusion de sang non soivies de mori d^homme qui étaient feites dans les noémes lieux. La connaissance de ces aflhires. et leur répression av aient toujours appartenu au tribunal d& l'éehevimige ; mais les officiers royaux s'en étaient insensiblement eniparés , et les gardaient malgré Topposition des: Cliauoois. Ceux-ci porièrenl leuis réclamalionsaux pieds du? trône. Pendam de longues années, elles lestèrent sans eiïel; £ttfin, Glurles IV leur rendit justice en 1290. il dérendii si ses offlders de prendre désormais connaissance de ces aflaires, el ordonna qu'à Tavenir, elle appartint aux seulâ magistrats municipaux.

L'exercice de la juridiction communale donna lieu de nouveau , peu après , k d'autres contestations , et cette fois encore » bien qu'ils eussent affaire à plus forte partie , les Cbaunois obtinrent gain de cause. En '1319, le mayeur it arrêter t dans un endroit de la ville dont l'offlcial de Noyon réclamait la jnridiclion , un clerc qui s'était rendu coupable de quelque méfait. Le clergé réclama le coupable; le magistrat municipal refusa de le livrer. Aussitôt il fut frappé d'excommunication. Le mayeur ne se laissa point intimider pai !a crainte des embarras sérieux qui pouvaient naître d'un conflit avec un corps aussi puissant; il en appela à l'oificial de Rein» , et il eut la satisfaction de voir le juge du métropolitain aceudUir k la fols son appel , et lever les censures. dont il avait été frappé. -

Moins d'un demMède après ces deux jugemens » qui comblaient les vœux des habitans de Channv, les terre et seigneurie de leur ville furenlde nouveau aliénées. Philipjie VI les donna, en i557, h Béatrix de Chàtillon, dame de Saint- Pol, et veuve de iean de Flandres, en^ échange de son

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